HAMILTON
nui à sa défènse. Les travaux des fortincations furent poussés avec ardeur; enlin,'en 83 jours , îl construisit sur l'Elbe un pont de 8 ki'Iom.de longueur, hérissé de canons et de retranchements.
l'Allemagne n'avait pas vu , depuis les temps de la domination romaine , un ouvrage aussi gigantesque.
En vain les armées suédoise , prussienne et russe, commandées successivement par Walmoden et Benningsen, s'efforcèrent, par des attaques réitérées ou des sommations menaçantes , de s'emparer de la place, d'effràyer le maréchal. Ce ne fut que lorsqu'il connut officiellement les événements de 1814, que le prince d'Eckmùhl consentit à remettre la place , non au général ennemi, mais au général Gérard, porteur des ordres de Louis XVIII. Dans les derniers jours du mois de mai , l'armée française, encore belle et formidable, évacua Hambourg , où les Russes séjournèrent jusqu'à la fin de l'année.
La France paya à cette république une indemnité dé guerre de 500,000 Ir.
de rente 5 p. 100 sur le grand-livre , au capital de 10 millions.
Hamelin (Jacques-Félix-Emmanuel, baron), contre-amiral, né en 1768 à Honfleur. Il débuta dans la carrière de la marine a dix-huit ans. L'étendue de ses connaissances théoriques le lit élever au grade d'enseigne, au commencement de la guerre de 1793. Nommé lieutenant de vaisseau en 1794 , il prit part dans la Méditerranée à l'affaire malheureuse du Ça-ira et du Censeur, à la prise du vaisseau anglais le Berwick, puis à la reprise du Censeur, en 1800. M. Hamelin, alors capitaine de frégate, fit partie de l'expédition de. découvertes des corvettes le Naturaliste et le Géographe, sous le commandement du capitaine Baudin , et la mort de celui-ci le laissa bientôt chef de l'expédition. A son retour, en 1803, il fut promu au grade de capitaine de vaisseau. On s'occupait alors de l'équipement de la grande flottille destinée à la descente en Angleterre, et le premier consul attachait la plus grande importance à la réunion prompte et sûre de tous les bâtiments qui devaient la composer au port de Boulogne, désigné pour le rassemblement général. Le capitaine Hamelin fut
chargé d'y conduire successivement les escadrilles , et il déploya dans cette mission souvent périlleuse une activité et une bravoure des plus honorables. Après le désarmement de la flottille, M. Hamelin prit le commandement de la frégate la f énus, et alla se distinguer dans les mers de l'Inde. Parmi ses faits d'armes, nous citerons la prise de la frégate anglaise le Ceylan. Malheureusement surpris lui-même bientôt par des forces supérieures, privé d'ailleurs de son mât d'artimon et de ses trois mâts de hune, après une belle défense il dut amener. Revenu en France , le capitaine Hamelin fut créé baron de l'empiré et élevé au grade de contre- amiral.
Sous la restauration, de 1818 à 1822, il exerça les fonctions de major général de la marine à Toulon. En 1823, il commandait la division navale réunie devant Cadix et chargée de coopérer l'attaque de cette place, lorsque le mauvais état de sa santé, dont on attribue le dérangement aux contrariétés qu'il aurait éprouvées alors, l'obligea à se retirer du service. Il continua pourtant de figurer sur les listes d'activité.
En 1832, le baron Hamelin fut encore chargé de l'inspection générale des équipages de ligne, et en 1833 il a été nommé directeur des cartes et plans de la marine.
Hameln (prise de). — Divers débris de l'armée prussienne battue à Iéna avaient cherché un refuge en Hanovre et formé une division de neuf à dix mille hommes retranchée dans la ville de Hameln. Napoléon envoya une partie du 8e corps (4,000 hommes) assiéger cette place importante, et chargeante général Savary, un de ses aides de camp , d'aller sans délai présider aux travaux du siège. On s'attendait à une résistance opiniâtre; mais les généraux ennemis étaient si découragés par leur échec de Gross-Barckel (voy. ce mot) , qu'ils capitulèrent. Neuf mille prisonniers, dont six généraux , d'immenses magasins de vivres, un dépôt considérable de munitions , etc., furent les résultats de la capitulation.
1 1 \ hilton (Antoine) naquit en 164B d'une des maisons les plus anciennes de l'Écosse. Amené en France tout enfant, après la mort de Charles Ier, il y
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fit ses études et devint entièrement Français de mœurs , d'habitudes et de langage. Il entraft dans la jeunesse, lorsque la restauration des Stuarts le rappela en Angleterre. Mais sa qualité de catholique ('éloigna des emplois que Charles II , retenu par la crainte de l'opinion , n'osait confier aux gens de cette religion. Sous Jacques II, qui n'avait pas le même scrupule , il obtint un régiment d'infanterie et le gouvernement de Limerick, en Irlande. Hamilton faisait en France de fréquents voyages : il y allait visiter sa sœur, la belle mademoiselle d'Hamilton , qui y était mariée au chevalier de Grammont, si célèbre dans les cours de France et d'Angleterre par sa valeur, son esprit, son impudence , ses prodigalités et ses galanteries. Hamilton , frappé de tout ce qu'il y avait d'original et de divertissant dans les aventures de son beau-frère, voulut en laisser le récit à la postérité : mais il est probable qu'il a ajouté beaucoup de choses de son cru à cette histoire. Il n'est personne oui ne l'ait lue et qui n'en ait admiré la fine plaisanterie , le ton leste et dégagé, ce mélange de grâce, de familiarité et de dédain qui sent le grand seigneur du grand siècle. La morale du livre est passablement relâchée , il est vrai : mais la légèreté avec laquelle tout est raconté , le ton d'aimable étourderie qui règne partout, font qu'il est difficile de s'indigner contre l'auteur. Et puis le vice s'y montre toujours comme un privilège de la naissance unie au plus haut de^ré de courage, d'esprit, de savoir-faire, d'éloquence : on sent bien , en lisant Hamilton, qu'il serait moins indulgent pour d'autres , et que, séduit par ses préjugés de gentilhomme et d'homme d'esprit , il n'excuse et n'admire l'immoralité que chez quelques êtres d'exception , tels que ses héros. Ce chevalier de Grammont possède un esprit si supérieur, un si grand courage, un si prodigieux génie en affaires et en amour , qu'il s'élève en quelque sorte, aux yeux du lecteur indulgent malgré lui-même, audessus des règles conimunes, et que ses dissipations, ses débauches, ses friponneries, ne tirent plus à conséquence.
Voltaire et Laharpe ont loué les Mémoires de Grammont dans les termes
les plus vifs. « De tous les livres frivoles, dit le dernier, c'est le plus agréable et le plus ingénieux. » Comme peinture des mœurs frivoles et licencieuses de la cour d'Angleterre sous Charles II , ces mémoires ont un intérêt historique qui ajoute encore au charme de la lecture. Hamilton a, en outre, composé des contes , Fleur d'Épine^ Zénéide, le Bélier y les quatre Facardins. Les deux derniers sont écrits au début en vers fort agréablement tournés et qui rappellent l'aimable facilité de Voltaire. Ces contes , dont le style n'est pas inférieur à celui des Mémoires, n'amusent pas tous les lecteurs. Ce sont des aventures incroyables capricieusement accumulées, ce sont des contes de fées remplis d'enchantements et de prodiges absurdes de toute sorte. Il faut les prendre comme d'ingénieuses mystifications, et l'auteur, en les composant, n'eut pas en effet d'autre dessein que de se moquer des contes de fées et du lecteur. Le roi Jacques II ayant été chassé de ses États, Hamilton 'le suivit en France et s'établit près de lui à Saint-Germain. C'est dans cette cour si triste qu'il composa ses charmants ouvrages. Il fut appelé quelquefois à la cour de Sceaux où il fit des vers pour la duchesse du Maine. Il mourut à Saint- Germain en 1720, à 74 ans, dans des sentiments de dévotion qu'il n'avait pas toujours eus , s'il faut en croire ces vers de Voltaire dans le Temple du goût :
Auprès d'eux le vif Hamilton Toujours armé d'un trait qui blesse , Médisait de l'humaine espèce, Et méiue d'un peu inieu*, dit-ou.
Hamm (Combat de). — Le 15 décembre 1792, une des trois divisions françaises, chargées d'attaquer les hauteurs qui dominent Trêves , avait à escalader la montagne de Hamm, couverte de trois pieds de neige, occupée par la cavalerie autrichienne , garnie de forts retranchements, enfin défendue par une formidable artillerie. Nos soldats, sous les ordres du général Pally, dont l'exemple les anime, la gravissent au
Îias de charge. En un moment ils l'ont ranchie, ils massacrent les canonniers ennemis sur leurs pièces , et trois mille Autrichiens se retirent devant douze