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HAUT L'UNIVERS. HAUT

et décida sa famille à l'envoyer à Paris. Doué d'un goût naturel pour la musique, qu'il cultiva toute sa vie, il obtint lû une place d'enfant de chœur. Il entra ensuite comme boursier au collège de Navarre, où, ses études achevées, il devint régent de quatrième. A ce même collège était Brisson , qui l'initia à la physique. Au collège du cardinal Lemôine , où il entra ensuite comme régent de seconde , il se lia d'une étroite amitié avec Lhomond , qui lui inspira le goût de la botanique. Il avait déjà environ 38 ans, lorsqu'il aborda la science dans laquelle il devait accomplir une si grande révolution et recueillir tant de gloire. Ce fut le cours de Daubenton , où il entra un jour par curiosité , qui tourna son esprit vers la minéralogie.

Dès lors , il se livra à cette étude avec ardeur. Ce que la comparaison des

Slantes et des minéraux avait commencé ans son esprit , un heureux hasard vint l'achever. Il laissa un jour tomber pur maladresse un beau groupe de spath calcaire cristallisé en prismes, et quelques éclats détachés du groupe se présentèrent sous l'apparence d'un cristal nouveau, d'une forme régulière, lisse sur toutes les faces « Tout est trouve !» s'écria-t-il aussitôt, et en effet la cristallographie était découverte. Mais il fallait soumettre au calcul les faits donnés par l'observation ; il s'appliqua donc à la géométrie, qu'il avait oubliée, ou même qu'il n'avait jamais sue parfaitement , et ne se donna point de repos que la théorie ne fût complète.

Daubenton et Laplace l'engagèrent à communiquer sa découverte a l'Académie des sciences , ce qu'ils obtinrent difficilement de son extrême modestie.

Son exposé, qui fut d'une lucidité remarquable, fit une grande sensation, et l'Académie, appréciant de suite toute l'importance des travaux d'Haùy, s'empressa de l'ad mettre dans son sein, le 12 février 1783.

Dès lors , isolé du monde, étranger à tout autre intérêt quecelui delà science, il s'occupa sans relâche de rassembler tous les faits relatifs à la cristallogra-

f»hie. La révolution le surprit au miieu de ces travaux , dont la prison même ne put le distraire. Il fut en effet arrêté, après le 10 août, comme ecclé-

siastique non assermenté ; mais l'intervention de l'Académie des sciences le fit bientôt relâcher. Arrêté une seconde fois , il s'en tira tout aussi heureusement. Depuis lors, protégé par la confiance qu'inspirait son caractère inoffensif, il jouit d'une liberté singulière. Au fort de la terreur il put , sans être inquiété , remplir journellement ses fonctions ecclésiastiques. La Convention le nomma membre de la commission des poids et mesures et conservateur du cabinet des mines. Quand Lavoisier fut arrêté, que Borda et Delambre furent destitués, Haùy seul osa écrire en leur faveur, et ce fut à sa sollicitation que les deux derniers furent réintégrés. Sous le Directoire, il fut l'un des quarante membres qui formèrent le noyau de l'Institut. EnGn , en 1802, la mort de Dolomieu avant laissé vacante la chaire de minéralogie au Muséum d'histoire naturelle, il y fut nommé, et dès lors, dit M. Cuvier, cette partie de l'enseignement prit une vie nouvelle : les collections furent quadruplées.

Napoléon, auprès duquel Haûy jouissait, sans l'avoir ambitionnée, d'une haute faveur, le chargea , en 1803 , de faire un traité de physique pour les collèges, et le récompensa de ce travail par une pension de 6,000 francs. Lors de la création de l'Université, il fut compris parmi les professeurs de la faculte des sciences de Paris. La restauration lui fut moins favorable. Privé de sa pension, il revint presque, sur la fin de sa vie, à la pauvreté de son enfance ; mais la mort, qui vint bientôt le trouver au milieu de l'affection de ses élèves et des respects de l'Europe savante, lui laissa à peine le temps de s'en apercevoir. Il mourut le 3 juin 1822.

Créateur de la cristallographie, Haùy, dit M. Cuvier, a fondé l'ère nouvelle de la science minéralogique. Il est, dit-il encore, dans cette sphère plus restreinte, ce qu'est Newton pour le système du monde. Loin de perdre de leur généralité avec le temps , ces découvertes en gagnent sans cesse. Au mérite scientifique le plus éminent, Haùy joignait l'âme la plus candide, la plus grande simplicité de mœurs, la complaisance la plus inépuisable. Ses principaux ouvrages sont :

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