HENRI Y
vrer au travail d'une réforme administrative et financière. Ces soins intérieurs n'empêchaient pas le roi de porter ses regards au dehors, et de songer à abaisser la maison d'Autriche. Le poignard de Ravailiac arrêta ces projets (14 mai 1610).
Marie de Médicis, sa seconde femme, lui avait donné plusieurs enfants : l'aîné, âgé de huit ans et demi, fut Louis XIII; venaient ensuite un duc d'Orléans, mort en 1611 ; Jean-Baptiste Gaston , mort en 1660; Élisabeth, mariée à Philippe IV d'Espagne; Christine, mariée à Victor-Amédé, duc de Savoie; et Henriette-Marie de France, femme de Charles Lcr d'Angleterre. De Gabrielle d'Estrées, Henri avait eu : César, duc de Vendôme; Alexandre, dit le chevalier de Vendôme ; Catherine-Henriette, marine à Charles de Lorraine , duc d'Elbœuf. De Henriette d'Entragues , marquise de Verneuil : Henri, évêque de Metz , puis duc de Verneuil ; Gabrielle- Attgëlique, duchesse d'Épernon. De Jacqueline de Beuil , comtesse de Moret : Antoine de Bourbon , comte de Moret. De Charlotte des Essarts , comtesse de Romorantin : Jeanne-Baptiste de Bourbon , abbesse de Fontevrault , et Marie-Henriette de Bourbon, abbesse de Chelles.
Henri IV aimait les lettres ; il les protégea toujours , et , ce qui est moins connu , il les cultiva : on lui attribue généralement une épître en vers , adressée à Gabrielle, une chanson , et des couplets à la marquise de Verneuil. Ces petites compositions ne manquent ni de verve ni de grâce ; on les lira avec intérêt dans le recueil de M. Tissot.
Du reste, l'esprit du Béarnais avait de bonne heure été cultivé par l'étude.
Dès l'âge de 11 ans, il avait traduit les cinq premiers livres des Commentaires de César, et, sur la fin de sa vie, il songea, dit-on , à écrire ses Mémoires , et commença même à les rédiger. Ainsi, sans sa mort prématurée, nous aurions peut-être, à côté des Mémoires de Sully, ceux de Henri IV.
Un écrivain dont on ne suspectera pas le témoignage sur l'auteur de la dynastie des Bourbons, caractérise ainsi Henri IV : <* Le Béarnais était ingrat et gascon, oubliant beaucoup, tenant
peu... Mais sa bravoure, son esprit, ses mots heureux, son talent oratoire, ses malheurs, ses aventures , ses amours le feront éternellement vivre. Sa fin tragique n'a pas peu contribué à sa renommée : disparaître à propos de la vie est une condition de la gloire (*). »
Henri IV (monnaies de). Les arts, négligés pendant les guerres de religion, commencèrent à refleurir à l'avénement de Henri IV. L'art monétaire se ressentit du progrès général ; on commença à exécuter les empreintes avec plus de soin ; cependant , il n'y a rien de particulier à dire sur la numismatique de ce prince. Les espèces qui circulèrent sous son règne, turent absolument les mêmes que celles qui avaient cours sous celui de Henri III. Elles sont marquées des mêmes types ; seulement, l'efligie de Henri IV y est substituée à celle de son prédécesseur.
Il faut dire, cependant, qu'en 1589, il fit frapper des pièces d'argent , qui furent appelées demi-écus / on y voyait, d'un côté, les mots henricvs un d.
g. fràn et nàyarex, une tête laurée, barbue , drapée à l'antique , et tournée à droite ; au-dessous , la lettre monétaire de la ville où la pièce avait été frappée; C, par exemple, pour la ville de Caen ; de l'autre côté , à l'exergue, séparé du champ par un trait, demis
ESCV n. CHRS. VINCIT. CHRS. REGNAT.
crrs impt ; dans le champ , l'écu de France, surmonté d'une couronne fermée, et accosté de deux h couronnés ; à l'exergue , séparé du champ par un trait, la date 1589.
Henri V d'Angleterre (monnaies de). Après le désastreux traité signé à Troyes, en 1422 , Henri V, et ensuite ' Henri VI, rois d'Angleterre, firent frapper en France des monnaies à leur nom. Henri V, cependant, ne fut jamais proclamé roi de France ; mais , sur les espèces qu'il fit forger en Normandie, province dont il s'était rendu maître, il prenait le titre tfHxres Franciœ. « Le
(*) Chateaubriand , Études historiques.
Nous ne voudrions changer qu'un seul mot à cette phrase, au lieu de ses amours , nous désirerions qu'il y eût : ses amours même, quelque scandaleuses qu'elles aient été. Voyez Gabrielle D'EsTRÉts , Ehtbagcm ( Henriette d'), etc.
roi Henry, dit Pierre de Fenin, fit forger une petite monnoye qu'on nommoit aouble, et qui valoit trois mailles. En commun langage, on les appeloit ni-
Î]uetz;\\ necouroit autre monnoye pour ors, et , quand on en avoit pour cent florins, c'etoit la charge d'un homme.
C'estoit bonne monnoye pour son prix.
Outre fit forger blancs doubles. » On a encore de ce prince des saluts et des demi-saluts d or. Nous en parlerons dans l'article que nous consacrerons aux monnaies de Henri VI.
Henri de Bourbon , dit Henri V (monnaie de). En 1830 et en 1831, quelques partisans de la branche aînée de la famille de Bourbon firent frapper, à l'effigie du duc de Bordeaux , sous le nom de Henri V, des demi-francs, des francs, et des pièces de cinq francs.
Ces monnaies, d'un travail assez néligé, présentent, d'un coté , le portrait u prince, avec le titre royal, henri v roi de France ; le revers est semblable à celui des espèces de Charles X; mais la plupart de ces pièces ont été frappées à rétranger.
Henri VI (monnaie de). A la mort de Charles VI , en 1422 , une partie de la France se soumit aux Anglais , et reconnut le roi d'Angleterre, Henri VI, pour souverain. Depuis cette année jusqu'en 1436, époque où ces étrangers furent contraints d'abandonner Paris, on frappa , tant dans cette ville que dans celles qui leur obéissaient, une foule de monnaies d'or, d'argent et de billon, au nom et aux armes du jeune Henri VI.
Les principales de ces monnaies qui soient parvenues jusqu'à nous , sont :
en or , des saints , des angelots , des francs à cheval et des nobles à la rose.
Les saluts étaient d'or fin ; on en taillait 63 au marc, et ils valaient 25 sous. Ils étaient ainsi nommés parce qu'ils représentaient la Salutution angélique : d'un côté, la Vierge, nimbée, recevait une bandelette que lui présentait un ange , et sur laquelle on lisait ave; ces deux personnages avaient la partie inférieure du corps cachée par les écus de France et d' Angleterre accolés. De l'autre on voyait, dans le champ, une croix latine , accostée d'une fleur de lis et d'un léopard. Les saluts portaient
pour légende henric vs dei gra : francory et anglib rbx. Au droit et au revers , la légende ordinaire des pièces d'or : xps vincit xps régnât xps imperat. (Vovez Saluts.)
Les angelots avaient les mêmes légendes au droit et au revers; comme les saluts , ils portaient l'empreinte d'une croix cantonnée d'une fleur de lis et d'un léopard, ainsi que les armes de France et d'Angleterre accolées , mais à cette différence près que le revers était moins orné , et que les écussons étaient portés par un ange , ce qui leur avait fait donner leur nom.
Quant aux francs à cheval, ils n'offraient rien de remarquable; leur lé-
§ende était la même que celle des francs e Charles VI et de Charles V, et ils avaient la même valeur.
Les nobles sont mentionnés dans plusieurs ordonnances ; mais on n'en connaît pas l'empreinte. Ils devaient ressembler beaucoup aux nobles d'Angleterre et avoir le même poids. (Voyez Nobles.)
En argent et en billon , Henri VI fit frapper des grands et des petits blancs, des doubles et des simples parisis, des deniers et des oboles tournois.
Parmi les blancs, ceux qu'on rencontre le plus souvent présentent encore les armes de France et d'Angleterre, accolées et surmontées du mot henricvs ; au-dessus on voit la croix cantonnée du léopard et de la fleur de lis. Les légendes sont , pour le droit , les mêmes que celle de l'or ; au revers, elles présentent la légende sit nomen dni benedictv : mu; fleur de lis , un léopard, une couronne, un fer de moulin, etc., indiquent dans quelle ville, Saint-Lô, Rouen, Paris, Dijon, etc., la pièce a été frappée. D'autres blancs , qui présentent au droit trois fleurs de lis placées au-dessous d'une couronne soutenue par deux léopards, et au revers une croix florencée, sont beaucoup plus rares. Il en est de même des petits blancs, qui offrent le type du blanc décrit en premier lieu, à cette différence près que les légendes sont généralement coupées par les écussons, et que la croix du revers est de temps en temps cantonnée par un h ou un r.
Les parisis simples portent le même
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type que les doubles ; on lit au droit, cfans )e champ , le mot heri sous une couronne; au pourtour fbancobv et angl bex. Au revers, on voit une croix fleuronnée , le signe av , et les mots pabisivs ci vis. La seule différence qu'il y ait entre ces deux pièces, c'est que lés doubles offrent de plus rjue les simples, une fleur de lis et un léopard.
Les tournois présentent une petite particularité qu'il est bon de noter : autour du champ dans lequel on remarque toujours la fleur de lis et le léopard, ainsi qu'une croix simple, on
lit : H. REX FBANC1E ET ANGL. au lieu
de Francorum eXAnqlie, qui se trouve sur les autres monnaies. V obole est en tout semblable au denier; on y lit, comme à l'ordinaire, obolvscivis.
Maître des places les plus importantes du royaume, Henri VI faisait frapper d'ordinaire des espèces de bon aloi, tandis que son compétiteur Charles VII,
f>ressé par la nécessité, faisait altérer es siennes. Aussi trouve-t-on souvent, dans les ordonnances de l'usurpateur, des phrases de ce genre : V oyant que l'ennemy et adversaire de nous et de nostre royaume , qui s'ingère de porter nos armes de France, s'est efforcé et s'efforce chaque jour défaire faire à nos dites armes de France doubles deniers de moindre poids et aloy que ceux de noire très-cher père et ayeul le roy Charles, etc.
IlENBiciiEMONT,ci-devant2tois&e//e, petite ville du département du Cher, arrondissement de Snnterre , population , 2,973 habit. Boisbelle était autrefois le ehef-lieu d'une principauté dont les seigneurs faisaient battre monnaie en leur nom et avec leur effigie, et qui avait passé par mariage de la maison de Sully dans celle d'Alhret. En 1597, Maximilien de Béthune, duc de Sully, la racheta de Charles de Gonzague, et y fit bâtir sur une hauteur, à 1 kil. de Boi.sbdle, une petite ville à laquelle il donna le nom de Henrichemont, en l'honneur de Henri IV. Cette principauté fut seulement réunie à la couronne en 17G6. Elle avait 48 kilom. de circonférence, et environ 6,000 habitants, jouissant de divers privilèges.
Henrichemont (monnaie de). Les princes de Boisbelle et d'Henrichemont
ont joui du droit de battre monnaie jusqu'à la révolution française. Les pièces qui sont sorties de ces ateliers sont assez communes , et consistent presque uniquement en doubles tournois , portant d'un côté l'effigie du prince régnant , de l'autre , les armes de Béthune , dans un champ semé de fleurs de lis. En légende , on lit : ukwmilien de béthune prince souverain d'henmenmont, et au revers , dovble tovbnois, et la date suivie d'une lettre de l'alphabet, comme contre-marque, sans doute; ainsi 1636 z 1642 H.
On connaît encore deux pièces d'argent frappées au nom des princes d'Henrichemont. Ces dernières sont fort rares. L'une représente Maximilien-François, fils de Sully, l'autre, ce grand homme lui-même. La première a pour légende maximilien ¥ra?içois de be-
THVNE 'DUC DE SVLLY Vrince SOVVE-
rain d'henrichemon. Cette légende se lit encore au revers, et pour type on trouve les armes de Béthune, surmontées d'une couronne ducale, et supportées par deux Hercules. Sur la seconde, on lit : maxi de bethvne. p. s. d'henbich et BOiBe//e , autour de la tête de Sully ; et au revers, on voit une croix, au milieu de laquelle se trouve une m, initiale de Maximilien, et pour légende
HIC PBO BEGE BT PATBIA VIXIT 1637 L.
Henbiciens (secte des). L'hérésiarque Pierre de Bruys ayant été brûlé à Saint-Gilles, vers 1146, un de ses disciples, nommé Henri, se mit courageusement à la tête de la secte. Gagnant la confiance du peuple par ses vertus, il répandit dans tout le Midi, malgré les eftorts de saint Bernard, ses doctrines, qui consistaient à nier la présence réelle dans le sacrement de l'eucharistie ; à s'opposer au baptême des petits enfants , aux prières pour les morts, à l'adoration de la croix , au culte des reliques, et à la croyance du purgatoire.
Henri fut condamné à une prison perpétuelle.
Henbiet (Israël ), dessinateur, graveur et marchand d'estampes , naquit à Nancy, en 1608. Après avoir reçu les premières leçons de son père , peintre sur verre, il se rendit à Rome , et se mit sous la direction d'Antoine ïem-