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HENRIETTE D'AXGEET. FRANCK. HENRIETTE D'ANGLET

peste, peintre alors en réputation. De retour à Paris , il se mit à graver. Lié d'amitié avec Callot, il a cherché à imiter son genre, et a même copié différents ouvrages de lui, de sorte qu'on ne

Ïieut pas souvent distinguer la copie de 'original. Telle est, entre autres, Y Histoire de l'enfant prodigue, attribuée à Callot par quelques personnes. Henriet fut choisi pour être maître de dessin de Louis XIV, alors jeune, et mourut

Hexriette-Annb d'Angleterre (Madame duchesse d'Orléans , fille de Charles Ier), naquit en Angleterre, en 1G44, au milieu des horreurs de la guerre civile. La reine était accouchée d'elle depuis 17 jours seulement, lorsqu'elle fut obligée de se sauver en France, laissant sa fille entre les mains des parlementaires. La gouvernante de la jeune princesse étant parvenue, au bout de deux ans, à s'échapper avec son élève, vint rejoindre en France la reine d'Angleterre. A la mort de Charles Ier, Henriette avait moins de cinq ans. On eut quelque temps l'idée de la marier à I>ouis XIV ; mais celui-ci la trouva trop jeune, et il épousa une princesse espagnole, dont l'alliance était peut-être plus nécessaire, politiquement, mais que la nature avait moins richement dotée qu'Henriette. Peu de mois après la signature du traité des Pyrénées , qui amena la conclusion du "mariage de Louis, Anne d' Autriche obtint pour son second fils Philippe, duc d'Orléans, la main de la princesse d'Angleterre.

A cette époque (1660) , une restauration venait d'avoir lieu dans la Grande- Bretagne; le fils- de France épousait donc la sœur chérie d'un puissant monarque. Il rendit à sa femme tous les devoirs de la plus rigoureuse étiquette. « Il n'y manquoit que de l'amour, dit madame de la Fayette; mais le miracle d'enflammer le cœur de ce prince n'étoit réservé à aucune femme du monde. »

Henriette allait avoir 20 ans; elle était jeune et belle , son esprit était cultivé, sa grâce inexprimable, elle brillait au premier rang au milieu de l'élégante cour de Louis XIV, et elle s'aperçut bientôt que tout était amoureux d'elle, tout , excepté le seul homme qu'il lui fût permis d'aimer. Le comte de Guiche

ne tarda pas à aimer la duchesse, et fut payé de retour. Cette intrigue éclata ; le duc, auquel on ne connaissait pas de maîtresses, mais que la voix publique accusait de scandales plus graves , obtint du roi l'exil de M. de Guiche. Peut-être, du reste, Louis XIV, par ce châtiment, ne voulut-il pas travailler uniquement pour un frère qu'il n'aimait ni n'estimait, car bientôt on commença à parler vaguement de l'amour de Louis pour sa bellesœur. Henriette tenait de sa mère une ambition effrénée; elle fut loin de se trouver offensée de cet amour royal, et, lorsque Anne d'Autriche, craignant que la jeune reine ne prît de l'ombrage , avertit son fils et sa bru; lorsque le duc d'Orléans se plaignit avec emportement, ni l'un ni l'autre ne furent, dit-on, écoutés. ,

Cependant , mademoiselle de la Vallière effaça cet amour dans le cœur du monarque. Henriette et la comtesse de Soissons, une autre des anciennes maîtresses de Louis XIV , firent alors de vains effort! pour rompre cette liaison.

La duchesse d'Orléans eut encore d'autres intrigues, notamment avec le duc de Montmoulh , fils naturel de son frère Charles II. Cependant, elle se plaisait assez à jouer le rôle d'épouse malheureuse. Philippe, il faut bien le dire, avait des mignons ; le comte de Guiche avait été du nombre; le chevalier de Lorraine , qui lui succéda , gouvernait leduc d'une manière absolue. Henriette le fit exiler par le roi; mais son intérieur ne fut que plus agité après ce funeste succès, et le chevalier se vengea cruellement. Louis XIV, mécontent de sa belle-sœur, ne la soutenait plus que faiblement, lorsque la politique le rapprocha tout à coup d'elle. C'était en 1670 : le roi de France méditait la ruine de la Hollaude : mais pour l'obtenir, il fallait détacher l'Angleterre de la triple alliance conclue avec la Suéde et les Ittats-Généraux. Déjà Louis XIV avait envoyé à Londres, à cet effet, un ambassadeur , qui ne put rien obtenir.

Alors il jugea convenable de le remplacer par Madame; celle-ci se trouva hautement flattée d'une telle marque de confiance, et d'autant plus peut-être, que le roi recommandait le secret, même envers le duc d'Orléans. Char-

les II était libertin avant tout; on était sûr d'obtenir tout de lui avec de l'argent et de jolies filles : Louis XIV ne devait pas laisser manquer l'argent , et Henriette emmenait avec elle une belle Bretonne, mademoiselle de Kéroual, qui devait achever d'obtenir du roi d'Angleterre ce qu'on désirait; sales et basses intrigues, qui ne semblaient que légitime diplomatie au grand roi , et auxquelles Bossuet n'a pas craint de faire allusion par cette phrase louangeuse : « La confiance de deux grands rois l'élevait au comble de la grandeur et de la gloire. » Ailleurs , l'évêque de Meaux parle aussi de ce glorieux voyage, et cette épithète est ici singulièrement placée. Madame revint en France au bout de dix jours ; le traité était signé , à la satisfaction de Louis

A peine de retour, la duchesse d'Orléans mourut comme frappée de la foudre. On n'était pas encore habitué aux empoisonnements; tout le monde fut frappé de terreur à ce cri immortalisé par Bossuet : Madame se meurt , Madame est morte. La malheureuse Henriette expira, le 30 juin 1670, dans d'horribles convulsions. Souffrant d'un mal d'estomac * la princesse avait demandé un verre d'eau de chicorée ; elle l'eut à peine bu , qu'elle ressentit d'atroces douleurs, et s'écriant qu'elle allait mourir, qu'elle était empoisonnée. Saint- Simon, dans ses Mémoires, donne des détails qui ne laissent aucun doute sur la cause de cette catastrophe terrible ; il n'hésite pas à charger du crime le chevalier de Lorraine alors absent, mais qui envoya de Rome le poison administré par un de ses aflidés, par le marquis d'Effiat , premier écuyer de Monsieur (*). On a voulu laver de ce forfait la mémoire du duc d'Orléans; il n'y trempa peut-être en rien, mais il en profita et le récompensa. l,a princesse palatine, seconde femme de ce prince, affirme qu'Henriette fut empoisonnée, et elle ajoute que celui qui avait apporté le poison, Maurel,en fut récompensé par une place de maître d'hôtel chez le duc. Enfin, lord Montaigu, ambassadeur d'Angleterre à la cour de France, ra-

(*) Petit-fils du maréchal d'Efflat.

conte dans une de ses lettres , que, présent à cette horrible scène , il demanda à cette princesse, au nom du roi son maître ,%si elle se croyait empoisonnée; mais que la réponse fut prévenue par l'abbé Feuillet, qui exhorta la princesse à ne pas s'occuper de telles idées , mais à offrir à Dieu , en expiation de ses fautes, la mort qu'elle allait subir.

Voltaire nie d'une manière absolue le poison; mais ni les Mémoires de Saint-Simon, ni ceux de la princesse palatine, n'étaient publiés à l'époque où il écrivait.

Henriette - Marie de France , reine d'Angleterre, fille de Marie de Médicis et de Henri IV, naquit à Paris en 1609, et fui mariée à seize ans (1625) au prince de Galles, depuis Charles Ier. A peine arrivée en Angleterre , elle laissa éclater le dégoût le plus profond pour sa nouvelle patrie , où elle semblait résolue à tout changer plutôt que de se plier aux nécessités de sa position. La religion fut le premier objet de ses attaques. Or, le protestantisme était en Angleterre , à cette époque , l'arche sainte à laquelle nul ne pouvait toucher sans être frappé de mort. Ensuite les institutions et jusqu'au costume lui dé-

{ faisaient également. Le règne de Chares avait commencé sous le plus menaçant des auspices : la rupture du roi avec son parlement. La jeune reine, qui ne se doutait nullement de ce qu'était le parlement en Angleterre , se réjouit de voir réduite au silence cette assemblée qu'elle craignait.

Henriette était légère, remuante et sèche; le bonheur domestique que Charles cherchait auprès d'elle ne pouvait la satisfaire qu'à condition de devenir un moyen de puissance avouée et bruyante ; car elle était aussi vaine qu'ambitieuse. Elle dut donc se trouver enveloppée dans la révolution qui menaçait son époux, et dont elle fut une des causes les plus actives. Notre cadre ne nous permet pas de suivre Henriette-Marie dans cette période agitée, où elle apparut comme chef et pour ainsi dire général de l'armée royaliste. Rappelons seulement qu'enfin, réduite a fuir devant l'armée parlementaire, elle s'embarqua précipitamment pour la France, laissant aux mains de ses ennemis l'enfant

à Inquelle elle venait de donner le jour. (Voy. l'art, précédent.) A partir de ce moment, et jusqu'à la fin de sa vie, l'existence de la reine d'Angleterre ne sembla plus qu'une longue expiation.

Elle avait alors trente-cinq ans (1644). Accueillie honorablement en France, elle n'y trouva pourtant pas les sympathies ou du moins les secours qu'elle se croyait en droit d'attendre. Anne d'Autriche , tout occupée de sa régence , ne songeait pas à distraire une partie de ses ressources pour venir en aide au roi d'Angleterre. Les sollicitations d'Henriette n'étaient guère plus heureuses auprès des autres monarques de l'Europe. Lorsqu'elle reçut la nouvelle de l'exécution de Charles Ier (1649) , elle sembla oublier toute son ambition , et se retira à Chaillot, dans un couvent de la Visitation qu'Anne d'Autriche fonda pour elle. Tous ses soins se dirigèrent vers l'éducation de ses trois enfants : Charles, Jacques et Henriette, que malheureusement elle éleva dans tous les préjugés qui plus tard devaient amener l'avilissement du premier et la déchéance du second. Pendant la fronde, elle chercha un refuge dans le Louvre, où, dit-on , elle se trouva réduite dans un état de dénûment extrême.

Henriette- Marie vécut assez longtemps pour voir son fils Charles II rétabli sur le trône; mais alors (1660), sentant peut-être combien elle avait été un agent puissant de la ruine de Char-, les Ier, elle n'essaya plus de s'immiscer dans les affaires d'Angleterre. Restée au couvent des Filles de Chaillot, elle y mourut en 1669.

Une magnifique oraison funèbre de Bossuet éternise la mémoire de Henriette-Marie, que le grand orateur, prêtre catholique et royaliste par principes, a dû voir d'un autre œil que l'historien.

Hbïirioi? de Pansey (Pierre-Paul , baron), premier président de la cour de cassation et célèbre jurisconsulte, naquit en 1742, àTreveray, près deLignv (Meuse.) En 1789, il s'était déjà fait un nom comme auteur de plusieurs écrits sur le droit féodal et comme avocat consultant. Cependant il se croyait oublié, dans sa retraite de Joinville, lorsqu'il fut, en 1796, nommé administrateur de son département (Haute-Marne),

puis membre et président de la cour de cassation ( 1800 et 1809.) L'empereur l'appela au conseil d'État et le fit baron de l'empire. Cependant le magistrat n'avait acheté ces faveurs par aucun acte de complaisance. En 1814, le gouvernement provisoire lui confia les sceaux.

Enfin, en 1823, sa science profonde et son beau caractère lui valurent d'être nommé aux fonctions laissées vacantes par la mort de M. de Sèze. Il ne leg remplit pas longtemps : car il mourut le 23 avril 1829. On lui doit des ouvrages importants: sur la compétence desju-

Îies de paix, sur fautorité judiciaire, e pouvoir municipal , les biens cornmunaux, etc.

HENRiON(NicoIas),savantantiquaire, néàTroyesen 1663, mort en 1720, membre "de l'Académie des inscriptions et belles- lettres , professeur de langue syriaque au collège de France.

Henriot (François) naquit à Nanterre, en 1761, d'une famille livrée aux travaux des champs , mais qui cependant, malgré sa pauvreté, put lui taire donner un commencement d'éducation, car il s'exprimait avec facilité et écrivait assez bien. Forcé de bonne heure de quitter son village, pour venir chercher à Paris des moyens d'existence, sa position y fut d'abord pénible ; successivement enfant de chœur , domestique, puis clerc de procureur, il était enfin parvenu, en 1789, à obtenir une

5lace de commis aux barrières, lorsque, ans la nuit du 12 juillet, le peuple envahit son bureau et y mit le feu. Henriot n'avait point essayé de repousser les agresseurs ; il était du peuple aussi; il quitta son bureau et se joignit à la multitude. Dès lors commença son rôle dans la révolution, rôle obscur d'abord, mais qui ne tarda point à devenir important. Il attira en effet sur lui les regards des patriotes, par le courage dont il fit preuve à la journée du 10 août, et bientôt après, il fut élu chef de la force armée de la section des Sans-Culottes.

Il fut chargé , le 30 mai 1793 , par le conseil général de la Commune, du commandement général provisoire de la force armée de Paris, et ce fut surtout à son énergie que le parti populaire dut, au 31 mai et au 3 juin, la victoirequ'il remporta sur le parti girondin.

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