‹ FranceChapitre 211 sur 378 · Tome ix. — Villars. — Forbiu. — Duguay- Trouin · texte numérisé non relu

Tome ix. — Villars. — Forbiu. — Duguay- Trouin

Tomr x. — Mémoires politiques et militaires ( Noaillcs ). — Duclos. — Madame de Sua).

A ces collections nous devons ajouter encore celle des ouvrages publiés par

la Société de l'histoire deFbancr, et qui se compose aujourd'hui de 17 vol* in-8°, dont voici le détail :

L'Ystoire de li Normant, et la Chronique de Rohert Viscar , par Aimé, moine du Mont-Cassin, i vol.

Histoire ecclésiastique des Francs, par Grégoire de Tours , texte et traduction en regard , 4 vol.

Lettres du cardinal Mazarin à la reine, i vol.

Mémoires de Pierre de Fénin, i vol.

La conquestede ConstantinopU,par V'dlehardouin, i vol. avec carte.

Orderici Fitalis Historia ecclesiastica , 1. 1 et 11.

Correspondance de t empereur Maximilien avec Marguerite sa fille, % vol.

Histoire des ducs de Normandie et des rois d Angleterre, suivie du roman de Ham, i vol.

Mémoires de Pliilippe de Communes, nouvelle édition revue sur les manuscrits de la bibliothèque royale, tome I.

Œuvres complètes dEginltard, réunies pour la première fois et traduites en français avec notes, variantes et table générale, texte et traduction en regard, tome I.

Lettres de Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier, reine de Navarre, i vol.

Mémoire du comte de Coligny-Saligny, l vol.

Procès de condamnation et réhabilitation de Jeanne d'Arc, tome t.

Enfin, nous devons aussi une mention aux Archives curieuses de l'histoire de France, publiées par MM.

Cimber et Danjou, en deux séries, chacune de 15 volumes.

Nous avons parlé, à l'article que nous avons consacré aux Comités historiques, de la Collection de documents inédits, publiée sous les auspices du ministre de l'instruction publique. Pions dirons seulement ici, qu'il est à regretter qu'on y ait admis quelques documents d'un intérêt médiocre, dédaignés avec raison jusqu'à présent, et qui n'apportent aux études historiques aucun élément nouveau.

Outre les collections spéciales, il y a encore divers recueils importants où se trouvent dispersées un grand nombre de pièces originales; nous citerons Labbe. Nova Bibliotheca manuscriptorumj d'AcHERY, Spicilegium; Mari llon, Fêtera analecta; Baluze, Miscellanea; Martenne et Durand,

Thésaurus anecdotorum ; Mémoires de F Académie des inscriptions et belles-lettres; Notices et Extraits des manuscrits de fa Bibliothèque du roi.

D'autres recueils périodiques doivent aussi être mentionnés pour les articles sérieux qu'on y trouve; telles sont la Hei;ue des deux mondes , la Revue rétrospective, et la Bibliothèque de t école des Chartes, qui est exclusivement consacrée à l'histoire de France.

Enfin, nous devons signaler encore les grandes histoires de province, telles que celles de Lorraine, par D. Calmet; de Bretngne, par D. Lobineau; de Languedoc, par D. Vaissette; de Bourgogne, par D. Plancher; et les histoires des principales abbayes, qui présentent dans les pièces justificatives un grand nombre de documents originaux. Ces textes, que la lecture la plus infatigable n'épuiserait pas dans la plus longue vie, étaient encore inédits pour la plupart au dix-septième siècle; et déjà un savant les avait fouillés dans tous les sens pour y trouver la lumière et donner le mot de l'énigme du moyen âge. Ce savant, qui s'est élevé jusqu'à la hauteur du génie par la patience et l'instinct toujours sûr des investigations, c'est du Cange, et son prodigieux Glossaire est un véritable pandemotiium du passé. Inclinons-nous devant cette science modeste dont notre âge a perdu le secret; inclinons-nous devant du Cange et les Bénédictins qui avaient dans la science cette foi sincère que bien peu d'hommes de nos jours ont su conserver, et qui seule produit les grandes œuvres.

L'histoire ecclésiastique, dans ce passé delà France, n'a pas moins d'importance que l'histoire politique, et nous trouvons dans cette partie de nombreuses collections et des travaux érudits justement célèbres, au premier rang desquels se place le Gallia christiana, ouvrage divisé par métropoles ou archevêchés. Dans chaque métropole sont distribués les évéchés, dans chaque évéché les abbayes, doyennés, chapitres, avec la succession chronologique de tous les évêques, de tous les abbés et des autres chefs de l'Église.

Les Annales ecclesiastici du P. Lbcointb, qui forment 8 vol. in-fol., et

s'étendent de 253 à 845, ont été composés avec des fragments d'actes et de textes éclaircis par de savantes dissertations qui offrent fin véritable modèle de critique. Les Actes et Annales de V ordre de Saint-Benoit, la collection des JSollandisteSy bien qu'elles doivent être considérées comme une histoire générale de la chrétienté, ne sauraient être omises dans notre énumération ; car la France y tient une grande place. C'est là qu'il faut chercher, pour l'étude des mœurs du moyen âge et des préoccupations de l'esprit humain aux jours des croyances vives, les matériaux les plus nombreux et les plus singuliers; ce n'est pas seulement le monde idéal, rêvé par les légendaires, qui se révèle avec tous ses mystères dans ces récits qui nous font sourire; c'est aussi le monde vivant du passé, car l'idéal et le réel se confondent sous la plume des agiographes, comme ils se confondent dans la vie. Il importe seulement de distinguer et de bien choisir, ce qui n'arrive pas toujours aux érudits oui vont chercher dans les Bollandistes des inspirations lyriques.

L'histoire ecclésiastique s'éclaire encore des conciles généraux, et spécialement des collections des conciles particuliers de la France, et entre autres du Recueil du P. Sibmond, publié sous le titre : Concilia antiqua Galliœ, cum epistoUs pontificum, principum, cons' titutionibus et aliis gallicanse rei ec~ clesiasticx monument is (1629, 3 vol.

iu-fol.). Les statuts synodaux et diocésains et les rituels forment également, pour l'histoire de la discipline ecclésiastique et pour l'histoire des mœurs, une source importante et généralement négligée.

On le voit, dans le passé de la France, si rempli de grandes choses, les documents de toute nature abondent. Ce passé a été fouillé dans tous les temps, et cependant on se plaint de ce que les livres complets et définitifs manquent, et de ce que nous n'avons pas encore une histoire de France vraiment digne de ce nom. Mais il nous semble que c'est une œuvre au-dessus des forces d'un seul nomme. Et, d'ailleurs, avant que cette histoire soit possible, il est

encore quelques points qu'il importe d'éclairer par des travaux particuliers.

L'histoire du droit reste tout entière à faire; les histoires des villes et des provinces, qui peuvent seules par le détail rendre exacte et sûre une histoire du royaume, ont été jusqu'à ce jour, à de rares exceptions près, écrites d'une manière insignifiante dans les préoccupations exclusives des choses ecclésiasti-

3 ups, sous l'ancien régime, et dans ces erniers temps, du point de vue étroit des préoccupations locales. La géographie du moyen âge ne compte pas un grand travail d'ensemble. Que les hommes qui se vouent à l'étude du passé tournent donc leur attention vers les questions importantes ! C'est là, et là seulement qu'il se trouve encore quelques chances de découvertes: car, malgré le dédain superbe qu'on affiche généralement de nos jours pour les travaux antérieurs, à part les points spéciaux que nous indiquons, il est peu de questions intéressantes qui n'aient été épuisées. Défions-nous donc de cet orgueil irréfléchi qui nous fait croire en toutes choses à notre supériorité absolue sur nos devanciers ; n'oublions pas^ que le dix-neuvième siècle est assez riche pour se montrer généreux , et que les éminents» travaux historiques qu'il a produits compteront dans l'avenir au premier rang de sa gloire intellectuelle.

Historiographes de France. Le mot historiographe, qui nous est venu de la langue grecque , ne paraît pas se rencontrer dans les anciens auteurs latins. Au moyen âge il est employé dans le sens de Pictor. Historiographies, « peintre de hystoire, » dit le Glossarium latinq-gallicum cité pardu Cange.

Plus tard, au seizième siècle, il a servi à désigner et désigne encore quelquefois aujourd'hui ceux qui écrivent l'histoire. « Il est historiographe diligent, » dit Montaigne (Essais, liv. II , ch. 10), en parlant de Guichardin. Mais on entend particulièrement par historiographes les gens de lettres ayant charge d'écrire I histoire des princes, et pensionnés par eux pour exécuter ce travail. On trouve des traces de leur existence dans les anciennes monarchies d'Orient , et ils se retrouvent dans la plupart des Etats

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