HISTORIOGRAPHES L'UNI
brevet d'historiographe. Mais quelques traits de sincérité sur la taille, que Von trouva dans son Abrégé chronologique (Paris, 3 vol. in-4°, 1668) , mécontentèrent Colbert. Le ministre lui retira une partie de sa pension, et il la lui enleva tout entière lors de l'apparition de l'édition de 1676. Mézeray mit, dit-on, alois dans une cassette le dernier quartier de ses appointements, et y joignit un billet ainsi conçu : « Voici le dernier argent que j'ai reçu du roi ; il a cessé de me payer et moi de parler de lui , tant en bien qu'en mal. » A sa mort (10 juillet 1683), Colbert intervint dans l'inventaire de ses papiers, et ceux qui parurent avoir rapport aux fonctions d'historiographe turent portés à la bibliothèque du roi.
Paul Fontanier Pélisson, né en 1624, fut fait membre de l'Académie française, puis conseiller d'État en 1660. Après son mémorable séjour à la Bastille , où il expia son attachement pour le surintendant Fouquet, il écrivit le récit de la première campagne de Louis XIV en Franche-Comté , et le roi en fut, si content , qu'il le nomma son historiographe , et lui fit une pension de 6,000 livres. Son histoire du grand roi a été sévèrement jugée par Boileau.
« C'est, dit ce critique, un panégyrique perpétuel ; il loue le roi sur un buisson, sur un arbre, sur un rien ; et quand on lui fait quelque remontrance sur ce sujet , il repond qu'il veut louer le roi. » Jl abjura le protestantisme , et mourut en 1693.
Nicolas Boileau Despbéaux fut à son tour nommé histowegraphe du roi.
« Quand je faisois le métier de satirique, on m'accabloit d'injures et de menaces; on me paye bien cher aujourd'hui pour faire le métier d'historiographe que je n'entends pas. »
Jean Racine fut son collègue ; mais ces deux poètes n'ont rien publié sur l'histoire ae Louis XIV, ou plutôt leurs manuscrits ont été détruits dans l'incendie de la bibliothèque de Valincourt, et quelques notes seulement en ont été recueillies par de scrupuleux éditeurs , qui les ont placées dans les œuvres diverses de Racine.
Jean-Baptiste du Trousset de Vali in court , né en 1653, fut, en qualité d'historiographe, le collègue de Boileau
flERS. HISTORIOGRAPHES
et de Racine. Il remplaça le dernier a l'Académie française , et mourut en
Louis Legendbe, né en 1655, mort en 1733, paraît avoir été historiographe du roi. Cependant la Biographie universelle garde le silence à cet égard.
Le P. Daniel naquit à Rouen en 1649. Son Histoire de France, qui parut en 1713 , en 3 volumes in-fol. , lui valut une pension de 2,000 livres et la qualité d'historiographe de France. 11 ' mourut en 1728.
Arouet de Voltaire, né en 1694, remplit sous Louis XV les fonctions d'historiographe. Il a justifié ce titre par son Siècle de Louis XI F.
Jean-Daniel Schoepflin, né à Sultzbourg en 1694 , auteur de YAlsatia Uf ust rata y Celtica-Francica , etc. (Colmar, 1751-1762), fut fait historiographe de France vers le milieu du dix-huitième siècle. Sa mort arriva en 1771.
Charles Pineau Duclos, né en 1704, dut à son histoire de Louis XI la place d'historiographe du roi ; il l'obtint lorsque Voltaire l'abandonna pour se rendre à la cour de Frédéric. Duclos ne publia rien de son vivant sur le règne de Louis XV, parce que, dit-on, il ?ie voulut pas se perdre par la vérité, ni s'avilir par l adulation. Son livre sur l'histoire de ce prince fut, après sa mort , remis dans les dépôts du ministère. « Je me souviens , dit la Harpe dans son Cours de littérature , d'avoir entendu quelques morceaux de la préface qui annonçaient le courage de la vérité. »
Jean-François Mabmoktel obtint après Duclos la charge d'historiographe de France. Il était né en 1723, et mourut en 1799.
Philippe- André Gbandidieb, né en 1752, chanoine du grand chœur de Strasbourg , publia à 24 ans les deux premiers volumes de son histoire ecclésiastique de cette ville. A 25 ans, il était membre de vingt et une académies de France et d'Allemagne. Il fut fait historiographe- de France , et mourut en
Jacob-Nicolas Mobeau, né en 1717, est auteur de 21 volumes de Discours sur l'histoire de France (1777-1789).
Il fut conseiller de Monsieur (Louis XVIII) , bibliothécaire de la reine et
historiographe de France. La révolution lui enleva tous ses emplois. Il survécut néanmoins à la chute de la monarchie, et mourut seulement en 1803.
Ici se termine la liste des historiographes dont nous avons pu recueillir les noms ; mais, nous le répétons, nous ne garantissons pas que cette liste soit complète. Ln profession d'historiographe avait d'ailleurs fini par devenir trop commune pour ne pas perdre de son importance. Chaque communauté riche, chaque noble ambitieux , voulait avoir son historien gagé, son prôneur, en un mot. C'est ainsi que l'on vit l'académicien Déhameaux devenir historiographe des princes de Condé , et que l'on trouve dans PAImanach royal de 1789 , les noms de quatre autres académiciens : Déshameaux , Loroy , Gauthier de Sibert et Ancillon, avec les titres d'historiographes des ordres du roi , de la maison de Bourbon , de l'Académie d'architecture , et de l'ordre de Saint- Lazare. La révolution a fait disparaître ces emplois avec beaucoup d'autres; il n'y a plus aujourd'hui d'historiographes , il n'est plus resté que des historiens.
Hivers rigoureux. Le climat de la France et celui de l'Europe en général ont éprouvé de si grands changements depuis les premiers temps de l'histoire , que les descriptions laissées par les anciens conviendraient à peine de nos jours à la température de la Laponie, de l'Islande et du Groenland.
Du temps des premiers empereurs, on ne recueillait encore dans la plus grande partie des Gaules ni vin, ni huile, et à peine y trouvait- on quelques fruits.
Diodore de Sicile rapporte que les fleuves de ce pays étaient pris régulièrement par les glaces , et que chaque année, des armées entières traversaient ces ponts naturels avec leurs chariots et leurs bagages. Hérodien parle de soldats qui , au lieu d'aller avec des cruches chercher de l'eau sur les bords du Rhin , se munissaient de cognées , et y coupaient des morceaux déglace qu'ils rapportaient au camp. Nous sommes loin de cette époque, et bien que les historiens nous apprennent que depuis le neuvième jusqu'au dix-septième siècle, le Rhône a gelé treize fois, en 860,
1133, 1216, 1234, 1302, 1305, 1323, 1364, 1460, 1565, 1568, 1570 et 1603, nous ne croyons pas qu'on puisse dire eue ce fleuve gèle fréquemment. Depuis deux siècles , d'ailleurs , la couche de glace dont il s'est couvert n'a pas été assez forte pour soutenir des voitures.
Sans nous étendre davantage sur ce sujet , et adoptant sans discussion l'observation de M. Arago , qu'il y a eu changement dans la température de lu Gaule, où les étés sont devenus moins chauds et les hivers moins froids, sans que la température moyenne ait varié sensiblement, nous allons donner une esquisse rapide des plus grands froids qu'on ait éprouvés en France, nous contentant de mentionner la date lorsque les détails n'offriraient pas d'intérêt.
En 358, il fit un froid excessif à Paris. Julien, qui se trouvait alors dans cette Lutèce qu'il aimait tant, nous a laissé une description que nous rapporterons ici ; elle est curieuse à cause de la date. « Or , il arriva que l'hi- « ver que je passais à Lutèce fut d'une « violence inaccoutumée : la rivière « charriait des glaçons comme des car- « reaux de marbre! Vous connaissez les « pierres de Phrygie? Tels étaient, par « leur blancheur, ces glaçons bruts, lar- « ges , se pressant les uns les autres , « jusqu'à ce que , venant à s'agglomé- « rer, ils formassent un pont. Plus dur « à moi-même et plus rustique que ja- « mais , je ne voulus point souffrir que « l'on échauffât. à la manière du pays , « avec des fourneaux, la chambre où « je couchais. » Toutefois il laissa apporter dans sa chambre quelques charbons dont la vapeur faillit l'étouffer. Ordinairement cependant les hivers étaient supportables à Paris , et l'on pouvait y faire croître des vignes et des figuiers, en ayant soin d'empailler ceux-ci à l'approche des froids , comme on le fait encore à Argenteuil.
En 821, la Seine fut prise pendant un mois , ainsi que les autres grands fleuves de l'Europe. Froids excessifs en France en 991, 1044, 1067, 1124, 1125, 1205, 1216, 1325, 1407. En 1408, froid surnommé le grand hiver par les historiens ; la plupart des arbres fruitiers et des vignes furent détruits en France. Cette même année, les vagues couvri-
438 HIVERS RIGOUREVX L'UNIVERS-
HOCHE
rent les ccjtesde la Bretagne d'une quantité si prodigieuse de poissons de toutes espèces, que les émanations pestilentielles exhalées de leurs chairs corrompues forcèrent les habitants du voisinage à fuir pendant quelque temps de leurs demeures. En 1420, hiver rigoureux à Paris. Cette ville éprouva une mortalité si extraordinaire, qu'elle fut entièrement dépeuplée; les loups entraient jusque dans son enceinte pour y dévorer les cadavres. En 1422, froid excessif à Paris. En 1426, autre hiver rigoureux à Paris et dans les environs :
« Il fut avant la fin de mars que verdure yssit de terre, » dit un auteur contemporain. Un grand froid eut lieu de nouveau l'année suivante jusqu'à la lin de mai, « et ne fut guères semaine qu'il ne gelât ou ne grêlât très-fort, et toujours pleuvoit. »
Froid extraordinaire en France en 1433. En 1434 , la gelée commença à Paris le 31 décembre, et dura deux mois et vingt et un jours; la neige tomba pendant quarante jours consécutifs , la nuit comme le jour. Grands froids en 1458, 1468 et 1469, 1537 et 1570. Dans cette dernière année, le froid dura trois mois entiers dans toute sa rigueur , et sans aucune interruption. En Provence et en Languedoc , les arbres furent atteints jusque dans leurs racines. Dans d'autres provinces de la France , les gelées durèrent depuis la On de novembre jusqu'en février.
En 1595 et en 1608, froids excessifs.
En 1608 , hiver très-rigoureux dans toute l'Europe. Le froid, qui se fit sentir à Paris dès le 21 décembre 1607, dura pendant deux mois entiers ; les approvisionnements de la capitale en combustibles étaient devenus si rares , que la charge de cotrets se vendit 35 sous. Les troupeaux périrent en grand nombre dans les étaoles , et toutes les espèces de gibiers dans les campagnes et dans les forêts.
En 1683, hiver long, froid et trèsâpre en France , notamment en Touraine. Un grand nombre d'oiseaux périrent ; le tiers des habitants des campagnes voisines de Tours mourut de faim et de misère ; les gelées durèrent treize semaines.
En 1709 , le froid occasionna une di-
sette qui fît périr un grand nombre d'habitants des classes pauvres et laborieuses. Les denrées de première nécessité se vendirent un prix excessif. On fabriqua à Versailles et à Paris du pain d'avoine qui fut servi jusque sur la table des riches et des princes. Enfin l'impossibilité de conserver l'eau et le vin à l'état fluide, fit interrompre la célébration de la messe. Louis XIV fut forcé de remettre aux peuples neuf millions détailles, dans le temps qu'n n'avait pas de quoi payer ses soldats, dont l'approvisionnement coûta 45 millions.
Autres hivers très-rigoureux en 1724 , 1733, 1740. En 1748, le thermomètre descendit à 30°. En 1768, dans quelques provinces , des voyageurs périrent sur les routes; des arbres se fendirent dans une grande partie de leur longueur. A Paris, on brisa plusieurs cloches en les sonnant ; à Lyon , le thermomètre descendit, le 1er février, à 17° 1/2. En 1774 et 1776, froids très-intenses. Le 30 décembre 1788, le thermomètre descendit à Paris à 18° 1/4 au-dessous de zéro ; la glace atteignit 12 pouces 1/2 d'épaisseur. En 1794, la durée de la gelée à Paris fut de 68 jours, et ,1e thermomètre descendit à 18° 3/4 Réauinur. En 1812, 1820 et 1830, hivers très-rigoureux.
Hoche (Lazare) , naquit en 1768, â Montreuil, l'un des faubourgs de Versailles. Fils d'un garde du chenil de Louis XV, il entra lui-même à quatorze ans comme aide-palefrenier aux écuries du roi, et telle était la modicité de ses gages, qu'il eût presque manqué de pain sans la générosité d'une de ses tantes, fruitière à Versailles. Cette digne femme trouva même moyen de lui donner quelque argent pour acheter des livres. Hoche consacra dès lors à la lecture tous les instants qu'il put dérober le jour, à son service, et disputer la nuit, au sommeil. A dix-sept ans, c'est-à-dire dès que l'âge le lui permit, il s'enrôla dans le régiment des gardesfrançaises , et aussitôt il s'y distingua par sa capacité et sa bonne conduite.
La révolution le trouva ce que la monarchie l'eût toujours laissé : sergent dans ce régiment qui donna aux autres corps de l'armée le signal et l'exemple du patriotisme ( voyez Gardes Fràn-
HOCHE
çaisbs). Devenu en 1789 adjudant sousofficier dans un des quatre régiments soldés de la garde nationale parisienne, il obtint, en 1792, une lieutenance dans le régiment de Rouergue, et attira sur lui, par le courage qu'il déploya au siège de Thionville, l'attention <fu général Leveneur, qui se l'attacha comme aide de camp. Hoche assista près de cet oflicier a la bataille de Nerwinde, et l'accompagna à Paris après la trahison de Dumouriez. Mandé alors au comité de salut public , il y parut avec une noble aisance, et présenta un plan qu'il avait conçu pour la prochaine campagne. Carnot lui fit expédier immédiatement un brevet d'adjudant général, et l'envoya défendre Dunkerque, menacé par le duc d'York. Il repoussa les attaques des Anglais, et les força, après leur défaite de Uondscoote, à lever le siège. Ce beau succès lui valut le grade de général de brigade.
Nommé ensuite général de division, il s'empara de Fumes, le 22 décembre 1793, et bientôt après obtint le commandement en chef de l'armée de la Moselle. Ainsi, âgé à peine de vingt-cinq ans , il était arrivé au plus haut grade militaire qui existât alors.
Il voulut débuter par un coup d'éclat : débloquer Landau, et rejeter les Prussiens hors de l'Alsace. Par une marche rapide, il porta son armée contre l'ennemi qui était retranché dans la formidable positiou deKayserslautern; cette attaque n'eut point de succès; il y perdit inutilement beaucoup de monde, et fut forcé de se replier sur la Sarre. Imaginant alors un nouveau plan, il se jeta à travers les Vosges, s'avança contre les Autrichiens qui avaient envahi le Bas-Rhin, et tourna leur extrême droite, tandis que Pichegru manœuvrait contre leur centre et leur gauche. Les Prussiens furent ainsi isolés , et la masse des deux armées françaises tournée contre les Autrichiens seuls. Enfin Wurmser fut battu dans les lignes de Weissembourg , Landau se trouva débloqué, et Iloche, poursuivant l'ennemi sur son propre territoire, fut bientôt maître de Guemersheim, de Spire et de Worms, où il trouva d'immenses magasins.
Mais cette expédition, bien qu'elle eût
été couronnée par le succès , avait fait manquer un plan qui avait reçu l'approbation du comité de salut public, et qui aurait amené des résultats bien plus importants; et cependant, Hoche, enivré de son triomphe, voulait pénétrer encore plus avant dans le Palatinat, lorsque le comité de salut public, irrité déjà de son audace inconsidérée, et se rappelant ce qu'avait coûté l'imprudence de Custine, lui défendit de dépasser les lignes comprises entre le fort de Bitche et Longwy; il se plaignit avec hauteur : Saint-Just, qui se trouvait avec Le Bas en mission a l'armée du Rhin , le fit arrêter et l'envoya à Paris, où il fut enfermé aux Carmes d'abord, puis à la Conciergerie (*).
« Hoche mis en prison après avoir opéré, dans une expédition de quelques jours, le déblocus de Landau, la prise de Guemersheim et de Spire, et celle de Wonns, voilà, disent les auteurs de Y Histoire parlementaire de la Révolution (**), un de ces faits signalés par les historiens militaires comme une preuve éclatante de l'injustice, de l'ingratitude et de la stupidité des terroristes. La disgrâce de Hoche provint de la cause qui perdit Houchard , et fit suspendre Jourdan. Hoche était un généra) qui prenait plutôt conseil de sa propre spontanéité que des plans imposes par le comité de salut public. Il préférait ouvertement sa propre sagesse à celle du pouvoir suprême, de sorte que s'étant créé une sphère d'activité toute personnelle, non-seulement on ne pouvait compter de sa part sur un concours déterminé dans une opération combinée, mais encore on était exposé à le voir agir de son propre mouvement, sans prévenir personne, et compromettre les plus beaux résultats. Ainsi , Saint-Just et Le Bas avaient calculé une attaque qui devait entraîner la ruine des Autrichiens. Menacé aux deux ailes, d'un côté par Pichegru , à la tête de l'armée du Rhin, de l'autre par Hoche, à la tête de l'armée de la Moselle, Wurmser eût été forcé en effet de mettre bas les armes, si , comme la chose était facile, ses deux ailes avaient été débordées à O Tissot, Histoire de la révolution, t. V, p. i 54.
O Tome XXXI, p. 4».
L'UNIVERS
HOCHE
la fois , manœuvre qui le séparait entièrement de sa base. Tout était prêt pour cette tentative; Pichegru, qui s'était fait le docile instrument de la pensée des commissaires extraordinaires, avait été consulté ; Hoche allait recevoir les ordres de marcher, lorsqu'on apprit son initiative aventureuse. Le succès qu'il obtint fut de beaucoup inférieur à celui que l'on était en droit d'attendre d'un mouvement concerté, et, dans tous les cas, la victoire ne pouvait l'absoudre aux yeux d'hommes pour qui la question du devoir dominait et décidait toutes les autres. »
Toutefois, le temps qu'il passa en prison ne fut pas perdu pour lui ; il mit à profit les loisirs forces qu'on lui avait faits. Sans se préoccuper de l'avenir, il travailla avec son ardeur accoutumée, et partagea son temps entre les lettres et la théorie de l'art militaire. Ces méditations et l'expérience domptèrent aussi son caractère ; et , dès lors, on le vit plus calme, plus réservé, prendre pour devise : des choses et non des mots.
Il recouvra la liberté après le 9 thermidor, et fut chargé du commandement des côtes de Brest.
il travailla d'abord à rétablir la discipline parmi les troupes, puis il introduisit, dans le plan de campagne qui avait été suivi jusque-là, d'utiles innovations; ainsi il substitua le système des camps retranchés à celui des cantonnements. En présence d'un tel adversaire, les chefs vendéens jugèrent que, pour quelque temps du moins, la voie oes armes ne leur réussirait pas, et ils firent des propositions de paix. Hoche accueillit d'abord leurs ouvertures; puis, s'apercevant qu'ils ne se.
soumettaient que pour gagner du temps , il demanda contre eux des mesures vigoureuses. A cette nouvelle, les délégués du pouvoir exécutif, qui avaient conclu plusieurs traités partiels , l'accu-
ron (17 juin 1795), Hoche , alors que l'épouvante régnait autour de lui, conserva son sang-froid. Trop faible pour résister dans le premier moment, il se retira sur Rennes , où il concentra ses forces éparses ; puis , lorsqu'il eut réuni 6,000 hommes environ et quelque artillerie, voyant les royalistes demeurer stationnaires , il les enferma par un camp retranché dans la presqu'île, et les força de se rendre à discrétion.
Personne n'ignore le dénoûment de ce triste épisode de nos guerres civiles. Disons seulement ici que Hoche, sur qui tant d'écrivains se sont complu à rejeter le sang des victimes, en eut au contraire les mains innocentes, et concilia, autant qu'il était en sa puissance , le devoir et l'humanité. Relâcher des hommes qui avaient pris les armes contre la patrie et qui étaient disposés à recommencer au premier jour, il ne le pouvait ni ne le voulait. Émus de compassion à la vue de ces Français que leur courage, digne d'une meilleure cause , avait précipités au-devant d'une mort inutile, ses soldats leur avaient représentéque mieux valait capituler et s'en remettre à la clémence nationale ; cette perspective de vie avait pu sans doute influer sur la détermination qu'ils avaient prise de se rendre; mais les républicains n'avaient rien promis, rien juré ; Hoche ne pouvait donc point exiger du gouvernement qu'il respectât des promesses , des serments qui n'avaient point été faits. Tallien , que la Convention avait envoyé près de lui, à la première nouvelle du débarquement des émigrés , se hâta d'aller faire son rapport à cette assemblée, aussitôt que la victoire fut assurée. Quant à Hocne, il écrivit au comité de salut public qu'immoler tous les chouans entraînés à Quiberon serait aussi cruel qu'impolitique ; que les chefs étaient les vrais
sèrent d'ambition , et prétendirent qu'il coupables, et qu'eux seuls devaient être
ne visait qu'à se perpétuer dans le com- sacrifiés: c'étaittoutcequ'ilpouvaitfaire.
mandement. Mais bientôt ses prévisions Mais les thermidoriens, en accusant
se réalisèrent, et la guerre civile éclata Robespierre des excès qu'eux-mêmes
de nouveau. Hoche mit aussitôt ses avaient commis au nom du système de la
troupes en mouvement, et, par l'éner- terreur, n'avaient pas renoncé à exploi-
gic , par la promptitude de ses mesures, ter ce système, en lui donnant un autre
il déjoua les desseins des royalistes. nom. En apprenant un mois auparavant
Lors de la fameuse affairé de Quibe- la tentative de Quiberon, le nouveau co-
mité de salut public avait dit que le sol natal dévorerait tous les traîtres... Il décida, sur le rapport de Tallien, que les prisonniers seraient traduits devant une commission militaire, et que tous ceux qui seraient convaincus d'avoir pris volontairement les armes , seraient indistinctement fusillés. Hoche, pénétré de douleur, chargea un de ses lieutenants du soin d'accomplir cet ordre impitoyable, et gagna Saint-Malo avec le reste de ses troupes.
Au mois de décembre suivant, le Directoire lui conféra le commandement suprême des trois armées de FOuest, réunies sous le nom d'armée de l'Océan; et, le 15 juillet 1796, il put annoncer aux deux conseils législatifs que cette partie du territoire national, si longtemps agitée par la guerre civile, était enfin pacifiée : un décret solennel proclama que lui et son armée avaient bien mérité de la patrie.
Hoche cependant ne pouvait rester inactif à la tête de quatre-vingt mille soldats ; il conçut le projet de porter, au sein de l'Angleterre, la guerre civile qu'elle avait fomentée sur notre territoire, et de lui enlever l'Irlande. Ce fut aussi vers cette époque, qu'après avoir déjà échappé à deux tentatives d'empoisonnement, il faillit être tué, à Rennes, d'un coup de pistolet (17 octobre 1796), par un ancien chouan. On sait quelle fut la triste issue de l'expédition d'Irlande ; contraint de regagner les ports de France, Hoche n'y aborda qu'après avoir échappé comme par miracle aux croiseurs anglais et aux plus affreuses tempêtes.
De retour à Paris, il obtint le commandement en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse, la plus belle qu'eût jamais eue la république. Klle s'élevait «i 80,000 hommes, et était abondamment pourvue de tout. Mais tandis que Bonaparte poursuivait en Italie le cours de ses succès, le Directoire laissa Hoche dans une déplorable inaction. Ce fut seulement à la fin de mars 1797, qu'on lui donna l'autorisation de marcher en avant. Il ouvrit la campagne par le célèbre passage du Rhin à Neuwied, sous le feu de l'ennemi, remporta successivement cinq victoires (Neuwied, Ukerath, Altenkirchen , Dierdorf et
Heddesdorf), et entra dans Wetzlar, d'où son adversaire le croyait encore très-éloigné. En quatre jours, ses troupes avaient parcouru trente-cinq lieues ; et il manœuvrait pour enlever d'un seul coup l'armée ennemie, quand il fut arrêté à Giessen, sur les bords de la Nidda, par la nouvelle de l'armistice conclu à Leoben.
On lui offrit, au mois de juillet, le ministère de la guerre ; il refusa. Les directeurs rêvaient alors le coup d'État du 18 fructidor; ils jetèrent les yeux sur lui pour l'accomplir. 11 avait déjà fait marcher vers Paris plusieurs de ses régiments, lorsque Willot, confident dé Pichegru, le dénonça à la tribune des Cinq-Cents, et demanda sa mise en accusation. Le Directoire, redoutant la découverte de ses propres desseins, lui retira ses pouvoirs, fit rétrograder ses troupes, et publia qu'elles n'avaient été mises en mouvement que pour préparer une autre expédition maritime; puis Hoche, à ce qu'on croit aujourd'hui, fut écarté par les intrigues de Bonaparte, qui, voyant en lui un rival heureux prêt à le gagner de vitesse et à se saisir du gouvernement, fit donner à Augereau le soin de coopérer parles armes au coup d'État pour lequel on avait compté sur jui. Quant à Hoche, il se retira à son quartier général de Wetzlar, où peu après la mort vint inopinément le frapper.
Depuis une semaine il crachait le sang, et, par intervalle, éprouvait des crises de suffocation et de convulsions nerveuses. « Ai-je donc sur les épaules la robe deNessus! » s'écriait-il dans ces moments.Toutà coup, le 15 septembre, au soir, il fut pris d un accès, perdit la voix et la connaissance, et expira au milieu d'atroces souffrances. A peine la mort du jeune général fut-elle connue de l'armée, que des bruits d'empoisonnement s'y répandirent, et se pro; pagèrent bientôt dans toute la France.
L'autopsie du cadavre, ordonnée par le Directoire, révéla, en effet, dans les intestins une multitude de taches noires
3ui parurent aux gens de l'art les indices 'une mort violente. On accusa le Directoire lui-même; on accusa aussi Bonaparte, mais sans plus de fondement.
L'altération de la santé de Hoche datait
44* HOCHStAEDT L'UNIVERS. HOCHSTAEDT
de son séjour en Bretagne : on crut, et mépris sur le signal convenu, il allait suo-
cette opinion est assez probable, qu'il comber sous les efforts des Impériaux,
y avait été empoisonné dans un banquet lorsque les armées française et bava-
offert par les royalistes aux républi- roise le dégagèrent. Cet incident, que le
cains en signe de réconciliation. comte de Styrum n'avait pas prévu,
On célébra sur le Rhin, à Paris, aux mit le désordre dans ses lignes ; il vint
armées, dans toute la France, les ob- pourtant à bout de les rétablir , et se
sèques de Hoche, et les soldats lui éle- mit en devoir de combattre avec toutes
vèrent un monument à Weissentburn. ses troupes. On vit, après la première
Ses restes, transportés d'abord de Wetz- charge, un effet de ce que peut dans les
lar à Coblentz , furent ensuite déposés batailles le caprice de la fortune. Les
au fort de Pétërsberg , près de ceux de soldats bavarois et français , frappés
Marceau. d'une terreur panique , prirent la fuite
La ville de Versailles a, depuis la en même temps ; et , pendant quelques
révolution de juillet 1830, donné le nom minutes, le maréchal se vit presque seul
de Hoche à une de ses places, que dé- sur le champ de bataille. Heureusement,
core la statue en bronze du jeune gé- Villars garda sa présence d'esprit ; il
héral. rallia ses troupes, et les ramena à l'en-
Hochkirchen ou Hochkibch, vil: nemi, qui s'était éparpillé pour la pour-
lage de la haute Lusace saxonne, qui suite. Il le chargea à son tour, le dis-
a donné son nom à l'un des épisodes de sipa, et remporta une victoire complète,
la bataille de Bautzen. (Voy. ce mot.) La bataille dura sept heures, et Styrum
Hochstaedt (batailles d'). — Villars y perdit plus de 3,000 hommes, avec
après avoir fait, au commencement de toute son artillerie, composée de 33 piè-
septembre 1703, sa jonction avec l'élec- ces de fonte, et tous ses bagages. On
teur de Bavière , se hâta de l'entraîner fit plus de 4,000 prisonniers , et les
au delà du Danube; mais , quand le vainqueurs ne perdirent pas 200 hom-
fleuve ftit passé, le prince se repentit, mes.
Le comte de Styrum, maréchal général —L'année suivante, le même champ
des Impériaux , allait, à la tête d'un de bataille fut le théâtre d'une défaite
corps d'environ 20,000 hommes, seréu- essuyée par l'armée française. Villars,
nir à la grande armée du prince de Bade» rappelé en France, avait été remplacé
auprès de Donauwert. «Il faut les préve- par Tallard et Marsin. Tous les géué-
« nir, dit le maréchal à l'élect'ur ; il faut raux et toutes les armées se trouvaient
« tomber sur Styrum , et marcher tout réunis près de Donauwerth (V. Guerrb
« à l'heure. » Le prince , que diverses d'Allemagne): Eugène et Marlbo-
intrigues ébranlaient alors dans sa fidé- rough , avec l'armée impériale ; Tal-
lité à notre alliance, temporisait; il ré- lard, Marsin et l'électeur, avec l'armée
pondait qu'il en devait conférer avec ses franco-bavaroise; derrière les Impé-
généraux et ses ministres. « Je suis riaux, manœuvrait Villeroi pour leur
« votre ministre et votre général , lui couper les communications et les vi-
« répliquait Villars. Vous faut-il d'autre vres ; enGn le margrave de Bade mena-
« conseil que moi , quand il s'agit de çait Ratisbonne et lngolstadt. Le mo-
« donner bataille ? Si Votre Altesse ne ment était critique , et un coup décisif
« veut pas saisir l'occasion avec ses Ba- allait être nécessairement porté. L'ar-
«varois, je vais combattre avec les mée franco-bavaroise comptait près de
«Français;» et sur-le-champ il or- soixante mille combattants; l'année
donne l'attaque (20 septembre 1703). ennemie était forte d'environ cin-
Le prince fut obligé de combattre quanto deux mille hommes. «Cette jour-
malgré lui : c'était à 32 kil. d'Augs- née, si sanglante et si décisive, dit Voï-
bourg, dans les plaines d'Hoehstaedt, taire, mérite une attention particulière,
sur la rive gauche du Danube (duché de On a reproché bien des fautes aux géné-
Neuhourg). Le marquis d'Usson , qui raux français. Le marquis de Feuquières
s'était, par ordre du maréchal, approché encompte douze capitales que firent l'é-
du camp ennemi avec un gros détache- lecteur, Marsin et Tallard avantet après
ment, commença l'action. Mais, s'étant la bataille. Une des plus considérables
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* était dé n'aVoir point un gros corps d'infanterie à leur centre, et d'avoir séparé leurs deux corps d'armée. Tallard était . à l'aile droite, l'électeur avec Marsin à la gauche.
« Le maréchal de Tallard avait dans le courage toute l'ardeur française, un esprit actif , perçant , fécond en expédients; mais il avait un malheur bien dangereux pour un général ; sa vue était si faible quMl ne distinguait pas les Objets à vingt pas de lui ; et son courage ardent, tout contraire à celui de Maflborough, ne laissait pas à son esprit une liberté assez entière. Marsin n'avait jusque - là jamais commandé en chef.
Pour l'éfecteur de Bavière, on le regardait, moins comme un grand capitaine,
Sue comme un prince Vaillant, ai maie
« Enfin la bataille commença entre midi et une heure. Marlborough et ses Anglais, ayant passé un ruisseau, chargeaient déjà la cavalerie de Tallard. Ce général, un peu avant ce temps-là, venait de passer à la gauche pour voir comment elle était disposée. C'était déjà un assez grand désavantage que l'ariiiéë de Tallard combattît sans que son général fût à sa téte. L'armée de l'électeur et de Marsin n'était point encore attaquée par le prince Eugène. Marlborough entama l'aile droite française près d'une heure avant qu'Eugène' eût pu arriver vers l'électeur a la gauche.
« Sitôt que le maréchal de Tallard apprend que Marlborough attaque son aile, il y court : il trouve une action furieuse" engagée; la cavalerie française trois fois ralliée et trois fois repousséé. Il va vers le village de Bleinheim (Blindheim), dù il avait posté vingt-sept bataillons et douze escadrons. C'était uné petite armée séparée : elle faisait un feu continuel sur celle de Marlborough. Dé ce village, où il donne ses ordres, il re* vole à l'endroit où Marlborough , avec" de la cavalerie et des bataillons entre les escadrons , poussait la cavalerie française. Marlborough vainqueur perce d'un côté entre les deux armées françaises ; dé l'autre, ses officiers généraux
Gercent aussi entre ce village de Bleineim et l'armée de Tallard, séparée ert* core dé la petite armée qui est darts Bleinheim.
* Le maréchal de Ta 1 1 ard court pour rallier Quelques escadrons. La f ai blessé de sa vue lui fait prendre un escadron ennemi pour un français. Il est fait prisonnier par les troupes de Hesse, à la solde de l'Angleterre. Au moment que le général était pris * lé prince Eugène, trois fois repoussé, gagnait enfin l'avantage. La déroute était déjà totale, et la fuite précipitée dans le corps d'armée du maréchal de Tallard. La consternation et l'aveuglement de toute cette droite étaient au point qu'officiers et soldats se jetaient dans le Danube sans savoir où ils allaient. Aucun officier général ne donnait d'ordre pour la retraite, aucun ne pensait ou à sauver ces vingt-sept bataillons et ces douze escadrons des meilleures troupes dé France, enfermés si malheureusement dans Bleinheim , ou à les faire combattre.
Le maréchal de Marsin fit alors la retraite. Le comte du Bourg, depuis maréchal de France, sauva une petite partie de l'infanterie, en se retirant par les marais d'Hochstaedt. L'armée qui restait encore dans Bleinheim était de onze mille hommes effectifs; c'étaient les plus anciens corps. Il lui fallut plier sous la nécessite, et sé rendre sans combattre.
«Telle fut la célèbre bataille qui, en France , a le nom d'Hochstaedt , et en Angleterre celui de Bleinheim. Les vainqueurs y eurent près de cinq millé morts ét près de huit millé blessés , et le plus grand nombre du côté du prince Eugène. L'armée française y fut presque entièrement détruite. De soixante mille hommes, si longtemps Victorieux , on n'en rassembla pas plus de vingt mille effectifs.
«Environ douze mille morts, quatorze mille prisonniers , tout le canon, un nombre prodigieux d'étendards et de drapeaux , les tentes , les équipages, le général de l'armée et douze cents officiers de marque au pouvoir du vaingueur, signalèrent cette journée. Les fuyards se dispersèrent ; près de cent lieues de pays furent perdues en moins d'un mois. La Bavière entière passa sous le joug dé l'Empereur. L'étonnement et la consternation saisirent la cour de Versailles. »
— La honte de cette déroute fut ré-
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parée, un siècleplus tard, par les troupes républicaines. Le général autrichien Kray s'obstinant, au mois de juin 1800, à ne point quitter sa position devant Ulm, Moreau , qui ne pouvait avancer en Bavière sans la lui faire abandonner, se détermina à une manœuvre d'une grande audace. Sans équipages de ponts, sans bateaux , il entreprit de passer le Danube au-dessous de cette ville , afin de séparer l'ennemi de ses magasins de Ratisbonne , d'Ingolstadt , de Donauwertb, et de le forcer ainsi à se retirer ou à se battre. L'armée du Rhin avait pris, par différents mouvements qui eurent lieu du 13 au 17 juin 1800, la position suivante : l'aile droite, commandée
Car Lecourbe, renforcée de cinq batail- )ns d'infanterie et de cinq régiments de cavalerie, ayant laissé à Augsbourg et à Landsberg des forces suffisantes pour garder ces postes , avait sa droite à la route de Dillingen et Lavingen , et sa gauche à Burgau , sur le Mindel ; le corps de Grenier était à Guntzburg, dont il s'était emparé le 16 ( voyez Guntzburg [prise de]); sa gauche à Rissendorff, et la division Richepanse à cheval sur l'Iller, pour en garder les postes et assurer les communications des deux rives. L'armée ainsi placée, menaçait, par sa droite, le pont de Dillingen , et par sa gauche , celui de Guntzburg. Le général Grenier ayant fait ses dispositions pour un passage, le centre était à portée de secourir l'une ou l'autre aile. On avait espéré pouvoir s'emparer des ponts du Danube, de Dilligen à Donauwerth : l'ennemi les avait tous rompus; mais Lecourbe fut informé que ceux de Blindheim et de Grunheim pouvaient être facilement réparés; il se décida à passer sur ce point, et fit, le 18 juin, une fausse attaque sur Dillingen et Lavingen, pour retenir le corps de Starray, chargé de défendre le bas Danube.
L'armée autrichienne , sur la rive gauche, était divisée en quatre corps, ainsi rangés, de la droite à la gauche : celui de Hohenlohe, en flanqueurs, vers Riedlingen; le corps principal à Ulm, sous les ordres de Kray ; celui de Starray à Dillingen ; enfin celui de Nauendorff à Donauwerth. Le 19 juin, au point du jour, Gudin
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et Mont richard se portèrent, avec leurs divisions , hors du bois de Blindheim.
D'Hautpoult se tint prêt à marcher avec la réserve de la cavalerie ; Moreau l'avait réunie pour soutenir les troupes qui, après le passage du fleuve, devaient se former dans les plaines d'Hochstaedt. A cinq heures du matin , tous les matériaux nécessaires pour rétablir promptement les ponts étant préparés et réunis, la division Gudin commença l'attaque vers Blindheim, par une canonnade qui força l'ennemi d'abandonner le rivage. Aussitôt, quatre-vingts nageurs se jettent dans le fleuve, suivis de deux petites nacelles portant leurs armes et leurs habits ; ils abordent sur la rive opposée, et, sans se donner le temps de s'habiller , ils prennent leurs fusils, se mettent tout nus à la poursuite des ennemis, et s'emparent de deux pièces de canon.
On jette aussitôt une échelle sur les débris du pont ; des canonniers y passent, pour aller servir ces deux pièces, et les tourner contre les Autrichiens; tous s'y maintiennent avec courage pendant que des sapeurs et des pontonniers travaillent sous le feu de 1 ennemi à réparer les ponts. On se hâte d'ailleurs d'y faire passer des secours ; deux bataillons passent d'abord et s'emparent des villages de Blindheim et de Grunheim ; puis le surplus des divisions Gudin et Montrichard y passe aussi successivement.
L'ennemi, réunissant ses forces, marche alors contre les Français, de Donauwerth d'un côté et de Dillingen de l'autre. Pour empêcher la réunion de ces deux corps, Lecourbe fait occuper le village de Sch wenningen, qui est pris et repris plusieurs fois. Voyant leurs communications coupées, lès Autrichiens négligent de se porter en force sur les ponts pour en empêcher le rétablissement, et ne songent qu'à rouvrir d'abord la communication entre leurs divers corps. Ils font marcher sur Sch wenningen quatre mille hommes d'infanterie, quatre cents chevaux et six pièces d'artillerie , avec lesquels ils foudroient notre infanterie. Le village va être abandonné, quand Lecourbe ordonne de charger toute la ligne ennemie. Ce mouvement est exécuté avec tant de