HORLOGES FRA
sans chercher à son époque lointaine l'emploi du sablier, qui s'est prolongé jusqu'en 1656 dans les assemblées de Sorbonne, nous arriverons aux premiers essais d'horlogerie proprement dite, aux clepsydres, qui paraissent avoir été seules en usage jusqu'à Gerbert.Les premières qu'on vit en France furent, selon toute probabilité, celles que Boèce fabriqua pour Théodoric , qui les envoya à Gondebaud , roi des Bourguignons. La lettre dans laquelle le roi indique la forme que doit avoir chacune de ces horloges nous est parvenue : «Le trésor « public vous est ouvert , dit le monar- « que... que la première soit un cadran « solaire, l'ombre d'un style y montrera « les heures du jour... que la seconde « marque les heures sans le secours du « soleil, qu'elle partage les nuits en di- « visions égales, etc. » Boèce construisit des clepsydres qui, quoique sans roues, sans poids et sans ressorts, marquaient, outre les heures, le cours du soleil , de la lune et des astres , au moyen d'une certaine quantité d'eau , enfermée dans une boule d'étain qui tournait sans cesse, entraînée par sa propre pesanteur. Les Bourguignons crurent que quelque divinité, renfermée dans cette machine, lui imprimait le mouvement , et il est à remarquer qu'il s'établit entre eux et Boèce une correspondance dont le résultat fut de les disposer à embrasser la religion chrétienne.
L'horloge à rouage dont le pape Paul Ier fit présent à Pépin le Bref est aussi très-célèbre. On sait qu'en l'année 807, le calife de Bagdad, Haroun-al-Raschyd, fit présent à Charlemagne d'une clepsydre sur laquelle s'extasièrent les Barbares du neuvième siècle, et dont Eginhard a laissé la description. « Il y avait aussi une horloge de bronze doré ( ex auricalco) construite avec un art admirable. Un mécanisme md par l'eau inarquait le cours des douze heures , et nu moment où chaque heure s'accomplissait, un nombre égal de petites boules d'airain tombaient sur un timbre place au-dessous,et lefaisaient tinter par leur chute. Il y avait encore douze cavaliers qui , lorsque les douze heures étaient révolues, sortaient par douze fenêtres , en fermant derrière eux, dans le choc de leur sortie , ces fenêtres qui
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auparavant étaient ouvertes. On admirait encore dans cette horloge beaucoup d'autres merveilles ; mais il serait trop long de les rapporter ici. » Ainsi la science arabe faisait honte à la science chrétienne. A la fin du dixième siècle , le fameux Gerbert , disciple des musulmans d'Espagne , fabriqua pour l'empereur Othon III, l'horloge de Magdebourg. Du reste , la question de savoir quel en était le véritable mécanisme et l'utilité, a été longuement et savamment débattue dans une foule d'ouvrages , mais sans jamais avoir été résolue.
On a donc ignoré absolument, jusqu'au douzième siècle, la division du temps par le moyen des roues dentées et des pignons qui y engrènent. Ce n'est que depuis ce temps qu'on a commencé à fabriquer, pour les clochers des églises,degrandes horloges qui fonctionnent au moyen d'un poids attaché à la plus grande roue et faisant aller tout le mécanisme. Desouvriers intelligents perfectionnèrent ensuite cet appareil, en y ajoutant un rouage correspondant à un marteau qui frappait sur un timbre sonore les neures indiquées par le cadran. Ce perfectionnement devint d'une grande utilité et pour les monastères , où avant son introduction il fallait que les religieux préposassent des gens pour observer les étoiles pendant la nuit, afin d'être avertis des heures de l'office, et pour les villes où des crieurs faisaient connaître la marche du temps, usage qui s'est conservé dans plusieurs provinces.
On a , à tort , fait descendre jusqu'au treizième et même jusqu'au quatorzième siècle, l'invention des horloges sonnantes; elles se trouvent déjà citées dans les statuts de Tordre de Cîteaux, réunis vers l'année 1120. On voit en effet, dans ces statuts , un article par lequel on défend toutes sonneries de cloches , même à l'horloge , depuis la messe du jeudi saint jusqu'à celle du samedi saint ; un autre article , qui enjoint au sacristain de régler l'horlogeen sorte qu'elle sonne, qu'elle l'éveille pendant rhiver avant matines ou avant les nocturnes, etc., etc.
Une grande mécanique céleste et terrestre fut placée, vers 1340, dans l'église du monastère de Cluny, par