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HORLOGES L'UNIVERS. HORLOGES

l'abbé Pierre de Chalus , dans le temps où Wallingford, bénédictin, et Jacques de Dondis, opéraient aussi de semblables prodiges , le premier à Londres, le second à Padoue. En 1370, Charles V lit venir de Lorraine Henri de Vie , et lui assigna six sous parisis par jour pour établir a Paris l'horloge dite du palais, et à Montargis celle du château. La clo- ■ che de l'horloge parisienne a été transformée en canon en 1793. En 1571 , les habitants de Strasbourg eurent la fameuse horloge inventée par les mathématiciens Wolkenstenius et Dasypodius.

On y admirait des mouvements indi-

3uant la révolution des astres, les jours e la semaine , l'année du monde , les équinoxes, etc.; la mort sonnant les heures , un carillon , un coq chantant , le soleil conduisant son char, etc. (*).

Vers le même temps, les habitants de Courtray Crent fabriquer l'horloge à sonnerie que le duc de Bourgogne leur enleva en 1382, pour en orner le portail de l'église de Notre-Dame de la ville de Dijon , « lequel horloge, qui sonnoit les heures, selon Froissa rd , étoit l'un des plus beaux qu'on sceust trouver de çà ne de là la mer ; et celui horloge fit tout mettre, par membres et pièces, sur chars , et la cloche aussi. »

En 1 377, il y avait une belle horloge à sonnerie dans la ville de Sens , qui a conservé longtemps sa réputation pour la fabrication des clepsydres (voy. Hesseln). On trouve, dans un compte de dépenses de Louis XI, «27 livres 10 sous

Sayés pour ung horloge mis au clochier u vieil castel d'Amboise en 1469 ; » et dans un compte de la ville de Noyon , « 6 livres payées en 1420 , pour gaiges d'un orlogeur maître, gouverneur de l'horloge du beffroy. » Rabelais , qui écrivit, vers 1540, le second livre de Pantagruel, y rapporte ( chap. XXI) le supplice «d'une belle petite horloge tout de bois qui fut condamnée à estre bnl-

(*) Depuis longtemps il n'existait de ce merveilleux mécanisme que quelques débris. Un habile artiste alsacien, M. Sehwïlgué, vient de le restaurer, ou plutôt de le remplacer par un autre chef-d'œuvre. La nouvelle horloge a été inaugurée solennellement ( septembre 1842 ) pendant les fêtes du congrès scientifique réuni à Strasbourg.

lée vive par la main du bourreau comme étant l'œuvre d'un des premiers huguenots de la Rochelle. » ( Le nom de ce malheureux, qui fut aussi condamné au bûcher, était Clavelé.) Vers 1550 , Henri II fit construire l'horloge d'Anet, où Ton voyait un cerf qui frappait de ses pieds les heures, et une meute de chiens qui couraient en aToyant. Nicolas Lippius de Bâle exécuta, en 1598, l'horloge de Lyon , qui fut réparée et augmentée en 1660 , par Guillaume Nourrisson , habile horloger de cette ville.

On insérait dans la plupart de ces anciennes horloges des mouvements qui mettaient en jeu des statues de saints, de rois, de guerriers, ou des figures d'animaux, de manière à leur faire rendre des sons, produire des airs de musique et autres merveilles semblables. On donna à plusieurs de ces statues le nom de Jacquemars , corruption, dit-on, de celui de Jacques Aymar, habile ouvrier qui se distingua par son intelligence dans l'exécution de ces horloges à mécanisme; d'autres veulent que ce nom , qu'ils écrivent Jacquemard, ait été celui de quelqu'un de ces gardes de nuit, placés sur des tours ou des édifices élevés , et dont les fonctions étaient de sonner d'une trompe en cas d'incendie; d'autres encore, s'appuyant sur le costume de guerre et le marteau des Jacquemars, font venir leur nom de Jacques, et de mart, pour marteau.

Notre horlogerie ne nous apparaît dans les tableaux et miniatures de la fin du quatorzième siècle et du siècle suivant qu'à l'état de coucou. Vers le milieu du seizième seulement elle dépouille ses contre-poids et figure, comme applique, sur les parois de quelques intérieurs ; et ce n'est que vers les règnes de Henri IV et de Louis XIII qu'on la trouve , avec d'assez petites dimensions et sous diverses formes horizontales et verticales, sur les meubles des appartements. Quand l'horloge était verticale, elle avait souvent quatre cadrans à révolutions célestes.

L'importante découverte de la fusée et la substitution du ressort au poids donnèrent les moyens de fabriquer les montres, qui marquaient d'abord les vingt-quatre heures. Les plus anciennes

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