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L'UNIVERS. HYDE DE NEUVILLE

bienveillance par M. de Rivière , notre ambassadeur près de la Porte , il fit, sur sa demande, un projet d'embellissement pour le palais de France, et un projet d'hôpital français que l'ambassadeur voulait faire bâtir. De Constantinople, il se rendit à Alexandrie, continua l'exploration des monuments en étudiant les ruines égyptiennes, et remonta le Nil jusqu'à la seconde cataracte. Il arriva au Caire, après un an d'absence, visita les monuments de cette partie de l'Egypte , et fit une étude particulière des cartouches, qu'on croyait déjà contenir les noms des rois d'Égypte. Ce travail aida beaucoup les savants qui s'occupèrent depuis de cet objet. Les conseils de M. Huyot furent utiles aussi au vice-roi d'Égypte, dans l'entreprise gigantesque formée par ce prince pour amener les eaux du Nil à Alexandrie.

Après avoir parcouru la ligne du canal construit à ce dessein sur une étendue de 28 lieues , M. Huyot traça le plan de la partie qui passe entre les lacs d'Aboukir et Mareotis. En quittant l'Egypte, il retourna en Grèce, et y arriva pour assister au commencement de l'insurrection. Il fut alors contraint d'abandonner ce pays, où il perdit presque tout ce qu'il possédait.

Après cinq années de courses,d'études et de dangers, il revint enfin dans sa patrie, et fut nommé professeur d'histoire à l'école royale d'architecture. Les dessins qu'il rapportait, \es recherches qu'il avait faites , et l'étude des monuments anciens qu'il avait poursuivie sur les lieux avec une grande persévérance , le mirent à même de faire un cours neuf et complet sur cette partie de l'ensei-

fnement. En 1823 , l'Académie des eaux-arts l'appela dans son sein , en remplacement de M. Heurtier, et vers cette époque, une ordonnance royale ayant prescrit la continuation des travaux de l'arc de triomphe de l'Étoile, le ministre de l'intérieur le chargea de lui présenter divers projets pour achever ce monument d'une manière appropriée aux circonstances , en conservant toutefois les masses existantes. Le projet de M. Huyot consistait à ajouter quatre colonnes engagées, surmontées d'un attique avec une inscription sur chaque face. Mais M. de Corbière, alors minis-

tre, jugea à propos de laisser ce plan de côté et de s'en tenir aux anciens plans proposés par Chalgrin , et nomma une commission qu'il chargea de continuer les constructions. Ce ne fut que sous le ministère de M. de Martignac qu'on revint à M. Huyot, et qu'on lui confia l'achèvement de ce beau monument.

Mais les travaux étaient trop avancés pour suivre le plan qu'il avait présenté; il fut obligé de continuer celui de ses prédécesseurs , en ajoutant toutefois de nombreuses modifications aux parties qui étaient ehcore à exécuter, chargé, en 1836, de la restauration du palais de justice, il est mort en 1840, et a été remplacé à l'Institut par M. Caristie.

Hyde de Neuville (Jean-Guill., baron de ) , né à la Charité-sur-Loire , d'un père d'origine anglaise, se fit connaître, dès 1797, comme l'un des partisans les plus enthousiastes de la cause royaliste. Beau-frère de Delarue, et lié avec les principaux membres du club de Clichy, il fut à l'intérieur l'actif agent du rovalisme jusqu'au 18 fructidor, époque où il dut se réfugier en Angleterre. Après la révolution de brumaire, il renoua ses intrigues ; mais elles avortèrent encore, et il dut de nouveau s'expatrier. Les pièces saisies chez lui , et publiées en mai 1800, sous le titre de Cotrespondance anglaise, le firent considérer comme l'un des auteurs du fameux complot de la machine infernale. Mais dans un mémoire qu'il publia en 1801 , tout en professant avec énergie ses principes monarchiques, il repoussa cette imputation. En 1805, il passa en Amérique, où il resta jusqu'à la première restauration. A son retour de Gand, où il avait suivi le roi , le département de la Nièvre l'élut député , et il se signala à la chambre parmi les promoteurs les plus véhéments de la réaction royaliste. Ce zèle fut récompensé par le titre de baron, et bientôt il fut nommé ministre plénipotentiaire aux États-Unis. Revenu en France en 1822, M. Hyde fut de nouveau choisi par les électeurs de la Nièvre comme leur représentant dans la chambre de 1823, où, fidèle à ses antécédents , il se prononça avec force pour l'exclusion de Manuel. Nommé alors ambassadeur en Portugal, il repa-

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rut à la chambre en 1825, et dans la discussion relative à l'indemnité des émigrés, il proposa que les rentiers de l'État ruinés par la révolution fussent admis au bénéfice de l'indemnité, proposition qui fait Jionneur à l'équité et au bon sens de son auteur. C'est à cette époque qu'il rompit avec M. de Villèle, et devint l'un des chefs et des plus puissants orateurs de la contre-opposition.

Une fois engagé dans cette voie nouvelle, M. Hyde de Neuville ne fit en avançant que s'y affermir davantage ; et les services qu'il rendit depuis lors à la cause constitutionnelle furent une sorte de réparation des violences réactionnaires du député de 1816. Après la chute du ministère Villèle, chute à laquelle il avait contribué si puissamment, il fut lui-même appelé à faire partie du ministère Martignac, où il eut le portefeuille de la marine. Contraint, en 1829, de se retirer devant M. de Polignac, il fut nommé pair de France.

Après la révolution de juillet, sans montrer d'hostilité au gouvernement nouveau, il crut toutefois qu'il était de son devoir de refuser le serment et de résigner la pairie. M. Hyde de Neuville est resté étranger depuis lors aux affaires publiques. Parmi les actes honorables de sa vie politique , nous devons mentionner la part extrêmement importante qu'il eut dans la détermination du gouvernement relativement à l'expédition de Morée. On a de cet homme d'État les ouvrages suivants : 1° Réponse de J. Guillaume llyde de Neuville, habitant de Paris, à toutes les calomnies dirigées contre lui, à l'atroce et absurde accusation d'avoir pris part à V attentat du 3 nivôse, avec P exposé de sa conduite politique, 1801 ; 2° Éloge historique du général M or eau , New- York , 1814; 3° Les amis de la liberté de la presse : Des inconséquences ministérielles, Paris, 1827.

Hydrographes (ingénieurs). Le corps des ingénieurs hydrographes est un de ceux qui se recrutent exclusivement à l'école polytechnique. Ses fonctions principales consistent dans la description et dans le relevé exact des côtes fréquentées par la marine française, et surtout dans la confection

d'un magnifique travail aujourd'hui fort avancé, qui est, pour les côtes de France, ce que la grande carte dressée par les officiers d'état-major est pour l'intérieur de notre territoire. La profession d'ingénieur hydrographe est une de celles qui exigent l'instruction la plus variée et la plus solide ; et son importance s'accroîtra sans doute encore avec le développement que notre marine tend chaque jour à prendre. Dans l'état actuel des choses , le nombre des ingénieurs hydrographes est fort restreint , et la position pécuniaire de ses membres est bien loin d'être en rapport avec les services qu'ils rendent ; il se compose seulement de seize ingénieurs et de quatre élèves ou sous-ingénieurs , et est placé sous la direction d'un officier général de la marine.

Hypothèque. L'hypothèque est un droit réel sur des immeubles affectés au payement d'une obligation. C'est, à proprement parler , le gage immobilier ; seulement, a la différence du gage , le privilège, dans l'hypothèque, subsiste au profit du créancier, indépendamment de toute détention, celle-ci étant fictive, et se suppléant, dans la plupart des législations , soit par quelques signes extérieurs placés sur l'immeuble , comme chez les Grecs ; soit par l'inscription sur des registres publics , comme maintenant en France ; soit simplement par l'acte authentique constitutif de l'hypothèque, comme cela avait généralement lieu chez nous avant la révolution.

La Gaule adopta, comme on sait, après la conquête romaine, la législation qui régissait ses maîtres ; c'est ce qui explique comment les principes de la loi romaine en matière d hypothèque se retrouvent presque tout entiers dans nos coutumes. On trouve dans les lois barbares , dans celle des Wisigoths , 1. v, tit. 5 , de pignoribus , dans la loi Gombette , c. 19, et dans la loi lombarde,!. 2, tit. xxi, plusieurs textes qui ont trait aux hypothèques ; et quoique les règles qui y sont énoncées semblent empruntées au droit romain , on peut conclure de l'ensemble de ces lois, que les races d'origine germanique pratiquaient le gage réel plutôt que l'hypothèque.

Les Capitulaires ne nous offrent que

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