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INDUSTRIE FRANCK. INDUSTRIE

séries fut créé à Reau vais par un parti» culier auquel le roi fit présent de 60,000 livres ; 600 ouvriers y étaient employés. Enfin on rétablit la manufacture de tapis d'Àubusson ♦ si célèbre encore aujourd'hui.

On fabriquait à Lyon et à Tours de riches étoffes mêlées d'or et d'argent; mais il paraît que cette industrie fie fit pas des progrès fort rapides , car , en 1687, la cour faisait encore broder et fabriquer à Constantinople ses plus beaux habits.

Une seule industrie ne reçut pas de Louis XIV les encouragements dont elle était digne , ce fut celle des bas au métier. Il essaya même, par un arrêt du mois de mars 1700, de supprimer, ou du moins de réduire les Fabriques qui s'en occupaient. Le fer-blanc , l'acier, la belle faïence, les cuirs maroquinés, furent aussi travaillés avec succès, et la France n'eut plus besoin d'aller chercher au loin ces objets. Mais la révocation de l'edit de Nantes (voyez Édits) porta à ces manufactures un coup dont elles se ressentirent pendant plus d'un siècle.

Les règnes de Louis XV et de Louis XVI furent pour notre industrie une époque désastreuse. L'organisation des jurandes et des maîtrises opposait au perfectionnement des procédés une barrière insurmontable (voy. Maîtbises).

Tout inventeur d'un système pouvant amener quelque amélioration dans une industrie quelconque, se voyait à l'instant attaqué par la communauté entière , qui l'accusait d'empiéter sur ses droits et sur ses privilèges. C'est ainsi que Réveillon , à qui la France doit l'importante fabrication des papiers peints , vit deux fois, en 1789, son établissement ruiné par suite de la haine et de la jalousie de différentes corporations. Pour le mettre à l'abri des poursuites que lui intentaient chaque jour celles des imprimeurs, des graveurs, des teinturiers, des tapissiers, etc., il fallut un édit donnant à son établissement le titre de manufacture royale. On pourrait citer de nombreu* exemples de ce genre.

Turgot essaya en vain, en 1776, d'anéantir les ma'îtrises et les jurandes. Il fit, en 1776, enregistrer dans un lit de

justice un édit qui prononçait leur suppression. Mais les corporations étaient encore si puissantes, qu'elles renverse* rent le ministre et firent révoquer l'édit. Enfin la révolution vint briser ces tyranniques institutions.

L'essor que la suppression des corporations n'aurait pas manqué d'imprimer à notre industrie fut arrêté par les guerres civiles et extérieures qui signalèrent les premières années de la republique. Mais dès 1798, on vit se relever nos manufactures , auxquelles cependant la destruction de notre marine et les lois révolutionnaires relatives au maximum avaient porté les coups les plus funestes. C'est à cette époque qu'eut lieu la première exposition de I industrie française. On allait célébrer d'une manière solennelle l'anniversaire de la fondation de la république. François de ISeufehâteau , charge ? comme ministre de l'intérieur, de rédiger le programme de cette fête, voulut la rendre plus complète en y joignant une exposition des produits de l'industrie nationale. Cette idée fut adoptée avec empressement. L'exposition s'ouvrit avec une grande pompe, le troisième jour complémentaire de l'an vi (10 septembre 1798); elle dura trois jours.

Chaptal fit, au nom d'un jury chargé d'examiner les objets exposés , un rapport à la suite duquel le gouvernement décerna douze médailles aux exposants dont les produits avaient été jugés les plus remarquables.

Quelques jours après, François de Neufchateau écrivit aux autorités départementales, pour leur apprendre, que désormais les expositions seraient annuelles. « Celle de cette année, disait-il « dans cette lettre, n'a pas été très-nom- « breuse ; mais c'est une première cam- « pagne, et cependant cette campagne « a déjà été désastreuse pour l'industrie « anglaise. Nos manufactures sont les « arsenaux d'où doivent sortir les ar- « mes les plus funestes à la puissance « britannique. »

Les deux expositions de 1801 et de 1802 furent faites dans la cour du Louvre. Chaptal était alors ministre de l'intérieur. L'ouverture, de la première eut lieu le 19 septembre (deuxième jour complémentaire an Douze médail-

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les d'or, vingt médailles d'argent, trente médailles de bronze , furent distribuées.

C'est vers ce temps que l'on vit se former une société qui , depuis , exerça sur le développement de notre industrie la plus heureuse influence. INous voulons parler de la Société d'encouragement, qui fut fondée le 9 brumaire an x. Son premier programme proposait quatre prix d'une valeur totale de 3,600 fr. La valeur de ceux qu'elle distribue aujourd'hui dépasse annuellement 200,000 francs.

L'exposition de 1 802 s'ouvrit le 1 8 septembre, plusieurs mois après la signature de la paix d'Amiens. Elle dépassa de beaucoup les expositions précédentes, et fit voir combien nous avions fait de progrès en quelques années. Le trait suivant, rapporté par Chaptal, en fera foi : « Je me rappelle, dit ce ministre, qu'après la conclusion du traité d'Amiens, le célèbre Fox et lord Cornwallis se rendirent à Paris : je proposai à nos deux illustres étrangers de les conduire à l'exposition. Ils furent émerveillés de la richesse et de la beauté des objets que présentait cette réunion ; mais M. Fox me lit l'observation qu'on ne paraissait travailler que pour le luxe et qu'il ne trouvait point ce qu'on voit partout en Angleterre, c'est-à-dire, des produits destinés à l'usage du peuple, et revêtus néanmoins de toutes les qualités désirables. Je sentis que son observation était juste, et le conduisis dans la boutique d'un coutelier de Thiers , à qui je demandai les objets dont je viens de parler.

« Ce ne fut pas sans peine que j'obtins du fabricant qu'il allât les chercher dans le fond du magasin, où il les avait relégués pour ne faire parade que de quelques instruments de coutellerie dont il avait soigné la fabrication. M. Fox fut étonné du bas prix et de la qualité de tout ce qu'on lui présentait. Il en remplit ses poches, en assurant qu'il n'y avait rien de comparable en Angleterre. De là , je le fis entrer chez un horloger de Besançon, où il trouva des montres, avec boîtes d'argent , au prix de 13 fr. ; il en acheta six , et m'avoua franchement qu'il venait de prendre de l'industrie française une idée toute dif-

férente de celle qu'il en avait eue jusqu'alors (*). »

Vingt-deux médailles d'or et un trèsgrand nombre de médailles d'argent et de bronze furent alors distribuées.

L'exposition de 1806 fut brillante. Elle s'ouvrit le 25 septembre, sous le ministère de Champagny , dans les salles de l'hôtel des ponts et chaussées ; elle dura dix jours. Le nombre des fabricants fut décuple de ce qu'il était en 1802. La production de la laine et de la soieet la fabrication des draps,des étoffes de coton, des fers, des cristaux, avaient fait d'immenses progrès. A partir de cette époque , la France fut affranchie du tribut qu'elle pavait à l'étranger pour un grand nombre d'objets , tels que les aciers, les faux et les limes. Les toiles, les casimirs , la ganterie , les couvertures et les nankins de Rouen furent surtout remarqués.

La lutte que la France eut à soutenir dans les dernières années de l'empire contre l'Europe entière , et le blocus continental, en anéantissant complètement notre commerce maritime, donnèrent une nouvelle extension à nos manufactures, qui firent des efforts prodigieux pour suffire à la consommation de la France impériale. Napoléon, de son côté, multiplia les primes et les encouragements , surtout pour la fabrication du sucre de betterave et du pastel. Un décret du 7 mai 1810 promettait un million de francs à celui qui parviendrait à construire une machine à filer le lin, remplissant certaines conditions exprimées par un programme (**).

(*) De l'industrie française, t. II , c i.

(**) Nous avons dit à l'article Filature, que la solution du problème proposé par l'empereur était due à un Français ; le Bulletin de la Société d'encouragement pour tindustrie nationale contient dans son uuméro de septembre 184a des détails intéressants sur cette découverte; nous les ajouterons ici à ceux que nous avons donnés dans l'article que nous venons de citer. « Ce fut un Fiançais qui découvrit les deux principes qui ont amené l'industrie linière au point de perfection où elle est parvenue aujourd'hui. M. Philippe de Girard construisit une machine qui filait le lin . Les événements de 18x4, qui détruisirent en France plus d'une fortune industrielle, s'opposèrent à ce que

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