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La seconde classe sera composée de quarante membres

Elle est particulièrement chargée de la confection du Dictionnaire de la langue française ; elle fera , sous le rapport de la langue, l'examen des ouvrages importants de littérature, d'histoire et de sciences. Le recueil de ses observations critiques sera publié au moins quatre fois par an.

Elle nommera dans son sein , et sous l'approbation du premier consul , un secrétaire perpétuel, qui continuera à faire partie du nombre des quarante membres qui la composent.

Elle pourra élire jusqu'à douze de ses membres parmi ceux des autres classes dè l'Institut.

4. La troisième classe sera composée de quarante membres et de huit associés étrangers.

Les langues savantes , les antiquités et les monuments , l'histoire et toutes les sciences morales et politiques dans leur rapport avec l'histoire, seront les objets de ses recherches et de ses travaux ; elle s'attachera particulièrement à enrichir la littérature française des ouvrages des auteurs grecs , latins et orientaux, qui n'ont pas encore été traduits.

Elle s'occupera de la continuation des recueils diplomatiques.

Elle nommera dans son sein, sous l'apprdbation du premier consul , un secrétaire perpétuel qui fera partie du nombre dès quarante membres dont la classe est composée.

Elle pourra élire jusqu'à neuf de ses membres parmi ceux des autres classes de l'Institut.

Elle pourra nommer soixante correspondants nationaux ou étrangers.

5. La quatrième classe sera composée de vingt-huit membres et de huit associés étrangers.

Ils seront divisés en sections , désignées et composées ainsi qu'il suit :

Peinture, dix membres.

Sculpture, six idem.

Architecture, six idem.

Gravure, trois idem.

Musique (composition), trois idem.

Elle nommera, sous l'approbation du pre-

mier consul , un secrétaire perpétuel, qui sera membre de la classe , mais qui ne fera point partie des sections.

Elle pourra élire jusqu'à six de ses membres parmi ceux des autres classes de l'Institut

Elle pourra nommer trente-six correspondants, pris parmi les nationaux ou les étrangers.

6. Les membres associés étrangers auront voix délibérative seulement pour les objets de sciences, de littérature et d'arts; ils ne feront partie d'aucune section , et ne toucheront aucun traitement.

7. Les associés républicoles actuels de l'Institut feront partie des cent quatre-vingtseize correspondants attachés aux classes des sciences, des belles-lettres et des beaux-arts.

Les correspondants ne pourront prendre le litre de membres de l'Institut.

Ils perdront celui de correspondants lorsqu'ils seront domiciliés à Paris.

8. Les nominations aux places vacantes seront faites par chacuue des classes où ces places viendront à vaquer; les sujets élus seront confirmés par le premier consul.

9. Les membres des quatre classes auront le droit d'assister réciproquement aux séances particulières de chacune d'elles, et d'y faire des lectures lorsqu'ils en auront fait la demande.

Ils se réuniront quatre fois par an en corps d'Institut, pour se rendre compte de leurs travaux.

Ils éliront en commun le bibliothécaire et les sous-bibliothécaires de l'Institut, ainsi que les agents qui appartiennent en commun à l'Institut.

Chaque classe présentera à l'approbation du gouvernement les statuts et règlements particuliers de sa police intérieure.

10. Chaque classe tiendra, tous les ans, une séance publique , à laquelle les trois autres assisteront.

11. L'Institut recevra annuellement du trésor public quinze cents francs pour chacun de ses membres non associés , six mille francs pour chacun de ses secrétaires perpétuels; et pour ses dépenses une somme qui sera déterminée tous les ans , sur la demande de l'Institut, et comprise dans le budget du ministre de l'intérieur.

ia. Il y aura pour l'Institut une commission administrative, composée de cinq membres, deux de la première classe, et un de chacune des trois autres, nommés parleurs classes respectives.

Cette commission fera régler , dans les séances générales prescrites par l'article 9 , tout ce qui est relatif à l'administration, aux

dépenses générales de l'Institut, et à la répartition des fonds entre les quatre classes.

Chaque classe réglera ensuite l'emploi des fonds qui lui auront été assignés pour ses dépenses, ainsi que ce qui concerne l'impression et là publication de ses mémoires.

13. Tous les ans , les classes distribueront des prix , dont le nombre et la valeur sont réglés ainsi qu'il suit :

La première classe, un prix de trois mille francs ;

La seconde et la troisième classe, chacune un prix de quinze cents francs ;

Et la quatrième classe, de grands prix de peinture, de sculpture , d'architecture et de composition musicale. Ceux qui auront remporté un de ces quatre grands prix seront envoyés à Rome et entretenus aux frais du gouvernement.

14. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté , qui sera iuséré au Bulletin des lois.

La suppression de la classe des sciences morales et politiques , dit M. Tissot, fut un trait de lumière pour tous les esprits attentifs et éclairés. On ne doit pas oublier de remarquer ici une espèce d'anomalie qui paraîtrait renfermer une contradiction. Le même homme qui accordait la plus haute protection aux sciences , qui pressait l'ap-

fm'eation de leurs découvertes à tous es besoins des peuples et des gouvernements, le môme homme qui , sous certains rapports , favorisait de toute sa puissance l'amélioration de l'état social , détournait violemment les esprits des études morales et politiques. H avait sans doute appris de bonne heure que l'astronomie, la physique, les mathématiques, la chimie, Ihistoire naturelle, et les autres connaissances de la même famille, peuvent s'allier dans le cœur avec l'indifférence pour la liberté , et laisser dans les esprits les plus distinués l'ignorance des choses politiques ; expérience lui avait révélé qu'il ne restait plus de temps pour la liberté aux hommes même supérieurs , absorbés dans la profonde méditation des phénomènes de la nature et dans la contemplation des mondes. L'événement a justifié la justesse de ce calcul» trop naturel au pouvoir. Sous l'empire, les sciences prirent un développement immense; l'esprit de liberté resta stationnais, au Jieu de faire des progrès. Na-

poléon n'oubliait rien, même au milieu des travaux de ia guerre et des embarras du gouvernement de l'Europe.

Dans les murs de Moscou , qui couvait encore l'incendie, il donnait son attention à la réorganisation des théâtres , comme il approuvait la nomination d'un professeur du collège de France, la veille de la bataille de Dresde ; de même , du fond de l'Espagne ou à Vienne, il avait les yeux sur l'Institut. Toutefois , il ne le tyrannisait pas, comme le chancelier Séguier avait tyrannisé les académies après la mort de Richelieu ; il ne dictait

Pas non plus les choix ou les refus de Institut, à l'exemple de Louis XIV,

?ui voulait gouverner partout, même à Académie. Napoléon n'imposait pas à l'Académie des médiocrités à la place des hommes distingués. Au contraire, il aimait à prendre partout l'élite des intelligences et des réputations, qu'il s'appliquait à enchaîner par des honneurs et des bienfaits.

Un arrêté des consuls , en date du 26 janvier 1803 , contient la nomination des membres des différentes classes. Le nom de Bonaparte s'y trouve , dans la première classe , entre ceux de Jacques Périer et de Ferdinand Berthoux. Cette mémeannée , les membres de la deuxième classe parurent vouloir s'occuper de préparer la nouvelle édition du Dictionnaire de l'Académie ; et ils demandèrent au ministre trente exemplaires de la dernière édition, afin que chaque membre pût en avoir un à sa disposition.

En 1804 , par un décret daté du palais d'Aix-la-Chapelle, le 11 septembre, l'empereur institua les prix décennaux. Ces prix , au nombre de neuf, de la valeur de 10,000 fr. chacun , devaient être distribués de la propre main de l'empereur, de dix ans en dix ans, à partir de l'an xvn, aux auteurs des ouvrages, inventions ou établissements les plus remarquables , publiés ou connus, du 18 brumaire an vu (1798) au 18 brumaire an xvn (1808). Un jury, composé des secrétaires perpétuels des quatre classes de l'Institut et des quatre présidents en fonctions, était chargé de les décerner.

Un décret impérial institua, en 1805, dans la deuxième classe, la commission

du Dictionnaire de la langue française, dont les premiers membres furent Morellet, Sicard, Boufflers, Arnaud et Suard.

En 1 806 , une commission des inscriptions et médailles fut de même instituée, dans la troisième classe, pour la numismatique et les monuments de l'empire ; et l'Institut , qui jusque-là avait porté le titre d'Institut national, prit dans son Annuaire celui $ Institut de France. Il n'est désigné, dans l'Annuaire de 1807, que sous le titre d'Institut des sciences et des arts. Cette même année (1807), un décret du 25 avril institua deux commissions pour la rédaction d'un Dictionnaire de la langue des beaux-arts, et pour la continuation de VHistoire littéraire de

Le 8 , le 20 , le 25 février , et le 5 mars 1808, les secrétaires perpétuels et les présidents de l'Institut présentèrent à l'empereur, siégeant en son conseil d'État, les rapports des quatre classes sur les progrès des sciences mathématiques et physiques, de la littérature française, de l'histoire et de la littérature ancienne, et des beaux-arts, depuis 1789.

En 1811, l'Institut prit enfin le titre d1 Institut impérial , et l'on vit s'y organiser de nouvelles commissions chargées de la continuation du recueil des notices et extraits des manuscrits , et de celui des historiens de France.

L'Institut devint royal en 1814, et adopta pour ses jetons et ses médailles une Minerve , dont le casque eut pour cimier un serpent au lieu d'un hibou.

Il reprit, après le 20 mars 1815, le titre d impérial , et dans l'Annuaire qui

{>arut à cette époque, on lut en tête de a liste des membres , ces mots : t empereur protecteur. La collection des mémoires publiés jusqu'à cette époque forme 25 volumes in-4°, dont 14 pour la classe des sciences physiques et mathématiques, 5 pour la classe des sciences morales et politiques avant sa suppression, 5 pour la classe de littérature et beaux-arts, 3 pour la base du système métrique , et 2 pour les savants étrangers.

A la seconde restauration , l'Institut

fut une troisième fois réorganisé. Les dénominations nouvelles des quatre classes qui le composaient, furent effacées et remplacées par les noms des anciennes académies ; le lien qui les unissait fut rompu; enfin on porta atteinte à l'inamovibilité des membres , en expulsant plusieurs d'entre eux ; et à la considération dont jouissait le corps entier, en y Introduisant, pour assurer l'esprit des élections à venir, un certain nombre d'académiciens nommés par ordonnance. Ce. fut le 21 mars 1816 que fut rendue l'ordonnance qui opéra tous ces changements. Nous croyons devoir la reproduire ici ; le préambule surtout est curieux :

Louis, parla grâce de Dieu , roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut.

La protection que les rois nos aïeux ont constamment accordée aux sciences et aux lettres, nous a toujours fait considérer avec un intérêt particulier les divers établissements qu'ils ont fondés pour honorer ceux qui les cultivent : aussi n'avons-nous pu voir sans douleur îa chute de ces Académies qui avaient si puissamment contribué à la prospérité des lettres, et dont la fondation a été un titre de gloire pour nos augustes prédécesseurs. Depuis l'époque où elles ont été rétablies sous une dénominatiou nouvelle, nous avons vu, avec une vive satisfaction , la considération et la renommée que l'Institut a méritées en Europe. Aussitôt que la divine Providence nous a rappelé sur le trône de nos pères, notre intention a été de maintenir et de protéger cette savante compagnie ; mais nous avons jugé convenable de rendre à chacune de ses classes son nom primitif, afin de rattacher leur gloire passée à celle qu'elles ont acquise , et afin de leur rappeler à la fois ce qu'elles ont pu faire dans des temps difficiles, et ce que nous devons en attendre dans des jours plus heureux.

Enfin nous nous sommes proposé de donner aux Académies une marque de notre royale bienveillance , en associant leur établissement à la restauration de la monarchie, et en mettant leur composition et leurs statuts en accord avec l'ordre actuel de notre gouvernement.

A ces causes , et sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur;

Notre conseil d'État entendu ,

Nous avons ordouné et ordonnons ce qui

Art. Ier. L'Institut sera composé de ouatre Académies, dénommées ainsi qu'il suit, et selon l'ordre de leur fondation, savoir :

L'Académie française;

L'Académie royale des inscriptions et belles-lettres ;

L'Académie royale des sciences ;

L'Académie royale des beaux-arts.

a. Les Académies sont sous notre protection directe et spéciale.

3. Chaque Académie aura son régime indépendant, et la libre disposition des fonds gui lui sont ou lui seront spécialement affectés.

4- Toutefois l'agence, le secrétariat, la bibliothèque et les autres collections de l'Institut demeureront communs aux quatre Académies.

5. Les propriétés communes aux quatre Académies, et les fonds y affectés, seront régis et administrés , sous l'autorité de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur, par une commission de huit membres, dont deux seront pris dans chaque Académie.

Ces commissaires seront élus chacun pour un an, et seront toujours rééligibles.

6. Les propriétés et fonds particuliers de chaque Académie seront régis en son nom par les bureaux ou commissions institués ou à instituer , et dans les formes établies par les règlements.

7. Chaque Académie disposera, selon ses convenances, du local affecté aux séances publiques.

8. Elles tiendront une séance publique commune, le 24 avril, jour de notre rentrée dans notre royaume.

9. Les membres de chaque Académie pourront être élus aux trois autres Académies.

10. L'Académie française reprendra ses anciens statuts, sauf les modifications que nous pourrions juger nécessaires, et qui nous seront présentées, s'il y a lieu, par notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur.

xi. L'Académie française est et demeure composée ainsi qu'il suit :

(Voyez l'Annuaire de 1817.)

12. L'Académie royale des inscriptions et belles-lettres conservera l'organisation et les règlements actuels de la troisième classe de l'Institut.

13. L'Académie royale des inscriptions et belles-lettres est et demeure composée ainsi qu'il suit :

(Voyez l'Annuaire de 1817.)

14. L'Académie royale des sciences conservera l'organisation et la distribution en seclions de la première classe de l'Institut.

15. L'Académie royale des sciences est et l'institut , conserveront la totalité de leur demeure composée ainsi qu'il suit : traitement.

(Voyez l'Annuaire de 1817.) a5. Sont maintenus les décrets et règle -

16. L'Académie royale des beaux-arts con- menls qui^e contiennent aucune disposition servera l'organisation et la distribution eu contraire à celles de la présente ordonnance, sections de la quatrième classe de l'Institut. a6. Notre ministre secrétaire d'État au dé-

17. L'Académie royale des beaux-arts est partemeut de l'intérieur est chargé de ftiftfrr et demeure composée ainsi qu'il suit : eut ion de la présente ordonnance,

(Voyez l'Annuaire de 1817.)

18. Il sera ajouté, tant à l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres qu'à l'Académie royale des sciences, une classe d'académiciens libres, au nombre de dix pour chacune de ces deux Académies.

19. Les académiciens libres n'auront d'autre indemnité que celle du droit de présence.

Ils jouiront des mêmes droits que les autres académiciens, et seront élus selon les formes accoutumées, ao. Les anciens honoraires et académiciens,

Le gouvernement de juillet n'a touché à l'Institut que pour rétablir . sous le nom d'Académie , par une ordonnance en date du 26 octobre 1832 , l'ancienne classe des sciences inorales et politiques. Voici le texte de cette, ordonnance, qui fut rendue sur le rap-

f)ort de M. Guizot, alors ministre de 'instruction publique :

Louis-Philippe ,

Vu l'article 3 du titre iv de la loi du 3 brutant de l'Académie royale des sciences que maire an iv, concernant l'instruction publi-

de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres , seront , de droit , académiciens libres de l'Académie à laquelle ils ont appar-

Ces Académies feront les élections nécessaires pour compléter le nombre de dix académicieus libres dans chacune d'elles.

ai. L'Académie royale des beaux-arts aura également une classe d'académiciens libres f dont le nombre sera déterminé par un règle-

que, qui établit et organise dans l'Institut national une classe spéciale des sciences morales et politiques ;

Vu l'arrêté du gouvernement du 3 pluviôse an ix , qui supprime cette classe ;

Sur le rapport de notre ministre au département de l'instruction publique,

Avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Art. i*. L'ancienne classe des sciences morales et politiques est et demeure rétablie

ment particulier , sur la proposition de l'A- dans le sein de l'Institut royal de France , cadémie elle-même. sous le titre à'Acat'

aa. Notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur soumettra à notre approbation les modifications qui pourraient être jugées nécessaires dans les règlements de la seconde, de la troisième et de la quatrième classe de l'Institut , pour adapter lesdits règlements à l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres , à l'Académie royale des sciences, et à l'Académie royale des beauxarts,

a3. Il sera , chaque année, alloué au bud-

fet de notre minisire secrétaire 'd'État de de sa suppression , intérieur, un fonds général et suffisant pour MM. baron Oacisr , payer les traitements conservés et indemnités aux membres, secrétaires perpétuels et employés des quatre classes de l'Institut, ainsi que pour les divers travaux littéraires, les expériences, impressions, prix, et autres objets.

Le fonds sera réparti entre chacune des quatre Académies qui composent l'Institut, selon la nature de leurs travaux, et de manière à ce que chacune d'elles ait la libre

$ Académie des et politiques.

a. Le nombre des membres de cette Aradémie est fixé à trente.

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