COMPTE A RENDRE AU CORPS LEGISLATIF
XL. Les secrétaires de chaque classe se réuniront pour rédiger le compte de ses travaux ; ils le présenteront , dans la première séance de fructidor, à la classe , qui , après l'avoir discuté, le présentera à l'Institut dans sa séance du même mois.
XLI. Le président de l'Institut écrira ensuite aux présidents des deux conseils pour demander l'admission de la commission chargée de rendre compte au Corps législatif des travaux de l'Institut. Cette commission sera composée des bureaux des trois classes.
XLII. L'Institut national est autorisé à faire tous les règlements de détail relatifs à la tenue de ses séances générales et particulières, et à ses travaux, en se conformant aux dispositions du présent règlement.
Le 11 avril de la même année (22 germinal an iv) , l'Institut fut installé au Louvre par le Directoire exécutif. Daunou . membre de la deuxième classe, prononça le discours d'inauguration.
Le 28 avril (9 floréal), la disposition du premier article de la loi réglementaire, ordonnant que, des deux séances décadaires tenues par chaque classe, la première serait publique , tut rapportée par une nouvelle loi , fondée sur ce qu'une trop grande publicité présenterait , pour la discussion et les débats , plus d'inconvénients que d'avantages , et que d'ailleurs les quatre séances publiques qui devaient avoir lieu annuellement, et l'impression des Mémoires de l Institut suffiraient pour tenir le public au courant de ce qui pouvait l'intéresser. La loi est terminée par cette curieuse disposition : « La présente réso* lution ne sem point imprimée. »
L'un des premiers actes de l'Institut fut de provoquer l'exécution du décret rendu par la Convention , le 2 octobre 1793, et prescrivant la translation des cendres de Descartes au Panthéon. Cette
Sroposition , appuyée par un message u Directoire , fut combattue par Chénier et ajournée.
En l'an v (1796-1797), cinq membres de l'Institut, Carnot, Barthélémy. Pastoret, l'abbé Sicard et Fontanes/furent déportés , par suite du coup d'État du 18 fructidor (*). Ce fut en vain qu'un de leurs collègues, Delisle de Sales, demanda, dans un mémoire adressé à rinstitut national , leur réintégration ; il fallut une nouvelle révolution pour la leur faire obtenir. Ils ne rentrèrent en effet, dans le grand corps dont ils avaient été ainsi violemment ax puisés, qu'après le 18 brumaire, et après de vives et orageuses discussions. Le 5* jour complémentaire (21 septembre 1797), une députation de l'Institut vint lire, à la barre du Corps législatif, le compte rendu des travaux de l'année. Ce compte rendu , imprimé par ordre des deux
" (*) Voyez Fructidor (coup d'Étal du x8).
T. ix. 38* Livraison. (Dier. bncycl., etc.)
S94 INSTlf UT DE FRANCE L'UNIVERS. INSTITUT DE FRANGE
Conseils , à l'imprimerie nationale , forme un vol. in-8 de 171 pages.
Le 5 nivôsean vi (25 décembre 1797), le général Bonaparte fut élu membre de la première classe, section de mécanique; le 13 fructidor (1er septembre 1798), l'Institut fit hommage au Corps législatif des trois premiers volumes de ses Mémoires, et lui présenta le second et dernier compte rendu de ses travaux. Ce compte rendu, Imprimé comme le premier, forme 1 vol. in-8° de 202 pages.
En l'an tu (1797-1798), l'Institut présenta au Conseil des Anciens son rapport sur l'établissement du système métrique.
La constitution de l'an vm (1800) porte , comme celle de l'an m : « Un «Institut national est chargé de recueil- « lir les découvertes , de perfectionner « les sciences et les arts. » (Art. 88.)
Le 23 floréal an îx (13 mai 1801), le
{gouvernement donna aux membres de 'Institut un grand et un petit costume. L'Institut possédait alors diverses collections; il en décida, le 4 fructidor (23 août 1801), le classement en six dépôts: machines ; modèles de vaisseaux ; instruments de physique ; instruments de chimie ; minéraux ; herbiers, graines et autres produits végétaux ; animaux ; préparations anatomiques ; costumes, armes, objets de cuite des peuples étrangers; médailles et monuments antiques.
La même année, les trois classes décidèrent qu'elles concourraient ensemble à la continuation du Dictionnaire de l'Académie française; douze commissaires , quatre par classe , furent chargés de ce travail ; mais on réclama contre cette décision , et elle n'eut pas de suite.
Le 12 ventdse an x , un arrêté du premier consul ordonna qu'il serait fait, par les trois classes de l'Institut , un rapport de l'état et du progrès des sciences , des lettres et des arts, depuis 1789.
La loi du 11 floréal (1er mai 1802) étendit les attributions de l'Institut ; elle portait :
Art. >4< les écoles spéciales qui existent seront maintenues... Quand il y vaquera une place de professeur, ainsi que dans l'école de
droit qui sera établie à Paris, il y sera nommé, par le premier consul , entre trois candidats qui seront présentés , le premier, par une des classes de l'Institut national , le second par les inspecteurs généraux des études, et le troisième, par les professeurs de l'école où la place sera vacante.
Art. 25. De nouvelles écoles spéciales seront instituées comme il suit : i° il pourra être établi dix écoles de droit ; 2° il pourra être créé trois nouvelles écoles de médecine ; 3° il y aura quatre écoles d'histoire naturelle, de physique et dechimie ;
4° les arts mécaniques et chimiques seront enseignés dans deux écoles spéciales ; 5° une école de mathématiques transcendantes; 6° une école spéciale de géographie, d'histoire et d'économie publique ; 70 outre
les écoles des arts du dessin, existant à Paris, Dijon et Toulouse, il en sera formé une quatrième...; 8° les observatoires actuellement en activité auront chacun un professeur d'astronomie; g° il y aura près de plusieurs lycées des professeurs de langues vivantes; iu" il sera nommé huit professeurs de musique et de composition.
Art. 26. La première nomination des professeurs de ces nouvelles écoles spéciales sera faite de la manière suivante : les classes de l'Institut correspondantes aux places qu'il s'agira de remplir , présenteront un sujet au gouvernement; les trois inspecteurs généraux des études en présenteront un second , le premier consul choisira l'un des deux. — Après l'organisation de ces nouvelles écoles spéciales , le premier consul nommera aux places vacantes, cuire trois sujets qui lui seront présentés , comme il est dit à l'article 24.
L'Institut subsista jusqu'à l'an xi, tel que la Convention l'avait organisé; mais Bonaparte , qui s'était fait honneur d'être admis dans son sein, et qui
Sortait dans toutes les cérémonies l'hait de cette compagnie plutôt que celui de général , pour faire montre de ses intentions pacifiques, se hâta, lorsqu'il fut arrivé au pouvoir, de modifier une institution qui pouvait devenir un second Tribunat. La classe des sciences morales et politiques renfermait en effet les hommes les plus distingués de l'époque ; plusieurs d entre eux étaient investis de hautes fonctions publiques; et leurs études habituelles portant constamment leur attention sur les principes même de la société , sur les droits de la nation et les devoirs de l'autorité,
devaient tôt ou tard les conduire à une opposition sérieuse contre un gouvernement qui croyait les discussions théotiques intempestives, et voulait trouver partout une obéissance aveugle. Le 3 pluviôse an xi fut arrêté , au palais consulaire de Saint-Cloud , le décret suivant :
le 3 plusse an » de la république.
Le gouvernement de la république, sur le rapport du ministre de l'intérieur, le conseil d'Etat entendu, arrête ce qui suit :
Art. ier. L'Institut national, actuellement divisé en trois classes, le sera désormais en quatre ;
Savoir :
Première classe.
Classe des sciences physiques et mathématiques.
Seconde classe.
Classe de la langue et de la littérature
Troisième classe.
Classe d'histoire et de littérature an-
Quatrième classe.
Classe des beaux-arts.
Les membres nctuels et associés étrangers de l'Institut seront répartis dans ces quatre
Une commission de cinq membres de l'Institut , nommée par le premier consul, arrêtera ce travail , qui sera présenté à l'approbation du gouvernement.
a. La première classe sera formée des dix sections qui composent aujourd'hui la première classe de l'Institut, d'une section nouvelle de géographie et navigation, et de huit associés étrangers.
Ces sections seront composées et désignées ainsi qu'il suit :
Sciences mathématiques.
Géométrie, six membres.
Mécanique, six idem.
Astronomie, six idem.
Géographie et navigation, trois idem.
Sciences physiques.
Chimie, six membres, i Minéralogie, six idem.
Botanique, six idem.
Économie rurale et art vétérinaire , six
Aiiatomie et zoologie, six idem.
Médecine et chirurgie, six idem.
La première classe nommera , sous l'approbation du premier consul, deux secrétaires perpétuels, l'un pour les -
thématiques, l'autre pour les sciences physiques. Les secrétaires perpétuels seront membres de la classe , mais ne feront partie ■ d'aucune section.
La première classe pourra élire jusqu'à six de ses membres parmi ceux des autres classes de l'institut.
Elle pourra nommer cent correspondants, pris parmi les savants nationaux et étrangers.