GRANDS OFFICIERS FRANCK. GRANDS OFFICIERS
jours*.. Des religieux de différentes couleurs citèrent saint Paul et saint Augustin, comparant les grands jours au jugement universel , etc. »
L'abbé raconte les diverses affaires dont MM. des grands jours eurent à s'occuper, et parmi lesquelles plusieurs devinrent tragiques; « telles que celles du comte de C... et du marquis de V..., qui furent condamnés à perdre la tête. » Il rapporte aussi, entre autres détails intéressants, quelques-unes des pièces de poésie que produisirent alors les muses d'Auvergne, et les diverses aventures qui dissipaient l'ennui qu'il avait d'entendre parler, du matin au soir, de procès et de supplices (*).
« On reforma, dit Bussi-Rabulin dans ses Mémoires, un grand nombre d'abus qu'on n'a voit encore pu corriger. L'un des plus considérables étoit là tyrannie des grands seigneurs envers leurs vassaux. La plupart tranchaient du souverain. Les sujets etoient accablés, et personne n'osoit se plaindre. La justice étoit encore plus mal administrée ; on se la faisoit à soi-même et on la refusoitaux autres. Les cabales, les animosités, l'avarice décidoient dans les tribunaux ; et le sanctuaire de la justice étoit devenu le théâtre de l'injustice même... On punit les coupables; il en coûta la vie à plusieurs ; quelques autres eurent leurs châteaux rasés; et ceux d'entre les juges qui, sans être criminels, avoient laissé par faiblesse les crimes impunis, furent dégradés et destitués de leurs places. »
Grands officiebs de la couronne.
— Nous ne voulons pas remonter ici au delà de la seconde race, à la période où André Fax in , auteur d'un traité sur les Offices de la couronne, cite comme grands officiers le maire du palais, les ducs , les comtes, le comte du palais, le comte de l'étable, le référendaire et le chambrier. Nous nous en référerons seulement, pour l'énumération de ces dignitaires , au livre d'Adélard , abbé de Corbie, composé par ordre de Cliarlemagne , sous le titre d'Ordo sacri palatii. On y trouve indiqués dix olliciers de la couronne : t'archicha-
(•) Recueil de voyages eu prose et en vers. Paris, 1787 , t. VI, p. ai4 et suiv.
pelain (apocrisiarius) , le grand chancelier, le chambrier, le comte du palais, le sénéchal ( plus tard appelé grand maître), le bouteiller, plus tard grand échanson, le comte de l'étable ( connétable), et le grand maréchal des logis du roi ( mensionarius ), les quatre grands veneurs et un fauconnier.
Ces dénombrements ont donné lieu à beaucoup de diversité dans les opinions de la part des auteurs qui s'en sont occupés. Du Tiilet, par exemple, comprend dans les grands officiers le grand pannetier et le grand queux.
Quoi qu'il en soit, les lettres patentes de Henri III, du 3 avril 1582, portent expressément que les officiers de la couronne sont : le connétable, le chancelier , le grand maître, le grand chambellan, C amiral, les maréchaux ?
et non d'autres. Henri IV y ajouta l'oilice de grand écuyer et celui de grand maître de C artillerie, le premier en faveur de Bellcgarde, le second en faveur de Sully. Louis XIII, au contraire, raya du nombre des offices de la couronne les charges d'amiral et de connétable (1626).
Louis XIV rétablit ensuite l'office d'amiral de France. Enfin, V Estât de la France, en 1648, désigne parmi les officiers de la couronne, le colonel de Finfanterie. On y voit établie la division de ces dignitaires en : trois anciens ( le connétable , le maréchal , le chancelier), trois modernes ( l'amiral, le colonel de l'infanterie et le grand maître de l'artillerie), et trois domestiques (le grand maître de France, le grand chambellan, le grand écuyer). Puis vient cette mention : « Depuis la mort du duc de Lesdiguières , qui succéda en la charge au duc de Luynes , il n'y a point eu de connétable en France. Le grand veneur, le grand fauconnier et le grand louvetier , ne sont point officiers de la couronne. » L'exercice et la propriété d'une juridiction spéciale firent, jusqu'aux temps modernes , jusqu'au seizième siècle, le véritable caractère des offices de la couronne. Le chancelier, l'amiral et les maréchaux étaient les seuls qui possédassent encore ces droits au dix-huitième siècle.
A partir de la fin du règne de Henri on voit habituellement figurer
GRANVILLB L'UNIVERS