ERS. GRANGENEUVE
mettre en accusation iMuis-Stanislas- Xavier; Charles- Phi lippe ; Louis-Joseph ; Louis-Henri-Joseph de Jiourbon, princes français, comme prévenus d attentats et de complots contre la tranquillité publique et la constitution.
Grangeneuve reparut un mois après à la tribune, pour dénoncer le ministre de la marine, Bertrand de Molleville, l'artisan infatigable de toutes les trames contre-révolutionnaires et de toutes les intrigues de la cour. Il appuya aussi l'accusation de Dubois-Crancé contre le ministre de la guerre, Louis de Narbonne. Mais une circonstance assez bizarre, et qui montre combien l'esprit de parti peut abuser les hommes, il se montra alors aussi clément envers les assassins d'Avignon qu'il devait, plus tard , se montrer sévère à l'égard des septembriseurs de Paris. Quelques girondins se trouvant gravement compromis dans les massacres d'Avignon, il demanda une amnistie en faveur de Jourdan-Coupe-Tétes et de ses complices.
Un mot offensant , qui lui échappa dans un comité contre son collègue Jouesneau, le fit provoquer en duel par ce député , qui , d'après le témoignage de SaintHuruge, l'un des seconds de Grangeneuve, se prévalut de la supériorité de ses forces physiques pour frapper son adversaire à coups de canne et pour le terrasser. L'affaire fut portée devant les tribunaux, qui ne ladécidèrent pas en faveur du député de la Gironde.
Aux approches du 10 août, Grandeneuve insista pour faire ouvrir la discussion sur la question de la déchéance du roi. On assure aussi qu'à la même époque il prit, avec l'ex - capucin Chabot , une résolution qui prouvait plus de ferveur républicaine que de bonne foi. Ils convinrent de se faire assassiner l'un et l'autre, à une heure dite, dans les environs des Tuileries, espérant que la responsabilité de ce double assassinat retomberait sur la cour, et fournirait au peuple un prétexte pour se soulever et renverser le trône. On ajoute que Chabot manqua au rendez - vous , mais que Grangeneuve fut fidèle à sa parole, et qu'il attendit longtemps son collègue, toutefois, sans que personne eût attenté à ses jours.