‹ FranceChapitre 378 sur 378 · LALLY L'UNIVERS. LALLY · texte numérisé non relu

LALLY L'UNIVERS. LALLY

nible cependant, et qui se termina malheureusement pour lui. En 1755, les Anglais avaient pris deux bâtiments français dans les eaux de Terre-Neuve : appelé à Versailles à ce sujet, Lally proposa , ou de reconduire le prétendant en Angleterre avec une armée , ou d'attaquer les Anglais dans l'Inde , ou de s'emparer de leurs colonies d'Amérique. Le cabinet français , au lieu de prendre un parti décisif comme l'avait proposé Lally, voulut auparavant tenter la voie des négociations. Mais pendant qu'on négociait, l'Angleterre, selon son usage , continuait les hostilités , et la France, au bout d'une année, alors que la guerre n'était pas encore déclarée , avait déjà perdu 250 navires et 4,000 hommes. Alors on revint aux plans de Lally ; on se décida à envoyer une expédition dans l'Inde. Néanmoins, le comte d'Argenson, tout en adoptant les idées de Lally, voulait le garder en Europe, où, selon lui, il serait plus utile que dans l'Inde. Mais la Compagnie des Indes mit tant d'insistance à le demander pour le mettre à la téte de l'expédition , que le comte d'Argenson céda enfin, quoiqu'en prédisant en quelque sorte ce qui devait arriver plus tard. Lally était d'un caractère droit, rigide , mais violent et emporté. Le comte d'Argenson redoutait avec raison l'effet d'un caractère semblable, lorsqu'il se trouverait vis-à-vis des abus de toute nature, des dilapidations et de l'insubordination qui régnaient dans l'Inde.

Quoi qu'il en soit , Lally , nommé lieutenant général, grand-croix de Saint- Louis, commissaire du roi, syndic de la Compagnie, et commandant général de tous les établissements français aux Indes orientales, dut partir pour l'Inde avec 6 vaisseaux, 6,000 hommes et 6 millions. Pour que cette expédition réussît complètement, il fallait qu'elle eût lieu promptement, et qu'on prévînt l'arrivée des Anglais dans l'Inde. Mais les lenteurs du ministère et même de la Compagnie retardèrent le départ de sept mois. Au lieu de 6 vaisseaux, de 6,000 hommes et de 6 millions qu'on avait promis à Lally, on ne lui donna que 4 vaisseaux, 4,000 hommes et 4 millions. Arrivé dans l'Inde après une traversée plus longue qu'on ne l'avait

prévu , il apprit que Chandernagor venait d'être pris par les Anglais , que Pondichéry devait 14 millions, et que la Compagnie venait de demander en Europe un envoi de 10 millions. Sans perdre courage à de si désastreuses nouvelles, il se met immédiatement en campagne; et, en dix-sept jours, malgré le refus de l'escadre et d'une partie des troupes de la Compagnie, sans autre artillerie que 22 canons et 6 mortiers, il s'empare du fort de David, que défendaient 194 bouchesà feu, et le fait raser. Au boutde trente-huit jours, il n'v avait plus d'Anglais dans tout le sud de la côte de Coromandel. C'était là un éclatant succès; et Lally, qui écrivait alors aux commandants des troupes françaises :

Toute ma politique eut dans ces quatre mots .-Plus d'anglais dans l'Inde! pouvait espérer de voir réaliser ses projets.

Notre cadre ne nous permet pas de raconter en détail tous ses exploits vraiment héroïques ; un officier anglais disait qu'il fallait qu'il fût un homme extraordinaire pour avoir tenu si longtemps dans l'Inde, là où tout autre officier n'aurait pas tenu deux mois. En butte aux assassins de toute espèce, il faillit une fois élre tué dans sa tente par 50 indigènes qui faisaient la guerre sacrée. Surpris par eux, il ne dut la vie qu'à son courage. Aidé par un de ses gardes, il parvint à les contenir jusqu'à ce qu'on vînt à son secours. Dix révoltes éclatèrent pendant qu'il commandait. Le lieutenant-colonel Bussy refusa plusieurs fois d'obéir à ses ordres.

La caisse de la Compagnie ne pouvait subvenir aux dépenses. Lally prêta une fois 144,000 francs , une autre fois, 12,000 francs, sans que personne voulût contribuer avec lui. Mais Lally avait écrit au gouverneur de Pondichéry : La rapine et le désordre m'ont suivi depuis Pondichéry, et m'y ramèneront. Il faut que tout ceci change , ou que la Compagnie culbute. En outre, sa commission portait l'injonction « de « se faire rendre compte de l'adminis- « tration; de corriger le despotisme du «gouverneur; de remonter jusqu'à l'o- « riginc, et de couper jusqu'à la racine « des abus; de faire poursuivre, à la re- « quête du procureur général , tout con-

« seiller ou employé qui aurait quelque « intérêt dans l'exploitation des revenus « de la Compagnie. » Il n'en fallait pas davantage pour le rendre en horreur, comme il le disait lui-même, à tous les gens du pays. Eût-il été le plus doux des hommes, "a dit Voltaire, il eût été haï.

Enfin, le 18 mars 1760, Pondichéry fut investie et bloquée par deux escadres et deux armées anglaises; mais ce fut seulement après dix mois de blocus, de discorde et de famine, après avoir vu plusieurs fois sa vie en danger, soit par le fer, soit par le poison, que, trahi de tous côtés , malade et n'ayant plus que quatre onces de riz à faire distribuer aux 700 soldats exténués uni lui restaient contre les 15,000 de 1 armée anglaise, ce fut alors seulement qu'il remit Pondichéry à l'amiral Coote. Il fut envoyé prisonnier à Londres sur un bâtiment marchand, où on le mit à la gamelle d'un patron hollandais.

Arrivé à Londres, il apprend que toutes les haines qu'a soulevées son administration loyale et sévère fermentent à Paris, et qu'un orage se prépare. Il se rend à Paris, prisonnier sur parole. D'Aché et de Bussy lui font alors des propositions d'accommodementqu'il repousse fièrement. Il apprend qu'il y a contre lui une lettre de cachet pour le faire enfermer à la Bastille. Il accourt à Fontainebleau, où était la cour, apportant, disait-il, sa tête et son innocence. Le duc de Choiseul veut le faire échapper ; il refuse, et va se constituer lui-même prisonnier à la Bastille, sous l'incroyable accusation de concussion et de trahi* son.

Alors commença le procès le plus inique des temps modernes. Bussy avait dit qu'il fallait que la tête de Lally tombât ou la sienne; Bussy était parent du duc de Choiseul; sa fatale influence se fit sentir dans tout le cours du procès. Le parlement ordonna au Châtelet d'instruire. Le procès fut déféré à la grand'chambre. On admit contre le malheureux Lally les témoignages les plus suspects. Ses valets même furent les accusateurs qu'on lui opposa; on lui refusa un défenseur. Enfin, après deux ans de débats clandestins, on précipita le rapport. Le

premier président Maupeou, prié de ralentir ses séances, répondit: « Si je pouvais les doubler , je les doublerais. » Vainement l'avocat général Séguier mit toute son éloquence à détendre Lally; c'était un parti pris. Le procureur général signa des conclusions a mort; et lorsqu'en dépit de tout, on lui eut signifié le jour même la requête de Lally et les pièces nombreuses qu'elle citait, il eut l'audace d'écrire au bas de ses conclusions, et sans avoir regardé les pièces : Vu les pièces , je persiste. Le à mai 1766, Lally, amené sur la sellette, où on devait procéder contre lui à un interrogatoire illusoire, découvrit sa poitrine, et, montrant ses cicatrices et ses cheveux blancs ! « Voilà donc, s'écria-t-il, la récompense de cinquantecinq ans de services. » Le lendemain, il fut condamné à être décapité pour avoir trahi les intérêts du roi et de la Compagnie des Indes.

Cet arrêt souleva l'indignation générale. Louis XV eut l'indigne faiblesse de refuser la grâce de Lally aux ducs de Choiseul et de Soubise, "qui la lui demandaient au nom de l'armée, et cela parce que le parlement l'avait prié d'enchaîner sa clémence. Il croyait sans doute se laver aux yeux de la postérité, lorsqu'il disait, quatre ans après, au chancelier Maupeou : Ce sera bien vous qui en répondrez, et non pas moi. Lui qui reculait si peu devant l'injustice, pour ne pas dire plus, quand il s'agissait de ses plaisirs, il avait craint de suspendre les arrêts de la justice humaine pour un homme qu'il savait lui-même n'être pas coupable , et qui avait versé tant de sang pour lui. Lallv fut conduit à la chapelle où le greffier devait lui faire la lecture de l'arrêt ; lorsque celuici prononça ces mots : pour avoir trahi les intérêts du roi; — Cela n'est pas vrai y s'écria Lally; jamais! jamais! Et, feignant de se mettre à genoux, il s'enfonça dans la poitrine un compas qu'il aval caché sous son habit. Aubry, curé de Saint-Louis et son confesseur, vint à son secours, et s'efforça de le calmer; puis, le bourreau vint, par ordre, lui mettre un bâillon ; la rage de ses ennemis n'était pas encore assouvie; on avança de six heures l'exécution. Le curé avait été autorisé à pro-

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mettre à Lally qu'il sortirait de la Conciergerie dans son carrosse, suivi d'un corbillard. On fit venir un tombereau, dans lequel on lui ordonna de monter. « J'étais payé pour m'attendre à tout de la part des hommes, dit-il au curé; mais vous, monsieur, me tromper ! — On nous a trompés tous deux , » répondit le curé. Enfin, le 9 mai 176C, le comte Lally reçut le coup fatal, en pardonnant à ses ennemis.

Trophime Gérard, marquisde Lally - Tollendal , fils du précédent, né à Paris, le 5 mars 1751 , étudiait, au moment du supplice de son père , sous le nom de Trophime, au collège d'Harcourt. Il ne tut instruit du secret de sa naissance qu'au moment de perdre l'auteur de ses jours; ce titre même de fils du comte de Lally lui fut disputé; il fut obligé de plaider contre une comtesse de la Henze, qui lui contestait sa légitimité. Son premier soin, aussitôt qu'il eut terminé ce procès, fut de s'occuper de la réhabilitation de son père. Les tribunaux retentirent de ses réclnmations. Sa jeunesse, l'éloquence et l'énergie qu'il déploya dans ses plaidoyers, intéressèrent a son sort les personnes les plus illustres de celte époque. Ses nobles efforts furent couronnés de succès : quatre arrêts du conseil cassèrent successivement ceux des parlements; et sans la révolution , qui éclata alors, l'affaire eût été complètement décidée à Rouen, où elle avait été portée. Mais cet arrêt définitif était superflu, l'opinion publique s'était prononcée depuis longtemps en faveur de Lally.

Voltaire, à son lit de mort, s'était ranimé un instant en apprenant le premier arrêt, et avait écrit ce billet au jeune Lally : « Le mourant ressuscite en ap- « prenant cette grande nouvelle; il em- « brasse bien tendrement M. de Lally; « il voit que le roi est le défenseur de « la justice, il mourra content. 26 mai « 1778. » Quelque temps après, Lally acheta la charge de grand bailli à Étampes ; et l'on remarqua que les lettres de provision qu'il obtint à ce sujet portaient « qu'elles lui avaient été accordées pour « les services rendus à l'État par son « père, et a cause de sa piété ûliale. » Cette réhabiliîntion de son père, bien que ce fût un acte de justice, devait

cependant attacher Lally au roi et à la cour. Aussi le vit-on \ quand il fut élu par la noblesse de Paris, député aux états généraux , se ranger du parti de la cour, et, dans plusieurs occasions, cherchera défendre Louis XVI.

Du reste, en parcourant la carrière politique de Lally , on est obligé de reconnaître en lui un de ces esprits à demi-moyens, qui, dans des temps de commotion publique, sont complètement éclipsés; il semble lutter continuellement entre les idées de liberté qui se sont développées en France et l'attachement au pouvoir royal, attachement qui résulte pour lui et des premiers principes qu'il a reçus, et de la reconnaissance qu'il croit devoir à Louis XVI. Longtemps il chercha à arrêter la marche des idées libérales, qui, selon lui, progressaient trop rapidement ; il attaqua Mirabeau, indirectement à la vérité, mais d'une manière assez franche, toutefois, pour s'attirer l'animad version générale; puis il proposa que tous les Français fussent admissibles aux emplois, sans autre distinction que le mérite, et se prononça en même temps pour le veto absolu. Après les journées des 5 et 6 octobre, croyant que la monarchie était perdue, il abandonna son poste, et se retira en Suisse avec son ami Mounier. C'est là que Lally écrivit son ouvrage intitulé Quintus Capitolbius aux Romains, critique détaillée des diverses opérations de l'Assemblée nationale, et où sont surtout blâmés les décrets qui abolissaient les privilèges et les titres féodaux.

Cependant il rentra en France, en 1792, et chercha de nouveau, avec Montmorin , Bertrand de Molleville et Malouet, à arrêter la marche rapide de la démocratie. Arrêté après les événements du 10 août, il fut enfermé à l'Abbaye, et n'échappa aux massacres de septembre que pour se rendre en Angleterre. Là, il n'eut d'autre ressource qu'une faible pension qu'il obtint du gouvernement britannique. Lors du procès de Louis XVI, il écrivit à la Convention pour s'offrir comme défenseur de ce prince; mais la Convention ne lui repondit pas. Alors il publia le plaidoyer qu'il avait préparé. Quelques

années après, il écrivit une défense des

émigrés.

Rentré en France après le 18 brumaire, il se fixa à Bordeaux, où il vécut dans le repos de la vie privée jusqu'à la première restauration. Alors il reparut sur la scène politique, en voyant presque toutes ses idées sur le gouvernement réalisées par la charte. Louis XVIII le nomma membre de son conseil privé. Ce fut en cette qualité qu'il suivit ce prince à Gand pendant les cent jours, et qu'il travailla au manifeste du roi à la nation française; il concourut aussi à la rédaction au Courrier universel, publié à cette époque. Élevé à la pairie par ordonnance du 19 aodt 1815, il vit alors se rouvrir devant lui la carrière de l'élo-

Suence délibérative , et tint une place istinguée parmi lesorateursde la chambre haute. Il fut nommé membre de l'Académie française par ordonnance royale, le 21 mis 1816, et il avait quelques titres à cette distinction; comme orateur, il n'était pas sans mérite, et il avait publié un assez grand nombre d'ouvrages, les uns politiques, les autres purement littéraires ; nous citerons seulement les suivants : Observations sur la lettre écrite par M. le comte de Mirabeau au comité des recherches, contre M. le comte de Saint- Priest , ministre d'État , 1789, in-8°; Quintus CapUolinus aux Romain*, extrait du troisième livre de Tite- Lioe, 1790, in-8°; Mémoire au roi de Prusse , pour réclamer la liberté de la Fayette, 1795, in-8'; le Comte de Strajjord, tragédie en cinq actes et en vers, Londres, 1795, in-8°; cette tragédie avait été reçue au Théâtre-Français en 1792, mais n'a jamais été représentée ; Essai sur la vie de T. IVentworth, comte de Strajjord, Londres, 1795, in-8°; Leipzig, 1796, in-8°; Paris, 1814, in-8°; Défense des émigrés français, adressée au peuple français, 1797', 2 vol. in-8°, nouvelle édition', Paris, 1825, in-8°; lettre aux rédacteurs du Journal de V Empire, 1811, in-8° :

c'est une réponse à un article de ce journal où la mémoire du père de M. de Lally avait paru attaquée; Observations du marquis de Lally -Tollendal, pair de France, etc., sur la déclaration de

plusieurs pairs de France , publiée dans le Moniteur du mardi 77 novembre 1821; Observations sur la nature de la propriété littéraire, 1826, in-8°.

Le marquis de Lally succomba, le 11 mars 1830, à une attaque d'apoplexie.

Il ne laissait qu'une fille. Charles X, voulant conserver son nom à la chambre des pairs, décida que son gendre, M. d'Aux, lui succéderait à la pairie sous le nom d'Aux-Lally-Tollendal.

Lalonde, ancienne seigneurie de la haute Normandie ( aujourd'hui comprise dans le département de l'Eure ) , érigée en marquisat en 1616 en faveur de François de Rigards.

Laloubère ( Simon de ) , neveu $ Antoine de Laloubère, géomètre (*), naquit à Toulouse en 1642. Accrédité, en 1678, comme résident français auprès de la république de Strasbourg . il prépara par sa fermeté et son habile diplomatie l'exécution des projets de Louvois sur cette ville (**). Il ne remplit cependant cette mission que pendant une année. Après avoir été attaché à l'ambassade de M. de Saint-Romain en Suisse, il alla à Siam (1687) en qualité d'envoyé extraordinaire. A son retour il fut chargé d'une mission secrète en Espagne, pour travailler à détacher le cabinet de Madrid de l'alliance anglaise ; mais son dessein ayant transpiré , il fut arrêté et eut beaucoup de peine à obtenir sa liberté. Il s'attacha ensuite à Pontchartrain dont il suivit le fils dans ses voyages, et, en 1693, il fut reçu à l'Académie française par le crédit de son protecteur ; élection qui donna lieu à Vépigramme suivante attribuée à la Fontaine :

Il en sera quoi qu'on en die; C'est un impôt que Pontchartrain Veut mettre sur l'Académie.

Quoiqu'il en soit, malgré les bons mots, Laloubère devint encore, en 1694, membre de l'Académie des inscriptions. Il se retira dans la suite à Toulouse , où il

(*) Né en 1600 dans le diocèse de Rrieux,

{jrofesscur cher les jésuites , mort à Tououse en 1664 , auleur de divers traités. Voy. VHÛt. des mathématiques , par Montuda , t. II, p. 68 et 77.

(**) Voy. Réunion de Strasbourg à la France (documents inédits) , par M. Coste. Strasbourg, 1841.

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rétablit les jeux floraux, et mourut en 1729. Il a laissé plusieurs ouvrages, entre autres : Du royaume de Siam, Paris, 1691 , 2 vol. m-12 ; — Traité de l'origine des jeux floraux, Toulouse, 1715, in 8°, etc.

La Luzerne , noble et ancienne maison de Normandie, qui a fourni à l'armée, à l'administration, à PÉglise, un assez grand nombre d'hommes remarquables. Les plus célèbres de ses membres sont :

César Henri, comte de la Luzerne, né à Paris en 1737. Neveu de Malesherbes par sa mère, il entra de bonne heure au service, obtint le grade de lieutenant général, fut nommé gouverneur général des îles sous le vent ( 1786 ), et devint ministre de la marine (1787). Il donna sa démission en 1791 , et émigra, d'abord en Angleterre, puis en Autriche, où il mourut en 1799. Il avait traduit de Xéno|ïhon la Retraite des dix mille , 1786, 2 vol. in-12, et la Constitution des athéniens , Londres , 1793, in-8°.

Anne César de la Luzerne , son frère, né à Paris en 1741 , servit pendant quelques années sous le duc de Broglie, son parent, et parvint au grade de major général de la cavalerie, puis fut nommé colonel général des grenadiers de France. Mais il renonça ensuite à la carrière des armes pour s'e livrera la diplomatie, et fut nommé, en 1776, envoyé extraordinaire près de l'électeyr de Bavière; il montra tant de capacité dans les négociations dont il fut alors chargé, qu'il fut nommé, en 1778, mi-

nistre de France aux États-Unis, puis ambassadeur en Angleterre, en 1788. Il mourut à Londres en 1791.

César Guillaume de la Luzerne, frère des deux précédents, né aussi à Paris, en 1738, fut appelé à Pévéché de Langres en 1770. Député aux états généraux , il s'y montra d'abord assez favorable aux reformes, et fut nommé deux fois président de rAssemblée nationale. Mais, effrayé de la marche des événements; après* les journées des 5 et 6 octobre il donna sa démission et émigra en 1791. Il se retira d'abord en Allemagne, puis en Italie, et se fît remarquer dans son exil en partageant ses faibles ressources avec les prêtres exilés, et plus tard en prodiguant des secours aux prisonniers français attaqués du typhus. Il ne revint à Paris qu'en 1814. Nommé alors pair et ministre d'État, il reçut le chapeau de cardinal en 1817, et mourut en 1821 , laissant un grand nombre d'écrits assez estimés. Les principaux sont : Instruction pastorale sur t excellence de la religion '., 1786, in-12, réimprimée plusieurs fois et traduite en italien ; Sur la déclaration de l'assemblée du clergé de France en 1682, 1821, in-8* ; Considérations sur divers points de la morale chrétienne , 2e édition, 1816, 4 vol. in- 12; Explication des Évangiles des dimanches, 4 vol. in-12; Dissertation sur la vérité de la religion, 4 vol. in-12; Dissertation sur l existence et les attributs de Dieu, 3 vol.

in-12.

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