DES ESTAMPES
Gravure en pierres fines ou glyptique.
La gravure en pierres fines ne paraît pas avoir été cultivée avec succès pendant le moyen âge, et nous ne pensons pas que la France, en particulier, se soit distinguée alors dans cette branche des arts; il faudrait même, comme on l'a fait à tort pour beaucoup d'autres arts, descendre jusqu'au seizième siècle et à l'Italien Mathieu del Nasuto, pour trouver les origines de la glyptique française. Si l'on en croit donc la commune narration, cet homme aurait été amené d'Italie en France par François Ier, pour faire des dessins de draps d'or et de soie et de tapisseries , et probablement aussi pour former des graveurs. Le fait est que de 1525 à 1547, année de sa mort, il eut le titre de maître de la monnaie de France. Mais après lui, il faut descendre encore jusqu'au célèbre Coldoré (voyez ce nom) pour trouver le premier Français qui se soit distingué dans la glyptique. Les ouvrages de cet artiste sont extrêmement remarquables; mais son exemple ne put donner une impulsion considérable à cet art, qui n'a jamais été cultivé que par un petit nombre d'artistes , peu encouragés par la faveur populaire. Après Coldoré, qui mourut sous le règne de Louis XIII , nous devons citer le Milanais Maurice, qui mourut à Rouen en 1732; François- Julien Barrier, mort en 1746, graveur ordinaire du roi, habile artiste, mais dessinateur peu remarquable; Louis Siriès, qui alla travailler à Florence, et Jacques Guay de Marseille, le plus illustre de nos graveurs, qui fut reçu membre de l'Académie en 1748, et mourut vers la fin du dix-huitième siècle.
Les œuvres de cet artiste , admirables de travail et de dessin, sont dispersées et oubliées; mais sa réputation, appuyée sur ce qui reste encore de ses travaux, est à jamais célèbre. Après
lui, parut sous l'empire Jeuffroy, membre de l'Institut et chef d'une nombreuse école. On créa en 1805, à l'école des beaux-arts, un grand prix de geavure en pierres fines et en médailles, et l'émulation fit naître d'habiles artistes Toutefois, la glyptique est loin d'être encore assez goûtée chez nous pour faire espérer qu'elle prendra de plus grands développements que par le passé. Parmi les artistes qui'la cultivent aujourd'hui, on distingue MM. Desbœufs; Domard, Fauginet, Hewite, Mongeot, Simon et Tiolier fils.
Gravure en médailles.
La gravure des médailles ou au moins des monnaies fut cultivée pendant le moyen âge; elle ne le fut pas avec art, mais enfin elle fut pratiquée. Avant le quatorzième siècle, on ne pourrait guère citer aucune monnaie, médaille ou sceau, remarquable par la pureté du dessin ou par l'importance des procédés d'exécution. Mais alors cette branche de l'art se développa, et l'hôtel des monnaies de Paris conserve une médaille de 1374 (médaille de Guillaume de Poitiers) remarquable à tous égards; le sceau de Charles V ne l'est pas moins. Au quinzième siècle,' la gravure des médailles fit encore de grands progrès ; celle qui fut frappée pour l'établissement de l'ordre de Saint-Michel par Louis XI, et le sceau de Charles le Téméraire, sont des pièces dignes de fixer l'attention des . amis des arts. Malheureusement, les noms des artistes qui ont fait faire ces progrès à la gravure en médailles sont restés inconnus. Espérons que l'importante collection de sceaux du moyen âge , formée par M. Depaulis et acquise par l'école des beaux-arts , fera mieux connaître cette période de l'histoire des arts en France. (Voyez Numismatique et Monnaies.)
A la renaissance, les progrès de l'art du dessin et le retour aux modèles de l'antiquité exercèrent la plus heureuse influence sur la gravure en médailles ; les œuvres de ce temps sont fort remarquables; nous citerons entre autres le magnifique sceau d'or de Louis XII, conservé à la bibliothèque royale et décrit par Millin. Plus tard, Jean Goujon grava, dit-on, la belle médaille de Ca-