RAY
L'UNIVERS. GRÉBAN
même une circonstance où les dames et les demoiselles vendirent leurs bijoux et leurs vêtements les plus riches pour la défense de la cité.
Cependant Gray fut éprouvée par d'assez fréquents désastres. Incendiée en 1860 par les compagnies d'aventuriers, réduite encore en cendres en 1384, puis par les Français , elle fut de nouveau brûlée en partie par l'armée qui la reprit à Louis XI pour la rendre à la princesse Marie. Henri IV l'enleva en 1595. En 1668, elle se rendit à Louis XIV, malgré le gouverneur et le maire (voyez plus bas). Celui-ci eut le courage de (lire au grand roi , en lui présentant les clefs : « Sire , votre ronquête serait « plus glorieuse , si elle eût été dispu- « tée. » Six mois après, elle rentra sous la domination espagnole ; mais le duc de ><a vailles la reprit le 28 février 1674. (Voy. l'art, suivant.)
Avant la révolution , Gray était le siège d'un bailliage établi pair Charles- Quint, en 1544, d'un présidial , d'une recette, etc. Aujourd'hui elle a, outre sa sous-préfecture , des tribunaux de première instance et de commerce, un collège communal, etc. Sa population est de 6,000 hab.
Gbay (prise de).— Louis XIV, en se rendant à Maëstricht, dans la campagne de 1673, avait laissé en Bourgogne le duc de Navailles , lieutenant général, pour y surveiller les mouvements des Espagnols du côte de la Franche-Comté.
Aussitôt après la déclaration du cabinet de Madrid , au commencement de l'année 1674 , ce général s'était empressé de réunir toutes les troupes dont il pouvait disposer. Il s'empara d'abord de quelques châteaux. Ayant reçu un rentort considérubie , il marcha sur Gray , en chassant l'ennemi devant lui. Les troupes espagnoles se retirèrent dans la place.
« En s approchant, il trouva la cavalerie des ennemis qui venoit brûler les villages où il avoit dessein de s'établir pour faire ce siège; il y eut une grande escarmouche, et les ennemis furent repoussés jusqu'à leurs postes. Le lendemain, qui étoit le 28 de février, il lit ouvrir la tranchée, et malgré l'inondation qui étoit grande, les soldats ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, il fit â t ta-
uer le chemin couvert par le régiment e Lionnois. Il s'en rendit maître après un combat de cinq heures. Les ennemis demandèrent à capituler. On prit dans cette place 1,600 hommes d'infanterie.
400 chevaux et 600 dragons, etc. (*). »
Gbéban (Simon), religieux du monastère de Saint-Riquier, en Ponthieu.
secrétaire de Charles d'Anjou , comte du Maine, né vers la lin du quatorzième siècle, à Compiègne , est auteur du Triumphant mystère des Jetés de$ Apôtres^ ce roi des mystères , mis en vers et joué par personnages à la cour d'Angers, dès le temps du roi René, au Mans en 1510, à Bourges en 1536 , à Tours en 1541 , et probablement à Paris en 1542. Cet ouvrage a eu quatre éditions; la dernière, imprimée par les Tères Angeliers, in-fol., de 778 pages, est la plus comnlète. On a encore de Simon Gréban des Élégies, Complaintes et autres poésies. — Arnoul Grbban, son frère, chanoine de l'église du Mans, travailla aussi à la composition du Triumphant mystère. Il a publié diverses autres poésies. (Voyez Mystbbes) Arnoul et Simon Greban furent si estimes des premiers connaisseurs de leur temps , que Boileau , si judicieux d'ailleurs, n'aurait pas dû l'envelopper dans ses mépris. Jean Bouehet écrivant au poète Thibaut , avocat de Poitiers, lui dit :
« En priant Dieu qu'il te donne le style
« Des deux Grébaus dont grant douceur distille. »
Clément Marot, dans son épigramme 223, sur les poètes français, s'exprime ainsi :
« Les deux Grébans ont le Mans honoré. »
Estienne Pasquier rappelle avec complaisance que Jean le Maire, auteur du poëme de V Illustration des Gaules, en sa préface du Temple de t énus , et Geoffroy Toré, en son Champ flori (or ces personnages étaient des poètes distingués eux-mêmes), regardaient les frères Gréban, surtout Arnoul, le principal collaborateur des Actes des Apôtres, comme des écri vai ns su périeu rs (* *)•
(*) Histoire militaire de Louis XIV, par Quincy, l. I , p 3;4.
(**) Gabriel Naudé , dans sou Mascurat , dit qu'on s'étouffait à l'hôtel de Flandre, en i5.\ r , pour voir jouer les Actes des Apôtres.
GREBBE FRANCE. GRÈCE
Nous ajouterons que ces enfânts des muses françaises , auxquels on peut joindre Molinet et Guillaume Alexis , reconnaissaient- pour leur maître Alain Chartier, comme Ronsard, un siècle après, fut celui des du Bellay, des Mellin, des Belleau , des Baïf , etc. Du reste, c'est à tort gue les paroles de Clément Marot ont fait penser que les frères Gréban étaient originaires du Mans :
ils naquirent à Compiègne, ainsi que Ta prouvé Bernard de la Monnoye sur la Croix du Maine et du Verdier, et fleurissaient sous Charles VH, dont Simon, le plus jeune des deux , fit l'épitaphe. Mais Arnoul fut chanoine du Mans :
c'est au Mans , de 1440 à 1450 , qu'il commença son poëme, continué par Simon, retouché, vers 1510, par Pierre Curet, aussi chanoine du Mans , et publié, pour la première fois, vers 1513, par Galliot du Pré ; enfin, c'est au Mans qu'il fut enseveli, dans l'église de Saint- Julien; sa pierre sépulcrale disparut lors des dévastations des huguenots.
Gbebbe (combat sur le). — Au n\ois de janvier 1795, l'armée du Nord, commandée par Pichegru , marchait d'un pas rapide à la conquête de la Hollande (*), et menaçait Amsterdam. Déjà le prince d'Orange était allé se réfugier en Angleterre. Le 18, tandis que la brigade Dewinther prenait tranquillement possession d'Amersfoort, la division Macdonald attaqua quelques troupes anglaises, qui occupaient encore la ligne du Grebbe, un des affluents de la rive droite du Rhin. Elles voulurent faire résistance ; niais Macdonald les culbuta promptement, s'empara de toutes leurs redoutes , où il trouva 80 canons et 20 caissons, et se porta lui-même derrière le Grebbe. Les Anglais avaient battu en retraite si précipitamment, qu'ils abandonnèrent leurs malades, et durent les
(*) Pichegru avait plusieurs fois écrit aux représentants Bellegarde, Lacoste et Jouhert, pour les inviter à faire pins de diligence. — «Citoyens, leur mandaii-il, .notamment le • 16 janvier de Thiel, ne perdez pas un instant •à vous rendre îc. pour passer de suite à « Utrechi que nos troupes occuperont demain.» Les représentants y arrivèrent en effet le 17, et le jour même y reçurent les députés de la province , qui venaient traiter de la capitu-
recommander à la clémence française. (
Gbèce (influence de la). La civilisation hellénique , douée d'une facilité merveilleuse à se répandre , ne tarda pas à exercer en Gaule une grande influence. Il fallut que les nattons helléniques apprissent à connaître les monnaies et les signes numériques, c'est-àdire, l'alphabet d'un peuple avec lequel chaque jour les relations devenaient de plus en plus fréquentes. Ainsi , les Romains trouvèrent les chiffres et l'alphabet des Grecs employés même parmi les tribus harbares du Nord. César raconte avoir trouvé chez les Helvétiens des tablettes contenant, en caractères grecs, le dénombrement de leur armée. Strabon affirme qu'en Gaule certains contrats étaient rédigés en laneuê grecque.
Les Gaulois n'ayant point de caractères à eux , avaient dû nécessairement emprunter ceux de leurs voisins.
La plupart des médailles gauloises frappées avant la conquête , sont des imitations plus ou moins barbares, soit des monnaies phocéennes , soit des monnaies macédoniennes, rapportées par les aventuriers qui allaient guerroyer en Grèce et en Asie.
Après la conquête romaine, cette influence ne Ut que s'accroître par l'ardeur que les Gaulois mettaient à s'initier dans les arts et la civilisation de la Grèce, et ils y réussirent si bien, que Strabon les appelle plusieurs fois philhellènes. «Un si grand lustre, dit Justin , fut répandu sur les hommes et les choses, qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule , mais que la Gaule eût été transportée en Grèce. » Lucien raconte que dans son voyage dans nos contrées il rencontra un philosophe gaulois, très-probablement un druide, qui parlait très bien le grec, et lui récita des tirades entières de poètes classiques. La langue grecque, parlée dans toutes les colonies fondées par les Phocéens , persista dans le midi de la Gaule, bien longtemps après que cette contrée fût devenue romaine par la conquête. Constantin le Jeune ayant été tué en 340 , un orateur composa et récita devant le peuple d'Arles un discours funèbre en langue grecque.
Au commencement du cinquième siècle, l'hérésiarque Nestorius ayant