ERS. GRÉGOIRE
toute sa vie, chrétien démocrate. Ses travaux, dont la multiplicité à cette époque atteste la fécondité vraiment prodigieuse de cette âme ardente , sont tous marqués de ce double caractère. Dès l'ouverture de la session, il se réunit aux députés du tiers. Lorsqu'on décréta la déclaration des droits, il proposa de placer le nom de Dieu au frontispice de ce monument social. « L'homme , dit-il , «Va pas été jeté par le hasard sur la « terre qu'il occupe, et s'il a des droits, « il faut parler de celui dont il les « tient. » Il demanda aussi qu'à la déclaration des droits on joignît celle des devoirs, corrélative, et indispensable, selon lui. Dans la séance nocturne du 4 août, il demanda la suppres.sion des annates. Il se prononça contre le veto absolu, et plus tard contre le chiffre de la liste civile. Adversaire en général du monachisme , il proposa toutefois d'épargner ceux des établissements religieux qui avaient rendu des services aux sciences et à l'agriculture. Il fut le premier qui prêta serment à la constitution civile du clergé, acte qui a déchaîné contre lui de si nombreux et si longs ressentiments. Lors de l'arrestation de Louis XVI à Varennes, Grégoire se prononça pour la mise en accusation de ce prince, mesure qui, ne devant entraîner alors que la déchéance, eût peutêtre changé toute la marche de la révolution. Dans la discussion sur le marc d'argent pris comme hase de l'éligibilité, il resta fidèle à ses principes démocratiques en combattant cette base.
Pour compléter cette énumération, citons aussi ses nobles efforts pour la cause des juifs qui triompha, ainsi que pour celle des noirs et hommes de couleur, dont il est resté depuis lors le zélé et constant avocat. Au milieu de tant de graves travaux , cette sollicitude pour le bien-être matériel du peuple que nous avons déjà remarquée en lui, ne l'abandonna point. C'est ce que témoigne sa lettre aux citoyens de la Meurthe sur les salines de là Lorraine, ainsi que sa proposition pour le dessèchement des marais, les défrichements et les plantations. Au fort même de l'orage, en 1793, toujours fidèle à ses premières préoccupations, il a publié une Instruction sur les semailles d'automne, adressée aux citoyens cultivateurs par