GREGOIRE FRA
ordre de la Convention nationale.
Deux départements , ceux de la Sarthe et de Loir-et-Cher, lui avaient conféré le même jour l'épiscopat constitutionnel.
II opta pour le siège de H lois, et l'occupa d'une manière édifiante. Il inspira une telle confiance et une telle estime à ses diocésains, qu'ils l'élevèrent à la présidence de l'administration centrale du département, et un peu plus tard le choisirent pour leur représentant à la Convention nationale. Dès l'ouverture de la nouvelle assemblée, il s'associa à Collot d'Herbois pour proposer que la royauté fût abolie et la république proclamée. Ce fut lui qui développa les motifs de cette proposition. On recueillit surtout de son discours ces paroles restées célèbres : « L'histoire des rois « est le martyrologe des nations. »
Le 15 novembre suivant, dans la discussion qui s'ouvrit sur la mise en jugement de Louis XVI, Grégoire persista dans l'opinion qu'il avait déjà émise au retour de Varennes. Mais tout en se prononçant avec énergie pour l'accusation, il crut devoir en même temps exprimer sa réprobation à l'égard de la peine de mort en général, demandant qu'elle fût abolie, et que Louis partageât le bienfait de cette abolition. Sa conduite à l'époque du jugement fut conforme à ses principes, comme luimême a pris soin de l'établir, sans du reste prétendre jeter par là aucun blâme sur ceux de ses collègues qui se crurent permis un vote plus rigoureux. Il se trouvait alors en mission à Chambéry, avec Hérault de Séchelles, Jagot et Simon. Ceux-ci rédigèrent un projet de lettre à l'Assemblée , contenant leur vote pour la condamnation à mort; mais Grégoire déclara que ni sa qualité de prêtre, ni son opinion contre la peine capitale ne lui permettaient d'y apposer sa signature, à moins que ces deux derniers mots ne fussent supprimés, à quoi ses collègues consentirent après une assez vive discussion. Du reste , son vote ni les trois autres ne furent point comptés pour la condamnation.
Revenu de sa mission à Chambéry et à Nice, mission qui avait eu pour objet l'organisation des nouveaux départements du Mont-Blanc et des Alpes-Maritimes, Grégoire fut aussitôt appelé