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L'UNIVERS. GRENOBLE

. Hoche venait de remplacer Jourdan dans le commandement de l'armée du Rhin ; Grenier passa à l'armée d'Italie en 1799, et s'y fit remarquer aux batailles de l'Adige, de Vérone, de Cassano , de Bassignauo, etc., et pendant la retraite de Schérer. Réuni à l'armée des Alpes (Championnet), il s'empara des postes du petit Saint-Bernard , et

I)rit une part glorieuse aux combats de a Stura , de Mondovi et de Fossauo.

En 1800, à l'armée du Rhin , ses savantes manœuvres décidèrent la prise de Guntzbourg , et contribuèrent au succès des batailles d'Hoehstaedt et de Hohenlinden.

Après la paix de Lunéville , le premier consul le désigna pour remplir les fonctions d'inspecteur général d'infanterie. Il fit les campagnes de 1805 à 1807, et devint, à la lin de cette dernière année , gouverneur de Mantoue et comte de l'empire.

En 1809, il prit le commandement d'une division de l'armée d'Italie , à la tête de laquelle il prit part aux combats de Sacile , de Caldiero et de Saint-Daniel. Ayant reçu , à la suite de ces affaires, le commandement d'un corps d'armée, il se signala au passage de la Piave, à celui du Tagliamento , et à la bataille de Raab. A YVagram, il reçut, pour sa brillante conduite, le titre* de grand -croix de la Légion d'honneur.

Envoyé dans le royaume de Naples en 1810, il prit, l'année suivante , le commandement en chef du corps d'observation de l'Italie méridionale.

En 1812, il organisa la 35e division, la mena en Prusse, au-devant des débris de la grande armée, et protégea la retraite du prince Kugène , qui vint prendre position sur l'Elbe. L'année suivante, il reçut l'ordre de prendre le commandement du corps d'observation qui venait d'être créé sur l'Adige. Lieutenant du vice-roi d'Italie à la suite de cette campagne, il bat les Autrichiens à Bassano, à Caldiero et à Saint-Michel, et dispute ensuite, pied à pied, le terrain à l'ennemi. La défection ide Murât étant venue compliquer les embarras de l'armée d'Italie, le général, de concert avec Eugène, dirigea les mouvements défensifs de cette armée , et contribua efficacement au succès de la bataille du

Mincio. Lorsque le vice-roi traita pour l'évacuation de l'Italie avec Bellegarde, il remit à Grenier le commandement en chef de l'armée , que celui-ci ramena en France.

Pendant les cent jours , les suffrages des électeurs de la' Moselle appelèrent le général Grenier à la chambre des députés ; il y exerça une grande influence, et fut nommé membre du gouvernement provisoire. Il cessa d'être employé activement après la seconde restauration. Le département de la Moselle l'envova de nouveau à la chambre des députés de 1818.

Le général Grenier mourut en 1827.

Gbeniebs a sel. — Cette juridiction royale, où se jugeaient en première instance les contraventions en fait de gabelle, fut créée, par lettres patentes du 20 mars 1 342 , dans le but de maintenir le monopole; elle se composait d'un président, d'un grenetier, d un contrôleur, d'un procureur du roi , et d'un greffier. Il fut établi de ces tribunaux exceptionnels dans toutes les localités où la fréquence de la contrebande en lit sentir fa nécessité. L'appel de leurs jugements était porté devant la cour des aides. (Voyez aussi Gabelle.)

Grenoble, Cufaro , Gratianopolis, ancienne ville du Dauphiné, aujourd'hui chef-lieu du département de l'Isère.

Avant la conquête des Gaules par les Romains, Grenoble tout entière , située sur la rive gauche de l'Isère, appartenait aux Allobroges, qui l'appelaient Cularo; et deux inscriptions, trouvées sur une des vieilles portes de la cité, prouvent qu'elle portait encore ce nom 288 ans après Jésus -Christ (*). Une lettre de Plancus à Cicéron (**) , datée de Cularone ex fmibus Allobrogum , semble prouver que c'était une localité fort obscure au temps de César, puisque Plancus croit devoir en indiquer la position. Cularo continua à subsister sans illustration pendant plusieurs siècles ; et il n'en est plus tait mention , du moins sous ce nom , dans aucun auteur, jusqu'à l'époque où la Gaule fut

(*) Clwmpollion-Fipeac,y«/.<^5 Grenoble, 1807, in-40, p. 17 et 28.

(**) Ep. ad fam. , lib. x , epist. a3 , t. I , p. Mjo , dans le Cicéruu de V. Leclerc.

divisée non plus en peuples, mais en provinces et en diocèses. La Notice de l'Empire (*) place Cularone ou Calarone dans la Sapaudia, nom qui , dans les derniers temps de l'Empire, remplaça celui d'Allobrogie. Enfin , l'emplacement de Cularo à Grenoble , quoique conteste par de nombreux savants, est prouvé non-seulement par les mesures anciennes de la Table de Peutinger, mais encore par quatre-vingts inscriptions qui y ont été trouvées à diverses époques.

Trois cent trente - deux ans après la lettre de Plancus, M. Aurel. Maximianus fit reconstruire les murs de Cularo, et donna de nouveaux noms à ses deux portes. L'an 379, l'empereur Gratien, passant dans les Gaules et dans le voisinage de la province Viennoise, où se trouvait Cularo, agrandit considérablement cette ville , et lui donna son nom qu'elle conserva depuis. Il en fit peutêtre même le siège d'un évêché particulier. Ces faits sont démontrés par un passage d'Ausone (**) , et par une ancienne Notice des Gaules (***) , qui dit positivement que Grenoble, Gratianopolis, fut bâtie par Gratien.

Deux ans après le voyage de Gratien, on voit assister, au concile d'Aquilée, un certain Domninus, évéque de Grenoble. Une bulle de saint Léon , de Tan 450, nomme cette ville parmi les suffragantes de Vienne; et toutes les Notices des Gaules la mettent au nombre des cités de la Viennoise, immédiatement après Vienne et Genève. L'identité de Cularo et de Gratianopolis ne

8 eut donc plus être révoquée en doute, eulement il est constant que les deux noms turent encore assez longtemps usités concurremment.

Grenoble fut prise par les Rurgondes dans le cinquième siècle; après la destruction de leur puissance parles Francs, elle passa sous la domination des rois de la première race. Toutefois, l'histoire ne la mentionne guère avant la fin du sixième siècle , où elle soutint un siège contre les Lombards, que commandait Hliodane. Mummole , à la téte de l'armée de Gontran , accourut pour la se-

O Edit. Phil. Labbé, § 65, p. i»c

(**) In Gratianum pro consulatu, p. 584.

(*•*) Publiée par dom Bouquet.

courir. Les ennemis furent taillés en pièces (575). Depuis cette époque jusqu'à la première moitié du dixième siècle, il n'est que rarement question de Grenoble, qui fut donnée, dans les derniers temps du second royaume de Bourgogne , à ses évécjues , également maîtres de tout le Gresivaudan. Jus-

?[u'en 1044, ils possédèrent la ville en ranc- alleu. Cependant les dauphins de Viennois (voyez ce mot) parvinrent, après de longs débats, à faire reconnaître leur souveraineté par ces prélats; et c'est au dauphin Humbert H que Grenoble, république ecclésiastique, dut l'établissement d'un conseil delphinal , avec juridiction souveraine; conseil dont l'autorité fut reconnue par les dauphins de France, et que Louis XI érigea en parlement.

Quant aux évéques, ils continuèrent d'y prendre le titre de princes de Grenoble, et d'y avoir la justice en pariage avec le roi. Pendant les guerres religieuses du seizième siècle, cette ville eut à souffrir comme le reste de la province (voy. Dauphins, t. VI, p. 369, et Adrets [des], 1. 1, p. 135, 136 et 137). Elle tomba au pouvoir du farouche baron des Adrets ; Sassenage , ancien gouverneur de Grenoble pour le roi , la reprit aux protestants; mais des Adrets se présenta bientôt sous ses murs pour la seconde fois, s'en rendit maître malgré la courageuse résistance de la garnison, qu'il fit passer au fil de l'épée.

Les troupes royales tentèrent inutilement de la reprendre ou de la conserver, et elle resta au pouvoir des protestants jusqu'à Yédit cTJmboise (Voy.

Édit, t. VII, p. 102). Lorsque la guerre recommença, Grenoble fut mise en un si bon état de défense que les huguenots ne songèrent plus à l'attaquer.

Cependant, après la mort de Charles IX, Lesdiguières crut pouvoir la surprendre, et le succès répondit à son audace. Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1574, il s'empara du pont qui communiquait de la rive droite à la rive gauche de l'Isère, ce qui lui permit de bloquer la ville, qui se rendit par capitulation au bout de vingt-cinq jours.

Depuis la fin du seizième siècle jusqu'aux dernières années du règne de Louis XIV, rien n'avait troublé la

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