GUÉRANDE
érigée en marquisat par lettres du mois de mai 1752 , en faveur de Gaspard de Gueidan. Gueidan est aujourd'hui un hameau du département des Basses-Alpes , arrondissement d'Annot.
Guémenb , petite ville du département du Morbihan ( arrondissement de Pontivy ) , qui appartint longtemps à la maison de Rohan. On y voit les restes d'un château fort démoli après les guerres de la ligue. Elle avait été érigée en principauté en 1570, en faveur de Louis VI ae Rohan. Guémené est la patrie de l'intrépide Bisson.
Guémenée ( famille de). Voyez Rohan.
Guenbe (Antoine ), chanoine d'Amiens, professeur de rhétorique au collège du Plessis, membre de I Académie des inscriptions et belles-lettres , etc., né à Étampes en 1717, fit paraître les Lettres de quelques juifs portugais, allemands et polonais , à M. de Voltaire (1769, in-8°, plusieurs fois réimprimées). Cet ouvrage est le principal titre de célébrité de son auteur , qui mourut en 1803, à Fontainebleau. C'est cet ecclésiastique que Voltaire a désigné sous le nom de Secrétaire juif dans sa lettre à d'Alembert du 18 décembre 1776, etc.
Guenès ( combat de ). — Le 31 octobre 1808 , Lefebvre , avec trois divisions ( Levai , Vilatte et Sébastiani , vainqueurs à Durango), était entré à Bilbao et avait poursuivi les ennemis jusqu'à Guenès. ( Voyez Dubango [ bataille de].) Le 7 du mois suivant, le maréchal, dont Victor, dans l'intervalle, était venu couvrir le flanc gauche avec le premier corps , attaqua de nouveau Blacke sur les hauteurs où il s'était fortifié. Nos troupes percèrent d'abord, par un effort vigoureux , le centre des positions ennemies , puis forcèrent les ailes à se replier et à se jeter confusément dans les montagnes. Les difficultés de terrain qui , d'une part , empêchaient la cavalerie française d'agir, et, de l'autre , l'extrême fatigue de notre infanterie, ne permirent pas à Lefebvre de poursuivre les Espagnols au delà de Valmaseda ; mais Blacke avait perdu dans cette affaire plus de 4,000 hommes, tués, blessés ou faits prisonniers, et l'armée de Galice n'était plus à craindre de quelque temps.
GtJÉBAffDE, chef-lieu de canton de la Loire-Inférieure, et la seconde ville du département. Les temps historiques de Guérande ne commencent guère que vers le milieu du neuvième siècle. On prétend néanmoins que les Romains , pour contenir les bandes saxonnes campées au Croisic, bâtirent, en 470, une forteresse appelée Graîinona, sur le plateau qui domine Guérande. En 850 , un évéque de Nantes , dépossédé par un autre prélat , s'établit en dépit de tous à Guérande , et conserva la moitié de son diocèse , arborant ainsi crosse contre crosse. Quelques évêques de Nantes vinrent encore y résider dans la suite. Guérech ou Quiriacus, l'un d'eux, sacré en 1055, l'habita longtemps, et lui fit donner le nom tfAula Guiriaca, ou Cours de Guérech, d'où son nom actuel. Depuis le dixième siècle , où les Normands l'assiégèrent sans succès ( 919 et 953 ) , les guerres continuelles dont la Bretagne a été jadis le théâtre avant sa réunion à la France , ont souvent attiré l'ennemi sous ses remparts. Trois fois ses murailles furent renversées , ses édifices réduits en cendres et sa population exterminée, triste mais honorable témoignage de la valeur des habitants , presque toujours chargés seuls de sa défense. Parmi les sièges qu'elle eut à soutenir, un des plus fameux est celui où, en 1342, Louis d'Espagne la prit d'assaut, et y mit tout à feu et à sang. Du Guesclin s'en empara aussi en 1373. Six ans après, Clisson vit échouer ses efforts contre elle.
Les ravages de la guerre réduisirent sa population de près de moitié, et toutes les fois qu'on relevait ses remparts on en rétrécissait l'enceinte. Ceux qu'on y voit aujourd'hui furent bâtis par Jean V, duc de Bretagne , et datent de 1431 . Ils sont encore flanqués de dix fortes tours. Le château fut démoli en 1614.
Le seul édifice remarquable à Guérande est la cathédrale , dont le haut clocher fut bâti en 857.
Les états de la province tinrent plusieurs fois leurs assemblées à Guérande (*). Jusqu'à la révolution, il y
" (*) Les états réunis à Guérande , le 4 août x6a5 , accordèrent au roi un don gratuit de 5 ou fooo livres, et à la reine la somme de x5o,ooo livres.