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GONTRAN-BOZON FRANCK, GONTRAN-BOZ03T

personnages perfides et féroces qui l'environnent. Cette bonté ne fut d'ailleurs souvent que de la faiblesse, et, comme le dit M. Michelet , ce bon homme semble chargé de la partie comique dans le drame terrible des Mérovingiens.

Gôntbàn - Bozon. Ce personnage , qui ioue un grand rôle sous le règne des fils de Clotaire Ier , apparaît pour la première fois sur la scène comme chef des Austrasiens envoyés par Sigebert en Aquitaine contre Thêodebert.

Il était probablement de race franque ; mais il avait épousé la fille d'un Gallo- Romain riche et puissant, et, bien qu'au service de Sigebert , il paraît aue , lié intimement avec Frédégonde , il s'était engagé envers elle à la débarrasser de ce jeune prince. Après la mort de Sigebert , il fut un des leudes qui se nommèrent tuteurs du petit Childebert.

Lorsque, en 579, Gondebaud-Ballomer (voyez Gondebaud) fut appelé de Constantinople par les Austrasiens, comme un prétendant à opposer soit à G outra n , soit à Chilpéric, les conspirateurs choisirent Gontran-Bozon pour négocier auprès du jeune prince, que ses propositions, appuyées par douze serments dans les églises de Constantinople, parvinrent enfin à entraîner vers son futur royaume. Malheureusement pour Gondebaud , il venait avec des trésors considérables , et l'avarice était la plus forte des passions de Gontran.

Au moment où le complot allait éclater, celui-ci n'hésita point à le dénoncer au préfet de Marseille, pour avoir cet or, objet de sa convoitise. Le délateur, quoique obligé de partager la prise avec le préfet burgonaien , n'en revint pas moins en Austrasie avec une charge énorme d'or, d'argent , et d'autres objets précieux (*) ; puis il partit pour l'Arvernie, dont il était comte. Mais en passant par la Burgondie , il fut arrêté et conduit devant le roi Gontran , qui lui fit des reproches pleins de colère et de menaces sur sa complicité dans les intrigues austrasiennes. Pour sauver sa tête , il ne trouva rien de mieux à faire que de tout rejeter sur le patrice burgondien Mummol , et de promettre au roi de vaincre et de lui livrer ce sei-

(*) Grégoire de Tours , t. VI , p. a4.

f;neur rebelle. Gontran accepta , mais 'expédition échoua. Après la mort de Chilpéric et la chute de Frédégonde, ce leude était devenu zélé austrasien. Envoyé par Childebert au plaid de Paris , en 584 , il répondit par uu insolent défi (voyez ce mot) aux interpellations du roi Gontran , qui l'accusait de perfidie. Une autre accusation, couronnant dignement tous les actes de sa vie passée, Te fit ensuite assigner devant un plaid tenu par Childebert à Belzonac, dans les Ardennes.

Une des parentes de sa femme était morte à Metz , et avait été, suivant l'usage des Francs de distinction , enterrée dans l'église avec une grande quantité d'or et de bijoux. Bozon envoya, pour déterrer et dépouiller son cadavre, des hommes qui , surpris et arrêtés , le dénoncèrent. Au lieu de venir se justifier, il prit la fuite. Sa mort était résolue, car il avait offensé Brunehaut durant la minorité de Childebert. Bozon le soupçonnait , et se mit à visiter tous les éveques et les leudes en faveur , les suppliant d'intercéder pour lui auprès de Childebert et de sa mère. Le roi, cédant aux prières de l'évêque de Verdun, son parrain , s'en remit à Gontran du sort de Bozon , et obligea celui-ci à comparaître au plaid d'Andelot (voyez Andelot). Bozon y vint, et y fut condamné (*) par le roi Gontran, qui prit lui-même le soin de faire çxécuter sa sentence. Bozon s'était réfugié dans la maison d'un évêque, dès qu il avait eu connaissance de l'arrêt prononcé contre lui. Des hommes armes l'y assiégèrent.

Le roi donna ordre de mettre le feu à la demeure épiscopale. eu disant : « Que « l'évêque sorte, ou, s'il ne le peut pas, « qu'il soit brûlé avec l'autre.» Les clercs et les serviteurs du prélat sauvèrent leur maître; quant àr Bozon, il s'élança de son côté hors de l'incendie ; mais il fut aussitôt percé de tant de lances et de traits, que. déjà mort, il fut un moment retenu debout (**).

(*) Les articles du traité ne contiennent rien d'expressément relatif aux leudes traîtres ou rebelles ; mais les deux rois résolurent sans doute , dans leurs conférences , de réprimer avec vigueur toute opposition à leur gouvernement.

(*«) Grég. de Tour», t. IX, p. io.

16 GORDON L'UNIVERS. GORODETCHJÎA

Goba (bataille de). Lorsque l'Autriche , en 1809 , déclara de nouveau la guerre à la France , elle avait sur pied 550,000 hommes, divisés en neuf corps.

Tandis que les six premiers de ces corps agirent en Allemagne , sous les ordres de l'archiduc Charles , et que les 8e et 9* , commandés par l'archiduc Jean , marchèrent sur l'Italie, le 7e, a la tête duquel était l'archiduc Ferdinand, se porta sur le grand-duché de Varsovie. Telle était l'infériorité numérique des troupes polonaises, que, battues le 19 avril en avant de Fallentry , elles- furent forcées de se replier sur Varsovie, pour ne pas être coupées de cette capitale. L'archiduc les suivit ; mais , dès le 25 , elles reprirent l'offensive sur la droite de la Vistule, et tirent essuyer aux Autrichiens des pertes considérables. Le 3 mai , Poniatowski envoya plusieurs fortes reconnaissances sur le front de la ligne des ennemis , puis , soudain , il attaqua une tête de pont qu'ils avaient construite à Gora, et que défendait le gros de leurs forces. Il en demeura maître après une bataille terrible où les ennemis perdirent 3,000 hommes tués , blessés ou faits prisonniers, trois canons et deux drapeaux.

Cet échec mit l'archiduc dans la nécessité de rétrograder , et l'armée polo- - naise avança sur ses traces en Gallicie.

Gobcum (prise de). Le prince d'Orange, stathouder de Hollande, choisit, en 1794, la ville de Gorcum pour s'y renfermer. Les glaces déconcertèrent ses mesures ; car nos soldats s'en servirent comme d'un vaste pont couvrant toute la Hollande. Le stathouder s'étant enfui en Angleterre, Gorcum fut assiégée, et tomba au pouvoir des Français, le 21 janvier 1795.

Gordon (Bernard de) , Gordonus ou Bernardus de Gordoyiio, célèbre médecin des treizième et quatorzième siècles, classé parmi les plus éminents sectateurs des Arabes, a composé un grand nombre d'écrits dont on trouvera la liste dans les Mémoires pour servir à V histoire de la Faculté de médecine de Montpellier, par Astruc. De ce nombre sont : Lilium medkinœ, de morborum prope omnium curatione, Naples, 1480, in-fol., traduit en français, Lyon,

1495, in-4°, ouvrage estimé et souvent réimprimé ; De conservatione vitœ humanse à die nativitatis usque ad vltimam horammortis, Leipzig, 1570, etc.

On croit que ce médecin était de Gordon en Rouergue, et que, suivant l'usage du temps , il adopta le nom de sa patrie.

Gobée. Cette petite île, située au sud et à une lieue du cap Vert, compte parmi les possessions françaises au Sénégal depuis l'année 1677,'où l'escadre de l'amiral d'Estrées l'enleva aux Hollandais. On démolit alors l'un des forts et l'on démantela l'autre , parce qu'on ne comptait pas garder l'île. Cependant la marine française finit par en prendre définitivement possession, et par la fortifier de manière à empêcher les Hollandais de la reprendre. Depuis, la ville s'est accrue, et n'est pas sans importance pour le commerce de la gomme , de l'ivoire , de la poudre d'or , et des autres productions du Sénégal , colonie dont la Gorée , y compris la côte voisine, de la baie d'Iof à la Gambie, forme le deuxième arrondissement. (Voyez Sénégal.)

En 1804 , l'île de Gorée était tombée au pouvoir de l'Angleterre. Quatre goélettes et un corsaire de Rochefort y transportèrent un détachement de 130 hommes. Tandis que les goélettes canonnaient Gorée du côté de la mer, les troupes françaises, débarquant loin de la vue des Anglais, vinrent les placer entre deux feux. Le coionel anglais capitula le 18 janvier. Gorée compte aujourd'hui 5,000 habitants, pour la plupart noirs ou mulâtres, occupés du commerce du cabotage. Le fort qui la protège est assis sur un rocher basaltique. L'île n'a qu'une lieue au plus de tour. Aux environs s'étendent les îlots de la Madeleine.

Gobgebin, partie de l'armure ancienne, ordinairement formée de plusieurs pièces mobiles, tenant au casque, et s'étendant en forme de collerette autour du haut de la cuirasse pour protéger la gorge.

Gorodetchna (bataille de). Après le passage, du Niémen (24 juin 1812) , Napoléon destina le 13e corps, composé de quatre divisions autrichiennes sous les ordres de Schwartzenberg , à contenir celle des trois armées ennemies que

GORODETCHNA

Tormasof organisait aux environs de Lutsk, sur la route de Vienne à Kiev.

En conséquence, Schwartzenberg passa le Bug ; mais bientôt l'empereur lui envoya l'ordre d'aller par Minsk se réunir au 1er corps (Davout), et chargea Reynier, à la tête du 7e (deux divisions saxonnes) , de surveiller les projets de Tormasof. Or, Tormasof se trouvant en mesured'agir beaucoup plus tôt qu'on ne s'y attendait , prit résolument l'offensive, déboucha entre le Bug et les marais de Pinsk , poussa des masses considérables sur le Pripet et la Mukhawetz , au moment où les Autrichiens cédaient leurs postes aux Saxons , manœuvre qui jamais ne s'opère sans danger en présence de l'ennemi , et put facilement établir sa droite à Pinsk, sa gauche à Brzesc-Litowski , son centre a Kobrin, après y avoir fait prisonnière l'avant-garde saxonne , que Reynier , posté à Khoimsk avec son corps principal , n'avait pu soutenir à temps. II avait appris, en arrivant à Antopol, et le sort de son avant-garde et l'immense supériorité numérique de l'ennemi , et avait alors rétrogradé jusqu'à Slonim , d'où Schwartzenberg n'était pas encoreparti.

En cet état de choses , Napoléon , réunissant les deux corps d'armée (le 7e et le 13e) sous le commandement du prince autrichien, lui ordonna de marcher à la rencontre du général russe , qui déjà menaçait les communications du grandduché' de Varsovie , et de le poursuivre sans relâche jusqu'au Dniepr. Le 4 août, SchwartzenDerg et Reynier s'ébranlèrent, pour se porter l'un par Maletz, l'autre , plus à gauche, par Welikoi-Selo, sur Prujany, village en avant de Kobrin , où ils arrivèrent le 10. De son côté , Tormasof, apprenant qu'on

gligea d'occuper le village de Padubne, sur sa eauche , et de faire garder les issues d un grand bois qui s'étendait en arrière de ce village, deux fautes capitales qui le surlendemain décidèrent du succès de la bataille.

En effet, dans la soirée du 11 , pendant que Schwartzenberg venait se placer en face de Gorodetchna , Reynier occupa non -seulement Podubne, mais encore la digue oui mène à une ferme , de l'autre côté du marais , et la ferme elle-même. Puis il fut arrêté en conseil de guerre, que, le jour suivant, au lever du soleil , tandis que les troupes autrichiennes détourneraient l'attention des Russes par des attaques simulées sur les deux digues , le 7e corps déboucherait par le bois pour tourner leur gauche. Mais dans la nuit, Tormasof reconnut ses deux fautes, et en voulut du moins réparer une. De grand matin, il dirigea une forte colOBne d'infanterie , soutenue par plusieurs escadrons et par 30 bouches à feu , sur les postes saxons établis à l'extrémité de la digue , pour les y exterminer et la reprendre. Il échoua. Revnier se hâta de venir au secours avec le reste du 7e corps , et obligea l'ennemi de renoncer à son entreprise. Puis les Autrichiens venant bientôt relever les troupes saxonnes , celles-ci , leur général en tête , purent mettre à exécution le plan arrêté la veille. Grande fut la surprise de Tormasof, qui n'avait pas même eu l'idée de cette manœuvre , quand on lui annonça que les Saxons débouchaient à travers le bois , menaçaient sa gauche et ses derrières , et se formaient dans la plaine. Néanmoins, il prit sur-lechamp les mesures propres a paralyser ces mouvements redoutables. Partie des

marchait à lui, s'était arrêté dans la divisions du centre russe vint, par un

position de Gorodetchna , autre village changement de front , se placer en po-

à mi-route , entre Prujany et Kobrin. tence derrière la gauche , qui se trouva

Cette position était extrêmement forte ainsi tellement prolongée (elle s'éten-

en soi : il avait là son front et sa droite dait jusqu'au plateau de Zavjuvie ) ,

couverts par un marais profond qui ne que Reynier , prolongeant lui-même

pouvait être traversé que sur deux di- son front le plus possible , ne put la dé-

gues , dont une même ne semblait pas border. Bientôt s'engagea une bataille

voiturable. Aussi Tormasof, qui avait des plus terribles. En vain Schwartzen-

assez d'artillerie pour défendre ces deux berg fit-il faire plusieurs fausses atta-

avenues, se crut inattaquable, et atten- ques par les marais de Gorodetchna ,

dit Schwartzenberg sans prendre d'au- afin d'attirer sur ce point l'attention

très dispositions. Par exemple , il né- des Russes , ces tentatives échouèrent ;

T. ix. 2e livraison. (Dict. en c y cl., btc.) *

*8 MU L'UNIVERS. ÛOÈSAM

lé terrain , partout fànfcëux , rie perriîettait pas aux tirailleurs d'arriver, et Tormasof jùgéa avec raison n'avoir rien à redouter sur sa droite. A gauche, c'est-à-diré , aux abords du plateau de Padubne, l'action continua tout le jour avec acharnement. Enfin , vers le soir, fteynier ordonna une charge générale , que secondèrent plusieurs bataillons autrichiens, qui réussirent à traverser le marais. Cette double attaque eut un plein Succès , et le plateau fut enlevé. La nuit seule empêcha Reynier de poursuivre ses avantages. Le 7* corps coucha sur le champ de bataille, tandis que Tormasof repliait son armée par Zavjuvie et Tevele sur Kobrin. La perte des Russes s'éleva à 4,000 morts et 500 prisonniers , celle des Austro- Saxons ne fut que de 2,000 hommes. Le 13, dès la pointe du jour, Reynier se mit à la poursuite des vaincus, atteignit leur arrière-garde à Strichova, les battit encore , et les mena l'épée dans les reins jusqu'à Rotno , où ils n'arrivèrent qu'après avoir abandonné sur la route la plus grande partie de leurs bagages.

Gobbis (Jean de) , Gorrœus, célèbre médecin , né à Paris en 1505 , mort en 1577, a laissé, entre autres ouvrages fort remarquables pour son temps :

Hippocratis jusjurandum , de a rte , de antiqua meaicina, gr. lot., cum scholiis, Paris, 1542, in-4° ; in Hippocratis librum de medico adnotationts, ib., 1543, in-S°; Hippocratis de genitura et natura pueri, ib., 1543, in-4°; Nicandri theriaca , grec - latin , ib. , 1549, in-8°, et 1557, ih-4°; Gâtent in prognostica Ilippocraiii, libri sex, Lyon, 1552, in-12 ; Définition, medicar., lib. XXIV 3 Paris, 1564, 1622; Francfort, 1578, 1601 , in-fol. , trèsestimé.

Gobbis ( Pierre de), père du précédent, né à Bourges, et médecin a Paris , a publié : Praxis medic. , Paris , 1555,in-16; Formulœ remediorum, Paris, 1560, in-16, etc., imprimées aussi dans l'édition de 1622 des Definitionum, etc. , de Jean Gorris.

Gobjbon, petite ville du départe-

Sient de la Mayenne , arrondissement e Mayenne, population: 2,228 hab.

Cette ville doit son nom et son ori-

gine à un slnciéri château possédé par les seigneurs de Mayenne. Eh 1069 , elle fiit prise par Guillaurhe le Conquérant. Eh 1137, elle fut rëndue à Juhel dé Mayenne par GeoffrOi le Bel, comte dèTouraine, d'Anjou et du Maine, à condition que Juhel l'aiderait dans son expédition contre l'Angleterre et la Normandie. Artus , duc de Bretagne , en lit, vers 1199, une nouvelle cession au petit-fils de Juhel. Le château a été presque entièrehient détruit, et est remplacé aujourd'hui par unfe halle.

Gorron , dont la juridiction s'étendait sur six paroisses, et qui avait lé titre de baronnie, faisait partie du diocèse du Mans,. du parlement de Paris, de l'intendance de Tours et de l'élection de Mayenne.

Gobsas (Antoine -Joseph), journaliste et député à la Convention , était né à Limoges en 1745. Il embrassa d'abord la carrière de l'enseignement, et tint un pensionnat à Versailles ; mais , en 1788, il fut, 5 ce que rapporte la Biographie des contemporains, enfermé a la Bastille, sous le poids du soupçon d'avoir corrompu les mœurs de ses élèves. Les rigueurs dont il fut l'objet en cette circonstance l'irritèrent vivement , et contribuèrent sans doute à l'exaltation républicaine qu'il manifesta dès les premiers jours de la révolution. D'abord rédacteur du Courrier de Versailles , il s'attacha , dans cette feuille, à dévoiler les intrigues et les imprudences de la cour, et vint, le 4 octobre 1789, lire au Palais -Royal un article qu'il avait inséré dans le numéro de ce jour; article dirigé contre la famille royale et les gardes du corps, qu'il accusait d'avofr foulé aux pieds la cocarde nationale dans leur fameux repas de la veille. Le bruit de cette

Srofanation s'étant aussitôt répandu 'un bout à l'autre de la capitale , et le peuple soulevé se disposant tumultueusement à en tirer vengeance, Gorsas fut l'un des chefs de l'insurrection , et conduisit à Versailles l'une des colonnes qui assiégèrent le château , et forcèrent Louis XVI de venir résider à Paris.

Lui-même, dès lors, transporta son journal à Paris , sur le champ de bataille de la révolution. Il en changea le titre en celui de Courrier des départe-

GORSAS FRANCE. QORZfe

menti, et continua de se distinguer par une polémique révolutionnaire des plus véhémentes. Il prit une part importante à la journée du 20 mai , tant par ses discours dans les rassemblements des Tuileries, que par son journal. Au

10 août , il fit partie du comité insurrectionnel qui prépara et dirigea les mouvements décisirs de cette journée.

Ce zèle républicain, dont la pureté est aujourd'hui suspecte, recommanda Gorsas aux électeurs de Seine-et-Oise , qui le nommèrent député à la Convention nationale. Il se rangea d'abord parmi les membres les plus avancés; mais bientôt il s'éloigna de la Montagne pour se rapprocher de la Gironde. Dans le procès du roi, il vota pour l'appel au peuple , ensuite pour la détention pendant la guerre , et le bannissement au retour de la paix, sous peine de mort. Par une contradiction difficile à expliquer, il rejeta le sursis. Dans le courant du mois de février, il attaqua , dans son journal , Marat , la Commune et la Montagne. Ses sorties violentes l'exposèrent a la fureur du peuple. Le 8 mars 1793, une multitude exaspérée se porta à son domicile , et brisa ses presses, tandis que la Convention décrétait que les députés journalistes seraient tenus d'opter entre leurs fonctions législatives et la rédaction des feuilles publiques. Malgré cette dernière résolution , Gorsas et Brissot d'un côté, Marat et Camille Desmoulins de l'autre , continuèrent d'écrire dans les journaux et de siéger parmi les représentants de la nation. Mais les événements du 31 mai survinrent, et Gorsas fut compris dans la proscription de la Gironde. Outre les torts qui lui étaient communs avec le parti girondin, Gorsas en avait de plus graves qui lui étaient propres , s'il est vrai , comme on a lieu de le croire, qu'il fut l'un des agents de la conspiration orléaniste. Il se réfugia dans le Calvados avec quelquesuns de ses amis, et y souffla vainement avec eux le feu de la guerre civile. L'insurrection fédéraliste fut étouffée à sa naissance, et ses promoteurs mis hors la loi. Gorsas osa néanmoins revenir à Paris , après la dispersion de l'armée du général royaliste Wimpfen;

11 eut même l'imprudence de se mon-

trer, en plein jour, au Palais-Royal.

Arrêté incontinent , et traduit au tribunal révolutionnaire , il fut exécuté le 7 octobre 1793, et subit sa peine avec courage. Il avait publié un écrit satirique, intitulé : UAne promeneur, ou Critès promené par son âne.

Gobze , petite ville du département de la Moselle , arrondissement de Metz, population : 1,981 habitants.

Cette ville a été longtemps célèbre par une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît , fondée , dit-on , en 749 , par Chrodegrand , évêque de Metz et petit -fils de Charles -martel. Elle a été souvent

Srise et saccagée. En 1385, Valeran de aint-Paul la prit d'assaut , et la livra au pillage. En 1441, des aventuriers français s'en emparèrent pour la dévaster. Vers le milieu du siècle suivant, Gorze étant devenu le quartier général des protestants, le duc de Guise s'en rendit maître (1553). Mais les troupes qu'il y laissa furent massacrées par la garnison deThionville; la ville fut néanmoins reprise bientôt par les Français.

Les Lorrains, en y rentrant, mirent le feu au monastère et au château, qui fut rasé par le duc d'Aumale en 1572. En 1636 , Gorze fut brûlé par les Croates, qui firent périr la plupart des habitants. La sécularisation de l'abbaye avait été obtenue du pape, en 1572 , par le duc de Lorraine, Charles III, et ses biens servirent à doter une université que le prince avait fondée à Pont-à-Mousson.

De cette abbaye dépendaient trente hautes justices.

Gobze (monnaie de). — L'abbaye de Gorze avait obtenu le droit de battre monnaie, et l'avait possédé presque jusqu'à nos jours. Nous ne décrirons pas cependant les monnaiès qui , comme toutes les espèces lorraines , se rapprochent plus des espèces allemandes que des pièces françaises. Nous nous contenterons de citer des florins que Charles, cardinal de Lorraine, y fit frapper en sa qualité d'abbé. On y voit, d un côté, son buste , avec la légende cknolus A lomaringia vei et sanctissimœ sœdis kpostolicx Gratta sypretnus vommus GORzeiensis Kbbatiœ; et, de l'autre, les armes de Lorraine, surmontées d'une couronne ducale, avec la légende moneta nova gobzeiï cvssa.

GOSPITSCH

L'UNIVERS

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