GUERRE D'ALLEMAGNE L'UNIVERS. GUERRE D'ALLEMAGNE
lanais , d'où Vendôme pointerait par le Trentio. Mais une insurrection dans les montagnes du Tyrol le força bientôt de rejoindre l'armée française. — Au commencement de septembre, Villars, apprenant que le prince de Bade avait détaché un de ses corps pour surprendre Augsbourg, tenta de le couper.
Les Impériaux, avertisse portèrent audevant de la division française, et, quoique supérieurs en nombre, furent battus. Néanmoins, ils entrèrent le 5 dans Augsbourg. Villars mena ensuite, ou plutôt entraîna l'électeur de Bavière à la victoire d'Hochstaedt (voyez ce mot), gagnée le 20 septembre. L'électeur, qui ne voyait dans Villars qu'un téméraire, s'était opposé de toutes ses forces à ce qu'on en vînt aux mains. Les Bavarois purent rentrer dans Augsbourg. Le chemin de Vienne était ouvert. Les membres du conseil de l'Empereur agitèrent s'il ne sortirait pas de sa capitale. Cette panique se comprend : il était non-seulement battu en Bavière, mais encore sur le haut Rhin. De ce côté c'étaient Vendôme , et sous lui les maréchaux de Tallard et de Vauban, qui commandaient l'armée française.
On avait pris le Vieux-Brisach le 6 septembre; puis Tallard était allé mettre le siège devant Landau. Il pressait depuis un mois cette place, lorsque le prince de Hesse, général en chef des alliés, entrepiit deja secourir. Tallard soitit de ses lignes le 14 novembre, rencontra son adversaire dans les plaines de Spire , et le défit. « Sire, » écrivait-il au roi, du champ de bataille, « votre armée a pris plus de drapeaux « et d'étendards qu'elle n'a perdu de « simples soldats. »
La fortune de Louis XIV s'était, jusqu'alors, soutenue si heureusement du côté de l'Allemagne, que Villars, avec son impétuosité qui déconcertait la lenteur allemande, devait, présumait-on, la pousser encore plus loin pendant la campagne de 1704. Mais l'électeur de Bavière, ne pouvant s'entendre avec lui, fut assez mal inspiré pour demander un autre maréchal de France. Villars, de son côté, fatigué des mille petites intrigues d'une petite cour, des continuelles hésitations du duc, et surtout des lettres du ministre d'État Cha-
millart, non moins prévenu contre lui qu'ignorant, sollicita et obtint de quitter le commandement. Cette retraite du seul général qui, avec Vendôme, pût alors inspirer aux troupes françaises un courage invincible , arrivait d'autant plus mal à propos que les plus grands coups devaient cette année-la se porter en Allemagne.
La campagne, pourtant, s'annonça bien, et si le prince Eugène et Marlborough n'eussent marché en toute hâte au secours de l'Empereur, la maison autrichienne semblait perdue. L'électeur de Bavière s'était emparé de Passau dès le 9 janvier. Trente mille Français, sous les ordres du maréchal de Marsin, inondaient le pays au delà du Danube.
Nos partis couvraient l'Autriche. Vienne était non-seulement menacée par les Bavarois et les Français , mais par les Hongrois révoltés. Eugène , alors, accourt d'Italie, il vient se mettre à la tête des armées de l'Allemagne, et se concerte à Heilbronn avec Marlborough, qui , l'année précédente , avait pris Bonn , résidence de l'électeur de Cologne, et s'était rendu maître de tout le bas Rhin. Le général anglais , dont personne, en Angleterre non plus qu'en Hollande, ne gênait la conduite, se décide à voler au secours du centre de l'Empire. Pour accélérer sa marche, il n'emmène que dix mille fantassins et vingt-trois escadrons ; il arrive bientôt sur le Danube, et se trouve non loin de Donauwerth , vis-à-vis des lignes dans lesquelles l'électeur de Bavière s'est retranché avec environ huit mille Français et pareil nombre de Bavarois, pour arder le pays qu'ils ont conquis. Le juillet, Marlborough, suivi seulement de trois bataillons anglais, perce les lignes ennemies après trois heures de combat, et prend Donauwerth. La possession de cette place lui donne un pont sur le Danube; il passe le fleuve, et va mettre la Bavière à contribution. Villeroi, qui commandait dans les Pays- Bas, et qui avait voulu suivre Marlborough dans ses premières marches , l'avait bientôt perdu de vue, et n'apprit où il était qu en apprenant cette victoire. Cependant le maréchal de Tallard, avec un corps d'environ trente mille hommes , s'élance par une autre
route pour arrêter Marlborough , et se réunit à l'électeur; mais en même temps Eugène arrive et se joint à Marlborough. Enfin, le 14 août, les deux partis se rencontrent encore à Hochs taed t . L'armée franco-ba va roi se v essuya cette fois la plus sanglante défaite. Une journée si désastreuse laissait du Danube au Rhin le champ libre aux alliés. Après avoir pris Ulm, et dépouillé la maison de Bavière, ils passèrent le fleuve, entrèrent en Alsace, et investirent Landau, qui, le 23 novembre, se rendit au roi des Romains, Joseph, lils aîné de l'empereur Léopold.
Cependant, quatre-vingts lieues de pays perdues vers le Rhin n'avaient pas ramené la France à ses anciennes frontières; la Flandre demeurait intacte; Louis XIV était victorieux en Italie, et soutenait son petit-fils en Espagne. Sans doute il fallait en Allemagne, pour résister à Marlborough, des efforts surhumains; on les fit (1705). On rassembla les débris d'Hochstaedt, on épuisa les garnisons, on enrégimenta des milices. Le ministère trouva de l'argent à tout prix. Enfin on eut une armée, et Villars, rappelé du fond des Cévennes pour en recevoir le commandement , alla camper à Sierk , sur la Moselle; il couvrit, par ce moyen, Sarrelouis et Thionville, et s'opposa au projet des alliés de pénétrer en Champagne. Fort de sa position, Villars, quoique inférieur en nombre, eût risqué une nouvelle bataille; Marlborough, non-seulement n'osa le recevoir, mais, voyant que le prince de Bade tardait à le rejoindre, abandonna tous les magasins qu'il avait à Trêves, et passa en Flandre. Villars eut donc, ce qui alors était beaucoup, l'honneur, sinon de battre Marlborough, au moins de le faire décamper. Débarrassé de son redoutable adversaire, le maréchal s'avança vers l'Alsnce. Il força, le 3 juillet, les lignes de Vissembourg, et occupa ensuite celles de Haguenau; mais, trop faible pour les défendre depuis qu'il avait détaché plusieurs de ses corps vers les Pays-Bas, il fut à son tour battu par Louis de Bade , qui entra dans Haguenau le 6 octobre. — Le 6 mai, était mort Leopold; mais cet événement n'avait rien changé aux plans de la coalition.
Les» résultats de la campagne de 1706, incertains en Espagne, turent désastreux en Flandre et en Italie : Villars soutint seul sur le Rhin l'honneur de nos armes. Il força le prince de Bade d'abandonner les lignes de la Mottern, et fit lever le blocus du fort Louis. Après s'être rendu maître de Haguenau, il envoya un détachement mettre le Palatinat à contribution.
L'année suivante (1707), le maréchal eut ordre de pousser vigoureusement la guerre en Allemagne, pour faire diversion aux progrès des alliés en Flandre et dans le midi du royaume. En consé-
Îjuence, il attaqua les Impériaux, les orça dans leurs redoutables lignes de Stolhoffen , qui occupaient depuis le bourg de ce nom , dans la principauté de Bade, jusqu'au pied des montagnes de la forêt Noire, et alla établir son quartier général à Rastadt. Ces premiers succès non-seulement lui donnèrent la facilité d'entretenir ses troupes aux dépens du duché de Wurtemberg, des principautés de Bade-Bade et de Bade-Durlach, et du Palatinat, mais encore lui ouvrirent le chemin du territoire autrichien. Il étendit jusqu'au delà du Danube ses contributions, battit, près de l'abbaye de Lorch, le général Janes, qu'il fit prisonnier avec deux mille hommes, et, pour couronner cette expédition brillante, reprit les drapeaux français perdus à la seconde bataille de Hochstaedt, et déposés depuis comme trophées dans les diverses villes de la Souabe et de la Franconie.
Les années 1708 , 1709, 1710 et 1711 forment une triste période de notre histoire. Tandis que nos armées , loin de se maintenir en Allemagne, couvraient à peine l'Alsace, nous perdions la bataille d'Oudenarde , et la Flandre française était envahie. Les alliés prenaient Lille, Tournai, et nous battaient encore à Malplaquet. D'autre part , ils débarquaient sur les côtes du Languedoc. Dès 1709, Louis XIV avait demandé la paix. Mais, poussés à bout par l'insolence des alliés, le vieux roi et la France tentèrent, en 1712, un dernier effort qui fut couronné de succès. La victoire, surprise à Denain, amena eufin , dans les premiers mois de 1713, la paix d'Utrecht, paix à laquelle concou-
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rut séparément chacune des puissances belligérantes, l'Autriche exceptée. Charles VI '.l'archiduc avait, en 1711» succédé à son frère Joseph) n'entra dans aucune des négociations. On lui offrait pourtant plus qu'il n'obtint quand il traita sept mois après.
La guerre continua donc avec lui , et c'était au vainqueur de Denain que devait appartenir l'honneur de ia terminer. Après avoir mis en sûreté ce qui restait de la Flandre française, Villars alla vers le Rhin. Il se rendit bientôt maître de Spire, de Worms, et de tous les pays d'alentour, prit Landau , malré la'belle défense du prince Alexandre e Wurtemberg, força les lignes redoutables que le prince Eugène avait fait tirer dans le Brisgau , emporta deux camps retranchés , enfin s'empara de Fribourg , capitale de l'Autriche antérieure. On comprit à Vienne que l'Autriche, sans la Hollande et l'Angleterre, ne pouvait imposer sa loi à la France; on se résolut à la paix , 'et Vil- Jars vint à Rastadt en discuter les bases avec Eugène. Par le traité qu'ils conclurent le 6 mars 1714, l'Espagne resta assurée à Philippe V; Charles VI eut de la monarchie espagnole les Pays- Ras, le Milanais et le royaume de Naples, ot rendit la Rivière; Louis XIV garda Strasbourg, Landau, Huningue, Rrisach et l'Alsace.
Guerre de la Valteltne. Voyez Grisons.
Guerre de M AUTOUR. Voyez Mantoue.
Guerre de Portugal. Voyez Portugal.
Guerre des amoureux. La paix de Bergerac (voyez ce mot), signée en 1Ô77, venait à peine de terminer la sixième guerre civile, que les catholiques et les protestants s'apprêtaient déjà à reprendre les armes. Les jeunes seigneurs frivoles et débauchés qui entouraient, à ÎNérac. Henri de Bourbon, roi de Navarre, avaient été surnommés les amoureux, à cause de leurs continuelles galanteries. Ne vivant que de pillage et ne pouvant supporter l'oisiveté, ils entraînèrent le prince à recommencer les hostilités, qui ne furent terminées
3ue le 26 novembre 1580, par le traité e Fleix (voyez ce mot). Cette guerre
insensée ne fut qu'une horrible série de brigandages où l'on ne songea qu'à piller et qu'à dévaster les châteaux et les églises. Le seul succès que les huguenots y remportèrent fut la prise de Cahors après cinq jours d'un combat acharné.
Guerre de Saxe. Voy. Saxe (campagne de), Dresde, Lutzbn, Bautzen, Leipzig.
Guerre des bâtards. On donnait ce nom à une petite guerre dont les événements sont ainsi racontés par l'un des continuateurs de Guillaume de Nangis. « En 1326, quelques bâtards de nobles hommes de Gascogne attaquèrent, les armes à la main et en grand appareil, les terres et les villes du roi de France. Le roi envoya contre eux son parent, le seigneur Alphonse d'Espagne, naguère chanoine, et archidiacre de Paris, et depuis fait chevalier ; mais quoiqu'il eut dépensé au roi beaucoup d'argent dans la poursuite de cette affaire, il n'eut que peu ou point de succès ; et attaqué de la fièvre quarte, dont il mourut peu de temps après, il s'en retourna en France sans avoir acquis de gloire ni mis lin à son entreprise. Lesdits bâtards de Gascogne s'avancèrent, avec quelques Anglais, jusqu'à Saintes, dans le Poitou. La ville de Saintes était au roi de France; mais elle était dominée par un très-fort château appartenant au roi d'Angleterre.
Lesdits bâtards de Gascogne s'y retranchèrent et se défendirent vigoureuse- * ment contre la ville et le comte d'Eu, envoyé en cet endroit par le roi de France avec beaucoup d'autres nobles. Enfin pourtant les Gascons et les Anglais, après avoir soutenu dans ce château un grand nombre d'assauts , y laissant quelques troupes pour le garder, s'enfuirent secrètement vers une plaine très-éloignée de la villa, et mandèrent au comte d'Eu et à ceux qui étaient dans la ville pour le parti du roi de France, qu'ils les attendaient dans ce lieu au certain jour qu'ils fixèrent pour combattre en bataille rangée. Ledit comte accepta volontiers le défi; et, à la tète des siens et des hommes de la ville en état de porter les armes, il se rendit aussi vite qu'il put au lieu qu'ils lui avaient désigné. Les Gascons et les Anglais le voyant ainsi éloigné de la
GUERRES
ville, prirent un autre chemin en secret, et entrèrent dans la ville qu'ils brûlèrent entièrement avec ses églises. C'est pourquoi le comte d'Eu et le seigneur Robert Bertrand, maréchal de France, se voyant ainsi joués, poursuivirent les ennemis jusque dans la Gascogne , où ils soumirent à la domination du roi de France beaucoup de terres et de villes, et contraignirent tellement à fuir lesdits Gascons et Anglais, qu'ils n'osèrent plus reparaître dans leur propre pays (*).
Guerre des trois Henri. —En 1587, Henri de Bourbon (Henri IV), Henri de Guise et Henri III se trouvaient chacun à la tête d'une armée.
Les principaux événements de cette guerre furent la bataille de Coutras (voyez ce nom), gagnée par Henri IV sur Joyeuse, et les défaites des reitres et des Allemands venus au secours du roi de Navarre, et qui furent exterminés par le duc de Guise près deVimaury et d'Auneau.
Guerre folle. On nomme ainsi la courte guerre que le duc d'Orléans , depuis Louis XII, soutint contre Anne de Beaujeu, régente pendant la minorité de Charles VIII. Après avoir fait, en janvier 1485, plusieurs tentatives inutiles pour soulever le parlement et l'université de la ville de Paris, dont il était gouverneur, le prince s'enfuit à Verneuii-au-Perche, ou il ne tarda pas à être suivi par l'armée royale. Il fit sa soumission au roi ; mais bientôt il renoua son alliance avec le connétable Jean II, duc de Bourbon, et les autres princes mécontents. Assiégé dansBeaugency, il fut forcé de faire une seconde lois sa soumission. Le connétable, qui avait armé de son côté, suivit son exemple.
GUERRES, CAMPAGNES ET EXPEDITIONS DES GAULOIS , DES FRANCS ET DES FRANÇAIS.
Qu« regio in terri» nostri non plcna laboris?
Vi»o. Én. i, 464-
§ i*r. Gaulois.