‹ France pittoresqueChapitre 3 sur 102 · A MESSIEURS LES SOUSCRIPTEURS · texte numérisé non relu

A MESSIEURS LES SOUSCRIPTEURS

Si l'étude de la patrie est un devoir pour tout citoyen, la connaissance complète des beautés pittoresques, des curiosités naturelles, des richesses territoriales de la France, doit être véritablement une source de juste et noble orgueil pour un Frauçais.

Avant la publication de la France pittoresque, des voyageurs studieux , des observateurs attentifs, des peintres habiles, consacraient fréquemment leurs travaux à faire connaître avec détails la Grèce , l'Italie, la Suisse , l'Espagne, l'Angleterre, la Russie, etc, De magnifiques ouvrages, entrepris avec l'aveu et sous le patronage du gouvernement, avaient reproduit tout ce, que renferment d'intéressant et de curieux l'Egypte, l'Indoustan, la Nouvelle-Hollande, et même les îles sauvages parsemées dans l'océan Pacifique. Il y avait heu de s'étonner qu'aucun monument scientifique et littéraire n'eût été encore élevé à la France.

Quelques-uns, il est vrai, étaient commencés, mais tous restaient et sont restés inachevés.

Et pourtant, que d'utiles sujets d'études n'aurait-on pas trouvés dans l'examen des ressources locales de nos départements , dans l'inventaire de ces richesses naturelles que la Providence a si largement départies à notre belle patrie! heureux climat , terres fertiles , mines nombreuses , forêts variée*, rivières navigables et flottables. Que d'instruction pratique dans les développements progressifs et soutenus de l'industrie, du commerce et de l'agriculture française I Que de variété et d'attrait dans le tableau des mœurs et des costumes! Que d'intérêt dans les détails biographiques, sur les événements et sur les hommes qui ont illustré le pays, sur les langues, les idiomes et les patois des populations , si diverses d'origine et de caractère , que le titre glorieux de Français réunit aujourd'hui en un seul peuple !

Aucun auteur ne paraissait dispose à tenter l'entreprise, vraiment nationale, d'une description complète de la France. Consultant mon zèle et ma bonne volonté, bien plutôt que mes connaissances scientifiques et littéraires, j'osai en concevoir le projet Cinq années d'études sédentaires et trois années de voyages furent employés à me mettre en état d'accomplir ce dessein. J'espérais, sans trop m'en rendre compte, que pendant ce laps de temps quelque autre plus empressé et plus habile commencerait l'œuvre que je me proposais d'exécuter, et me débarrasserait ainsi de la tâche difficile que je m'étais imposée.

Malheureusement il n'en fut point ainsi ; faute de concurrents , le soin de faire connaître la France à mes concitoyens me resta. Je revins à Paria , mes études étaient faites, mes matériaux étaient réunis; je n'avais plus à balancer, et je me décidai à publier la France pittoresque.

Il y avait dans le plan de cet ouvrage deux écueils à éviter.

Ces deux écueils, de nature opposée, étaient la brièveté et la prolixité.

La brièveté engendre la sécheresse, et aurait rendu le livre incomplet et inutile.

La prolixité n'a pas moins d'inconvénient; c'est elle qui a empêché l'achèvement des ouvrages commencés, pour la description exacte de la France. Dans ceux que le gouvernement lui-même a entrepris, chaque département devait former un gros volume. La publication d'un travail si étendu était naturellement lente; il fallait un grand nombre d'années pour la mener à fin ; et quand elle aurait été terminée, on se serait aperçu

Sue l'ouvrage était à recommencer; car, auprès es derniers volumes, remplis de détails nouveaux et frais (s'il est possible de s'exprimer ainsi) , les premiers volumes auraient paru surannés et vieillis.

D'ailleurs , parmi les détails qui donnent tant de prolixité aux statistiques diverses publiées sur les départements , il en est beaucoup qui sont essentiellement variables et temporaires; ce sont ceux-là qu'il faut élaguer avec choix, pour ne conserver que les détails d'un intérêt général et durable. On peut ainsi réduire à de justes proportions la description d'un département, et n'offrir au public que ce qui est vraiment curieux et utile : c'est à ce plan que je me suis arrêté. L'espace que j'ai pu consacrer à chaque département n'est pas tellement resserré qu on ait à craindre de n'y voir qu'un tableau aride, see et écourté (1).

(1) Les 16 colonnes bien remplies de la Franc* pittoresque équi* Talent à 6 feuilles on 80 pages in-8°. — Les 120 feuilles , avec les tableaux qu'elles renferment , représentent an moins 25 volumes in-8° de 400 pages.

La description de chaque département contient , aveo une étendue convenable , quoique résumés et soigneusement dégagés de tout ce qui paraîtrait oiseux et inutile : L'histoire ; Les antiquités;

Le tableau des caractères , des mœurs locales , des coutumes et des fêtes singulières;

Celui des costumes particuliers ; L'examen des idiomes et des patois ; Des notes sur les hommes célèbres ; La topographie; La météorologie;

L'histoire naturelle (règne animal , végétal et minéral). La description des Tilles, bourgs, communes , châteaux pria* cîpaux , etc.

La division politique» administrative, militaire, maritime, judiciaire , religieuse , universitaire , etc ; Des renseignements statistiques :

Sur la population et son mouvement ; Sur l'état de l'instruction publique ; Sur la garde nationale ;

Sur les impots et leur produit, sur les recettes et les dépensée \ Sur l*affriculture , le commerce et l'industrie; Enfin des notes sur la bibliographie relative au département Les descriptions des colonies et celles des grandes villes ne présentent pas moins de détails.

Ontre la statistique particulière de chaque département ou colonie , la France pittoresque contient la statistique générale de la France, considérée séparément sous les rapports : Politique et administratif , — militaire , — maritime , — judi-

Page 1