A MM. LES SOUSCRIPTEURS
Mais , le plan étant trouvé , restait une opération hérissée de difficulté», la publication. Pour que mon ouvrage put être publié tel que je l'avais conçu, il était nécessaire qu'il réunit un grand nombre de souscripteurs , et paT-conséquent qu'il fût offert au public à un prix modéré. Je désirais cependant l'enrichir de cartes et de gravures , représentant les sites et les villes remarquables, les aoslumet curieux, les hommes célèbres, etc. La gravure en bois, à laquelle les recueils périodt* que* anglai* ont' emprunté un si utile appui, ne pouvait m'ètre d'aucune milité à cause de son mtftoqne dé précision et des difficultés du tirage. La France manquait d'ailleurs de graveurs assez nombreux et assez habitée. Le Magasin pittoresque , unique recueil qui parât à cette époque à Paris, ne. se soutenait qu'à l'aide de pôtyty pages empruntée aux Anglais; ainsi , alors même <jue j'eusse Eu me servir de gravures en bois, comme je vouas «ne tout dans mon ouvrage fut national; j'aurai» ou renoncer à employer ce genre de gravure.
lien embarras était grand; néanmoins , encoures» par le suèeè» de Y/fmwre èe Napoléon qui , pwliée par feuétie, avait obtenu de nombreux {acteur»* je: ne désespérais pas encore d'arriver au résultat que je cherchais; enfin je conçus le projet, hardî pour l'époque, de faire concourir la gravure en tatUeniouoe à ¥ illustration de la France pittoresque* ' »
Un çraveur d'un talent distingué, homme actif et plein d'intèiligenee, M. Couché,- voulut bien assurer par sa ceopéretto* V exécution! régulière des gravures et leur publication opportune; sans loi les difficultés de cette partie de r ouvrage auraient été insurmontables.
J'avais eu le bonheur de trouver un éditeur rempli de .zèle, de capacité et de désintéressement i M. Deiloyè approuvait mou ouvrage et l'adoptait» II partageait la pensée patriotique de l'offrir au public à un prix très modique, afin de multiplier les souscripteurs. Il sacrifiait ainsi à l'instruction future du pays son intérêt particulier! caf eu l'absence de tout précédent, il était le maître de fixer un prix beaucoup plus élevé.
La France pittoresque parut enfin, et nous pou-* vons le dire sans craindre d'être démentis , son apparition fit événement: étonné de voir publier un tel ouvrage à si bon marché, le publie douta pendant quelque temps si cet ouvrage continuerait à paraître, plusieurs personnes en témoignèrent obligeamment- leurs craintes à Tédiieur. Bientôt, néanmoins, le succès de la France pittoresque fut assuré; il eut pour premier résultat de douner à la librairie française, alors languissante,
ciaire , — universitaire , — religieux , — moral « — communal et déparfMsenMtl , — *• agricole , — industriel et commercial , — - médical , — artistique , — scientifique et littéraire.
Les documents statistiques les plus anciens qui ont été employés dans cet ouvrage se rapportent à Tannée l83t , époque où a eu lieu le dernier recensement général de la population» et dernière année sur laquelle le ministère eût encore, en 1853 et 1834, présenté «us Cnambfes des documents complets. L'ouvrage renferme des documents plus1 moderne* encore, et qui même ont trait a** années 1854 et 1 835. Tuas les deuils et calculs statistiques ont pour base des éléments authentiques ou officiels.
une" activité utile et un mouvement nouveau.
Là France pittoresque a servi de modèle à toutes les publications à bon marché, dont le but est de répandre jdaiks les cesses populaires le goût de l'instruction et de la lecture.
Les suffrages de 40,000 souscripteurs ont récompensé le zèle désintéressé de l'éditeur, les soins donnés à la confection matérielle de Pou* Vragé, et la régularité de sa publication.
La France pittoresque est enfin , complètement terminée. J'ai tâché de remplir de mon mieux k| plan que je m'étais propose» et je crois y avoir, réussi; je m'estime heureux d'être parvenu, seul et sans collaborateurs v à achever en deux années une pareille entreprise*
Pendant cette publication* j'ai reçu des lettrée, nombreuses ; les unes m'apportaient des injures) (j'ignore en vérité pourquoi) t les autres m'adretv* Baient des critiques, la plupart me donnaieut des; éloges. J'ai dû mépriser les injures* je remercie, les personnes qui ont bien voulu me témoigner, leur intérêt par des critiques, ou leur approba-i tiori par des éloges. Les critiques m'ont été utile»* j'en ai souvent profité ; les, louanges ont soutenu mon courage dans une carrière Longue et pénible» Je ne m'abusais pas sur mon peu démérite, maift je voyais avec joie que la majeure partie de mes lecteurs rendait justice du moins à mes travail* et à ma persévérance.
Quelques personnes ont un droit plus particttn lier a ma reconnaissance \ elles m'ont envoyé des; notes et des renseignements relatifs aux localités, qu'elles habitent, je les prie de recevoir ici l'ae-j suraoce de ma gratitude.
11 m'a été impossible de répondre à aucune de t lettres qui m'ont été adressées; ce silenee m'étais imposé par le travail difficile et continu que j't» vais à faire t et qui absorbait tout irion tempe* Pour parvenir à le terminer en deux années, j'ai dû renoncer même aux relations de faoiUe e^n m'étaient les plus chères, et me priver tempérai» rement de toute correspondance avec ne* pro** ches parents. J'espère doue que les personnes qui m'ont fait l'honneur de m.'éerire,. vendront bien agréer mes excuses de mon impolitesse forcée* .
Je ne terminerai pas cette »ote sans faire un appel à MM. les souscripteurs de le Frame piltml resqut, pour les prier d'adresser '(/tarife*) a mot» éditeur, toutes les rectification» qu'il» creiraievi devoir être faites à la description de» départements qu'ils habitent. Nous leur en aurona une véritable reconnaissance.
Je recevrai également avee reeeun absenté toutes les communications <fu*tk vendront bien me faire relativement à la Fmntë historique et irttM numentale (soit mémoire» historique» et archets logiques, descriptions ou dessins -de monuments* et de costumes antiques, chartes et titres hïstorM que», été), Ce» communications »eroirt pour moi un précieux témoignage de l' intérêt qu'ils portée
Iront à mou nouvel ouvrage, et une marque dé l'approbation qu'il» ont bien voûte donner i la
À, Hugo.
Paris, 50 septembre 16S&
TABLE DES MATIÈRES