‹ France pittoresqueChapitre 52 sur 102 · CAISSES D'ÉPARGNES · texte numérisé non relu

CAISSES D'ÉPARGNES

lies caisses d'épargnes sont des institutions philanthropiques, ejni ont pour objet de recevoir en dépôt ( produisant intérêt ) les petites sommes qui leur sont confiées) et d'aider ainsi les per-

sonnes laborieuses à se créer des économies. — Les dépôts peuvent être retirés à volonté, en prévenant quelques jours à l'avance. — L'administration des caisses d'épargnes est gratuite pour les déposants, les frai* étant couverts par des revenus provenant des donations de leurs fondateurs.

L'institution des caisses d'épargnes est celle sur laquelle les partisans de l'organisation sociale actuelle comptent le plus» pour préserver la société des dangers do ut elle est menacée par le nombre toujours croissant des prolétaires, — Afin de mieux faire apprécier l'utilité et la portée de cette institution , M. Charles Dupin , dans une récente discussion à la Chambre des Députés , s'est exprimé en ces termes : « Ce qu'il y a de plus difficile , avec les ouvriers et les gens à gages , c'est de leur faire acquérir les premières habitudes de l'ordre , de la prévoyance et de l'économie. Obtenez d'un domestique , d'un nianouvrier, d'un artisan , qu'il place semaine par semaine , ou mois par mois , les moindres économies , de 1 fr., de 2 fr., de 3 fr., jusqu'à ce qu'il accumule la somme de 100 fr., et vous pouvez être certains qu'avant d'avoir atteint ce terme , il acquerra le sentiment de la propriété, l'usage de la prévoyance et le besoin de l'épargne. Voua en aurez fait un homme nouveau qui ne se croira plus , pour emprunter une expression dont l'esprit d'anarebie a tant abusé , qui ne se croira plus un prolétaire sans avenir , mais qui prendra rang parmi les producteurs et les conservateurs de la richesse nationale. Sa conduite deviendra plus régulière , ses habitudes seront plus morales ; il sera meilleur travailleur, meilleur chef de famille et meilleur citoyen. »

Il existe maintenant en France :

4<>a ^;.u. ^\i«,w^— a™* f 54 dans des chefs-lieux de dép. 124 caisses d épargnes, dont | ?Q ^ des cJj L d.arron<L *

Les principales sont établies à Paris, Metz, Bordeaux, Brest, Nantes , Rennes , Versailles , Rouen , Mulhouse, Troyes, Toulon» Reims , Marseille , Avignon , Lyon.

Toutes ces caisses paient annuellement 4 pour 100. d'intérêt pour les sommes qui y sont versées ; celle de Metz, seule, paie 5 pour 100.

La totalité des placements annuels était évaluée, en avril 1834, à 21,000,000 environ , dont le sixième 3,500,000 était composé de placements de 12 à 204 francs.

La caisse de Metz était -celle dont la situation était le plus prospère.

Sur 1000 habitants, elle comptait 71 déposants. La moyenne des déposants , pour toutes les autres villes principales, était de 31. Cette moyenne se proportionnait ainsi : Paris ..:.., 44 Versailles ... 17 Reims .;,..; 6

Bordeaux ... 35 Rouen 15 Marseille . • . . 5

Brest ..... 30 Mulhouse ... 12 Avignon .... 4

Nantes ..... 23 Troyes 10 Lyon 3

Bennes .... 20 Toulon .... ; 10

Le nombre des déposants qui, à Metz, était de 2703, en 1832, se composait de 1,123 ouvriers des deux sexes, 924 domestiques des deux sexes , 204 enfants mineurs , 179 employés, 72 individus de professions libérales , 203 militaires.

On comptait, sur 10,000 habitants , dans les deux villes où le nombre des déposants était le plus considérable: A Paris, 299 déposants, dont 91 ouvriers et 65l domestiques. A Metz, 608 déposants , dont" 252 ouvriers et 208 domestiques.

Chaque année , sur 1,000 habitants :

La caisse de Metz recevait les épargnes de 71 individus, et la caisse de Lyon recevait les épargnes de 3 iétmu

Par un contraste remarquable , 1,000 habitants produisaient aux impôts indirects :

A Lyon, pour la loterie, 8,070 fr.j pour les cartes à jouer, 117 fr. A Metz, pour la loterie, 582 fr.; pour les cartes à jouer, 10 fr.

Ces rapprochements suffisent pour faire connaître l'utilité et apprécier les résultats des caisses d'épargnes.

Il résulte de documents récemment publiés, que les placements des caisses d'épargnes au trésor public se sont élevés, pendant le mois de mai 1835 , à

950,000 caisse de Paris,

955»000 caisse des départements.

Les reprises faite» pendant le même mois n'ont été que de 22,000 francs.

Pendant le mois de juin 1835, les placements ont été da 1344,000 francs , à Paris et dans les départements.

Au 30 juin 1835, les diverses caisses d'épargnes de France avaient au trésor un capital de. . . » 49,897,000 fr.

Depuis un an le capital des caisses d'épargnes s'est donc augmenté de 28397,000fr.

Page 1