BIBLIOTHÈQUES
II existe à Paris : — 57 bibliothèques, qui contiennent 1,900,000 volumes imprimés, 108,800 manuscrits, 100,000 médailles, 1,600,000 estampes et 300,000 cartes ou plans. — On compte en outre dans cette ville un grand nombre de bibliothèques particulières , aussi remarquables par le nombre des volumes qu'elles renferment que par le choix des ouvrages.
Les bibliothèques publiques des départements sont au nombnt de 'iOf et contiennent environ 2/233,000 volumes imprimés cl 50,000 manuscrits.
11 y a 822 villes , dont la population est de 8 à 18,000 hab„ qui manquent de bibliothèque publique.
A.HUGO
0a emuerU she% DELLOTB ,4d!tanr, place «a ta Boavst,rae **s HitafrC-Tbasaat, U .
pari» —. Imprimerie et Fonderie de Rinjrow; et Comp., rua des Franes-Bonrgeois-Saimt-Micher, 8.
Département de l'Ain.
(Ct-toant 0rmr , flnflnj, ttc.)
La Bresse, le Bugejr, le Val-Romey et l& principauté de Bombes, qui composent en grande partie le département de l'Ain, ont eu pendant longtemps une destinée commune. Sous les Romains, ces quatre provinces faisaient partie de la 1™ Lyonnaise; sous les Bourguignons, elles furent incor- I porées au puissant royaume fondé par ces conquérants. La loi Gombette a conservé les conditions : de l'établissement des vainqueurs dans le pays; on voit par l'article 54 que les Bourguignons eurent les deux tiers des terres avec le tiers des serfs, que le reste (un tiers des terres et deux tiers des serfs) continua d'appartenir aux anciens possesseurs : *Eodem tempore populus noster, mmmcipiorum tertiam et duas terrarum partes accepit. »
Celte contrée, comme toutes les autres parties des Gaules, avait eu à subir les invasions des peuplades septentrionales ; mais les Bourguignons seuls s'y maintinrent; le reste passa comme un torrent , en ravageant tout sur sa roule. — Au vuie siècle, les Sarrasins vinrent à leur tour inonder la France; on ne peut douter que leurs armées n'aient parcouru les rives de la Saône, qu'elles n'y aient même séjourné jusqu'à la victoire de Charles-Martel. On voit encore dans quelques localités des constructions que la tradition leur attribue, et les dénominations qu'elles portent se rattachent à cette origine. Plusieurs villages du département se sont formés des débris de ces armées; s'il faut en croire les érudits, on retrouve dans leurs habitants les caractères de l'organisation , de la langue et des usages des races mauresques.
Lorsque l'autorité des descendants de Charleraagne commença à s'affaiblir , les seigneurs particuliers s'emparèrent de la Bresse; les sires de Beaugé, surtout, s'en approprièrent une grande partie. En 1272 , elle passa, sous le titre de comté, dans la maison de Savoie, qui la céda en 1G01 au roi, de France , en échange du marquisat de Saluées.
Le Val-Romey y e» latin vàllis rornana, et le Bugey, après avoir eu pour maîtres les sires de Thoire et de Villars, tombèrent comme la Bresse en la possession des ducs de Savoie, soit par donation, soit par héritage, et furent également cédés, en 1601 , à Henri IV, en vertu du traité de Lyon. t. i. — 16.
Quant à la Principauté de Bombes, qui avait fait aussi partie du royaume de Bourgogoe,le sire de Beaugé d'abord , et ensuite celui de Beaujeu , s'en étaient emparés à la faveur des circonstances. Un mariage ayant mis cette principauté dans la maison de Bourbon, mademoiselle de Montpensier en était souveraine lorsque, pour obtenir de Louis XIV l'autorisation de- fendre publique son union avec M. de Lauzun, on lui persuada d'abandonner Bombes au duc du Maine, fils légitimé du roi. La princesse fit ce sacrifice à l'amour; mais Louis XIV se contenta d'ouvrir à Lauzun les portes de la prison de Pignerol, ne voulut point reconnaître son mariage, et n'en garda pas moins pour son fils la principauté de Dombes.
Le pays de Gex, gesiensis tractus , complète le département. Ce pays a appartenu successivement à la maison de Joinville, au comté de Savoie , aux états de Berne et de Genève. Le duc de Savoie le céda à la France par le traité de 1601. Sous la République, il fut incorporé au département de l'Ain, et sous l'Empire , à celui du Léman. Sous la Restauration, le pays de Gex fut réintégré dans le département de l'Ain, à l'exception de la zone qui lange le lac Léman , portion cédée par le traité de 1815 à la confédération helvétique, comme nécessaire à la communication de Genève avec la Suisse de la rive droite du lac.
Les vestiges d'antiquités que renferme le département remontent à l'époque druidique. Ce sont des tombelles que l'on nomme poipes dans le pays, des pierres levées, des haches de pierre, des médailles celtiques, des tombeaux, etc. On remarque parmi les pierres levées ou plantées , deux blocs verticaux d'une hauteur de quatre mètres, situés dans la commune de Simandre; et , parmi les médailles , une médaille gauloise de Vercingetorix , trouvée à Isarnore. — Dans un tombeau gaulois ouvert à Douvres, près d'Ambronay, se trouvaient deux squelettes dont les bras portaient des anneaux de bois et de cuivre réunis ensemble par une chaîne du même métal. Une médaille carthaginoise a été découverte sur la montagne de Niherme, commune d'Oyonnax : Annibal y est représenté en pied , il tient d'une main élevée un bâton de commandement, et de
«UkNCàFIlTOÏBXaiJE. — AIN:
l'autre le litus augurai. — Les antiquités romaines sont des camps retranchés, des voies militaires , des aqueducs, des égouts, des bai us payés en marbre, des colonnes* des? tombeaux, des autels votifs, des temples, ete.; on cite comme des villes antiques aujourd'hui ruinées Isarnore et Fieus , où les vestiges de -monuments anciens sont multipliés. — Quelques auteurs prétendent que la fondation d'Isarnore est due à une peuplade d'Ostrogoths. — On a trouvé près dé Bourg une grande quantité de médailles de la colonie de. Marseille. — On/ fait remonter à/ l'époque romaine des tours , hautes et minces , qui paraissent avoir servi à transmettre des signaux, et qui se trouvent sur les lieux élevés.
Les antiquités qui appartiennent au moyen âge, se composent de restes de fortifications attribuées aux Sarrasins 9 de monnaies bourguignonnes, aune médaillé .d'Attila , du tombeau de l'empereur 6narles-le?Ghauve,. d'un olifant ou cornet d'ivoire curieusement sculpté, trouvé près d'Ordonnaz, en 1784, etc., etc. — Les monastères et lès églises- offrent de beaux modèles de l'architecture gothique. — Parmi lés édifices féodaux, lès ruines du vieux château, à Château -Neuf, méritent une mention particulière. (Tétait le chef-lieu de la seigneurie.de Val-Romey ; il était situé sur le sommet d'un rocher et environné de fossés profonds; lés pans, dé murailles qui subsistent encore onX plus de cent pieds* de hauteur sur quatorze d'épaisseur. Des arbres ont pris naissance sur le haut de «es ruines.
L'es habitants du département de l'Ain , laborieux et actifs dans . la montagne , semblent moins vifs et moins industrieux dans la plaiue. Leur caractère le pita.prononce.est le calme et la patience. Leur imagination paresseuse est difficile à entraîner et à séduire, mais ils ont de précieuses qualités , une raison tranquille, un sens droit , une résolution ferme, un jugement sain. Sans être doués de cette bravoure audacieuse qui.se jette témérairement, au milieu* des périls, Us sont de bons soldats, aptes- à supporter la fatigue, ne se rebutant ni ne se décourageant par les difficultés, et arrivant sûrement au but après lequel ils ne courent pas. Le général Joubért, né dans le pays, appréciait les soldats bressans et en faisait grand cas: «Ce sont, disait-il, des hommes d'une b rate voure tranquille mais sûre, et pour peu qu'ils «soient animés, on peut compter sur leur brillante «impétuosité.» — Ce tempérament calme et froid garantit la pureté des mœurs du pays. Les passions y manquent de vivacité, mais les liens des familles y sont respectés et respectables. Enfin les habitants du département se montrent hospitaliers
et prévenants envers les étrangers , quoique soigneusement attentifs à leurs intérêts ; plus jaloux de conserver leur bien que de l'accroître, ils sont en toute occasion économes et ennemis des spéculations hasardeuses.
Dans la Bresse, les mariages se négocient pres- :que; toujours- le verre à la main. Les paysans sont difficiles pour leurs alliances. Ils ne se regardent pas comme égaux entre eux , mais on remarque du moins avec plaisir que, dans leurs préjugés de famille , ce sont les vertus et la bonne réputation qui font la noblesse. Les familles dont un membre a été atteipt* par une eondamnation flétrissante trouvent difficilement à' s'allier avec d'autres; il en est dé même des Hommes qui ont un nom, c'està-dire qui passent pour sorciers. — Un usage ancien et respecté est de répandre du blé sur les deux époux lorsqu'ils rentrent dans leur maison en revenant de l'église. On leur souhaite ainsi prospérité et abondance. — Le mari promet ordinairement par contrat à' sa femme une robe noire pour mettre à la Toussaint, le'jour des Morts et lors dés deuils de famille. — Un charivari attend lès nouveaux époux lorsque l'un des deux* est un veuf: mais, en donnant un bal public, ils peuvent éviter cedésagrémént. Le bal même s'appelle alorschurivar; il est d'usage que Pouverture en soit faite par les deux mariés, qui se retirent ensuite VîTleur plaît.
Les enterrements sont toujours* accompagné* d'un repas où Ton célèbre 'en vidant les bouteilles les grandes qualités dn défunt. Il y a trente ans y dans plusieurs villages des rives delà Saône, on plaçait à calé dû mort et dans sa liière quelques meubles ou ustensiles à son usagé. Aujourd'hui, dans certaines communes, on tâche encore de mettre ,' en cachette du -curé , une pièce dé monnaie dans la bouche du mort, si c'est un adulte r et une gobille (petite boule) dans sa main, si c'est' un enfant.
Les fêtes des villages, qu'on appelle vogues, consistent à boire et à danser, mais la plupart des danses locales sont lourdes et sans grâce. La vielle et la cornemuse forment ordinairement l'orchestre de ces bals champêtres.
Le goût de la musique était autrefois généralement répandu dans la Bresse. Plusieurs villes avaient des compagnies d 'amateurs de musique organisées militairement, avec de riches et brillants uniformes , et qui saisissaient l'occasion de toutes les fêtes nationales pour donner des concerts publics. Nous ignorons si ces associations agréables existent encore.
L'ksJxllémettidts hoauiies.de la campagne est simple et commode. Des sabots ou. des gros souliers , des bas de laine ordinairement de couleur grise , arrêtés par
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une, jarretière de laine noire , ou , xlant les journées de, travail **ie grandes guêtres «se toile- appelées gnraudes; «le* oulette* courtes et «m tablier de peau blanche , une veste de drap de laine, recouverte cnun habit de toile noire , «ommé.âAuafc : tel- est leur ajustement. Les plus aisés portent des Mandes- de . deap. Us ont les -cheveux lisses et un chapeau noir, -a trois cornes, et dont l'aile, rabattue garantit le derrière de. la tète et du cou.
Le costume ides femmes est gracieux et élépant : il se -compose d'une robe* de drap ordinairement de couleur bleue , d^sn corset lacé par-devant, de manches, larges à couleurs éclatantes, aune jupe plus courte que la robe qu'elle recouvre , ornée de galons de soie sur les. coutures, d'un tablier de cotonnade court et agréablement coupé. Les femmes portent des boucles d'oreilles et des colliers. Leur coiffure varie suivant les cantons : c'est tantôt un bonnet à fond étroit orné de dentelles , tantôt des cheveux relevés en chignon ; mais la tète est toujours surmontée d'un chapeau noir, de forme plate , coquettement incliné sur le devant ou sur le côté et orné généralement de rubans ou de galons d'or ou d'argent. Leur chaussure, suivant la saison , est des sabots , des souliers ou des galoches, avec des : bas de lame , de coton ou de fît. — Les riches fermières mettent beaucoup de luxe dans leur toilette. 11 n'est pas rare d'en rencontrer avec des vêtements décorés de galons précieux sur toutes les coutures,. des tabliers de soie ou de belle mousseline , des bavolets et des bavettes garnies de dentelles, des bas à coins brodés et des souliers de couleur.
£AftTOAOE.
On parle français dans < toutes les villes du département. C'est le langage de toutes les classes ; riches et pauvres tiennent a égal honneur de -s'exprimer dans l'idiome national. Le peuple des- campagnes sait aussi parler français , mais généralement il parle patois. Le patois bressan est «m mélange de celte, de latin et d'italien. L'empreinte celtique y est peu sensible , l'italien s'y montre plus souvent, mais le latin en constitue le fonds. — Un des caractères distinctifs de ce patois est le retour fréquent de la terminaison o prononcé grave et très allonaé. Cette terminaison se change en a long et ouvert dan» le patois duBugey. Les deux premiers versets de la parabole de Y Enfant prodigue , que nous allons citer, suffiront pour donner une idée du dialecte de la Bresse > « On sariin zoitm&u ave deu gaçon. — Lou plu zounou dtce à son pore : mon père, bailla me la pourcion de Un que me revin ; et lou pore fe lou partazou de son bin. » Le langage du, paysan de la Bresse est peu figuré. Il ne connaît pas les métaphores et se contente de dire tout simplement sa pansée. Sa prononefatwn est d'ailleurs languissante, monotone, et rarement accentuée par une passion vive.
Entre autres personnages distingués par leurs talenfs ou par le rôle qu'ils ont joué, le département a produit:
Claude de Seyssel, auteur distingué du XVe siècle, qui, après avoir été maître des requêtes sous Louis XII , devint archevêque de Turin.— Lonsf Boret, commentateur d'Hipp ocra te, médecin de Charles* IX et de Hen ri III.— Honoré d'Urfe, marquis de YaMlomey, auteur du fameux roman de YAstrée(\). —Les deuxrAVRE, seigneurs de Vaugelas, membres de l'Académie franra ne. —Nicolas Faret, autre académicien du rviie siècle, ptus^conmi par les satires de Boileau que par ses propres ouvrages.—» Le «avant Guichexon, auteur de Y Histoire de la Bresse et du Bttgey. — Ozanam, mathématicien distingué, auteur des Récréations physiaues et mathématiques. — M*1* de Ohoin, femme renommée pour sa grâce et pour son esprit, qui remplit auprès du grand dauphin, qu'elle épousa en 1699 , la place de madame de Maintenon auprès de Louis XIV. — Le père Maillât, célèbre missionnaire,
(1) La Biographie u*U+*êêlk fait naître d'Ut*, à alamUle.
traducteur des Gmnaes* annales de la Chine. — Le missionnaire François Pioubt , qui sut acquérir une telle influence sur les naturels de F Amérique septentrionale» que Duquesne disait ; < L'abbé Piquet, est plus utile en « Canada que dix régiments^ » — Commrrson, savant naturaliste f compagnon de Bougainville. — Carra , conventionnel e{ publiciste, un des premiers qui se soi t , en 1 789 , consacré au travail des journaux politiques. — Le général en chef ' Jouiert , tué à la bataille dé Novi , homme digne , par son caractère et ses talents , de commander les armées républicaines. — L'illustre médecin Bicaat. — Le fameux astronome Lalande, aussi connu par sa science que par son goût pour les araignées. — Louis Dvpuy, secrétaire de l'Académie des Inscriptions, savant distingué, mort du chagrin ou'il-eut d'avoir été forcé de vendre sa bibliothèque. — Alexandre Goujon , membre de la Convention , proscrit du 1er prairial , qui , en présence de ses juges, échappa par un suicide courageux à l'arrêt porté contre lui. — Le professeur Riche- »und , un des médecins savants de notre époque. — Michaud, de l'Académie française, auteur du Printemps d'un Proscrit et de Y Histoire des Croisades, homme d'esprit, poëte élégant, historien judicieux. — Le docteur Mon teg re , victime de la science, mort à Saint-Domingue, en allant faire des Recherches sur la fièvre jaune. — Girod de l'Atn , député ; son (ils , fondateur du bel établissement agricole de Naz. — ftiBOCD , ancien membre de l'Assemblée législative, auteur de plusieurs écrits instructifs sur la Bresse. — Brillât-Savarin , membre de la cour de cassation, Pun des pères de la gastronomie en France, auteur de la Physiologie du goât. — Et en fin1 le*, généraux Dàllemagxe, Pcthod , Si buet, Robin , etc., etc.
Le département do l'Ain est un département/ron/iè/v» région de l'Est. — lia pour limites : au nord , le département du Jura ; À l'est , la Suisse et la Savoie ; au sud» le département de l'Isère; à l'ouest , ceux du Rhône et de Saône-et-Loire. Il lire son nom. d'une de te» principales rivières, qui le traverse du nord au sud. .Sa superficie est de 584,822 arpents métriques.
$ol. — • IL est très varié, en raison de la division du département en. paya de plaine* (ou de plateaux) et de mon tagnes* Dans la plaine, l'argile dominé.
Montagnes. —.Toutes les montagnes appartiennent à la chaîne du -Jura , dont elles sont un .prolongement; elles se trouvent dans la partie orientale du département'et s'étendent du nord-est au sud-ouest. L'extrémité méridionale de celte chaîne est connue sous le nom de mont Credo, et paraîtrait avoir été réunie autrefois au mont Pouaeke, situé vis->è*vis , -dans la même direction ,< et dont eUe n'est «séparée que 'par' le Rhône. Sur les sommets de ces mon^agnea on ne voit que des sapins, des forêts , des taillée ou des landes arides , maie il existe au centre du département une chaîne secondaire , qu'on nomme JUvcrmont, et dont une partie est couverte de vignobles.
LaoS'Et étawos. — Le lac de Nantoa est le seul «ac qui -mérite ce nom.' Il est plsdé au milieu des montagnes et •élevé de425 mètres au-dessus du niveau de la mer*-— Le» étang» sont ttomhreum et couvrent une grande partie des arrondissements de Trévoux et de Bourg. Nous en ^parlons avec détail* l'article sur ^industrie agricole.
Rivière* — Le département est sillonné par. un grand nombre de rivières. L'^ôi le. coupe en deux parties à peu près égales. Cette-rivière, affluent du Rhône r n'est navigable que pendant lès grosses eaux et seulement sur une ligne très courte. EUe a sa source dans le département du Jura ; son cours est d'environ 150,000 mètres. Le Rhône borne le département à l'est et au midi. 11. ne devient navigable quau Parc , à4 lieues au dessus .de Seyssel-On voyait autrefois, entre le mont Credo «t le mont Vouacke, une espèce de voûte detiQ pas de longueur, formée par le* roebet* que les eaux avaient ski-
la
tachés deâ montagnes , et tous laquelle disparaissait le fleuve ; c'est ce qu'on nommait la perte du Rhône. Des travaux entrepris pour assurer le flottage et pour l'utilité de divers établissements industriels , ont fait disparaître cette curiosité naturelle, mais le lit du fleuve n'a as encore été rendu propre à la navigation jusqu'au iac Léman : cependant , la possibilité d'ouvrir cette voie importante a été reconnue dès 1794 par un ingénieur français , M. Boissel , qui a lui-même suivi le cours du Rhône en bateau depuis Colonge jusqu'au Parc. — La Saône, qui borne le département à l'ouest , est navigable dans toute cette partie de son cours. — Parmi les autres rivières, la Falserine, la Bienne, la Reyssouse , la Veylc et la Chafaronne sont les plus importantes. La Bienne, affluent de l'Ain , est navigable depuis Dortan.
Navigation intérieure, canaux. — Il existe divers projets de canaux dont l'exécution serait très utile au pays; mais le département ne possède encore qu'un seul canal celui de Pont-de- Faux' à la Saône, dont la longueur n'est que de 400 mètres. On compte dix ports sur le Rhône et la Saône. — La longueur totale de la navigation sur les rivières et sur le canal est de 72,000 mètres.
. Routes. — Le département possède 6 routes royales et départementales dont le parcours en tous sens est évalué à 737,750 mètres.
. Climat. — La température du département est différente dans les diverses localités suivant la nature du sol , l'abondance des eaux , l'absence ou la présence des forets. Humide et brumeuse dans les arrondissements de Bourg et de Trévoux (surtout dans ce dernier), elle est sèche et froide dans les autres, où l'air est sain et le ciel presque toujours pur. Les hivers sont plus longs â Belley, à Nantua et à Gex qu'à Bourg et à Trévoux. La neige dure dans le haut Bugey depuis la fin d'octobre jusqu'au mois d'avril. Année moyenne il tombe dans le département environ 45 pouces d'eau.
Vents. — Le vent du sud règne en octobre et en novembre. Celui du nord domine en décembre, janvier et février, cesse en mars et reprend en avril et mai , époque où les gelées font beaucoup de tort aux récoltes.
Maladies. — Dans la partie humide du département , le scorbut et les fièvres continues sont les maladies les plus fréquentes ; dans le pays de montagnes on remarque principalement des phthisies et des affections scrofuleuses. On y trouve aussi quelques ophtalmies, mais on n'y signale pas de goitres.
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Fossiles. — La plupart des débris fossiles, si nombreux dans le département, sont des plantes ou des coquillages de diverses espèces. On a* reconnu dans un monticule voisin de Meximieux des ossements pétrifiés de grands animaux dont les analogues n'existent plus. On a trouvé il y a plus de quarante ans , près de Trévoux, une superbe dent molaire siliciée pesant 1 kil. 25 déc. et pareille à celles qu'on rencontre sur les bords de l'Ohio. — AVarambon, une fouille faite en creusant un puits, a mis à découvert une défense d'éléphant parfaitement conservée.
Règne animal. — Outre toutes les espèces d'animaux domestiques dont les bétes à cornes et lesbétes à laine sont seules de belle race , le département renferme une grande quantité d'animaux nuisibles ou sauvages, parmi lesquels nous citerons' l'ours , le loup , le renard ,' Je chat sauvage, etc. — On y trouve peu de sangliers, point de cerfs , et généralement peu de gibier à poil ; mais par compensation le gibier ailé y est très abondant , surtout en oiseaux aquatiques , tels que les cygnes , les oies sauvages , les canards , bécasses , etc. On y voit des grues , des hérons, des cicognes, des cormorans, des butors. L'outarde s'y montre quelquefois,
et s'il faut en croire M. Bossi , qui y a été préfet , on y a même rencontré l'ibis d'Egypte et la sarcelle de la Louisiane. — Les rivières sont poissonneuses, les aloses et les truites de l'Ain sont fort estimées , les saumons remontent quelquefois la Saône. — Les ruisseaux renferment beaucoup d'écrevisses. — Parmi les amphibies, les salamandres aquatiques sont très communes. — La couleuvre et le serpent s'y trouvent fréquemment , mats la vipère y est rare. — Les cousins sont tellement multipliés dans le pays d'étangs, que pour y dormir en paix on est obligé dé "s'envelopper d'une cousinière.
Règne végétal. — Le département est riche en végétaux de toute espèce, mais surtout il possède un grand nombre de ceux qui croissent dans les marais. — On remarque parmi les céréales cultivées, Force nue, à six rangs.— > L'arrondissement de Belley produit des truffes noires qui sont assez estimées. — Le châtaignier prospère dans le département , le mûrier y vient avec succès. — Les essences du hêtre, du chêne et du sapin dominent dans les forêts.
Règne minéral. — On n'exploite dans le département d'autre mine métallique que celle de Villebois-sous- Belley, dont le minerai de fer alimente les forgés dites .de l'Ain.— Cependant on trouve 'dans plusieurs endroits des indices de mines de fer, de cuivre, d'argent et même d'or. On soupçonne à Ceyserieux l'existence d'une mine de houille. 11 existe des tourbières et des mines de lignites dans diverses localités. — Le département possède des carrières de marbre , de pierres de taille , de gypse , de marne et d'argile à potier. — Les pierres lithographiques de l'arrondissement de Belley sont réputées les meilleures de France et peuvent soutenir la comparaison avec celles de Munich. — Les mines de bitume de Seyssel et de Pyrimont sont l'objet d'une exploitation féconde en applications utiles. —Enfin les stalactites de plusieurs grottes présentent de beaux fragments d'albâtre blanc , gris-de-lin ou lilas.
Eaux minérales. — On ne trouve pas d'établissements d'eaux minérales dans le département. 11 existe cependant des sources à Ceyzeriat près Bourg, à Pont-de- Vaux, à Saint- Jean -sur-Reyssouse , à Saint-Jean-su r- Veyle, à Servignat, Biziat, Polliac, etc. — On voit dans la prairie de Ceyzeriat une fontaine sulfureuse et ferrugineuse. — La fontaine minérale deThoui, près Belley, avait paru assez intéressante à l'ancienne administration du pays pour qu'elle ait fait kdes dépenses afin d'en tirer quelque utilité. — Il y en a encore une source à Seyssel, mais toutes ces eaux sont peu renommées', et par conséquent peu recherchées.
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Vallées de Suran et de Drom. —- La vallée de Suran
Ï>résente à l'observateur diverses grottes ornées de staactites. Le Suran y coule sur un banc de roches gercées en plusieurs endroits et dont les fentes absorbent les eaux. Ainsi, à l'époque des plus grandes chaleurs, cette vallée , arrosée par des sources tellement abondantes qu'elles font quelquefois de la rivière un torrent impétueux , est exposée à manquer d'eau. •— Un phénomène tout différent a lieu dans la vallée de Drom, située à l'ouest de celle de Suran. Cette vallée ne possède aucune source, et néanmoins son sol , qui repose sur une masse calcaire, est assez bien cultive ; malgré sa sécheresse apparente , ce sol perfide se change quelquefois subitement en lac : de toutes parts s'élèvent des jets d'eau ; un puits voisin du village de Drom , et disposé en entonnoir, se remplit et déborde : en peu de temps la vallée est inondée. La retraite de l'eau est aussi prompte que son arrivée; après son écoulement , la superficie de la terre ressemble à un vaste crible. Le fond de cette vallée parait être suspendu sur de grandes cavités où l'eau abonde de tous côtés et déborde quand elles sont pleines. C'est là sans doute que le Suran', dont le lit est percé d'abîmes , va s'engloutir.
Gbottbs de la Balme. — II existe dan» le midi de la France plusieurs cavités qu'on nomme grottes de Balme ; celles du département de l'Ain sont situées dans le Bugey, au pieu d'un rocher au haut duquel on voyait jadis la chartreuse de Pierre Châtel. On ne peut y pénétrer qu'avec des flambeaux. Une salle de trente pieds de haut sur soixante de large sert de vestibule ; au bout de cette salle , la voûte et le sol s'abaissent , on descend par une rampe rapide, taillée en zigzag, dans les véritables grottes. Là, des voûtes en dôme , en berceaux, à arcades doubles, à clefs pendantes, se disputent les regards. Toutes les grottes sont ornées de stalactites de toutes les formes et de toutes lesacouleurs. Ici on admire une broderie légère , là des ramifications arborescentes, des feuilles entrelacées avec autant d'art et d'élégance que le pourrait faire l'artiste le plus intelligent ; plus loin /des figures grossièrement sculptées, des ornements gothiques, des groupes, des pyramides d'inégales grandeurs , des amas de cylindres terminés par des aiguilles taillées à six pans , comme le cristal de roches ; enfin tous les accidents curieux et variés qu'offrent les grottes les plus célèbres.
I, BOVRM, CH1T1AVX, *TC.
• Bouao , sur la rivière de Reyssouse , ch.-l. de préfect. , à 1 151. S.-E. de Paris. Pop. 8,999 bab. — Un bassin agréable et Tarie, que terminent les coteaux de Revermont , s'étend sons la ville du côté de Test; ce bassin se prolonge au nord avec le cours de la rivière; on voit à l'ouest un plateau cultivé, et au sud l'horizon est borné par une vaste forêt. — Six grandes routes aboutissent s Bourg, et cependant la ville , placée au milieu d'un paya agricole, a' peu de commerce et de manufactures. Les rues en sont étroites et tortueuses. Autrefois presque toutes les maisons étaient construites en bois; quelques quartiers sont encore bâtis de cette manière; mais depuis une cinquantaine d'années l'emploi de la pierre devient à peu près général. — Un ruisseau nommé le C6m traverse la ville et reçoit les immondices. — Elle doit ses fontaines aux soins de l'intendant Dufour Villeneuve , qui fit rassembler et distribuer les eaux d'une bonne source. Cet habile administrateur lit aussi planter plusieurs de ses promenades, entre autre* le Bastion et le Quinconce, — Le dessèchement des fossés de la ville, opération commencée en 1771, a contribué à sa* salubrité et à son agrément; le cloaque qui l'environnait s'est transformé en une ceinture de jardins. — Suivant le président de Tbou, feourg est assise sur remplacement qu'occupait sous les Romains rancienyôra/it Sebmiianorum. — Après avoir fait partie dn royaume 'de Bourgogne, de l'Empire, des Etats de Savoie , elle fut définitivement réunie à la France en 1901 par le traité de Lyon. — Cette ville fut prise deux fois par les Français en 1595 et en 1999. — Les protestants avaient à Bourg un temple qui a été brûlé; les Juifs y étaient autrefois en grand nombre ; ils habitaient un quartier particulier , appelé la Jmiverit. — La cathédrale , la halle-aublé ou Gtenctie, la salle de spectacle, l'hôtel- de- ville et l'hôtel de la préfecture , sont les édifices les plus remarquables que possède cette ville.
Église de Brou. — Le lieu où s'élève cet édifice n'était qu'une épaisse forêt , aux portes de Bourg , lorsqu'en 927 il devint célèbre par la retraite de Gérard évéque de Maçon. L'ermitage qu'il y établit fut bientôt environné d'habitations religieuses. L'église actuelle fut commencée en 151 1, par Philibert-le-Beau , en exécution d'un vœu fait par Marguerite de Bourbon , 'sa mère; elle ne fnt achevée qu'en 1539. — Les dépenses de ce monnment sont évaluées à plusieurs millions de notre monnaie. — L'église a 99 métrés de longueur dans œuvre , 34 de longueur et 21 et demi de hauteur sous voûte. Le frontispice, couronné par trois frontons, est un, assemblage d'ornements gothiques et d'arabesques remarquables par les richesses du travail et la perfection des* détails. — L'intérieur, parfaitement éclairé , offre de belles proportions , une extrême légèreté, et de magnifiques xjtraux peints qui ne frappent pas moins par la correction des figures que par la vivacité des couleurs. On voit dans le chœur trois mausolées : celui de Marguerite de Bourbon ; celui de Philibert-le-Beau et celui de
Marguerite d'Autriche : vérité d'expression dans les fignres , délicatesse du travail , richesse des marbres , tout se réunit pour exciter l'admiration. Les sculptures qu'offre de toutes parts l'intérieur de l'église ne sont pas moins recommandables ; ce sont les belles formes de l'Italie avec le fini de l'école flamande.
Poht-de-Veyle, dans un sol bas et humide, sur la rive gauche de la Veyle , ch.-l. de cant. , i 7 1. et demi O. de Bourg. Pop. 1329 hab. — Cette ville s'appelait autrefois Bourg-de-Peyle (Oppidum Velt*)\ le changement de nom suivit l'établissement d'un pont à l'entrée de la ville. — . Pont-de-Veyle a eu successivement pour possesseurs des seigneurs particuliers , b maison de Savoie et les rois de France. En l'an 1595, François Ier engagea la seigneurie de Pont-de-Vejle à Guillaume, comte de Furstemberg, en paiement de sommes considérables que le roi lui devait pour diverses levées d'Allemands et de Lansquenets qu'il avait amenées en France. — Cette ville étaitanciennementmoitié catholique et moitié protestante.
Pokt-d'Àiw , sur la rive occidentale de l'Ain , ch.-l. de cant. , à 5 1. fl|4 S.-E. de Bourg. Pop. 1,192 hab.— L'ancien pont, dont la ville a tiré son nom , n'a laissé aucun vestige. — Elle occupe , dans une situation agréable, un point central, où viennent se croiser plusieurs grandes routes. — Sur une éminence , qui domine le cours de l'Ain et du Suran, s'élève le château de Pontd'Ain , qui fut bâti par les sires de Coligny, et reconstruit depuis à deux reprises différentes par d'autres seigneurs. — Les princesses de Savoie y venaient accoucher et y faisaient élever leurs enfants. — Le duc Philibert y mourut , et son cœur fut inhumé dans l'église de lu ville de Pont-d'Ain ; mais l'impétuosité de la rivière ayant sapé les' fondements de l'église, le cercueil de plomb qui contenait ce dépôt fut entraîné daus sa ruine.
Poitt-de-Vaux , aux bords de b Reyssousc, sur la route qui conduit de Maçon à Cuisery et à Tournus, ch.-l. de cant., à 10 L 3[4 N.-O. de Bourg. Pop. 3,189 hab. — Cette ville doit son nom à un ancien village appelé Faux, et au pont qui a été construit sur la Reyssouse. — Une image de b Yierge , à laquelle on attribuait beaucoup de miracles, fut la cause première de la formation de cette ville par le nombreux concours de fidèles qu'elle attirait. — Pont-de-Vaux , qui appartenait aux sires de Beugé, étant tombé en b possession du duc de Savoie Charles 111, celuici l'érigea en comté , titre que ce lieu porta jusqu'en 1623 , époque où il fut érigé en duché par Louis XIII , roi de France. — Les édifices qu'on remarque à Pont-dc-Yaux sont l'hôtel- de- ville , construction moderne , l'hospice des malades, et b halle au blé , qui , après avoir été dévorée par un incendie , fut entièrement reconstruite sur les plans de Morand, célèbre architecte de Lyon. — Sur une des places de b ville, on a érigé, en 1832, la statue du général Joubert, auquel Pont-de-Vaux s'enorgueillit d'avoir donné naissance.
Box , dans une plaine arrosée par b Saône, à 2 I. de Pont-de- Vaux. Pop. 806 bab. — On prétend que cette commune , qui comprend quatre hameaux, est peuplée par les descendants d'une tribu de Sarrasins, qui se serait fixée dans le pays , il y a plusieurs siècles.
Belliy, entre deux collines, ch.-l. d'air., à 1 1. 1(2 O. du Rhône et 18 1. 3(4 S.-E. de Bourg. Pop. 4,286 hab. — II s'est trouvé des érudits qui ont attribué b fondation de cette ville à Creuse, femme d'Énée, perdue lors de l'incendie de Troie. Sans nous arrêter à cette opinion , nous dirons que Bcllcy doit être une ville très ancienne , puisqu'il résulte de documents positifs qu'en 412 le siège épiscopal y était déjà établi. — La ville fut presque entièrement brûlée en 1885 ; mais on b rebâtit par degrés , et Amé YII , premier duc de Savoie, la fit clore de murailles et de tours. — Les évéques de Belley ont porté le titre de princes de l'Empire.— Le palais épiscopal , qui ne fut achevé que quelqncs années avant b révolution , est un des édifices les plus remarquables du département.
Gex , sur le torrent de Jonant , au pied de la chaîne du Jura , ch.-l. d'arr., * 27 \. ifl N.-E. de Bourg, pop. 2,834 hab. — Cette petite ville , dont le nom btin est Gesium , se trouvait naguère encore b capitale d'un état indépendant : il faut dire que cet état n'avait que 8 lieue» de long sur 3 i\l de brge. — La ville de Gex
But conquise en 15$6 par les Bernois, puis, parle* Genevois. -* H s'y lait un grand commerça de fromage de Gruyère.
Futsxr, ch.-l. decant., à 2 1. 3f4 de Gex.Pop.935. h— Ce n'était qu'uu hameau lorsque Voltaire vint l'habiter ; ce grand écri- -ainen fit une ville par ses bienfaits. Non-seulement il distribua, •les terres pour y bâtir, mais encore il procura la subsistance, et l'aisance , à un graud nombre d'horlogers et d'antres ouque son influence y avait attirés. C'est de là que , retiré dans sont château , il dirigeait l'esprit de son siècle : Ferncy était alors fe capitale du monde littéraire.
ÏIàstca, entre deux montagnes, sur le bord oriental d'un petit hc, cb.-l. d'arr. , à 11 1. 1(4 E. de Bourg. Pop. 3,701 bab. — La situation de cette ville, entre Lyon et Genève , ie Rhône, et l'Ain , ejnî longent son territoire, concourent à activer l'esprit naturellement industriel des habitants. — La ville est jolie et assez lien bâtie. Son nom lui vient d'un petit ruisseau qui s'échappe du lac voisin, et vient se réunir à un .autre au-dessous de ses murs: mmnty en celtique, signiûe ruisseau. — Le lac fournit de très bon neisson et surtout d'excellentes truites. — Charles-le-Chauve a été inhumé dans l'église de Nantua.
Trévoux, sur le penchant d'une colline, sur la rive gauche de fa Soûue, ch.-l. d'arr., à 13 1. S -O. de Bourg. Pop. 2,556 hab. — Cette ville très ancienne a pris son nom, Trivortiutn , de ce qu'elle est située à l'endroit où l'un des grands chemins qu'Agrippa avait Jàvit faire dans les Gaules se partageait en trois branches. — C'est anus ses murs que l'empereur Sévère battit son compétiteur Albin us •o 198. — Elle devint la capitale de la principauté de Dombes. — Clément Vil y érigea un chapitre en 1525. — Trévoux était, dans lr xvie siècle, une ville forte, ceinte de murailles défendues par tfes tours, et qui, s'élevaut en amphithéâtre sur les bords de la rôïère, présentait un aspect pittoresque , que le célèbre Israël Sylvestre nous a conservé. ' — C'est de l'imprimerie de cette ville qoe sortit, en 1704, la première édition du Dictionnaire universel, sous le nom de Dictionnaire de Trévoux. En 1701 avait i à paraître le Journal de Trévoux, il s'imprima dans cette Tille pendant 30 ans sous la direction des jésuites; depuis on en continua l'impression à Paris. — Trévoux avait plusieurs édifices considérables ; il ne lui reste plus que son palais de justice. On y eoit encore les débris de quelques tours dont la tradition attribue u* construction aux Romains ; mais leur architecture dénote une •rigine moins reculée. La tour principale, de figure octogone , conserve encore -de 13 à 14 mètres d'élévation.
Ciutix.l02i-L£s-Dombes , sur la Chalaronnc, ch.-l. de caut. , à • I. 3(4 de Trévoux. Pop. '2,636 hab.— Son nom lui vient d'un ancien château dont on roit encore les débris. — Cette ville a été très industrieuse jusqu'à l'époque où Amé VII en expulsa les Juifs. Cette mesure date de 1429. Depuis lors son industrie se réduit à un petit commerce de consommation.
Moictluel, au pied d'un coteau planté de vignes, sur la grande «■te de Lyon à Genève, ch.-l. de cant. , à 1 I. 1|2 du Rhône, à 61. 3(4 E>S.-E. de Trévoux. Pop. 2,927 hab.— Ce lieu n'a pris mg parmi les villes qu'en t276.— C'est là que Sigismond érigea la Savoie en duché en faveur d'Ame VII. — Mon tin el servit, dans le xn* siècle, d'asile aux Génois et aux Florentins, chassés de France. Vers la fin du siècle suivant, on y trouvait encore un assez grand nombre de familles italiennes. — Montlucl , dont le nom «trio est Mont Lupelli , a été la capitale de ce qu'on appelait la Palbonnr.
SIV1SION POLITIQUE ET ABMUOTSTBATTrS.
'RouTiQtrx. — Le département nomme 5 députés.— Il est divisé •m 5 arrondissements électoraux , dont le» «befs-licux oont : Pent- •V-Yaux , Bourg , Trévoux , Belley et Naniua. Le nombre des électeurs est de 1,100.
Administrative. — Le chef-lieu de la préfecture est Bourg. Le département se divise en 5 sous-préf. ou arrond. commun.
Boorg 10 cantons, 120 communes, 117,289 habit.
Cex 3 28 21,651
Hantoa 6 71 51,242
ïrevoux 7 111 76,134
Total. . . 35 cantons, 439 communes, 346,040 habit.
Service. du trésor public. — 1 receveur général et 1 payeur {résidant à Bourg) , 4 receveurs particuliers, 5 percepteurs d arrond.
Contributions directes. — 1 directeur (à Bourg) et 1 inspecteur.
Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Bourg),. 2 inspecteurs , '2 vérificateurs.
Hypothèques. — 5 conservateurs dans les chefs-], d'arr. coram.
Douanes. — 1 directeur ( à. Belley).
Çontrilutiom indirectes. — 1 directeur (à Bourg), S directeurs d'arrondissements , 5 receveurs entreposeurs.
Forêts. — Le département fait partie du 12e arrondissement forestier,, dont le chef-lieu est Maçon. —"2 insp., à Bourg et Nantua.
Ponts-et-Chaussées. — > Le département fait partie de la 5e inspection, dont le chef-lieu est Lyon.— Il y a 1 ingénieur en chef en résidence à Bourg.
Minet. — Le département fait partie du 18e arrondissement et de la 4* division , -dont le chef-lieu est Saint-Etienne. • Cadastre. — 1 géomètre* en chef à Bourg.
Loterie. — Les bénéfices de l'administration de la loterie sur les mises effectuées dans le département présentent ( pour 1431 comparé à 1830) une augmentation de 3,515 francs.
Hères. — Le département fait partie du 8* arrond. de concourt pour Jts courses de ohetaux , 4out lexuef-lJeu est Nancy.
Militaire. — Le département fait partie de. la 7* division nnV litaire, jlont je quartier général est à. Lyon.— U y « à Bouxç.1 maréchal de camp commandant le département et'f sous-intendant militaire. — Le dépôt de recrutement est* Bourg. — Le département renferme 2 forts : Fort-I'Ecluse et Pierre-CMtel. — La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 2l# légion , dont le chef-lieu est Besançon.
Judiciaire. — Les tribunaux du département ressortent de U cour royale de Lyon. Il y a 5 tribunaux de 1** instance : Belley, Bourg (2 chambres), Gex, Nantua , Trévoux; ces tribunaux font l'office de tribunaux de commerce.
Rkxiouus*. — Culêe catholique. •*- Le ^département forme la siège 4'un évéché érigé .dans Je ve siècle , snffragantde l'archevc*» ché de Besançon , et dont le siège est à Belley. — U. y a dans \q département : — à Brou , un séminaire diocésain qui compte 140 élèves ; — à Belley, une école secondaire ecclésiastique ; — a Meximieax , une école secondaire ecclésiastique. — Le département renferme 1 euro de lre classe , 14 de 2e, 329 succursales ,• 106 vicariats. — Il y existe 3 écoles chrétiennes , 108 congrégations religieuses de femmes , chargées des hôpitaux , de l'éducation des enfants et des soins à donner aux aliénés.
Culte protestant. — Les réformés du département. ont à Ferney an oratoire annexé à l'église consistoriale de Lyon , et qui est desservi par vn pasteur. — - il y a en outre dans le département un temple. — On y compte une société biblique, tune «pesété de mie» sions. évangéliques, et deux écoles protestantes.
Ujuveûsitairx. — Le département est compris dans Je ressort de l'Académie de Lyon.
Instruction publique. — Il y a dans le département : — 2 collèges : à Bourg , à Nantua, — et 1 école normale primaire à Bourg. — Le nombre des écoles primaires du département est de 432, qui sont fréquentées par 18,511 élèves ,. dont 11,814 garçena et 6^667 filles, — Les communes privées d'écoles sont au nombre de 175.
Sociétés savaxtils , etc. — Il y a à Bourg une Société d'Eeut* lation et d' Agriculture, et des Sociétés d'Agriculture dans les quatre chefs-lieux d'arrondissement. — Bourg possède des Cabinets de Physique et de Chimie i un Musée départemental; un Jardin Botanique avec un Terres* d\B?périe«ccs.—On fek à Bourg des Couve gratuits d'Accouchement , de Dessin linéaire , de £éométrie et de Mécanique -appliquée aux arts. • .
D'après le dernier recensement officiel, elle est 'de 346,010 hab. et fournit annuellement à l'armée 891 jeunes. soldats.
Le mouvement- en 1830 a. été de , .
Mariages ; . . 3,203
Naissances. Masculins. Féminins.
Enfants légitimes. 4,900 — 4,838 I », fc , <A ,«,-
naturels.. 209 - 180 f ToUl l0'127
Décès. 5,109 — 5,018 Total 10,127
Le nombre des citoyens inscrits est de 68,496. Dont : 23,352 contrôle de réserve.
45,144 contrôle de service ordinaire.
Ces derniers soxt répartis ainsi qu'il suit : 44,268 infanteHe.
45 cavalerie.
198 artillerie.
633 •apeun<fionapiers.
FRANCE PITTORRSQIR
yr/T^» ew S\'/?At<t<i6>
t 't^é- tfr ;./:- ( € YéMé.
On en compte: armés, JMIT4'; équipés, 5,479 ; habillés , 10,749. 20740 sont susceptibles d'être mobilisés.
Ainsi , sur 1000 individus de la population générale , JOD sont inscrits an registre-matricule, et 60 dans ce nombre sont mobilisables; sur 100 individus inscrits sur le registre "matricule , 66 sont soumis au service ordinaire, et 34 appartiennent à la réserre.
Les arsenaux de l'Etat ont délivré à la garde nationale 10,563' fusil* , 834 mousquetons, 8 canons , et un assez grand nombre dé pistolets , sabres , etc.
Le département a payé à l'Eut (1831) :
Contributions directes 2,886,637 f, 60 c
Enregistrement, timbre et domaines 1,395,681 68
Douanes et scia ....... 140,008 6».
Boissons, droits divers, tabacs et poudres. « . 090,500 75
Postas. . 144,611 71
Produit des eoupes de bois 104,888- 80
toterie, ...T.... 40»674 70
Produite divers 54,010 59
Ressources extraordinaires. ..,).,« 492,018 ► 65
ïbtaï. . . 6,258,04* f. Ile.
Il a reçu du trésor 4^67,137 fr.93c, dans lesquels figurent:
La dette pobtkme et les dotations pour. . % . 749,886 F. 59 c.
Les dépenses du mtoistère-'de ht justice.*. . . 122,996 92
de rinsvrnetsonpubliqneet des cultes. 421;582 25
du commerce' et des travaux publics. 606,650 »
de la guerre !,£67,56F 51
de la marine. . . . . 188 *M'
des finances. . . ? 114,268 W
Frai» de régie et de perception, des 4mpo€s. . 1,063,644 78'
BemboaJscm. , restifot. , nom-valeurs , prime». - 320,522 18*- . "
TotaL *. .;... 406g,137 f. 08?.-
, Ces deux sommes totales do paiements et de recettes représentant à pen de variations près le mouvement annuel de* impôts -et des recettes , le département , malgré sa position frontière , paie encore à l'administration centrale (déduction faite du produit de* douanes) 1,051,995 fr. 55 c, de plus qu'il ne reçoit \ ou plus du. 16* de son revenu foncier.
Elles s'élèvent (1881) à 279,427 fr. 83* cent. Si vont : Dép. fixes : traitements, abonnem., etc. 73,1 10 f. 77 c ' Véf. variables : loyers, réparations , encouragements, secours, etc 206,316 56
Dans cette dernière somme figurent pour
30,900 f. » c les prisons départementales, 26,228 32 les enfants trouvés.
Les secours accordés par l'Etat pour grêle, in*
cendie ,'épïzootie , etc., sont de 13,010 *»
Les fonôVconsacrés au cadastre -s'élèvent -à, . . 59,881 60 Les dépenses des cours* et tribunaux sont des . 191,453 64 Les frais de justiee avancés. pur l'État de. > . . . 27,259 80
XBBTWBTBXB AGRICOLE.
Sur nne superficie de 584,822 hectares, le départ, en compte : 265,000 mis en culture* .654800. forêts,.
16,992 vignes.
60,000 prés.
29,000 étangs, lacs, rivières, 100,000 landes.
6,000 marais.
Le revenu territorial est évaluera ,16,076*000 fiants» Le département renferme environ 10,900 chevaux.
. 8,000 ânes et mulets.
150,000 bêtes à cornes (race "bovine). ... 15,000 chèvres.
50,000 porcs. 200,000 moutons, mérinos, métis et indigènes. Les troupeaux de bêtes a laine en fournissent chaque année en», viron 220,000 kilogrammes.
Le produit annuel du sol est d'environ :
En céréales et parmentières. 1,950,000 hectolitres.
En avoines 230*000 id.
En vins 500,000 id.
En fruits 1,300,000 kilogrammes.
En foin 180,600,000 id,
En poissons d'étangs. . . . 1,200,000 id. En fromages 1,200,000 id.
L'industrie agricole est variée et bien entendue. — Les citerons: dé selle de la Bresse jouissaient autrefois d'une grande réputatàoau Philippe de Corn min es rapporte que le cheval monté par le rai Charles VIII à la ba taille de Fournoue était de la Bresse, U f4*$txmu cheval qu'il eût vu Je son tempe , il était noir et s'appelait Savoie* On sait que François 1er et Henri IV estimaient les coursiers lire** sans et en possédaient dans leurs écuries. Malheureusement la rssoe en a dégénéré. U est à désirer que les propriétaires du département s'appliquent de nouveau à l'améliorer. — On élevé et am engraisse un grand nombre de bêtes a cornes, qui trouvent nav débouché avantageux dans la consommation de Lyon. — La cdl« ture se fait avec des bœufs ou avec des mulets. — Les porcs gras et les volailles de la Bresse, fort recherchés, sont l'objet d'une exportation considérable. — La récolte en céréales suffit et au-delà aux besoins de la consommation locale.— Le département eamsvtu* les trois cinguièmés ,de * ses i produits en vins. — La culture sua chanvre et du lin donne des résultats avantageux. — L'édawatitsm des abeilles réussit bien , mais elle n'est pas assez répandue. Le* paysans ne vendent jamais de ruches , ils croien - que s'ils en ma-» daient une , les abeilles de toutes leurs autres ruches périraient Ce n'est que par échange qu'on peut donc s'en procurer dans Je Pa7s; .
-^MOciATien RTJRA.L1 de Ifsx. — La France était entière****** tributaire de ••'étranger, et en particulier de la Saxe, pour les laine* m fines , lorsque M.< Gitod de l'Epéneux fonda » il 7 a envers* trente -ans, àJ9as , auprès de Gex, le bel établissement qui a potsrubjot la production de cette matière précieuse. Le troupeau tombé' par ses snsnsse compose'' de 3,000 bétes superfines, et peut mettre chaque année dans le Commerce plus de 1,500 individus, lie» fMdrailM à 560 mille pour suffire aux besoins de la France et r*rV franchir do-teibut de 11 à 12 millions qu'elle paie encore à l'étranger. Mais •rétablissement de Kar ne saurait seul remplir ce Ymt; S' serait à désipe* quo des 'établissements pareils se multipliassent.. -*■ L'association rurale de Nés a pour directeurs MM. Perrault de /«temps, et Girod de l'Ain: — Le troupeau , en se p<ipètuanft par 'lut même r sons l'infliMnce d'un système hygiénique ■ approprié* sa nature , a fini par acquérir la constance de sans* et' la fixité de type que l'on remarque dans les races lorsqu'elles sont: parvenues -à «n degré supérieur dlaruncmeatj — Les résultats «*-• tenus des laines de Naz soutiennent dignement le parallèle avec» cew^pie présentent les bines électorales de Saxe.
ÉTSitOê. — ÎJe*~étangs~Jforment un des éléments principaux & la constitution agricole du département. I h occupent le plateau de la Bresse-Bressane, et au nombre d'environ 1,667, présentent v tant dans l'arrondissement de Bourg que dans celui de Trévoux, une surfaee de £0*445 hectares.. Ce plateau-, sillonné par de pelas* coteaux peu 'élevés ehtrès rapprochas les uns des entres, outre am > soi composé d'une terre végétale de 4 à 5 ponces d'épaisseur, «psi1
pose su* unethase d'argile extrêmement compacte et imperméable a .L'eaut, Les sonnées, les ruisseaux- et les rivières y coulant «st grand anarbre^on coneest que ces lieux ont dû être couverts de marais-, comme l'indique l'ancienne dénomination de âretee sm*+ • récagause, jusqu'au moment où las eaux ont été réunie» et «misée» au moyen de digues «liant d'une eottine à l'autre. C'est ainsi qme> les marais ont été convertis en étangs et sont devenus poor Ionspropriétaires L'objet d'une industrie qui mérite d'être exposée sm quelques détails.'— Ces terrains sont alternativement mis en culture ci occupés par les eaux.— Quand on veut cultiver un étang on le met à sec en ouvrant le* /Ad* ou coupure pratiquée dans la digue; la couche végétale^ fertilisée pan le limon , est ensemencée en blé, en orge et surtout enravoine.- Le produit <est double de celui des « autres -terre!* du 'département, — Dès» que- la récolte est levée* «ai « remplit l'étang et l'on y met du jeune poisson , proportionne*!©-' ment à son- étendue et suivant la nature dn sol. Les espèces qui servent à l'em^oissonnage 6ont la carpe , la tanche et le brochet. Un étang de 8 a 10 hectares reçoit un millier do carpes, 100 livre»' de petites tanches, et 100 bnfchetons: — La pèche a lien orxfinairesnent depuis le«t'r novembre' jusqu'au f** avril. — Après dent années, la carpe qui pesait 1 oooe et demie à 2 onces pèsera 2 livres et demie; 100. brochets du poids de 0 à 9 onces chacun pè» seront 4»à 500lLwes; les -tanches ^ seront augmentées dans l* proportion <lel a 5.— La prix commun de la pèche d'un étang .de* la. dimension de celui que. nous avons indiqué est 1,000 francs; • c'est à peu près la valeur que cette .pèche a eu dans tons les temps , mais l'empoissonnage e*t aujourd'hui plus cher qu'il n'était autrefois, et tout ce qui sert aux besoins de la vie a augmenté dn* prix ; le revenu des étangs , tout en étant le même en apparence* a donc réellement diminué. — Le transport du poisson se fait dans des tommettaw, vaisseaux en bois- de chêne, remplis d'eau fraîche, et qu'on place sur des charrettes. Ce transport est très chanconr et exige diverses précautions, car si d'une part les secousses dn 1a voiture fatiguent beaucoup le poisson, d'autre part trop de tan* (nullité l'endort et le sommeil lui est souvent mortel en ce qu'il donne à ses ouïes le temps de s'agglutiner ; le poisson ne pouvant plus les soulever meurt suffoqué. Afin d'éviter cet accident.
le conducteur a soin de ne pu dételer son cheval pour le faire manger en route , parce qo en mangeant attelé , il entretient le mouvement de la Toiture ; on introduit aussi de temps en temps nn bâton dans la ton nette afin de tenir le poisson éveillé en l'inquiétant.—Le transport du poisson se fait également par la Saône, au moyen de filets qui sont attachés autour d'un petit bateau. — Les produits des pêches ont leur principal débouché à Lyon ; ils s'écoulent aussi dans le département de l'Isère et dans la Suisse. — Nous ignorons si dans oes derniers temps il a été fait des règlements particulier* sur les étangs, mais jusque-là ils ont été soumis à ce qu'on appelle la coutume de Futur*. D'après cette loi pratique, le propriétaire d'un étang ne peut hausser ni allonger sa «chaussée sans la permission des propriétaires voisins ; mais il lui est loisible de donner à l'écoulement des eaux le by qu'il juge convenable (I). Si le possesseur d'un fond voisin veut le clore d'un fossé , il est obligé d'en former la douve du cAté de l'étang. Le propriétaire d'un fond supérieur à un étang ne peut d'aucune manière détourner les eaux ; il ne peut , même sur son propre fond , les empêcher de s'écouler dans l'étang. En cas d'inondation , si le poisson remonte soit dans les prés, soit dans les étangs supérieurs, Je propriétaire a sur lui droit de suite ; il peut le faire reconnaître par des experts et le revendiquer. Si au contraire le poisson des- -cend dans un étang inférieur, il n'y a point de suite. On voit que, dans les deux cas , c'est le propriétaire de l'étang supérieur, qui est réputé en défaut, et par conséquent passible des conséquences de sa négligeuce. Le droit de revendication est prescrit par une .année.— Un fait étang en Bresse sur le fond de son Vobiu, malgré .lui , en lui donnant part on en le dédommageant. — On appelle . éeotage les eaux réunies en étangs , et assee te vidage de I étang afin de mettre le fond en culture. Les étangs restent communément deux années remplis d'eau et une année à sec. — Le propriétaire de l'évolage doit douner l'assec tous les trois ans , ou indemniser les propriétaires des pteey c'est ainsi qu'on désigne les portions de terre enclavées dans l'étang; il n'a pas cette option s'ils ont dans l'assec une au*ti grande portion que lui, et il peut être contraint à pêcher la troisième année. Celui qui a pis dans l'étang est obligé , lorsqu'on le laboure , de l'ensemencer de grains qui puissent être enlevés dans le même temps que ceux qui sont semés par les autres purlionnaires. Le propriétaire de l'eau peut le sommer, à cet effet , et après nn délai cultiver le pré lui-même, parce que cette culture augmente la pèche.— Telles sont quelquesunes des dispositions de la coutume de Yillars : elle parait avoir subordonné tous les intérêts à ceux du maître de l'é volage.
nrovrsTBiB coi
LOIAU.
et possède en outre des filatures de coton et de soie , des mines d'asphalte, des manufactures de produits chimiques. lia taille des pierres fausses s'introduit dans l'arrondissement. — Celui de Trévoux s'est ressenti de la même impulsion. Des papeteries d'après les nouveaux procédés sont établies à Chatillon-les-Dombes; on fabrique à Moutlnel des draps pour les troupes ; à Thoissey , des cires et des bougies. L'affinage, le tirage et le battage d'or et d'argent sont en activité dans le chef-lieu de l'arrondissement. — Gex produit des fromages qui se confondent avec ceux de Septmonod, dans le Jura, et qui rivaliseront avec le Sassenage et le Boquefort lorsqu'ils seront plus connus. — Enfin la mégisserie est une industrie commune a tout le département ; long-temps en honneur, elle se maintient encore à un rang distingué.
. A la dernière exposition des produits de l'industrie française ,' il a été décerné une médaille d'or à MM. Perrault de Jotempe et Glrod {de l'Ain) , directeurs de l'association de Naz, pour l'amélioration toujours croissante des produits de leur troupeau. — Des MKDAiLLaf d'argent à MM. Aynard et fis (de Montluel ) , pour fabrication de castorine; Dohler et Ronehaud (à Tenay),
Lardin frères (à Belley ), pour étoffes de bourre de soie; et Dupré (à Lagnieu) , pour chapeaux de paille , façon d'Italie , remarquables par leur finesse et leur excellente confection.
Le caractère peu hasardeux des habitants du département , joint n la médiocrité des fortune* suffirait pour expliquer 11 stagnation du commerce et de l'industrie qu'on remarque dans cette contrée. .Le voisinage de deux grandes villes , Lyon et Genève , peut aussi être rois au nombre des cause» qui se sont opposées à leurs progrès. Ces villes n'offrent pas seulement une grande facilité pour ies approvisionnements ; elles attirent en outre dans leur sein toute la partie ouvrière et laborieuse de la population. C'est en vain que quelques citoyens ont eherdié, vers le milieu du siècle dernier, a donner de l'étendue à diverses branches de la prospérité publique; les efforts de Claude-Marie Renard , pour établir en grand un commerce d'entrepôt , auquel se prête la position frontière du
Says , ceux des frères Castel , de Racle , de Reyuard , pour établir es fabriques d'horlogerie, de pierre factice pareille au plus beau marbre, de toiles peintes , etc., n'eurent point les résultats qu'on était en droit d'en attendre; leurs établissements tombèrent les uns après les autres. La mort des fondateurs fut la principale •cause de ces désastres. — Les montagnes du Bngey et particulièrement l'arrondissement de Nantua , sont à peu près les seules parties du département où l'industrie se soit acclimatée sans efforts et soutenue malgré tous les obstacles. Depuis une vingtaine d'années cependant , on remarque avec intérêt qne les relations commerciales se développent dans le reste dn département et que les entreprises industrielles y prennent de l'extension. Le génie des habitants s'est réveillé en présence des matières premières dont l'abondance se révèle chaque jour. Aujourd'hui l'arrondissement de Bourg compte des établissements de filature, de faïencerie, de draperies, d'étoffes de soie. Dans celui de Belley , les grandes plantations de mûriers, les papeteries, les cartonneries se multiplient; les fabriques de toiles, à Tenay et à Saint-Rambcrt, ont reçu de l'accroissement; ces deux localités se distinguent par leurs filatures de duvet de cachemire. — Les chapeaux de paille de Lagnieu promettent de rivaliser avec ceux de Florence. — On exploite dans le même arrondissement des mines de fer et de bitume.— L'arrondissement de Nanlum s'exerce sur les mêmes objets
(1) Le by est un grand fossé aboutissant au tltou , et destiné à l'écoulement des eaux quand on veut mettre l'étang à sec.
Émigrations annuelles. — En citant les ressources industrielles des habitants du département, il convient de mentionner l'émigration d'une partie de la population de la montagne , qoi , pour économiser ses faibles récoltes , va chercher sa nourriture^ et un peu d'argent dans les départements de la Sarthe , de la. Meurthe,du Haut et Bas-Rhin, en peignant le chanvre et' en colportant des ustensiles de boissellerie. Cette émigration se fait par petites bandes composées d'un chef et de deux ou trois compagnons Ces derniers travaillent pour, le compte du chef qui les nourrit et leur donne un salaire proportionné à leur liabileté. Ce salaire varie de 15 à 80 fr. — Une partie des émigrants , au nombre de 1,500 à 2,000, sort de l'arrondissement de Belley; mais la plus grande masse, composée de 4 à 5,000 individus, appartient a l'arrondissement de Nantua. La plupart des domestiques des cultivateurs, ceux même de quelques maisons bourgeoises se réservent dans leurs engagements les mois de l'émigration , ce qu'on nomme, daus le pays, retenir son peigne. Us partent dans les' derniers jours de septembre ou au commencement d'octobre , et reviennent ordinairement à la Noël. Les plus tardifs sont rentrés' aux Rois. '— Lts ouvriers , déduction faite de quelques dépenses ' de cabaret , et de leurs emplettes d'habillements , chapeaux ,^ etc., rapportent dans leurs foyers les deux tiers de leur gain. En les supposant tous au salaire de 45 francs , ils rentrent chacun avec 30 francs de profit. — Les chefs rapportent chacun environ 130 fr. — Une seconde émigration a lieu vers la fin de mars, mais elle se borne à des visites dans les départements voisins et ne dure qu'un mois. — On évalue à 450,000 francs la somme totale que ces diverses émigrations rapportent annuellement dans le département. Douanes. — La direction de Belley a 5 bureaux principaux , dont 3 seulement sont situés dans le département.
Les bureaux du département ont fourni en 1331 : «
Douanes et timbre.
Nnntua. , 111,975 francs. * .<
Seyssel v 8,499
Belley 28,534
Produit total des douanes. . 149,008 francs. Foires. — Le nombre des foires du département est de 453. Elles se tiennent dans 113 communes, et durant pour la plupart 2 à 3 jours , remplissent 464 journées.
Les foires mobiles, au nombre de 108 , occupent 108 journées. - 326 communes sont privées de foires.
Les articles de commerce sont les bestiaux, volailles, graine, chapellerie , cordonnerie , étoffes, draperie, etc.
BXBUOGHMeVr*3XZ.
Statistique du département de l'Ain, par M. Bossi , préfet; in^. Paris, 1808.
Statistique de l'Ain, par Pcuchet et Cbanlaire ; in-4. Paris, 1808.
Notice statistique sur le département de l'Ain , par M. A. Puvis; ia-8. Bourg, 1829.
Rech. sur l'origine, les mœurs et les usagée de quelques communes voisines de la Saône (Box et HuchUi), par Th. Riboud. — Rech. sur les sub*t*nces minérales inflammeuMe» q*i eseistent dans le départ, de l'Ain, par le même {Ann. de Statut., t. vtu , n* 20 ).
Annuaires du dèj>art. de l'Ain g in-8. Bourg, 1828-33.
A. HUGO
Om têuserit thei DELL0YE . éditeur, place de là Bonne , ras des FiUe+S. Tbomu . i3.
Paris. - Imprimerie et Fonderie de Rioaoux et Comp., rue des Francs-Bourgeois Saint-Michel , 8.
Département de l'Aisne.
(tfi-frittttt f connût*, Ôoi*sonnats, ttomanïrai*, d*.)
Lôrs de l'invasion romaine , le territoire qui forme le déparleraeat était occupé par les Novioduni ou Sues so nés , habitants du Soissonnais ; les Lauduni, peuples 'du Laonnois , et les Viromandui9 doot Samarobrive (Saint-Quentin) était la capitale. *— En 407, les Vandales brûlèrent cette ville et envahirent la contrée; mais ils furent repoussés par les Suessones et les Lauduni. — Les Francs , conduits par Clovis, s'emparèrent du pays, en 486 , et vainquirent dans les plaines de Soissons l'armée commandée par Siagrius. —En 51 1, au partage des États de Clovis entre ses enfants, le Soissonnais forma un royaume dont l'existence ne fut pas de longue durée , puisque , en 558 , il se confondit dans celui de Clotaire Ier. — À la mort de ce Roi, Chilpérîc, un de ses fils, eut le Soissonnais en partage et prit le titre de Roi de Soissons. — En 833, les Normands , qui ravagaient le pays, furent vaincus par Carloman sur les bords de 1 Aisne , et traitèrent avec ce prince k Vailly. — Louis d'Outre- Mer, appelé au trône en 936, fixa sa cour à Laon , qui, jusqu'en 991, fut la résidence des rois francs. — Depuis lors , le Soissonnais, le Laonnais et le Vermandois furent gouvernés par des seigneurs particuliers, avec le titre de comtes ou de ducs. *— Les comtes du Vermandois, qui fut réuni à la oouronne par Philippe-Auguste, en 1185, étaient de la race de Charlemagne. — Les Bourgui-
Enons s'étaient emparés du Soissonnais et du aonnais; ils en furent chassés vers 1414. — En 1557 , les environs de Saint-Quentin furent le théâtre d'une bataille fameuse, gagnée par les Espagnols sur les Français. — Dans les années suivantes, les guerres civiles, religieuses et étrangères désolèrent le pays, tour à tour ravagé par les Huguenots , les Catholiques et les Espagnols. — Vers la fin du XVIe siècle, en 1584 , Henri IV y rétablit l'ordre et la paix. — La minorité de Louis Xlll y fut la cause de nouvelles guerres civiles ; les Espagnols y firent aussi des irruptions. — En 1712, les troupes autrichiennes ravagèrent une partie du Laonnais. La victoire de Denain mit fin à ces calamités : le pays n'a revu" l'étranger qu'en 1814 et en 1815. — Soissons fut, en 1728, le siège d'un congrès européen qui devait terminer tous les ' différents des grandes puissances, et qui , après plusieurs mois de conférences , n'amena aucun résultat. — En 1787, par suite d'une nouvelle organisation politique, on établit une assemblée provinciale pour le Soissonnais, et des assemblées d'élection pour les villes de Soissons, Laon , Château-Thierry, Guise et Saint-Quentin. — Soissons ne conserva pas long-temps sa suprématie : lors de la création des départements , le chef-lieu de l'Aisne fut établi à Laon.
Los monuments celtiques que renferme le départe* ment sont principalement des tombes (ou gauloises ou gallo-romaines ) et des tombelles. — Les tombes sont des cercueils en pierre , dont la partie supérieure est a arête ; elles forment souvent dans la terre plusieurs couches superposées. Les lieux où elles se trouvent sont nombreux et en présentent une grande quantité. Arcy- Sainte-Restitue , dont on fait dériver le nom de Jrca (coffre ou cercueil) , avoisine une éminence où les tombeaux sont si pressés, qu'on en évalue le nombre à plus de 20,000. Us offrent beaucoup d'analogie avec les cimetières antiques qui existent dans le Poitou et en Bourgogne.
— L^s tombelles (tumulus) sont des émtnences de 36 a 45 pieds de haut , élevées, par la main des hommes , à la mémoire de chefs militaires ou d'autres grands personnages. Elles existent généralement sur des collines; néanmoins , la butte de Pouel est située dans une plaine basse , sur la route de La Fère à Chauny ; c'est une des plus remarquables du département. Elle diffère de toutes celles que l'on connaît par sa hauteur et par sa forme , qui représente la moitié d'une poire longue coupée dans le sens de son axe et posée à plat, son grand diamètre , dirigé du levant'au couchant , est de 360 pieds , et le" petit de 190 pieds ; sa hauteur, qui diminue graduellement chaque année, est maintenant d'environ 100 pieds. — Cette tombelle curieuse est plantée de pommiers , et parfaitement cultivée jusqu'à son sommet. - L'emplacement de Bibrax, ville célèbre par les Commentaires de César, a donné lieu à de nombreuses dissertations ; les uns ont place cette ville à Laon, d'autres à Braisne, à Bray-en-Laonnais , à Fismes , etc.
Les monuments romains sont nombreux. D'après la Table théodosienne et l'Itinéraire d'An ton in , le territoire du département renfermait quatre villes antiques, Augusta Suessiouum (Soissons), Augusta Firomanduorum (Saint-Quentin ou Vermand ), Ferbinum (Vervins) , et Contraginum ( Condren , village sur l'Oise , près de Chauny). — Il était traversé par 6 routes militaires , dont on voit encore les traces » et dans la direction desquelles on a découvert plusieurs colonnes militaires.
— Il existait aussi dans I* pays plusieurs camps romains, dont les principaux étaient ceux de Vermand et de Saint-Thomas (a 3 1. sud-est de LaonV — Des fouilles faites en diverses localités ont amené la découverte de plusieurs inscriptions tumulaires , d'autels , de bas-reliefs , de médailles , de vases , d'ustensiles , etc. — On croit avoir retrouvé près de Soissons l'emplacement d'un cirque antique.
Les monuments du moyen-âge étaient autrefois nombreux et intéressans. Les premiers rois francs avaient des palais à Soissons et à Laon , dont il ne reste plus de traces. Indépendamment de ces palais , situés au milieu des villes , les rois de France ont possédé des maisons de plaisance voisines des forêts et égayées par l'aspect de la campagne. Les plus remarquables étaient : le château de Quieny, où mourut Chartes-Martel; celui de Corbeny , où Charlemagne fut reconnu roi par les Francs d' Australie ; — de Servais, où fut condamné Hincmar, évéque de Laon ; de Samoussy, à une lieue de Laon, où les rois de la seconde race tenaient leur cour plénière , etc. — On trouve à peine quelques vestiges de ces édifices autrefois célèbres. — Le département renfermait de riches et puissantes abbayes. L'abbaye île
FRANGE PITTORESQUE, -r- ÀlSflU
Prémontré ressemblait plutôt à une maison royale qu'à un monastère — L'abbaye de St-Vincent , près de Laon , était célèbre par sa bibliothèque , qui possédait plus de 20,000 volumes manuscrits, et qui fut incendiée par les Anglais, en 1359. — L'abbaye de Saint-Médard , à Soissons, est bâtie sur une crypte où étaient 1m tombeaux de Glotaire et de Sigebert. — Parmi les églises remarquables du département , on peut citer les cathédrales de Laon , de Soissons , la collégiale de Saint- Qtientin , beaux monuments d'architecture gothique ; le portail de l'ancienne église de Saint-Jean-les-Vignes, à Soissons, et celui de l'église d'Aube mon. Le département renfermait un grand nombre de châteaux et de châteaux-forts. Parmi ces derniers, la tour de Louisd'Outre-Mer, à Laon (démolie en 1831), et la tour de Coucy, étaient les plus considérables. La tour de Coucy, aujourd'hui en ruines, a encore 176 pieds de haut sur 92 de diamètre ; ses murailles ont 22 pieds d'épaisseur. — On voyait ayant la Révolution, au château de Vierzy, une lice entourée d'arcades, destinée aux tournois et aijx autres jeux chevaleresques ; il n'en reste que des débris informes.
CJULACTiBB, Mdimi, SYC.
Le département est trop rapproché de la capitale pour que le caractère et les mœurs y offrent une originalité bien marquée. Ses habitants sont en général laborieux et économes: ils ont l'esprit droit, le caractère Uoux et bon, un peu de vivacité et de susceptibilité, mais beaucoup de franchise et de loyauté; de l'imagination, de la finesse et des dispositions également naturelles pour les arts , les sciences et les lettres. Us apportent dans les affaires commerciales et dans les entreprise* industrielles une activité soutenue, une sévère probité, le goût du travail, et l'intelligence prompte de tous les procédés utiles et de toutes les nouvelles méthodes de fabrication, Cette propension à repousser les préjugea nuisibles et à favoriser le développement des amélioration* progressives , se montre auisi dans le» perfectionnements qu'ils apportant à l'agriculture. — On a remarqué en eux de la soumission aux lois et aux autorités, ea même temps que la conscience de leurs droits et la fermeté nécessaire pour les soutenir, — lia ont fait preuve d'aptilude au métier des armes, pour lequel ils ont plutôt du goût que de la répugnance. Leur pays a produit îles officiers distingués, des soldats patienta dans les fatigues et braves dans les danger* , non moins que profondément soumis à la discipline. L'auteur de là grande Statistique île l'Aisne, M. Brayer, cite même à ce sujet une anecdote intéressante. — «Le fameux 32e régiment , Ulusgré par la défense de la redoute de Motttenotte, originairement composé de Languedociens, fut, à son retour d'Egypte , complété par des conscrits de l'Aisne. 11 faisait partie du camp de Boulogne; qu'il quitta en 1805 , époque de la reprise des hostilités avec l'Autriche. — lt fallait traverser le département de l'Aisne. Arrivés à Hesdin , les soldats, au nombre de 1,200 , se présentent devant le colonel ( Darricau , depuis lieutenant général ), et lai demandent un congé pour aller passer quelques jours dans leurs fa milles. Toute permission avait été formellement défendue par le ministre de In guerre, qui avait pressenti ces demandes. Le colonel assemble êe$ soldats et leur communique Je* ordres du ministre» « Mes amis, leur dit-il, donnei-moi votre parole « d'honneur d'être rendus à Reims à la revue de séjour, •je content à vous laisser partir , • L'engagement pris , chacun s'achemine vers le lieu natal , et au jour fixé, personne à Reims ne manqua à l'appel » Les habitants de l'Aisne réunissent à l'amour du travail le goût des plaisirs. La plupart des villages ont de* fête* patronales qui sont fréquentées non-seulement par le* habitant* 4e la commune, mai* encore par ceux des communes environnante*. — Ce* fête* durent un jour ou deux, dan* le Soissonnais et le Laonnais ; mais, comme le* £««*/*; flamandes, elle* *e prolongent une grande partie
de la semaine, dans certaines communes de l'arrond. de Vervins, limitrophes du départ, du Nord. Le pinceau de Teniers pourrait seul donner une idée de la joie bruyante qui anime ces réunions. Tandis que les uns se livrent au plaisir de la danse, d'autres se disputent, au tir du fusil , le prix offert à l'adresse. Les autres jeux sont : la longue paume y le battoir, le tamis, et la crosse, qui a beaucoup de rapport avec le mail de nos départements méridionaux. L'instrument dont on se sert pour chasser la boule est une crosse de fer à manche de bois. Plusieurs coutumes locales prouvent le bon naturel des habitants du pays. Voici un des usages antiques du canton d-Hirson. Quand on célèbre, un mariage parmi lés gens du peuple , les voituriers , les ouvriers de métier, les manœuvres travaillent gratuitement pour élever la chaumière du nouveau couple : nul ne voudrait s'affranchir d'-un service dont il a recueilli le fruit, ou qui lui profitera on jour.
Depuis un demi-siècle, le* mesurs et la manière de vivre ont éprouvé un grand changement. Le sort de la masse | malgré le prix croissant des objets de première nécessite , s'est sensiblement amélioré , le* progrés de l'industrie et du commerce ayant procuré de nouvelles ressources aux familles laborieuse*, — Les habitations sont plus propres et plus saines t les meubles d'un meilleur goût, les vêtement* moins grossiers. —A l'exception du pain, tous le* comestible* «ont devenu* plu* cher d'un tiers; néanmoins, In consommation de la viande a augmenté , à eau** de l'accroissement de la population et de l'aisance qui s'est introduite dans les classes inférieures. Le prix des logements, les toiles, les draps et les cuirs ont aussi éprouvé de l'augmentation; mais les gages de* domestique* et le salaire des journaliers ont suivi la même progression. Enfin , si les grandes fortunes ont été renversées, le* petites se sont accrues et multipliées; il y a moin* de gen* riche*, mais plus de familles aisées*
La langue française est en usage dans tout le département , à l'exception de quelques cantons reculés ; on la parle assez correctement. On a remarqué que depuis quelque* années le langage des campagne* a beaucoup perdu de sa rudesse et tend à se rapprocher de celui des villes, dont il ne diffère que par plusieurs tournure* antiaue* et par quelque* expressions surannée*. On attribue .ce perfectionnement a ce que les homme* sont devenus beaucoup moins sédentaires qu'autrefois, et aux fonctions nouvelles (jurés, électeurs, etc.) que l'égalité devant la loi met les habitants des communes rurale* à même de remplir, conjointement avec ceux des villes.
mots* -BioaBJkjmqu**.
Un fort volume in-8° suffit à peine à contenir la liste de* homme» du pays dont le nom peut être indiqué à la portent* 9 on y remarque : les rois de France, Caribert, CaiLri&rc !■**, Clotairs II, Lotrairc 1er, la reine Fainioosnm, h> roi de Navarre Amtoi*é dk Bourbon , père de Henri IV ; le cardimml mm Bourboh, compétiteur du Béarnais, proclamé roi de France, sous le nom de Charles X, par quelques fanatiques ligueurs; le duc dk M ATi w w i , chef de la Ligue $ le premier prince ni Coifp*, assassiné à Jarnac; lu d«e £V#*r d* YmmêMS • nu) légitimé de Henri IV, vainqueur, devant Barcelone, de la flotte espagnole, etc. — Le département, qui, entre autres guerriers illustres , a tu naître , dans les siècles passés : Robert de Bar , général ce Charles VI , nié à Azincourt, où il cnsnsnsnâait rai* rJèr«.garde ; le brave Lahir* , qui contribua, avec Jeanne-d'Aro, à chasser les Anglais de France ; son nom a été donné an valet d* c<rupy lors de l'invention des cartes , sous Charles VT ; les maréchaux n'Aaii ■tmlRE* , me Bezojts, di froisser,, n'Errai», et PvvstGua, l'intrépide marquis ns Bumy-Cast*uuu , eu'illusH trent de glorieuses campagnes dan* l'Inde, etc., a produit de notre temps un grand nombre de militaires distingués , parmi lesquels on peut citer le maréchal Sirruriir, le général en chef Scuxrkr, vainqueur à Loano ; les généraux d'Aboviilk , JUl&abo , Btue* Hcurr, Bokxairx , Caulamtcoort, tué glorieusement à la prise di la grande redoute de Borodmo; son frère le nue ni Vicsscr., aide de camp et ministre de Napoléon ; Dubois, qui en mourant à RoTcredo, ne s'inquiétait que de la victoire ; Alt*. Dimm*; sur»
£ wne^rsr** sï£ ? **■**- - *rvy - «... y>/r>»va<&A
}r7SW/€*
wmmé le CeoHe fr*»t*i*, à cause de ea bail» défense «ta pont de Brisea; FàtereaU (I) , b'Hasoest, Héposjvh»ub , Lesec* , Maatiiaièa», Motavossa, PiVUT, Saiw T-HiLAtt.» , Tholmé , Uaaa, U*tobia, Vihot, WATT«R-6AiHT-A.i.PBiHf s* , ete. ; le comte n'HaaVtifMr , général vendéen , atteint d'une blessure mortelle à Qnàberon ; le oolonel CaxaTiCL&ia , qni introduisit dan» l'armée française î*asage de l'artillerie à obérai; le brave colonel San dsike, paient en tirer nn si grand parti à Anaterlits et à Wagram , etc. — Le pars compte aussi plusieurs rérolutionaaires fameux : Babeuf* qui prit le snroom de Caius-Gracchus ; Camille Desmoulcvs v éloquent a a tour du Pieu* - Cordelitr ; Saint- Just et Focquier- TfWTiLLt , d'atroce mémoire ; le général sans-culotte Rozrsiir, aussi connu par son incapacité que par sa cruauté. — Des homme» d'Etat distingués : Desmarets , neveu de Colbert , et un de ses pins dignes successeurs ; le ministre Otto , nn des habiles diplomates du xixe siècle ; le conventionnel Quihette, qui fut ministre de l'intérieur sous la République et membre du gouvernement
Govisoire en 1815. — Enfin un grand nombre d'hommes remarqua* ea parlenrs vertus, leur utilité ou leurs succès dans les sciences, les arts et les lettres ; le vertueux Henjiuter, évéque de Lisienx, qni s'opposa au massacre des protestants ; le philanthrope Behex&t, nn des promoteurs de l'abolition de la traite des nègres ; le due os Charost, célèbre par sa bienfaisance et son humanité ; l'ingénieur Gâtant , constructeur dji canal de Saint-Quentin ; le graveur Papillon , inventeur de la fabrication des papiers de tenture ; QorifQtrtT, inventeur des lampes à double courant d'air, qui portent son nom et qui pendant long-temps ont été les seules en usage. — L'habile chirurgien Lecat ; le fameux médecin Petit ; le philosophe Ramus , novateur éclairé qui tenta le premier de substituer à l'autorité d'Aristote' celle du raisonnement et de l'expérience. — Le missionnaire Chahlevoix , voyageur célèbre ; Lescar bot, premier historien de la Noue elle- France (Canada) ; le géographe Dkfrr j llngénienr-géographe Oger, auteur du Dictionnaire historique et géogtphique de Bretagne; l'ingénieur militaire Bloctdel , architecte de l'arc de triomphe qui a remplacé l'ancienne porte Saint-Denis ; l'excellent astronome Mechain ; Delàtour , célèbre peintre de portraits ; — le savant bibliographe Prosper Marchand ; l'illustre oratorien A bel de Sainte-Marthe,
Îui termina La Gallia Christiana et écrivit VOriens Christian**. — e poète dramatique , qui a le plus approché de la perfection classique, Racine ; le fabuliste La Fontaine , si bien nommé l'inimitable ; le due de Saint-Simon , écrivain âpre et original, auteur de mémoires curienx sur les xvu* et xvme siècles ; Gaillard , historien estimé de la Rivalité de la France et de l'Angleterre ; De- MOtrsTixRS, «utenr prétentieux mais spirituel des Lettres sur la Àfythatogte ; Lvci DE LaNcival, connu par sa tragédie d' Hector; Alexandre Douas , jeune auteur dramatique qui occupe un haut rang dans la littérature moderne ; ColneT , écrivain spirituel , critique rempli de goût ; Lesur , aotcur de l'utile Annuaire historique; E. Pingrbt, peintre et dessinateur distingué, etc.
TOZOG&AFKnE.
Le département de l'Aisne est un département méditer mné t région du Nord , mai» qui par un point d'une très étroite étendue touche à la frontière de la Belgique. 11 est formé des petits pays connus sous le nom de Thiérache, Vermandols , Laonnais , Tardenots et Soisson nais, dépendant de l'ancienne Picardie ; d'une partie du Valois (Ile-de-France) , et d'une partie de la Brie champenoise. — 11 a pour -limites; au nord, le département du Nord et la Belgique ; à l'est , ceux des Aryennes et de la Marne; au sud, celui de Seine-et-Marne ; et à Pouest , ceux de l'Oise et de la Somme. — H tire son nom d'une rivière qui le traverse de Test à l'ouest, et le coupe en deux parties inégales. — Sa superficie est de 748,000 arpents métriques.
Sol.— Montagnes. — La surface du département présente au midi 'des parties m on tueuses , et au nord des plaines basses. — Les montagnes ou plutôt les collines, constituent de petites chaînes très sinueuses et ramifiées , dont les directions courent généralement de lVst à l'ouest et dont l'élévation totale au-dessus du niveau de la mer n'est que d'environ 200 mètres. Ces chaînes offrent à leurs sommets des plateaux assez étendus. La montagne sur laquelle Laon est bâti est remarquable par son isolement au milieu d'une plaine audessus de laquelle elle s'élève à une hauteur d'environ
(tV Le Mënmet historique de f Aisne réclame pour ce département Pmrtsbr général Foy, dont les habitants de Haro (Somme) se ftlorifient 'efss-i éTétre les compatriotes. D'après M. Derismes, le géneval Fey *«Wc né à Pilhon (eeatoa de fe-8iato*, «rr. d#£t-QR*n4in),
100 mètres. — Le sol des vallées formé par des alfuvions est généralement composé de terres grasses et riches. La surface des montagnes, dont la masse .*», compose de couches argileuses, siliceuses et calcaires ,. est recouverte d'une terre végétale asse* fertile.
Marais. — Les marais du département, qui sonf* susceptibles d'être desséchés, se trouvent pour la plupart dans les arrondissements de Saint-Quentin et de* Laon. On a évalué leur superficie à environ 6,000 hee~v tares ; mais cette évaluation peut être considérée comme exagérée. — Le département possède aussi un a&seft grand nombre de tourbières.
Etangs. — On évalue la superficie des étangs du déh parlement à 930 hectares ; ils spnt au nombre de 80 en-* viron. Le plus considérable est celui de Saint-Laurent dont la superficie , dans les basses eaux , cet de 1G2 hectares, et dans les eaux hautes d'environ 160 Cet étang est alimenté par les eaux de la forêt de SaimvGobin et ptu? un grand nombre de sources.
Rivières xt canaux. — Les seules rirlères navigable* dans le département sont : l'Aisne, l'Oise et la Martre; aucune n'y a sa source. L'Aisne qui lui donne son nom, vient du département de la Meuse ; son cours dans celui de l'Aisne, a une longueur d'environ 100,004) mètres. — Le département renferme les sources d'une rivière importante et de deux fleuves , ce sont : la Sambre, la Somme et l'Escaut. — Il possède en outre le canal de Saint- Quentin qui lie le nord au midi , et lé canal de Manicamp latéral à l'Oise et qui sert de prolongement au canal de Grozat. — On évalue la Ion-; gueur navigable des rivières et des eanaux à 176,000 m»
Routes. — Les routes sont au nombre de 25 , dont 12 sont des routes royales et 14 des routes départementales. La longueur totale de leur parcours petit être évaluée à 812,000 mètres.
HtivÉOssVOaVOWS.
Climat. — Le climat est assez'tempéré , mais en général froid et humide. Il est sujet a de brusques variations et présente suivant les localité» de grandes différences. La Thiérache est le pays le plus froid.
Vents. — Les vents dominants sont ceux du nord et du sud. Le vents d'est et d'ouest soufflent rarement.
Maladies. — Les affections catarr haies, dartreuses et scrofuleuses, les obstructions au foie» la puluaonie, l'apoplexie, la paralysie et l'hydropisie sont les maladies les plus communes.
msToms VAvtrmzuLs.
Fossiles. — La nature du sol indique une origine sous-marine. Les bancs calcaires y renferment une grande quantité de madrépores , de coquilles fossiles (cerites , volutes , tu r ri telles , nummulites , etc.) On y trouve des dents de requin de grandes dimensions. On a découvert à Vailly un tronc de palmier, avec ses écailles , pétrifié en silex. Ce morceau intéressant est déposé au Muséum d'ftistoire naturelle de Paris.
Règne animal. — Les animaux domestiques sont les mêmes que ceux des départements voisins. On y élève des chèvres du Thibet. Le sanglier, le cerf et le daim se trouvent dans les forêts qui renferment aussi un grand nombre de loups et des chats sauvages. On y trouve des martres et des blaireaux. Le renard , la fouine et le putois y sont communs. La loutre fréquente ' les rivières et les étangs. L'hermine est assez multipliée dans les campagnes ; elle y devient blanche en hiver, comme dans le nord. Le département nourrit une grande quantité de gibier à poils et à plumes.
Les oiseaux aquatiques y sont nombreux. On y voit dans les hivers rigoureux des cygnes et des outardes'. Parmi les oiseaux de proie, on cite l'aigle noir, mats il est très rare, r— Les poissons remarquables des rivières sont l'esturgeon, le lamprion , l'alose, la truite saumonée. — La couleuvre d'eau , la couleuvre verte et jaune et l'orvet sont les seuls reptiles. L'écrevisse est commune et remarquable par sa groeéem.
Rionb vÉoériL. — Le cinquième de la superficie du département est couvert de forêts , dont les essences principales sont le chêne , le charme , le hêtre , le frêne et le bouleau. — Le département renferme une grande quantité de plantes aquatiques. Sa flore est la même que celle des autres pays du nord de la France.
Règne minéral. — Le département ne possède aucune mine métallique susceptible d'être exploitée, bien qu'on trouve en quelques endroits du fer sulfuré globuleux. Le sol est généralement calcaire ou crayeux. Il renferme de la pierre à bâtir, des marbres de différentes espèces , des ardoises , de l'argile propre à faire des creusets, des terres pyriteuses et alumineuses , du jrypse, de la lignite, du grès, du sable, de la tourbe, etc.
▼HAES, BOUEtl, CHATEAUX, STO.
LAOïf , cli.-l. de départ., à 32 I. N.-E. de Paris. (Distance légale; on paie 17 postes par Soissons, et 18 lj2 par Soissons). Pop. 8,400 hab. — Laon n'était, dans l'origine, qu'un château , fort par sa situation , et que les Gaulois nommaient JLamdunum. L'histoire de cette ville commence au xxie siècle, à l'époque de l'introduction du christianisme dans ses murs. — En 407, elle résista aux Barbares , et en 451, à Attila. Clovis , en 491 , y établit un évéché. Sous les rois des premières races, Laon soutint nombre de sièges , et fut souvent saccagé. Néanmoins , à la fin du xine siècle , c'était une des importantes cités de la France proprement dite. — Deux conciles y eurent lieu en 1146 et en 1331. Ses évéques avaient le titre de pairs de France, de ducs de Laon et comtes d'A-n&i. An sacre des rois , ils avaient le privilège de porter la sainte ampoule. En voilà assez sur les temps anciens ; de nos jours Laon a sou époque d'importance et d'illustration. — En 1814, restée presque sans défense et sans garnison, cette ville fut forcée de recevoir l'ennemi. Napoléon livra , sous ses murs , un combat mémorable dans leqnel la fortune ne couronna pas ses efforts. — En 1815, Laon , quoique presque démantelé, soutint un siège de quatorze jours contre les alliés. — Cette ville est située sur le sommet «L'une montagne isolée , au milieu d'une plaine fertile. Elle était autrefois divisée en trois parties ou quartiers. La vieille cité est ce qui forme aujourd'hui la citadelle. La ville a un développement d'un quart de lieue de longueur ; sa forme est celle du plateau de la montagne ; elle est fort resserrée au centre , et plus vaste aux extrémités ; sa largeur moyenne est de 160 m. Laon est généralement triste et mal bâtie. Elle est entourée de gros murs que borde une promenade charmante d'où Ton jonit de perspectives étendues et variées. Les faubourgs, an nombre de six , sont an bas de la montagne. Les principaux édifices de Laon sont': la Tomr^Penrhée , située à un des angles des murs d'enceinte, et dont l'inclinaison est considérable : on ignore si cette disposition, qui n'ôte rien à la solidité de l'édifice , et qui est unique en France , est due au caprice de l'architecte on à on tassement des terres; V Eglise cathédrale, superbe basilique réédifiée en 1114; X Hôtel de la préfecture ; les bâtiments d'une célèbre abbaye fondée en 645, et qui renfermait sept églises dans son enceinte. La Bibliothèque publique, composée de 17,000 volumes, est aussi placée dans cet édifice. — L'Hâtel- Dieu , V Hôpital général, VH6tel-de-VHle, le Collège, le Dépôt de mendicité, sont dignes de remarque. Les Casernes offrent nn bel édifice élevé en 1790. La Salle Je spectaele est petite mais jolie. — Les aaees de Laon offrent le phénomène d'une température constante ( 5° Réaumur ) beaucoup plus basse que celle de l'Observatoire de Paris (10° R.) , qui indiquent la température moyenne de la capitale. Les caves de Laon sont nombreuses , à deux étages , creusées dans le roc , sous la ville, et toujours fraîches et humides. Cbauwt, sur la rive droite de l'Oise, à la jonction du canal' de Saint-Quentin et de cette rivière , ch.-l. de cant. , à 10 1. O. de Laon. Pop. 4,290 hab. — Cette ville ancienne fut fortifiée de tout temps. — En i960 les Anglais et les Français la pillèrent alternativement. — En 1411 , les Bourguignons en abattirent les murs et mirent garnison dans son château , que les habitants reprirent vingt ans après et rasèrent jusqu'aux fondements. — Pendant les guerres du xti' siècle, la ville fut souvent ravagée par les calvinistes. — En 1591 , sa garnison tailla en pièces un régiment de ligueurs qui marchait contre Henri IV, alors occupé du siège de Koyon. — Chauny est située daus une belle plaine, et avantageusement placée pour le commerce.
H La FJtai , près du confluent de la Serre et de l'Oise, cb.-I. de cant., à 6 1. O.-N.-O. de Laon. Pop. 2^92 hab.- Dès le xe siècle, cette ville était une place très forte. — A diverses époques , elle fut assiégée et quelquefois prise. — En 1692 eurent lieu les célèbres conférences de la Fère, où les Espagnols proposèrent aux Bg neurs de placer une princesse espagnole sur le trône de France. — Trois ans après, en 1595, Henri IV était maître de cette ville.— C'est depuis long-temps an de nos arsenaux. — En 1814, elle fut bombardée et prise par les alliés. — En 1816, plus heureuse et mieux
approvisionnée , elle résista pendant cinq mois anx attaques des* Prussiens qui durent renoncer à s'en emparer. La Fère est agréablement située dans nn vallon entouré de coteaux boisés. — Sou' école d'artillerie , la plus ancienne en France , fut établie en 1719. Elle occupe l'ancien château et d'autres bâtiments. Le polygone est très vaste. L'arsenal est considérable. Il couvre un tiers de la surface de la ville , et renferme de nombreux bâtiments , un hangar immense , des usines , etc. — Les casernes dn régiment d'artillerie sont aussi des édifices remarquables*.
Notre-Dame-de-Liessf. , à 4 1. de Laon. Pop. 1*,242 bab. — Une antique image de la Vierge , jadis célèbre par de nombreux miracles , et de nos jours encore en vénération , a donné lieu à rétablissement de ce village. Son origine remonte aux temps des croisades. — La fondation de l'église date de 1184. Elle a été constamment fréquentée par les pèlerius, ils y vinrent de contrées fort éloignées. Plusieurs rois, et surtout plusieurs reines de France , l'ont visitée. La duchesse de Berry en fit le pèlerinage en 1821. L'église , qui renferme l'image de la Vierge est petite , simple, sans aucun ornement; une fontaine est à côté. La fabrication des chapelets , des croix , des crucifix , des couronnes de fleurs artificielles en papier colorié , etc. , forme , pour les habitants de cette commune , une industrie importante.
Château-Thierry, sur la Marne, ch.-l. d'arrond. , à 30 1. S.-S.-O. de Laon. Pop. 4,697 hab. — L'opinion la plus accréditée sur l'origine de Château -Thierry, est qu'après la mort de Cbilpéric, en 720, Charles-Martel fit construire ce château pour y loger le jeune Thierry, fantôme de roi qu'il avait fait couroouer pour régner en son nom. Charles avait choisi un site agréable, afin que. cette espèce de prison fût moins désagréable à l'enfant royal» et il l'avait fortifié afin de le mettre à 1 abri d'un coup de main. La ville n'existait pas encore , elle se forma peu à peu par l'agglomération, des paysans qui fuyaient les brigandages des hommes de guerre. Le château eut successivement différents possesseurs ; sa masse s'accrut , ses fortifications furent augmentées. Il soutint de nombreux 'assauts et fut pris plusieurs fois. Les Anglais s'en emparèrent, par trahison, en 1421. Charles-Quint l'enleva de vive force en 1544. Pendant la ligue, la ville fut exposée aux ravages de la guerre. Henri de Guise y reçut, en 1571 , un coup de feu, qui lui fit donner le nom de Balafré. En 1591 «Mayenne et les Espagnols prirent et dévastèrent Château-Thierry. Cette ville éprouva le même sort pendant les guerres de la fronde , eu, 1652. En 1814 la ville fut encore une des plus maltraitées du département, souvent prise et reprise, et trois fois livrée au pillage. — Son ancien pont fut détruit pur la mine; le pont de bois qui le remplaçait fut brûlé ; ce fut près de Château -Thierry que se livra , le 12 février, le glorieux combat qui fut le prélude de la fameuse bataille de Moutmirail. — La ville est bâtie en amphithéâtre , sur le penchant d'une colline que couronnent les majestueuses ruines de l'ancien château , vaste enceinte de murs énormes , de tours et tourelles. Un faubourg considérable s'étend sur la rive gauche de la Marne , et communique avec la ville par un beau pont de pierre, de trois arches. Au bout de ce pont, du côté de la ville , s'élève , depuis 1824 , la statue en marbre de La Fontaine dont la maison natale existe encore à Château-Thierry. La rivière est , de ce côté , bordée d'une jolie promenade, ,
Fina-BN-TASDEifois, ch.-l. de cant, à 6 1. N.-N.-E. de Château- Tlùerry. Pop. 2,813 hab. — Ville ancienne et qui , jadis fortifiée, fut prise par les calvinistes , en 1 567 ; par les ligueurs , en 1 589 ; par Maulcvrier, capitaine royaliste, en 1590, et pillée par les Espagnols , en 1652. — A un quart de lieue de la ville , on remarque les ruines d'un château-fort bâti en 1206 par Robert If, comte de Dreux , sur un plateau octogone de 82 mètres de haut, élevé artificiellement , et revêtu de murs. — Ce château est formé par huit grosses tours maintenant en ruines , et qui doivent avoir eu chacune environ 20 m de haut; une enceinte inférieure de murs et de tourelles les environnait. Le château communiquait avec la contrescarpe , elle-même très fortifiée , par un pont lcvi.% qu'en 1539 , Anne de Montmorency fit remplacer par une belle galerie de 80 mètres d'élévation, et longue de 52 m. Cette galerie est supportée par cinq arcades. Elle offre une masse architecturale d'un bon style , et dont l'entrée , ornée de colonnes et de basreliefs, est noble et remarquable.
La Fertb-Milow , sur l'Ourcq , à 8 1. N.-N.-E. de Château- Thierry. Pop. 1,716 hal). — Un château-fort fut l'origine de cette ville; il en est fait mention, pour la première fois, en 845. En 1400, le duc d'Orléans, frère de Charles VI, le fit reconstruire. Plus tard encore il reçut de nouveaux accroissements, et devint une for*teresse redoutable. — La ville fut aussi couverte par une enceinte fortifiée. — En 1694 , Henri IV la prit de vive force, mais Saint- Cbamant, ligueur intrépide, défendit le châtean avec vigueur, et ne le livra au roi qu'en passant à son service. Henri IV fit démanteler le châtean et la ville ; mais il en reste encore de vastes et pittoresques débris. La Ferté-Milon se glorifie d'avoir donné naissance à Racine, dont la statue , en marbre blanc, a été inaugurée récemment sur la place de l'bôtel-de-ville. La Ferté-Milon est sir
tuée en amphithéâtre sur «a coteau ; la partie basse do la ville e«t traversée par la petite rivière de l'Oareq qui serpente ensuite dans de riantes campagnes.
SAiVT-QvBjm* , sur la rive droite de la Somme , et à la tète dm canal da ee nom, à 12 1. IfS N.-O. de Laon. Pop. 17,686 hab. — L'antique, cité gauloise Samerobripe, fut nommée par Auguste, Amgusta ^irommnimerum. — Saint Quentin, qui y souffrit le martyr en 603, lni donna son nom actuel qu'elle ne prit toutefois qufen 864b— Trois voies militaires y aboutissaient; il en existe encore de beaux débris , seules antiquités romaines qu'offrent la ville et ses environs. Cette ville a été saccagée par les Vandalea en 407, par les Huns d'Attila en 461 1 par les Normands au vcie et au ix* siècle. Cbarlemagne l'aida à réparer ses ruines , et enrichit non église.— La ville devint le chef-lieu du comté de VermandoU, créé par Louis-le-Débounaire , en faveur de Pépin , fils de Bernard roi d'Italie , son neveu. — Elle eut à souffrir de fréquents désastres. Elle fut prise et pillée plusieurs fois. Plusieurs fois anssi elle se défendit avec succès et avec gloire. — Sous Louis XI , aile appartint tour à tour au roi et au duc de Bourgogne. — En 1667, l'année espagnole mit le siège devant Saint Quentin , et après avoir battu l'armée française , prit cette ville et la dévasta de fond en comble. — Un vœu' fait par Philippe II , pendant la bataille , fut cause de l'érection , en Espagne , du fameux nionas. tère de l'EscuriaL — Rendu à la France, en 1669, Saint-Quentin ae repeupla peu à peu. — A la mort de Henri III, quand les autres villes de lu province se révoltaient toutes, elle reconnut Henri IV, lui donna tonte l'assistance qu'il lui fut possible , et lui demeura fidèle dans les circonstances les plus critiques. Saint-Quentin cessa d'être une ville de guerre sous Louis XIV, quand Vauban eut couvert nos frontières du nord de places fortes. Cette ville couvre ■ne éminence isolée d'un coté par une profonde vallée, de l'autre par la Somme. Elle est baignée vers Test par le canal auquel elle donne son nom, et qui lui forme comme une demi-ceinture plantée de beaux arbres. Des démolitions successives font disparaître ses ancietts remparts que remplacent de nouveaux quartiers et des promenades. La ville a trois faubourgs ; elle est généralement bien bâtie : ses rues principales sont propres et larges ; de jolis édifices , la plupart modernes , les décorent. La Grand* Placé, sitnée presque an centre de laville, est spacieuse et régulière; elle forme nn carré long que bordent de belles façades ; au centre d'un des cotés est iWàttl-de-Fuys, monnaient gothique érigé en 1609. Il est composé d'un étage que portent huit colonnes de grès formant arcades et galeries, et surmonté de trois frontons et d'une lanterne circulaire et à jour, avec une horloge et un carillon. 12 Eglise da Saint-Quentin est située sur le sommet de la colline et domine la ville. Elle est vaste , haute , et d'une construction singulièrement hardie ; son ensemble est régulier et imposant ; ses détails sont d'une belle architecture gothique ; elle possède un clocher carré que surmontait autrefois une flèche très élevée. Le buffet d'orgues est magnifique Cette église est fort ancienne. La Bibliothèque pubLqut se compose de 14,f>00 volumes ; la Sali* de spectaele et celle deconrert sont propres et jolies; le Palais dejtu- Une et la plupart des autres édifices publics sont de beaux édifices. Soissons, sur l'Aisne, ch.-l. d'arrond , à 10 1. S.-O. de Laon. Pop. 8,149 hab. — A l'époque de la conquête romaine Soissons portait le nom de Noviodmnmm ; elle reçut alors le nom de Augusia Smyessomnm, — Défendue par des fortifications considérables elle résista long-temps aux Barbares , et fut la dernière place forte que les Romains conservèrent dans les Gaules. — Après la victoire de Clovis sur Siagrius, en 486, Soissons devint la capitale des Francs, jusqu'au moment où le roi transporta le siège du gouvernement à Paris. Un nouveau royaume, dont Soissons était ta capitale , fut , plus tard , créé pour Clotaire , fils de Clovis. — Dans un siècle de barbarie la ville éprouva fréquemment les malheurs de la guerre. En 926 Charles-le- Simple fut battu sous aes murs par Robert, son vassal. — En 1611 Soissons s'affranchit et se gouverna en commune. — En 1416 les troupes du roi Charles VI et du dauphin prirent la place , qui tenait pour les Bourguignons » et y commirent d'horribles excès ; presque tous les habitants furent massacrés : reprise par les Bourguignons , puis
Cr les Armagnacs , elle éprouva do nonveaux désastres.— En 1567 \ Huguenots la saccagèrent puis s'y établirent; le duc de Mayenne la leur reprit et la fit entourer de fortifications. — Un congrès y fui tenu en 1726.— En 1814 Soissons fut de nouveau en proie à tous les maux de la guerre et fut prise et reprise quatre fois par les étrangers et par les Français. Le dernier siège dura an mois : les troupes alliées bombardèrent U ville et la forcèrent à capituler. — Soissons est sitnée dans un vallon agréable et fertile, sur la rive gauche de la rivière : ses fortifications consistent en une enceinte bastionnée. La ville est généralement propre , bien .bâtie et bien percée ; ses édifices les plus remarquables sont Vaneitn Chef** , construit sur l'emplacement de celui des rois de la première race ; il est flanqué de grosses tours rondes et massives ; VMglise cathédrale, fondée an xi* siècle, basilique curieuse et bien conservée : en 762 Pépin s'y fit couronner roi de France ; V Abbaye dé S*i*4-jHUf4f*-r*g**9 * rondee Ter» le milieu du xi«
siècle, sur une éminence an bord da la ville; il ae reste plus da; cet établissement que la façade de son église , formée de deux' flèches d'inégale hauteur et de trois porches surmontés d'une: arcade , beau débris d'architecture gothique qu'on a conservé: comme monument d'art. — Le Collège, YHàtel-Diem, la Mai—. dm correetima, sont des édifices convenables. La ville possède un* théâtre et une bibliothèque publique riche de 19,000 volumes. — Près de Soissons se trouvent les ruines de l'antique et long-temps célèbre Abbaye de Saint-Médard fondée en 646, et qui devint la. prison de Louis-le-Débonnaire , détrôné par ses enfants : on y montre encore le cachot où fut enfermé ce fils dégénéré de Cbarlemagne.
ViLLsas-CoTTaaxTS , ch.-l. de cant, à 7 1. Ij2 de Soissons.' Pop. 2,666 hab. — Ce ne fut d'abord qu'un château royal qu'a*» voisinait un hameau ; les Anglais le détruisirent lors des guerres des Bourguignons et des Armagnacs. Le château fut reconstruit par François Ier; une petite ville se forma à l'en tour. — Elle est située au milien de la forêt de Retz , sur la grande routa de Paris à Soissons. — L'ancien château est devenu le dépôt de mendicité du département de la Seine.
Vsavms , sur le ruisseau du Vilpion ; ch.-l. d'arrond., à 10 1/ N.-N -E. de Laon. Pop 2,666 hab. — Yille fort ancienne, jadis. Fcrbùum. Elle fut plusieurs fois prise et reprise par les Orléanais et les Armaguacs; en 1662 les Autrichiens l'incendièrent. A peiuereconstruite elle fut de nouveau brûlée par les Espagnols en 1667.
— Elle a été plusieurs fois ravagée depuis dans les guerres civiles et religieuses. — Vervins s'élève en amphithéâtre sur une riante, colline. On y voit plusieurs belles constructions , et un hospice, fondé en 1670 par Jean et Jacques de Coucy, seigneurs de Ver», vins. Dans la chapelle de cet hospice se trouve nn fort beau ta* bleau de Jouvenet, représentant saint Charles Borromée secourant les pestiférés de Milan ; un autre beau tableau du même maître, clécore l'église paroissiale.
Guise , sur l'Oise ; ch.-l. de cant., à 6 1. E.-S.-E. de Vervins. Pop. 6,072 hab. — C'était anciennement une ville très forte; son» histoire certaine remonte à 1060. — Dévastée, en 1177 par les comtes de Flandre et de Hainaut, elle fut réédifiée et .fortifiée par un château considérable. En 1669 les Anglais s'emparèreut de la ville ; mais l'intrépide Jeanne de Hainaut défendit avec succès le château contre le comte de Soissons, son père, ligué alors avec les Anglais. — En 1520 le comté de Guise fut donné A Claude de Lorraine , tige de la célèbre maison de Guise, en faveur duquel le comté fut érigé en duché-pairie. — « Guise fut prise et reprise par les partis contraires , pendant la guerre de la Liguo.-
— En 1694 Henri IV attaqua ses faubourgs , les emporta après une action sanglaute, et les brûla. En 1616 les troupes alhces investirent le château , qui se reudit par capitulation. — Guise est dans nue belle situation , sur la rive gauche de l'Oise, et traversée par un canal de dérivation de cette rivière. Ses fortifications se réduisent aujourd'hui à un simple mur d'enceinte ; le cbâteau , de forme triangulaire , a été construit par Claude do, Lorraine, en 1649. Il s'élève à 60 mètres au-dessus de la ville , et est dominé par une tour fort élevée , qui, avec sa masse, offre un aspect très pittoresque.
, auivanaia USAGES.
Un ancien magistrat a publié sur les changements que les Mesura, les Opinions et les Usages ont éprouvés depuis plusieurs siècles dans la ville de Saint-Quentin , un livre où parmi un grand nombre d'observations chagrines et de réflexions déclamatoires , on trouve des détails curieux et intéressants. — Nous lui ferons quelques emprunts.
VIIe sièclk. — Il n'y avait alors que les femmes qui rasassent. Le premier jour de ses noces, et d'après une stipulation dn coutrat de mariage , la femme devait faire la barbe à son mari. — Les issues et les tripes des animaux étaient considérés comme des aliments maigres ; l'Église en permettait l'usage les samedis entre la fête de Noël et celle de la Purification. Cette qualification subsi&to. encore en Espagne. Les Duelos y Qaebrantos dont il est question dans le Ier cliapitre de Don Quichotte, et qui, le samediT, composaient l'ordinaire du*Cbevalier de la triste figure , ne sont autre chose que des fressures d'agneaux ou de moutons.
XII* siicLX. — Le commerce ne se faisait guère alors que par échanges; l'argent était rare et avait une grande valeur; une aune de toile coûtait 16 deniers et une paire de souliers 16. - Voici les détails d'un past , ou festin que les échevins de Saint-Qnentin recevaient chaque année du châtelain de la vicomte ; la table, dressée dans une salle tendue de tapisseries, était recouverte d'nn Upia sur lequel étaient posées trois nappes. Les bancs étaient garnis de paillots (coussins rembourrés de paille). Les échevins étaient servis par deux clercs de la ville (le procureur et le greffier), portant serviette sur l'épaule et une couronne de flenrs sur la tête. Le premier service se composait de potages , de poulets bouillis aux pois et de pâtes de poulets ; on servait en outre un oison pour deux échevins, auxquels le châtelain était tenu de fournir du bon pain et da bon vin t venait ensuite de la carpe et du brochet coupé»
ta*
par quitta* a* servi* sur -de* franche* de pain avec du vertêiUe (verjus d'oseille) ; on apportait ensuite du bcraf talé et de la moutarde. Chaque coupla d'écbevin avait «on plat ; pais arrivait le rôti, qui pouvait être Tarie, étant au choir du châtelain ; on levait alors là première nappe et l'on servait' à chaque échevin uoe tarte et dee cerise* , de la oréme , des fromages vieux et nouveaux , de grosses noix et des gâteaux secs ; ou ûtait ensuite la seconde nappe , et chacun des écherins recevait un grand verre d'hypocras accompagné tf oublie a ; ils pouvaient envoyer les oublies à leurs fltmmes, à leurs filles ou à leurs parents. Quand le repas était fini , on disait les grâces , puis on retirait la dernière nappe , et la table restait couverte de son tapis. Alors chaque écbevin prenant un bouquet et se couronnant de fleurs , écoutait gravement la lecture du statut qui réglait le festin , et s'assurait que le châtelain avait strictement rempli ses obligations ; dans le cas contraire , on l'obligeait fl donner un nouveau repas. L'usage de ce festin dara josqu en 1657. — Il fallait , le 1er jour de mai , porter snf soi une Branche de verdure , sans quoi on était exposé à recevoir un seau d'eau sur la tête* Celui qui le jetait disait en même temps * Je vaut prends tans vert. L'ablution fut dans la suite remplacée par d'autres peines moins fortes. Cette vieille coutume a douné naissance au dicton Prendre qnetfu'un tans vrr^pour dire le prendre au dépourvu. XIIIe eiECLl. — Ce siècle parait avoir été celui des fortunes particulières et des richesses générales ; il est marqué par un grand ■ombre de lois somptuaires. En 1238 les magistrats défendirent de réunir plus de trente personnes a une noce , d'y aller sans y avoir été invité, de consacrer aux ménétriers pins de douze deniers , et enfin qu'un mari donnât plus d'un anneau à sa femme. — Chaque confesseur devait demander à ses malades une aumône pour l'église de Saint-Quentin , et tout malade donner un repas à son coofesseur. — On ne mangeait , dans les familles bourgeoises riches , que deux sortes de viandes à chaque repas. Le dîner avait lien à 10 heures , le souper à 5. — Les mêmes familles se disputaient l'hon- «car de brûler le plus de cierges aux fêtes solennelles , pendant la célébration des matines , qui se chantaient à minuit. — Les chanoines du grand chapitre étaient rétribués par chaque office, en denrées , en argent , même en vin , qni se payait alors une livre le muid. C'était leur usage de faire dans l'église la recette de leurs chapons de redevance». — Les chanoines étaient traités par un oKmoint-m¥de*in. — Ils ne pouvaient paraître au chœur que vêtus de pourpre et d'hermine ; ils devaient y entrer par une porte particulière , et ne parler à personne durant l'office. — Il leur, était défendu de prendre aucunes femmes à leur service, quelques vieilles qu'elles fussent; de jamais se servir de dés, soit pour jouer, soit pour compter ; de faire aucune chose vile ou sale contre les murs extérieurs de leur église ; enfin de paraître dans la ville autrement qu'avec un capuchon et un manteau , et de sortir audehors sans être environnés de valets et accompagnés de chapelains.
XIVe arècLt. — Ce siècle est misérable et grossier ; les mœurs sont brutales , les hommes ignorants. Des constructions en bois et en torchis, contenant deux on trois pièces, avec un trou pour laisser échapper la fumée , sont les habitations des classes pauvres. Des lignes de maisons séparées par des fossés et distribuées au hasard forment une rue. — Aucune rue u'était pavée. — On chauffait les chambres où l'on ne faisait pas de feu , avec des terrines remplies d'eau bouillante. — Il existait déjà des guinguettes. « Remîcourt, près de Saint-Quentin , était dès Tannée 1819 la couture ou toutes les bonnes gens repairaient chaque jonr pour prendre leur rabattement, i»— Aux fêtes du patron de la ville , les rues se remplissaient de baladins qui , pendant plusieurs jours , et moyennant un denier par familles , y représentaient des mystères. — On se servait encore , en 1393 , pour consigner les actes à la postérité , de feuilles de parchemin , que l'on amassait en rouleaux — 11 y avait an-dessus de chaque cheminée un tableau qui tenait Heu de registre et sur lequel no Inscrivait les dépenses de la maison. — Il était d'usage de se décarétner en mangeant àe» œufs rouges. Lu mardi de Pâques , la foire aux œufs avait lieu dans la ville. — Le» femmes des conditions les plus relevées s'occupaient à filer, et portaient habituellement a leur coté une qneoouille chargée de chanvre.
XVe siscrT.i.— Les habitudes commencent à changer; on se lève et on se couche plus tard. — Lever à cinq heures du matin , dîner à onze , souper à sept , courber à neuf. — Un bourgeois qui avait donné a un clerc sept deniers pour réciter sept rois les sept psaumes de la pénitence sor ht sépultnre de sa mère , lui intenté un procès
erar les avoir dit au coin de «on feu — La nuit de la veille des orts , les églises et les cimetières restaient ouverts , pour qu'on pot aller prier sur le tombeau de ses proches ; afin de donner plus d'éclat à sa douleur, on louait des enfants et d'autres personnes pour réciter sur les tombes des psaumes et des litanies. — Quand on avait un procès à entamer, une résolution à prendre (réconciliations, combats, mariages, voyages, etc.), on cherchait de» conseils dans l'Ecriture sainte on dans qnelqne autre livre pieux. Après avoir invoqué Dieu , on ouvrait le livre au hasard , et l'on supposait que la première plirast* qui s'offrait contenait alors l'oracle de la sagesse divine. — A cette époqne la prise de possession des jarres se faisait parla délivrance d'une petite branche d'aulne,.
on en donnant un fétu on brin de paille , ce qui s'appelait flt/#«teV cation, et le dessaisissement ( exfettueation ) en rompant quelque brin de paille. — En 14<>5 , le chapitre de 3atnt~Quentia défendait aux chirurgiens de la ville de faire U poil les dimanches et fêtes. — Vers le milieu du xve siècle, 8 pintes de vin , 6 cetierf d'avoine ^ 1 chapon et demi valaient ensemble 8 sols. La journée d'une femme de peine se payait 9 deniers; celle, d'un ouvrier 10; cttfo d'un maçon 8 sols ; celle d'un charretier avec tm charrette et ù chevaux , It> sols ; un chapeau coulait 12 sols, un moid de chaux 15 , un setier de ciment 8 , on mois de loyer d'une maison 8 , nu voyage de dix lieues 10; une livre de chandelles se payait 18 deniers ; une toise de pavé en coûtait , livraison et façon , 80. — Une femme devait marcher en tête du cortège dont le convoi de sou mari était entouré; celle qui se serait affranchie de ce devoir religieux , aurait appelé sur elle la malédiction populaire.
XVIe siEcr.K. — Ce fut en 1562 que commencèrent les prédications des ministres de la religion réformée ; mais n'oaaut pré» cher ni enseigner publiquement leurs dogmes, ces ministrestenaient dans les campagnes des écoles secrètes qu'on nomma buissonniirtt, comme si elles eussent été cachées derrière les baissons. Le parlement rendit un arrêt portant défense de tenir de» écoles b*itso*niire$ et d'enseigner sans la permission du chantre de Paris. — Cette époque vit aussi l'établissement des confréries qui se multiplièrent outre mesure par la suite , et qui ont duré Jusque nos jonrs. 11 y en avait d'hommes et de femmes. Chaque confrérie d'hommes avait son moyemr, chaque confrérie de femme sa mairetu renouvelés tous les ans. — On rapporte aussi au XVIe siècle Péta* blissement du jeu du tir è foiseatt, par les deux compagnies bourgeoises d'arquebusiers et d'archers; ce tir se faisait avec une pompe et une solennité qui avait le caractère d'une fête plublique* celui qui abattait l'oiseau recevait pour prix une belle pièce d'argenterie et était proclamé roi ; si trois jours s'écoulaient sans que l'oiseau fût abttu , on devait appeler, pour l'abattre , la compagnie d'une des 'villes voisines ; c'était une grande cérémonie qu'un prix géuéral offert par les chevalier* de l'arquebuse aux compagnies des autres ville» du pays ; les convocations étaient faites long-temps à l'avance , et les compagnies , en se rendant à Saint-Quentin f trouvaient sur les routes , aux lieux fixés pour les haltee, de vastes tentes où des viandes froides, des fruits et des rafraîchissements de toute espèce leur étaient gratuitement offerts. lia arrivaient dans la ville. — Leurs logements y étaient proparés à l'avance , et ou exerçait envers eux une hospitalité pleine de grâce, d'attention.
XVIIe siècle. — Les fêtes populaires étaient encore signalées par des fenx de joie , qu'où allumait avec pompe en présence des autorités ; dans cette circonstance on lançait au peuple du pain , des cervelas et d'autres comestibles ; toutes les cloches étaient eu branle , l'artillerie des rem parte faisait entendre des salves multir plices , et les violons improvisaient des orchestres dans toutes les rues. — Le peuple était joyeux et recherchait toutes les occasions de fêtes et de plaisirs. — Lors d'un mariage , le ménétrier chargé de rubans, à moitié ivre quelquefois , parcourait les rues de la ville eu raclant son violon ; la nooe qui avait bien dtné le suivait , lus femmes en riant , les hommes en houppoMt (poussant de joyeuses exclamations).— A la naissance d'un enfant, on tirait des coups de fusil a la porte de l'église pendant le baptême , à la porte de l'accouchée et sous ses fenêtres après la rentrée de l'enfant* le parrain et la marraine se rendaient a l'église et en revenaient è pied » suivis et entourés d'une troupe d'enfants et d'ouvriers , au milieu desquels ils jetaient, à diverses reprises, des poignées de pièce» dé monnaie qui souvent devenaient la cause de burlesques débuta. — La promotion ou la nomination d'un fonctionnaire publie causait nu mouvement universel parmi les particuliers, et les corporations qui s'empressaient à l'envi d'aller complimenter lVîa ; les brillants blasons attachés à sa porte , les détonations d'armes a feu dans son quartier , le carillon des eioebes de sa paroisse caressaient si petite vanité, tandis que les chansons malignes, pleines de terré et de gaieté, amusaient a ses dépens les salons, et faisaient même les délices des ateliers et des marchés. — Tout alors était matière à joie et- à festins, le retour d'un parent,' le couronnement d'un enfant dans un collège, la guérlsott d'un malade , le gain d'nu procès, le commencement d'an établissement , la constroetiott d'une maison et son inauguration qu'on appelait pendre la èrémail* tire, etc. — Les repas étaient sans étiquette , le* convives nombreux , les mets abondants ; on y mangeait beaucoup , on y buvait davantage, et tout finissait par des ebansons joyeuse*, gaillardes ou satiriques. — La charité se mêlait aux plaisir» : on faisait de* quêtes pour les pauvres, et dans toutes les auberges 11 existait de* troncs pour l'établissement du bureau de charité.
XVIIIe siècle. — Les vieilles mœurs se conservèrent encore long-temps. Jusqu'au milieu de ce siècle les artisan* allaient au cabaret, les bourgeois se réunissaient ebet les cuisiniers marchanda de vin on ils faisaient d'assez bous repas ; jouaient aux carte* à nn prix modéré et lisaient la Gâte tt • de Frottée on de HulletoU. — Il n'y avait point alors de cafés ; il u'est aujourd'hui si mince village oè l'on n'en trouve.— Le* dames )>ortaient toutes de la poudre et le* cheveux crêpés * néanmoins elles se .coiffaient ettee-métne*} cette*
qui infant beeoàn eVene main étranger* touchât à leur chevelure, Uieaient neage, dans le* grand» jour», do perruquier ©hex lequel «mk'iv aliait se /aire /mire le poil. — Ou oc connaissait point les modiste» s lu matière» première* arrivaient de Paria , et iea cotffure» étaient arrangée» cJati dee meut eus n eV to*e*f< qui avaient tait leur apprentissage à Saint-Quentin, et travaillaient comme .élite «raient vn travailler leor mère on leur maliresse. — « Toute tanne maison bourgeoise, dit M. Fouquier-Cbolet , qnel que fût le nombre de» enfants, n'était servie qne par une domestique auxiliaire de la maîtresse de la maison pour ton» les travaux du ménage. On la prenait à la campagne , et autant que possible dans dee familles connues. &tre honnête , était la première condition; savoir filer, la seconde; jouir d'une forte santé, la troisième. On «exigeait d'elle encore de la modestie pour savoir se suffire avec un. faible loyer , pour ne pas perdre de temps en toi* lette , pour ne pas rivaliser de ton avec les maîtres , pour ne pas rougir du casaquin, ni du tablier de grosse toile grise, et pour ne pas ambitionner la coiffure. Ou n'appelait point cela des cuisinières, mais de» servantes. On leur donnait quinze écus de gafes , et elles faisaient là-dessus, chaque année, des économies, lies entretenaient la maison de toile de ménage avec leur rouet. Elles produisaient , au lieu de coûter.....
• En 1774 , on comptait à Saint-Quentin quarante-deux maisons qui jouissaient de 8 à 10,000 livres de rentes, et c'étaient le* plus opulentes. — L*hôtel-de-ville , à la même époque, subvenait aux charges municipales avec 18,000 livres de rentes ; et c'était un beau revenu.
« Aujourd'hui , fl dispose annuellement de 120,000 francs qui sont encore de nature à s'accroître , et il en trouve l'application. — Aujourd'hui, les fortunes de 3,000 fr. de rentes se mangent dans les ateliers et les boutiques aussi bien que dans quelques salons, et celles de 10,000 fr. semblent n'être là que ponr faire apercevoir la supériorité et le nombre de toutes celles qui les dominent. »
atrnmiow vouviQra m jLBBnmsvaAvrrx.
Politique. —Le département nomme 7 députés. — Il est divisé en 7 arrondissent, électoraux, dont les chefs-lieux sont : La on (ville et err.), Saint-Quentin (ville et arr.), Vervins , Soisaons, Château-Thierry. — Le nombre des électeurs est de 2,217.
Admih isxaaTiVK. — Le chef- lien de la préfecture est Laon.
Le département se divise en 5 sous-préf. ou arrond. commun.
laon. 11 cantons, 288 communes, 161,781 habit.
Château-Thierry. . 6 124 60,771
Saint-Quentin. ... 7 127 110,770
Solssons 6 167 68,086
Terrine 8. 180 111,692
Total. . . 87 cantons, 886 communes, 618,000 habit
Sertiee en Trésor publie. — 1 receveur général et I payeur (résidant à Laon), 4 receveurs particul. , 5 percepteurs d'arrond.
Contributions directes. — f directeur (k Laon) et I inspecteur.
Demain** et Enregistrement. — 1 directeur (à Laon), 2 inspecteurs , 2 vérificateurs.
Hypothèques. — 6 conservateur* dans les cfa.-l. d'arr. commun.
Contributions indirectes. — 1 directeur ( à Laon ) , 4 directeurs tforrond., 6 receveurs entreposeurs.
' forêts. —Le départ, fait partie de la 7° conservation forestière , dont le eh.»l. eut Laon.— 1 conserv. à Laon.-— t insp. à Vervins.
Pents-rt-thxusséès. — Le département fait partie de la 2e inspection , dont le chef-lieu est Amiens.— 11 y a 1 ingénieur en chef en résidence à Laon, chargé es outre de ta surveillance du canal de Saint-Quentin.
* Mines. — Le département fait partie du 2e arrondissement et de la 2e division , dont le chef-lieu est Abbeville. — 1 ingénieur des mines réside a Laon.
Loterie. — Les bénéfices de l'administration de la loterie sur le» mises effectuées dans le département présentent (pour 18$1 comparé à 1880) , une aagmentatiou de 21,213 fr.
Haras. — Le département fait partie , pour les courses de cheveux , du 1er arrond. de concours , dont le ch.-lieu est Paria. — Il y a à Braisne un dépét rojrai où se trouvent 87 étalons.
Miutajax.— Le département fait partie de la l** division militaire, dont le quartier générai est à Paria. — 11 y a à Laon : 1 maréchal de camp commandant la subdivision, 2 aons-m tendants militaires, à Laon , Lafère.~Le dépôt de recrutement est à Laon. t- *> département renferme 2 places de guerre : Lafère et Soissons. — La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 24e légion , dont le chef-lien fit Arra». — U y a à Lafère : 1 école d artillerie commandée par un maréchal de camp ; 1 direction d'artillerie et I direct*** dp génie, et 1 arsenal de construction.
Judiciaire. — Les tribunaux sont du ressert de l%cour royale d'Amiens. <~- H y a dans le département 5 tribunaux de lre instance: à Laon f 2 chambre»), Château -Thierry , Saint-Quentin , Soissen», Terrine v et 8 tribunaux de commerce , à Saint-Quentin, Soisaons , Vervins. — Il y a une maison de correction à Soisaons; — nn dépôt de mendicité à Laon. — Le empattement
i aotseons; renferme, |
à Villere-Cotteret» , le dépôt de mendicité du dépars, de la Seine*
JUuouna*.— Cette eathoiifue.— Le département forme In die» cèse d'un évôché érigé dans le uie siècle, sutfragant de l'archevêché de Reims , et dont le siège est à Soisaons. — 11 y a dans le déperv tement, à Soissons : — nn séminaire diocésain qui compté 119 été* ves; — à Laon , une école secondaire ecclésiastique ; — à Liesse, une école secondaire ecclésiastique ; — et à Oulchy-le-Château , une école secondaire ecclésiastique.— Le département i tnfcwaiij 8 cures de lr* classe , 85 do 2", 482 sneenramlee , et 86 vieariase.— H y existe 48 congrégations religieneee.
Culte protestant. - L'église oonaistoriale de afonaeeun eeavprend les départements de l'Aisne et de Seine-et-Marne. — EU* compte dans le département 4 sections : Moneeaux , Hargkourt , Letné et Saint-Quentin , desservies par 4 pasteurs. — » Il y a en ontre dan» le département 15 temples en maisons de prière*. — On y trouve I société biblique ; 4 aoeléré Je» mission* évaogétiqnes 1 1 société des traités religieux, et 12 écoles protestante»,
UirivEnsiTAiRn. — LedéfMirtemoBit est eamprk «Une 1* ressort de l'Académie dVAmieaa.
Instruction publique. — Il y a dans le département:- 5 collèges, à Château-Thierry , à Laon , à Saint-Quentin , à Soisaons , à Ter* vins. — Une école normale primaire à Laon. — Le nombre de» écoles primaires du département est de 915, qui sont fréquentées par 52,262 élèves, dont 33,091 garçons et 19,171 fille*. — Le* communes privées d'écoles sont au nombre de 144,
Sociétés savantes, etc.— Il existe à Saint-Quentin une SoeiétaJ des Sciences , Arts , Belles-Lettres et Agriculture , qui publie dee Mémoires ; — une Ecole de dessin et un. Cours de géométrie appliquée au* arts. — Laon possède un Conseil d'Agriculture avec des comité» consultatifs dans chaque arrondissement ; un Herbier départemental, une Ecole de dessin et des Cours de' géométrie et àVâccouchement. — Soissons possède aussi une Ecole de dessin. ' '
D'aprée le dernier recensement officiel , elle* est de 618,666 b. i et fournit annuellement à l'armée 1,1 28 jenwea iotdata.
Le mouvement en 1880 a été de ,
Mariage* , « .
Naissances. Masculin». Féminins.
Enfants légitimée 7,281 — 6,728 È~ >
naturels. 578 - 664 \Tùt*U
Ddeit 6,049 — *>847 Total
OAB.DS VATIOVAÙfr
Le nombre des citoyens inscrits est de 105*1?$ , Dont : 82,098 contrôle de réserve.
73,027 contrôle de service ordinaire»
Ces derniers sont répartis ainai qu'il suit :
69,707 infanterie. - 801 cavalerie. - 23& artillerie, — 2J94 sapeurs-pompiers.
On en compte : armés , 17,255 } équipés* 1 4,268* babillé*, 16,24?,
30,58d sont susceptibles d'être mobilisés.
Ainsi, sur 1000 individus de la population générale, 200 aoajt inscrit» au registre matricule, et feO dans ce nombre sont mobilisable» ; sur 100 individu» inscrits, sur le registre matricule » 64 sont soumis au servie* ordin,, et 36 appartiennent à la réserve.
Les arsenaux de l'Etat ont fourni à la garde nationale 16,88$ fusils, 281 mousquetons , 18 eanone , et un aaeei grand nombre de pistolets , satires , lances , etc.. ...
mots in BXjpsntfu.
Le département a payé à l'Etat (1881) :
Contribution» directes. 6,61 1,190 f, 96 o>
Enregistrement , timbre et Romaines. . k , . 8*910,109 91
Douanes et sel» „ ....... . 10,728
Boisson», droit» divers , tabac» et pondre». . . &206V814
Puâtes. ". . . . 898,581
Produit des coupes de bois, 486,088
Loterie 57,042
Produits divers, 125,972.
Ressource» ex^a.ordinairea. 977,319
Total. . . . 18,732,067 f. 76 tf.
Il a reçu du trésor 10,864,936 f ; 25 o. y dama lesquels figèrent :
1 a dette publique «t les dotations pour. . . » 1,57 1,504 f. 66 e.
Le» dépensea du ministère de la justice. . . . 154,295 29
de l'instruction publique et des cultes. 414,567 69
de rintérieur 226 69
de commerce et de» travaux publics. . I,372*ee0 74
do In guerre 4\66»i,5*4 96
de la mariée 692 20
des finances 177,198 92 1
Les frais de régie et de perception des imposa. 1,241,415 95
Remboursée!. , restitut., non valeurs et primée. 76e\ 191 94
Total . . . 10,364,936 f 25 c.
nés totale» de pejeaoent» et de recette» représen*
Ce» deux i
France prrroRESotrc. - aisnè.
^.^ tant, à pea dé variations près, le monTement annnel de» impôts et
de* recettes, le département paie annuellement, et déduction faite du produit des douanes , 3,366,407 fr. 89 c. (de plus qu'il ne reçoit) , pour les dépenses générales du gouvernement central , ou environ le huitième de son revenu territorial.
BÉrar&Xfl DÉPAmTXMSOTAXJBB.
Elles s'élèvent (en 1SS1) à 470,473 f. 84 c.
Savoie : Dép. fsmos .■ traitements , abonnent., etc. 1 20,400 f. » c.
Dép. variables : loyers, réparations, secours, etc. 150,073 84 1 1 . Dana cette dernière somme figurent pour 04,6201. » c. les prisons départementales, 90*000 » les enfants trouvés.
lies secours accordés par l'Etat pour grêle, incendie , épizootie , etc. , sont de 42,280 »
Les fond» oonsacrés au cadastre s'élèvent à. . . . 60,626 »
Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . 108,416 22
Les frais de justice avancés par l'Etat de. ... 60,400 73
HTOUSTHXE AGRICOLE.
' Sur une superficie de 748,000 hectares , le départ, en compte , 545,403 mis en culture. — 102,821 forêts. — 7,897 vignes.
Le revenn territorial est évalué à 26,800,000 francs.
Le département renferme environ, 69,414 chevaux. —85,000 bétes à cornes (race bovine). — 700,000 moutons.
Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 1.110.000 kilogr. , savoir : 24,000 mérinos , 806,000 métis, 780,000 indigènes.
Le produit annuel du sol est d'environ, En céréales et parmentières. . . . 2,800,000 hectolitres.
En avoines. 570,000 id.
En vins. . . . 280,000 id.
En bière 150,000 id.
L'agriculture est assez perfectionnée ; on emploie utilement comme engrais les terres pyri reuses ou cendres noires. — Le pays produit d'excellents légumes ; les haricots, de Soissona et les artichauts de Laon sont particulièrement estimés.— L'engrais des bestiaux et l'élève des chevaux offrent des ressources importantes aux agriculteurs , et sont l'objet de soins éclairés. Le département nourrit de beaux troupeaux de laine mérinos. On y a introduit les moutons anglais à longue laine et les chèvres de Cachemire — On y engraisse de» .porc» , parmi lesquels on en remarque de race anglo-chinoise. — On s'y occupe de l'éducation des abeille». — Les dindons , les oies et les oeufs sont l'objet de spéculations avantageuses ; les œufs surtout trouvent une exportation continue et Une ▼ente facile dans la capitale. — Le pays renferme des prairies naturelles et artificielles. — - La culture des plantes oléagineuses y est assez répandue ; les vignobles y sont généralement de qualité médiocre; on y cultive le houblon et on y fabrique diverses espèces de bière. — ïfouvion-en-Thiérache possède une fabrique de fromages , façon Marolles. — L'exploitation des bois et des oseraies a donné naissance à ploaienrs industries. Buiron-Fosse (arrond. de Tervins) est le centre d'une grande fabrication de sabots ; Origuy, celui ô*une fabrique de vannerie fine. — - La boissellerie , la vannerie commune et la sparterie occupent aussi une partie de la population ouvrière. — Les étangs fournissent des sangsues dont on tait un grand commerce
IOTDU&THXE COMMXmCIAU.
L'industrie s'exerce sur un grand nombre d'articles variés , à la * tête desquels il convient de placer les produits de la fabrique de Saint-Quentin, en tissus de coton, batistes, linons, linge de table , etc. ; les glaces de la manufacture de Saint-Gobain ; les produits chimiques (alun, couperose, sulfate de fer) des usines vitrioliqoes ; ceux de la .verrerie de Folamtray, qui fournit annuellement 8,000,000 de bouteilles pour les vins de Champagne "et du Rhin , et 150,000 cloches à jardins. — Le département renferme de» fabriques de châles et de cachemires , de broderies de tulle , de blanchisseries , des fabriques d'huile , de sucre de betteraves, etc. — On y compte plusieurs usines à fer, des fabriques de tôle, 8 fourneaux d'uffiuerie, 32 fours à plâtre , 140 briqueteries «t tuileries , 1,310 moulin» à farine , etc. ; enfin on y fait un grand commerce de blés, de laines, de toiles, etc.
Rxconpfjfsxs iirDUSTRixixts.— En 1834, l'industrie du département a obtenu 1 médaille d'or, 3 médailles d'argent, 2 médailles de bronze , 1 mention honorable et 4 citations. — La MKDAiixx d'or a été décernée à la manufacture de Saint-Gobain , pour glaces *t produits chimiques. — Les mkd ailles d'argent , à MM. Monnot-Leroy (de Pontru) , pour laines /bus ; Picard jeune et fils (de Saint-Quentin) , pour tissms en coton , et Malezieux frères et Robert ( idem ) , pour tulles et broderie t. — Les médaille» de brokzx à MM. Moret et comp. (de Moy, près Sain t-Qeeu tin) , pour UnfUé, et De Violaine (Jean) (de Prémontré) pour verrerie. — Les MiOTions et citations ont été accordées pour fabrication de soie, tapis, peigne»^ alun^et couperose. — Déjà^en 1827, on avait donné
de» médailles d'or à la manufacture de Saint-Gobain, a M. Dotte et à M. Henri Pelletier (de Saint* Quentin) , pour service damassé en fil et en coton. Une médaille d'argiht à MM. Caiali» et Cordier (de Saint-Quentin), pour machine à haute pression; et de» médailles de BROirzx a M. De Violaine (de Prémontré), pour fabrication de glaces et de verres de couleur. — Quatre Mftirranra honorables avaient en outre été décernée» pour lin filé , batiste, tissus et tulles de coton , broderies et outils divers en fer et acier.
Douanes. — Il existe dans le département un bureau , celui d'An ben ton , qui dépend de la direction de Charleville. — Il a produit en 1831 :
Douanes et timbre 10,018 fr , sels 1 15 fr., total 10723 fr. . Chiens des contrebandiers. — A de certaines époques , la contrebande est active dans la partie du département qui touche à la frontière. Pour la faire avec plus de sûreté , on emploie de» chiens , de la race des chiens de bergers , qui aboient rarement , et sont habitués à être recouverts d'une double peau , ou d'une espèce de vêtement en enir, assez épais pour les préserver des coups de feu. Ces chiens, soigneusement dressés, sout d'ailleurs habitué» à fuir devant les douaniers. Us portent un collier armé de pointes de fer, afin de se défendre contre les autres chiens que ceux-ci élèvent pour leur donner la citasse — 11 y a des contrebandiers qui, redoutant le colportage pour leur propre* comp le , sont propriétaires d'une certaine quantité de chiens qu'ils louent aux assureurs , moyennant un prix convenu , et seulement pour le temps que dure le passage de la partie de la frontière occupée par les lignes de douanes. Les chiens dressés à faire la contrebande ont un assez haut prix. On les vend dans les marchés , comme les bestiaux : il en est qui coûtent' jusqu'à 300 francs. — Les chiens de» douaniers fout aussi preuve de beaucoup d'intelligence et de fidélité : on cite à ce sujet quelques anecdotes curieuses. Noua nous bornerons à rapporter ht suivante. — Un douanier, lorsqu'il s'endormait pendant son service , attachait son chien à son bras. Ce chien , active sentinelle , le réveillait aussitôt qu'il soupçonnait la marche d'un contrebandier. Un jour d'été que le douanier, accablé par la chaleur, avait succombé au sommeil , le chien- après des efforts inutiles pour avertir son maître du naaenge des contre* bandiers , coupe son lien et s'élance à leur poursuite — Un d'eux, en fuyant , abandonne , à un quart de lieue de là , un ballot du poids de vingt livres. Le chien , trop faible pour le porter, le traîne jusqu'à l'endroit où son maître était endormi , dépose sa capture à ses pieds, et attend patiemment, sans le réveiller, le moment où il doit être payé de son zèle par «ne caresse.
Foire». — Le nombre des foires du département est de 400. Elles se tiennent dans 72 communes , dont 35 chefs-lieux, et du-» rant pour la plupart 2 à 3 jours, remplissent 603 journées.
Le* foires mobiles, an nombre de 40, occupent 30 journée». — Il y a 20 foires mémoires. — 764 communes sont privée» de foires.
Les articles de commerce sont, indépendamment des objets de consommation locale, tels que draperies, mercerie», quincailleries , etc. , les grains , les œufs (à Ploumion) ; les bestiaux aras et maigres; les chevaux; les mulets et les ânes; les chevaux de prix (à Cbauny) ; les bétes à laine (à Château-Thierry) , on y en vend annuellement environ 80,000; les laines en suint (à SaintQuentin). Cette foire était autrefois très considérable , et le centre du commerce de la laine dans le département ; aujourd'hui les cultivateurs sont habitués à attendre chez eux que les marchands Tiennent les trouver. — On vend dans quelques foires de» articles de poterie , de verroterie , de féronnerie et de la friperie en grand,
oai
Statistique du département de l'Aisne , -par le citoyen Dauchy, préfet; in-8. Paris, an X. — Statistique au département de l'Aime M par Pcuchet et Chanlaire; in-4. Paris, 1811. — Monuments , établissements et sites les plus remarquables du départ, de l'Aisne , par Pingret, avec 30 planches; in-fol. Paris, 1821. — Saint-Quentin ancien et modem* , etc. , par Fouquier-Cholet ; in-8. Saint-Quentin , 1822. — Des mmurs , d*s opinions , des habitudes et des usages don» la ville de Saint'Quentin depuis le vil* siècle jusqu'à nos jours, par le même ; in-8. Saint-Quentin , 1823. — Statistique du département de l'Aisne, par J. B. L. -Braver ; in-4. Laon , 1824.— Annuaire du dép. de l'Aisne , de 1810 à 1820, par Miroy desTournelles;-de 1027 à 1834 par A. Lecointe; ia-8. Saint-Quentin jusqu'en 1820; — Laon de 1827 à 1834. — Histoire do la ville de Laon , par J. L. F. Devisme ; 2 vol. in-8. Laon , 1822. — Mémoire sur les voie» rommmoo du départ, (par Lemaistre) , Mémoires de la Soc royale des Antiquaires , t. iv, in-8. -— Mémoire sur le eamp romain de Saint-Tkemme- (par Déviâmes).— Idem (par Lemaistre) , M. de la Soc. R. des Antiquaires , t. fi , in-8. Paris. — Almauaek de la ville et de l'arronditsèment de Saint'Quentin (publié par Fremont) ; in -12. Saint-Qu tin . 1834 ; 1" année.
A. HUOO.
On souscrit ekes, DELLOYI , éditeur, -place de la Bourse, roedes Pin«s-S.-Tho«at , st.
Paria. -• Imprimerie et Fonderie de Rnuroux et Comp -, rue de» Franca-Bouj^eois^aiMt-Micbel, 3.
Département de F Allier.
(Ci-frimni Bourbonnais)
Le territoire qui formait la province du Bourbonnais, et qui est aujourd'hui compris dans le département de l'Allier, fut primitivement occupé par les jEduens, les Arverues et les Bituriges. — Lors de la grande invasion des Helvétiens dans les Gaules, invasion qui fournit à César l'occasion de se mêler des affaires intérieures de cette grande contrée, les Boïens, peuple de la Germanie, passèrent le Rhin , pour venir au secours de leurs alliés les Helvéliens. — Ceux-ci furent vaincus et renvoyés par César dans leurs montagnes. Mais les Boïens avaient montré dans le combat une valeur qui leur attira l'estime de leurs adversaires. Les jEcniens demandèrent à César qu'il mit ses captifs à leur disposition , et par une espèce d'adoption pareille à celles que font encore quelquefois les peuplades guerrières du nord de l'Amériaue , ils accueillirent les Boïens, leur assignèrent es terres et les associèrent à leurs droits , à leurs coutumes et à leurs libertés.— La colonie des Boïens fut établie entre la Loire et l'Allier. — On à lieu de croire que les jfiduens lui donnèrent la partie la plus méridionale du pays qui leur appartenait entre les deux rivières, la postant ainsi, comme une avant-garde belliqueuse, sur les confins de leur territoire et de celui des Arvernès , leurs rivaux et ennemis. — Peu de temps après leur établissement, les Boïens avaient déjà une capitale connue sous le oom de Gergovïa Boiorum, pour la distinguer de la Gergovïa Arvernorum. L'existence de celte ville a donné lieu à de vives discussions entre les savants. On sait qu'elle fut assiégée par Vercingétorix et délivrée par César.
Le Bourbonnais , compris par les Empereurs dans la première Aquitaine, passa, dans le v* siècle, sous la domination des Visigolhs et des Bourguignons; puis après la bataille de Vouillé , vers 484, fut réuni au royaume des Francs ; mais nou pas tout de suite en totalité, les Bourguignons en ayant gardé la partie orientale. Plus tard , avant d être érigé en duché-pairie, le pays fut possédé en Sirène, par les seigneurs de Bourbon , qui se qualifiaient de sires , de princes, de barons et de comtes, titres les plus éminents de leur époque. Aymar, 1er du nom, qui vivait en l'an 912, est le
Ï>fus ancien sire de Bourbon. Charles-le-Sirople ui avait donné une terre dont Bourbon était le bourg principal. Aymar et ses descendants a jeu-' tèrent ce nom à celui d'Archambault , qu'ils portaient déjà. Archambault, ixe du nom, fut le dernier seigneur de cette maison, qui comprit deux branches .connues particulièrement, l'une sous le nom de Bourbon-l'Ancien , et l'autre sous celui de Bourbon-Dampterre. — Archambault IX ne laissa T. i. — 18.
qu'une fille, Agnès de Bourbon, qui," en 1254, épousa Jean de Bourgogne, comte de Chârolais , et qui n'eut elle-même aussi qu'une fille unique 9 Béalrix de Bourgogne, mariée, en 1272, à Robert de France, comte de Clermont, fils de saint Louis. Le fils de Robert et de Béatrix fut Louis Ier, qui prit le nom et le titre de duc de Bourbon. — Le roi Charles IV, dit le Bel, né au château de Clermont- ' en-Beauvoisis, ayant désiré devenir possesseur de ce château , donna, en échange, à Louis, le comté de la Marche , les seigneuries d'Issoudun , de Saint-Pierre, et érigea toutes ses possessions en duché-pairie de Bourbon. — Philippe-de- Valois , successeur de Çharles-le-Bel , trouvant que Téchange n'était point avantageux à la couronne , reprit les terres données à Louis 1er, et lui rendit le comté de Clermont, mais il lui laissa toutefois le titre de sa duché-pairie. — La postérité de Louis conserva le Bourbonnais jusqu'au fameux Connétable qui prit les armes contre François 1er, et fut tué, en 1527, au siège de Rome. — Le Bourbonnais fut alors confisqué et réuni à la couronne. — Louise d'Angouléme, mère du roi, en eut la jouissance jusqu'en 1531. En 1543, il forma l'apanage du duc d'Orléans, second fils de François 1er, qui n'en jouit que deux ans.— Il fit ensuite successivement partie du douaire de Catherine de Médicis , veuve de Henri 11 ; d'Elisabeth d'Autriche , veuve de Charles IX; de Louise de Lorraine, veuve de Henri III; de Marie de Médicis, veuve de Henri IV, et d'Anne d'Autriche , veuve de Louis XIII. — Enfin, cette princesse y ayant renoncé, Louis XIV l'engagea en 1051, en échange du duché d'Albret, au grand Condé, dont la postérité en a joui jusqu'à la Révolution.
Nous ne connaissons , dans le département , aucune antiquité druidique remarquable. — Des troncs d'arbre* fendus en deux , et dont l'intérieur était creusé pour recevoir un corps, ont été découverts'il y a environ quarante ans, à bouvigny ; le bois enfoui dans 1s terre était parfaitement conservé , mais il ne restait, dans ces espèces de cercueils, aucunes traces d'ossements ni de cendres ; on a supposé que c'était des sépulcres gaulois. — Un plateau de cuivre, doublé en argent , trouvé à Chantelle, a été présenté il y a 60 ans, à l'Académie des Sciences , comme une preuve que l'art de plaquer l'argent était connu des anciens. - En effet , Pline rapporte que les Bittiriges, qui habitaient une partie du territoire de l'Allier , avaient découvert Vétamage en argent , et arpentaient les mors de leurs chevaux.
Le département renfermait un grand nombre d'antiquités romaines. Les plus remarquables ont été découvertes à Néris. Nous parlons plus loin des villes qui offrent des traces de l'ancien séjour des Romains. — Voici la description que l'antiquaire Caylus nous a laissée , d'une cité antique dont on voyait encore , dans
le siècle dernier, quelques ruines qui, aujourd'hui, ont entièrement disparu : — « L'ancienne ville de Cordes était située sur une petite montagne escarpée. Le levant, le midi et le nord , sont environnées de collines ; le village du Chateloy en occupe une petite partie ; les autres sont plantées de viffnes , ou remplies de terres labourées. L'escarpement de ce coteau, garni de rochers du coté du nord et du couchant, est de 38 toises de hauteur. — On distingue encore les fossés; ils étaient creusés de 30**olses, pour séparer la ville des collines. Cordes était fermée par une muraille construite à chaux et à sable , m?is plus épaisse et bâtie de pierres plus grosses au levant et au midi. — Elle était éloignée de pmq lieues à l'ouest de Bourbon-les-Bains, et a un quart de lieue au nord d'Hérisson.— La situation et les ruines de cette ville prouvent qu'elle a été une place forte sous les Romains ; la voie romaine de Néris à Bourges passait à Cordes. »
Les monuments du moyen-âge, tels que châteauxforts, églises , abbayes, etc., sont encore très multipliés, bien que la Révolution en ait détruit une grande quantité ; nous mentionnons, à l'article des villes, les principaux de ceux qui existent encore, tels que le château de Moulins , le château de Bourbon - l'Arohambault , l'église d'Yseure, l'Ecce homo de Saint-Pou rçain , etc.
r On accuse les habitants de l'Allier de nonchalance , de mollesse et d'éloignement pour le travail ; mais ils ont de précietises qualités ; la douceur, l'humanité et la bienfaisance ; forment le fonds de leur caractère. — Les habitants des villes se montrent sociables entre eux et empressés de faire accueil aux étrangers. — Les ré unions* y sont d'autant plus agréables, que les hommes s'y distinguent par des manières affables et polies, et les femmes, qui sont d'ailleurs généralement jblies, par une conversation spirituelle , facile et piquante. — L'instruction est assez généralement répandue et ap-
Fréciée. Le portrait suivant , fait par un écrivain de Allier , des habitants d'une des petites villes du département , donnera une idée avantageuse du caractère général de la population du Bourbonnais :« ils sont, dit-il, c légers* spirituels, enelins à la plaisanterie, humains, hospitaliers , poussant à l'excès leur empressement envers les étrangers, généreux par caractère, jamais par calcul; ils ont beaucoup d'amour-propre, quelquefois de la jactance ; et sont moins occupés de littérature et de sciences, qu'avides de plaisirs. Il y a , dans leur entretien , plus de raison ou de gatté que de culture d'esprit. Bornes dans leur ambition à cette modeste aisance qui fait la richesse du sage , on ne rencontre guère parmi eux de ces hommes souples et servîtes si communs par le temps qui court. En vain veulent-ils courir après la fortune, les difficultés les rebutent et les arrêtent. Amis d'une sage liberté, on peut dire que la politique est, en général, une science trop abstraite pour les occuper sérieusement. — La génération actuelle a contracté de bonne heure l'habitude des vertus sociales. Fière de se.ê nouvelles destinées, elle s'avance dans la vie avec toutes les idées progressives du siècle. — Plus heureuse que les générations qui .déclinent et s'éteignent, elle y apporte une force de caractère plus grande , une façon de penser plus mâle, plus susceptible d'impressions élevées. Partout, dans notre. pays, comme dans la majeure partie de la France , Je bien surpasse de beaucoup lé mal. Il grandit,. il se fortifie avec la génération nouvelle , sous l'égide de nos lois. — Les femmes oot une amabilité, unegaité remarquables; qualités qui résistent au temps, et qui attachent plus encore que la beauté. L'hymen, pour elles, n'est pas un jtoug, mais un échange d'égards, de prévenances et de tendresse Les soins de leur ménage font leurs plus douces occupations. » — 11 v a de la vérité dans ce tableau , bien que l'auteur ait cherché à l'exposer sous le jour le plus favorable. — Quant aux habitants des campagnes , il ajoute : < Moins
civilisés que ceux de la ville* on leur reproche-, avec raison sans doute, d'être tracassiers et d'aimer les procès. Jaloux les uns des autres, les haines qu'ils se portent ne sont ni héréditaires ni de longue durée, et cèdent assez facilement à des moyens de conciliation. Les vengeances vont rarement jusqu'à l'effusion du sang; elles se bornent, le plus souvent, au ravage d'un champ, d'un jardin , à la destruction d'un arbre. Accablés de travaux sur un sol qui ne leur offre que de faibles moyens de subsistance, ils sont cependant très attachés au lieu qui les a vus naître. Les grains qu'ils récoltent, ' le charbon qu'ils fabriquent, le beurre et le. fromage qu'ils préparent, sont les principales ressources du plus grand nombre. Le gain qu'ils peuvent retirer de ces produits de leur industrie, parait suffire-à leurs besoins; peu vont chercher au dehors la fortune qui les oublie. On. a dit que la nature leur avait donné des formes moins belles qu'aux habitants de la ville, cela est vrai dans plusieurs localités , mais non pas dans tout le dé» parlement. Un reproche d'une tout autre importance qu'on pourrait leur adresser avec justice , c'est leur obstination dans certaines pratiques routinières , qu'il a été, jusqu'à ce jour, presque impossible de vaincre. En vain leur indiquerait-on de nouveaux procédés agricoles , ils cultivent comme faisaient leurs pères. Une aveugle routine sert de bornes à leur étroite intelligence. » — A ces détails peu flattés nous en joindrons de plus favorables et nous dirons : les paysans de l'Allier sont doux, honnêtes et économes; très attachés à leurs anciens usages, dévoués à leurs familles, religieux jusqu'à la superstition , mais charitables envers les pauvres et disposés à pratiquer l'hospitalité. Malgré leur tranquillité apparente, ils sont vifs, gais et adonnés aux plaisirs. — Les fêtes de village , connues dans le pays sous le nom d'apports, réunissent toujours dm nombreuses assemblées. Les divertissements y consistent à bien manger, à bien boire, à chanter et à danser. La vielle et la cornemuse sont les instruments ordinaires du bal champêtre, et la danse préférée est la fameuse bourrée d'Auvergne qui, lorsqu'elle-, est bien dansée, ne manque ni de grâce M d'agrément:
COSTUMEE.
L'habillement des habitants de la campagne est simple et commode. Une veste ronde, de larges pantalons, des sabots ou de gros souliers , un chapeau a larges bords, d'où s'échappent les mèches flottantes de leurs longs cheveux; tel est le costume habituel des hommes. Celui des femmes est plus gracieux et plus élégant ; leurs robes, à taille courte et à gros plis , sont de couleurs vives (rouges communément), dont l'éclat est rehaussé par un tablier blanc Leurs Vastes chapeaux, dont la forme , relevée en arrière et parr devant , ressemble à celle d'un bateau , et qui , noués négligemment sous le menton, encadrent à merveille un joli visage, attirent surtout les regards de» voyageurs.
Bien que le Bourbonnais paraisse avoir été sur la limite qui séparait la langue d'Oïl de la langue d'Oe, on y parle généralement français. Le langage du peuple des villes est assec correct , mais la prononciation y est lourde et lente , sur les finales surtout. — Les habitants des campagnes n'ont pas précisément un patois, ils estropient le français auquel ils mêlent un assex grand nombre de locutions vicieuses et d'expressions surannées.
Parmi les hommes distingués qui appartiennent au département , nous citerons :
Barjaud, jeune poëte d'un talent remarquable, dont un boulet termina prématurément la carrière, à la bataille de Leipsick ; Bbacchamf (de l'Allier), successivement membre de la Convention, du conseil des Cinq- Cent* et du corps législatif; le maréchal ni Bsawiac,
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que la Biographie Universelle fait naître en Angleterre , en 1070 , et venir en France seulement à sept ans , et que le* historien* du Bourbonnais prétendent être né , en 1071, à Moulins, rue de la Cicogne ; Billamhdb- CouaatNAY, poète dramatique du xvr* siècle, auteur d'une tragédie sur la mort de Henri IV ; le. brave général BonuiN, ancien colonel de la garde impériale; le fa* meux connétable de Bourbon , un des grands hommes de guerre du xyi" siècle, mais dont la gloire a été effacée par sa défection; le maréchal db Boubdillon (Imbert de la Platière) qui fit ses premières armes à Ce* risolles , et sauva, en 1557 , les débris de l'armée française, à la bataille de Saibt-Quentin ;Je général Çamos db Richbmont, auteur d'écrits estimés sur la politique et Part militaire ; Cbampheu , traducteur élégant, «fui a fait connaître a la France ^Histoire de (a guerre de trente ans, de Schiller; l'abbé Chàtsl, fondateur de T Église dite française; le brave Choisi qui, dans le milieu du xvi ii* siècle , de soldat devint lieutenant général , ce
3ui était rare alors, et qui se distingua dans la guerre e Pologne, par la défense de Graoovie; l'historien du Bourbonnais, ni Coiffur-Demoièt , auquel nous avons emprunté d'utiles 'renseignements ; l'ancien député Félix de Conny, écrivain courageux et franc, orateur passionné , auteur d'une Histoire de France sous la Convention, et d'une Histoire de la Révolution français* ; le fameux cardinal Dopaat, chancelier de France sous François 1+' ; le savant Chaude Duret, écrivain du xvi# siècle, auteur d'un traké curieux sûr V Histoire des langues de cet Univers; un autre savant du xvn* siècle , Gi/bert GkviMiH , ami et rival de Saumaise ; le jurisconsulte Pierre Gib-udet, ancien député et ancien membre delà cour de cassation, courageux écrivain qui, en 1703, osa dénoncer à la Convention l'assassinat de 32 citoyens de Moulins, massacrés à Lyon ; Alex. Gibaitdbt, auteur d'une topographie estimée, du canton de Cusset ; le jésuite Henri Gbiffet, écrivain érudit, judicieux critique et prédicateur distingué ; le général Guye, qui , fit preuve de talents et de bravoure dans la guerre de la Péninsule espagnole et à. la bataille de Waterloo ; le prédicateur db Lingbndbs, que son talent oratoire éleva a la dignité épiscopale, et qui fut un digne précurseur de Bossuet ; le savant db Lobmb , premier médecin de Marie de Médicis; les deux frères Motuo, tous deux généraux distingués, et dpnt l'un fut ministre de la guerre du roi Jérôme Napoléon ; le vice-amiral d'Or- Yillibbs, habile marin, qui commandait la flotte française <a Ouessant, et qui vit la victoire lut échapper, parce que la division sur laquelle se trouvait alors le duc d'Orléans , n'obéit pas à ses signaux ; un brave guerrier du xvie siècle, aigne ami de Bavard, et illustré comme lui dans les guerres d'Italie; le maréchal de. là Palisse, dont une chanson populaire a plus étendu la célébrité que toute une vie glorieusement employée au service de son pays ; le naturaliste Peron , célèbre par ses vastes connaissances et par son voyage aux terres australes, avec le capitaine Baudin ; le mathématicien Petit, habile ingénieur, auquel on doit plusieurs machines utiles pour les sciences; le sculpteur Regxaupin, auteur du groupe de Cytele enlevée par Saturne , qui décore les Tuileries ; un des vétérans de la garde impériale, le brave général Rabusson; l'habile docteur Roox, médecin en chef de l'armée d'Afrique; le général Sauret, qui, en 1 796, commandait une des divisions de l'armée d'Italie ; le jurisconsulte Vbrnin , membre de l'assemblée consti: tuante; le commentateur Vigenerb , qui a eu , dans le xvi* siècle, une grande réputation; le maréchal Hector DB Villars, qui sauva la France, à Denain ; etc. , etc.
TOVOl
Le département de l'Allier est un département méditer rané, région du centre , formé en entier du ci-devant Bourbonnais. 11 a pour limites , au nord , les département* du Cher, de la Nièvre et de Sa6ne»et-Loire ; à l'eu , ceux de Saone-et- Loire et de la Loire ; au sud ,
ceux du Puy-de-Dôme et de la Creuse ; et à l'ouest, ceux de la Creuse et du Cher. Il tire son nom d'une des principales rivières qui le traversent. - Sa superficie est de 580,997 arpents métrique*.
Aspect eiNÉRAL. — Le Bourbonnais offre un aspect assez varié. L'AIMer coule dans une large vallée souvent assez étendue pour prendre le nom de plaine. — Les environs de Gannat et de Montluçon présentent aussi de grandes surfaces planes; néanmoins la majeure par* lie du pays est coupée par des chaîne* de collines élevée*, et sillonnée par des vallées souvent agréables et peu profondes , quelquefois triste* et creuse*. Le* plaine* et les coteaux à vignobles forment le pays fertile. L* territoire des chaînes montagneuses âpre, froid, et réunissant diverses natures du sol , est d'une culture difficile. — Les paysages changent souvent de forme* et d'aspects. Quelques cantons montrent une surface riante , enrichie d'une belle verdure ou de jaunissantes moissons: ailleurs sont des gorges arides et désolées, et plus loin dés vallées agrestes dont une belle végétation naturelle fait le principal ornement, et qu'arrosent des eaux vives et abondantes. Quelques-unes des vallées qui aboutissent au bassin de l'Allier sont aussi pittoresques que les petites vallées de la Suisse et des bords du tlhin.
Sol. — Montagnes. — Le sol des plaines , assez généralement fertile, est formé de terres al lu viônnelles, argileuses et siliceuses , mêlées de graviers, et repose sur une .base argileuse. — Le noyau des montagnes est çranitiaue. — La pente générale des terrain* va du sud au nord. Deux chaînes montagneuses se prolongent dana cette direction et forment le bassin de l'Allier ; ce sont des ramification* des montagnes de l'Auvergne et du Forez. La plus considérable est celle qui sépare l'Allier de la Loire , dont le* point* culminant* ont de 5 à 606 mètre* d'élévation au-dessus du niveau de la mer. La chaîne de séparation entre les bassins de l'Allier et du Cher, est un peu moins élevée. L'arrondissement de Moulins, qui occupe presque le tiers de la superficie du département, présente une surface assez généralement unie. On évalue à 360 mètre* l'élévation moyenne du département su-dessus du niveau de la mer.
Étangs. —.Les étangs sont en grand nombre et tous très poissonneux ; mais le* éléments noua manquent pour en apprécier la superficie totale; ces étangs, qui rendent l'air malsain dans quelques cantons, alimentent plusieurs canaux d'irrigation, et mettent en mouvement un assez grand nombre d'usines.
Rivières. — Canaux. — Aucun cours d'eau important n'a sa source dans le département; il est traversé du sud au nord par trois grandes rivières qui coulent parallèlement (la Lojre et ses deux affluents , l'Allier et le Cher) et qui sont en partie navigables. — Lé cours de la Loire, dans le département , est de 62,000 mètres; celui du Cher, de 60,000 , et celui de l'Allier, cle 98,000. L'Allier a sa source aux roontagnes^de la Lozère. Cette . rivière arriver dans le département, après avoir recueilli la majeure partie des eaux du Cantal et du Puy-de- " Dôme; elle le partage en deux parties à peu près égales; ses affluents sont : à gauche, l'Ancelot ,' la Sioule, la Queune, leChamaron et la Bioudre ; à droite, leSichon et le Mourgon ; elle est navigable dans tout le département. Ses crues moyennes sont de 7 à 8 pieds ; ses crues' extraordinaires s'élèvent jusqu'à 15 pieds. — Le département possède deux canaux , l'un , le canal du Cher> est en construction ; l'autre, le canal latéral à la faire , est destiné à unir les canaux du Centre, du Cher et de Briare. Son développement total est de 150,000 mètres. — On évalue à 132,000 mètres la partie des rivières et des canaux actuellement navigables.
Routes. - Le département est traveraé par 9 route* royales et 7 routes départementales , dont le parcours total est évalué à 093,1 16 mètre*.
MiréomoLoaix.
Cumat. — La température est sujette à de brusques variations attribuées au voisinage des montagnes. L'hiver est souvent rigoureux, et Tété quelquefois très chaud. Le* extrêmes du thermomètre de Réaumur sont : — 15° et + 30°. La température moyenne est d'environ 10° au dessus de zéro.
Vents. — Les vents dominants sont ceux du sud et de Test. Au printemps, le vent du sud-ouest, qui arrive dans le département , après avoir traversé l'Auvergne, est toujours très froid.
Maladies. — Les affections catarrhales et rhumatismales , les maladies du foie et les pleurésies 'sont les plus communes.
hiato:
Fossiles.— Les mines de houille et les dépots calcaires renferment divers fossiles. — Outre des empreintes de végétaux, on y a trouvé des ossements d'oiseaux et de mammifères, des coquilles (hélices, lymnées, etc ), des crustacés (cypris faba). — Les calcaires de Creuziers présentent des concrétions en forme de cylindres ou cônes creux , d'environ un pouce et demi de longueur, sur une ligne d'épaisseur , et cinq lignes de diamètre total. Ces fossiles , que M. Bosc a décrits, dans le Journal des Mines , sous le nom à'Indusia tubulata , paraissent être le travail d'insectes dont le fourreau devait ressembler à celui des larves de friganes , et n'ont pas d'analogues connus.
Règne minéral. — Les races d'animaux domestiques tendent, à s'améliorer. On élève, dans le département, des chèvres de Cachemire et des cochons de Siam. — Les loups, les renards, les martres , les blaireaux, etc., y sont assez multipliés. — Les loutres y habitent les bords de plusieurs rivières. — Le sanglier, autrefois commun , est devenu très rare. Le gibier de toute es-
Sèce, à plumes et à poil , est abondant. On trouve , ans la saison , un grand nombre d'oiseaux de passage et d'oiseaux aquatiques. -Parmi les reptiles , on remar
Sue la vipère, la couleuvre à collier et plusieurs espèces e salamandres. — Les rivières sont poissonneuses , on y pêche des saumons , des truites , des carpes , des perches, etc. — On trouve , dans les étangs, de superbes brochets pesant jusqu'à 25 livres. — Les écrevisses sont grosses et très communes.
Rbcnb végétal. — Les forêts occupent environ la cinquième partie du territoire. Les essences dominantes y sont le chêne, le hêtre, le charme, le bouleau et le sapin. Le règne végétal n'offre d'ailleurs rien de bien particulièrement remarquable.
Règne minéral. — Les richesses minérales du département se composent de fer, d'antimoine, de manganèse, de houille, de granit, de porphyre, de grès, de quartz, de kaolin, de petunsé, de marbre, d'argile à potier, de marne , etc.— On remarque , dans la mine de houille de Commentry , une galerie d'écoulement creusée dans le roc , à 33 mètres de profondeur , et d'environ 1,300 mètres de longueur. — Parmi les marbres , on cite le bleu turquin, de Ferrières; le marbre gris, de Dion , et le marbre blanc , de Vendelat. « Cette carrière , dit Caylus, est très abondante; le marbre qu'elle produit est moins blancque celui de Carrare, mais il a le grain, la couleur et toutes les qualités de celui de Paros. • — Les anciens auteurs citent la commune de Bert , près le Donjon , comme renfermant des mines de cuivre qui étaient déjà «.onnues il y a trois siècles. — On dit cjue la mine d'antimoine de Brenel renferme un minerai mélangé de cuivre et même d'or en petite quantité. — On prétend avoir découvert, dans les carrières de Saint- Léon, du minerai mêlé de plomb etd'étain. On croit qu'il existe, dans la commune de Doyet , une mine de schiste ardotsier propre à l'exploitation. — Les schistes du Peyrou ont été exploités comme ardoises il y a cinquante ans , puis la carrière a été abandonnée. — La montagne porphyritique du Peyrou (canton de Cuaset),
offre des traces de basalte et présente, à son sommet, un point volcanique peu considérable.
Eaux minérales. — Il existe à Nérjs , à Bourbon-1'Archambault et à Vichy, de célèbres établissements thermaux. On trouve en outre , dans quelques localités, des sources d'eaux minérales; celles de Saint Pardoux sont ferrugineuses et froides. Lès eaux de Bar don, près Moulins, sont savonneuses, mais peu actives; on les considère comme très propres pour la teinture On remarque , près de Cusset , la source du Chambon , dont . les eaux carbooatées et ferrugineuses ont quelque analogie avec celles de Spa.
TXZAES, BOUMS f CHATCAUX, XTC.
Moulins, sur l'Allier, cb.-l. de pré fret., à 7J L 1|4 S-S-E. de Paris (distance légale —On paie 16 postes 1|4). Pop. 14,873 hab. — L'origine de Moulins est incertaine , c'est une des villes où l'on a tooIu retrouver la Gtrgila des Boïens; il paraît seulement qu'il y eut dans son voisinage on pont qui servit an passage de l'Allier par César. — - On raconte aussi que dans le x° siècle , un seigneur de Bourbon étant devenu amoureux d'une meunière, bâtit no château à Moulins, où il n'avait auparavant qu'un rendex-voos de chasse. Aymar de Bourbon y possédait en effet , en M > an château qu'il appelle dans son testament le p'iau d<t Mouhnt. — Moulins existait déjà comme ville dans le xic et dans le xn* siècle. Elle était fortifiée et devait être considérable, puisqu'en 1%U$ on y fonda un hôpital pour 100 pauvres. — Mais c'est dans le xrr* siècle, en 1868 seulement, qu'elle a commencé à acquérir l'importance qu'elle a eue depuis, en devenant, par la résidence des ducs de Bourbon, la principale ville du Bourbonnais. Néanmoins, la ville resta encore long-temps emprisonnée dans ses murailles , et tous ses accroissements eurent lieu dans ses faubourgs. Aussi, disait-on dans le xiv* siècle que Moulins était nue petite ville avec de grands faubourgs. — C'est à Moulins , en tâ48 , que fut conclu le mariage d'Antoine de Bourbon , roi de Navarre , avec Jeanne d'Albret. En tôoo, Catherine de Médicis y convoqua la fameuse assemblée de Moulins. Charles IX , sa mère , le cardinal de Lorraine , l'amiral de Coligny, le chancelier de L'Hospital et d'autres personnages y assistèrent. L'assemblée avait été convoquée dans l'espoir de maintenir la paix entre les protestants et les catholiques; elle fut suivie d'uue des guerres de religion les plus opiniâtres dont l'histoire fasse mention, celle de la Ligue.— Henri IV fit son entrée en 1595 à Moulins , et y fnt accueilli avec enthousiasme. — Cette ville ne paraît pas avoir en beaucoup à souffrir des guerres civiles ; mais elle a été souvent dévastée par l'incendie et les ma* ladies contagieuses. Ce fut un incendie qui, en 1755, y ruina le magnifique château des Bourbons. — De l440 à 1656, elle fnt six fois désolée par la peste ; celle de 1547 fit de tels ravages , qu'on délibéra si l'on ne transporterait pas las tribunaux à Souvigny. — Les fortifications de Moulins ont depuis long-temps fait place à d'agréables promenade*. La ville a été fort embellie; elle est percée de mes droites ou qu'on redresse eu partie avec soin , et qui sont propres et bien entretenues ; mais la plupart des maisons , construites en briques , ont un aspect sombre et triste. On y remarque cependant quelques constructions modernes d'assez bon goût. — La ville est située dans une plaine , sur la rive droite de l'Allier ?elle possède sur la rive gauche uu faubourg avec lequel elle communique par un beau pont en pierre. Dans ce faubourg se trouvent les Casernes , grand et bel édifice. — Outre l'ancien palais des Bourbons , dont la tour est encore debout et domine la ville , Moulins possède plusieurs édifices publics dignes de remarque , tels qve les églises Notre-Dame, Saint-Pierre et Saint-Nicolas; le Collège, le Palais-de-Justice, l'Hôpital général et l'Hôpital Saint Joseph; l'Hôtel de la Préfecture, l'Hôtcl-de- Ville, la S- lie de spectacle, etc. — Elle possède une bibliothèque publique riche de 10,000 volumes. — I>es promenades qui l'environnent sont charmantes et parfaitement ombragées. On y remarque un beau Cours planté de quatre rangées d'ormes — L'église Notre-Dame, fondée en 1*86, est une belle église gothique qui est restée inachevée, quoique depuis long-temps elle soit consacrée an culte. Ou remarque près d'uue des petites portes un sépulcre en pierre, offrant la représentation d'an cadavre d'une effrayante vérité. — L'église de l'ancien couvent de la Visitation renferme le tombeau du maréchal de Montmorency. Ce Montmorency était filleul de Henri IV, qui disait de lui : « Si jamais la race royale venait à faillir, regardez Montmorency et reconnaissez votre maître. » Dans le procès à la suit» duquel il fut décapité , un des témoins fit de lui ce magnifique éloge : - Je le reconnus dans la bataille au feu et à la fumée dont il était couvert; après avoir rompu six de nos rangs, cet homme tuait encore des soldats au septième ; je jugeai oue ce ne pouvait être que Montmorency. » Le mouutneut élevé à la mémoire de ce guerrier par sa veuve renferme le tombeau des deux époux : H est simple et de bon goût ; l'exécution en est parfaite ; la composition du groupe funèbre placé sar le tombeau est expressive ; la Valeur
et h Libéralité , faWsV/s pria*****! , comme on aurait dit an xiv* Âecle , et que les Montmorency ont toujours déployées , s'élèvent des deux côtés da tombeau Plu» loin sont la Piété et la Justice. Le maréchal , à demi couché , est appuyé sur le coude : sa femme est à ses pieds f eu veloppée d'une longue robe de deuil, et versant des larmes. DajiMiia le groupe est l'urne cinéraire , placée sous un élégant portas*'. ^.. Le château de Moulins, situé autrefois à l'extrémité septentrionale de l'ancienne ville , se trouva aujourd'hui rcsqueao centre de la ville agrandie. Daus sa -forme irrégulière, offrait un ensemble vaste et quelques belles partie*. On temps de François |cp, il était encore cité comme un des édifices remar-
anables du royaume; il avait été construit à différentes reprises , ans les xive et xve siècles Le corps de logis qui existe encore, et qui sert de caserne à la gendarmerie , a été bâti par Catherine de Médicis. La grosse tour carrée date sans doute du x" siècle ; elle semble être restée debout après l'incendie de 1756 , comme pour attester l'existence de ce palais d*s Moulimt où le premier Arcbambault signa son testament. — On remarque sur une des places de Moulius une lour carrée du xvi* siècle, qne surmontent une horloge et des cloches où le* heures sont frappée» par les quatre statues colossales d'un homme, d'une femme, de deux enfants (l'un garçon et l'autre fille) , qu'on nomme la /*«///# Jai-qa'mard , genre de décoration mécanique en usage dans plusieurs villes de la Bourgogne et dans le nord de la France. — Moulins possède Quelques belles fontaines et un château d'eau.— Elle est préservée aes inondations de l'Allier par de superbes jetées, ouvrage de l'habile ingénieur auquel elle doit son beau pont , qui mérite luimême une mention particulière. Ce pont , chef-d'oeuvre de l'ingénieur Regemortes , a été construit de 1758 à 1783 ; sa construction présentait de grandes difficultés, principalement dans la manière de le fonder. — Moulins comptait déjà un grand nombre de ponts, mais aucun n'avait pn avoir une longue durée. Dans un seul siècle, quatre ponts de pierre et un en buis avaient été successivement construits et renversés. Lefameux Mausard avait essayé et échoué. Son fils n'avait pas eu plus de succès ; en 1710, an moment même où toutes les arches, entièrement fermées , étaient encore soutenues par les cintres , une crue subite avait détruit l'ouvrage de plusieurs années. — Regemortes ne vint à bout de son entreprise qu'en formant un sol factice, l'Allier étant une rivière torrentueuse et dont les sables mobiles ne présentent aucune solidité.— Il couvrit la surface entière sur laquelle le pont devait être élevé par un épais radier en maçonnerie , qu'on peut comparer à un mur couché horizontalement et qui est d'une largeur beaucoup
Îdus considérable qne celle du pont. Rassuré sar la solidité des bndatious, il donna à l'ouverture de ses arches une grande étendue , afin d'offrir à l'eau des débouchés plus faciles. Les travaux durèrent dix années. Ce pont est composé de treize arches de forme ovale, de 00 pieds d'ouverture chacune; il a 42 pieds de largeur et 1,017 pieds de longueur. Le succès de la méthode employée par Regemortes a été complet. Cette idée ingénieuse et hardie , de former un sol artificiel , a. été adoptée tout récemment par un de nos premiers ingénieurs, M. Julien, qui vient de construire anssi sur l'Allier, et près de Nevers, un pjmt-aqmédme de 18 arches et de 1,150 pieds de longueur, pour le passage du omaai UUral à U Leirr.
Boursom-l'Archambault, ch.-l. de cant. , à 0 1. fl|4 O. de Moulins. Pop. 2,00tf hab. — Cette petite ville est située au fond d'une belle vallée qu'arrose la Burge.— Au vu* siècle, ce n'était encore
Îju'une simple Bourgade. Les ducs d'Aquitaine en firent uue place orte qui, dès le vux* siècle, avait déjà de l'importance. Pépin l'assiégea et la prit en 750. — Bourbon devint le chef-lieu d'un petit territoire que Charles-le-Simpte érigea en tirtrU , en faveur d'Aymar, un de ses favoris; cet Aymar et ses descendants ayant presque tous porté, le nom d'Archambault , la ville en prit le surnom—Son nom primitif, qu'elle a transmis à la dernière branche des rois de France de la troisième dynastie, lui vient du nom de B*r*o , qu'elle portait do temps des Romains. On la voit en effet figurer sur les tables de Peutinger, sons la désignation de Aqum B*rvmu. - Dans un ouvrage récemment publié , et qui a obtenu l'assentiment de l'Académie des Inscriptions, M. Berger de Xivrey a établi que horro était la divinité .des eaux thermales dans le centre de la Gaule. — On croit que le premier Arcbambault , sire de Bourbon , est celui qui a fait construire le château-fort qui porte son nom , et dont il existe encore des ruines qui attestent son antique importance. Ce château , situé sur des rochers, entouré de trois cotés de précipices creusés par la Burge , qui forme près de là un étang considérable, était considérable et très fortifié. 11 avait 24 tours r dont deux surtout étaient remarquables par leur grosseur, l'une s'appelait YJdmralt, et l'autre Qui*ea*» rre/g a* ; celle-ci était la plus considérable. — On a bâti sur se* Fondements une tour ronde qui existe encore , et où l'on a placé ■ne horloge. — Près du château s'élevait la Sainte-Chapelle , qui existait encore en 1780 , et qui était une des plus riches constructions gothiques de France. Elle avait été construite sur les ruines d'une chapelle plus ancienne où fut déposé le morceau de la vraie croix donné par saint Louis à son fils Robert,— Bourbon a perdu
sa Sainte-Chapelle , mais le morceau de la vraie croix a été coaw serve et placé dans l'église paroissiale de la ville, édifice gothique que décorent de très beaux vitraux. — C'est à Bourbon qu'est morte en exil la célèbre madame de Montespan : on y montre en* core la maison qu'elle habita. — Bourbon possède des eaux minérales de diverse nature; les unes sont ferrugineuses et froides; les autres , dont la température s'élève à 51,50 degrés centigrades, renferment de l'acide carbonique, du bi-carbonate , du sulfate et du muriate de soude, un peu de silice, de carbonate de rhaux, de magnésie et de fer. Ces eaux , dont on fait usage en bains , en* douches et eu boissons , sont employées pour lé traitement de la paralysie et des rhumatismes; les sources chaudes sont encore plus abondantes que celles de Néris , puisqu'elles fournissent en' 24 heures 2,700 mètres .cnbes d'eau. -On pourrait y prendre $,000 bains par jour. Il existe à Bourbon un édifice thermal qui renferme 1b cabine I s de bains avec douches, une jolie salle de réunion pour les baigneurs et une très belle promenade. i
Souvigky, cu.-l. de cant. ,à 4L O.-S.-O. de Moulins. Pop. 2,601 > habit. — Cette petite ville est située sur le penchant d'une colline au pied de laquelle coule le Queune ; elle est fort ancienne; quel* ques géographes, Nicolaï, entre autres, prétendent qu'elle existait avant l'iuvasion de César dans les Gaules.— On la cite comme étant le lieu où Charlemagne fit ses premières armes dans la guerre du roi Pépin , son père , contre le duc de Guyenne. — La ville était autrefois entourée de murailles dont il reste encore des ruines ; elle fut long-temps la résidence des sires et duca de Bourbon ; ces princes ne la quittèrent , dit la tradition, que par suite de querelles tracassières qui s'élevèrent entre eux et les bourgeois , querelles qui , suivant quelques auteurs , donnèrent lieu à la fondation de Moulius. — Aymard avait fondé à Souvigny, en 010, un monastène de bénédictins qui eut promplement une grande réputation et qui devint bientôt le Reims et le Saint-Denis des seigneurs de Bourbon. C'est dans cette ville qu'ils faisaient leur entrée lorsqu'ils prenaient possession de leur seigneurie » c'est dans l'église du monastère qu'ils prêtaient serment de rendre une égale justicc*à leurs peuples. Les chapelles et les caveaux de l'église renfermaient leurs tombeaux. Il ne reste rien des anciens châteaux des ducs de Bourbon^, mais l'église existe encore. C'est un édifice d'une belle architecture gothique , remarquable par se longueur et par son élévation. On y voit encore plusieurs tom-, beaux des Bourbous dans deux chapelles qui joignent le choeur. Ces tombeaux sont décorés, ainsi que cela était d'usage alors, des statues des princes quf y reposent. Le mari y est représenté en costume du temps, les mains jointes et couché à côté de sa femme. On y remarque les tombeaux du duc Louis l( et de Charles Ier.
Ymxu&x, a une demi-lieue £. de Moulins. Pop -1,886 hab.— Cette commune est fort ancienne ; quelques écrivains prétendent qne son église , qui était l'ancienne et principale paroisse de Moulins * est un ancien temple d'Isis, et ils font dériver son nom aetnel des mots Itidii mrm. Ce qu'il y a de certain , c'est que le monastère d'Yseure existait au commencement du ix* siècle. — Son église est beaucoup plus ancienne; on y voit nn.cryte ou chapelle souterraine qui témoigne de son antiquité ; cette église , asses grande mais sombre et peu élevée, est d'un gothique grossier, des figures d'animaux forment le chapiteau des colonnes qui soutiennent la voûte et qui , lourdes et (courtes , n'appartiennent à aucun ordre d'architecture , ce qui a fait conjecturer à quelquea savants qu'elle avait pu être construite sur les débris d'un temple païen. — C'est dans la commune d'Yseure que se trouve l'ancien château du parc Beauvoir , où eurent lien les noces dn connétable de Bourbon avec la princesse Suxanne, sa cousine, et qui n'est plus aujourd'hui qu'uue maison de campagne petite et sans importance.
Gajmat, sur l'Andeiot, ch.-l. d'arr., à 14 L 1(2 S. de M ou Uns. Pop 6,240 hab. — Cette ville doit son origine à une ancienne abbaye de l'ordre de saint Augustin , fondée par les seigneurs de Bourbon j elle faisait primitivement partie de l'Auvergne et en fut démembrée en 1210, par Philippe-Auguste, qui la donna avec son territoire à Guy de Du m pierre , en récompense de ce qu'il avait vaincu le comte d'Auvergne révolté contre la couronne.— La ville fut autrefois fortifiée. On y voit encore les restes du château , dout une partie a servi long-temps de prison. — Gannat est généralement mal bâtie et ne renferme aucun monument digne de remarque; mais elle est située dans une vallée agréable et fertile, arrosée par la petite rivière d'Andelot et que plusieurs écrivains appellent la Limognt du ttourbommis.
Saiht-Pourçaih , au confluent du Limon et de la Sioule , ch.-l. de cant. , à 8 1. N. de Cannât. Pop. 4,870 hab.— Cette petite ville, où quelques auteurs ont cru voir le Procrini mm de la table théodosienne , parait devoir son origine à un monastère qu'au vi* siècle fonda ou restaura dans ce lieo un pauvre esclave , Portas nus, que ses vertus ont fait placer au rang des saints, et qui, pendant sa vie, obtint nue si graude considération, qu'il put arrêter les dé* vastations de Thierry, roi d'Ausrrasic, lors de son expédition contre l'Auvergne. — Près de ce monastère s'éleva plus tard une église dont la construction est attribuée à Charlemagne. — Saint-Pourcain faisait partie de l'Auvergne. — Le ville était fortifiée et défendue
ne» mi ohâtean-fort. Les Anglais l'attaquèrent inutilement , en iâVa9.— In 1440, le dauphin et le dno de Bourbon t'en emparèrent.
— Pendant la ligue, elle fat prisa et reprise par lea ligueurs et par les royalistes. — Kn 1*63 et 15*5, la peste y fit de grands ravages. — Depuis long-temps une partie des fortifications a été détruite. •— La vjlle, lituée dans une vallée riante, entourée de aoteaux «ouverts de viguobles estimés , est assez bien bâtie ; elle offre des mes larges et bien percées; elle possède une place puâdstfoe et une promenade fort jolie. — L'église de l'ancien monas- 1ère , qui est devenue l'église paroissiale , est on édifice gothique , anr le portail duquel on voyait autrefois une de ces statues de vaw&me* à pieds d'oie , que les antiquaires nomment reines pela** fmes; ce qu'elle offre aujourd'hui de plus remarquable est un Ecct- Jfaft*, regardé comme un cbcf-d'mnvre. La statue est de grandeur aeturelle et d'une seule pierre ; la pureté des lignes , l'expression des traits, les dispositions et la vérité des muscles , la perfection dn travail , annoncent en effet que le sculpteur inconnu de ce bel Ouvrage était vu artiste du premier ordre. On sait , par des titres positire, que cette statue existait dans le xv* siècle , ce qui la rend précieuse euoore sous le rapport historique.
La Pausm , sur la Besbre ,i(31 \\î S.-S.-E. de Moulin». Pop. a\245> hab. — Cette ville , que traverse la route de Paris à Lyon , eut agréablement située dans un vallon , et au milieu de prairies baignées par la Besbre ; elle est dominée par les ruines d'un châftaaa-fort qui a appartenu à plusieurs grandes familles historiques, et notamment celle des Chabannes , dont un dès membres , le ma* rectal de la Palisse , se signala dans les guerres d'Italie , sous Chartes VU! , Louis XII et François I*r , et est devenu célèbre par «ne chanson populaire spirituellement uisise. — Cette ville est aises bien bâtie ; depuis une vingtaine d'années , elle a reçu un grand accroissement et a vu presque tripler sa population.
CoasKT. sur le Stchon et non loin de l'Allier, ch.-l de cent, et •iege dt tribunal de lr* instance, à 5 1. fff N -E de la Palisse. Pop. 4*917 hab. — Cette petite ville est ancienne , on attribue son origine à nu courent de filles, fondée dans le rx" siècle, et qui fat érigé en ahbaye en >S »0; il lui fut .ilors accordé d'immenses privilèges L'abbesse partageait avec le Roi le droit de rendre la justice» L'église collégiale était dans sa dépendance, et c'est «llo qui en nommait les douce chanoines. — Dans In gnerre de là Praguerie , les habitants de Cusset refusèrent de servir le dauphin contre son père. — Charles VU séjourna dans cette ville et y ent «me entrevue, où il pardonna a son fils , depuis Louis XI , pardon oui termina heureusement la guerre. — La ville était déjà fortiâfee , Louis XI , devenu roi , en augmenta les fortifications et en fit la ville la plus importante de U Basse-Auvergne. — An xvi* siècle , Cusset avait une forme carrée , 4 portes , 4 grosses tours dont les murs avaient vingt pieds d'épaisseur , et dout l'une était propre à loger un Roi. On y trouvait plusieurs casemates et canonnières. La ville était enceinte de hautes murailles de 12 pieds d'épaisseur, et percées de vastes souterrains qui s'ëteudaient d'une tour à l'autre; de larges fossés pleins d'eau l'entouraient de tontes parts et complétaient son système de défense. Il n'existe plus rien de ces fameuses fortifications ; des promenades, d'apréa- Mot jardins les ont remplacées La ville s'est embellie et aérée; elle possède deux places publiques , plusieurs fontaines. — - Ses Aies sont irrégulièrement- percées , ses maisons tristes et laides ; Il n'y a d'autres monuments publics que la tour de la prison et les* bâtiments de l'abbaye , qui servent de balle , de caserne et de collège ; mais les environs sont très agréables , on y trouve de Jolies promenades, et entre autres celle qui, suivant les bords riants du Stchon , conduit à Vichy.
VffiBY , sur l'Allier , à 6 I. Ouest, de la Palisse. Pop. 985 hab.
— Cette petite ville ancienne, désignée dans les tables théodotienne» sous le nom S/équse Clida, est agréablement située sur la rive droite de l'Allier, dans. une vallée riante et fertile. — Son histoire n'offre rien de remarquable Elle a été forti£ée antrefois, prise par les protestants dans 1rs guerres de religion , et détruite par eux; il reste à peine quelques débris de ses anciennes mitrailles. La ville a réparé ses désastres ; néanmoins elle est gênéralement mat bâtie, et *es rue? .sont étroites et irrégulières. — Le quartier des eaux , qu'on nomme aussi Vichy-le**Bains , est situé près de la ville , dont il n'est séparé que par nu agréable jardin. 11 renferme de beaux hôtels et deux établissements thermaux, l'un, qui est eelui de l'ho|>lt»l , est destiné à rerevoir les malades pauvres, et contient 12 robinets de baius et 3 douches. Le grand établissement thermal qui a été commencé en 1744 , et terminé fi y a peu d'années, renferme ?2 cabinets de bains et 4 douches Les source* de Vichy, qui contiennent de l'acide carbonique, du bicarbonate , dn raufiate et du sulfate de soude , sont an nombre de doute. Celle du g ruai bai si t des bains, dont la température est à 44,88 degrés centigrades, est la plus chaude de toutes ; la source des Cé\isttn$ est la moins chaude, elle n'a que 19, 75. — Les eanxde Vichy sont claires , inodores, et n'ont qn'une saveur Iixivielle très légère; la source des Célestins est nu peu aigrelette. L'eau minérale artificielle , que les Anglais nomme Soda fVaXsr, est analogue aux •aux de Vichy. Celles-ci sont recommandées dans le traitement
des coliques hépatiques , des engorgements du foie, de la rare , du mésentère-, dans le» maladies de l'estomac ; on les dit aussi bonnet l»our la gravelle. — Elles sont employées en bains , en douches et en boissons. — La grande route de Paris à Nîmes passe à Vichy, Cette ville possède aussi un joli pont suspendu ttfr l'Allier , récemment construit vis-à-vis des baius de l'hôpitat * s ;
MoirTtucoir , sur le flâne d'un coteau et la' rite* droite du Cher, ch.»I. d'arrond. , à 21 l. O.-S.-O. de Moulins. Pbp. 4,991 faafe- — Cette ville est -une des plus anciennes du Bourbonnais ; quelques auteurs attribuent sa fondation à un L*eius, fi!» éfft£on*tance' Chlore , qui lui aurait donné son nom. — On peut ttvjîre plutôt qu'elle doit son origine et son accroissement au voisinage et à la décadence de Néris, ainsi qu'à un passage militaire sur le Cher, ou aboutissaient' plusieurs voies militaires dont on connaît encore les directions. Elle était le siège d'une seigneurie qui , dès le x* siècle , appartenait aux sires dé Bourbon , et à cette époque déjà la principale ville du Bourbonnais: — Les Anglais , maîtres de la Guyenne et dn Limousin, s'en emparèrent en 1 171, et la gardèrent jusqu'en 1188, alors Philippe-Auguste les en chassa. - Dans le XXVe siècle , let Anglais furent battus près de Montlnçon. L'institution des ckrwaut fege, dont nous parlons pins loin , avait été établie en commémoration de cet événement. On a remarqué que les faubourgs de Montlnçon ont rire leurs noms actuels des guerres dé cette époque. L'un se nomme Bretons, c'était celui occupé par les Anglais; l'autre la Gironde; où logeait sans doute les soldats gascons, auxiliaires des Anglais; le troisième tomtardie, où séjournèrent les Italiens envoyés par le due de Milan , à Charles VII , alors dauphin ; enfin le quatrième la Preste (P/*Vf*st), était ainsi nommé en mémoire du combat Irvréaux Anglais. Lors delà guerre du bien'pubhc, Louis -XI séjourna à Montlnçon, qui! rançonna. La ville fut aussi rançonnée, en 1676, par les troupes du prince de Coudé. Montlnçon était alors entouré de fossés pleins d'eau et de murs très épais , percés seulement de 4 portes et flanqués de' 40 tours. — Cette enceinte , détruite aujourd'hui , a été en partie convertie en promen ides. — Le château , situé sur le lieu le plus élevé du toteau, était partirt Bèr ment fortifié. — Deux conciles provinciaux se sont réunis à Muutluçou, en 1266. et en 1288.— La ville est bien bâtie et agréablement située non loin du nouveau emn+t dm Ckér, commencé en I8P7- — Le coteau qu'elle occupe s'étend jusqu'au Cher qui baigne un de ses faubourgs et que l'on traverse sur un assez beau pont de pierre. La ville possède un hôpital et un collège. — La femme du surintendant Pouquet , qui avait été exilée à Montlnçon, y a fait construire une porte qui a conservé son nom.
NEais-Las-B/uns, gros bourg à 2 1. 8.-E. de Montlnçon. Pop. 1,392 hab. — Ce bourg, agréablement situé sur un vaste plateau qui domine la vallée du Cher, est depuis long-temps célèbre par ses sources thermales. Il a été corfstrnit sur les ruines d'une ancienne ville gauloise A qurn Neri, que quelques auteurs ont cru être la Gerg+wla Biioivm, dont il est question dans les commentaires de César. — L'ancienne Néris fut une des principales cités de la Gaule romaine. Les Romains y avaient créé des établisse* ments importants et l'avaient embellie de divers monuments. Néris fut détruite pour la première fois sous Constance , et rétablie som Jovien. Les Francs la pillèrent de nouveau et la livrer eut aux flammes. Elle était sortie peu à peu de ses ruines , lorsqu'elle fut s'accagée et dévastée une troisième fois par les Norniands. — Elle reçut alors un coup dont elle n'a pas pu se relever.— Néris n'a plus aujourd bni d'autre importance que celle que lui donnent ses bains. — Ses antiquités, qui méritent anssi de fixer l'attention, sont un cirque romaiu, autour duquel un beau jardin a été planté; nue voie romaine , un aqueduc , des bains , etc. — Les ruines dn • monument thermal antique ont été déblayée» il y a peu d'années. — Les eaux thermales de Néris , auxquelles on s'aeeorde à reconnaître une même origine , bien qu'elles sortent de terre "par trois sources différentes, le Puits de Ce'sar, la Source GritieS et le Grmnd Bassin, ont une température qui varie depuis 48 , 25 degrés centigrades jusqu'à 60, 50; elles sont parfaitement limpides eMucolores, et contiennent, outre un peu de ciutux et de silice, dn carbonate, du muriate et- dn sulfate de sonde. On en fait usage pour les rhumatismes , les paralysies et les maladies nerveuses. On les emploie en bains , eu douches et en boissons. I es sources de Néris produisent 1 .060 mètres cubes d'eau en 24 heures. II existe, à Néris , un hôpital on l'on reçoit gratuitement 180 pauvres , et un établissement thermal qui était en construction en 1882, et qui devait renfermer 60 cabinets de bains avee dojiches , 4 piscines, et plusieurs étuves pour les bains de vapeur. — Les environs de Néris et la ville même offrent d'agr^ablei promenades.- Le tremblement de terre de Lisbonne , se lit sentir à Néris ; une source qui avait commencé à couler , en 1750 , se gonfla tont à coup et jaillit à 8 ou 4 pieds au-dessus de son niveau ordinaire , entraînant , avee un bruit effroyable, une quantité de pierres et de sable qui encombra le bain des pauvres. La secousse agita fortement la ville de Néris , et la commotion s'étendit même jusqu'à Mont» luçon , où une muraille se fendit , et où plusieurs meubles forant renversés.
FRANCK PITTORKSOUR
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FRANCE PITTOftBSQUB. — ALLIEH
ET KUTOÀIQUES.
Uh csutsau dd xi* siècu. — Voici , d'après l'histoire du Bourbonnais, 1» description d'va'abitrau féodal situé sur les confias de la Marcbe et du Bourhouuais. Cette description donne nne idée peu favorable des agrémenta intérieurs que pouvait présenter l'habitation d'un fier Juron du moyen-âge Le château était composé d'une seule tour carrée de huit à aeuf toises sur chaque face ; à un des angles était accolée use tourelle an bas de laquelle était la porte d'entrée défendue par un pont4evis; l'édifice s>tau entouré de large» fossés ; la tourelle renfermait un escalier tournant, trop étroit pour laisser passer plus d'une personne à la fois , et qui conduisait anx différent* étages de la grosse tour. Le res-de-chaussée de cette tour serrait d'écurie et de logement aux pelfreaiers , dont la couche ne différait pas de celle des animaux qu'ils pansaient Au-dessous était un souterrain dont une partie serrait de cave, et l'autre de prison. Cette prison ne recevait de jour que par une meurtrière de cinq à sis pouces de haut , sur trois ou quatre de large , et l'on n'y descendait que par une ou- ▼erture pratiquée au haut de la voûte , où l'on plaçait une échelle lorsque Vou roulait faire entrer ou sortir un prisonnier. Le baron et sa famille étaient loges dans le premier étage qui ne formait qu'une seule et vaste pièce ; sur un des côtés était la cheminée util avait dix-huit pieds d'ouverture, sur deux autres étaient percées des feoétres de trois pieds de haut , de deux de large , pratiquées à travers des murailles de huit pieds d'épaisseur. Ce qu'il y avait de plus remarquable , était la manière dont lee lits étaient disposés. Au milieu de cette immense salle, on avait pratiqué un retranchement ou très grand cabinet de forme circulaire de trois toises au moins de diamètre , dans lequel était une énorme machine dont les tours de religieuses peuvent donner une Idée; ce tour colossal, fixé à son centre par une forte pièce de bois qui lui servait de pivot, portait à sa circonférence des roulette* arec lesquelles il tournait assex facilement sur un plancher soi- ' gneusement ciré. Il était divisé en hnit ou dix cases dont chacune contenait un lit. Chaque case avait une porte, mais le mur extérieur du cabinet n'en ayant qu'une seule qui communiquait à la grande salle , quand l'habitant de la case voulait y entrer ou en sortir, il avait a faire tourner la machine jusqu'à ce que la porte de la case se trouvât vis-à-vis de celle du cabinet. Les cases étaient numérotées , afin que chacun reconnût son lit quand on allait se coucher. — Les étages supérieurs de la tour servaient de greniers fit de magasins*,* le tout était surmonté par un donjon crénelé , et entouré de mâchicoulis.
▲ Cbjusangis sont les musakds.— Le Bourbonnais renfermait un grand nombre de fiefs auxquels étaient affectés des droits et
Srivtléges féodaux. La châtellerie de Yerneuil était celle où ces roits étaient le plus onéreux. Il y en existait de très bixarres. £n Voies an qui était encore en vigueur au xvi' siècle. Le seigneur de Noix exigeait des paroissiens de Cressanges (village situé dans la clsitelleric de Yerneuil) , que le dernier mardi de chaque mois de mais, ils se présentassent tous, au lever du soleil, dans le cimetière de la paroisse. Ils devaient y rester et se promener • saas sortir dehors, sinon en cas de grande nécessité, jusqu'au soleil couchant, se faisant là apporter à boire et à manger, sans parler les uns aux autres. — A celui qui par inadvertance leur aurait fait une question , ils ne devaient pas répondre , mais lui faire la moue et dire : murs cet mars , à Cressanges sont tes mu/arUs. » •Celui qui manquait en quelque chose à cet usage absurde était ienu de payer au seigneur, •sous 7 deniers d'amende.
Le» cuxvaux roos. —Avant la Révolution, il existait, à Mont* laçon , la confrérie des CWvsaur /agv(dite aussi du Saint-Esprit), institaée en commémoration d'uae défaite des Anglais , dam un des faubourgs, celui de la Presle (PreeUum) , ainsi nommé en mémoire da combat Chaque année , à la Pentecôte , on célébrait l'aaaiveisaùs de la désivrenoe de la ville. Les confrères , vêtus comme les soldats du xiv* siècle, dansaient sur la place publique nne espèce de pyrrhique. Ils entre-choquaienlfleurs épées et leurs Armes en cadence , les uns tombaient à terre subitement comme a*Ju émanent été blessés à sport , les autres simulaient une fuite ; «quelques ans , portant des chevaux de carton , qu'ils paraissaient annoter , figuraient non charge de cavalerie ; ensuite , au son d'une anasiqae sanitaire , ils parcouraient la ville et s'arrêtaient succèsai renient chea le ni casier magistrat , rhea les cordelière, à l'entrée da faubourg de ta Presle , et enfin sur la place du château ; ils •allaient même quelquefois jusqu'à Argenty, à 2 lieues 1(2 de Montluçon , et sur l'extrême frontière du Bourbonnais et de la Combratlle. Le seigneur d'Argeoty leur faisait délivrer une certaine quantité de mesures d'avoine qu'ils veqdaieat sur le champ Cor en employer la valeur en ua festin. Dans la ville de Montsoin , les cordelière, devant lesquels ils répétaient leurs dansas militaires, les régalaient aussi de leur mieux.
»rrxauow foutiqcte xt ABimroTaUTrrx.
Politique - Le département nomme {.députés. — Il est divisé en 4 arrond. électoraux , dont les ch.-l. sont: Moulins, La Palisse, Gannat et Montluçon. — Le nombre des électeurs est de 1,464.
Aomikxstuativk — Le chef-lieu de la préfecture est Moulins.
Le département se divise en 4 sous-préf. ou arrond. commun.
Moulins 9 cantons, 87 communes, W,8o7 habit
Cannât 4 70 64,148'
La Palisse 6 77 71,674
Montluçon. ..... 6 96 76/0*
Total. . . 36 cantons, 829 communes, 298,257 habit.
Service dm Trésor public* — 1 receveur général et I payeur (-fendant à Moulins), 8 receveurs partirai. , 4 percepteurs d'arrond.
Contributions dirions.— I directeur <à Moulins) et 1 inspecteur.
Domaines et Enregistrement. — f directeur (àjloolins), 1 inj* pecteurs, 2 vérificateurs.
Hypothèques. — 4 conservateurs , à Moulins , Cannât , Cassât 9 Montluçon.
Contributions Indirectes. — f directeur (à Moulins), 2 directeurs d'arrond., 4 receveurs entreposeurs. •
forêts. — Le départ, fait partie de la 23e conservation, forestière, dont le cb,«L est Moulins, — 1 conserv. à Moulins.—* 1 inspect. à Montluçon.
Penu-t -chaussé* t. — Le département fait partie de la 6e inspection , dont le chef-lieu est Lyon. — Il y a I ingénieur en chef en résidence à Moulins.
JéWj. — Le département fait partie du 11e arrondissement et de U 8* division, dont le chef-lieu est Dijon.— 1 ingénieur des mines réside à Moulins.
Haras. — Le département fait partie , pour les courses de cbe • vaux , du 6* arrond. de concours , dont le ch.-lieu est Limoges.
Militâtes.— Le département fait partie de la 15* division militaire, dont le quartier général est à Bourges. — Il y a à Moulins :
maréchal xle camp commandant la subdivision , 1 sons-intendant militaire.— Le dépôt de recrutement est à Moulins. — La compagnie de gendarmerie départementale mit partie de la 6* légion , dont le cJicf-liea est Moulins.
Judiciaire. — Les tribunaux sont du ressort de la cour royale de Rio m. — U 7 a dans le département 4 tribunaux de 1'* aïs* tance : à Moulins ( 2 chambres , Cusset , Gannat , Montluçon , et 1 tribunal de commerce , à Moulins.
RxLiGutr/ax.— < ulte onthmlifua.'— Le départameat forme le diocèse d'un évéché érigé dans le xix* siècle, suffragant de l'arche véché de Sens , et dont le siège est à Moulins. — U y a dans J» dêjMrtement , à Moulins : — un séminaire diocésain qui compta 60 élevés; — à Ysenre, une école secondaire ecclésiastique ;— 4 Arfeuilles , une école secondaire ecclésiastique» — Le département renferme 3 cures de 1 • classe, 24 de 2e, 216 succursales, et 26 vicariats — Il y existe 1 école chrétienne et 1 1 communautés relr» gieuses de femmes, chargées des hospices , du soin àmê malades, des secours à domicile , d'un pensionnat , et de l'éducation gra* tuite des jeune» filles pauvres.
Ifr ivaasiTAiax. — . Le département est compris dans la lassoU de l'Académie de Clermoni.
Instruction publique. - Il y a dans le département: - à Moulins, un collège royal de H* classe, qui compte 240 élèves;— 2 collèges, à Montluçon , à Gannat. - Ou s'occupe d'organiser nne école normale primaire a Moulins, — Le nombre des écoles primaires du département est de 184, qui sont fréquentées par 3,1 55 élèves, dont 2,170 garçons et 996 filles. — Les communes privées d'écoles sont au nombre de 245.
Sociétés savantes, etc.— H existe — une SoeieXé d'Jgrirul/m* ot d'Economie rurale do t'Jllier à Moulins; — une Sùcifté a* Emulation , à Montluçon. — - Moulins possède une école gratuite de dessin, et une pépinière départementale, où sont élevés chaque année trois journaliers pour l'éducation des vers à soie.
VOVmLATIOW.
D'après le dernier recensement officiel , elle est de 294\267 fc., et fournit annuellement à l'armée 847 jeunes soldats.
Ce mouvement en 1880 a été de ,
Mariages «£16
Naissances . Masculin*. Féminins.
Enfants légitimes 4,718 — 4,8*6 i-^, oaaw
— naturels. 888 -* 81T STotML **"
ÙSeèt 8,869 — «,899 Total 7,768
Dans ce nombre 2 centenaires.
OAJsVDX WATIOWJsJam
Le nombre des citoyens inscrits est de 60,460 , Dont : 19,982 contrôle de réserve.
40, ton contrôle de service ordinaire.
Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 40,164 iufauterie. — 26 cavalerie. — 1f2 artillerie. — - 106 ai* peurs-pompiers.
On en compte: armés, 6,467 ; équipés, 1,469$ habiUés, 8,66F. 16,688 sont susceptibles d'être mobilisai.
. Ainsi, sur 1000 individus de U population générale, 200 sont inscrits en registre matricule , et 63 dans ce nombre sont mobilisables ; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule , 67 sont soumis au service ordin., et 33 appartiennent à la réserve.
Les arsenaux de l'Etat ont fourni à 1a garde nationale 5,806 fusils , 100 mousquetons , 2 canons , et un assez grand nombre de pistolets , sabres , etc.
Le département a payé à l'Eut (1831) :
Contributions directes
Enregistrement , timbre et domaines. . . . Boissons, droits divers , tabacs et poudres. .
Postes •
Produit des coupes de bois .
Produits divers
Ressources extraordinaires. . .
IJUJWuf
lesquels figurent :
Total. . . .
H a reçu du trésor 4,169,24$ f . 93 c. , dans I*a dette publique et les dotations pour. . . . Les dépenses du ministère de la justice. . . .
de l'instruction publique et des cultes.
de l'intérieur
du commerce et des travaux publics. .
de la guerre
de la marine
des finances
Les frais de régie et de perception des impôts. Remboursent. , restitua, non valeurs et primes.
Total. . . .
Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département paie annuellement 2,284J99 fr. 44 c. de plus qu'il ne reçoit ; cette somme (appliquée aux frais du gouvernement central et aux dépenses générales) dépasse le sixième de son revenu territorial.
DéniVUS BfVABLTXMBinr AUS.
Elles s'élèvent (en 1831) à 299,256 f. 88 c. Satoib : Ûép. fixes : traitements , abonnem., etc. 65,000 f. » c Vépm vartâbUt : loyers, réparations, secours, etc. 234,256 88
- Dans cette dernière somme figurent pour 39,661 f. » c. les prisons départementales,
- 69,081 19 les enfants trouvés.
Les secours accordés par l'Etat pour grêle, incendie, épizootie, etc., sont de. . . . '. . 23,400 » Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. . . . 62,668 67 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . 83,857 10 Les frais de justice avancés par l'Etat de. ... 28,860 60
7JTDUSTHJ2 AOmiCOUE.
Sur une superficie de 580,997 hectares , le départ, en compte , 400,000 mis en culture. — 109,527 forêts. — 14,960 vignes. — 87,114 landes.
Le revenu territorial est évalué à 18,139,000 francs.
Le département renferme euviron , 20,000 chevaux , ânes et mulets. — 140,000 bêtes à cornes (race bovine!.— 80,000 moutons.
Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 16YMM0 kilogrammes.
Le prodoit annuel du sol est d'environ , En céréales et parmentières. . . . 2,100,000 hectolitres.
En avoines, 1,750,000 id.
En vins. , . 850,000 id.
Malgré la fertilité du sol , ou plutôt peut-être à cause de cette fertilité même , l'agriculture est encore en retard , mais elle fait des efforts pour s'améliorer. — Néanmoins les productions en céréales et en vins dépassent de beaucoup la consommation locale. — Les méthodes aratoires ont fait, depuis auelqnes années, des progrès sensibles. — La charrue à la Dombasle et les charrues américaines remplacent déjà , en grande partie, l'ancien araire du psjs, auquel, dans quelques localités, on attelait plusieurs
paires de boeuf».— Le pays produit beaucoup d'avoine, et possède
de belles prairies naturelles, ce qui n'empêche pas qu'on s'y oc
cupe des prairies artificielles. L'introduction de qnelqnR plante
nouvelles , telles que la spergeole , le trèfle de Roossilloo , la len
tille d'Auvergne, et l'ivraie <f Italie , augmentent les ressources en fourrages. — Les meilleurs vins du département ne sont classés ,
Ear la Topographie det p:gnoblet do France t que dans les 2e quatés de la 5* classe. On cite les vins rouges de la Gareon*-d'Ussel, les vins blancs de Saint- Pourçaiu , de la Citait* et de Creoziers. On estime au«si, dans le pays, les vins d'Hérisson /de Chantelle, de Souvigny et de Segange, près Moulins. - Le département est un de ceux où l'on s'est occupé , avant la Révolution , de la cul
ture des mûriers et de la production de la soie. — Ce genre d'industrie y avait presque été entièrement abandonné; cependant, en 1812, le département produisait encore 2,860 kilogrammes decocon». Depuis quelques années , l'élève des vers à soie a repris faveur, et tout fût espérer qu'avant peu, elle redeviendra une des branches importantes de l'industrie agricole. — Le pays produit de beau seigle, de l'huile de noix estimée, du lin, du chanvre , des légumes et des fruits (on cite les poires de Souvigny). — On y engraisse beaucoup de bestiaux (le veau de Montluçona de In réputation) On s'y occupe aussi de l'amélioration de la race ovine , de l'élève des chèvres de cachemire , et de l'engrais des porcs ; quelques cantons nourrissent des chèvres. Le beurre et le laitage , le fromage de chèvre, de Montmarault sont estimés. — Enfin les nombreux étangs du pays fournissent des sangsues emi sont l'objet d'un commerce assez étendu.
Plusieurs hauts fourneaux et quelques établissements métallurgiques , parmi lesquels on remarque les forges du Troncais , qui occupent 500 ouvriers et fournissent, année commune , plus de 500,000 kilogrammes de fer, la papeterie de Cusset, la verrerie de Souvigny et la mauufacture de glaces de Commentry, qui donue du travail à 800 ouvriers, occupent la première place parmi les établissements industriels du pays. — Moulins a des
fabriques de coutellerie estimées Il existe à Lurcy-Lévy , une
belle manufacture de porcelaine blanche , et plusieurs fabriques de poterie commune. Le Veurdre possède une manufacture de sucre de betteraves. On trouve, en diverses localités, de très beaux moulins à farine, des fabriquée de draps, de couvertures de laine et de coton ; des filatures hydrauliques , des papeteries , des tanneries, d'importantes brasseries, des corderies , etc. — Montmarault renferme une fabrique de machines propres à la confection des câbles. — La fabrique de l'ébéuisterie , à Moulins , s acquis de l'importance. — Le pays fait un commerce considérable de boit et de merrain. — Hérisson est le centre du commerce des plumes à écrire brutes. Commentry fait le commerce des cheveux; à la Saint-Jean , les filles et les femmes des environs y viennent vendre leur chevelure. — Parmi les exploitations minérales, on ci»e celles du fer, de la houille (à Commentry, au Tronget , etc.) ; de la manganèse , du kaolin (a Beauvoir), et du marbre.
Récompenses industrielles. — A l'exposition des produit! de l'industrie en 1834, une médaille d'argiht a été décernée à M. Pierre-André Desrosiers (de Moulins) , pour livret imprimés.— En 1827 , l'industrie du département avait obtenu Deux médailles de bronze , décernées à MM. Légua y et comp, (de Commentry), pour glaces de grande dimension , et Martin (de Moulins), pour m aurait talion dtt vert à toit daus le département de; l'Allier, et pour échantillons de toit grege et outré*. — Des mentions honorables avaient été décernées à la Société d'Agriculture de Moulins et à M. Tallard père, de la même ville, pour s'être associé» avec zèle aux travaux de M. Martin ; à MM. Tallard fils (de Moulius) , pour bat fabriqmét en laine dm pajrt ; et Belin et Gérard ( de Moulins , , pour cueerteret en laine et en coton ; M. Michelon- Polydore (de Montmarault), avait été cité avec éloge pour ses machines propres à la confection des cables.
Foirxb. — Le nombre des foires du département est de 809. Elles se tiennent dans 92 communes , dont 26 chefs-lieux, et du* rant pour la plupart 2 à 8 jours , remplissent 401 journées. . 237 communes sont privées de foires.
Les articles principaux de commerce sont : les grains, les bestiaux, les légumes secs , le chanvre et le lin ; on vend aux foires de Lurcy-Lévi de la porcelaine , de la faïence et de la poterie. Celles de Moulins offrent des marchandises de toute espèce pour les besoins dn pays , et de la coutellerie. .
Tableau de la titmation du département de V Allier, par Heguet, préfet; in-8. Paris, an x. — Re-herehoe sur plusieurs monuments col» tianen et romains (des départ, de l'Allier et de la Creuse^, par Bu* railou;iu-8. Paris, 1806. — Annuaire de l'Allier, pour 1808; in- 12. Moulins, 1806. — Aunalet de la Société d' Agriculture dm V Allier ; in-8. Moulins, 1822. — Bourbonme et te* eaux thermale*, par Renard Anattase, D. M. T. P.; in-18. Paris, 1826. — Topo» graphie phjs que et médicale de Cuttet , par A. Giraudet; in-16. Paris ,1827. — Annuaire dm département de VAlher; in-18. 18294 1832. — Annuaire statistique et administratif de l'Allier, par A. M. ; in-12. Moulins. 1832. — Esqmsees bourbonnaise t , par Achille Allier ; in-4. Moulins, 1882; — Hittoire du Bomrbonmoit et det Bamrbout qui l'omt poetédé; par De Coiffier Demoret ; in-8. Paria, 1824.
* A. HUGO
On tonmrU dut DELLOYE , éditeur, place de la Bourse, roe dei FUU^S.*ThMMi , il.
Paris. — Imprimerie et Fonderie de Riqnoux et Comp., rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel , 8.
Département des Basses-Alpes*
fuirons»
Lé territoire qui forme aujourd'hui le département et qui, avant 1 799, appartenait à la Hau te-Protenee, était compris du temps de César dans cette partie des Gaulés oue les Romains nommaient Prorincl* ulterîorJf(ïallie-Braccata ou Gallo-Grœcia ; tes habitants étaient désignés sous le nom collectif VMbiomu — Les peuplades établie* dans les Alpes - Coltkunts , au nord des Basses- Alpes , étaient les Édenates, les Nemolati, les Ésubiani etjés P&*mi*i. — . Dans les Alpes maritimes se trouvaient les Rienses, les Sentit, les Ferguni, les &tlHt<t, les Blédontici et les JvantlcL ( Ces deux derniers peuples furent réunis, sous Galba, à la Gaule narbonnaise, qui comprenait aussi les peuplades de la rive droite de la Durance et dépende»! ak>rs des Cmvanu ) — Lors de là chute de l'Empire, ces contrée» forent conquises par les 0s~ tf,°S*tB* cloi *** P08*édèrent jusqu'au temps du les Francs, guidés par les successeurs de Clovis, leur enletèrent la Haute-Provence. Le» nouveaux conquérants eurent bientôt à défendre leur conquête contre les Lombards; mais ceux-ci furent vaincus et forcés de repasser les Alpes. — Lee Saxons vinrent ensuite et saccagèrent le pays : puis les Sarrasins l'envahirent. Ils en furent chassés par Charles-Martel. La Haute-Provence goûta quelque tranquillité sous Charlemague.Àprcs la mort de cegrand homme, les Sarrasins reparurent et ne quittèrent le pays qu'après avoir teot enlevé et incendié. Ils revinrent une troisième fois vers 973, mais Guillaume, roi d'Arles, aidé des troupes de l'empereur Rodolphe, en délivra pour toujours le pays. Ce prince réunit toute la Provence *ous son pouvoir. — LiLpalléêde Bar- 5eJ°nneite tut détachée de la Haute-Provence en 1338. Amédée Vill, comte de Savoie, s'en empara pendant que Louis II, comte de Provence, était oetiupé à la conquête de Naples; mais ce dernier la reprit au retour de son expédition. A la mort de Louis, Amédée IX, qui le premier prit le titre de duo de Savoie , s'empara de nouveau de la vallée qu'il considérait comme la clef de ses Etats, et w conserva jusqu'en 1447 , époque à laquelle René d'Anjou, devenu comte de Provence, la reconquit pour la perdre encore peu de temps après. -^ Elle resta en possession des ducs de Savoie. — François 1er reconquit cette vallée en 1536, mais en 1552 Henri II la rendit au duc de Savoie, en exécution du traité de Cateau-Cambresis. — Ce pays tut depuis , plusieurs Fois , repris par les Français, auxquels il a été défiorittremeut cédé* en 1713, par le traité d'Ulrecht
AMVX^pmÈBm
Les monument* celtiques consistent en quelques-unes de ces piernes brutes debout ou supert. i. — 19.
posées connues sous le nom de Peulwans* Dolmens, etc. On à découvert dans la grotte de Saint- Benoist,prèa Emreveaux< une grande quantité d'ossements humains entassés dans l'endroit le plus retiré, M. Henry , qui les a visités, dit que ees os étaient d'one grosseur remarquable et oe oouleur rousse*, leur vétusté les avait rendus friables. Il suppose que ee sont les restes des mal bsu reuses familles gauloises qui* lors de la guerre des Romains centre les Liguriens, s'étaient réfugiées dans les cavernes et y furent étouffées par les feu* que le consul Fulvius fît allumer dans l'intérieur et k touteHes issues.
Les antiquités romaines sont nombreuses et variées ; les fouilles faites à différentes époques ont produit des médailles, des anneaux , des bracelets! des armes, des ustensiles, des vases, des fragments de poterie, etc. — On trouve, dans un grand nombre de villes, des débris de mosaïques, âtë tombeaux , des colonnes , des chapiteaux , des inscriptions , etc. — Un superbe sarcophage anti-
Sue sert de fonds baptismaux à l'église Notre» aroe de Manosque ; il est orné de sculptures, et il renfermait une statue de la Vierge, en bois autrefois doré. Cette statue est aujourd'hui en vénération dans le pays sous le nom de Notre-Dame de Romigier (du mot provençal roumi, buisson , le sarcophage ayant été trouve dans un lieu couvert de broussailles). — Le pays est traversé par plusieurs, voies romaines. — Il existe près* de Riez , sur les bords du Colostre ♦ quatre belles colonnes d'ordre corinthien, de granit gris avec chapiteaux « bases et entablement de marbre. Ces colonnes ont envi* ron 30 pieds de fût; elles sont d'un beau travail, quoique dégradées par le temps; on présume qu'erfesont appartenu À un temple prostrié-tétrastile, c'est-à-dire n'ayant que quatre colonnes de front et disposées à la façade. — De l'autre côte du Colostre, sur la rive gauche, est un petit édifice dont la voûte est soutenue par huit colonnes de granit placées circulairement , et que les geus «lu pays regardent comme un Panthéon. Les sculptures qui décorent les chapiteaux font croire que c'était un temple consacré au dieu Sylvain. Il a servi long-temps de baptistère à l'église pontificale de Riez; on l'avait réparé et il avait la forme extérieure du célèhre baptistère de Florence. — On a découvert aussi dans le voisinage un autel consacré à Sylvain et une statuette de Mercure d'une belle conservation.— -Riez renferme une grande quantité de tronçons de colonnes de granit ; la plupart des bornes de la ville, des bancs des promenades et des seuils de portes en sont des fragments ; on y remarque aussi plusieurs inscriptions tumulaires ou votives et un magnifique autel taurobolique eu marbre blanc. — Un immense vase de terre pouvant contenir 685 litres, le seul de ce genre qu'on
ait rencontré entier, a été découvert à Ariane au milieu d'une grande quantité de débris de vases pareils. — Au nord de Salignac, à 2 lieues de Sisteron , au milieu des rochers de Ghardavon , on voit sur un rocher coupé pour rétablissement d'une route , une inscription antique annonçant que Claudius posthumus Dardanus a fait construire la voie romaine qui conduit à Théopolis. — On découvre fréquemment aux environs de Riez des tombeaux antiques recouverts avec de larges briques à rebord, dont on attribue l'érection aux Sarrasins. Le peuple nomme même les briques de cette forme aes sarrasines. Il est certain , par les inscriptions que portent ces tombeaux, que la plupart appartiennent à l'époque romaine.
On voit à Simiane un édifice extérieurement dégradé , mais intérieurement assez bien conservé, pour qu'on puisse en reconnaître la forme primitive, qui est celle d'une rotonde circulaire ou peut-être même dodécagone; il se composait de deux étages, dont l'un en partie souterrain, était soutenu par douze pilastres appuyés à la muraille d'enceinte, et par un pilier central; l&plancher ou la voûte qui le séparait de l'étage supérieur n'existe plus. Celui-ci est entouré d'une douzaine de niches à arcades, à plein cintre, de style saxon, séparés par des massifs que terminent des groupes de trois piliers engagés dans la maçonnerie. La voûte s'élève en ogive soutenue par douze arêtes sculptées. On y voit quelques ornements sculptés qui représentent des têtes d'hommes ou d'animaux grotesques. Elle est éclairée par un trou percé à son sommet, à travers un massif de 14 pieds d'épaisseur. Millin , oui a visité ce monumeut , le croit du XIe siècle. Il offre beaucoup d'analogie avec le fameux temple de Montmorillon.
CA&AOTEBJE, MOTOS y KTO«
Le caractère des habitants des Basses-Alpes ressemble tout-à-fait , dans les parties inférieures du département, à celui des Provençaux du Far ( voyez t. m. p. 202 ). Les montagnards ont , seuls encore , des mœurs et des usages particuliers. Ces montagnards sont également fins et adroits; un proverbe de la Basse -Provence dit que les Gavots .( c'est ainsi qu'on les nomme), n'ont de grossier que l'habit; en effet , ils montrent de l'esprit naturel , et il en est peu , même dans les lieux les plus reculés, qui ne sachent lire , écrire et compter. Us ont leur patois, mais tous comprennent le français, et le parlent assez correctement ; c'est même dans cette langue que se font les prônes , les sermons et les instruction» religieuses; il n'est pas rare de trouver de simples cultivateurs qui sachent parfaitement le latin. — L'instruction est pour eux un goût naturel, et même une nécessité. Pendant une moitié de Tannée, les habitations sont presque ensevelies sous les neiges, les travaux agricoles interrompus, et, comme il n'existe aucun établissement industriel, les bras se trouvent pour ainsi dire paralysés. Les familles se retirent alors dans les étables, seul lieu où le froid excessif ne se fasse pas sentir; là, pendant que les femmes filent ou tricotent, les hommes font des lectures interrompues quelquefois par les cris des bestiaux réunis dans le même local ; ces lectures, qui sont pour eux une distraction et une occupation, entretiennent le goût de l'instruction!
Les paysans des Basses-Alpes sont courageux et propres à supporter la fatigue, mais ils ont de la répugnance pour le service militaire; néanmoins ils ont fait preuve de dévouement et de résolution pendant les guerres de la République, où leur territoire fut plusieurs fois menacé par l'étranger. Us aiment leur pays natal , leurs
âpres montagnes, leur village et leur famille. Ils sont bons et hospitaliers , religieux sans superstition, capables de dévouement et de reconnaissance; malgré leur goût pour l'économie, ils montrent , dans leurs relations avec les étrangers, une sorte de générosité noble. Bien différents des montagnards des Pyrénées , les bergers des Alpes rougiraient de faire payer au voyageur égaré les services qu'ils seraient dans le cas de lui -rendre, le lait et les fruits qu'ils pourraient lui offrir.
Les hommes portent des habits de drap grossier, longs et larges, dont les manches ont de grands paremens garnis de boutons; leurs vestes, qui ne se boutonnent point, descendent jusqu'à mi-cuisses sur un gilet d'étoffe blanche. Us ont des culottes de drap , et de longs bas de laine qui recouvrent le genou. Leur chaussure consiste en gros souliers dont 1 épaisse semelle est garnie de clous énormes et d'un fer à cheval sous le talon ; l'hiver ils y ajoutent quelques crampons à glace. — Ils portent les cheveux flottanssur les épaules ; un bonnet de laine que surmonte un large chapeau retroussé en pointe, forme leur coiffure.
Les femmes sont vêtues d'étoffes de laine à couleurs vives et tranchantes et où dominent le rouge, Je vert et le violet; elles ont de larges jupons à plis, qui forment un bourrelet autour des hanches, et dont la partie supérieure est soutenue dans un corset de drap très épais, renforcé par des baguettes de fer piquées dans tous les sens , et fermé par-derrière avec de forts lacets. Leur coiffure est un bonnet de toile blanche garni de dentelles plus ou moins fines , et sur lequel elles ppsent soit un large chapeau de paille ou de feutre , soit un choir de gaze noire ou de coton de couleur.
Le langage des habitants des Basses-Alpes est au fond le patois provençal ; on remarque seulement chez le* montagnards un plus grand nombre de mou dérivés de la langue celte , et une prononciation généralement plus rude que celle des Provençaux du littoral. Les émigrations annuelles d'une partie de la population (1) y ont aussi introduit une certaine quantité de mots empruntés aux langues française, espagnole et italienne. Nous citerons , pour le faire connaître , un fragment de dialogue patois de la vallée de Fours.
Il est d'usage, dans cette vallée, que le jour de la Purification de la Vierge, chaque mère de famille se levant à minuit, fasse lever aussi ses enfants, et prie avec eux jusqu'au jour. Ces prières ont pour objet de se préparer à la mort et à la résurrection. Ensuite, chacun ayant prononcé à haute voix ses noms et prénoms , se fait à soi-même, et en présence de tous, les questions et les réponses suivantes :
Dtm, N. Onté anaras passa? D. N. Où iras-tu passer?
R/p. A la vallée de Josaphat. R. Dans la vallée de Josaphat.
D. Que li trouveras? D. Qu'y trouveras-tu ?
R. Lou mouvais Satanas. R. Satan , le mauvais.
D. Te dira : onté vas ? D. S'il te dit : Où vas-tu?
R. Iou li dirai : Laissa -me R. Je lui répondrai : Laissepassa , mouvais Satanas , que iou moi passer, mauvais Satan , que m'en ague adoura Dieou et la j'aille adorer Dieu et la Vierge Vierge Maria , lou jou de la Marie , le jour de la Purifica- Pihification. tion.
VOTZ8 BIOOBJLFHIQim.
La Haute-Provence a produit au moyen-âge des saints, des guerriers illustres et des troubadours renommés. Parmi les célébrités religieuses, on remarque Jean de Math a, fondateur de Tordre pour la rédemption des captifs ; parmi les guerriers , les frères Blacas qui , clans le xu* siècle, enlevèrent Corfou aux Grecs, et parmi
(1) L'abondance des matières nous force a renvoyer à la feuillo destinée à la statistique du département des Hautes-Alpes l'article que nous consacrons aux. Émigrations des habitants des Hantes et Basses-Alpes. — On y trouvera aussi une description étendue des Alpes Jranf aises, a)^ , %
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fa troubadour» , Guillaume de Pobxbllet, qui , pour tauver la vie à Richard-Cœur -de-Lion, dont il défendait les drapeaux, s'écria en langue sarrasine : « C'est moi qui suis le roi ! » Dans la suite , le pays s'honore d'un grand nombre de littérateurs, de jurisconsultes et desavants. — - Un nom domine tous les autres , c'est celui de Pierre Gassendi, philosophe érudit, grand mathématicien , savant astronome, rival illustre de Descaries. — La liste des contemporains serait longue, nous nous bornerons à citer : Manuel , un des orateurs les plus remarquables de dos assemblées politiques; Alph. Rabbb, publiciste consciencieux , écrivain plein de verve et de talent; Chaudon, auteur d1 un Dictionnaire historique qui a précédé la Biographie universelle; Bérengbr, poëte facile, écrivain agréable, auteur des Soirées provençales; Deleuzb, bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle, un des ardents propagateurs du magnétisme; UarD, membre de l'Académie royale de médecine , honorable par son caractère, et distingué par ses connaissances scientifiques, qui a essayé le premier de faire parler les sourds-muets , et qui avait entrepris l'éducation du fameux sauvage de l'Aveyron; Robert, médecin des établissements sanitaires de Marseille, auteur de l'ouvrage bizarre intitulé Afégalanthropogênésie , ou art de procréer des. enfants d'esprit; Bayle, médecin distingué, auteur d'un ouvrage estimé sur la pkthisie pulmonaire , et un des principaux rédacteurs du Dictionnaire des sciences médicales; son neveu A.-L-J. Bayle, rédacteur de la Bibliothèque thérapeutique et de la Revue médicale, etc.
Bfalgré l'éloignement des habitants pour la carrière militaire, le département compte plusieurs généraux: BautfBT, Breissand, Desmichels, Gassendi, auteur de X Aide-mémoire des officiers d'artillerie; Hbkbbz-Latocr, Massol , etc. ; et quelques marins distingués , parmi lesquels on remarque les braves Bbrtbt ( de Moustiers ) , dbGambis, Saizibu, capitaines de vaisseau, l'amiral Ri- CHERT, qui se signala dans la guerre de la République, et le fameux amiral Villeneuve, dont la grande réputation se brisa à Trafalgar contre la fortune de Nelson.