‹ France pittoresqueChapitre 68 sur 102 · TOPOGRAPHES · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHES

Le département des Basses- Alpes est on département frontière, région du sud-est, formé delà Haute-Provence. Il a pour limites: au nord, le département des Hantes- Alpes ; à l'est, le Piémont; au sud, les départements du Var et des Bouches- du-Rhône, et à l'ouest ceux de Yaucluse et de la Drome. Il tire son nom de sa position relativement aux Alpes, dont les derniers contre-forts méridionaux viennent en partie s'abaisser et expirer sur son territoire. Sa superficie est évaluée par M. Bottin, à 799,506 arpents métriques. L'annuaire publié à Digne en 1884 lui en donne 745,007.

Aspect générât,. — Le caractère principal du pays est la variété; aox paysages riants et fertiles succèdent des tableaux d'une nature sauvage et aride , et les scènes grandioses des régions Alpines. On y trouve de hautes montagnes et des vallées agrestes et profondes qu'arrosent des eaux limpides. Là s'étendent des plaines ornées de toute la richesse des cultures méridionales ; plus haut verdoient des pelouses pastorales émaillées de fleurs parfumées; plus haut encore sont de vastes forêts dont Tborrenr et le silence rappellent les bois druidiques. Des grottes spacieuses et profondes , soutenues par des colonnades étincelantes de stalactites , s'ouvrent dans le flanc des montagnes que dominent des pics sourcilleux couronnés de neiges éternelles. — Si la nature devient avare pour l'agriculteur, elle offre des trésors au studieux botaniste et à l'intrépide géologue ; les plantes et les insectes les plus rares se cachent dans les lieux écartés , et les rochers recèlent dans leur sein des minéraux précieux.

Mohtaghss et vallées. — Les montagnes du département appartiennent à la chaîne des Alpes ; elles font partie d'un système dont le mont Viso (dans les Hantes-Alpes) est le sommet culminant. Ce mont élevé de 4,219 mètres au-dessus du niveau de la mer (1), projette au midi plusieurs ramifications de nature granitique , porphyrique , calcaire et schisteuse , qui forment les vallées des Basses-Alpes, dont les principales sont celles de V Ubaye (ou de Barcelonnette), de la BUone et du Verdan. ; ces diverses vallées se ramifient elles-mêmes en vallons secondaires.

Yallxe db BASCEtoirif rttb. — Bien qu'appartenant au dépar-

ti) Cette hauteur est celle indiquée par M. Ladoacette, d'après Villars. — Scbackbnrg ne donne au Col da Viso que 3,oJ5 mètres.

tement des Basses-Alpes , cette vallée est digne , par la magnificence de ses aspects , d'obtenir la même admiration qne les plus belles des Alpes françaises et étrangères. Dans toute sa longueur elle est formée par des montagnes superbes dont les plu* hautes ne se dépouillent jamais entièrement de la neige qui les couvrent. Leur élévation moyenne est de 2 à 8,000 mètres ; elle augmente quand les deux chaînes se rapprochent du Mont-Viso , ou elles se réunissent. — La chaîne du nord marque la limite des départements d^es Basses et Hantes-Alpes ; elle sépare le bassin de l'Ubayc du bassin de la Durance, et finit à la jonction de ces deux rivières, par un immense promontoire, flanqué d'horribles etroides falaises, nommé le Joug- le-l' Aigle. — La chaîne méridionale décrit parallèlement un vaste demi «cercle qui embrasse celui du nord , forme la frontière jusqu'an milieu de sa courbe , se continue par la cime des Montagne»- Blanche (les pins hautes de l'intérieur du département), et se termine à la hauteur du Joug-d* -l'Aigle, par uu promontoire rival, en majesté, la Crcix-de-Colbas. Ces deux monts, semblables à des géans gardiens de la vallée, la ferment presque entièrement et ne laissent pour issue, à llJbaye , qu'une gorge horrible et d'une étonnante profondeur. Sur le premier étage de la Croix-de-Colttas, est le fort Saint- Vincent, jadis dé tenseur du débouché , mais aujourd'hui beancoopplus pittoresque que redoutable. — De là , en se dirigeant vers la vallée , on rencontre un vaste rocher qui la barre , conpé seulement par une fissure étroite et profonde où coulent les eaux de l'Ubaye. Dans ce gouffre affreux la rivière disparaît en grondant, ses mugissements arrivent à peine à l'oreille du voyageur. La route franchit en zigzags redoublés ce col singulier, au-delà duquel on voit se déployer, avec magnificence, une des pins hautes sommités de montagnes blanches, la Siolame , dôme suberbe qu'entourent, comme un cercle de vassaux , des pics nus et déchirés. Après avoir passé cette barre naturelle, on arrive au Lauzet, bonrg situé au fond du bassin , près d'un lac ovale fort poissonneux. Plus haut débouche un vallon latéral , très pittoresque , peuplé , cultivé , et qui s'élève jusqu'au pied du dôme de la Siolanc.— Sur nn massif dérochera, au pied d'un des pics de cette montagne, est le petit bourg de.Méolans.— Un agréable amphithéâtre décoré de cultures et d'une belle végétation , parsemé de hameaux et de ylïusieurs jolis châteaux , se montre ensuite; puis la vallée devient aride et n'offre bientôt plus à la vue qn'un désert rocailleux d'une lieue de longueur , au bout duquel enfin apparaît Barcelonnette. L'aspect change alors complètement; le bassin s'élargit, le paysage s'embellit, de riants vergers , de riches cultures , de grands et frais pâturages , rem» placent les sites sanvages de h* vallée inférieure. Malgré l'exhaussement progressif du sol, l'élévation toujours croissante des monts formidables qui forment la vallée , les sites y deviennent de plus en* plus agréables. — On nomme cette partie du val , les Château*' Hauts, et la partie inférieure , les Ciidteamx-Bas. — Au milieu de plaines bien cultivées , on voit les jolis villages de Faucon et de Jausiers; leur bassin est formé par un sombre défilé qui mène aux pittoresques villages de Chatelard et de la Condamine, patrie de ces musiciens ambulants, dont l'orgue bien nommé , dénature, avec une effronterie si barbare , les ouvrages des plus célèbres compositcars modernes. Au haut du bassin est le village de Tour* noux, site d'un ancien camp occupé successivement par les guerriers de la République romaine et par le» braves volontaires, soldats de la République française , position militaire souvent visitée et toujours admirée. L Ubaye y baigne le pied des vieilles redoutes ga« sonnées. —La ▼allée se bifurque et se transforme en deux défilés , l'un est arrosé par l' Ubaye, l'autre par l'Ubayette. la route continue à monter ; quelques villages s'y rencontrent encore; les montagnes sont encore parsemées de riches pâturages , de plateaux penplés de troupeaux pendant l'été ; puis la vallée s'élève , et l'élévation du sol en bannit la végétation même , les sapins , les derniers mélèzes, disparaissent, et la vallée se termine par un affreux défilé bouleversé par les torrents et les avalanches, battu par les tempêtes, séjour d'un hiver éternel , et qui n'offre plus en perspective que les pics inaccessibles du Viso.

Lacs. — Le département renferme nn assez grand nombre de lacs : le plus remarquable est celui d'Allos , dont la circonférence est d'environ une lieue et demie , sitné à 2,000 mètres audessus du niveau de la mer, et qui est très poissonneux. — Il existe au pied de la montagne de Lauzet , à l'entrée de la vallée de Barcelonnette , un lac dont les dimensions sont d'environ 100 mètres sur 200, et qui avait , il y a un siècle , une étendue quatre à cinq fois plus considérable; mais nn homme du pays conçut le projet de le mettre à sec , et obtint qu'on lui abandonnât en propriété le terrain qui serait desséché : il fallait , pour donuer aux; eaux un écoulement , percer un rocher qui sépare le lac de la rivière. Seul et livré à ses propres ressources , cet homme y travailla pendant «ept années, et parvint à creuser nn caual de 120 mètres de longueur. Dépourvu de connaissances mathématiques , il n'avait pas bien mesuré son travail et il se croyait encore loin, des eaux , qoand un coup de marteau les fit jaillir avee impétuosité; elles engloutirent le malheureux ouvrier dont La constance et l'activité méritaient un meilleur sort.

FRANCE PITTORESQUE. — BAfiSES-ALPEfc

Riviàajsa it cajuux. — Le* court d'eau qui arrosent le département partent presque tout de la chaîne des Alpes ; Ici principaux tout :1a Duraoce, le Yar, le Verdun , le Calavou , le Burcb, l'Ubaye, la Bachelard, le Cbatqulin , le Ri ou t la Sencc, le Couloixip, la Voire, la Colottre , l'A>»e, la Bléone , la Bouoiène , le Bès , le» Duyes , le Vauçon, la Sasae, le Lausson et le Jabroo. Faible* pendant l'été, quelques-un* ton veut même à tec, cet court d'eau deviennent de* torrent» impétueux à la fonte det neiges, — La Durance ett b acule rivière navigable. On évalue la partie de ton court ouverte à U navigation , depuis ton confluent avec le Rhô ut , à 180,000 mètre* 11 existe dans l'arrondissement de Forcalquicr un canal d'irrigation dit de la Brillane.

fU>urx*.«~ Le département ett traversé par 3 routes royales (da 3€ datte) et par 19 routes départementales. La plupart det transport* te font à dot de mulet.

MÉT*<AOlOGXfc

' Climat. —L'air ett généralement vif, pur et ealubre, mais la température ett très variée : par ta position méridionale et montagneuse, le département réunit en quelque torte tout let climats •t toutes Ut saisons. U présente en même temps , au levant , let ieurt do printemps ; au midi, let fruit* de l'automne, et an nord, la* glaees de l'hiver. On récolte déjà à Maootque lorsqu'on sème encore è la Seatrièro i quelque» lieue* toulement téparent la ré' flou où, prospèrent let lauriers et les olivier* de oelle où croissent {te renoncule* du nord et let saule* nains de la Laponie. — La «tige dura pluaiturt mois dans la vallée de Bareelonnette , où Ton »• cannait que deux saisons , et où let limites extrêmes que le thermomètre atteint tout 16° au «dessus et 18° au-dessous de séro.

Vivra, i— Lee venta dominant* sont difficile* à déterminer ; •eux qui toufilest suivent ordinairement la direction dot vallée* , et varient aveu cette direction.

MâiADiue.—- Lee affection* catarrliaiee et pulmoniquet, let euaUdita eutanéet ut dartreutet , tout let plue commune*. On re- •narque , dans antique* localité* de la montagne , dut goitres aatea développée.

Foeeriea.— Le* terrain* du département renferment det fossiles de toute etpèce. On y rencontre det boit pétrifiée » couaervant •meurt leurt veines, leur couleur et leurt nœud*) det poisson* et de* coquillage* minéralisé* , parmi leaqoela on remarque dea louitee, dtt

\ nt utilités , det pectinites , etc.*; ou y trouve aussi dea pierre* herb«»ri*éet , ou offrant la représentation de ruinée , tomme le* pierret de Florence.

RàotTU hMiUkU -*• Lea animaux domeetiquee , élevé* dana le paya, tant généralement de petite espèce. Les chevaux , ltt muleta «t le* âne* • quoique d'une stature médiocre , sont forts ut vigoureux. Il y existe de» haras qui fournissent toute* lea contrée* envirouuantes , at dont on améliore let racea enKallant rheirher let étalons jutqua dans le Poitou.—» Le jumar, ditjkft. de Villeneuve, •at commun dea* let Basses-Alpes et y eat très apprécié , parte am'U réunit la force du bœuf à la patience et è la sobriété de l'âne : U naît da l'accouplement du taureau et de 1 anessa qu'on enferma la nuit data la même étable. » -— Le loup e*t tré* commun dan* la montagne , suait il m'y a d'oura et de aaogUert qne ceux qui viennent de* <pay* voisina. ~ Lue chamois y habitant lea lieux otcarpé*. — On y trouve de* marmotte* ; let montagnard* lee mengant volontiers quand élite eout grasse*. Ils élèvent aotû et ap* uriToiseut let jeunet , poor servir de compagne* à leurs enfants , bra de* émigration* annuelles. — Le gibier est très multiplié. On j remarque le* lièvre* blanc* , dont la couleur est regardée par lut une comme permanente , et par le* autre* comme ne durant

Ke pendant l'hiver ; dea perdrix blanches, des coqs de bruyère, etc. nombre des oiseaux de proie est considérable i le* plu* fort* eout» la milan , le duo et le faucon. — Let lacs et les court d'eau aoet poissonneux. Le* truites du lac d'Alloa , let carpes du lao de Lauxet , sont trèt grosses et trèt estimées.

Rioka véoxtàIm — Let eeaenoe* priucipeles de* forêt* sont : la chéue blanc et vert, le httre, le sapin , le pin et le mélèze.—» Parmi laa arbres fruitiers , on remarque l'oranger , le mûrier, l'olivier, le figuier, le châtaignier et le noyer; le prunier, dont lea variétés tout trèt multipliées, y produit det fruit* rxoellenta (prune* piatole*, brignolles , pruneaux fleuri*, prunes-dattes, etc.) —Le* vignobles des MHt fourni*»eot on vin recherché. — Daa e certaine cantons on recueille det tniffet blanches, noires et marbrées, qui tout estimée*. — La flore du département eat très riche ; le* plantât aromatiques et autres, qui tapissent lea montagne* pastorales, août au nombre de plus de 2,S00; ou y voit des plantât rare*, remarquables par leur couleur et par leur parfum , •fui pourraient être cultivées dana let jardin t ; ainsi qu'un nombre «on moio* grand de fleur* qui , par leur beauté, enrichiraient lea parterre*, mai* qui ne peuvent supporter la culture.

fiiaife MixéaAL. — Le département renferme de nombreuse* richesse* xtiaéralr* t tous let géographe* de Provence et Caesini lui-même , signalent una mine d'or a Fouillouse , dan* la vallée

de Bxrceion nette; une autre à Baroelounette nattât» at unt tee*> tième à Barlcs ; mais l'existence de cet mine* n'a jamais été bien constatée. — Il n'en est pas de même pour les miues d'argent ; on en connaît qui ont été exploitées, puis abandonnées.-»-*!) existe des trace* de minerai argentifère à Barles , è Ubaye , è Mariand , a Thorame-Haute et à Ongles.— Quelque* indices de fer ee moutrem dana la vallée de Bareelonnette; le plomb , le cuivre, le bismuth, la baryte, «ont a*sea abondant* Ou trouva det «traie* scmblableu à ceux du Bhin , près de Forcalquier; du toecu» ou ambra jaune, à Salignac ; du cmtal de roche , à Lurt et à Cbainpourciu i du jaspe, à Saint-Paul; du soufre, à Aubeuas; du vitriol, à Dromon; de la houille dans un grand nombre de localités. Le Ht des torrent* présente de* marbres de trois couleurs différente» (ûoir, blanc et rouge). — Le gypse , le schiste nrdolsier et l'argile, exi«tent aussi dans le département.-— On pense qu'on pourrait trouver 4a la marne aux environs de Faucon.

Eaux minérales. — Digue et Greoulx possèdent de* émblitt» ments d'eaux thermale* trè* fréquentés.

Eaux saléti. — On suppose qu'il existe , dans Je département , un banc de sel gemme. — Le* arrondissements de Digne et du Castellaue , possèdent plusieurs tourcet salée*.

• BOTJAOg, CHATXAXTXt XTÇ.

DioifB, tur la riva gauche da la Bléoue, eb>l. da préf. , è 169 1. S.-E. de Paru. (Distauct légale. — Ou paie 96 poetee 1,3.) Pop. 8,939 bab, — La fondation de cette ville remonte i unt haute antiquité. Son premier nom fut Dùua. — Elle fut convertie au christianisme dans le xi* siècle , et érigée en évéché en 840, Sou premier évéqne Ait saint Domin. Plus tard ses évéques prirent It titre de baron* , Ut étaient suffira gants d'Embrun. Favoriaée par te* établissements religieux , par sa situation , par aea taux mlné» ralee, Digne s'accrut rapidement et forma deux ville* ou partie* distinctes ; la Cité, qui est la Diana moderne v et la sVetmf » ne* moins grand que la Cité, titué près da celle-ci , dan» U vallée du Mardanc ; chacune de ces parties était ceinte de mors et avait aea petits faubourgs. Le Bourg possédait deux foires annuelles et trèt fréquentée*, qu'en 1487 le roi René transféra dans la Cité; celleci était administrée , depuis 1297 , par un cousu! choisi parmi set principaux bourgeois. — Ltt guerres dt religion amenèrent le ruine du Bourg ; quatre foit let Huguenote le saccagèrent, surtout en 156) et en 1691. — La pesta dt 1629 dépeupla Digne, dotât la population de 10,000 habitants fut , en quatre moi*, réduite à 1,500. Bourg fut alors totalement abandonné, U n'en reste que l'ancienne église paroissiale à demi ruiuée, mais encore remarquable par sa singulière architecture. — Digne est située an centre même du département, à la jonction des trois rivière*, la Bléone, le Mardaric et celle det Eaux-Chaudes. Elle s'élève d'une manière pittoresque aur un mamelon. Au centre de la ville cet régime , assise tur un rocher t ton clocher, surmonté d'un dôme ta far qui ■ (torte la sonnerie , domine toute la ville. L'égliae, dent rareuitee» turc est «impie et l'intérieur peu chargé d'oruemtmtt, routai ma unt belle attomptioa envoyée dt Paris » eu 1828. ■•— Le même roe porte la prit**, que ceignent de grue mura. -~ Z* éeufevere G*****di , large , propre , ombragé da platanes, forme une agiéa ble promenade au pied de U vàlle « U est orné d'un château d'eau* et à ton extrémité , ver* l'ancien Bourg , d'une belle rVmtatut dé» corée de colonnes et de frontons. — La place du aierrjs/, voteiae) du bonlevart ♦ et formée par une terraase, peetède ejttei une balle fontaine. ■— La préfecture , le collège , le *éminaire, le* eaaeruee et plusieurs autres bâtiment* grand* et convenable*, eout de touatruction moderne. — Ce qui reste de l'ancienne villt ett laid et taie. — Les environs de Digne tout agréables et pittoresque*' La vallée de la Bléone est spacieuse , verdoyante, bordée de )m9^ dia* , de verger* et de maison* da campagne. L'établissement daa •au* htrmaUt è 1/21. de la ville, dans la vallée dea Eaux-Chaude*, eat ado**é à un haut rocher perpendiculaire, et fait face à la grande route. C'est un édifice propre, spacieux. Lea bains août alimentée par quatre sources dont la température varie da 86 à 40 degvée centigrade» ; elle* tant connue* et usitée* depuis trè* loog*terope i Ptolémée at Çliue en font mention j elle* contiennent du tel marin, de* carbonate* et des sulfates de magnésie et déchausse** eu fait usage en bain* , en boissons et en douche* ; ou le* emploie pour le traitement de* rhumatisme* et defparalysiea.

MousTUfte, ch -1. de cent, à U 1. S. de Digne. Pop. 1,7*6 bab. — Cette pttitt ville , située è 2 lieue* de Biez , doit sou. origine è un ancien monastère de aervite*. Elle se trouve au pied d'une haute montagne , d'où jaillit unt source vive trè* ebondaate , et »ur le flanc de laquelle so trouve une chapelle dédiée è la Vierge» oélébre dès le Ve siècle. Sidoine Apollinaire en parle comme d'v* pèlerinage trèt fréquenté. — Bien que lea rocher» esearpéa qui avoiasnent Moustier* soient nns et décharné* , cette ville a un. aspect pittoresque. Ou remarque, au-deaaua dt le profende vallée où la chapelle est située , deux pic* do rocher* rattaché* l'a» à l'autre par une chaîne de fer longue d'environ 900 pieds, et è laquelle ett suspendue une étoile dorée. Ou prétend que e'est un ex-voto d'un chevalier de BJiodes qui, étant prisonnier daa

FIAffCB PITTORESQUR. ~ BAMES-ALFR*.

Barra liai t iavecme le Vierge de Bfiotfttier* M raoeevin k liberté,

JUae, *er la Celo*tre« ah.+L Ut caat, à 12 l S.-«.~0..de Digne. Pop, 3,110 bebv — Ancienne «t jolie ville épUofpale qui faisait parti* 4n U ci-dmnt ileute*Proveuoc. Dmi conciles s'y tinrent, «4 430 «t eu 1396. — JBice aat situé au milice 4a plaine* dune grand* fertilité. Données de riant* coteau* couvert* de vignoble*. Ca»t l'eue»*** a fteia, capitale de* peuple* qae Pline nouante Eeii ApolMoarii ; en y remarqua plnaioer* monument* dont «ou» aven* parlé à l'article e«/«fc*r«v.

aUaoBMHVSTTa» «or la rira droite d* lUbeye , eh.-l. d'arrood., à 10 1. N.-E. 4e Digue. Pop. 3.144 h. — Pivers fragmenta d'anti- «nitée font araire qae cette ville est l'antique cita, capitale de* «aliéna et de* bâtant. Elle éteit détruite, peut-être entièrement, lorsqu'on 1)81 alla fut reconstruite par Ray mond Béraager, comte 4e Provoaee , qui lui doona le nom qo'elle perte, ea souvenir de la Barcelone eapagnole d'où «et ancêtres étaieat originaires ; la position de âmreeionuotte , prêt de la frontière , entre deux Étala souvent ea guerre, en rendait la possession fort important», il en réaalta de grand* déaaatrea pour la ville. Elle fat plusieurs foia prise, repria*, pillée, ravagée, incendiée; elle pesaa toar à toar an pouvoir dea roia de Freaee et éf once de 6e voici enfin , ea 1713, le traité eVUtrooat oéda la ville et la vallée de Barcetounette à la Freaee, en échange d'âne portion de territoire attenant aa Daopbiaé, et aituée à l'orient dea Alpes —Le» Etata du Daapbiaé eurent, à ton anjet , evee cens de la Provence, dot eente*tarient cjee Lenie XIV termina en décidant qee la ville et la vallée rcrateat partie de cette dernière peorince.— Bercelenuette » chef-lieu de la vallée de même nom , est située au centre de cette vallée » dans ua bassin spacieux et verdoyant , antonrée de hautes montagne* et appuyée eue dernières croupe* de l'une d'elles; elle est sur un terrain plane. C'est peut-être la plu* jolie ville des Alpes françaises; elle cet farinée principalement de deux rues qui se coupent à angle droit , et qui sont bordées d'arcade* basses et lourdes , mais fort utile* dana ua Een on 1% neige tombe en abondance pendant l'hiver et dont le* ruea sont sentent couvertes d'une épaisse couche de glace. Le* antre* ruea de la ville sont pour la plupart symétrique*, les maisons en sont propres et d'apparence agréable. —La Grande- Eno aboutit , du côté de l'Italie , à uue place carrée plantée d'or* brea, et t^ue bordent en partie l# trièmmêl, beau badinent moderne 4e dea* étages , à façade régulière j la ******* d* gêadémèrte et U jwwee. — L* maiimmêmt sfe Mmmêl décore cette place : c'est «né fontaine carrée1, entourée d'un bassin arrondi et que surmonte une urne funéraire. Sur aae 4e ses face* se trouve le buste de Manuel, lNMvreliof ea broaae , et cette inscription , empruntée à un ver* 4e Béreager t • Brm» , ;«**« $t «sec, tout ét4kt ptupl* sa /■/. * A on angle de la place s'élève la tomr d* l'hértof* surmontée d'une haute et élégante flèche, reste d'un couvent détruit

Cast*i.la» a , sorla rive droite du Verdoai ch.-l. d'erroad., à 10 1. S.«E de Digne. Pop. 9,146 hab» — A une époque reculée, Castoileue était aituée sur une coltine , au-dessus de la viHe moderne } e'était une seigneurie dont le* bavons se prétendaient le* vassaux Immédiats dea roia d'Arlea, et refusaient de reconnaître la souveraineté de* comtes de Provence. Le dernier de ce» baron*, fai battu , fait prisonnier, et eut la tête tranchée I Marteille, en 13*7, et son cbâte^a fut réuni aa domaine du comte» Ver* cette époque , le* habitant* quittèrent la montagne et fondèrent la nouvelle Tille au bord du Verdon t l'évèque de 8ene* vint y habiter , et plusieurs eooveut* s'y fondèrent. — Ca*tellane est aaseu bien bâtie et possède plusieurs grand* bâtiment* , mais d'aspect lugubre : cette ville, percée de rues étroite* , tortueuses et sales , est en partie entourée d'énormes murailles délabrées, de tours ruinée* , débris de «a* ancienne* fortifications : d'autres ruines de ce genre parsèment le coteau et couronnent le roc voua a. Entre la ville et U ririère est une place spacieuse , propre et oraée d'un château d'eau. Castel la ne communique avec la rive gauebe 4e Verdon par an pont en pierre, d'oae seule arche très hardie , digne du site extraordinaire ou il se trouve ; ce pont occupe le fond d'on défilé, et s'appuie an ree «V Casr*rtm*», promontoire de rocher* de 000 pieds de haut, dont le Verdon baigne la base , et qui barre presque entièrement ia vallée : son aspect est tout-a-fait grandiose ; un sentier difficile mène à son sommet, oà est bâtie U petite chapelle de Nttr—fHmê+dm-Rà*. — De ce point, lea perspective* sont remarquable* i on est au centre d'un vaste amphithéâtre de moats sauvage* , dont le plu* haut (k l'est), le Tsitt**, a 1,700 mètres d'élévation.— Près de Castellane est uae source d'eau selécta abondante, qu'elle fait tourner un moulin : on a remarqué que lé volume d'eau qui en sort augmente qnand le vent sou/ne du nord.

Colxurs , place forte sur le Verdon ; eu.-l. de cent., a 6 1. t\t 4e Castellane. Pop. 037 hnb. — Cette ville est située presque à Fextrémité supérieur* de la vallée du Verdon , à le Jonction de Cette rivière , de la Senee et do Rfou , entre la principale chaîne des Montagnes-Blanches et la Chaîne de* mont* dont l'arête forme la frontière. Cette situation très élevée , jointe an voisinage de* hante* montagnes , y rend le* hivers long* et rudes ; mais, dana l'été f c'est un séjour très agréable par sa variété et le grandiose

dès site* environnant*. — On refc , près 4a Ceimara , urne /sataaa? te/*vatitt**f* créa curieuse i elle coule et tarit environ boit foi* par bearet -Quand l'eau va recommencer à couler elle s'annonce par un mnnnnre sourd, puis die s'élève rapidement et comme d'un bond, ensuite elle sebaiaeo avec lenteur; après un repos d'un* minuta le débordement recommence et rabaissement la suit avec nae régularité parfaite.

San** , sur 1* rire gauche de l'Asse; eh.«l, de canton, a 7 1. l|f W.-O. de Castellane. Pop. OU hab. ~~ Seneu est une ville fart ancienne $ Ptolémée, qui écrivait daaa le 11e siècle, en fait mention; mais an ignore aon histoire et ses vicissitudes. En 4êê Benes fat érigée ea evéché. Son église cathédrale était dédiée à Notre-Dame} un chapitre de huit chanoines ot de huit antre* df. gaitaire* y était attaché 1 l'évéque prenait le titre de seigneur de Senes , mai* il habitait rarement la ville et finit par l'abandonner lorsqu'elle fut déchue au point où elle se trouve encore. Cet evéché fut supprimé à la Révolution, —-Senes cet située an pied da la montagne ae Im Cmé* , sur une colline riante baignée par l'Asee, daas une vallée qui semble perdue an milieu d'un labyrinthe dé montagnes. L'aspect de la ville eat agréable, mais ses environ* ont un caractère sauvage et désolé 1 lea monta qui l'entourent de 1,000 à 1,600 mètres de hauteur, trop peu élevée pour être im* posants , ont dea flancs escarpés et presque perpendiculaire* et rapproches, que les vallée* qu'il* forment ne sont que des garga* tortueuses , sillonnées par lea torrents et lea lavange*. De maigres taillis , des bouleaux rabougris, 4e petit* sapin* , de triste* mélèae* y sont la seule et chétive parure de* montagne* t leur art* dite est telle que l'herbe même croit à peine surjeurs plateaux de grès on de marbres grossiers. Cette nudité lais** le roc enpaaé aux afdeors de l'été, à l'àpreté des vent* d'hiver, à l'effort de* orages fréquents qui délayent et enlèvent la terre végétale aussitôt qu'elle se forme. Le décharnement de ces monta gaes ne peut que s'accroître. Vues de haut , elles offrent l'image de vogues immenses soulevées par lea venta , et qu'âne puissance surnaturelle aurait transformées en rochers. — Une population sauvage et peu nombreuse habite ce chaoa et y vit séparée du rente du moadc<

FoecAXQUtEft , ch.-l. d'arroad., à i% L 1f3 8.4V de Digne» Pop. S,036 hab. — Ville ancienne, jadis considérable et importante, elle était la résidence de comtes dont plusieurs se sont rendus fameux dans lea guerres de la Provence et du Danphinéi leur juridiction a'éteudait sur plusieurs antre* ville* et sur un terrain très étendu. -— Dans le xr* siècle nue circonstance eingn* lière attira l'attention de la province sur la ville. Gérard, ou** noine de Sisteron , y ayant été nommé évéqoe * y fut ai mal reçu par le chapitre, qu'il ae retira à Forçai qo 1er, qui, dès lor*, ae qualifia de ville épiscopale , et dont l'église prit le titre de ***» rctaVilra/e , qu'elle posséda jusqu'à la Révolution. — Forcâlquier fut fortifiée et souffrit plusieurs siégea 1 elle eat encore dominée par les ruinée) d'un antique ehâteeu*fort.

Maitosqu* , ch-1. de cent , à 4 1. de Forcâlquier. Pop. 5,S4B h. — Cette ville doit son origine aux comtes de Forcâlquier, qui, charmé* du site, y avaient fait construire un palais oi ils résidaient peu* dant l'hiver ; ils le donnèrent ensuite , ainsi que la ville , à Tordra de Saint Jean-de- Jérusalem , et on y conserva long-temps le corne: de Gérard /un g , instituteur de cet ordre. — Eu 1700 ua tremblement da terre renversa une grande partie de la ville; néanmoins c'est encore la plus peuplée dea Basses- Alpes. En 1700 , lor* de la division du territoire, elle n'a pas été nommée ch.-l. de la préfecture à cause de aa situation sur la frontière même du département. — Maaosque a offre rien de bien remarquable aon* le rapport architectural , quoiqu'elle possède nombre de bâtiment* grand* et propres; die est sitnte à une demi«lleuc de 1* Devance, aur la rive droite de cette rivière , au milieu d'une vallée fertile.

âiSTftaoff, sur la rive droite de k Duranee, ch.-l. d'arr., â 10 1. Q.*N.-0. de Digne Pop. 4,400 hab. •— Cette ville, d'une haute antiquité, se nommait, sous les Hûmâ\uht SeauUto, et était alors fortifiée. Pillée et brûlée per les Huns, les Vandales, les Sa** résina, elle fut plusieurs foi* reconstruit*. Dans le vr* siècle on y établit un évêobé suffragant de l'église d'Aix, et dont l'évêqùn prenait le titre de prince de Lurs. — Sisteron faisait partie de 1* Haute-Provence, et fut toujours importante comme place de guerre, à cause de sa m>sition , qui commande les vallée* de ht Duranee et du Bnerh : c'est près du confluent de ce* deux rivières qu'elle est aituée. — Le bassin de la Duranee, spacieux andessus de la -ville, se rétrécit en l'approchant , et forme une goreu étroite bordée de rochers escarpée dont IHin eat couronné parla citadelle, et l'autre porte le faubourg de Beaume. La ville possède d'agréablee promenades, et plusieurs constructions publique*, ainsi que quelques maisons particulières, fyUes et de bon style:

TOACKS ST OOlTTVKSsV

La ovrr ne BAnrr-MAXTMB. — Cette fête, célèbre è Eies, a Heu durant lea trois jour* de la Pentecôte. C'est un combat simulé, ea que dans le pays on nomme une enviée , entre les Chrétien* et les Sarrasins. Les habitants aisés , vêtu* à la hussarde , compétent un corps de cavalerie bien monté : les artisan* se réunissent

«n compagnies de fantassins. Les Sarrasin» • ont des cocardes certes et de* éteudards de mène couleur. On élève dans le préau de la foire , près de la Rotonde et des quatre colonnes antiques , s» fort construit en planches et orné do rameaux verts. Le dimanche et le lundi , les Chrétiens attaquent et bloouent ce fort , qui est occupé par les Sarrasins : il se consomme , Jans cette occasion , quinze à viagt quintaux de poudre. On s'empare du fort le troisième jour, on le saccage , on le brûle , et l'on emmène les Sarrasins prisonniers jusqu'aux portes de la tille. Le tout finit par un repas. — Le lendemain , tout le monde va à Saint-Maxime , pour remercier le patron de la ville de ce que personne n'a été blessé. Dans l'église, le commandant de la braewte désigne son successeur pour l'année suivante , en plaçant son chapeau sur la tète de celui qu'il jnge le pins digne. Celui-ci , en signe d'acceptation , lâche son pet, c'est-à-dire tire un coup de fusil dans l'église.

Habitations. — Dans les montagnes des Basses-Alpes , les ■Misons sont basses et à un seul étage ; les toits , à pointes aiguës, sont couverts d'ardoises ou de petites plaques de bois résineux. Le rez-de-chaussée est voûté et chauffé par un poêle; c'est là que lea familles aisées se réunissent. Les pauvres demeurent dans les étables , et les riches eux-mêmes cherchent quelquefois à jouir de la température douce qu'on y trouve, en pratiquant dans un coin de leur écurie un petit salon en planches , où la famille se rassemble quand les froids deviennent trop rigoureux.

Nouaiutu&k. — La nourriture habituelle des montagnards est, pendant l'hiver, assez substantielle; elle se compose de viande salée et d'une soupe très épaisse , connue sous le nom de brigadeomse , et faite avec de la farine et du lard. On y joint de gros vermicelle et de larges plaques de pâte. Pendant l'été , leur régime nutritif est varié par les' œufs ,1e lait, les légumes et les fruits, qui sont généralement excellents.

Les trois sauts.— La plupart des villages ont des fêtes votives appelées rommeirages , qu'animent les courses et les danses des jeunes gêna des sexes. — Un de leurs amusements favoris est un exercice gymnastique que nous avons trouvé ausû en honneur cites les Basqifes des Basses-Pyrénées. — On accorde un prix à oelni qui , en trois sauts , parcourt l'espace le plus grand. On consacre à cette course rustique, pour les garçons, des champs en Knte et nouvellement labourés , et pour les filles , une de ces lies prairies si communes dans les Alpes.

Cabrait s solaires,— On remarque dans les villages de la vallée de Barcelonnette , et surtout dans ceux qui , par leur situation , jouissent peu de la vue du soleil , des cadrans solaires , dessinés avec tout le luxe possible, ornés de brillantes couleurs , et décorés de devises en vers français ou latin , contenant des maximes religieuses et morales, ou les louanges du soleil poétiquement exprimée*. Ces cadrans sont communément l'ouvrage des curés qui, dans leurs loisirs, s'attachent ainsi à manifester leur goût par le dessin et la peinture , et leur érudition par les devises.

UsâAfca os Là vali.fr nx Fours. — - La vallée de Fours renferme M hameaux qui composent la commune du même nom , et dont la population totale s'élève à environ 500 habitants. Chaque hameau , composé 'd'un petit nombre de maisons , n'est habité que par les membres plus ou moins éloignés d'une même famille. — Tous les hommes émigrent périodiquement à l'approche do l'hiver. — Chaque famille a le privilège d'explorer une province spéciale et d'y exercer son industrie sans craindre qu'un membre des familles voisines vienne s'y mettre en concurrence. Ces bons montagnards considèrent la France et l'Europe en quelque sorte comme leur propriété. Les uns vont en Bourgogne, d'autres en Normandie, d'autres en Flandre, en Hollande, jusqu'en Suède et en Danemarck. Au retour, chacun rapporte des pays qu'il parcourt ordinairement quelque petit meuble à l'usage de sa famille. On trouve ainsi, dans cette petite vallée des Basses-Alpes , et dans un espace très borné , des ustensiles des contrées les plus opposées.

Les hommes émigrant tous , ce sont les femmes qui se chargent de tous les travaux agricoles. Elles sont fortes et laborieuses.

Parmi les usages particuliers à cette vallée, les plus remarquables sont relatifs aux cérémonies pratiquées aux naissances , aux mariages et aux décès.

baptêmes. — Lors des baptêmes , à l'inverse de ce qui se pratique ailleurs, c'est la marraine qui choisit le parrain. Les parents n'admettent jamais , pour parrain ou marraine , une personne affligée de quelque infirmité morale ou physique; ils sont dans la persuasion que ce vice naturel serait transmis à l'enfant. — Après le baptême , la marraine , en rendant son fils à l'accouchée , lut offre six douzaines d'oeufs que celle-ci est tenne de manger avant de quitter le lit. Cette coutume a pour but d'empêcher l'aocouchée d'avancer l'époque de ses relevailles.

FiançailUs et mariages. — Quinze jours avant la noce, on procède aux fiançailles.- Les parents s'assemblent â minuit, au domicile de la prétendue , et dès que la demande en mariage est laite, le plus proche parent de la fille la conduit dans une salle où elle reste seule un instant avec son futur époux , puis les jeunes gens reviennent an milieu des deux familles , dont ils embrassent tous les membres , ea donnant à chacun d'eux le titre de parenté que

la nouvelle union doit établir. — Ils se promettent ensuite une fidélité mutuelle. Les parents proclament le mariage , que des coups de fusil annoncent au-dehors. Un repas termine la cérémonie. — Le jour des noces , au moment d'aller à l'église , le père de la jeune fille lut présente un verre plein d'eau , dans lequel il jette une pièce d'or ou d'argent, pour lui marquer que ee sont les derniers soins qu'elle recevra de lai. La jeune fille boit l'eau , prend la pièce de monnaie et doit se mettre à pleurer. — Elle est conduite à l'église par son père ou par son plus proche parent. — En se plaçant auprès d'elle, son futur mari pose un genou sur son tablier, pour indiquer qu'il en prend possession.-— Après la bénédiction nuptiale , le plus proche parent dn mari conduit la jeune femme dans la partie de l'église où elle doit se placer désormais parmi ses nouveaux parents. — Au sortir de l'église , il la mène au milieu d'une petite place voisine , vers une pierre de forme conique , qu'on appelle la pierre des épousées, et sur laquelle il la fait asseoir, le pied droit posé dans une entaille faite à dessein, et le gauche suspendu. La jeune femme reçoit, dans cette position peu assurée , les embrassements de ses parents et de ceux de son mari. — Chacun d'eux lui place un anneau an doigt. Dans les familles nombreuses , tous les doigts de la mariée sont quelquefois couverts de bagues. — Un simulacre de combat a lieu ensuite entre les habitants du hameau de la femme et ceux du hameau du mari ; cette lutte est un témoignage d'estime qu'on n'accorde qu'aux jeunes filles dont la conduite est exempte de reproches. — On se dirige ensuite vers la maison dn mari. Celui qui conduit la mariée frappe à la porte , qui est fermée , et de l'intérieur on lui demande : « Qui est là ? — Ce sont , répond-il , « des voyageurs fatigués qui cherchent un gite.*— Ailes plus loin, « la porte ne peut pas s'ouvrir, la maison attend une nouvelle « maîtresse. » — Une autre personne dn cortège annonce alors l'arrivée de V épousée , et la porte s'ouvre. Après des salutations réciproques, on présente à V épousés trois petits pains. — Elle les prend , en donne deux à ceux qui sont dans la maison et un à ceux qui sont dehors. L'acceptation des pains est l'acte de prise de possession , et la distribution inégale qu'en fait la jeune femme signifie qu'elle doit prodiguer êeê soins à ceux de la maison de préférence aux étrangers — Le plus proche parent de Y épousés lui remet ensuite dans un plat deux poignées de froment , qu'elle répand sur la tête des assistants , comme un voeu de prospérité et d'abondance. — Une dernière cérémonie précède l'entrée des deux époux dans la maison : on leur offre de la soupe dans une seule assiette , pour leur faire comprendre qu'ils doivent désormais vivre unis comme un seul et même individu.— Un festin public termine la fête. Tous ceux qui se présentent , parents , compatriotes on étrangers , peuvent s'y asseoir.

Mort. — ' Repas funèbre. — Après la mort et l'enterrement d'un Fonmaisien , la paille de son lit est portée à l'extrémité d'un champ , qui ne doit jamais être le plus voisin de la maison du mort , mais celui qui vient ensuite ; cette paille reste là jusqu'à son entière destruction , sans que jamais on s'en serve comme fumier. — Au jour anniversaire du décès , on célèbre une messe qui est suivie d'un banquet funèbre, dont le riz et les œufs forment les mets principaux ; ce triste repas est en quelque sorte public, car chacun, parent, ami ou étranger, a droit d'y prendre place.

Les trois robes* — On retrouve encore aujourd'hui à Fours an usage jadis pratiqué chez les Grecs , et qui était une des institua tions de Solon. La femme athénienne, en se mariant, ne devait apporter à son mari que trois robes et des meubles de peu de valeur. Les Fournaisiennes, en se mariant, n'emportent également que trois robes , et des effets pour une valeur de 200 francs an plus. Cet usage a pour but de ne pas appauvrir les familles par des dots trop considérables.

Les prémices du Jour de l'an, — Le premier jour de l*snnéc , chaque mère de famille va de grand matin puiser de l'eau à le fontaine ; celle qui y arrive la première , y dépose sur une pierre des prémices de son travail (une tranche de pain , un morceau de fromage , etc.) , qu'emporte celle qui vient ensuite , en les remplaçant par une offrande destinée à celle qui la suivra.

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