MARSEILLE
Haa^ilu, te plu* important de nos ports de commerce, sur 1* Méditerranée, chef-lieu de préfecture, siège, d'un évfebé, est a *1* kilomètre» (environ, 204 l) tlediatsmoe légele, S.-K. de Pari». Oo paie 103 poètes 1/4. — PaoarVfspaee de étaler aooéee, la population de cette Tilfe Vest *eeruè de 29,000 habitants. Elle était de ff0,OO*en 1 828, .aujourd'hui elle s'élève à 145,11$. Son commerce «acquis aussi uoe importance toujours pro- .gresaive; cet accroissement de prospérité est dû. entre «Attea eamee » « 1» ooaquète al à roeeupatioo d'Alger.
tfatseifle est celle des cités françaises dont Phratoire certaine remonte à une pt us haute antiquité- — Une colonie d'aventurier* phocéens débarqua , 600 ans avant l'ère chrétienne» sur te territoire marseillais, qui appartenait eJore à la tribu des Ceites-Lygten», dont le chef, Noonus, aoeueiUrt favorablement la peuplade greeque, et fui permit de se fixer à Marseille. La, les Grecs retrouvèrent une terre en harmonie avec leurs goûts , leurs habitudes, leurs mœurs. La colonie prospéra bien* tôt au point qu'elle excita t'envie des aborigènes ; ils ta méditèrent l'extermination, mais ce projet fui beudejeué. Grecs d'origine, les Marseillais •root en Franee une nouvelle Thesaalie, avee ses son culte % set bois saerés, sa langue harmonieuse : néanmoins, dans la suite ce caractère primitif Vaffajbnt i proportion des agrandissements de la colonie. — Peu à peu la ville s'embellit et se fortifia. — £lle résista, au» attaquée dea Carthaginois jalon* de son •oontmeroe, et, pendant eette guerre qui fui long**, te» importa née , loin de déchoir» augmenta. La colonie devint métropole; Marseille, alors MmssiHa, fonda Afc*a ^Nice}t Jntipolts (Antibes), OthaHita (la Ciolet), Jgatha (Ajj'le), et d'autres villes qui n'existent plus aujourd'hui Les Athéniens , jaloux aussi de sa prospérité, l' Attaquèrent avee quelques succès ) mais vaincus pa* Philippe à Chéronée , ils perdirent toute prépondérance, et Marseille augmenta en puissance. Sa situation, to* port $uperhe , la nature ingrate de son territoire» le génie de ses habitants, tout en faisait nécessairement une ville maritime et commerciale. Deux de ^% citoyens, Pythéae et Eu tuy mines, accrurent sa réputa* tîo» par leitra voyagea de découverte». — Au m9 siècle «vaut Jésus Cbmt, Marseille était l'Athènes des Gaules , vue eité modèle de sageese et de bonne administra* tion, même au témoignage de Cicéron. — Son gouvernement était républicain; six cents sénateurs t'adminisg aient Elle s'allia avec Rome ; rivale comme elle des Irthaginois, et s'opposa, mais inutilement, à invasion d'Anoibai. Sue eut péri alors si Annibal eut été vainque** aie Rome. —Plus tard, les Cimbres, les Teuton», les Ambrons la menaçaient d'une ruine imminente, lorsqu'ils furent taillés en pièces par Ma ri us. — : La ruine cleTyr par Alexandre, celle de Carthage et de Corinthe par Jea Romains, débarrassèrent le commerce de Marseille de concurrences dangereuses. — Elle avait atteint le comble de la prospérité» lorsqu'elle prit parti pour Pompée contre César, Celui-ci. vainqueur, punit sévèrement Marseille; il ne lui laissa qu'une ombre de liberté, et loi 6tn son commerce et ses colonies. — La perte de toute puissance effective, de toute influence politique, fit tomber peu à peu Marseille
dans l'obscurité, et elfe y resta long-temps.-»- Redevenu* république indépendante sous Ta protection romaine, elle releva son commerce et acquit une nouvelle célébrité par ses écoles. Le christianisme s'y établit dés le principe, et excita une ardente ferveur chex ce peuple toujours exalté. — En 483, Marseille résista aux attaques des Visigoths , mais plus tard ils s'en emparèrent et la saccagèrent ; elle fut ensuite" dévastée pa.r les Bourguignons, parles Ostrogot h s , puis par Çlevis , qui, de 686 à 588, ravagea toute la Provence. En 735, les Sarrasins, s'étançant de l'Espagne» s'emparèrent de Marseille et la bouleversèrent de fond en comble. Tout ce qui lui restait de monuments antiques disparut alors. — Les croisades donnèrent une nouvelle activité à son commerce. — A cette époque » le ville se composait de deux parties bien distinctes; la ville basse située entre le port et la mer, la vilte haute, au defà du port; cette division dura jusqu'en 1348. — Marseille, depuis 1237, appartenait aux comtes de Provence. Elle fut prise et saccagée en 1423 par Alphonse d'Arratfpa , et se releva avec l'assistance du roi de France. — Sou» le
gouvernement du bon roi René, qui mourut en 1480, (arseille revit des jours prospères, et acquit une grande réputation par ses manufactures de savon, ses verreries, ses tanneries et ses pelleteries..— Le successeur de René, Charles III, venant a mourir saps postérité» Marseille et son territoire tombèrent au pouvoir de Louis XI » et firent dès-lors partie du royaume de France* — Eu 1524, la ville fut inutilement assiégée par h connétable de Bourbon. — Trois ans après, Charles- Quint échoua pareillement devant Marseille* — Eu lv30 » la peste (qui s'était déjà, montrée plusieurs foi») enleva une moitié des habitants.— En 1580, Marseille avait 72,000 babit., population excessive pour retendue de la ville, que resserrait une forte enceinte de murs, percée de quatre purtes. Ce défaut d'espace contribuait a la fréquence et a l'Intensité dès pestes, qui la désolaient, -^ Marseille avait conservé dts franchises qui lui furent 6tée« par Louis XIV : à cette occasion elle se révolu contre l'autorité souveraine, résista long-temps »qo* là conduite de rhéroïque Nioselle, et ne fut soumise , en 1660 , que par la force. — Pendant ce temps, Pugei devenait le génie restaurateur de Marseille* — t/usqu'a l'époque de sa mort, en 1694, ce Michel-Ange français , l'homme le plus insigne que Marseille ait produit, employa ses talents à. faire de sa ville natale une ville presque nouvelle : des améliorations de tout genre furent exécutées alors. — En 1620-21, la pçste fut de nouveau apportée du Levant ; plus terrible que jamais , elle força cette ville infortunée à lui donner le nom de (itxmtfe- Peste. Marseille fut alors en proie aux scènes les plus effroyables, mais elle fut témoin des actes de couraae et d'humanité les plus héroïques. L'évéque de BeTzunce, le chevalier Rose, le commandant Laogeron et plusieurs citoyens acquirent des droits è une éternelle reconnaissance. — La population de Ja ville était de 90,000 habit.; il en périt 40,000, Le fléau moissonna 10,000 victimes dans la campagne environnante. — Après un tel désastre , Marseille languit long- temps ; elle portait de nouveau sa prospérité au plus haut degré , lorsque la révolution éclata. Marseille y prit part presque ausitot que Paris même, et, pendant toute cette période, se montra tour à tour turbulente, frivole et sanguinaire, tour à
tour montagnarde et girondine. Elle languit sous l'empire, dont elle souhaitait la chute, et ne reprit sa prospérité que lorsqu'elle put jouir à la fois des bienfaits de la tranquillité intérieure et de la paix extérieure.
&AWGAGE.
Le patois provençal est l'ancienne langue romane, idiome riche, harmonieux et littéraire, sur laquelle les excellentes recherches de M. Ray noua rd n'ont rien laissé ii dire aux écrivains qui viennent après lui. — Nous reparlerons de la grâce et des richesses de la langue des troubadours en nous occupant d'un autre des trois départements provençaux , et nous nous bornerons à rap • peler ici, d'après Millin, observateur instruit non moins
Sue spirituel, la façon dont la plupart des habitants du épartement qui n'ont eu l'occasion d'étudier le français que dans leur pays se servent de la langue nationale.
Millin , dans son voyage, rapporte les dialogues semifrançais, semi-provençaux, qu'il y eut occasion d'entendre. « Combien y a-t-il , dit un voyageur à un .de ses compagnons de voyage, que vous manquez de Marseille?
— Trois semaines , i ai été en Avignon , du depuis , à Beaucaire et je vas a Arles. — Comme vous voilà fait!
— On m'a marché dessus , et mon habit est tout péri. — Vous étiez indisposé lorsque je vous vis à Marseille ? — J'ai eu en effet la rhume, et j'ai mouché pendant trois semaines : outre cela, j'avais la joue enfle. — Et madame votre espouse ? — Elle est encore malade , elle espère la fièvre : mais j'ai fait une consulte de médecins, et ils assurent que si je lui donne encore le Quinine et trois purges, je risque qu'elle guérisse bientôt. > Le même voyageur, s'adressa nt à une dame embarquée sur le même bateau : «Vous avez là, madame, une jolie petite fille, elle vous ressemble beaucoup. — Oui, monsieur, chacun dit qu'elfe me donne de l'air. — En avez-vous d'autres? — Hélas oui! j'ai encore deux filles et un e/ifant. — Est-il avancé? — Quoiqu'il n'ait que douze ans
d'âge , il sait déjà bien la chiffre : mais c'est un démon , au plus ou lui défend une chose, au plus il la fait , etc. Quant aux modifications qu'a subies la langue des troubadours pour devenir le patois des Provençaux , nous les ferons suffisamment connaître en indiquant quelques-uns des proverbes en usage dans le département. On y trouve souvent une caustique originalité. — Panjresc, proun fillos e boues verd, mettoun leou Vhoustaou en désert. Du pain frais, beaucoup de filles et du bois vert, mettent bientôt la maison au désert. — Dé clans, d'armos e d'amours, per un p/ési millo doulours. S'occuper de chiens, d'armes et d'amour, pour un plaisir mille douleurs. — Quévoou en toutos peyros soun couteou amoula , en tou roumavagi sa Jremo mena , e en toutos aygues soun chivaou abeourar, oou hou de l'an n'a qu'un couteto, une putan e un haridello. Celui qui aiguise sa lame sur toutes Jes pierres , qui conduit sa femme à toutes les foires et fait boire son cheval à tous les ruisseaux, au bout de l'an n'a qu'un mauvais couteau , une femme de mauvaise vie et une haridelle. — Les expressions proverbiales relatives aux femmes ne respirent pas toujours cette antique galanterie dont la Provence a été le séjour : mais les hommes qui se plaignent des femmes sont en général ceux qui les aiment leplus. Les Provençaux disent , il est vrai , que , se n'eiro pas /et jremos, nés homes se rien (Cours maou lipas. S'il n'y avait pas de femmes, les hommes seraient des ours mal léchés. Mais ils disent aussi, que perde sa jremo, ence quienze êoou , es grand dqoumagi de Cargcn. Qui perd sa femme et quinze sous , la plus grande perte , c'est l'argent. — Enfin , celui qui a fait Le proverbe suivant n'avait pas à se louer du mariage : Dons bouen jours a l'houmé su terro , quand pren mouillé e quand tenterro. L'homme a deux bons jours sur terre, quand il prend une femme et quand il l'enterre. — 11 est vrai que celui qui suit ne prouve pas que les femmes aient plus à se louer de leurs maris : Si uno marlasso venté veouse, sérié grosso. Si une merluche devenait vluve , elle engraisserait.