‹ France pittoresqueChapitre 85 sur 102 · MOTES BIOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

MOTES BIOGRAPHIQUES

Dans le grand nombre d'hommes distingués qu'a produits la Provence, le département des Bouches- du-Rbéne réclame la plus grande part. Voici quelques-uns des noms qui méritent d'être cités parmi les hommes d'une époque antérieure à la nôtre. Pour les énumérer nous suivrons l'ordre alphabétique. — Adansoh , naturaliste célèbre ; Barthélémy , auteur du Voyage d'Amochants ; Bouche, géographe; Brueys, auteur dramatique; Camprat, compositeur et maître de musique ; Adam de Crapohjte , ingénieur distingué ; le comte de For a. h, amiral et grand homme de guerre; Pierre D'HoxiER , généalogiste célèbre; Honoré d'URPR , auteur de Y J tirée ; Lananon , naturaliste, massacré par les sauvages, daus le voyage de Lapeyrouse; Dumarsais, grammairien ; Mascaro* , célèbre prédicateur ; MA4sii.u>ir , grand orateur chrétien ; Mirabeau, traducteur du Tasse ; le maréchal Du Me y ; Nostradakus, médecin. et astrologue fameux dans le xvi* siècle; Pétrowe, écrivain latin , auteur d'une satire célèbre sur les mesura des empereurs; Chartes Petssonwei. , consul en Orient, et un des écrivains qui ont fait mieux connaître ce pays ; Pierre Puget, an de nos grands sculpteurs; le bailli de Suffre*, illustre amiral, la . terreur des Anglais dans l'Inde; Tourxefort, célèbre botaniste; Vahloo, peiutre qui a joui d'une grande réputation; Vauteïiargurs, philosophe profond et grand écrivain, etc.

Parmi nos contemporains , l'ordre alphabétique nous présente d'abord: D'Abiitcourt , comédien célèbre; Ah toiceli,b , membre distingué de la Conveution; Barbaroux, un des orateurs remarquables de la Gironde ; Barthélémy , auteur de la Némésu, célèbre, comme poète populaire, par sa verre et son énergie (afin de ne pas désunir deux noms qui se trouvent toujours ensemble, nous nous bâtons de citer aussi le poète Méry); Bruguieres dr Sorsum, enlevé trop tôt aux lettres qu'il cultivait avec succès; Prosper Cabasse , auteur d' Estais historiques sur le parlement de Proremee; Capefigue, jeune littérateur qui a obtenu trois couru nés à l'académie des Inscriptions-et-Belles-Lettres; Chabert, lieutenant général ; Cbampein , compositeur , auteur de la Mélomane et d'autres o|>éras agréables; les demoiselles Clary, dont l'une a été reine d'Espagne (Julie, femme de Joseph Napoléon), et l'autre est encore reine du Suède et de Norwège (Eugéuio- Bemardime- Désirée, mariée à Bernadotte) ; ("owsTAirriH , peintre paysagiste , et son fils qui est peut-être aujourd'hui le premier des peintres sur porcelaine; Dagnak, paysagiste distingué, dont les tableaux ont toujours été bien accueillis aux grandes expositions de notre musée; Dacmier, simple vitrier, qui s'e»t fait un nom par une disposition naturelle pour la poésie; Della-Maria, compositeur estimé; Domergue, habile grammairien; Doraxge, jeune poète de talent, mort à vingt-cinq ans; Emeric-Dayid, savant distingué , membre de l'académie des Inscriptions-et-Belles- Lettres; D'Ehtrecasteaux , navigateur habile, qui eut l'honneur d'être chargé de l'expédition envoyée à la recherche de Lapeyrouse ; Esméhard , auteur d'un poème sur Ja Navigation. qui obtint sous l'empire de grands éloges et de rives critiques; EsrsRCiEUX, sculpteur remarquable; Kyries, voyageur et géographe instruit; Fauris de SAiirr-Vuiciirr , counu pur ses recherches numismatiqiies; FoRBiif t peintre , directeur du musée royal; Gavtbeaume, amiral; Garcht - de - Tassy , orientaliste; Gardaitke, général et ambassadeur en Perse; G asfariv, représentant du peuple, qui eut. le bon esprit, au siège de Toulon, de reconnaître et d'appuyer les talents du jeune Bonaparte; Ga- YAUDAir , acteur célèbre; Grahet, grand peintre dans un genre qui offre peu de ressources ; Victor Hugues , commissaire dn gouvernement dans nos colonies américaines , et celui qui les défendit le plus courogeusement ; Isoard, cardinal ; Jaubert, voyageur et orientaliste, qui a introduit le premier en France les chèvres qui produisent leprécienx duvet de cachemire; Lawtibr, auteur dn Voyage d'Amienor; MlGHET, autrefois littérateur distingué, nnjourdVbni homme politique; Mioixia, général qui eut part asm succès des premières campagnes d'Italie; Pastobsy, membre de l'Institut, ministre d'état , savant distingué ; AméJee Pjchot, littérateur, traducteur de lord Byron , historien du dernier des Stnarts ; Portalis, ex-ministre , pair de France ; RxrifAUD , orientaliste; Charles de RÉmusat, auteur distingué, que la politique a enlevé à la littérature; Roux, médecin célèbre; le comte bnstov, ancien ministre; Somis, lieutenant général: Tmms, historien et littérateur, qui déjà , avant d'être ministre, jouissait d'une grande réputation ; Tomho-Lebrcw , peintre , élève de David , exécuté par suite d'une conspiration contre le premier consul, etc. , etc.

TOFOai

Situati oir. — Marseille est située au fond d'une petite baie , an pied d'un bassin semi-circulaire qui, du bord delà mer, s'exhausse graduellement vers sa circonférence et a jusqu'à 3,000 pieds de hauteur sur plusieurs points ; cette disposition do terrain donne à la ville une exposition fort agréable. L'ancienne ville est à gauche du port et couvre une surface très inégale; la nouvelle s'étend sur l'autre côté et dans le prolongement dn port, et s'appuie an

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mamelon qui porte le fort de la Gard*. — Marseille présente la forme d'un fer à cheval, dout le creux est dessiné par le port. Elle eat divisée en deux parties égales, dans le sens Est et Ouest par le port, la rue Cemebière et les allées de Meilhan; et, dans l'autre sens, elle est traversée en droite ligne parla route d'Aix, le Grand- Cours et la rue de Rome.— Le site est aussi ravissant sous le rapport pittoresque qu'avantageux sons celai du commerce: le ciel, la terre , la mer , la latitude , tout contribue à embellir , à enrichir cette ville fortunée , pour laquelle les hommes ont fait beaucoup , mais bien moins encore que la nature.

EjfcitiTTES succkmivis. — La première enceinte dut être fort circonscrite quand la ville ne se composait que des buttes d'une peuplade de pécheurs, et même plus tard encore, quand une petite colonie y ajouta' quelques constructions nouvelle*. Cette enceinte augmenta rapidement avec la population , et, au temps de César, elle comprenait presque tout le terrain de la ville- vieille d'aujourd'hui , et une partie de la plage que la mer a submergée depuis, m Marseille y dit César, est baignée par la mer de trois côtés, et n'est accessible par terre que par le quatrième. » Cette partie surtout était couverte par des fortifications qui , plusieurs fois démantelées, furent réédifiées en l'an 800. — Marseille fut long-temps divisée en ville hante et ville basse. Un remj»art les séparait; une seule porte leur servait de communication . En 13i0 les anciennes murailles furent démolies , et une nouvelle enceinte lin peu plus étendue fut tracée. Celle-ci entoura complètement la yille, même du coté du port , et fut percée de quatre portes auxquelles , par la suite , ou en ajouta deux autres. Le rempart du port était percé d'un grand nombre d'ouvertures qu'on appelait • las grottes, et qui servaient à l'introduction des marchandises dans la ville. Chaque soir on fermait ces grottes avec des grilles de fer.— -Jusqu'en t6tf6 la ville proprement dite fut ainsi enclose) trop resserrée, elle n'offrait encore qu'un amas confus et infect de maisons, mais à cette époque une nouvelle circonscription fut tracée, elle embrassa les deux côtés du port, l'espace qui se trouve dans son prolongement, et entoura ainsi tous les quartiers dont la ville s'était agrandie. L'ancien rempart fut abattu en grande partie, le quai fut déblayé, et les murailles extérieures furent percées de onae portes. — Dans cette enceinte restait un vaste et sombre arsenal; sa démolition, en 1781 , permit à la ville de s'enrichir du quartier de Rive-Basse, et des nombreux établissements r' te couvrent. Le théâtre est de ce nombre. — Enfin les remparts Marseille étaient devenus sans utilité ; la démolition en fut ordonnée en 1800, et sur leur emplacement s'élevèrent les boulevarts actuels avec leur double rangée d'arbres. Mais aujourd'hui ces boulevarts ont déjà cessé de circonscrire la ville ; elle s'étend au-delà sous le nom de faubonrg , et sa surface est encore trop petite pour sa population.

Port, -r- La nature presque seule en a fait les frais , c'est elle qui m creusé ce superbe bassin de forme ovale où 1200 navires peuvent trouver place ; mais il n'a asses de profondeur que pour les navires de 600 tonneaux, et, malgré son étendae, telle est la quantité des navires qui »'y pressent que souvent l'encombrement gène beaucoup le déchargement, ou l'entrée et la sortie des bâtiments. — Marseille aurait grand besoin de nouveaux bassina , qui sont, il est vrai, peu faciles à établir , à cause du défaat d'espace. 11 serait aussi à désirer que l'eau du port fût plus facilement renouvelée ; le flux et reflux des marées est ai peu sensible , et la quantité d'immondices versées par les navires et surtout par la rille est si considérable f qu'il est réellement quelquefois une espèce de cloaque d'où, sous une atmosphère brûlante, s'élèvent de dan* gereuses exhalaisons. — L'encombrement est plus sensible encore sur les quais, qui tous manquent de largeur, que daus le port. 11» sont toujours obstruéa par des marchandises de toute espèce et par la foule empressée , qui se bâte lentement an milieu d embarras multipliés.— Le port offre deux parties distinctes nommées le Commerce et la Boutique. La ligne qui coupe ces deux cotés de l'ellipse fait face à la rue Canebièro; sur ce point se trouve un assemblage confus de marchandises qui débarquent, de ballots qui se heurtent , de produits indigènes qu'on exporte , etc. — Le côté gauebe du bassin , qu'on appelle la Rire-Neuve ( ou le Commerce ), offre d'abord une aire immense où des milliers de bras sont occupés à vanner le blé. La machine à mater se présente ensuite , puis le canal et ses magasins , vastes succursales des quais, du port, où s'amoncellent les |»roduits des colonies. Plus loiu c'est la place au* Huiles, dont le sol ombrageux exhale l'odeur la plus nauséabonde; elle est peuplée des jaugeurs du commerce : on la traverse pour aller aux chantiers de construction , large place en talus , où > 'agitent les charpentiers ,. les calfata, tout ce qui tient à l'architecture na- ~ vale et qu'on nomme en provençal la mis trame. — Des amas de potasse, de soude, de savons, de barriques d'huile et d'ossements d'animaux , se trouvent à l'extrémité de la Rive-Neuve. — En face de ce poiut, sur l'autre rive (la Boutique) y est le bureau de tante, de la consigne , et le marché aux poissons s puis de nombreux cafés ouverts aux marins. En revenant vers la Canebîèrc, on s'aperçoit du perfectionnement graduel de la civilisation, on passe devant Yk6tel-de-»ille , on s'arrête devant le grand magasin d'estampes de

Ruspini , et on arrive au bazar, vrai passage parisien , abrité du vent par son exposition, du soleil par ses tentes; de la pluie et du froid par la latitude du lieu. — Des libraires , des magasins d'optique, d'horlogerie, de quincailleries, et surtout de chapellerie; voilà en gros ce que présente la rive droite du port. A cette variété d'objets, de magasins et de boutiques , joignez les costume* bizarres et pittoresques de taot de nations réunies. Américains, Africains, Grecs,. Levantins, Espagnols, Italiens, etc., leur dialectes divers, le concours de la population marseillaise; et le soir, les sérénades sur les navires et l'affluence des grisettes qui se promènent animées par la coquetterie et par le plaisir ; les éclats de voix des femmes du marché, le gros rire des marins, les cris confus," les bruits les pins extraordinaires, et vous n'aurez encore

3u'nne pâle idée de l'aspect étrange et vivant que présente le port e Marseille.

Rues. — Les deux villes qui forment Marseille sont totalement dissemblables -.l'une, vielle et laide, souffre non-seulement de toutes les infirmités inhérentes à la veillesse, mais encore de beaucoup d'antres dont elle pourrait se guérir. Elle est aussi sale que triste et décrépite. Ses rues sont généralement percées'an liasard, confusément éparses sur un terrain ondulenx ; plus ou moins étroites tortnenses, sombres et infectes, elles forment un labyrinthe difficile à percourir, où la vue et l'odorat sont péniblement affectés. Cependant ces quartiers s'améliorent déjà , grâce aux soins de l'administration locale qui lutte avec courage et quelquefois avec bonheur coutre des habitudes malheureusement aussi tenaces quelles sont blâmables. — La jeune ville est admirablement propre en comparaison de son aînée; mais la comparaison lui serait désavantageuse si elle s'établissait avec plusieurs de nos villes centrales ou septentriouales, et plus eurore avec les grandes villes de plusieurs états voisins.— Quai qu'il en soit .la nouvelle Marseille est bien percée ; la plupart des rues y sont droites et larges , bien pavées et formées par des constructions aussi spacieuses que bien distribuées. De tontes ces ru es, -la olus belle est celle de la Canebière; c'est à la fois une rue superbe, un bazar, une place, une grande route et une promenade ; c'est le point central de la Tille, la ligne de communication entre le port et le grand cours, et de jonction entre la vieille et la jeune Marseille.

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