‹ France pittoresqueChapitre 88 sur 102 · VARIÉTÉS. - CHASSE DES MAO&XV8E · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS. - CHASSE DES MAO&XV8E

Nous avons parlé des étangs salés , Martigues en est la ville centrale. Ces étangs sont fréquentés en hiver par une foule d'oiseaux aquatiques. Aux premières gelées, les macreuses et les canards arrivent par troupes. Alors a lieu nne chasse ou battue, à laquelle affluent les habitants des communes riveraines , et où les Marseillais enx-mémes s'empressent de se rendre. Voici la description qu'en fait le rédacteur de Y Hermès marseillais , recueil utile aux voyageurs qu'rvculent parcourir le département : «Vers Noël, lorsque l'étang a reçu ses nouveaux hôtes, des affiches apposées à Marseille, Aix, Arles et dans toutes les principales communes des environs, indiquent le jour et l'ordre de la bataille, car c'en est un* véritable. — La veille du jour où elle doit avoir lieu , tous les chasseurs se divisent par escouades , à chacune desquelles est assigné un bateau, vu pilote et un commandant. Les maires de Berre , de Vitrollcs et de Marignane président à toutes ces dispositions. La foole est grande , les premiers arrivants s'emparent des auberges ou logent dans les maisons particulières, les autres campent. A la pointe du jour, le tambour annonce l'embarquement. C'est ordinairement aur l'étang de Mariguane que l'action commence. On fait un grand cercle de bateaux remplis de chasseurs» autour des oiseaux rassemblés par bandes sur un point de l'étang; le cercle se resserre pou à peu et les macreuses se rapprochent jusqu'à ce que les bateaux se trouvent à la portée du fusil. Au sigoal convenu, nue décharge a lieu sur les malheureux oiseaux qui nagent à la surface de l'eau ; une partie est tuée sur la place , ceux qui échappent à ce premier coup de feu cherchent leur salut dans l'air, où une seconde décharge les atteint. Les uns tombent, les autres, avec des battements d'ailes bruyants et précipités, poussant des cris rauques , quittent le petit étang pour chercher un refuge sur le grand et se dispersent au loin , et les chasseurs , non sans altercations entre eux , se partagent la chasse et reviennent à terre. Le calme rétabli sur les eaux, les macreuses rassurées ne tardent pas à reparaître dans le petit étang. Alors recommence un battue aussi meurtrière que la précédente , et la journée se passe ainsi dans ces alternatives de chasse et de repes. »

Nous avons assisté à une chasse de macreuses sur le grand étang de Bigugfia , près de Bastia ," et la chasse corse nous parait présenter de notables différences avec la battue provençale. Ce qui lui donne un caractère particulier, c'est que la macreuse , en Corse , voyage ordinaircmcnt'de compagnie avec un autre oiseau aquatique moins gros qu'elle , et connue sous le nom de plr-ngmn (cat-marin). Ces oiseaux forment comme une troupe légère : ils sont placés isolément en sentinelles, en avant des macreuses, toutes disposées par lignes parallèles, à distances à peu près égales, sur la surface des étangs qu'elles barrent presque d'une rive a l'autre; les plongeons sont en avant de la première ligne , l'oeil attentif a tout ce qu'ils découvrent. Ils laissent arriver le chasseur C( di»jMurai»«ent sous l'eau à l'aspect de la lumière du fusil. Leur

dtsparution est si prompte qu'il s'en trouve rarement d'atteints. On abat des milliers de macreuses avant de tuer un couple de plongeons. Ceux-ci nagent en're deux eaux avec une telle rapidité que l'on dirait qu'ils y vol eut; ils vont ressortir ensuite à cinquante pas plus loin, observant et bravant de nouveau le feu du chasseur.— Les macreuses restent immobiles sur l'eau comme de longues ban- 9 des noires; elle ne paraissent pas s'épouvanter du commencement *, de l'action plus que des militaires aguerris ne s'effraient descoops de fusils tires par des sentinelles avancées. — Comme les plongeons se tiennent assez loin de la ligne des macreuses , et comme en plongeant ils ne se replient chaque fois que d'une cinquantaine de pas, jusqu'à ce que la proximité de 1» ligne les contraigne à passer sous elle pour aller se reformer en arrière , les chasseurs t avertis par la direction de leur retraite, rectifient leur marche en s'avança nt. A peu de distance des macreuses, chacun s'arme; les plongeons ont disparu ; on est à vingt ou trente pas de la première bande noire ; tout à coup elle s'élève avec un rare ensemble à trente ou quarante pieds au-dessus des eaux, et reçoit, planant dans cette position, le feu de tous les chasseurs qui tirent successivement, rapidement, et sans s'attacher à en recharger aucun, tous les fusils qu'ils ont apportés. Dès que. le feu cesse sur un point, la ltgne attaquée s'y précipite et s'enfuit par la trouée ponr se réfugier au loin. — Ce qu'il y a de bizarre , c'est que la seconde ligne de macreuses, sans parai re effrayée par le désastre de la première , r^ste immobile et silencieuse sur les eaux de l'étang et attend. pour prendre son vol que les plongeons , répétant leur manœuvre accoutumée , aient donné aux chasseurs le temps d'approcher. La dispersion de la seconde ligne n'effraie pas la troisième. Les plongeons ne fuient pas non plus , ils continuent lear manège, et ce n'est que lorsque la troisième ligne est forcée que l'on parvient à en tuer quelques-uns, an moment où acculés dans une des anses de l'étang, ils sont forcés de prendre leur vol pour aller chercher un refuge ailleurs.

HTBVBTBXX AGUCOLS.

Sur une superficie de 506,847 hectares , le départ, en compte': 51,275 forêts.

37,857 vignes.

190,000 marais (cette évaluation est douteuse).

Le revenu territorial est évalué à 23,588,000 francs.

Le département renferme environ 10,000 chevaux 10,000 bétes à cornes (race bovine).

Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 1,000,000 kilogramme savoir : 10,000 mérinos, 80,000 métis, 960,000 indigènes.

Le produit annuel dn sol est d'environ, En céréales et parmentières. . 1,700,000 hectolitres.

En avoiues 120,000 id.

En vins 820,000 id.

Si la récolte est insuffisante en céréales , elle donne un excédant considérable en vins qu'on livre au commerce, en nature ou brôlés. — Les fruits sec» du département sont fort estimé». — On cultive en grand , le mûrier (pour la soie) , et le tabac (909 hectares). — On cultive aussi beaucoup les oliviers, et cette culture fait la principale richesse du pays. Les habitants mangent une grande quantité d'olives en hiver , et les préparent de différentes manières. Celles qu'on envoie à Paris et dans les autres départements, portent le nom de Picholines , de Picholini, qui ea inventa la préparation. — La récolte du kermès est encore une des occupations lucratives des habitants des campagnes.

Les propriétés sont très divisées. Les terres sont cultivée* à bras et avec des bœufs , dans toute la partie montagneuse du nord et du nord-est ; avec des mulets , dans les parties dn sud et du nord-ouest; et avec des chevaux, dans celle de l'ouest et l'Ile de la Camargue. Les fermes et les maisons de campagnes sont désignées sous trois noms. On les nomme bastides, dans tonte la coatrée d'Aix et de Marseille, mas, dans toute celle d'Arles, Tarascon , Eygoières , etc. , granges , du côté de Noves , Cabane , etc.

L'agriculture provençale n'a point atteint le degré de prospérité qu'elle est susceptible d'obtenir. On en assigne diverses causes. Ua homme qui a fait une étude particulière du pays, l'auteur de Y Ami du bien , M. Toulouzan repousse l'accusation d'attachement aveugle aux vieilles routiues et de mépris pour la profession dm cultivateur , dirigée coutre les Provençaux. Il signale comme causes réelles de difficultés dans l'application des théories agronomiques , les différences et les variations du climat et du sol ; ea trouve en effet, dans le pays, toutes les températures, toutes les natures de terrains (gras et arides), toutes les transitions de températures (froides et chaudes.)

L'adoption du biehar , pioche fourchue et légère du comté de Nice, la culture si répandue de la pomme de terre, celles dha ma?*, de la garance, de l'esparcette, etc., le goût général des habitants ponr la campagne et pour l'agriculture, la préfci<iace à peu près exclusive, accordée à l'acqnisition et à IVxploitatîasi des biens-fonds, pour l'emploi des capitaux, sont les faits <

M.Toulouzan oppose à des reproches injustes. Les maux réels qu'il reconnaît sont le rétrécissement progressif du sol cultive , le déboisement des forêts , l'aridité croissante des moutagnes, la destruction des nouvelles plantations par les chèvres, la dévastation des terres cultivées par les torrents , les ravages causés par le débordement des rivières , l'invasion des plaines fertiles , par des marais fangeux , etc.

La Camargue. On appelle ainsi le Delta formé par les deux bras du Rhône. C'est un pays susceptible de devenir très beau et très fertile, et sur le quel il existe plusieurs projets de défrichement et de dessèchement. — Dans son état actuel, la Camargue est en partie défrichée , en partie inculte et en partie inondée. — On é val ne sa superficie à 142,451 hectares , dont environ 24,000 de terres de bonne qualité, 24,000 de marais et étangs , et le reste de pâturages salés, terres stériles et plages. La partie défrichée produit du beau et bon blé, de l'orge v 4e l'avoine et un peu devin , l'olivier n'y vient pas. — La partie inculte nourrit de grands troupeaux transhumants de bétes à laine.— La partie inondée donne du sel , delà soude; mais enlève à l'agriculture un terrain immense. — On trouve dans la Camargue de nombreux étangs, parmi lesquels on distingue celui de Vatcotes. —On y élève quelques bœufs qui suffisent à peine aux charrues du territoire. Us sont noirs, forts et méchants. On a beaucoup de peine à les soumettre au travail , parce que, nourris dans les marais , ils sont à demi sauvages. — On y voit aussi errer des troupe» de soixante à quatre-vingts chevaux. Ces animaux sont petits, lestes, vifs , robustes, mais très ombrageux. On en emploie quelques-uns à la charrue; ill servent plus géuéraiemcnt au battage des grains, qui se fait par le procédé en usage dans le département de l'Aude et dont nous avons déjà parlé. — Peu propres an trait , ces chevaux sont d'ailleurs assez bons pour la selle. — On prétend qu'ils sont de race araoe , et qu'ils proviennent de chevaux amenés dans le pays par les Sarrasins. — Pour rendre la fertilité aux terres stériles delà Camargue, et la salubrité aux marais qui exhalent en été l'aria cattiea, semblable à celle des marais Pontins, on a proposé une irrigation générale, au moyen d'un canal qui serait peu dispendieux à creuser en raison de la nature du terrain , et qui n'exigerait qu'un petit nombre d'ouvrages d'art. — La dépense en est évaluée à 6\Û00,000 de francs , et voici l'importance des produits qu'on espérerait en obtenir.— Les 120,000 hectares coutenus daus la Camargue et sur la rive droite du Hhone ( déduction faîte de la partie qui resterait inondée ) se divisent ainsi pour leur qualité et leur produit :

20,000 hect., bonne qualité, à 40 f 800,000 f.

20,000 marais et étangs , à 7 f. 50 c 150,000

80,000 pâturages et terres stériles , à 5 f . . . . 400,000

120,000 hect., donnant par an, sans arrosage .... 1,850,000 f. Arec l'arrosage, les 20,000 hect., bonne terre, donneront annuellement 80 f. 2,800,000 f.

20,000 hect., marais et étangs, à 20 f 400,000

80,000 salés et stériles , convertis en champs et prairies , à 30 fr. . . ' 2.400,000

Total 4,400,000 f.

Le bénéfice obtenu par l'arrosage serait de 3,050,000 francs ; il est évident que, si ce» calcula sontexacts, la chose vaudrait la peine d'être tentée.

La C&au est une vaste plaine caillouteuse, située entre la ville d'Arles et l'étang de Berre, d'une superficie d'environ 1,000 kilom. carrés, traversée aujourd'hui par divers embranchements du canal de Craponne. Elle est propre à la culture de l'olivier, de la vigne et du mûrier. La terre végétale n'y présente guère qu'une épaisseur d'un pied à un pied et demi, après laquelle on ne trouve plus qu'un tuf ou poudingue formé par une masse de cailloux plus ou moins petits, tellemeut forte, tellement liée, qu'on ne peut la creuser qu'à l'aide du ciseau , de la pince , de la pioche , ou par l'emploi de la pondre à canon. — Les naturalistes croient, et l'aspect des lieux confirme cette opinion , que cette plaine était autrefois un golfe maritime où la Durance allait se perdre. — La Crau nourrit pendant l'hiver un grand nombre de bétes à laine,

2 ni transhument pendant l'été , c'est-à-dire sont conduites dans les épartements voisins , pour y chercher une pâture dont la chaleur, ardente a dépouillé les plaines des Booches-du-Rhône.

TaourSAtix traicsbumaitts. Ce nom qui, en Espagne, est appliqué aux mérinos qui quittent chaque été les champs brûlés de l'Esrramadore pour aller chercher , sur les montagnes de l'Aragon , de frais et verdoyants patnrages, se retrouve dans le département des Bouches-du-Rhône. — On compte plus de 400,000 bétes à laine qui émigrent anuuellement. Ces voyages donnent une qualité supérieure à leur toison et en augmentent le produit ; car on évalue la tonte annuelle d'un mouton transhumant à cinq livres au moins. — Lee troupeaux se rendent chaque année dans les départements de la Drôme, de l'Isère, des Hautes et Basses-Alpes. — C'est an commeneement du printemps que, fuyant la chaleur du midi, ils vont chercher survies montagnes un air pins frais, des

pâturages plus gras , et un printemps que l'automne senle termine. — Lorsque l'époque du départ arrive, plusieurs propriétaire» réunissent leurs troupeaux au nombre de 6, 8, 10, 12 et même 25,000 têtes. — Les sexes , les âges , les esjièces sont classés et séparés. La partie la plus faible marche la première et ainsi successivement jusqu'à la plus forte qui termine là caravane. Les agneaux de Tanuée courante restent avec leurs mères jusqu'à l'arrivée à la montague. — Le grand troupeau résultant de ce mélange se nomme compagne. Chaque compagne est subdivisée ensuite , pour la marche , en parties d'une mtme espèce de 1,800 à 2,400 bétes. — Ces parties ou subdivisions se nomment scabois. — Ces scabois sont conduits par uu berger , et gardés par un chien par chaque quatre cents tètes. Ces chiens, d'une espèce particulière et d'une grosseur énorme , peuvent se battre avec avantage contre les loups, ils ont le cou armé d'un collier de fer hérissé de pointes. — Les scabois d'une même compagne se suivent de distance en distance; ils ont chacun à leur télé une vingtaine de chèvres et quelques boucs dits menons. Ces boucs et les chèvres ouvrent la marche* tracent la route; les bétes à laine suivent, entraînées par l'instinct qui les attache aux chèvres , et par le bruit sourd de grandes sonnettes appendues au cou des boucs. — Au centre de la caravane se trouvent les équipages portés par des ânes, au nombre de cent et plus, suivant la force de la compagne et le nombre de scahois. Ces ânes, à demi sauvages, couverts d'un poil long et grossier, marchent sans licou et saus être ferrés. Us out aussi chacun appendue au cou une grande sonnette, dont le bruit peut être entendu d'un bont à l'autre de 1a compagne. — Cette partie composée des équipages se nomme la robhe; elle est comme le quartier général. C'est la où sont les bailles ( chefs-conducteurs des grands troupeaux ) ; c'est de là que partent les ordres et les provisions pour les bergers on conducteurs des scabois; enfin c'est la que se délibère et se décide tout ce qui a rapport à la compagne. — On conçoit que le carrillon monotone et sourd de cette multitude de grosses sonnettes attachées à de lourds colliers de bois, que ce long bruit pendant la marche est indispensable pour empêcher que les scabois ne s'égarent, et (tour qu'ils puissent se retrouver à travers les vallons et les montagnes qu'ils ont à parcourir. — Quelques un des bailles marchent en avant pour assurer la route et La subsistance des troupeaux , et pour prévenir les dégâts qu'on pourrait faire aux propriétés riveraines ; d'antres se tiennent en arrière pour terminer les contestations que ces dégâts oceasionent, et pour recueillir des brebis égarées ou volées. Le soir, tons se réunissent à la robbe , se rendent mutuellement compte de la journée écoulée et se concertent pour la journée à venir. — Pendant vingt on, treute jours que dure cette marche , la robbe , les scabou , les bailles , les bergers , tout couche en rase campagne, exposé à la rigueur du temps. — On a soin , le soir , de resserrer chaque scal»>is , autant que possible, et deux des bergère veillent et le gardent pendant la nuit , tandis que les autres se reposent au milieu même de leurs bêtes. — Les troupeaux quittent les hautes montagnes le 21 ou 22 septembre. Ils descendent daus des quartiers plus bas , où ils font un séjour de quelques semaines qu'où appelle automnade. Enfin ils reviennent à leurs pâturages d'hiver vers les premiers jours de novembre. Les troupeaux transhumante avaient , avant la révolution , divers privilèges à peu près pareils à ceux que possédait en Espagne la fameuse compagnie de la Aies ta. Les propriétaires riverains de la route qu'ils «parcouraient étaient obligés de leur abandonner des drajres ou lisières, pour la nourriture de leurs animaux , et de distance en dis ta ne* des relards pour les faire parquer eu reposer. Ce» privilèges , qui ont disparu en partie , donnaient lieu souvent à de vives contestations Dans quelques localités, le fisc ingénieux des seigneurs propriétaires des terrains parcourus , pour suppléer au droit de pâture qu'ils ne pouvaient prendre , avait inventé le droit bizarre de jmlyerage. — Les troupeaux payaient pour la poussière qu'ils faisaient sur la route.

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EVBUSTBJDB COI

Marseille est le centre du commerce et de l'industrie du dépar« teraeut , et ce commerce est dans un état de prospérité progressive. Jamais à nulle époque Marseille ne s'est livrée à des opérations commerciales dont le travail fût si soutenu , l'importance si grande et les bénéfices si certains. Tout concourt à justifier cette assertion , l'arrivée des navires , les recettes de la douane ot le mouvement des marchandises. Le tonnage des navires entrés à Marseille , qui ne s'élevait , en 1825 , qu'à .... 415,288 touu., est parvenu, en 1831 , à 472,246 »

Ce qui donne une différence en plus de . • • 56,058 touu.

L'année 1832 présente, assure-t-on, un résultat encore pins avantageux.

Pour avoir une idée du mouvement de ce port, il suffit de savoir que le tonnage des bâtiments sortis balance a.-inueilcmeut, à peu de choses près, celui des arrivages.

JM

Lee reeette* de* droits 49 douanes, y comprit l'impôt sur le sel, a* s'élevamat, ea 1814 , qu'à 4,171,000 fr.

KUea rttaércat, ea 18J3, à 9,010,060

tu 1*20» à 14,016,000

an 1080, à 18,950,000

ea 1881, à 17,040,006

I ewédanl de* recette* île 1831 «nr oeiles de 1814 est done de

ftU'MOOfp.

U têt • reaawvaer que la facette totale des droits de douane

a participé à eette pereeptU»a peer un peu moins en cinquième.

aVeeeepieniaoet dea» les importations et les exportations des ■eiasJBties mareaandisa* uni «ont rebjet du commerce de cette mile avec l'étranger an pas été moias seasible. Voici an tableau •emparé des iaspartatioas et de* eaportattoat pendant nne série de irais années. Les quantités de marchandises sont établies en

Ivteamioire. 1818. 1830. 1831.

rVam (brutes et sèches). . Q. M. 18,590 36,816 26,413

Sulfbrat 8,773 8,192 0,144

FraHs secs 14,910 14,164 15,906

Sucre 148,632 180,249 245,796

Café 25,489 49,366 63,354

Halle «Mire 166,871 190,113 32<,253

Cotoa en laiae 70,294 76,705 79,978

afomb 64,768 78,700 99,235

Eft»e*T4TiQ.*«.

Viandes mita, Q. M. 2,142 7,414 2774

Poisse» saj* 16*658 41,480 2G%750

Fruits «tes , 2**8 8458 1,481

Fruit» oUïgineni , amande», te, 11,183 tl,438 \%*V

Mélasse. 18,342 24,873 214»1

HuUc d oUre. t*,0tf '1731 13,183

Garante. 47,860 29,883 80*980

Soufre 11,797 10,029 8,188

Via* Heet. 150tf58 167,688 173,483

Sara* Q. M. 37,683 .18,853 14,881

&«crera»1»aa. , . , . , 24*388 50.271 87,887

.CbaadaUe*. 8,841 6,387 1*0*8

Pàaaa ne) vaosr. — La perbe du thon a limai ea automne et an printemps, amia cette dernière saison est la pin* fevoraMe. Cest en *nYjee de oaiiaaVté nea main* que d'industrie. Voici à ce sujet «mciene* détails qui pasaltrant sans doute iatéressaats à nos lecteurs:

Celai qai a la senrèuse direetloa de M péeKe se nomme Aey (foi), dan» se» madragues de Provence ( et jte«* daas celles de

• Corse). H diapaae , ordonne , juge et ehâtie i tpÛm il a une autoaité abinhm sur les pécheurs. Ces* lui qui trace la madrague : eette opératiaa-se fait la avais niai , ereo appareil. Le lendemain em jette le filet. La foras* et b grandeur de ce 61e» , qu*on appelle ataeneirn, soat tesjes que les péchas do merlan et de la merhiebe aa semblent ea romp* raison que des jeas d'estants. La mer doit avoir daaa rendrait où on le jette an moins 108 pieds de France

. de profondeur, et la filet 162 pieds de hauteur. Pour qu'il poisse se replia? sas lai*enéme,. et empennes les thons d'en sortir, Peaeutsrte de ea filet est divisée en oonapartimeats on chambre* , dont la derenVa , appelée ckmmàrm a* as**», est farinée d'en 81 de ebnuvm plu* fus* et plus serré , afin de soutenir tout le poids des nesntona nui 7 soat renfermés. Las madragues de Serdaigne ont sept Bsmmaies» eellea de Praraaoa et de Corse n'en ont ordinalsnsnen* que cinq.

La #let eut assujetti aa fond par aa énorme lest de pierre % 8 est samsaaa Tertiealoauent par ét% natte» de liège , et les parois soat

\aatsmaaas par des câbla* amarrés à ana ancre mouillée un fond de la mer; et dans cet état, il est assez solide pour résister aux efforts des vents , du courant de mer et des thons les plus gros.

Lorsque le A^est porrenu à faire entrer tous les poissons tlans la chambre de mort, il arbore un pavillon à sou bateau ; à ce *i-

- gnal , des barques remplies de marchands , de curieux et d'hommes nécessaire» à la manœuvre, roguent en poussant des cris de joie, vers la madrague. Le t\ey ordonne ; anssitôt on tire du fond de la mer la ehembre de mort, qui, attenda soa poids énorme, s'élève lentement; dès que les poissons sont à la surface de l'eau ,

' des hommes armés de bétons garnis de crocs de fer les assoie -

• tuent en les harponneat, et les tirent dans les barques.

Lsa combats qu'il* livre** à ces gras poissons, l'agitation de la snev excisé* par la résistance des thons qui sa débattant daas an assit espsoo , les vagues conrertes d'écume et de sang, ces scènes . déversée offrent aa tabiaau ainguisor qui excisa les acclamations ,4fa spectateurs.

La pèche terminée , on porte les poissons à la boucherie , établie sur la bord de la mer ; c'est là que les pécheurs font cucore 'admirer redressa étonnante arec laquelle ils dépéceat les thons.

Paris. — fmprimerie et Fonderie de BjohouI et

Solvant sa qualité , la chair est séparée en six parties , destinées chscune à une salaison particulière, La chair des plus îeunes est préparée avec beaucoup plus de soin. Cest celle que l'on vend dans toute la France sous le nom de tkom mariné*

Pccax aa 14 B\i.*tjr*- — Le commerce da Marseille s'était autrefois adoané à la pèche de la Baleine , lorsque cette péebe avait lieu dans le golfe de Gascogne. Quand il fallut aller chercher ces cétacés dans les régions polaires ou daus les solitudes de FiOlaBtiqtie, Marseille abandonna une pèche qui lui parut oq devenue trop difficile ou trop éloignée. Des siècles se soat écoulés depuis cette époque ; mais u prospérité croissante de U capitale maritime de nos départements du midi , a fait renaître U pensée de relever cette branche d'industrie. Ru 1833 la maison T. Beatt, de Marseille, a armé pour cette pèche U Souvenir, superbe navire de 488 tonneaux. La destination de ce bâtiment est tout l'espace compris entre te banc de Saint-Georges et le cap Rorn. L'expédition dorera de onze à dix-huit mois, le Souvenir est muni de sept canots on pirogne» , dont quatre doivent occuper presque constamment la mer. Chaque pirogue est montée par quatre matelots % un harpoaacur et un officier. On attaque la baleine à la disUac* d'une quiuzaine de pieds. Le harpounear cherche à atteindre la baleine entre les yeux; l'officier se réserve l'honneur de l'achever aa moyen d'une longue lame de fer. — Une baleine ordinaire peut fournir 80 barriques d'huile ; un chargement rapporte de 250 à 3O0,OCO fr. — L« Soutenir a trente-quatre homme* (Téquipage. Les trois chaudières destinées à ls fonte de la graisse occupent aja fourneau placé à Tarant et très solidement construit en maçonnerie et en 1er. Un ordre et nne propreté admirables règaeat dans tontes les parties du bâtiment. JU Swenir a mis ta mer aa commencement de septembre 1833, accompagné des ratas de tonte la population.

ËéGovraicau ixauaTaiKUjw.--- La dv>parte*aea4 a obteaa 4 le dernièic exposition des produits da l'iadaatrtf t oas: ssiasusAB aat aaoxi z« décernée à M. ûrgrand ( de MarsaiUa > , pas» aa saaarmf propre* à Sriportr U* dùiçiiaùms du suersi et VBt MaUVias BQjpa» aABLK à M. Payes (de MarsaUU) , pour /«éwœ*»aade 9——* — Ce petit nombre de récompenses montra sasnmmasapt qae le à^éamttemeat est plutôt commerenat qae maaataatnjier. Ka alcat. das fabriques de savoa et de aoude taetiea , des maaotaotara* da bossue terie orientale , des raianeriea , des tauaatiea , quelques alesset* de coutellerie, d'ouvrage en corail , sont les éublisi*asaajll anâ a* rapportent le plus directement à l'industrie — U en existe quelques autres polir tirer parti des produit* da territoire , teïtes sont les fabriques d'essences, de bouchons de liège »les migaa pour la récolte de la soie, les distilleries, etc.— On trouve i Marseille de belles minoteries mise* en mo4svesae*U par sa 1

Dousaat — La direction de MasnaiUe « 4smnsja«av 1 qui oat produit en 1831 :

Douâmes, meUf. (û»*m. SeU.

La Gotat , ^038f. aJ87 f.

Mameille 11,756,638 1,183^6$

Les Martigues. . . . 5,317 843^50

Arma, I«aV480 81&\378

Produit total das douanes. 8Mft8,80Tf.

Voiaaa. -— Le nombre des foires da départi ment est de 87. Elles se tiennent dans 28 communes, dont 15 chefs-ltais, et dav raat paar la |dupart 8 à 8 jours, reaspliansat 188 jastraéea.

Lw/mrês aseéssW • aa aambra de 1 1 , — supeat M j

83 commuée* soat privée* de soiraa.

Le* article* da commerça sont les gras— , chanvre, Vailee , ohvaa , huile* , plant* d'amandier* et de 1 agaaa*, soie, des telles, drepa, «entière, corbeilles et eetoaiilo* d'nssee, eta,

aUBUQGlUU^anTK.

GmJe mftruUUui snv-12. Marseille, 1808*1888.

T*U<ou Ai**, *i p9iie% tU ÂUneW* eaete d^a;ia4XMarseiHe,1808,

Almonoek hittçriqmu h cemmeeri+l e> *V»t*»*7* et eV *l*>*y«> eV Bouch*4-Ju-BL<U*, par la même i le-l& WsraeOW , 1418,

Hermàe mmeiOaù 4 ee M« dv 4»f#n à isnaasslie j ua-el Marseille, 1*26.

Uauuel des beùm de m,er %%r le liitQtmi & dsVteOis • par *\oamrt; in-18. Marseille, 1828,

Lettre* w ManeHU, par Jules Julliany j in**). MarsaiUa, 18*5- I8M. — De l'industrie commerciale et mo*uJ<¥Hu*4** oV Mmr*nHt>, par le même; in -$• Paris, 1&26.

Marseille et ses prùons , par la DrS*f*nd;iof£. Marseille, 1888

Marseille. — 4ÎUm de* e"tvamM<n et du •isit*UA*j,iu~lZ. I "

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Comp., rue des Franes-Bonrgeoi*-Saint-Michel, 8.

Département du Calvados.

(Ct-tolttltt BamTUoxmanbit. Pays d'Auge, Bocage, Lieuvain, eta)

tomz.

Le territoire qui forme aujourd'hui le déparlement du Calvados a fait successivement partie de la Gaule celtique, de la deuxième Lyonnaise, de la Neustrie et de* la Normandie. Lors de la Révolution il se trouvait en grande partie classé dans la Basse-Normandie. — A l'époque de l'invasion romaine , il était habité par les Viducasses et les Lexoviï.—Les Fiducasses, suivant quelques auteurs, se divisaient en trois peuplades distinctes, les Bajocasses, les Viducasses et Vadicasses. Augustodurum était leur capitale. Cette ville, qu'on a cru d'abord être Bayeux , a été retrouvée à Vieux , village près de Caen. — Les Lexovii étaient les habitants du pays désigné depuis sous le nom de Lieuvain , et qui , quoique misant partie de la Haute- Normandie, a été compris dans le département du Calvados. Leur capitale, Noviomagus Lexoviorum , existait près de Lisieux , dans un lieu appelé les Tourettes. — Les deux grandes divisions de la Normandie (la Haute et la Basse) avaient la Dive pour ligne de démarcation. — La Basse-Normandie, située à l'ouest de cette rivière , se partageait en plusieurs contrées qui font partie du département, telles que le Pays d'Auge , la Plaine de Caen , te Bessin et le Bocage.— Le Pays d'Auge comprenait primitivement le territoire situé entre laToucques et l'Orne. On l'a circonscrit depuis à la partie enclavée entre la Toucques et la Dive. — Le territoire compris entre la Dive et l'Orne a reçu alors le nom de Plaine de Caen. «-Le Bessin était le pays situé entre l'Orne et la Vire. — Quant au Bocage , il comprenait, outre une partie du département de l'Orne, le territoire dont on a formé l'arrondissement de Vire , et une partie des cantons de Villers, de Balleroy, de . Caumont et d'Harcourt. Vire et Condé étaient les villes du Bocage. — Lors de la division de la France en départements, celui du Calvados fut désigné d'abord sous le nom de département de Y Orne-Inférieure , mais il ne farda pas à recevoir le nom qu'il porte aujourd'hui.

AJfTXQ U1TÉS*

Les antiquités druidiques ou gauloises sont peu nom- . breuses dans le département. On cite la Pierre-Levée de Condé-sur-Laizon , appelée dans le pays la Pierre-Cornue (elle est de forme irrégulîère et a environ 12 pieds de hauteur), et la Pierre de la Hoberie , qui existe dans la commune d'Ussv. On a trouvé dans quelques localités des haches de pierre et des coins de bronze qui paraissent avoir appartenu aux peuplades gauloises. Le som- - met de la fameuse roche de Saint-Quentin, où s'élève le tombeau moderne de Marie-Elizabeth Joly, actrice célèbre de la fin du siècle dernier, présente plusieurs antiquités qui remontent à l'époque celtique , et notamment une petite chapelle qui , de temps immémorial , sert d'église aux habitants des vallons voisins , et qu'on suppose avoir été un temple druidique. — On remarquait autrefois , non loin de cet édifice grossier, on if Vénérable d'une grandeur et d'une grosseur considérables, au pied duquel on' a découvert un amas considérable de tétés humaines. Comme l'usage des anciens Gaulois était de brûler leurs morts , les savants du pays ont supposé que ces tètes étaient celles des victimes humaines immolées par les Druides desservants du temple. — De nombreuses traces du séjour des Romains se montrent sur divers points du pays. On y

trouve des camps , des voies militaires, des colonnes milliaires, des armes, des ustensiles, des vases, des médailles , des autels , des cippes , etc. — Des fouilles faites à Vieux ont prouvé que sur l'emplacement de ce village avait existé Y Ausustodurum de la Table de Peutinger, capitale des Viducasses ; on y a découvert, à la fin du xvne siècle et de nos. jours, de nombreux débris de grands édifices, et des établissements d'un caractère permanent , tels qu'un aqueduc , un magnifique bassin, des bains , un gymnase, etc.; les tombes, les statues, les inscriptions monumentales, les médailles , etc. , y sont également nombreuses. — Quelques auteurs croient que Bayeux est l' Arœgenus de Ptolomée, autre ville des Viducasses. On y a trouvé une colonne mil] ia ire et des fragments d'inscriptions antiques , quelques vieux murs , des voûtes , des tombeaux , des urnes , etc. — Les fouilles qui, en 1770, ont fait découvrir, au lieu des Tourettes , le Noviomagus Lcxoviorum, ont permis d'en reconnaître le plan. La ville était ceinte de murs, carrée, traversée par plusieurs rues se coupant à angle droit et aboutissant à une place centrale, au milieu de laquelle s'élevait un grand édifice consacré, soit au culte religieux, soit à la résidence des principaux magistrats. On y a trouvé des fragments de marbres précieux et de sculptures remarquables, ainsi que des médailles antiques. Un pilier qui a donné son nom au lieu des Tourettes , et qui subsistait encore en 1770 , parait avoir été le reste d'une des portes de la ville.

Le département renferme un grand nombre d'églises ou saxonnes ou gothiques, et de châteaux - forts du moyen-âge. Nous en signalons plusieurs en parlant des villes auxquelles ces édifices appartiennent. La chapelle de Notre-Dame-de-Délivrance , dont la construction remonte au vne siècle, est le but d'un grand nombre de pèlerinages , et mérite de fixer l'attention des curieux : les églises de M onde vil le , de Norrey, de Condé-sur- Laizon, sont également remarquables. L'église de Condé est de l'époque de la transition et possède un portail à colonnes. — Le nombre des anciens châteaux féodaux est considérable , mais la plupart tombent en ruines. On cite ceux de Creuilly, de Vassy, de Courcy, etc.

OA&AO«i3LSf MŒUB.B, ETC.

Les habitants du Calvados, se montrent en général laborieux , intelligents et réfléchis ; ils sont également propres à l'agriculture , à l'industrie et au commerce. Ils ont de l'aptitude pour la navigation et la carrière militaire , ainsi que le coût des lettres et des études savantes. Le Calvados mérite d'occuper un rang distingué parmi les départements qui renferment le plue grand nombre d'hommes distingués par leurs connaissances pratiques , leur zèle pour la propagation des sciences et des idées utiles. — Sous ce rapport , comme Nantes , Dijon , Strasbourg , Lille , etc. , Caen est une ville à part , un véritable foyer d'où l'intelligence et la civilisation rayonnent dans toute la Normandie. — Les populations des différents pays qui composent le département, présentent entre eux des différences que nous ferons connaître en citant quelques fragments d'un article du docteur Trouvé, inséré dans le Journal de Caen.

• Les habitants du Bocage sont remarquables par une taille moyenne, moins élevée que celle des habitants de la Plaine de Caen et du Pays d'Auge , par une mauvaise conformation des pieds , un teint pâle et grisâtre ;

France pinOREiOUB. — calvados.

ssonsÉe^-nfa-

lour regard est vif, ils onl beaucoup de finesse et de pénétration dans l'esprit, un grand attachement pour leur sol , l'amour du travail , et ils n'oublient point l'intérêt personnel. Les femmes f qui s'occupent aussi des travaux de l'agriculture , lu m 'Un gdaéral plUlùt maigres que grasses : elles ont les articulations très pro noncées, sont robustes et fécondes. Le costume des bout mes et dés femmes est à peu près le même qu'il était il y a des siècles.

• Les hommes de la Plaine de Caen ont la* taille élevée, leurs proportions sont belles, leurs muscles bien prononcés , leur teint coloré; le tempérament dit sanguin pféttamttie chel eux. Lei femmes travaillent rarement a la terre et conservent en général leurs formel et leur taille. La basé de leur tète est remarquablement bien attaéhéet Lei habitants de la Plaine reçoivent plus que eeuft du Bocage t'Influence des Villes ; la triode j éxeree Un ffrdnd empire sur les femmes; leur costumé a changé plusieurs* fols depuis trente ans. Malheureusement le bon fttlut et le naturel ne président pas à ces changements; la confie des robes, les petits fichus & fleurs, la cotffuté compliquée «les riches fermières , annoncent le Ittxé plutôt que rélënaaee ; el les énormes bonnets ronds , OU plutôt les batibns de pépier bled couverts de mousseline , dont la plupart des femmes1 des environs de Caen se chargent la tête , feraient croira qu'elles se méprennent sur ce qui peut faire valoir leur beauté;

i La population du Pays d'Ange a des caractères moins Ideatai cjueeelledu Bocage* et se distingue moins nettement de la population de la Plaine de Caen: Les hommes y sont de même d'Une asfcee haute stature , mais ils ont la libre molle , et leur embonpoint dégénère prtlmpteméttt en obésité ; leurs jambes sont grosses, souvent variqueuse» ; leurs mouvements sont plus lents et leur intelligence moins Vite \ lM femmes bornent leur* tfdvau* au» soins du ménage \ elles* tint de la fraîcheur et rie la finesse dans les trait* ; éhee elles comme ehét lei hommes* le tempérament lymphatique semble prédominer, i

Quoique l'Instruction commence & te répandre dans lés eampaghes* la simplicité populaire y admet encore un grand nombre de eroy anees superstitieuses, ~ Les objets que les paysans redoutent où vénèrent sont les mette* que dans le département de1 la Manche (Voyez tom. ft; p: 214.)"** Le peuplé du Calvados* patient et couragfeu* mut à la fols, se montre en toute ëircon*laweê jalttua de défendre ses droits et ses intérêts. «C'est, dit un écrivain du département* cetté opiniâtreté de eaeaetère qui lui a Valu le renodi de processif » hë même auteur-, tfomparént les populations diverses du département , prétend que l'habitant de la Phine é/e Caen est moins hospitalier mais plus poli que YJugeron\ que le Botûih est sUtillt et défiant, et tjtlf tes habitants du littoral ont conservé plus dé rudesse et de franchise ; ces observations s'accordent avec celles de M. Trouvé.

La nourriture des habitants des campagnes a «fédéra tentent pour base le pain de froment pur4 od mélangé avec le seigle on l'erfye) le pain de seigle et le pain d'orge Dans le Bocage , on fait un grand usage de bouillie « de galettes de sarrasin et dé grdau* d'avoine. Les paysans consomment phis de légume* que de via**)*, dont ils ne mangent qu'une ou deux fois dans la semaine Ils boivent du cidre ou dé l'eau*

Le* anciens usages tendent tous a disparaître. Les Fêtes focales et les swavmèvee* des communes rurales ont perdu leur ancienne originalité Le jeu de quille* * qui exige de ta force et de l'adresse , est presque le seul en honneur dans tes campagnes.— Aux fêles de Pâques * les paysans se donnent le divertissement barbare de tuer des cèq* à coupé de pierre ou de béton. — lies feux de la Saint Jean, tes géteaun des Rois* les eeufs de Pâques, sont au nombre des usages encore communs. Naguère, la Teille de Noël , a Caen , les enfants, tenant à la main dés torches allumées., on des lanternes peintes de diverses couleurs, parcouraient les rues, en criant:

« Adieu Aoél, Noël s'en va. » Dans quelques communes , la veille des Rois, les jeunes paysans couraient dans les champs autour des enclos, en tenant à la main des brandons de paille allumée. — Dans le siècle dernier, Au pont de Blontilly , prés de Condé-sur-Noireau , le mardi-gras, on se disputait une pomme de discorde, appelée soulle : elle était de morceaux d'étoffe , de la grosseur et de la forme d'un boulet de 24, et ornée de rubans de toute couleur. Les habitants de Condé, les paysans de Blontilly, de la Bazoque et de Coligny , signalaient leur courage dans cette lutte. Les vainqueurs emportaient la soûl le en triomphe et l'exposaient dans le carrefour les jours de marche , aux yeux des vaincus, £n leur criant par dérision : à la ùoùdlu , a la bouillit. Il n'y avait pal d'année qu'il ne restât des blessés sur le terrain. Cet amusement dangereux , que Charles V avait autorisé par une ordonnance de 1370, fut défendu an 1770, après quatre siècles d'usage.

Depuis le commencement du xiï* siècle, .le langage des habitants du Calvados s'est fort amélioré. Le peuple des villes .parle >assex purement français, mais fa prononciation y est encore lourde, traînante et trop fortement accentuée; ces défauts sont surtout remarqua» blés dans les arrondissements de Vire et de Falaise.

krb*£* rto*flLà*ltiQir*fc

Le nombre de* hommes remarquable» ses dans le département dn Calvados est très considérante ; nous détona notas borner à citer quelques nnins |>aVml les plu* connut 1

ÊutsftuSERT, tlti tles auteurs <jwi rfa tailla lent lui |>ie*tS dtt èa*> Bibhl 86 Richelieu , et celui qttl inspira a *e ministre ls pensée et fttutkr YJt**drme fmmçêtf ; les frères Bbivin v savants littiialsÉai do *vti* stède ; le poète Baïausor, traducteur de lu Poersale* op des auteur» du xivc siècle » A lai* Chartieb, orateur et jmé'te qdi, étaut endormi, reçut, malgré sa laideur, un baiser de Marvderite d'Ecosse; son frère, l'historien Jean Chartier , auteur des brmmJks chromants de Fràme ; ufa des |>t)£f£s rilodernes OM otlt ttlSbqué 41*1ci demie française, CHJ.aEtoor.Lt, auteur do QtMk 8* /%«■•# ; le maréchal Fmàai^ot de i ouirfv * isluqnëiir à Parais et à

talla; le brStt général Decse*, que signalèrent si glmUnMsstmt ses ratnpagnes en Allemagne et sa conduite i Ule-da~Fr*a«et4e litte'rareur L—ù Dubois, auteur d'uîi grand nombre d'ouvrages utiles; le conrenrionnel Dcbois-Dubacs, depuis .sénateur; le tarant Du Hamkl, philosophe, physicien et astronome dtt xvii*«jècté; notre contemporain , Auià bbMtSîftt, historled et titorafaêe distingué, écritaih qu'irisèrent un* beSo Nlèrit et o*ê boSitUS^e rottrsgetise; Dtrr'Àt>LfeROT« MHttt nhiAeniitleten alto sièrSS a)es> flier ; te savant tngéstear OiSXSd, membre de rinaUtol (Arad^mlu des Stifcnces] i le premier fabricatenr ah svie siècle dp figuras smr toiles ouvrées , André Gr aihoorge , qni donna ainsi l'idée des tapisseries de haute-lice; denisavann jésuites, les frères Gckrih-do- Rocher ; le conquérant de l'Angleterre , (uillaume, duc de Hos> nlaudië; le célèbre êv«qti# dAVrârirh^HiJâT,*l e«aaU USt «on éra> difldn ; et irai èè nidntvS brtfc un egttl soeeès hisUirhnii grfiigiapsst, traducteur et raihaneter; na de ses uetits-neteos, Hoar-na«G«srnV-> ViLt.R» avocat distingué qui , d'après la liographiê de* l^mtem^ «raâaw» s'offrit le premier pour être le défenseur de Louis XVI • )e général Lavosss, qui se lit honorablement remarquer an siégé de Lérida; un des plus grands géomètres français, lArï.Atfe, fils d'bû lunple cultÎTateur et devehn par ses talents séria tetir el pair dé Prafte*; Lxth , littérateur et sfcràut distiagné; mièh*l LA***, liSbHè giOllSa du ivtie tiède \ on des pritartt)âdE ettefs du parti qni fol vaineo aar tèfroetiduri H**ti éè L*.HiVrèR«, menthre de taConTcnSkst^dalMSNi girondih i pois rôf aiiste, mais tiinjoars Itomme d'aetion et de tnleal j le fabuliste Lesaii.i.y ; le savant antiquaire Llbloho , membre de l'Institut à l'époque de sa formation; l'helléoUte TakiIeglt- Lêfebvrb, père de la frfmctise madame Dsclcr ; le floctetir LâMc6- DÊ-U-tLOTURE, savaat ^rofessetir dt« rhlrurgite» Stotetif tTetH»lentes obserrafloas sûr le cHmat ft 1M niSladles «e tt rtUHtt*»»; le gétaéfsl bk LokcE . exreileat o«wer de earattrU) , «vi a nrk «me narfrfrtorieose S tontes les guerres île h ftévototibn et de !*t^ns*»; le poète afawfi.ATaa1 auteur du «oeme de Nûrrist** et ditsrt Ls Bat malheureuse et prématurée excita datas le siècle dernier de ai unanimes regrets; l'illustre Maliierbc, le i>ère de la poésie franchise au xvicc siècle; le général Math an, pair de France; te lltterStear MoNtibHv; le gébéral MbRift, qtil le dittib^ttl à la Bataille d'àaèterliti; Dti MOettff, fcotèur,sn ±vxtesl#vle, «e Ym*toi.w§m9*g </t là !¥àm»*Jl*; le docteur MntSAffT, médeéin> érunfit et ftttSaftteur ; le -savant Plvqubt» antetar do lAhti \u\nj* d*$ Mm^imt se comte de Pohtécoulajt, sénateur et pair de France; la père

* sr+rtfiJ sr rr*

Poasx, célèbre jésnite , poète dramatique latin, qui* fut le précepteur et l'ami de Vol taira; le général dVrtilltria QiuaTia; Ro* •StTTbsrivas , autrefois reoororoé comme peintre de portraits; l'historié* et géuéa logis' e La Roque, anteur de plusieurs ouvrages savants sur la Nnrmaqdie; le ptiarroat'ien Rouelle, habile cbimiste du xvi ue siècle; le docteur Roussel, auteur d'un grand sombre d'ouvrages sur les sciences naturelles et de la A7«r» dm C*U«d»* ; deux poètes distingués dans le xvii" siècle, Sassasi* et Status; l'auteur da l'afo/afrv d*$ R<fimt*o** dé /'«Mien g*u**m*m**t /«safaris. GuiUm—i TnooaaT, mfsnbrt de l'Assamblée «oastitiisntc; son frère, J*§m*9i* Thou»it, sa va a t distingué , membre de la Société royale de Médecine avec Fourrroy, Halle . Jussieu , Vicqd'Azir, etc. ; un grand mathématicien du xvu* siècle, le géomètre VARtoiroir ; un des plus babilea chimistes modernes , Vauqublxst , de l'Acadésaje des ftoiences ; etc. , etc.

T090ÇJLACT0X,

Le département du Calvados «et un départemeut ma* WJrate, région du nord-ouest, formé de partie de la Basée Normaedîe ei du Lieuvain (Haute Normandie),*" 11 a pour limites : au nord, la Manche ; à l'est , le département de l'Eure ; au sud , oem de l'Orne et de la Manche, et à l'ouest, celui de la Manche. Il tire *on non) d'un vaste banc de rochers à fleur d'eau, situé dans la Manche, à peu de distance de la cote, entre l'embouchure de la Seuil* et celle de la Vire, ~ Sa superficie est de 547,663 arpents nié triques, d'après M. Bot tin; Y Annuaire du Calvados de 1*84 l'évalue à 670,000 m. * Sol. — Le sol des plaines est composé d'une terre argUo-calcaire très mélangée. Le sable domine dans l'arrondissement de Vire, ainsi que dans le» parties des arrondissements de Falaise et de Bayeux qui sont limitrophes du Bocage. — La terre végétale repose sur des bancs de pierre calcaire, des grès et des sohistes dans les arrondissements de Caen, de Bayeux et de Fa luise , sur des terres argileuses et marneuses du coté de Lisieux et de Pont-l'Evèque, et sur des schistes, des grès et daa granits dans l'arrondissement de Vire.

Montâmes. — » Il n'existe pas de montagnes dans le département ; les petites chaînes de collines qui le sillonnent n'ont pas généralement plus de 75 mètres audessus des plaines environnantes; elfes forment les dernières assises des hauteurs qui séparent le bassin de la Loire de celui de la Seine, Les plus élevées, situées dans l'arrondissement de Vire, sont up prolongement de la chaîne granitique qui s'étend depuis le départe ment de l'Orne jusqu'à Cherbourg : leur point culminant est le mont Pinçon, qui est aussi le plus élevé du département. Sa hauteur est de 233 mètres au-dessus des plaine» voisines, et de 364 au-dessus du niveau de la mer On remarque, dan» l'arrondissement d • Bayeux, la butta de Chaumopt, montagne isolée, de 84 mètres d'élévation absolue. On trouva aussi , dans l'arrondissement de Falaise , la roche de Saint- Quentin, vaste banc de rochers qui paraît avoir fermé autrefois une vallée oiî se trouvait un lac . et qui est aujourd'hui coupé par une fissure profonde de plus de 100 pieds , où nasse un ruisseau et par laquelle les eaux du lac se sont écoulées.

Lan s es. — Le pays renfermait autrefois un assez grand nombre de landes et de bruyères , qui ont été en partie défrichées ; on cite néanmoins encore celles de Touffréville (arroncl. de Caen), de la Hogueite , et de Clécy (arrond. de Falaise) , et celles" de Jurguc» et de Montohauvet (arrond. de Vire).

Cotes. — Rochers — Ports. — Les côtes du Calvados s'étendent de Test k l'ouest.— Entre Hnnfleur et la Dive, elles sont généralement formée» par des falarses cou-

Êées à pic, et dont la hauteur varie de 150 à 700 pieds, es falaises sont composées de terres fortement argi leuses , où l'on trouve des pyrites, des bancs de pierres calcaires, et des couches de pierres siliceuses. La mer en bat le pied et les ronge insensiblement. — Depuis la Dive jusqu'à la Seulle, les côtes sont bordées de dunes sablonneuses; et enfin depuis la Seulle jusqu'à la Vire, le rivage est formé par des terres élevées et par des falaise». — Outre le» rocher* du Calvados, qui ont donné leur nom au département, et qui, découverts k 1*

marée basse , ont environ cinq lieues d'étendue , on trouve dans la mer, et à peu de distance des cùics , d'autres bancs qui doivent probablement leur origine k l'effet destructir de l'Océan sur les fa' aises du littoral (1) , tels sont le» roches <h Maizy, le Raz de Langrune, les roches du lion, celles des Fâches- ^foires et les roches de Henneauevilfe. — On compte 9 ports dans le département ; les principaux sont ceux de Ho n fleur, de Caen et de Courseqlfe». La Fosse de Colleville serait très propre k établir un grand port militaire. Le maréchal de Vauban en avait reconnu l'utilité et la possibilité.

Etangs et marais, -r- On trouve peu d'étangs dans le Calvados, ceux qui y existent sont situés dans la partie du Bocage qui dépend de l'arrondissement de Vire et avoisine le département de l'Orne. — Il existe aussi un petit nombre de marais , notamment sur les bords de la Vire , de l'Aure et de la Dive, qui pourraient être facilement et utilement rendus à l'agriculture,

Rivibrrs. — L'Orne, la Touçouea, la Dive, la Vire et la Seqlle sont les rivières principales du département! Les quatre premières sont navigables, mais seulement au voisinage de leur embouchure. On évalue k 92,000 mètres la partie de leur cours livrée k la navigation, La Seulle (forme , k son embouchure dans l'Océan , le peitt port de Courseutles , où l'on a commencé des constructions propres à faire un port maritime important. — Deux des rivières qui coulent dans le départem., TÂure-Supérieure et la Dromme, sont remarquables en ce qu'elles n'ont point d'embouchures; elles se perdent l'une et l'autre dans les Fosses du Souci, gouffres marécageux répandus dans une prairie située à une lieue de Bayeux , au pied d'une colltne appelée le Mont Escure. — Le ruisseau de Perriers , canton de Coulibœuf, offre un phénomène du même genre ; son lit est si étroit qu'on peut presque l'enjamber sur toute sa longueur; et néanmoins ses eaux sont assez abondantes, k peu de distance de leur source , pour faire tourner deux moulins. Elles se perdent, sans bruit et sans bouillonnement , dans up bassin de 9 pieds de largeur sur 30 de longueur, situé a 1,000 m. de la Dive, où l'on suppose qu'elle» arrivent en filtrant k travers les terres.

Routes. — - Le département est traversé par 9 routes royales, dont une de 1"* classe (relie de Paris à Cherbourg), et 8 de 3e. La longueur totale de leur parcours doit être de 404,354 mètres lorsqu'elles seront entière* ment terminées, — Il possède aussi 13 roule» départementales, dont la longueur totale doit être de 511,438 mètre».

BtiTiOBOlOOEE.

Climat.— Le climat du département est très varie; l'air y est plutôt humide que sec» plutôt froid que tesp,* péré, mais |>énéralemeot pur et sain. L'hiver y est long et plus froid qu'on ne pourrait le croire d'après le volsi* nage de la mer. *Les chaleurs de l'été y sont aussi assez considérable».

Yekts, — Le» vents dominants sont ceux du nord 9 de l'ouest et du sud. Le» tera pèles sont fréquente» au* approches des équinoxe» et des solstices; le» orage», presque toujours accompagnés de grêle, sont moiq» communs. Le vent d'ouest est le plus violent et le plu» humide , il règne surtout avec impétuosité aux approches du solstice d'hiver, et rend très périlleuse la navigation le long des cote» de la Manche. Souvent il forme % aussi sur terre de» ouragans qui ébranlent le» maison» et déracinent les arbres séculaires.

Maladies — Les affections catarrhale» et rhumatisr ma es, les hydropUies, les paralysies et les apoplexies, les fièvres de diverses natures sont les maladies les pl\i» communes.

(I) Les paysans du littoral croient généralement qne le h?oc de rochers du Calvados est formé par les débris d'une Ile qel a été anciennement habitée | ils prétendent qu'on J voit «neora de» restes de fondations appartenant à d'anciens édifies*. Cette assertion ne parait aocuaassent justifiée.

le nord -ouest de la France, çefpTest la f«*irc de Bcaucaire pou? le sud.

Lfsutnt , sur la Toucqncs , à son confluent arec l'Orbec , ch.-l. dSrrond. , à tf 1. ijïE. de Caen Pop. 10,567 bah. L'origine et frneienne histoire de Llsieux farent long-temps inconnues, on se dontalt à peine que cette ville avait existé avant les incurvons des Ilormands , lorsque , dans le cours dn siècle dernier , on fit la découverte des ruines de l'ancienne cité (Nûtiem gui Lexovtonm)^ située non loin de la moderne. Cette capitale des L*xo*ii couvrait un espace quatre fols pins étendu que la ville actuelle. — Dans lanr* siècle, lea Saxons s'en emparèrent et la détruisirent de fend en comble.— Ils fondèrent, avec une partie de ses débris, la Tille moderne. Quatre siècles plus tard , d'autres Barbares viurent pUler la ville Saxonne ; ce furent les Normands qui .s'y établirent. En 11*6, dans nne incursion des Bretons , elle fut presque détruite par les flammes ; Pbilinpe-Auguste la prit en 1 203 . tes Anglais ep 1415, Charles VU les en chassa en 14*8, les ligueurs a*tn emparèrent eu 1*71 , et enfin Henri IV s'en rendit maître en ffleV). — Lislenx était une place forte et une ville épiscopale dont Pévérrne prenait le titre de comte et réunissait la puissance temporelle et spirituelle.— Cette ville est située agréablement ou pied et sur le penchant d'une colline, dans nue charmante vallée

2 n'embellissent et fertilisent les deux rivières. Ses environs veroyant* sont orpés de jolies maisons de campagne , de potagers et de jardins. — La ville n'a qu'une belle et grande rue que suit la route de Caen à Evreux ; les autres rues sont étroites ou tortueuses, formées de maisons hautes, la plupart bâties en bois, vieilles et tristes, — La cathédrale est le plus bel édifice de Liaienx; elle est située à l'angle d'une place spacieuse ; l'édifice est dn xit* siècle et du bon st)lç gothique; la chapelle de la Vierge, d'une construction plus rérente, est fort jolie; c'est un monument expiatoire élevé par Pierre Cauchon, d'abord évêqne de Beauvais,

5ms de Lfsieuxj et on des bourreaux de l'héroïque Jean ne-d' Arc. Le ty*// épit apnt est uu beau bâtiment, les jardins en sont superbes. La salle de spectacle est jolie, les Cours sur les anciens boulevards offrent d'agréables promenades; les alentours de la ville présentent d'autres promenade* d'où les vues sont délicieuses.

Poht-l'EvIqck , sur la Toiieques, ch -I. d'arrond. , à 10 1. Ijî E.-Tf.-E. de Caen. Pop. 2,M8 bab. — Pont-l'Évéquc est située dans une spacieuse et verdoyante vallée arrosée par plusieurs cours d'eaux , à la jonction de la Toueqnes , de la Talonne et d'un gros misses n qui débouche sur la rive g» uchc ; la ville s'étend sur la rire droite et est coupée par plusieurs bras de ces rivières ; elle doit son nom à son vieux pont sur la Toncqties ; aucune des constructions de l'ancienne ville n'est digne de remarque , mais celle» de la ville moderne sont de bon goût ; on y remarque surtout le palais de justice et la prison ; c'est dans cette rille Jadis importante aue Guillaume assembla les États où fut résolue la fameuse expédition contre l'Angleterre.

HoirpLeua , port de mer à l'embou hure de la Seine dans l'Océan, ch.-l decant., à 4 I. N. de Pout-1'Kvèque Pop. 8,888 hab. — Ronfleur était un port de quelque importance, long-temps avant la fondation dn Havre; la ville a été 'fortifiée , elle a soutenu

frinsieur* sièges ; les Anglais l'occupèrent long-temps; en 14*0, es généraux de Charles VII les en chassèrent. — Elle tomba au Sou voir des ligueurs et fut, en 1494, reprise pur les troupes de [en ri IV. — Horflcnr est situé an débouche d'une vallée , au pied d*nne haute colline; la ville est propre et agréable, mais généralement mal M fie et mal percée ; la plupart de se* constructions sont -vieilles . tristes et irrégulièrcs ; celles qui bordent le grand quai et la large rue où commence la route de Caen , sont mieux bâties , et plusieurs vaste» et de belle apparence. Les édifices publics sont curieux par les bizarreries de leur vieille areliiteeture. La plupart des rues sont étroites et tortueuses , et les différents quartiers delà ville sont agglomérés sansmieuuc symétrie. Le port est' spacieux , sa situation te rendrait très important sans les vases qui lYncomhrcnt et la difficulté de son abord Son chenal débonehant an milieu de hauts-fonds vaseux qui forment surtout les bancs d'Amfar et du Rattier , n'est guère accessible qu'a mer haute et seulement à des bâtiments de médiocre tonuage. — L'arant-port se prolonge entre denx jetées et facilite l'accès de deux bassins ordinairement remplis d'un graud nombre de bateaux de

Céche et de cabotage; l'établissement de la marée a lieu à 9 h j \ communication entre ce port et cel il du Havre, dont il est éloigné de trois l'mes, est active et journalière. La haute colline oui domioe la ville à l'ouest porte la &y>*/ * d* Notrt-l*nme-U- £***«*, bien connue des marins qui ne manquent jamais d'aller la •selner à leur retour de la mer. — On y jouit d'une vue étendue sur l'embouchure de la Seine et ses cotes pittoresoues.

Yiax, sur la Vire, ch -1. d'arrond. , à 16 l. iji S -O. de Caen. Pon. 8,043 bab. — Ancicnuc ville du $ocaga, sur la frontière du ci-devant Cotentin.— Vire ne fut d'abord qu'un château dont la fondation remonte à une époque très reculée ; sa situation snr une espèce de promontoire, le rendait très fort. Pendant les premières invasions aes Normands, les habitants des lieux voisins vinrent chercher nn abri près <g* *«» nmrs, et quand la. conquête fut

achevée , nn graud nomhre des réfugiés se fixèrent a>ito.ur dn château qui les avait protégés, et fondèrent ainsi la ville.— En 1285, ils la ceignirent de fortes murailles; elle devint si considérable et son château était si important, qu'Edouard TU la demanda pour la rançon du roi Jeau. — Henri l , d'Angleterre, fit réparer et agrandir le château. — Vire fut ensuite prise et reprise tonr à tour par les Bretons f les Français et les Anglais ; ces dernier» la gardèrent long-temps , mais après la perte de la bataille de Formigny , en iô40 . ils en furent enfin chassés. Dans le xiv* siècle, Charles V, mécontent des habitants de Contances, qui ne cessaient d'ourdir des trames avec les Anglais , les en pnnlt en chassant de la ville une partie de sa population ; ces exilés vinrent s'établir à Vire et y introduisirent la fabrication des étoffes de laine , qui n été pour la ville une source de richesse — En 1568, les calvinistes, comuiandés par Montgommery , s'emparèrent de Vire , massacrèrent une grande partie des habitants, pendirent les prêtres, dévastèrent et brûlèrent les églises. — Plus tard , la ville embrassa le parti de la ligne, l'armée royale viut l'assiéger, la prit et In pilla sans que les ligueurs , retirés dans le château , pussent s'y opposer; ce dernier désastre eut lien en 1 591»; le château se rendit bientôt après. — La paix permit a Vire de réparer ses désastres. La fabrication des draps y ramena promptement l'abondance et le commerce. Les fortifications ont été démantelées comme inutiles , son château est tombé en ruines, et ses débris ont servi à embellir la ville par des constructions nouvelles et élégantes. Vire , séjour de l'industrie , n'a plus d'autre appareil militaire qnè deux pacifiques pièces de canon fondues avec les chandeliers dee nombreuses coq>orations qui entravaient autrefois la liberté dm commerce. 11 reste , du château , des débris encore curieux ; que partie de son site est occupée par l'hôtel- de- ville et par nne promenade plantée d'arbres. — La ville est jolie et pittoresque, elle s'élève sur un rocher conpé presque â pic d'nn côté, situé sur In rive droite de la rivière , et qui domine tons ses environs ; à ce promontoire s'appuient les deux principales vallées qui forment le» Vaux-de-Vire. — Au haut de la ville s'élève l'hospice des enfants trouvés, au bas on remarque l'hospice général. Le coteau de gauche porte l'hôtel de la sous-préfecture, et est couronné de plusieurs grandes et belles maisons; l'aspect et le site de ces constructions forment un fort beau tableau. Vire possède une bibliothèque publique de 6,000 volumes.— Le cours de la Vire, autour delà ville, est très sinnetix ; c'est a cette rivière qui tourne on dans le langage dn pays, "*>< ainsi, que la ville doit probablement son nom ; ses vallées , les Vanx-de-Vire, ont donné le lenr aux chansons gaillardes d'Olivier Basseliu , joyeux troubadour normand Basselin , non moins bon patriote que bon chansonnier, ftit tué, en 1417, en combattant les Anglais.

Cohqé stm*NoiBfiAU • au confluent de la Druance et du Poireau , rU.-l. de caqt. , à 0 1. de Vire. Pop. 6,562 hab. — Petite villa ancienne et très commerçante, située sur la route de Caen à Dqhv frout et près de la jonction de cette route avec celle dç Vire à Falaise, position avantageuse a l'active industrie du lieu, et qui l'aide à compenser la nature ingrate et infertile 4c son territoire, Le style de presque toutes les constructions de oette rille est vituy v lourd et fort simple; cependant diverses améliorations commencent à varier un aspect jusqu'ici très monotone. — l'ondé-Mie» Moireau, s'il faut en croire l'abbé Marie, historien de cette ville v doit son origine à un ancien château-furt, dont la construction, est attribuée aux Romaiqs. — Saint Loui» j séjourna en 1254; U ville tomba, en MU, an pouvoir des Anglais, sur lesquels lea troupes de Charles VII la reprirent eu 144 y. Ce fut nne des première* qui embrassèrent la réforme : les protestants y tinrent des assemblées dès les premières années du xvi* siècle. En 1t»74, ils y tiurrut un syuode provincial. — Les vieilles églises Saint -Sauveur et Saint-Martin *«,0t les seuls édifice» publics remarquables — Il existe dans le chojur de l'église Saint-Martin de beaux vitraux ? qui représentent la Passion de Jésus-Christ. — Le rbitran , qui existait encore au milieu du *viur siècle, était considérable : il avait quatre portes, dout deux étaient situées auprès dn peut qui traverse la Druance, — « La tour du château de Condé , dit l'historien de cette ville, était un superbe monument, qui l 'cm pur tait de beaucoup sur la halle à farine de Paris, si vantée par nos contemporains. Elle était haute de 50 pieds, d'un diamètre extérieur de »4 pieds , et se* murs avaieut V pieds d'épaisseur. Cette tour, construite en pierre de taille, était extérieurement ornée de vingt grosses colonnes, surmontées par vingt autres plus petites. Il ne reste aujourd'hui de ce monument (dont cette description indiquerait quelque ressemblance avec la fameuse tour de Vcson* à Périgueux) que des ruines qui ne tarderont pas à disparaître.

DOTSIOlff FOUTXQtrZ W

Politique. — Le département m) aune 7 dépotés.

Il est divisé en 7 arrondissement* électoraux , dont lea eh Jieas sont : Caen ( ville et «rrond. ), Bayent, Falaise, Littevx , Visa, Pont-PEvéque. — Le nombre des électeurs est de 4,11*1.

Admih istrativb, — Le chef -lien de la préfecture est des.

<W ^?V* - ïfW+Wéêi-r- sS **(> ï O*

■ma

PS

FRAKCÊ PITTORESQUE. — CALVADOS.

Le département se divise en 6 soos-préf. où arrond. commun.

Çaen g cantons, il'7 communes, 135,502 habit.

ftaye" • « .47 âb,4i4

falaise 5 180 62,349

lisieux. è 144 68,716

PonW'E vaque. . .6 118 67,326

. TOt 6 tf frt,3Q3

Tôt*!. ... 87 cantons, 888 êommùnés, 494,702 habit. ^ Sêreièi du trésor public — f receveur j^ûéral et 1 payeur résidânf à Caén), 6 receveurs particuliers,/ percepteurs d'à r rond

Contribution* directes. — t directeur (à Caénl et 1 Inspecteur.

Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (a Caen), 2 inspecteurs , 4 vérificateurs

tb-potheqm*s. 6 conserv. dans les cti,-l d'arrond communaux.

Contributions indirectes. — .1 directeur (à Caen), 5 directeurs d'arrondissement, 7 receveurs entreposeurs.

Fonts. — Le dénartein. fait partie de 1a 15* conserva forestière. — I inspecteur à Caeu.

Pontt-et-ckausse'es. — Le département fait partie de la 11* inspection, dont le chef-lieu est Alençon. — 11 y a i ingénieur en chef en résidence À Cdéû. t

^ÎL' ~~ ^tf déliartement fait partie du 4* arrondisâeiiftérit « u> la !• division . dont le chef-lieu est Abbevilld. — I ingénieur fles faînes résidé à Caen.

lôfirii. «- Lès bénéfices di» I*âdinînïslfation de la loterie ttit le» fntsfes effectuées dans le département , présentent (pour 1881 comparé à 1840) une augmentation de 17,084 francs.

Haras.— Le département fait partie, pour les course* de rue1tahi, dri 2e arrondissement de Concours, dont le chef-lieu est Le Pid, ^ He*bntet mititnres.U j à à Caen un htpê> de remonte mitf**A* pour la cavalerie de l'armée. Ce dépôt a acheté, en 1831 , 3,158 cnevâux: ly9>6 pour la cavalerie de réserve; 421 pi.iir la Cavalerie de ligne, et 421 pour la cavalerie légère , an prix moyen «Je Mi fr. 80 c. total 1,147,212 tt. (Eu 1830, lé prix moyen avait <té dé 577 fr. 08 c.j v J

Militaire - Lé département fait partie dé la 14* division militaire, dont lé quartier général est àRoùen. — Il y a à Caen : 1 maréchal de camp commandant la subdivision ; 1 sous-iutendaut Iftilihrifti et I colonel commandant le dépôt de remodtes. — Le dépôt de recrutement est à Caen —La eoMpsgnie dé gendarmerie départementale fait partie d* là 4« légion , dont ié ch. 1. est Caen.

Maritisik. -»- Il existe à Caen: I *ous-comim\saire dé marine; 1 ècyte d'hydrographie ; *- à Honflenr, 1 sous-èotaraissaire de mariné, f trésorier des invalides, 1 école d'hjr tr»gmphie.

Judiciaire.— Là cour royale de Caen comprend dans son ressort les tribunaux du Calvados, de" la Manche et de l'Orné. — ^ Il y a dans lé département 6 trlbrtriànx de lr# instance: k Caén (2 chambras), Bdyen*, Falaise, Lisieux, Pdut-rEvéqtic et Vire, et F ffîbonànx de commerce, à Caen , Baveux , Falaise, Lisictix, lïotf fleur, Tire et CoUdé-sur-Noireau. — ri existe pr'èâ dé Câcu , ad bameàà de \\ M «ladrerie, une maison centrale de détention, dite de BeàwltêM, fort bled tenue, et qui, à f* fin de décembre f88i, renfermai! 48 tartiné* et îd* fetriihes. Lbfsqtté lès travaux de consthicfïon sérotit téVmïtlés•, la maison pourra contenir 1,600 détenus. I! y existe Une école* cf enseigriemént mutuel.

Wktttiiiiftt. — Cette catholique. — Le département forme le «oéèrt d'an éttché érigé dans le !▼• sièéte, suffragant del'arche- Técbé de Rouen, et dont le siégé éàt à fiayeux — Il y a dan* le département, à Buyeux:tfn séminaire diocésain qui compte 15 * élèves f" ^tkéidogic;— à Lisieux, «ne école secondaire ecclésiastique; — à Villiers-le-Sec, Une école secondaire ecclésiastique. — Le département renferme 9 cures de lré classe, 62 de 2«, 594 succursales , et 142 vicariatsi — Il y existe 28 congrégations religieuses de femmes, composées de 640 sesurs, consacrées soit au soin des malades et des infirmes, soit à l'éducation des jeunes personnes; elle» secourent 8,500 pauvres et malades, et élèvent 650 enfant* qui paient, et 2,000 gratuitement.

i mile protestant. — Les réformé» du département ont à Caeu une église consUtorittle , divisée en 2 sections i desservies par 3 pasteurs t résidant à Caen et à Condé-sur-Noirean. — II y a en outre divers temples, — Le départemeut renferme une société biblique, unesoo. des missions évangéliqoes et une soc. des traités religieux. Uif iversitairx. — Le département possède une Académie de l'université, dont le clief-lien est à Caen, et qui comprend dam aoa ressort le Calvados, la Manche et l'Orne.

Instrmetion p*bliq«e.~\\j a daus le département 4 - à Caen : nne lacnïre de droit, une faculté des sciences , troc faculté des lettres, une école secondaire de médecine, nn collège royal de ïé classe, qui compte 4li0 élèves i -* et 4 collèges s a Bayeux , à Falaise , à Lisieux, à Vire; — une école normale primaire à Caen. — Le nombre des écoles primaires du département est de o64 , qni sont fréquentées par 3», <48 élèves , dont »,57 2 garçons et 10,7/ 1 filles. — Les communes privées d'écoles sont au nom'bie de 432.

Societés^savamtes , XTC— Il existe à Caen : nue académie royale ■ des Seiemces, Arts et Belles-Lettres ; — nne Société d> Agriculture et

de Commerce; — une Société de Médeeine ; — une Société des Atttifjmàires de Normandie; — une Société Linnéenne 'dn Calvados; -~ Udé Société Philharmonique; — uue Société des Vétérinaires du Calvados; — une école de dessin et d'architecture; — un coursai géométrie fet de mécanique appliquées aux arts; — un court d histoire daturelle et de botanique. — Caen possède aussi un Cmùinet d'h st. naturelle de pUys,quet de chimie et d'anatomie; un ÉÈus/«/k de peinture, un Jardin botanique. L'nc es pont ion des produits de fVadns r e départ, y .1 lieu périodiquement. — ta. déCanmoor, fondatev de la société des Antiquaires de Normandie, a récemment uttemu l'autorisation de placer a ses /rais des bornes monomentalés ea pierre, portant des Inscriptions en cuivre, dans les lieux du départemeut remarquables par quelques faits hih torique». La première pierre a dû être placée a FormlgnJ, oà fuç donnée, en f 458, la bataillé qui délivra la Normandie de ta domination anglais*.

POPUXàATIOM.

D'après le dernier recensement officiel , Hit «et dfe 404«70t hiÉu et fournit annuellement à l'armée l,12d jciittei soldats. Le mouvement en 1880 a été de,

J***»" «r^tt

naissances. MssénUas. Féminhit.

Enfants légitimes 4,^45 — 4,048 -^ naturels 63l '^- 682 ^W*. ....... 8,188 *- 6*817

| total Tftttl GATLDX smlATlQMJOsMm

Le nombre des citoyens inscrite est de 91 ,784V

t>ont : 22,748 contrôle de réserve.

f8j989 ebntrOlede kervioeordibairvi , Oè* derfaivrs sont ré]>i»rtis aiaai qu'il suit: 67^886 rAfant«rmk *m 172 cavalerie, — 818 artrileràe. - 8i9 «aueara-irompifra.

On en compté : armés H,*06; équipés 7^244| fasmiHês 20,888»

28,761 sont susceptibles d'être mobilisés.

Ainsi « sur I^K8> individus de la population générale f iftO teaft inscrits an registre nmtrfèule , et 54 dans ce nombre sont mofette* sables; sur 100 muiTidus inscrits sur le registre matrteul«|7ft sosst soumis an service ordinaire* et 25 a^artienneat è la réserve.

1j6s arsenaux de l'État ont délivré à la garde narkutale 14i008 fusil s 4 S2p mttusquetons ) 10 eanona , et un nasni grand neamert) em pistolets ) sabres , etc.

uft*df û et axccYMii . .

Le département a payé à l'État (1831;:

Contributions directes; . « ». 8,011,811 1. iy a»

Enregistrement, timbre et domaines: . . . . . 6,62l|90i 7$

Uonau4js et sels. 4 .<.... 1 8,937*069 6a

Boissons, droits divers, tabacs et poudres.; . 2,277/91

Produit des coupes de bois. * « » , 4 , f , . 102v480

Loterie. .. « .. é .,....,,-,. ... 124,989

Produits divers. •..«#. <..„...*! 89^216

Ressourças extraordinaires. t , . ., t • 1 • 1,297,8^9 ^

Tbfal. ........ t8,jM8,SS6f tHE

Il a reçu du trésor 9^113,175 fr, 03 c, dans lesquels1 iig

La dette publique et .les dotations pour. Los dépenses o\ii ministère de la justice. . . .

de l'instruction publique et des culteé.

de l'intérieur .....<.......

du commajtce'et de,» travail* publics*

de la guerre. /.•«'•.,.:.,.

de .la marine . , k •

des finances ......:.,

Frais de régie et du perception des impôts: . Bcemboursem ,restitut., non-valeurs,

. itofûi

f ofaî. ...;.... 9,1 13 176 f. 03 ^

Ces deux aonlme» totales do paiements et de recettes représeu^ tant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts* e| des recettes, le département paie ainsi annuellement , et déduction faite dn produit dès douanes, o',8'J2,4ll francs* 50c. déplus qu'il ué reçoit , ou près du cinqulèuie dé soti revenu rerrrT^rufh

Elles s'élèvent en 1831 , à 768<643 fr. 98 e. .. . ■ .

Savoir r I* 4p. fixes traitémètitsyabonoeiiienté, eté< 29a\783 f. 28 0» ifép. ébrèa*les. loyers, réparations, encouragements, secours^ été . . . 1 . . . 488ft80 78 Dans cette dernière somme figurent poui*

55,540 f » e. les prisons départemenuftea** lfO/WO f. » o les enfants trouvés.

Les secours accordés par l'Etat pvur gré H?, in-

eendie , épizootie . sont dw ......-, . . 7|870 Vf

Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. . . ' 41,168 26 Les dépenses des cour» et tribunaux sont de. • 1 280,618 77 Les frais de justice avancés par l'Etat du. ... . 80,464 77

MTftTBXS AUUOOIJB.

Sur une superficie de 457,663 hectares, le départ en compte : 450,000 mis en culture et prés. — 38,042 forêts. — 2 vignes , à Argenees.— 11,400 landes et friches.

Le revenu territorial est évalué à 15,503,000 francs.

Le département renferme environ : 30,000 chevaux. — 12,000 ftnes et mulets. — 160,000 bétes à cornes (race bovine).

Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 310,000 kilogrammes; savoir : 13,000 mérinos, 6,000 métis, 201,000 indigènes.

Le produit annuel du sol est d'environ ,

En céréales et parmentières. 2,300,000 hectolitres.

En avoines. 250,000 id.

En cidres 1,376,000 id.

L'agriculture du département est perfectionnée, quoique le Calvados ne soit pas un pays de grande culture. — La production des céréales n'est qu'un objet secondaire dans la plus grande partie du paya , on l'assolement est triennal ( froment ou seigle , orge ou avoine et sarrasin). Les prairies artificielles ont remplacé les jachères. — Les labours et les travaux aratoires se font généralement avec des chçraux. On n'emploie les bœufs que dans quelques cantons des arrondissements de fiayeux et de Vire. — Des propriétaires se servent de moyens mécaniques pour battre leurs grains. 11 existe , dans le département , plus de 800 moulins à farine. — La culture des pommes de terre y est très répandue. — Le pays abonde en excellents légumes. Le melon y est cultivé en grand, sans couches et sans cloches , à Honflenr, à Lisieux et dans la vallée de l'Orbec. — La culture du chanvre et du lin a peu d'importance ; la navette et le colza sont les plantes oléagineuses le plus généralement adoptées. — Le pastel , désigné sous le nom ■ de vemode, était autrefois cultivé dans un grand nombre de localités. On ne s'adonne pins à cette culture que dans quelques communes du littoral.— La vigne , dont la culture avait autrefois de l'extension, n'occupe aujourd'hui que quelques arpents dans une seule commune. — Les pommiers , dont on extrait le cidre qui forme la boisson locale , sont cultivés en grand. On croit que les premiers y ont été apportés, de la Biscaye ou de la Navarre, dans le xiii* siècle ; c est alors du moins que l'usage du cidre comme boisson habituelle s'est répandn dans le pays. — La culture du Mûrier et . l'élève de vers à soie y ont été introduites depuis peu d'années ; il parait qu'elles ont déjà donné des prodnits satisfaisants, car à l'exposition, de 1334, une mention honorable a été accordée a M.' Gnérin , pour soie récoltée à Honfleur. — On nomme herbages les fertiles pâturages où l'on engraisse les bétes à cornes destinées à l'approvisionnement de la capitale. Le Pays d'Ange et la vallée de l'Aure-lnférieure renferment les plus riches herbages ; la vallée d'Àore produit les excellents beurres de Trévières et d'Isiguy; le Pays d'Auge est particulièrement renommé

Sour ses fourrages , parmi lesquels les amateurs distinguent ceux e Pont-PÉvéqne.— La beauté des formes , la taille et la vigueur dn cheval normand , lni ont acquis une réputation européenne. Il existe, dans le Calvados, un dépôt de remonte qui doit contribuer , avec les haras de la Seine-Inférieure , de l'Orne et de la Hanche , à améliorer encore cette race célèbre. — Les bceuA engraissés dans les herbages , y sont amenés maigres du Poitou ; mais les vaches à lait , dont l'espèce est fort belle , sont élevées dans le pays. — • La race des bétes à laine a été singulièrement améliorée depuis nn petit nombre d'années. — On engraisse une grande quantité de porcs ; il s'en fait des salaisons qu'on exporte pour la marine, nos colonies et l'étranger. — Parmi les volailles qui sont l'objet d'un commerce considérable avec la capitale , on distingue les poulardes de Crève-Cœur et les gelinottes de Caumont. On élève aussi un grand nombre de dindons.— L'éducation des abeilles est suivie avec plus de zèle que d'intelligence ; néanmoins, le miel de la Plaine de Caen , récolté à l'époque de la floraison des sainfoins , égale en bonté et en blancheur celui de Narbonne. — Outre les fromages de Pont-1'Evéque , que nous avons déjà cités , on fabrique , dans le Calvados , des fromages ' façon de Hollande. Le fromage de Livarot et le fromage Mignot sont également estimés.

mVSTBZS CQMMEaOUJLS.

La filature des laines et des cotons , la fabrication des draps fins et communs et des étoffes de laine et des couvertures dites thébaudes ; celle des siamoises et des étoffes de coton , blanches et peintes , occupent nn grand nombre d'ouvriers. — Les dentelles de Bayenx et les blondes de Caen ont de la réputation. Les toiles cretonnes pour nappes et serviettes , les molletons , les flanelles et les frocs de Lisieux , sont anssi une branche importante de l'industrie déparmentale. Le paya renferme des papeteries , des tanneries , des huileries , des raffineries de sucre de betteraves et de cannes , des distilleries d'eau-de-vie de cidre ; des fabriques de vitriol , de couperose et d'autres produits chimiques ; des fabriques de coutellerie , des blanchisseries de cire , des teintureries ,

| des .brasseries , etc. — Il y existe divers établissements métallurgiques. — La manufacture de porcelaines fondée à Bayenx par M. Langlois , jouit d'une grande réputation et continue à la mériter.

Pêches. — Les pèches diverses sont une occupation importants pour les habitants du littoral. Honfleur et Caen envoient des bâtiments à Terre-Neuve , pour la pèche de la morue. La pèche dn hareng a beaucoup diminué sur les cotes du Calvados, comme .sur toutes les cotes .françaises de la Manche. On sanre et on sale ce poisson dans les communes du littoral', et notamment à Lac et à Honflenr. La pèche dn maquereau est plus avantagense. En 188a» 28 bateaux, appartenant tous au quartier maritime de Caen , et jaugeant ensemble 1,180 tonneaux, montés par 440 hommes, ont péché , pendant la saison , 1,878,000 poissons , dont le produit a été de 193,710 fr. Le mouvement du port de cette ville est annuellement de 7 à 800 navires ; il y existe des chantiers de construction. Honfleur fait des armements non-seulement pour la pèche de la morue , mais aussi pour celle de la baleine et dn veau marin, au Groenland. Enfin il existe, daus la plupart des communes de la côte , des pêcheries qui alimentent les poissonneries de la capitale.

Récompenses industrielles. — A l'exposition de 1834, l'industrie du département a obtenu 1 médaille d'or, 2 méd. d'argent, 6 méd. de bronze , 5 mentions honorables et 4 citations. La médaille d'or a été décernée à M. le comte Herald de Polignac (de Gouvix) , pour laines et mérinos. — Les médailles d'argent ont été décernées à MM. Lebergue , Desfriches et comp. (de Lisieux} , pour peignes, pour draps, etc. ; et Bonnaire et comp. (de Caen) , ponr blondes blanches.— Le* méd. de bronze à MM. Iules Desmares (de Vire) , pour draps biens et cuirs de laine/ Gervais (de Caen) , pour coton gris-bleu ; Potel , Victor et Vautier ( de Caen ) , ponr bas en coton, gants an Jil d'Ecosse ; veuve Langlois ( de Bayenx ) , pour poterie et porcelaine ; de Mannerille (de Gonncville- sar-HonfiYur) , pour machines pour la confection des tonneaux et des parquet** — Les mentions et citations ont été accordées pour soie récoltée à Honfleur. — Pour fabrication de châles , de dentelles , de toiles, de cretonnes , de cotons à coudre et à broder , de couvertures , de nappes , d'espagnolettes , de cotting , de billards et de noir animal.

Douanes. — Les bureaux du département dépendent dea directions de Cherbourg et de Rouen. — Us ont produit en 1831 :

Douanes, navig. et timbre. Sels. Total.

Cherbourg. Caen. . . . 442,493 f. 1,064,537 f. 2,007,030 f. Rouen. Honflenr. . 688,184 242^64

Produit total des douanes. . . . 2,937,968 f. Foires. — Le nombre des foires du département est de 176.-» Elles se tiennent dans 49 communes , dont 82 chefs-lieux , et dn* rant pour la plupart 2 à 3 jours , remplissent 280 journées.

Les foires mobiles, au nombre de 6.1, occupent 71 journées. — Il y a 2 foires mensaires. — 774 communes sont privées de foires. Les articles de commerce principaux sont les ^estiaux, les chevaux de service et de luxe , et les laines. On vend des poulains aux foires de Caen et de Bayeux; des laines et des ognons à celles de Falaise. Les foires de Canmont et de la Carabe sont consacrées à la location des domestiques. La foire de Guibray , faubourg d#> Falaise , a une grande renommée ; elle attire des marchands de tontes les parties de la France, et dure 16 jours ; on y fait i pour plus de 30,000,000 d'affaires.

Topog. rurale économique , etc., du Bocage , par Roussel ; in-8.

Paris , an vin. — Estai sur l'hist. et Vindust. du Bocage en général et ele la ville de Vire, par Richard-Seguin; in-12. Vire, 1810. — Statistique du Calvados , par Penchet et Chanlaire ; in-4. Paris , 131 1 . — Essais hit t. sur la ville de Caen et son arrond. , par l'abbé Déisme; 2 v. in-8. et in-4. avec 8 planches] — Jlmanaeh judiciaire pour le ressert de la cour royale de Caen , par Prévost ; in-24 , Cnea% 1819. — Itinéraire descriptif, etc., des etnq départ, composant te Normandie, etc. , par Louis Dubois ; 2 vol. in-8. et atlas , Caen , 1826. : — Histoire de Normandie , par Orderic- Vital , traduite par M. Guizot; 4 v. in-4. Caen, 1826. — Chroniques neustrienmes, par Dnmesnil ; in-8. Caen, 1826.— Antiquités anglo-normandes , de Ducarel , traduit de l'Anglais par M. Léchaudé Dauisy ; in-8. Caca, 1826. — Mémoires de la Société royale d'agriculture et du commerce do Caen; in-8. Caen, 1827. — 1829. Statistique de Varrosui. da Falaise; in-8. Paris et Falaise , 1828. — Jnn. du dey. dm Caleetdot; in-12 , Caen , 1833. — Hist. de la ville de Bayeux , par Hermant; in-4. Caen. — Recherches sur la tapisserie de Bayeux , par Deiauaayï in-8., in-4. et in -fol. Caen , 1825. — Mémoires sur les vestige* eïee thermes de Bayeux , par Surville ; in-8. Caen , 1822.

A. HUGO

Om souscrit du» DSLLOTE , éditeur, place de la Bourse , rae des FHks4k<

Paris. .* Imprimerie et Fonderie de Riowovx et Comp* me des Francs-BonrgeoU-Saint-Micbel, 8.

Département du Cantal.

Nous donnons une esquisse de l'histoire générale de l'Auvergne, en parlant du département du Puy-de-Dôme: la Haute-Auvergne s'est trouvée liée à toutes les vicissitudes de la grande province dont elle faisait partie ; nous n'avons donc point à nous en occuper spécialement; nous dirons seulement ici quelques mots sur la division géographique et historique de l'Auvergne , avant 1790. — Après sa réunion à la couronne , l'Auvergne forma un des trente-deux gouvernements de la France. Elle était divisée en basse et haute, et avait deux capitales : Glermont et Saint-Flour. — » On donnait le nom de pays 'de Gombrailles à une troisième division inférieure aux deux autres en étendue, et dont Évaux était la capitale. — L'Auvergne comptait trois bailliages : ceux de Clermont , de Riom et de Saint-Flour. L'administration de la justice était du ressort du parlement de Paris , et sous le rapport des finances , elle était comprise dans la généralité de Riom. La Haute-Auvergne était formée de la partie située au midi de la rivière de Rue , qui la séparait de la Basse - Auvergne ; celle-ci, plus* vaste que l'autre , et dont Glermont était Je chef-lieu, se composait de la vallée, ou de la Limagne, partie la plus belle et la plus fertile de tout le pays ; des montagnes qui entourent et couronnent cette vallée, du Brivadois e( du Langhadois qui s'étendait de l'AUagnan à la province de Velay. La baronie de Gombrailles se joignait ordinairement h la Basse-Auvergne. — A la division de la France en départements, l'Auvergne forma les déparlements du Puy-de-Dôme, au Cantal, et une partie de celui de la Haute-Loire.

Quelques menhirs , quelques dolmens situés aur de hautes montagnes et dans des lieux presque inaccessibles , sont les traces du séjour que les druides ont fait dans le pays.

Les monuments de l'époque romaine sont peu nombreux : des inscriptions à demi effacées, des fragments de statuettes et d'autels , plusieurs vases, quelques ustensiles, diverses médailles, voilà tout ce dont ils se composent. — On fait aussi remonter à cette époque les débris de quelques vieux châteaux , parmi lesquels on cite le château d'Escorailles,dont les ruines dominent un xnamelou élevé et sont dans une admirable position. 11 existait, prétend-on, du temps de l'invasion des Gaulés par Jules César, et son nom viendrait de Seaarui Aurelius , un des plus célèbres lieu te- I nants de ce grand homme. — Sa position milt- I taire l'exposa souvent aux attaques de l'ennemi, | T. i. — 30.

mais lé siège le plus important qu'il eut à soutenir et dont parlent les historiens, fut celui de 767. Pepin-le-Bref , qui l'assiégea alors, s'en empara et y fit son entrée par une brèche qu'on y voit encore et qu'on appelle brèche de Pépin»

Les ruines de 1 abbaye de Saint-Géraud, celles du château de Cariât (où la reine Marguerite de Valois fut reléguée avant d'aller au château d'Usson), les débris de celui du Pi erre fort, etc., appartiennent au moyen-âge , ainsi que le château d'Apchon, propriété de la famille Chabannes, et qui est construit sur une masse basaltique. — Saint-Flour possédait autrefois une fontaine gothique d'un travail remarquable, mais dont la composition trop naïve présentait quelque chose d'indécent: un des évéques de celte ville fit mutiler, f>ar un motif de piété et de pudeur publique, es statuettes d'enrants oui soutenaient les conduits de la fontaine, et il fallut la reconstruire.

aranrRs et gaaaotxbs*

S'il est en France un peuple immuable, un peuple qui ne varie point, c'est sans doute le peuple auvergnat. Ce qu'ont écrit dans tous les temps sur son caractère et sur ses mœurs les observateurs judicieux qui l'ont étudié , est encore aujourd'hui juste et "vrai. « Les gens de la Limagne, disait d'Ormesson , un des intendants de l'Auvergne, sont laborieux, mais pesants, grossiers et sans industrie; en sorte qu'ils tirent rarement quelque profit de leur travail : aussi sont-ils tous pauvres. Au contraire , ceux de la Montagne sont vifs et industrieux, ef subsistent abondamment des ventes de leur bétail et du fromage ; mais ils sont généralement paresseux. Ce caractère , joint à la vivacité et à la finesse de l'esprit , se trouve commun dans le territoire d'Aurillac. Il y a de plus quelque malignité dans les habitants de celui de Saint-Flour. Les habitants du «Mont-d'Or sont grossiers, et en quelque sorte sauvages. Ceux qui ont plus de commerce, tels que les habitants de Thiers, d'Ambert et des environs, sont doux et sociables, mais un peu^ simples. Au reste , nous ne parlons ici que du peuple des campagnes ; car les habitants des villes sont aussi polis, aussi spirituels et aussi actifs que ceux des autres villes du royaume. »

Dans les campagnes les mariages sont chastes. Les femmes, privées de leurs maris pendant des années entières , ont une conduite austère et nudique : c'est un témoignage unanime qu'on leur rend. Les maris aussi , tant qu'ils vivent dans leurs ménages, mènent une vie sévère et pure. Cependant il faut le reconnaître, les mœurs des hommes souffrent de ces émigrations qu'ils font fréquemment dans le reste de la France. — Quant aux paysannes non mariées, en Auvergne comme ailleurs, il en est que lafaiblesse, l'inexpérience ou la séduction entraînent à des raomens d'oub'i. Mais, presque toujours, celui qui a fait commettre la faute la répare par un mariage; et une fois mariées , ces filles fragiles deviennent des femmes irréprochables.

L'Auvergnat, rude et brutal dans ses mœurs, est néanmoins naturellement bon ; il faut éviter de l'offenser,

car sa fanctrne ef sa haine seul durables: il ne pardonne jamais, et tôt ou tard il se venge. Mais à ceux qui respectent sa susceptibilité, il se montre tel qu'il est , officieux, obligeant, et quelquefois même généreux»

Rarement il refuse l'aumône à un pauvre. A la vérité, pauvre lui-même, ce n'est point de l'argent qu'il lui donne; mais il partage son pain ei sa soupe avec le malheureux , et lui donne charitablement l'hospitalité.

Un cultivateur a-t-il quelques travaux considérables à entreprendre, une maison, une grange , une étable à bâtir? s'il est aimé dans son canton il y trouve le* secours les plus empressés , secours qu'ils n'obtiendrait pas toujours à prix d'argent. Ses voisins viennent à l'envi , lut offrir leurs services et celui de leurs charrettes. Les uns se chargent d'aller lui chercher le bois, les autres la pierre et les matériaux qui Tu! sont nécessaires : il ne lui en coûte que de nourrir les bœufs et leurs conducteurs.

Généralement, le peuple de* petffes Tille* et r habitant des campagne» se nourrissent d'un pain de seigle où sont mêlées la fartée et le son : ce sont !ca femme» qui le font, et comme elle* savent mai pétrir , comme elles ignorent l'art de faire fermenter la paie et de lui donner le degré de cuisson convenable , ce pain est gluant , lourd , et sujet à moisir promptement. Cependant dans certaines localités on fe conserve plusieurs mois , et on n*en fait que deux ou trois fois par an. Le pain est quel-

riefol* si dur qirïl'faut le couper avec une hache. *cet «limeut peu agréante f le paysan joint une soupe au sel et ii Team* etsaiseaaée d'huile de noix dan» les pays à noytrsv ou «Je beurre «Uns ceux à pacages. Dans les lieux où L'on cultive ^le* légumes et quelques plantes potagères, on met dans la soupe , des pois, des fèves, des choux , et une sorte de grosse rave ou de turneps, et que les Auvergnats nomment raùiole. Enfin, suivant les cantons, .on ajoute au repus frugal otrdu fromage et du lait ^ ou une- bouillie d'avoine, ou des. galettes de sarrasin cuites au feu sur une espèce de plateau en fer, Ustensile obligé! de tous les ménages.

Plusieurs fois l'année, aux fêtes de Noël, de Pâques, etc.. les paysans se régalent entre eux. Lorsqu'un mari perd sa Femme ou une femme son mari, le survivant donne aussi un repas : c'est quelquefois dans (a maison où le cadavre est gisant, que les convives rient, boivent, chantent, et font des arrangements pour remarier fhote qui les traite. Le veuf ou la veuve reçoit les propositions et donne ses raisons d'acceptation où de refus: il est rare qu'on se sépare avant que Parrangement ne soit conclu. — La bonne chère de ces festins est la viande de porc ; on n'y connaît point la viande de boucherie : chose étonnante dans un pays de bestiaux ! Un paysan à son aise tue et sale chaque année, au moins, un cochon; dans ce cochon r il est des morceaux de préférence qu'il ne man^e pas, tels que les jambon*, qu'on appelle punîtes. Qe» jambes font pour le paysan le mets

Sar excellence; il s'en prive et u les réserve pour faire écoratioit chez lui, suspendus au plafond. Chaque année f! en accroche de nouvelles : la collection s'accroît ainsi sans être entamée, jusqu'à ce qu'enfin un mariage ou quelque grande fête fournisse l'occasion de les employer. Dans ce cas on prend les premières , c'est à-dire les plus anciennes ; et c'est avec ce met desséché , rance et à demi pour v que les convives sont régalés. Un père, avant de conclure un mariage pour ses enfants, ne manque paa d'aller visiter la maison du beau-père futur, afin de jeter un coup d'oeil sur l'étable et sur le plafond aux jambes -, la quantité des jambes et le nombre des bestiaux lui indiquent l'opulence de la famille à la-

Îjuelle il veut s'allier. — La boisson du paysan est dans e pays de vignobles une piquette qu'ils nomment petit vin; ailleurs, c'est de l'eau pure ou du lait ; mais partout le paysan auvergnat montre pour le vin un goût désordonné. On peut dire que c'est sa seule passion : pour lui, sans vin il n'y a ni fête ni plaisir. é Après avoir parié de» Auvergnats en général, ajou-

tons quelques détail» relatifs atfk habitant* cfAurillac', chef-lieu du Cantal. — On les accuse d'être chicaneurs et processifs; c'est un défaut qui cadre mal avec leur caractère gai, sociable, et leur esprit d'hospitalité, lia aiment la a* an se , la table et le plaisir ; il est peu de villes de province où les traiteurs et les cafés soient aussi multipliés. Les hommes ont de l'esprit , de l'activité , du geut pour le commerce , pourvu qu'il n'exige pas trop de travail. On les considérait autrefois, à cause de leur ardeur pour les plaisirs, comme les sybarites de l'Auvergne. Les femmes y ont du luxe, de l'élégance et des manières attrayantes ; elles sont généralement plus laborieuses que les hommes.

Constitution physique. — La partie sud du département du Cantal , qu'on appelle, en raison de son principal produit, la Châtaigne raye , est de toute l'Auvergne celle où la «Isère est la plus excessive, et ht nourriture la plus mauvaise. Les habit#t»fts sent maigres, maladif»; leur visage cet bave et besaué; tout atteste que leur constitution est altérée* — Quoique le froid ecèt beatscoup plus vif et de plus longue durée dana la ehnin* du Cantal, la population n'y a point éprouvé la meann dégradation ; la race humaine , sans avoir rien de remarquable ni pour la hauteur de fa taille, ni pour la régularité des formes, est robuste et nerveuse. Dana plusieurs canton», et notamment depuis* Vie jusqu'à AursMac, le» femmes se distfagueift par lettre agréaient* extérieurs et la blaucbeur de leur «et ut ; peut-etr* ©ut* elles la taïUc uu peu lourde et la poitrine u%p développée , mai*, elles offrent au gante de beauté renier» quable par sa .rareté ; ce sont des yeux bleue aveu due cheveux npïrs. '— tes hommes du Carladèz sont robustes et forts ; il* ont les cheveux bruns , et néanmoins la pê*tt ttét blanche. Les femmes ont le teint frais et uu beau srfng;, ce qu'on attribue au laitage dont elle* se nourrissent; àtais?, eu beaucoup d'endroits, elles ont le vautre si grue qu'on les croirait enuetotee,

OOSTtTnttS*

. L^habillement du paysan n'offre rien de remarquable par ses formes. Il est fait d'un drap grossier fabriqué dans fe pays. î)ans la Basse-Auvergne , ce drap est généralement gris , et dans la Haute, brun -marron. Eu quelques" cantotf* , les femme* portent un petit chapeau rond* net* et sans fond ; les chaussures ordinaire» stnrt des sabota. Dune km mauvaise ssûseu , le* bouMUe* et le* femmae, surtout aux environs de» Mout*4>oine< et euu Mont-d'Oryot>t un espèce de vêtement enufUMtn aux deu* sexes : c'est un manteau, nommé coubtttie, fait d'une) étoffe de laine rayée et presque imperméable. Ce manteau , froncé par lé haut, s'attache sur les épaules avec une agrafe ou avec un cordon passé dans une coulisse t et garantit parfaitement du froid et de la pfuiV.

Si le département du Cantal est un des peu» nntrerea de la France eu commerce et en industrie, il n'eut eut pas de même du côté de l'intelligence; le grand nombre d'hommes distingués qu'il a produits a toute» les époques en est la preuve. Voici quelques uns des nsns qu'il léguera a fa postérité : l'illustre GerÔert, qui fut pape sous le nom de Sh LvcsTttt f I ; le cardinaf et le maréchal as NoAfiû»; le ebaneeiref vt YaM» ; l'orientaliste CtWJfttiLBa; le potte HtTruauj le cfeariqu* Ptuatr; l'auteur du siég9 au Cmtmis* Babette uv nuLseor, oun le premier, dans le xvua" siècle, eut lu.neuaée u?enpliquer la poésie dramatique à l'illustration des événements nationaux; le savant Pigakiol bu Là Foacu, dont la description de la Fronce fut Iong-tempV la plua complète et fa meilleure; le fameux astronome Cnirri d'Actihochê; le géomètre Rollb; le conventionnel Carme* , de funeste mémoire, rnant qui, par ses crimes, a droit à une mention, connue d'autre* pur leurs talents; le littérateur Picia; Vabbé un Pftaùr, agronome habile, fécond écrivain ut ntj&faiatn tnu>

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tînçué; l'abbé Laboodbrii, prédicateur estimé; le médecio militaire Salvagb ; le docteur Civiali , inventeur 4e la lUbrolitie ; le brava général Dslzons , qui mourut ti a^orteuaement an Russie, à la bataille dé Malo-Jarolawcet; se digne général Mtuucn , et le général Mânnis, qui, eu pacifiant la Calabre, y a rendu exécrable le nom français.

Le département du Cantal est un département mi- 4'temnW, région du midi, tiré de la Haute-Auvergne et d'une partie du Velar. — lieit borné : au nord , par la département du Puy-de-Dôme; à Test, par les départements de la Haute- Lotre et de la Lozère; au sud, par celui de l'Ave^ron, et à l'ouest, par ceux du Lot et de la Corrèze. — Il tire son nom aune grande. chaîna de montage** qui le traverse. — Sa anparfioie. aat d'environ £42,437 arpenta métriques.

Soi. — Le toi est de nature très variée. Découpé par un grand nombre de montagnes et de vallées , il offre néanmoins d'assez' vastes surfaces planes.fCe sont des plateaux élevé* et nus, désigné* sons le. nom de Piamàêe, qui sont néanmoins asaei fertile*. Le,* peute» et te* sommet* de* montagne* , partout où sis ne aont pas couverts par de* «mines qtn retiennent le* terre*, sont nus et déchiré* par lès pluies.

. Montagnes. — tfous faisons connaître la nature des montagne* de l'Auvergne en parlant du département du Puy-de Dôme (t. un p. 2 et ft). — La plupart -de* obalnn* qui sUleatnont le département du Cantal , dont le point culminant est le Plomb du Cantal, élevé de 1,656 mètres au-dessus du niveau de la mer, ont été pendant long temps en Ignltfon, — On y trouve à chaque pas des trace* volcaniques ; ce ne sont pas , commettant la Puy-àVDome, de* pouixolanes, dulapillo, de* pierre* nonces et de* tables soortfiési mai* des brèche* volcanique* des couleurs le* plu* variée*, et de la basalte qui prend toutes les formes, depuis le prisme jusqu'à f ovoïde. On y trouve de ces colonnades régulières auxquelles on donne le nom iïorgues, et on y rencontre aussi des boules feuilletées, semblables à de* fleurs colossale* qui auraient été pétrifiée*.

Fomévt. *— Le* e**enoe* qui dominent dan* le* forêts sont le sapin , le plu , fe chêne , le hêtre et le boutes u ; les forêts les plus considérables sont celles de Combret , de Siniq, rie Lioran, d'Algeres, de Marmiesse, de Margeride, de Mon vert, de Chalvignac , de T remouille, de Mauriao, eto.

Lacs. — Ri vit aïs. —» Le département ne renferme que trois amas d'eau, réuni* probablement dans le creux de quelques cratères, et auxquels on donne le nom de lacs. — Les eaux de source y sont très abondantes, et découlent de toute* les montagnes. — Les principales rivières du département sont : la Rua , la Maronne, la Jordane, lé Oer, la Trltyére, la Celle, l'Alagaon, etc. ; aucune n'est navigable ni flottable. — La Dordogne, qui baigne le département sur une longueur d'environ 44,000 mètres , et qui le sépare du département de la Corrèae, est flottable et pourrait être rendue navigable au moyen de travaux projetés depuis long-temps*

Routes. — » Le département est traversé oer 6 routes royales , dont une de première classe, celle de Paris à Perpignan. - Il possède aussi 5 routes départementales. Toutes ces route* sont parfaitement belles, nouvellement ouvertes ou bien entretenue*; elle* traversent néaamoina daa pays très difficiles et des gorges escarpée*. «-Le point culminant de la route de Perpignan est au plateau de la Flageole, à 1,132 mètres au-dessus du niveau de là mer ; la route royale de Mon tau ban à Saint-Flou r passe encore par des lieux plus élevés. Le pont du Lioran est à 1,201 mètres d'élévation.

Climat. — Trois degrés différents de température divisent en trois climats le territoire du Cantal. — L'ar-

rondissement dT Auriïîac a la température la pins drrace et la plus humide; — ceRe. de l'arrondissement de Mauriac est humide et froide ; celle des arrondissements de Murât et de Saint-Flour est à la fois froide et sèche . •—Dans la partie centrale du département qui appartient è on* quatre arrondis* tmcots «t qui forme on qu'on appelle m pays de* montagnes, In froid aat très vif; la neige y dure pendant six met*, et il y gèle dans tous les mois de Tannée.

Vbnts. — Les venu soufflent souvent avec violence , mais leur direction est déterminée par celle des vallées, et comme te département du Cantal en présente qui s'ouvrent aux quatre points cardinaux, il serait difficile de dire quels sont les vent* dominants. — L'Auvtergne est sujette à des ourffefens terribles; ceux qui éclatent en hiver sont redoutable*, on les nomme Mrs. Les plus dangereux sont les èHh miteux ; ils ont la violence des trombes , poussent la rieige devant eux , comblent \m* vallées et engloutissent lnj habitations.— Les Auvergnats appellent h vent d'ou«st WU <U muet; le veut nord-ouest, trmvèrm -l'est* verni soutire t et le nord-est , Sis* -

MAfkinms. — - Le* fièvres de diverses natures (continue*, putrides et snalignes), les affections snorbn* tiques et rhumatismales; rfaydropiaiei les affection* outané**{gaie, écrouolée*, «te.), sont au nombre des maladie* qui affectent les habitants du département. On y rencontre aussi de* goitreux.

Règne animai* — La rigueur du climat empêche les races d'animaux domestiaues d'acquérir de grandes dimensions. — Le pays renferme du gibier de toute sorte , et malheureusement aussi beaucoup d'animaux nuisibles , tels que sangliers , loups , renards , fouines et belettes. — En 1787, on a tué un lynx dans les environs de Termes , à une lieue de Saint-Flour. — On rencontre quelquefois, après un hiver rigoureux, des lièvres blancs et des perdrix blanches. — Le nombre des oiseaux de proie est tellement coesidecable , qu'il* ne se bornent pas à chasser le gibier, mais qu'ils attaquent mâme les basses-cours. —Les rivières sont poissonneuses; on y trouve , entre autres poissons, d'excellent saumon , de la truite et un poisson recherché des gourmet* , l'ombre-chevalier. — On trouve , dit-on , dan* un ruisseau près de Chaudesaigues , de* moule* qui* contiennent des perles.

Rbone VÉG6TAI,. — Les herbage* de* montagne* produisent un grand nombre de plantes aromatiques, telles que le pouillot, m menthe * la marjolaine, etc. — La grande gentiane y croit en abondance et envahit d'excellent* terrain*. — On y recueille aussi de l'angélique. Le régne végétal n'offre rien de particulièrement remarquable , à l'exception du frêne à fleurs blanche*.

Béons minéral. — * Parmi la* production* de ce règne qui *oot»exploitée*, on remarque de* mine* de houille et d'antimoine; de* carrière* de granit, de pierre* meulières et de pierres schisteuses propres à remplacer l'ardoise. — On a découvert aussi quelques tourbières qui sont d'une grande utilité dans un pays où le bans manque. —vLee produits minéraux non exploité* sont très nombreux. — Outre les productions volcaniques, on remarque, dans le département , du porphyre, du tripoli, du mica, de l'amlanthe, du cuir fossile, de l'argile noire, de la terre d'ombre, de Pocre, de* pyrite» cuivreuses , etc. — On dit qu'il v existe de l'alun naturel , et qu'on rencontre , près de Vitarelle , sur le* • limites de la Corrèze , de* sillons quarUeux où est mêlé du plomb argentifère. — On a trouvé dan* quelques localités , du fer spécula ire, — Une roche pyriteuse, près de Chaudesaigues , renferme du soufre, de l'arsenic et de l'argent. — Il y a , dans les environs de Mauriac i une carrière de marbre que l'on exploite pour faire de la ebaux. — D'anciennes traditions prétendent que la Jordane a autrefois charrié des paillettes

FKAJSCK PITTORESQUE. — GAJNTAL.

et des grains d'or, d'où serait venu le nom d'Aurillac; on dit même que l'industrie des orpailleurs était encore , il y a un siècle , assez productive dans cette ville : rien ne justifie cette tradition.

Eaux minérales. — Le département renferme un grand nombre de sources d'eaux minérales , parmi lesquelles on distingue celles de Chaudesaigues, de Sainte-Marie, 4e Vic-sur-Cer, d'Âpsac-Availle , de Fontane, de la Bastide , de Saint-Martin-Valmeroux , etc.

OUmiOSITÉS sYATTJaaJELI.ES.

Cascade de Salins. — Cette cascade , située près de Marevollet, est formée par la rivière d'Aure qui, en sortant des montagnes , se précipite dans un abîme de 130 pieds, avec un fracas épouvantable. La masse d'eau est considérable ; une cavité qui se trouve sous la chute permet au voyageur de passer d'un bord à l'autre , entre les rochers et la cascade même.

Li Fons-Bousdouïrb. — Cette fontaine intermittente, célèbre en Auvergne, sort de terre à l'extrémité d'une pente douce , adossée à la chaîne de montagnes qui se joint au Puy-Mary : ses eaux sourdent en petits jets bouillonnants du fond d'un bassin de 30 pieds de diamètre et de 18 pouces de profondeur ; elles forment un ruisseau qui serait assez considérable pour faire aller un moulin. — La Fons-Bousdouïre cesse quelquefois découler pendant plusieurs années, et reprend ensuite son cours pour cesser de nouveau peu de temps après. — Pendant qu'elle coule, ses eaux n'éprouvent ni diminution ni augmentation. — Le vulgaire prétend que son apparition annonce de grands malheurs pour le pays.

Grotte de Massiic. — Près de Massiac s'ouvrent, dans une montagne de granit et de basalte , plusieurs petites grottes volcaniques, et une belle caverne dont la disposition est telle qu'elle sert en quelque sorte de cadran solaire aux habitants. — En effet son ouverture est tournée au plein sud, et, quand le soleil est au méridien , il éclaire la caverne dans toute sa profondeur.

», boubvgs. CVAYZAUX, STO.

Aurillac, sur la rive droite de la Jordane, cb.-l. de préfect. , à 187 1. S. de Paru». Pop. 9,766 bab. — Au ix* siècle, Termite Géraud, de la maison d'Auvergne, fonda, sur le site d'Aurillac, un monastère de Tordre de saint Benoit , qui pins tard donna naissance à la ville. Géraud fut béatifié : ses successeurs , abbés du monastère, s'arrogèrent le titre de comtes d'Aurillac. Plus tard la ville fat affranchie; elle nomma ses magistrats, qui prirent le titre de consuls, et qui eurent pour successeurs des magistrats royaux. — Les guerres civiles et religieuses nuisirent a l'accroissement d* Aurillac. — Huit fois la rille fut prise et reprise, et chaque fois elle eut beaucoup à souffrir; elle a néanmoins conservé le titre de première ville de la Haute-Auvergne , prééminence qui lui fut long-temps disputée par Saint- Kluur. — Aurillac était ceint de fortes murailles et protégé par nu château-fort considérable; ces fortifications souvent. endommagées , toujours rétablies , ont été finalement détruites : une partie seulement du château a été conservée. — Aurillac est située an débouché de l'étroite vallée de la Jordane , qui remonte jusqu'aux sommets du Cantal. — La ville s'élève sur une colline a pente douce, et dont la Jordane baigne le pied ; entre la ville et la rivière s'étend une promenade fort agréable qu'on nomme le Gr*ri«r. A Tune de ses extrémités est un fort joli pont de trois arches sur la rivière ; à l'autre s'élève une belle fontaine surmontée d'une colonne de 25 pieds de haut. — La ville est petite pour sa population , mais elle est généralement bien bâtie quoique mal percée, mal pavée, sombre et désagréable à parcourir; heureusement la plupart de ses rues, étroites et tortueuses, sont arrosées par des ruisseaux qui y entretiennent la propreté et assainissent Tair. — Le plus grand des édifices d'Aurillac est le collège , formé de quatre corps de logis et d'un grand et beau pa- ' viflon. — L'hôtel de la préfecture est petit, mais élégant ; l'hôtelde-ville, avantageusement situé sur la place de même nom, est un édifice spacieux, dont la façade est décorée des bustes de douze de nos principaux écrivains. — L'église de Saint-Géraud , la plus remarquable delà ville, appartenait à l'ancien monastère. Le plan de l'église est une croix grecque régulière ; le mattre-autel s'élève au centre de l'église. — Le buffet d'orgues est très beau ; l'église est décorée d'ornements nombreux, maïs fanés et de mauvais goût. L'ancien château s'élève sur un coteau au-dessus de la ville: son

apparence est pittoresque; mais sa masse est irrégulière et décrépite. Une grasse tour carrée , plusieurs tourelles forment sa niasse principale. — 11 est aujourd'hui divisé en deux parties séparées, les bâtiments qui les unissaient ayant été démolis. Du château , la vue domine la vallée de la Jordane, au-delà de laquelle s'élèvent les cimes neigeuses du Cantal. — Entre autres établissements, la ville possède un joli petit théâtre, une bibliothèque publique riche de 6,000 volumes, vu hippodrome, etc.

Vic-sur-Cèrk , ch-1. de caut.,à 4 1. d'Aurillac. Pop. 1 ,979 h. — Le nom de cette ville fut long-temps Vic-en-Carladèx ; le Carladex» dont elle était la capitale , était un petit pays qui , bien qu'enclavé dans l'Auvergne et de fort peu d'étendue , jouissait de droits et de privilèges distincts de ceux de la province. Il tirait son nom de Cariât, place autrefois très forte, démolie après le siège que Jacques d'Armagnac y soutint contre Louis XI , siège dont le roi se vengea plus tard en faisant décapiter son vassal. — Vie est situé au pied d'un rempart de rocs , au milieu- de riants bocages , sur la rive droite et à une petite distance de la Gère ; c'est le chef-lieu de la vallée qu'arrose cette rivière. La vallée de la Cère est admirable cous tous les rapports. Depuis son débouché jusqu'à Vie, sa largeur moyenne est d'un quart de lieue. Cette partie de la vallée est un magnifique bassin parsemé de mamelons verdoyants et enclos de riantes collines que décore la plus vigoureuse végétation ; la Cère y fait mille détours au milieu de champs d'une extrême fertilité. Partout s'élèvent les châteaux , les maisons de campagne, les belles fermes, les hameaux et les villages; la trispart des mamelons sont couronnés de maisons de plaisance dont plusieurs sont de la plus belle apparence, ou de pittoresques ruines d'anciens cb A t eaux-forts ; de nombreux troupeaux paissent dans des prairies coupées d'une multitude de canaux d'irrigation. — Peu à peu la vallée se rétrécit, ses pentes s'escarpent, ses flancs se dénudent , tout l'aspect change; à nne demi-lieue au-dessus de Vie, «ne colline transversale barre la vallée. La Cère a percé cette colline d'une longue et tortueuse gprge où souvent elle disparais •sous les masses de roc et de verdure; un nouveau bassin ae présente , c'est celui ou gtt le bourg de Thiezac , dans une position éminemment pittoresque , au pied d'un affreux ravin hérissé de rocs volcaniques énormes, affreux, vaste agglomération de masses des formes les plus bizarres ; nne cascade s'élance à travers ce chaos et fait voler ses écumes blanchissantes par-dessus les noires basaltes de son lit ; au-dessus de Thiesac nne cascade pins forte eneeee et plus furieuse, bondit dans nne gorge déchirée, et précipite ses eaux sous an fort beau pont de basalte, de construction moderne et de forme fantastique comme tout ce qui l'entoure ; ce pont n'est pas rectiligne comme presque tous le sont, mais son plan horizontal décrit une courbe fort arquée ; il n'a qu'une arche , haute et hardie : un pont plus ancien est situé au-dessous et tombe en ruine. — A une demi-lieue au-dessus de Thiesac se trouve le pins horrible des défilés de la vallée, e'est le fameux P*s-J+4m-C*r*, déchirure de 100 à 150 mètres de profondeur et d'nn quart de lieue de longueur, étroite, tortueuse, au fond de laquelle bouillonne et rugit la rivière, souvent invisible. Les flancs de cette gorge sont hérissés de laves «confiées, dénudées, dont la couleur sanguinolente, les formes hideuses, ajoutent puissamment à Taffreux aspect de Pasde-la-Cère.— La route, excavee par la mine dans les parois des rochers, est suspendue sur l'abîme et soutenue par des contre-forts : elle passe sur plusieurs ponts jetés snr les ravins latéraux; lorsqse, comme il arrive souvent, le vent s'engouffre dans ce défilé et souffle avec fureur, le passage du Pas est vraiment épouvantable ! Au-delà s'élève le Plomb-du- Cantal, ordinairement chargé de neiges, couvert de nuages et battu par les orages, digne perspeetrre d'un paysage dont le premier plan est si formidable.

Mattiiac, cJl-1. d'arrond. , a 9 1. N.-ÏI..O. d'Aurillac. Pop. t£t» bab. — Manriac jouissait jadis de quelque importance; n'était le chef-lieu d'une élection et Tune des trois villes qui possédèrent les premières un collège de jésuites; elle dut cet avantage an chancelier Dnprat qui, à son retour du concile de Trente, protégea ce nouvel ordre de religieux, et fonda en leur faveur les collèges de Paris, de Billom et de Mauriac. Mauriac est située sur nne collme dont la Dordogne baigne le pied. — Elle a quelques mes larges , plusieurs grandes constructions, nne jolie fontaine décorée dune inscription par Marmontel ; mab en général elle est fort mal bâtie. mal percée et mal pavée. Rien de plus triste que son aspect , son séjour et ses environs.— Sur une colline voisine gisent les ruines délabrées du château de Miremout, dont l'aspect mélancolique est digue du voisinage de cette vieille et noire cité.

Saurs , ch.-l. de cant., à 4 1. S.-E. de Mauriac Pop. 1,9M h. — Ancienne petite ville située au milieu des montâmes ami portent son nom. — Avant la révolution , Salera était le siège d'nn bailliage royal; ses tribunaux étaient très fréquentés, et la ville subsistait aux dépens des plaideurs. Cette branche d'industrie lui a été ôtée, et elle s'en trouve mal. — Tout contribue à rendre Salers fort triste : son isolement , sa distance des grandes routes et des grandes villes , sa situation, «rai l'expose à nne atmosphère variable , sévère et à des orages violents ; sa construction antique et irrégulière , etc. Elle n'offre que rues étroites et tortueuse» ,

FKANCË PITTORESQUE. — CANTAL.

bâtiment* demi - délabré* , demi-déserts et de l'aspect le pins •ombre : ils sont construits de lare noire ; leurs assises sont liées par de la chaui , ce qui les fait ressembler à une mosaïque grossière. Plusieurs sont flanqués de tourelles à toits coniques. Cette singulière décoration, jointe à la position de la Tille, donne néanmoins à Salera ua aspect pittoresque et extraordinaire. Cette ville s'élève sur une montagne près d'une vallée d'une vaste profondeur et très escarpée, au bord d'une immense coulée de lav«. — Elle tut jadis fortifiée, soutint plusieurs sièges, et fut plus d'une fois saccagée ; il lut reste de ses auciennes fortifications des débris de tours, d'énormes pans de murs épars autour du mamelon qu'elle domine, et qui forment une triple enceinte de ruines. — Du côté de sa vallée, ces murs supportent une esplanade d'où l'on jouit de points de vue d'une beauté ravissante. Trois vallées se réunissent devant la ville : la nature s'est plu à leur donner des caractères différents. La pins belle est la vallée de Fontanges : la partie de son bassin qu'on voit de Saler* est large et d'une pente douce ; la rivière qui l'arrose y serpente mollement au milieu de prairies ©ouvertes de troupeaux, coupées de canaux d'irrigation et d'allées de saules et de peupliers. — La vallée de Saint- Pan l est un âpre et sauvage défilé traversé par un torrent qui y forme vingt cascades; enfin In vallée de Marion , plus âpre encore, n'est qu'une gorge

C fonde et tortueuse ; son torrent forme en face de Salers une le cascade de 50 pieds de haut. Ces vallées sont bordées en ■ombre d'endroits de falaises basaltiques, menaçantes, déchirées, d'où ont roulé au fond d'énormes amas de rocs volcanisés ; ces écoulements ont formé des groupes des formes les plus bizarres. Un de ces rocs- est une aiguille de lave de 40 pieds de liant , qui , dans sa chute, s'est plantée sur une de ses pointes ; on monte à son sommet an moyen de gradins pratiqués en spirale tout à l'entoar. Ce bloc se trouve dans le village de Fontanges, village charmant comme son nom et son site. — Les trois vallées remontent jusqu'aux cimes des monta de Salers , qui forment le principal «outre fort du Cantal.

Murât, sur la rive gauche de l'Alagnon , cb.-l. d'arr., à 10 1. et l/fl N.-E. d'Aurillae. Pop. 2,941 hab. — Jadis chef-lieu d'une vicomte; le dernier seigneur de Murât fut ce Jacques d'Armagnac, due de Nemours , viconte de Murât , que Louis XI fit décapiter. Cette ville est aseex bien bâtie, mais mal percée ; elle contient nombre de maisons grandes et propres, auxquelles il ne manque, pour former de belles mes, que d'être mieux alignées. Elles sont toutes couvertes de pièces de basalte lamelleuse qui provient d'une montagne à l'ouest de la ville : on taille facilement ces basaltes en forme de tuiles, ee qui a fait donner le nom de la Tuilier* à la montagne. — Murât est situé au pied d'un petit mont conique , beaucoup plus intéressant que la ville même; il est formé de basaltes prismatiques qui affectent en plusieurs endroits une admirable symétrie ; elles forment sur quelques points des colonnades perpendiculaires, régulières comme des tuyaux d'orgues , ailleurs elles stacliuent dans diverses directions, on se présentant par leur extrémité sur la pente rapide dn mont, semblent un ouvrage de marqueterie; le sommet du cône est parsemé des débris du château seigneurial, que Louis XI fit détruire. — Ce château fut très fort: son site le rendait presque imprenable; il portait le nom de eArfteaa de Bwmteie, et le devait sans doute à la pureté de l'air qu'on y respirait et à la beauté des sites environnants ; il a laissé son nom a la montagne de Murât — Du sommet du mont , facilement accessible, on jouit d'un coup d'oeil superbe sur la ville, déployée aux pieds de l'observateur, sur la pittoresque vallée baignée par l'Alagnon, aux nombreux méandres, et surtout sur les cimes supérieures du Cantal.

Saiict-Flour , ch.-l. d'arrond. , à 15 lieues E. d'Aurillae. Pop. 6,464 hab. — Saint-Flour doit son nom et sa fondation à un évéqne de Lodève qui , après avoir prêché le christianisme dans les environs , mourut et fut enterré au lieu où s'élève maintenant la ville. Un oratoire fut construit sur son tombeau : la dévotion y attira une foule de pèlerins, et ceux-ci fondèrent une petite ville. En 096, Odilon, évoque de Cl un y, fit l'acquisition de cette colonie , entoura la ville de murs et y fit bâtir un monastère. Le pape Jean XII, au commencement du xiv* siècle, accorda un second évéebé à~ l'Auvergne, et Saint-Flour obtint cet honneur. L'évéque de Saiut-Flour prenait le titre de seigneur de Saint-Flour. — La ville s'accrut bientôt au point de devenir une des principales du

Ciys; mais elle ne s'embellissait guère ; construite et pavée de vés, triste et lugubre, elle fut long-temps connue dans le pays sous le nom de la ville noire. De nos jonrs, grâce à nombre d'améliorations modernes, cette épithète ne lui convient pas plus qu'à la plupart des villes de l'Auvergne. — Saint-Flour fut fort maltraité pendant la révolution de 1793. Les dévastations qu'elle souffrit sont devenues l'occasion de nombreux changements dans ses localités, dont la ville a beaucoup profité; elle est cependant loin d'être jusqu'ici une belle ville ; là plupart de ses rues sont sombres, tortueuses, et formées de constructions irrégulières; mais ses édifices publics sont beaux et spacieux, et nombre de propriétés particulières ont un aspect agréable. La ville est remarquable surtout par sa position ; elle courre un plateau rond , à

pentes très escarpées, isolé dn pays environnant par de profondes vallées , excepté dn côté de Murât. Ce côté était jadis défendu par des fortifications, qui achevaient de rendre la ville presque inexpugnable. Le mont qui la porte est d'origine volcanique^ ses flancs sont revêtus de roches basaltiques, qui forment on plusieurs endroits de belles colonnades. — Au pied du plateau conle la rivière Dauzan , qui y reçoit plusieurs torrents , et traverse nn faubourg considérable. Ce faubourg communique aven la ville par une belle route tracée sur une pente très rapide, et en partie bordée de colonnades de basalte. Les maisons extérieures de la ville s'élèvent sur le bord même du plateau , coupé à pic sur plusieurs points. Au milieu du plateau est située l'église épiscopale , que surmontent deux clochers carrés et symétriques. Cet édifice est de moyennes dimensions , propre , de bon style, et bâti snr un plan régulier. On y remarque , entre antres objets dignes d'attention , une belle Prétemtatiom de Jitat au temple. L'évéché est bâti, au bord du plateau. Le séminaire est un édifice neuf et fort beau , situé sur la pente de la montagne. Les fortifications du haut de la ville sont maintenant couvertes de gazon ou transformées en jardins; l'esplanade, sur la route de Murât, forme une charmante promenade, que décorent les façades de la nouvelle sons-préfecture, de l'hôpital, et d'autres constructions modernes de belle apparence. La position de la ville en rend l'aspect très pittoresque. La vallée qui entoure &int-Flour offre des aspects agréables et variés, mais an -delà, le pays n'offre que sites sauvages, monotones et désolés. — Saint-Flour, malgré s* position élevée, ne manque pas d'eau : des sources abondantes s'infiltrent dans la basalte qui la porte et jaillissent partout où l'on creuse à quelques pieds de profondeur ; sans donte ces eaux sont amenées des hauteurs du Cantal par des siphons naturels.

Cuaudes-Aigues, ch.-l. de cant. , a 6 1. de Saint-Flour. Pop. %&5i hab. —Petite ville fort ancienne , etqne ses eaux thermales rendent très remarquable. Ces eaux étaient déjà célèbres au temps des Romains : Sidoine Apollinaire les compare à celles de Bajfts, dans le royaume de Ifaples, et leur donne le nom de Calk$te* Baim; l'ancienne ville était nommée Aamm Colemtes;\o nom moderne n'est que la traduction de l'ancien. La ville est située an milieu d'un pays fort sauvage, dans une gorge étroite t profonde, affreuse , traversée par un des affluents de la Truyère ; la partie principale de la ville et les eaux thermales sopt snr U rive gauche. Les eaux jaillissent à l'extrémité de la grande rue , an pied d'une montagne volcanique. Leur température varie de 3Q à 80 degrés. Elles sont ferrugineuses et déposent une ocre d'un rouge jaunâtre. Douze sources différentes donnent un volume d'eau considérable. — La «rare* du Part est la plus copieuse ; elle alimente une belle fontaine où les femmes de la ville viennent incessamment puiser l'eau qui leur sert à tous les usages , culinaires et autres. La propriété que possède cette eau de bien dissoudre le savon l'a fait employer surtout pour le blanchiment et le nettoyage des laines. En hiver c'est avec cette eau que les maisons sont chauffées : ou recueille à la source un certain volume d'eau ; elle est conduite sous les rues par des canaux en bois , et par des embranchements particuliers se distribue dans le rez-de-chaussée de chaque maison; à l'entrée du logement est pratiqué un canal en maçonnerie , muni d'une écluse , et an milieu de l'appartement un petit bassin recouvert d'une pierre mobile ; l'eau entrant par le canal va circuler dans le bassin , et après avoir échauffé le pavé se répand au dehors , et se perd dans la rivière. En ouvrant plus ou moins la petite écluse, et par conséquent en admettent un volume d'eau plus ou moins considérable, on donne à l'appàrtemeut la température qu'on désire. — Ce mode de chauffage est économique; mais il a plusieurs inconvénients, et transforme pendant l'hiver les appartements en étuves, dont l'air surchargé d'humidité devient à la longue très nuisible à la santé. La saleté des rues , entretenue par les eanx qui s'y répandent en tout temps , est un autre désagrément. Outre l'emploi de ces eaux pour les usages domestiques et médicinaux , elles servent encore à l'exploitation d'une branche d'industrie particulière , c'est l'incubation artificielle d'oeuf* de diverses espèces, et qui réussit à souhait au moyen de procédés ingénieux. On trouve aussi dans la ville des sources minérales froides très renommées.

Y» d'hiver.— Pendant les longs froids de l'hiver et à l!époqne où les travaux agricoles sont entièrement suspendus , les montagnards du Cantal et de Salers , qui n'ont pour se défendre de la rigueur de la saison que des vêtements d'étoffe grossière, emploient , pour s'en préserver, nn singulier moyen : Us restent an lit le plus long-temps qu'ils peuvent , ils y prennent leurs repas : la nécessité de soigner leurs bestiaux les fait seule se lever,' et dès qu'ils les ont soignés et qu'ils leur ont donné à manger , ils se recouchent. Ils ne se chauffent ainsi que pendant le temps où ils sont levés, et économisent le bois qui est très rare sur leursnnontagnes; mais dans la Planèse , où le bois manque absolument, le paysan serait horriblement malheureux pendant l'hiver , et ne pourrait y vivre , s'il n'avait trouvé moyen de s'en passer pour se

IM

f , c'est et emU fait en vivant gn milieu 4e ses bestiaux. — Lfabitstidu êfiin paysan de la Manèse , est ordinairement etvtsée eu trois parties : «Fun côté est l'étable, de l'autre la grange, ta mflieu lt chambre d'iiabition ou lé logement; ces trois pièces eatnmuaitpient entre elles par des portes intérieures; quand le froid arrive', on quitte la chambre, et toute la famille passe dans I*établé qui , dès lors derient l'appartement d'hiver,— Les étahles ont b forme d'un carré long, elles sont surmontées djun grenier mrar la foin et les autres fourrages secs , et éclairées par deux Incarnes mie ferme nne planche à coulisse, Outre la porte intérieure, elles en ont nne qui sert pour communiquer au dehors. Afin de les rendre nias chaude* et d'avoir un grenier plus grand» on a soin de tenir la plafond très bas, — Les animaux, bœufs v Taches , ehevaox , montons , occupent les deux côtés * à droite et à gauche. Les Jlts de la famille sont placé» an fond , de sorte que, pour y arriver, Jl faut passer à travers la double rangée 4<* bas* tiaox. — Ces lits ne sont an reste que des coffres en sapin , placés à côté les uns des antres contre le mur, et garnis de paille ; les pauvres n'ont , outre la pille , qu'une couverture ; ceux qui sont pins apaise y joignent «ne paillassse remplie de balle d'avoine , et qa on appelle matelas de f**r<ts # il n'y a que les riches qui aient nn tu J* pUm* #» c'est déjà du luxe ; au* si souvent une fille qui, en se mariant, apporte quelque aV à son mari, fait-elle insérer dans la contrat qu'il lui donnera pour son lit uu maitla* d* plmmi tt mon m» matelas de guère ts. La vie que mène nne famille dans son étable est fort étrange ; pu se lève a huit ou neuf heures du matin ; le père, avec ses garçons et «es valets s'il en a, panse les bestiaux et leur donne de la litière* la femme, pendant ce temps . entre avec ses fil If 3 dans la chambra, allume au foyer un fijgnt de bruyère et lait I* soupe; i) est bientôt dix heures, pn dîne alors , mais vite, afin de ne pas se refroidir. Puis l'on rentre promptement dans l'étable ; U »P«r à ciqq benres, soupe nouvelle et nouvelle retraite jusqu'au dîner du lendemain i les feiumes sons chargées de tout le détail du ménage, elles traient (es vaches , font le beurre et le fromage j aussi elles se couchent plus t»rd et se lèvent pins tôt que l*s hommes —Quand la neige nouvellement tombée a couvert Je chemin de la fontaine, la plus hardie d'entre elles se charge de frayer un chemin nouveau. Alors, armant sas jambes de guêtres et de gros sabots, se retroussant le plus qu'alla peut, elle va, vient et revieqt plusieurs fois de suite , jusqu'à ce ea elle ait aplani un chemin pour ses compagnes, - Uu homme se croirait déshonoré s'il allait seulement chercher de l'eau, — Cas grossiers montagnards opt pour leurs femmes ee profond dédain et le mépris despotique propre à toutes les peuplades sauvage*; ils les regardent comme des esclaves ; leur occupation à eux est 4a panser les bestiaux , de battre le blé , et d'aller an besoin au marché voisin , hors de là , rien ne les ferait sortir de leur oisiveté habituelle. Il convient d'ajouter t qu'en ras de maladie de leurs vaches ou de leurs moutons , ils se hâtent d'aller chercher le vétérinaire ; mais si leurs femmes sont malades , ils laissent à la nature le soin de les guérir —Il est rare qu'une famille passe l'hiver seule et isolée dans son étable ; les ménage* voisins se réunissent voloe* tiers et choisissent pour cria Té table la plus grande et la pins chaude. — Le matin , après U soupe, chacun accourt, on s'assied en rond sur des bancs, on jase, ou rit; on crie contre les impôts elles percepteurs, on raconte les historiettes qui courent sur las filles et sur les garçons , on médit enfin. À cinq heures on sa sépare pour aller mauger, puis on revient bavarda» encore quelque temps, et chacuu retourne ensuite sa coucher cites soi* —En tout ceci il n'est question que des hommes. Les femmes, eu raison de l infériorité de leur espace, ne sont poiqt admises aux conversations de leurs seigneurs et maîtres* Mais dès que causée» se sont retires, leur règne commence et la veillée qui, peu? les bonimes se termine à fouit heures du soir, ne finit pour les femmes ({11 a minuit ou une heure du matin; elles regagnent alors le temps perdu ; mais , et ceci est un point caractéristique de l'économie du pays, comufe il oe serait pas juste, en leur prêtait un parloir, que le maître de la maisou leur fournît encore l'éclairage, «lies ont, pour leurs veillées particulières, up* lampe dont l'huile est payée a frais communs, avec les petits bénéfices du âlage 1 -~ neutres plus économes sepasseqt de luminaire, l'obscurité n'empéche ni de filer, ni de parler — Oaas les familles pieuses , on a conservé la coutume , dans ces rt union» d'hiver, de réciter le chapelet ef de ebauter de* cantiques..-» D'autres plus adonnés aux plaisirs du monde passent (es soirées* U da«se ; l'homme qui est répute le meilleur musicien, sa tien* debout et chante i les femmes qui ne dansent point l'accompagnent de leurs voix "gué*, ct tout je rcite.ss.ute et gambade, tandis que les bmafs ruminent su bruit cadencé des sabots, -pC'csi alors le triomphe des danses qa.(iuuale|t les bourrée* simples et figurées, fluue avons assisté a uuelques-unes de ces danses, et nous avons remarqué lqu'eUes sWcutaieut au bruit de véritables chansons, qui , pour a plupart , sont très satiriques et ont rapport à- quelque aventure scandaleuse bien connue dans l<> pava. L'homme qui ojrtnte marque Li mesure, en frappaut l.i terre avec un bâton. — Noua avouerons franchement que dans ce cas , musique , cadence et

danse , nous ont rappelé , par leurs figures et par leur maie* die , ces danses grotesques de nos foires foraines on l'en vos!

Suelqnes hardis savoyards , ou quelques braves piemonts*. anscr au son du tambourin un ours sanselé. •»» Un poêle i

tenu * grands frais ne donnerait pas à l'éuble lg chaleur «ne lui procure cette multitude d'hommes et d'animaux entassés ; l'air se change eu> fumée épaisse qu'on voit sortir en vapeur par lea eu* verturesj il devient étouffant, infect et malsain, «'est une des causes principales des maladies des montagnards.

Ls 1» atx vite a Salxxs. — Une fête célèbre, i Saleté, était autrefois celle de la natif U 4 d* ta Pierget ce jour*4à il y avait, dans la ville, un roi et nne reine dont la /onction était de pré* aider à la fête • d'occuper à l'église la place d'honneur et 4e marcher les premiers à la procession. Cette royau** n'était peint élective, elle se vendait a l'enchère au profit de l'église « et U vanité de l'obtenir était telle « qu'on a vu des («oergnais extrevaçauts vendre pour cela jusqu'à leur héritage. CsHeit ensuite à qui ferait les plus folles dépenses pour signaler sa rof aajé , an de ces rois d'un jour Vêtant avisé de faire couler dtt vin par les tue» taines publiques, cette magnificence, si propre a réussir dans nn pays , où boire avec excès est un plaisir populaire • fut tellement applaudie, qu'elle passa en usage, £>è# lors» peur basmrer la Vierge, on enivra gratis tous ceux qui se présentaient; usais ses Auvergnats ivres sout naturellement qw ère lieu rs,ils snts/nnmsinut à coups de béton, ct il n'y avait pas de bonne fête an l'an ne comptât quelques morts et une quiasaine de blessas, Lenturité s'en mêla* Elle crut arrêter les bataillas f » supprimant les fan* taines de vin. <~ Les paysans allèrent au cabaret ct se baltirant comme auparavant; on fil en partie fermer les cabaret*, et an mit à l'amende ceux ehea lesquels il eattreit quelque* itxce 1 mais depuis lors, l'éclat de la. fém t'énaoait, et le aojnbv* 4c* pèlerins dévots diminua sensiblement. .

Deux insurrections. — Le caractère deaj|iajuifinJu du Cantal» comme celui 4e tous le* naturels e>t'4tty#ran*, es* nstureUenaetït indépendant et mutin: ils résistent avec opiniâtreté à l'injustice et à l'oppression , et sont facilement e^spatés à se soulever caatra les vexations dont les autorités secondaires ne sont wsllieneenin ment point avares envers leurs administrés i nous ritareas à ea sujet deux petites insurrections qui ont en heu dans le pays, l'une il y a plus d'un siècle , et l'antre de notre temps» ~— Vene sa fin du règne de Louis XIV, les habitants d'Auglard» casnsuana des environs de Salera, lassés des impots dont an les surchargeait t murmuraient avec amertume; un dunnnphe après In messe, an d'eux harangua la multitude, et après avoir déclamé à sa manière contre les abus de l'administration, propose de ne plus payer d'impôts. ~ La proposition , on peut bien le mpnaiat , 4ai adoptée par acclamations ; en effet , lorsque las onUentanr» tm préaentèrent, 00 les renvoya • en vain la jusiiee • avec sas forsne» lités ordinaires , fit assigner , exéceter et «eeréter i ses faudra» 4a papier restèrent saas forces; les sergents, lea recors et Ite archers furent chassés et battus. On se décida à faiae marcher des troupes, mais à cette nouvelle t Aagiara se mit sur la défensive, les femmes et les enfants s'armèrent de pierres, les hommes «ta faux, de haches et de fourches, et s'étant placés ea eashnaende près d'une gorge par où le détachement devait passer, ski l'attaquèrent ct le défirent. — » Ou envoya contre eux nn déuchesneat plus nombreui qui l*s soumit ; s'eût été une belle occasion ahare de montrer de la forée et de punir ; mais comme aux yeax «la l'administration» le village entier était coupable» etaonune il c*nt fallu frapper tout le monde , elle préféra sagement pardonner*— Ou envoya aux Anglerdieuf des lettres de giiee qui furent enregistrées au bailliage de Salera ; elles y existaient encore tu 17*8, à l'évoque ou Legrand d'Aussy, qui nous a fait eennaitre nette petite révolte» visita ht Haute- Au vergue.

L'insurrection contemporaine date de l'époque où, eprèa la révolution de juillet, la plupart de nos cultivateurs, tcoaatusaés à entendre crier contre l'éuermité des hnpôta sur les vins» nf rareae oroire que cette charge onéreuse avait disparu avec la dy«a»«âe tombée , et refusèrent de laisser esurec r )«a employés des eontribtithms indirectes. Oans nan des principe les ville du Cantal, la révolte fut fermeile et il fallut y envoyer d«e troupes. *^ Il »*y eut pas de sang répandu, tout pamt pacifié au moyen d'an abaonement fait entre l'admieistratioa et la manieipalitê » et de quelqoes eondamnations carrecoanufllea» — Le« aubergistes ajui avaient été les premiers inati^steurs, se aouaûreat les presnif ra» -r- Quand on crut le pays pacifié, on periu de retire? las aeldata , l'émeute alors recommença de plus belle, et les aubergistes dé* clarèveat qu'il* prendraient les armes sériensemeat, si l'an voulait leur enlever cette même garnison envoyée pour les maître à la raison. Voici commuât on nous a expliqué la cause de cette singulière résistance : — La ville avait réglé ses comptes arriérés erea l'administration, et préveaa les difficultés qu'aurait pu eatreiaer la mise à exécution des escreiees sur lea liquides, au moyen d'ea abonnement ; eet abonnemeot établi d'après lea râles de f'mnaa* ordinaire , faisait peser l'impôt des boissons sur la teluUté oee habitants parmi lesquels les aubergistes ne se trouvaient plus

compris que comme simples citoyens et non comme débitants ; d'an entre côté , la répugnance naturelle qu'ont les habitants de certaines provinces pour loger les gens de guerre, avait fait envoyer, dans les auberges, les soldats de la garnison temporaire; les aubergistes avalent donc à la fols les bénéfices du séjour de la garnison et cent de sa consommation ; ils lai vendaient les boissons dont les bourgeois payaient les droits ; la présence de la troupe détonait plus d activité an commerce , plu» de débouchés aux denrées , et plus de valeur aux loyers. De là , la tranquillité qui avait suivi son arrivée et le trouble qui menaçait de renaître après san départ.

»rrtttOflr*0UTi'2tJ* xy AaMxmsnurara.

PeLrviejtm. — Le département nomme 4 députés.— 11 est divisé en 4 amoudtsaements éientorun*, dont les ebefs-liett* sont ! Selnt- Fkrar, Aurittae, Mauriac, Marti —• Le nombre des électeurs est ée 1,107.

' AïmîrtrtstnÀ'rtVE.— te chef-lieu de la préfecture est Auriîlac.

Le département se divise en 4 sous-préfect. ou arrond. cooam. Atnlllac. ..... 8 cantons, 94 communes, 95,284 habit.

Mauriac 6 01 6.1,003

Mnint 9 SI 33,364

8aint-Flour.. . .t 83 64,^43

Total. . 93 dantons, 268 cordmnnes, 258,894 liabît. Éereiee du friser nublio. — 1 receveur général et. 1 paveur (résidant à Auriltac) , 8 receveurs particuliers , 4 percept. J'arrond. Contributions directes. — t directeur (à Auriliac }, et 1 inspect. Domaines €t Enregistrement. ~ 1 directeur (à Auriïlac), X inspecteur, 3 vérificateurs.

fypotlièques. — 4 conservateurs dans les chefs-lieux d'arrondissements communaux.

Contributions indirectes. — 1 directeur' ( à Auriïlac), 1 directeur d'arrondissement , 4 receveurs entreposeurs.

Fèréu.—L* départ, liait ptfrfcje de-la »« eofesetvattoa ferestnYre , dont le «htf-lie* «et AursUte. *-• 1 eooserv. à Auriliac,

PoHts-ot-sbmstésit — lj* départ, fait partis) de la 18* inspection, dont le ebef*liee> est QeraMutiFerraud. — 11 y a 1 ragéaiour en chef «m résidence m Anrillae.

Mineti^Le département fait partie du 12* arrondissement et de la 4* division, dont le enef-iieu est Saint* Etienne.

ffarmu — Anrillae est le chef-lieu du 6" arrond. de concoure pour les courses de ohevaum, qui ont lien du 96 an 81 mal et du l*r au 10 août , à l'hippodrom* d'AuriMae. <iet arrondissement comprend les départements entrants : Basée»» Alpes, Mavite**Arpes , Ardeebe*Bo*eae*-du~Rbo«e, Cantal, Drome* Isère ♦ Haute-Loire, Lot, Lozère, P à y- de-Dôme, Rhône, Vur, Vauetase. *•- Il y a a Anrillae? tf» eWpét royml ou se trou vent 43 éulons, et fin dépit de refontes mulitmree. pon# le cavalerie de l'armée. — Ge dépôt a acfceté en 1881 •»- «79 ebevaux : 11 pour la cavalerie de ligne et 868 pour la cavalerie légère, m prit; moyen de 876 fr«o8 cent. Total 26é>681 fr. -* fin 1860 le itrix moyen d'achat avait été de 406fr«8fc

Mifclv*Ju«»*»Lff département Fart partie de Ta 19* division militaire, dont le quartier général esta Clermdnt*Ferrand. — Il y a à Anrillae • — 1 maréchal de eamp commandant la subdivision ; 1 tous-intendant militaire, — Le dépôt de recrutement est à Auriïlac. — La compagnie de gendarmerie départementale ratt partie de la 18e légion*, 4cm* le cbef-lieu est a Cahors. — La 16e eompa- . goie des fusiliers vétérans est oasernée à Aurlllae.

JoDierAU*. — Les tribunaux sont dn ressort de la cour royale de Aioan. *- Il y a dans le département : 4 tribunaux de lre instance, à Auriliac, Mauriac, Murât et Saint«-Plour (9 chambres ), et. 9 tribunaux de commerce, à Anrillae et 3aint Flour. . Rtxioiiut*. — Cuit* eathoiifu*. — Le département forme le diocèse d'un é vécue ^ érigé dan» le xire siècle, suffragant de l'archevêché àe Bourges , £t dont le siège est à Saint~Fluur.— II. y a dans le département ,— à SaintrFlour : un séminaire diocésain qui compte 15Q élèves , — à Pléaux : une école secondaire ecclésiasti-

Se. — Le département renferme 4 cures de lre classe, 19 de 2e, 8 succursales et 202 vicariats. —Il y existe 5 congrégations religieuses de femmes composées de 11 soiors, et 10 congrégations religieuses de femmes chargées des hospices.

Un*¥B«iiTAiftE. — Le département est compris dans le ressort de l'Aendémie do Glcrmont.

Instruction publique, — Il y a dans le département, — 8 «allégée, à Anrillae , a Mauriac , à Stdnt-Fionr ; — une école normale primaire * Salera.— Le nombre des écoles primaires dn département est ée. 808 , qui sont fréquentées par a**16 élève», dont 9,900 garçons et 1,4 ta filles. — Les communes privées d'écoles sont an nombre de 169.

Sociétés eavasm*, etc. — 11 y a è Auriliac une Société d'Agriculture, dos Arts et du Commercé , un Cabinet d'histoire naturelle. — Saint-Flour, Mo rat et Mauriac possèdent des SocUtO d'Agriculture. — Il exiate an Comtes sgneoie à Saignes,

nfOnfJTLATlOM.

D'après le dernier recensement officiel « elle «et de 866yi§4 bab., et fournit annuellement à l'année 664 jeunes soldats.

Le mouvement en 1830 • été de,

MetrUges . . 4 . , . . f,,***

timissemoos* Masculins. Féminins*

Entants légitimée 8,891 ~ 8,199 >»,

- naturel* 902-366 JToU1

Deeès 9*469 — 9,866 Total

Dans ee nombre 4 centenaires*

a*ftfts mAwrn âul

Le nombre des citoyens inscrits est de 32*846* Dont : 14.872 contrôle de réserve

17,478 contrôle de service ordinaire.

Ce» derniers sont répartis ainsi qu'il suit* 17,438 infanterie, 90 cavalerie.

20 sapeurs-pompiers.

On en compte : armés 8,361 ; équipes 78$ i habillée 901. 18,088 sont susceptibles d'être mobilisés. Ainsi* sur 1/100 individus de la population générale, 190 tant inscrits an registre matricule, et 70 dana ee nombre sent mnanlt» sablas; sur 100 individus inscrite sur le registre mattienie»64 sont soumis an service ordinaire, et 46 appartiennent è la réserve.

tas arsenaux de l'État ont délivre à la garde natsnnale 4*74* fusils, 200 mousquetons , 2 eanoas, et nn asaea grand nnmbis di pistolets, sabres , etc. t

2»8oa,a2of.ii)«.

Wm 58

ft,888 01

Le département a payé à l'État (1831) ;

Contributions directes

Enregistrement, timbre et domaines. . » . . Boissons , droits divers , tabacs et poudres. ,

Postes f

Produit des coupes de bois. ,

Produits divers, . . ,

Ressources extraordinaires, ...;..

Total.

Il a reçu du trésor 2,888^80 fr. 71 e * dnna La dette publique et lea dotations pour, . ; , Le» dépenses du ministère de la jaebee. t . de rînetruction pabiique et des euhea.

de l'iatérienr. . . . « ,

du commerce et dea travaux publics.

de la guerre. .<»..*.»

de la marine * . *

des financée.

Frais de régie et de perception dee impôts. . Rembeurscjn. 9 reetitni., non-valeurs , primée.

totaL ........

4,8»t8yf.6f<.

lesquels figurent i

4V«VlâVtf,68«i

11*194 fi

807,989 If

2,838,080^71 of

Ces deux sommes totales de paiements et de. recettes représentant , A peu de variations près , le mouvement annuel été impôts et de» recettes, le département paie annuellement à l'État, pour les frais du gouvernement central , et indépendamment de «es chargea locales, 1,674,296 fr. 98 c, ou environ le sixième de son revenu territorial. Il ne faut donc pas s'étonner si l'industrie y est presque nulle et Tagriculture statlonnaire.

Bile* s'élèvent (en «881 ) è 968,646 fV. F8 c. Savoir ! Dép.JUett rrairêrJiettts, abonnements, etc. 6%612 f . 78 e, i>ép. mrtable*! loyers, réparations, encouragements , secoure , eto . . . 981,188 08

Dana cette dernière somme figurent pour

29,608 f. - c. les prisons départementales, 68,000 f. » c. lès enfants trourés.

Lee secours accordés par l'Etat pour grêle , in*

ceodie, épixootle, sont de. 99,588 •

Les fonds consacrés an cadastre s'élèvent à. . . 40,757 67 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . 85/69 94 Les frais de justice avancés par l'Etat de 81,067 70

iwbusthte: Aftazoau.

Sur nue superficie de 542,037 hectares, le départ, en compte! 400,000 mis en culture et prés naturels. — 89)186 forets, «e 888 vignes..— 60,00p landes.

Le revenu territorial cet éralué è 10,069*606 francs. Le département renferme environ t 16,000 chevaux.

HOfOOO bétes à cornes (race bovioe), 900,000 montons (mérinos, métis et indigènes). Les troupeaux de bétes à laine en fournissent cbaqne année

ttft

fAANCÉ PITTORESQUE. - C\NTAL.

Le produit annuel du sol est d'environ ,

En céréale» et parmentières. 900,000 hectolitres.

En avoine*. 160,000 id.

En vins. 10,000 id.

L'agriculture est dans nn état de stagnation qui prouve la misère des habitants , plus encore qu'elle n'accuse leur manque d'industrie. — On récolte peu de froment et d'avoine ; il est nécessaire d'en importer pour balancer les besoins de la consomma* tion. — La seigle et le sarrasin , la châtaigne et la pomme de terre forment la principale nourriture des habitants. — Quelques cantons produisent des légumes secs , tels que pois et lentilles ; les pois verts de Monsalvy sont très estimés. — Parmi les fruits , on remarque d'excellentes pommes de reinette, des melons, etc. — On recueille de beau chanvre. — Le pays nourrit de nombreuses bétes à cornes , des mulets, des ânes, des chèvres et des porcs. — La race des chevaux auvergnats est propre à la cavalerie légère. — Les montons sont d'une petite espèce ; mais donnent nue laine fine. — On élève une assez grande quantité d'abeilles. — Le petit nombre des vignobles qne possède le département , ne produisent qu'un vin plat, très chargé en couleur, d'un goût commun et d'une difficile digestion.

MowTAGirxs. — Benoits. — Fromages , etc. — Les hautes montagnes de l'Auvergne, couvertes de neiges pendant une moitié de F année , sont cependant classées parmi les propriétés territoriales les pins productives ; c'est sur ces montagnes , où croit nne herbe tendre et savoureuse, dont la production est entretenue par d'habiles Irrigations , que l'on envoie dans la belle saison paître les vaches qui produisent les fromages d'Auvergne. Le département dn Cantal est celui qui en fabrique la plus grande quantité. On les appelle fromages de Tome» ou Fourmis, Ceux de Saler» sont les plus estimés, ils pèsent quelquefois jusqu'au-delà de 80 livres chacun ; après les fromages de Saler» viennent ceux de Coyan et dn Cantal, éganx en poids, mais de qualité inférieure. — On fabrique sur toutes les montagnes de plus petits fromages, de 7 à 8 livres , que l'on nomme des Roqueforts. Ceux de cette espèce faits à Salers sout encore les plus recherchés. — La qualité des fromages dépend de la bonne qualité des herbages , et surtout de la bonne manipulation.— Les prairies de la montagne , qu'on nomme montagnes, ne sont fermées par aucun mur ni fossé, et n'ont pour clôture qu'un simple bornage. On prétend qne les vaches de chaque troupeau connaissent les lieux où elles ont le droit de paître, et sortent rarement de leurs, limites ; si d'ailleurs quelqu'une s'en écarte, elle est aussitôt rappelée par la voix du pâtre , qui la désigne par son nom , car toutes ont leur nom particulier. — Les vaches se trayent deux fois le jour, le matin et le soir : avant de les traire , on laisse le veau téter un moment , et puis on l'attache à nne jambe de datant de sa mère ; il reste ainsi attaché pendant qne le vacher trait la vache ; sans cette précaution , elle se refuserait a se laisser traire.— Il y a des vaches qui •produisent dans une saison jusqu'à 100 kilogrammes de fromages , mais le rapport moyen d'une vache n'est évalué, année commune, qu'à 75 kilogr. en fromages , et 16 kilogr. de beurre. Si l'on obtient uu quart de plus sur Ta montagne de Salers , on a un huitième de inoins sur celle du Cantal. — L'étendue des pacages affectés à 40 ou 60 vaches, s'appelle une vacherie; on nomme herbage l'étendue de terrain nécessaire à la pâture d'une seule vache. — C'est ordinairement au milieu des vacheries que Ton construit les burons ou laiteries ; ce sont les chalets de l'Auvergne. Quelques-uns sont bâtis en pierre et recouverts en tuiles, d'autres ne sont que de simple» cabanes recouvertes en chaume , ou des grottes obscures creusée» dans la terre, entourées et couvertes de mottes de gazon. — On

Îr distingue ordinairement trois compartiments , l'un est l'âtre , 'antre reçoit les instruments nécessaires à la fromagerie , le troisième sert tout à la foi» de dépôt pour le beurre et les fromages , f t de chambre ou plutôt de trou où les buroniers couchent snr la paille , dans des caisses de sapin. Quand les burons ne sont pas situés sur des montagnes trop élevées v ils sont entourés par quelques arbres qui , dans les chaleurs de l'été , donnent nn ombrage nécessaire. A côté du buron se trouve une loge à cochons et une étahle, qu'on nomme le bedelat, et qui est destinée à loger les

Jeunes veaux. Il y a aussi auprès du buron un petit jardin que es buroniers cultivent. — Quelques-uns de ces établissements champêtres ont en outre un grand hangar pour abriter les vaches dans le mauvais temps. — Trou hommes ordinairement sont attachés à l'exploitation d'une vacherie : le premier est le vacher, qui fabrique le fromage ; le second est le bou.til Le r, qui l'aide et fait le 'beurre; le troisième est le pâtre, dont la fonction principale est 4e surveiller les vaches et de les traire. — Les burons sont généralement sales et malpropres, l'odeur en est forte et désagréable. Les instruments employés à la fabrication des fromages sont en bois, fort simples, et pen nombreux —Le petit lait sert à nourrir les cochons. — Lorsque le fromage est fait, que la tome est bien prise, la croûte, après avoir été grattée, frottée et débarrassée de toute moisissure , eat colorée en rouge avec nn tuf qu'on trouve

dans le profond ravin où tombe la cascade de la Dore , ravin qu'on* appelle le vallon de la Croie. — La fabrication du fromage d'Auvergne réclame depuis long-temps des perfectionnements : quoique gras et onctueux, ce fromage, fabriqué par masses trop considérables, est de qualité médiocre; il passe promptement à l'état d'alcalescence et de décomposition , et supporte difficilement le transport, surtout par mer, ce qui nuit beaucoup à son exportation. Engrais des Bestiaux. — Outre les montagnes où l'on fabrique les fromages , il y a en Auvergne des montagnes destinées à l'engrais des bestiaux : les hommes qui les soignent se nomment bétiers. — Les animaux destinés à l'encrais sont des boeuf» tiré* du labour, et des vaches qui cessent de donner du lait Chaque tête de bétail exige environ cinq mille doatre cenU mètres carré* d'étendue pour le pacage , suivant la bonté du soi et la qualité des pâturages. La valeur du bétail , après la nourriture , s'accroît de plus d'un quart, quelquefois même d'un tiers; c'est-à-dire qu'un botuf qui vaut 160 francs en arrivant à la montagne à graisse ; en vaut souvent 2)0 lorsqu'il en descend, et qu'une vache de 100 franc* en vaut quelquefois 150. On admet aussi des élèves sur ces montagnes , et l'on compte pour une tête, deux génissea qui n'ont pas encore atteint deux ans, et qu'on appelle alors bourettes. — Les vaches restent environ cinq mois snr la montagne. Elles y montent vers le milieu de juin , alors que le haut pays , qui est resté long-temps blanchi par les neiges , se couvre de verdure. On s'aperçoit , à la montée, de la joie qui les anime ; leurs pas sont vifs et légers. Il n'en est pas ainsi à leur descente ; leur tristesse et leur mélancolie sont alors faciles à remarquer. — 11 y a de quoi en effet.— 11 arrive quelquefois , lorsque l'hiver est fort long et qne la récolte a été très médiocre, oue la famine atteint ces animanx ; on est obligé de découvrir les écuries et le* chaumières , et on leur donne à manger le chaume qui couvrait lès toits depuis plusieurs années.

UroUSTREB OOMMXB.CULUB.

Le département est un de ceux qui , à l'exposition des produits de l'industrie de 1897, n'a obtenu aucune récompense. Cent qu'eut effet, bien que le commerce y soit as&es actif, l'industrie proprement dite y est à peu près nulle; elle se borne à l'exploitation) de quelques mines , à des tanneries , dos parcheanineries , de* fabriques de colle forte , des fabriques d'orseille; à de la chaudronnerie , de la boissellerie; au tissage de quelque* étoffe* grossière» de laine , et de quelques toiles de chanvre , etc. — Il y existe quelques papeteries, et des verreries où l'on eanploie !• basalte. — Dans quelques cantons les femme* fabriquent aine dentelle asset grossière. — En général tonte l'industrie de* habitants est, faute de capitaux, tournée ver* rexploit»rJoe de* produits agricoles.

Émioratiohs. — L'habitant du Cantal , malgré sa misère , est industrieux et laborieux. — 11 y a tons le* ans «ne énugratioai considérable d'ouvriers auvergnats qui vont en France et à Tétranger s'occuper de travaux pénibles. — Ha exercent ù Pars* le métier de porteurs d'eau , de charbonniers et de commission nairea : leur fidélité et leur probité sont généralement reconnu**. — Ceux qui vont en Espagne se font chaudronniers , chocolatier»» boulangers et même cuisiniers.

Foires. — Le nombre des foires dn département eut du SSS. Elles se tiennent dans 61 communes , dont 30 chefs-lieux «t eWrant pour la plupart 3 à 8 jours, remplissent 268 journée*.

ht* foire* mobiles, an nombre de 85, occupent f" '

207 communes sont privées de foires.

Les articles de commerce sont les chevaux, mulets, 1 bêtes à laine , porcs, etc. , les fromages, la cire, les châtaignes, le Un , le chanvre , etc.

BOUIOOl

Voyage dans la ci-devant Haute et Basse- Auvergne, aujour+hwi départ, du Puy-de-Dôme, dm Cantal, etc., par Legrand, in-8. Paris, an rrr.

Observations économiques et politiques sur la ckato* des momtagume d'Auvergne , faisant partie des départements du Puy-d—iHmo ut afm Cantal, par Brieude, D. M. (Annales statistiques, t. in).

Tableau statistique du Cantal, par Durât Lasalle (Annales de statistique , t. vin).

Coup d'mil sur l'agriculture du Cantal, par d*Humières (Mémoire* de la Société royale d'Agricolture de Paris , t. ni).

État général du diocèse de Saint- Flour ; in-12. SaintTlosjr.

Dictionnaire statistique du département du Contai , par DflihiSf Duchâtelet ; in-8. Aurillac , 1824.

Annuaire statistique du Coûtai ; in-12. Aurillac , 1817.

Relation de la H. -Auvergne, par Beynaguet ; in-8. Aurillac, IM8.

Voyage agronomique eu Auvergne , par de Pradt ; in-8. Paria, 162e\.

Essai sur Chaude soi gués, par A. Chevallier; in-4. Paris, 1890.

Annuaire du département du Cantal ; in- 18. Anrillae, 1882. 9-

» A. HUGO

On semserU cè*s DELLOTK , édltnr, plan «t hBonw.rM «es FUlM-ft.-TtaM», t*.

Paris. — Imprimerie et Fonderie de Rrojrorjx et &>mp., rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 8.

Département de la Charente.

msTonut*

Le territoire de YAngownois, qui a formé, en 1791, la presque totalité du département de la Charente; était habité par les Agesinates. Sous Honorius il se trouvait compris dans la seconde Aquitaine. De là domination Romaine il passa successivement sous celle des Visigotbs et des Francs, et appartint enfin à des comtes particuliers, qui s'y succédèrent jusqu'au règne de Philippe-le-Bel; le dernier d'entre eux, Guy de Lusignan , mourant sans postérité, en fit don au roi de France, en 1307. Par le traité de Brétigny (1360), l'Angoumois fut cédé en toute souveraineté aux Anglais, qui ne le possédèrent que jusqu'au temps de Charles V; ils en furent chassés parles habitants eux-mêmes. — Dans la suite, cette province devint l'apanage de la seconde branche des Valois, dont le chef, François 1er monta sur le tiôoe de Frauce. Ce prince l'érigea d'abord en duché, en faveur de Louise de Savoie sa mère, puis le donna à Charles d'Orléaps, un de ses fils, par la moi t duquel il revint à la couronne. Charles IX l'en détacha de nouveau en faveur de son fils naturel Charles, qui prit le titre de duc d'Angouléme. Possédé depuis par différentes maisons, à titre de fief , l'Angoumois ne fut définitivement iéuni à la couronne qu'en

AJTT1 Q U1t£8.

Le principal reste d antiquités romaines qui existe dans le départen ent est le camp du fort Sévère (commune de ce nom, canton de Jarnac). C'est un carré parfait, entouré de retranche* ments, et baigné par la petite rivière deSonnoire; il pouvait contenir 10,000 hommes. — On voit près de Cognac, sur une éminenec, un autre fort ruiné , dont la construction est attribuée à Jules César. Le nom du vil lage de Merpins a de l'analogie avec les deux mots Mare Pictum, qui, dit-on, désignent dans les Commentaires de César le fort dont il est question, parce que, dans l'hiver et dans les débordements de la Charente et du Né, les deux vallons dominés par cette éminence sont remplis d'eau et paraissent une vaste mer. — On trouve aussi dans la campagne de Cognac une voie romaine assez bien conservée. — La commune de Chassenon, dans 1 arrondissement deConfolens, renferme des débiis romains. Au rapport d'Antonin, ce lieu (Caêsino-tnagus) était t. i. — M. ,

celui d'une station : les Romains, comme on sait, appelaient ainsi les établissements disposés sur la route à une journée de marche de distance les uns des autres , et dans lesquels les courriers, les soldats et les voyageurs, trouvaient un asile. Celle-ci était placée sur la route de Limoges à* à Saintes, dont on voit encore de nombreux vestiges et même des parties peu dégradées à Pressignac,à Saint-Queutin, à Suris , à la Péruse, et qui fut probablement une des quatre grandes voies tracées par Auguste dans les Gaules; celleci, dont le point de départ était Lyon, passait par les Ce venues, et se dirigeait vers la Saintonge et l'Aquitaine. La grande quantité de ruines et de souterrains trouvés à Chassenon et dans les environs prouve qu'autrefois ce bourg était une ville importante. On y découvre fréquemment des tombeaux antiques et des médailles de toute espèce. — La commune de Benest , dans le même arrondissement, fut le théâtre d'une bataille sanglante que Charlemagne livra aux Sarrasins. On y a trouvé plusieurs tombeaux, parmi lesquels il en était un qui renfermait, avec des ossements humains * une lance antique armée d'une po'nte en bronze. — Charlemagne, satisfait de la conduite des habitants de Benest (qui était sans doute alors une bourgade plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui), leur avait accordé l'exemption de toute contribution aux charges publiques, et leur avait fait construire une église, où il fonda deux services annuels, dont l'un était en l'honneur des guerriers morts dans le combat; l'autre, appelé Trentaine, parce qu'il durait trente jours consécutifs , devait être célébré à la mort de chaque roi de France. L'intention du ionda* * leur fut scrupuleusement remplie jusqu'à la révolution. Le privilège accordé par Charlemagne avait été confirmé aux habitants de Benest par François Ier. On lit sur un des murs de leui église, qui est encore la vieille église çarlovingienne, cette inscription en lettres gothiques :

«L'année 1517 , franchise de Benest fut mise au net par François, roi, qui leur bailla cette allégeance en conservant leurs anciens privilèges.» ■

Les mines de quelques abbayes, les débris de quelques chàteaux-forts sont, outre les monuments encore existants et dont nous parlons à l'article Filles, Bourgs, etc. Les seules antiquités qui appartiennent au moyen âge.

MŒURS rr OA&AOTZaZ.

«La population de l'Angoumois, dit un ancien observateur dont les réflexions paraissent encore aujourd'hui être remplies de vérité, est livrée à elle-même dès l'enfance ; elle contracte difficilement l'habitude du travail , et ne produit dans l'âge viril que des hommes pétillants et difficiles à fixer. Il suit de la que l'habitant de l'Angoumois est naturellement porté à l'enthousiasme; toujours en action et prêt à s'enflammer, il évite tout ce qui peut engager sa liberté, concentrer sa vivacité et contraindre sa galté ; il aime à voler d'un plaisir à l'autre , regrette de ne pouvoir jouir de tous à la fois, se plait aux fêtes bruyantes et dans les cercles nombreux, préfère les armes à une littérature superficielle , et les arts inutiles aux sciences abstraites et profondes, qui l'obligeraient à penser. » — De la pétulance, de l'instabilité dans le caractère , de l'avidité pour les plaisirs, du goût pour l'ostentation , lé désir de' briller, l'habitude de fronder, voilà encore les traits. principaux du caractère de l'habitant des villes. — .Ceux des campagnes ont généralement les mœurs douces. Ils sont hospitaliers, sobres, économes, patients', travailleurs etr néanmoins amis de la gaité. Us montrent de Inintelligence et de l'activité. On leur trouve beaucoup. 'de tiédeur dans les sentiments religieux. Ils ont néanmoins pour les sorciers une confiance aveu-

S le ; ils croient' aux lôups-garous et aux revenants ; le iàble joue aussi son rôle : ii fait et défait les mariages , brouille les ménages , loue les domestiques , etc. — Ge mélange d'idées religieuses et superstitieuses est remarquable dans un département voisin du centre de la France. Dans l'arrondissement de Confolens, où les babitants montrent le plus de piété, elle est mêlée de croyances absurdes et dé pratiques ridicules. Les saints et les saintes sont en grande- vénération. Les cultivateurs ne font pas travailler leurs bestiaux la veille de la fête de quelques saints , non plus que la veille d'aucune des fêtes de la Vierge. Us croient que les saints président à toutes les maladies et s'occupent chacun spécialement de leur guérison. Tel guérit la fièvre , tel autre préserve des rhumatismes; l'épilepsie est du ressort de la Trinité,

3u'ils prennent pour une sainte; sainte Anne fait venir u lait aux nourrices et aux bétes, etc. — La manière de ces bonnes gens pour découvrir le saint auquel ils doivent s'adresser lorsqu'ils sont atteints de maladies,, dont ils ignorent le nom est assez curieuse. Une commère coupe de l'étoffe en petits morceaux qu'elle met dans un vase plein d'eau , en prononçant pour chacun le nom d'une chapelle dont le saint est en réputation , 4e. morceau qui arrive le premier au fond indique le saint protecteur.

Outre ces préjugés religieux , ils en ont d'autres absolument étrangers à la religion. Ainsi , celui qui , le Ï>remier jour de mai , va de grand matin, imbiber un inge de la rosée du pré de son voisin, doit avoir* le

- doublé de foin , tandis qu'il ne restera rien au voisin. Celui qui, le jour de la Saint-Jean-, arrache un brin de chanvre mâle dans la cheneviére de son voisin et le porte dans la sienne, aura l'avantage de voir naître en, son étable autant de veaux qu'il a 3e vaches., tandis qu'il ne naîtra que des génisses au voisin. — Une poignée de fumier dérobée pendant l'un .des jours qui s'écoulent entre la Saint- Jean et la Saint-Pierre , prive le volé de sa récolte et double celle du voleur. — Ces pauvres gens" sont tellement persuadés qu'on peut ainsi leur faire le plus grand mal, qu'au temps indiqué ils veillent des nuits entières pour en prévenir l'exécution. Celui qui la tenterait, même pour s'amuser, serait infailliblement couché par terre d'un coup de fusil; car on est persuadé

' dans le pays qu'il ne serait exercé aucune poursuite pour un meurtre commis en pareille circonstance. — •Suivant l'opinion populaire, on doit, là veille de' la Saint-Jean , avant le lever du soleil , couper des rameaux verdoyants, pour décorer les portes des maisons et des étables , cueillir les herbes pour les maladies et les sortilèges; enfin il faut jeter dehors toute poule qui couverait dans la maison. — U y a aussi des jours néfastes

pour certaines entreprises : on ne doit commencer aucune affaire le vendredi. — Du feu donné depuis Noël jusqu'au premier jour de l'an porte malheur à celui qui le donne. — Qui fait la lessive dans la semaine-sainte, doit mourir dans l'année. — Le pain cuit 'le jour des Morts ou pendant les Rogations, nuit à la santé, etc.

L'habitant du département est bien fait , sa taille est médiocre et sa démarche aisée. Les hommes y sont gênéralement mieux que les femmes, quoiqu'on y rencontre de très jolies personnes. La position des rivières , de» lieux plus ou moins élevés, et la diversité des alimenta, donnent des nuances différentes à la constitution et au tempérament. Chez les cultivateurs , la nature est plu» lente -à se développer, et principalement dans l'arrondissement de Confolens. L'allaitement des. enfants, qui y dure deux ans et quelquefois trois , le peu de soin qu'on prend de ces malkeureux, qu'on suspend souvent par les lisières de leur maillot pendant que la mère est occupée aux soins du ménage, les travaux forcés auxquels on les soumet de bonne heure, la malpropreté, surtout, les rendent faibles et languissants. Us sont tantôt pâles et fluets , tantôt gros de ventre et boursouflés de visage. Ce n'est qu'à dix-huit bu vingt ans. que leur tempérament et leurs forces se développent. Leur taille moyenne est d'environ 5 pieds 1 pouce.

Le paysan de la Charente s'habille de serge ou de droguet , ordinairement de couleur grise , étoffe grossière fabriquée dans le département. Un gilet ou deux, suivant la saison , une veste sans parements et des culottes sans boucles ni bretelles , composent son habillement. Une même pièce d'étoffe, qu'on achète à Pâques ou à la Saint-Jean, sert à vêtir toute une famille, hommes et femmes , à faire les gilets , les culottes, les brassières & les jupes, qui sont confectionnés d'après des modèles invariables et d'une antiquité immémoriale. La chaussure des hommes de la campagne est une paire de sabota qui pèse cinq ou six livres lorsqu'elle est ferrée convenablement. Les hommes ont généralement' les cheveux courts et coupés en -rond, excepté dans les communes qui avoisinent la Dordogne et la HauteTVienne, où ila les portent longs et flottants , et partout ils les recouvrent d'un énorme chapeau rond , qui a près de deux pieds de diamètre. Les femmes dès campagnes paient aussi leur tribut à la mode;. elles aiment les riches coiffures et les mouchoirs de cou bigarrés de couleurs éclatantes ; leur costume d'ailleurs manque de grâce et n'offre rien de particulier.

u*jr«A«.

Le département est situé sur l'ancienne limite qui séparait le pays de la langue d'oïl de celui de la langue d'oc. On y parle généralement français , à l'exception de quelques localités où le patois participe des deux anciens idiomes. Voici , pour en donner une idée, le début d'une traduction en vers patois de la fable de la Laitière et le pot au lait :

Peyrouno poartsy* su marcha

Un toupi dé la sur so têto; Sur an piti epuessi , lo I'otîo bien jucha ,

Gneuss dit qu'an nér-eytocha.

BUlado coum nn jour de féto

Réreillado coum on cn-sau ,

Légêro coum un parpoillau ,

Pu lesto qu'un ebat-eyeuran ,

No propo jnpo de saumiéro

ftétroussado du so gotiéro , Chaussa d-én souilles plats , per ne pas tan ri*

ili d'entorço , ni de faù pas.

Sans remonter bien haut pour chercher les personnages distingués que l'Angoumois a produit k toute» les époques, nous citerons, dans le xme siècle : IsabeUe de Tiillepkr, femme de Jean -sans-Terre et mère de Henri III , roi d'Angleterre \dans le XVIe : Fsuifço» H*,

FRANCE PITTORESÇITE

asm txm tes», mjr jna; ^-^

SYWS^.;

toi de France ; Marouebite de Valois, reine de Navarre, «ne des femmes les plus spirituelles de soo temps , auteur de Contes célèbres à divers titres ; le maréchal de Sanzac, connu par ses exploits pendant les guerres d'Italie; deux poètes distingués, Ootavien et Mellin de Saint-Gelam ; André Thevet, voyageur et géographe; dans le xyii* : Balzac , prosateur éloquent,' un des hommes qui ont contribue aux progrès de la langue ; sa réputation , longtemps contestée, reprend le rang qui lui est dû; le duc de La Rochefoucauld, auteur des Maximes et des Mémoires sur la Fronde; la famille de La Rochefoucauld tire son origine du département; Gouavillb, habile financier, dont la probité passa en proverbe , et qui , malgré sa basse extraction , devint l'ami du prince de Gonde ; la célèbre marquise de Montespan , maîtresse de Louis 3tIV, qui est sortie de la noble maison de Rochechouart; le jésuite Gabassb; La Quintmiz, cér lèbre horticulteur, qui éleva l'art du jardinier à la hauteur d'une science; dans le xvui* siècle: le célèbre ingénieur Montalem bbbt ; l'excellent chirurgien Mobanb; Nksmond, archevêque d'Albi, prédicateur célèbre dans son temps; l'auteur tragique Chatbaubbun; enfin, parmi les contemporains : le conventiopnel L'Ecbxllx ; son collègue Madldb , un de ceux qui eurent le courage de se point condamner Louis XVI à mort; d'Ussibox, membre du conseil des Cinq-Cents, littérateur agréable; Lbgonidbc, qui s'est occupé avec succès de l'étude des antiquités françaises; L'Eçbbllx, général en chef des armées républicaines dans la Vendée, malheureusement noté sous le rapport du courage et de la capacité ; deux braves généraux de la République et de l'Empire, Gab- Kieb- Labo iss ibre , qui fut aussi sénateur, et Rivaud /que Napoléon trouva digne de commander l'avant-garde de l'armée de réserve dans la . mémorable campagne de Maréngo; le contre-amiral Tebbasson, un des officiers distingués de nos armées navales , etc.

Le département de la Charente est un département méditerrané , région de l'Ouest. — Il est formé de l'Angoumois et de quelques parties de la Sain ton ge, du Poitou et de la Marche. — Il est borné au nord- par les déparlements des Deux-Sèvres et de la Vienne; a l'est, par ceux de la Haute- Vienne et de la Dordogne; au sud, par ceux de la Dordogne et de la Charente-Inférieure , et à l'ouest par celui de la Charente Inférieure. — Il tire son nom de la principale rivière qui le traverse. — Sa superficie, évaluée par des auteurs estimés à 588,243 arpents métriques, ne serait, d'après une statistique publiée sous les auspices de la préfecture, que de 664,476 arpents métriques.

Sol. — Le sol du département est généralement calcaire, sec et brûlant. Les collines , toutes de hauteurs à peu près égales , sont composées de couches tantôt horizontales et tantôt verticales, où se trouvent une immense quantité de coquillages et de débris de corps marins.

Landes. — Les Landes se trouvent dans les arrondissements de Gonfolens et de Barbez ieux, du côté de la route de Bordeaux ; celles de Barbezieux sont en partie susceptibles de culture, et depuis quelques années on s'occupe activement de leur défrichement; mais il faudrait plus de bras et de capitaux. Jusqu'à présent elles n'ont produit que des pacages pour les bestiaux. Les landes de Gonfolens, qui occupent près d'un tiers de la surface de l'arrondissement, sont généralement moins propres à être utilisées. Elles sont presque toutes arrosées par des «taux stagnantes, auxquelles il faudrait procurer de l'écoulement La petite partie qui n'est point submergée par les eaux sert à nourrir une race de moutons faible et chélive , évaluée dans le pays à un franc la pièce. C'est assez dire quelle peut en être la dégradation.

Étais os.— Les arrondissements de Cognac et de Gonfo-

lens contiennent seuls des étangs. De trois qui existaient dans l'arrondissement de Cognac, deux ont été desséchés ; le dessèchement du troisième ( d'une superficie de 200 hectares ) a été commencé pendant la révolution ; mais

* il n'est pas encore complet. — Il existe 62 étangs dans l'arrondissement de Gonfolens, dont les principaux sont ceux de La Courtière ( superf. 44 hect. ), de Sérail (tuperf. 42 hect.), des Champs (superf. 30 hect.), de Àfalambeau (superf. 25 hect.), de Brigueit (superf. 24 hect.), et de Sèches (superf. 20 hect.). Ce dernier a cela de singulier qu'il est placé au sommet d'un coteau entouré de landes. — Tous ces étangs* sont très-poissonneux : quelques-uns pourraient être avantageusement desséchés. Canaux et Ritibbes. — Les principales rivières du département sont : la Charente , la tienne , la Dronne, la Tardouère, le Bandia , la Touvre et le Né ou Nay\ — La Charente a sa source à Chéronnac , dans la Haute- Vienne. Son cours total jusqu'à son embouchure dans POcéan , au-dessus de Rochefort , est de 320,000 mètres, dont 250,000 dans le département. Cette rivière est naturellement navigable jusqu'à Saintes ( Charente-Inférieure}, où cessent de se faire sentir le flux et le reflux. La navigation , au moyen de divers travaux d'art , a été portée jusqu'à Angouléme. — Le département possède aussi le canal du Poitou, qui joint la Charente à la Vienne par le Clain. Un autre canal est projeté de la Charente à -la Dordogne , entre Angouléme et Libourne. La longueur totale de la navigation dans le département est d'environ 85,000 mètres. — La Tardouère et le Bandia n'ont pas un , cours très-régulier ; leurs eaux se perdent dans des .gouffres situés au milieu de. leurs lits et remplis d'enorrnes cailloux, qui forment l'effet d'un vaste crible. Le cours de ces eaux n'est entier que pendant les grandes crues ; dans les temps ordinaires , le Bandia cesse de remplir son lit au pont de la Bécasse , et la Tardouère au pont d'Agris , non loin de La Rochefoucauld. On conçoit qu'il est impossible de jamais rendre ces rivières navigables. La plupart des cours d'eaux qui coulent dans les environs de La Rochefoucauld sont dans le même cas, et se perdent aussi dans des gouffres souterrains. — Il parait néanmoins que toutes ces eaux diverses se réunissent en quelque vaste réservoir ; car à deux lieues plus bas se trouve la Touvre, qui, dès son origine , porte bateau et présente une largeur d'environ 60 mètres sur une profondeur de 1 à 2 mètres. La Touvre a deux sources qu'on appelle , en raison de leurs natures différentes , le Dormant et le Bouillant, Elles sortent du pied d'un coteau, dans un bassin qui se divise en deux parties, à peu de profondeur sous l'eau, ce qui n'empêche pas la rivière

•d'être continue à sa surface. Le bouillonnement des eaux jaillissantes ( ou le Bouillant ) s'élève quelquefois à 14 pouces au-dessus du niveau général. La source qu'on appelle le Dormant a environ 50 pieds de diamètre ; l'eau y est verdàtre, et parait immobile malgré son voisinage du Bouillant ; on y va en bateau , et l'on n'en a jamais pu trouver, le fond. Cette masse d'eau stagnante , de profondeur inconnue , entourée de rives escarpées et sauvages , pénètre l'âme d'un sentiment de terreur. — Outre cette source principale, il y a à côté d'autres petits gouffres d'où l'eau sort en bouillonnant et se réunit à la Touvre. Suivant une tradition du pays, l'un de ces gouffres s'est ouvert à l'époque du fameux tremblement de terre de Lisbonne. — Les eaux de la Touvre ne gèlent jamais ; elles sont chaudes en hiver et fraîches en été; elles charrient àeê matières calcaires en dissolution et couvrent en peu de temps d'incrustations solides les différents corps qui y restent plongés. Leur cours total est d'environ 12,000 mètres ; la rivière fait mouvoir un grand nombre de moulins , et pourrait facilement être rendue navigable. — Le Né, dont le cours, de 68,250 mètres, est entièrement compris dans le département, cause souvent de grands ravages par tes débordements; ce sont eux qui ont probablement produit les marais de Merpins. Le Né est un affluent de la

FRANCE PITTORESQUE, — CHARENTB.

Charente. — Quant & la Vienne , elle ne passe que par l'arrondissement de Confolens , et n'est pas. navigable dans le département. — Toutes ces rivières sont extraordinairement poissonneuses , et notamment la Tardouère , le Bandia et la Touvre. On dit même proverbialement, en parlant de eette dernière, qu'elle est pavée de truites, lardée d'anguilles et bordée dtétrevisses. On ajoutait même autrefois ( à une époque sans doute où ses rivages n'étaient pas encore habités ) couverte de cygne*.

Routes. — Le département est traversé par 4 grandes routes royales et 3 départementale». Le parcours des routes royales est de 309,328 mètres.

BGÉXÉOB.OI.OOIX.

ClttHàt. — Le climat du département est agréable et tempéré ; l'air y est pur et le ciel presque ton jours serein. Les fortes chaleurs et les grands froids ne s'y font sentir que rarement. L'extrême limite du baromètre parait être + 26° et — 4° centigrades. Cependant on a vu le thermomètre monter à 31* et descendre à 0°.

Vents. — Les vents dominants par leur violence sont ceux de l'ouest et du sud-ouest.

Maladies. — Les maladies les plus communes paraissent être la phthisie pulmonaire , les affections serofuleuses, l'ophthalmie, le scorbut, les fièvres bilieuses, les maladies cathar raies et rhumatismales,

PtfétfoifEKES. — On a ressenti a Anaouléme en 1817, dans la nuit du 21 au 22 septembre, deux secousses de tremblement de terre. — Malgré son agréable température, le département est assez fréquemment exposé à des ouragans violents et à des tempêtes de grêle qui causent de grands ravagea. — On conserve encore le souvenir de la funeste journée du 3 août 1812. On était au moment de la récolte , tout annonçait qu'elfe serait aussi belle qu'abondante. Le temps était superbe; le vent souffla plein nord jusqu'à trois heures après-midi : en un moment il tourna avec violence du eêté opposé ; le ciel se couvrît de nuages qui s'amoncelèrent d'une manière effrayante. À cinq heures le vent cessa tout à coup de souffler ; le tonnerre se fit entendre dans le lointain ; bientôt ses éclats redoublèrent et devinrent de plus en plus forts et fréquents ; le ciel s'obscurcit enfin tout-à-fait, et d'épaisses ténèbres remplacèrent le jour. A six heures une grêle horrible se précipita sur la terre avec fracas; les gréions étaient gros comme des ceufa ; plusieurs personnes en furent grièvement blessées, et un enfant fut tué. Le lendemain, la terre présentait le triste aspect de l'hiver le plus rigoureux ; les grêlons . étaient amoncelés dans les vallons et dans les chemins sur une hauteur de plusieurs pieds, les arbres entièrement dépouillés de leurs feuilles, les vignes comme hachées, les moissons n'existaient plus. Les animaux avaient eu autant à souffrir que les végétaux; la plupart des bestiaux, surtout les moutons et les porcs , qu'on n'avait pas eu le temps de mettre à l'abri , étaient mutilé*. Le pays resta dépeuplé de gibier , et on trouva dans les bols des louveteaux que la grêle avaient écrasés. — Enfin, pour surcroît de malheur, les vignes avaient perdu leurs forces productives, et après quelques années de récoltes vainement attendues , on lot obligé de les arracher.

HISTOtfiJB W ATtT&JDLUB.

Fossiles* — Le département renferme , comme nous l'avons dit , une grande quantité de coquilles fossiles. C'est dans la plaine de Barbezieux que l'on trouve les coquillages les plus variés et les mieux conservés; les peignes, les cornes d'Ammon , les oursins, les boucardes y sont abondants ; on y rencontre aussi nombre de pyrites; tous ces fossiles sont engagé» dans une vase durcie , mais qui ne forme qu'une pierre de mauvaise qualité et peu propre à la construction.

Règne aithi u. — Les espèces domestiques ne sont point

d'une très belle qualité. — Les animaux nuisibles y i malheureusement assez nombreux, lies loups et lea renards surtout y sont multipliés. — L<? gros gibier manque; on trouve peu de sangliers, de cerfs et de ekevreuils, qui autrefois étaient communs dans toutes lea forêts. Les lièvres et les lapiqs même y deviennent fort * rares ; les blaireaux le sont moins. — Les oiseaux de proie se montrent rarement, mais les oiseaux sédentaires et les oiseaux de passage de toute espèce abondent, fias oies sauvages et les grues ne s'arrêtent pas dans le département , mais , d'après le dicton que nous avoua cité en parlant de la Touvre, il parait que les cygnes y séjournaient autrefois. — Parmi lis poissons de rivière et d'étang^ la truite et la carpe sont très estimées. Les écrevisses de la Touvre peuvent rivaliser pour la grpsseor et le goût avec celles de Leybach, sans doute parce «pie comme ces dernières elles vivent et s'engraissent dans dea cavités souterraines. — Les reptiles sont en gênerai assez communs, quoique les espèces venimeuses y soient rares ; on y trouve cependant l'aspic, la vipère ordinaire et la vipère noire.

Règne végétal. — La flore du département est assez riche, mais on n'y trouve rien qui mérite une mention particulière. — Le mûrier rouge et blanc peut prospérer dans le département. — Le châtaignier y est commun et donne des produits abondants. — Les essences dominantes dans les forêts sont le chêne, Forme, le frêne et le charme. — On recueille dan* le département une assez grande quantité de truffes.

Règne minéral. — Le département renferme dé$ mines de cuivre, d'antimoine, de plomb argentifère et de fer; ces dernières sont les seules exploitées. — On y trouve aussi du plâtre, des pierres de taille ecceflen tes, des meules à aiguiser et enfin dus carrières de pierres lithographiques d'un grain très fin et qui paraissent d'une nature analogue aux pierres de Cnateauroux.

cuBJosrréft wATtrAxu.ES.

Grottes de Rbnoognb. — Nous avons pailé des sources de la Touvre et des gouffres où se peHent les eaux de la Tardouère et du Bandia. On trouve dans les ex»teaux voisins un grand nombre de cavités souterraine*. — Les grottes de Hencngne , à 1 lieue un quart ém La Rochefoucauld , méritent une attention particulière. L'entrée , située à quelques mètres au dessus du cents de la Tardouère , en est sombre et basse ; niais eo avançant on se trouve dans des caveaux si vastes f qsf«fu aperçoit à peine les voûtes, emi présentent mille lutine» variées,rosaces, pen dan tifs, cuis-ue-lampe, etc. Eo suivant les étroits passages que laissent entre eux les rocher* suspendus aux voûtes ou «'élevant de terre , on arrive à des souterrains remplis de stalactites de différente couleur et de différente nature , qui offrent , à la clarté deê flammes , l'aspect le plus brillant et le plus riche. On jouit dans toutes ces cavernes d'un air doux et constamment tempéré. Un ruisseau qui les traverse , interrompt , par ses murmures entre les rochers et les précipices , le silence de ces cavernes. 11 y a des personnes qui ont pris ce bruit pour le bourdonnement lointain de grosses cloches. — Les concrétions pierreuses y forment des pyramides et toutes sortes d'ornements. — On n'a pas encore pu déterminer la longueur et l'étendue de ces grottes, dont la formation est attribuée aux eaux 'qui filtrent à travers les collines et aux débordements de la Tardouère, qui les ont souvent remplies, et qui ont entraîné les terres qui se trouvaient entre les différents bancs de rochers.

Gouffre de Cuez-Rooi. — Les gouffres qui bordent le cours du Bandia sont encore plus nombreux et plus vastes que ceux où se perd la Tardouère.- 11 s'en trouve un , entre autres, près du village de Ckez-Robi, formé en entonnoir ou cône renversé, qui suffirait pour engloutir toute la rivière si elle n'était retenue par une digue qui détourne son cours. Les eaux qui s'échappent a travers celte digue se précipitent dans le gouffre avec an bruit

FRANCE PITTORESQUE. — CHARBNT%

•ffroYtble «ettuM profondeur qu'on nfa put pu mesurer. La traditfbn rapporté à ce aujct qu'au trefoiâ une reine de France ayant fait mettre un homme, condamné* k mort, dans âne ca^e avec de» flambeaux , pour explorer cette cavité et voir ce que devenaient les eaux , cet homme rapporta qu'il n'y avait vu que de» roebera affreux et de» poisaon» monstrueux, et que ai on ne l'en avait pa» promptement retiré il y aérait mort de froid et de peur.

mua, Bomu*a, caai^aûx, etc.

Aj»goulxmx, auront colline de rocher*, au pied de laquelle coule la Charente, ch.-l. de préf., à 114 1. S.-O de Prnis. Pop. If, 186 iiab. — L'origine d'Aagooléme et l'étymologie de ton nom sont inconnues. Ce nom fut d'abord Iculiema. )<a rille est fort ancienne, car Antone en lait mention. Dès l'origine , et à cause de sa situation , ce fiif sans doute une place fort». — Au ixe siècle les Hormands U minèrent - Rebâtie dans le xf siècle, elle resta , durant les invasions anglaises , toujours fidèle aux rois de France. Pendant les guerres de religion les calvinistes s'en emparèrent à plusieurs reprises. — Angouléme appartenait alors à la seconde branche de Valois , dont le chef avait le titre de comté de cette ville. Franooi* 1er, U*u de cette maison , érigea Aagonléme et son territoire en duché en 1515. Elle passa ensuite dans 1a maison de 0ui*e, et fat réunie à la couronne en 1710, par la mort dn dernier duc d Angouléme. — Louis XIV en fit l'apanage du duc de Bcrri, mort en 1714} et depuis, les princes de la maison royale l'ont conservée. — Angouléme couronne un platean situé à la jonction de la Charente, de l'Auguienne et de la Tonvre, et élevé de 72 mètres au-dacsu» de tea rivières ; cette position est éminemment forte et pittoresque. Son élévation , son isolement, procurent à la ville des points de vue magnifiques ; mais , outre les abords qu'ils rendent difficiles , Us rendent l'eau très rare et Pair assez vif pour être nuisible aux poitrines délicates. Le plateau d'Angouléme est drue à peu près au centre du département, au midi de la Charente; il est presque de tous côtés entouré de rochers escarpés. On monte ù la ville par quatre rampes assez raides et par un superbe chemin 4t MO mètres de longueur, planté d'arbres, d'une pente fort douce, construit en 1808, et an milieu duquel est une belle rotonde plamlée d'arbres « ornée ao centre d'une colonne d'ordre tonique , de 16 mètres de hauteur, surmontée d'un globe. Plnsieors faubourgs s'étendent sur les pentes dn platean et à son pied. — La ville proprement dite a la forme d'nn ovale irrégulier ; elle se compose de deux parties bien distinctes : l'ancien ne et la nouvelle rille. L'ancienne rille est généralement triste et laide, percée de rues étroites et tortueuses , bordées de constructions très irrégulières. — La nouvelle rille. s'étend au midi sur nn terrain dépendant dn château. Le sol qu'elle occupe, autrefois aride et rocailleux , s'est recouvert de belles constructions ; elles forment un quartier qui acquiert de jour en jour un accroissement rapide; tes bâtiments propres et réguliers , ses rues larges et droites , contrastent de tout point avec les anciens quartiers , où néanmoins oit commence à se livrer à des améliorations nombreuses et bien entendue*. — L'ancien château , dont U ne reste plus que quelques tours , est situé au milieu d'Angouléme et la domine malgré sa position élevée. — Quatre portes principales donnent entrée à la ville ; ce sont celles de Saiat-Plêrre , du Secours , de Chaado» et du Palet, autrefois flanquées de tours qui faisaient partie des fortifications. Ces tours ont été démolies , U ne reste que quelques débris des anciennes murailles, et les portes n'ofirent plus rien de curieux. Qoelques vieilles tours existent dans l'intérieur de la ville: ce sont de grosses et lourdes masses , moins imposante* par leur aspect que par les souvenirs historiques qu'elles réveillent, Lea tours des prisons faisaient partie d'une citadelle nommée le Chételet. — La ville a sept places principales; la place de Beauliea forme une de ses promenades les plus agréables. Elle est ombragée d'énormes mariera et de plantations modernes. — La plate d'Artois , promenade fréquentée, est divisée en trois allées d'arbres' d'espèces diverses, bordées do belles constructions; elle s'étend depuis l'hôtel -de-ville jusqu'au rempart Desaix. De ce point, la vue parcourt les innombrables méandres du vallon de TAnguienne, s'étend sur les chaumes de Crage, et suit t au milieu de charmantes campagnes , la route de Bordeaux jusqu'à six lieues de distance. — La place du Chomp-dê-JUart est la plus vaste et sert do champ de foire. — Les édifices publics d'Angouléme sont peu intéressants. — La cathédrale, dédiée à Saint-Pierre, est de construction fort ancienne et a été souvent modifiée; elle n'est d'ailleurs ni vaste ni belle. — On en peut dire autant de Véglits Saint-Aaflré. — 1J ancien évéché , près de la cathédrale, est devenu V hôtel de la préfecture. L'édifice, mi-antique, mimoderne , manque de noblesse et de régularité.— L'Ad^/M général, fondé à la fin du xvne siècle, est situé dans la paroisse de Saiat- Jaequce-àVrHottmeaa, hors de la ville, et dans un vallon riant où abondent de* source» d'excellente en» ; il est spécialement destiné

à recevoir les pauvres, lea infirmes et lea vieillards, atrxqaefé plusieurs^ cours vastes et plantées d'arbres servent de promenades; des jardins, des prairies, qui appartiennent à l'établissement, l'isolent dn reste du faubourg. — VHS tel- Dieu occupe la situation la plua avantageuse au nord de la ville. Il est entouré de promenades et de jardias. Le badinent contient entre antres dans longues salles au«de»eus l'nne de l'autre* ; celle dn rea-de-uhauasée est occupée par lea malade* militaires et avril*) l'autre par les femme*. -~Uho*pése de* enfmmti troupes est situé dans la ville. Ses bâtiments me sont par remarquables comme constructions, mais l'hospice eet administré, par le* somrs de charité, de la manière la pins digne d'éloges. — Vhàtel-de-¥llle et le théâtre sont contigtts, de petite* dimensions et de style assee simple. — Collège royal do marina. Cet établissement est maintenant supprimé , mais sa réinstattatioa est probable, et sons tous les rapports désirable. C'est une préoccupation singulière qui l'a fait détruire j il n'est pa* pin* bizarre de voir une école préparatoire de marine loin de la mer, qu'une école polytechnique lois des place* fortes, de* cananx et des route*. -~ L 'édifice f situé an pied de la rille , an faubourg de l'Homneau , est remarquable par sa grandir étendue , par la noble simplicité de son style et par êm symétrie. Il se composa priaei paiement de quatre corps de logis , form<% d'nn res-de-clianssee et d'nn premier étage, enclosant une cour oblongueà coté* parai lèle*. La cour d'entrée , aussi longue que l'autre , eet de moitié moins large; elle est décorée de la façade du bâtiment principal. Les deux autres cours s'étendent sur 'les côtés de celles-ci. — Ce ▼aste édifice est neuf; il avait été destiné d'abord à nn dépôt de mendicité. — Le collège civil fut bâti en 1567 et appartint d'abord aux Jésuites. Il possède nne bibliothèque de H<000 volumes. — Angouléme a cinq faubourgs principaux : le faubourg de t' /fourneau , très étendu, contient la cinquième partie de la population totale de la commnne. Il s'élève en amphithéâtre au bord de la Charente, qui y décrit nn demi-cercle. U possède nombre d* belles maisons et de vastes magasins ♦ le port » f entrepôt et la partie la plus imposante du cou.merce d'Angouléme. Ce commerce, deux grandes routes, le séjoi.r de la plupart » es visiteurs d'Angouléme, donnent*beaucoup d'activité à ce faubourg. On remarque, au faubourg de Saint-Cjrbard , 1* pont sur la Charente , qui est fort beau. Le faubourg de Saint -t ierre est composé de petites auberges. Celui de Butsate est nouvellement bâti sur le platean , et séparé de la ville par le Champ-de-Mars. — Les environs d'Angouléme sont couverts d'une foule de maisons de campagne , presque toutes d'aspect* variés etpittoresqucs.— Outre la bibliothèque publique , qui contient 16,000 volumes, et des manuscrits précieux, on cite à Angouléme, parmi les établissements modernes, le cabinet d'histoire naturelle , les bains du château et la salle de spectacle. Abbaye de la Cour os h*. — Les ruines de cette riche et célèbre abbaye de l'ordie de Saint-Augustin, fondée en 1*122, se relent encore aujourd'hui dans la commune de La-Couronne-le- Palud,-k une lieue et quart d'Angouléme; mais elles se dégradent tellement de jour e\J jottr, que dans peu d'années il n'en restera plus de vestiges. — L'abbaye de la Couronne était le pins beau monument de l'Angonmois. — L'église avait intérieurement £02 pieds de longueur sur 19 de largeur.— Le cbceor seul en comptait fi») sur 86. — Les cloîtres répondaient, par lenr dimension , à la grandeur de l'église. — Ce magnifique édifice , qoi avait échappé aux destructions révolutionnaires, a été démoli en 1606.

La Rochefoucauld, sur la Tardouère, à 6 lieues d'Angouléme. Pop. 2,706 bah. — Dans l'origine ce lieu était une baronnie du nom de la Boche. Hugues I", comte de Lusignan , la donna en appanage à son fils Esmerin, qui fut père de Foucauld. Ce dernier acquit une si grande réputation que ses successeurs se plurent à joindre sou nom à celui de leur famille. Le château , dans les vieux titres, est nommé Rupes Fucaldi.—En 1622, Louis XIII érigea cette terre en duché-pairie. — Il est remarquable que cette seigneurie fut presque la seule qtri , de temps immémorial , ait appartenu à la même famille. Le plus illustre de ses ducs fnt François Vf , historien des troubles de la Fronde et auteur du livre des M trime». — La ville n'a guère qu'une rue, dominée par un vieux château flanqué de tours imposantes, avantageusement situé; son aspect est très pittoresque : Û s'élève sur une masse de rocher* qtii renferment plusieurs grottes. Cest un édifice considérable d'architecture mélangée de sarrasin et de gothique. On y adnùre un bel escalier. Au pied de la ville coule la petite rivière la Tardouère , qu'on passe sur un pont fort ancien.-* La rille n'a d'ailleurs de curieux que son château.

B a r b tir eux, sur la route d'Angouléme à Bordeaux, ch.-l. d'arrond., à 10 lieues S.-O. d'Angouléme. Pop. 2,756 hab. — Barber jeux, jadis Barbexil, était une seigneurie appartenant à la maison •le La Rochefoucauld ; elle passa dans celle de Lonvois, mais , rendue à ses anciens seigneurs , elle resta jnsqu'â la révolution aux atnés de cette famille. C'était autrefois une ville murée ; se* fortifications furent rasées an xvir* siècle Elle possédait un vienx château que les Anglais démolirent pendant les guerres de la Guyenne, et que Marguerite de La Rochefoucauld fit feconstruirej

KRANCE PITTORESQUE. — CHARENTE.

•es triste» débris servent aujourd'hui de prison. — Barbexieux est situé avantageusement et se déploie en amphithéâtre sur une haute-colline, à l'extrémité d'une vaste et fertile plaine. Son aspect et aas environs sont fort agréables.

Coghac, sur la rive gauche de la Charente , ch.4. d'arrond., à 10 lieue* O. d'Angouléme. Pop. 3,409 hab. — Cette ville faisait anciennement partie de la Saintongc. Au xn* siècle elle fut réunie à l'Angoumoîs II s'y tint trois conciles qui eurent pour but de réprimer l'irréligion des laïques , et surtout la corruption des morars des ecclésiastiques. Les seigneurs de Cognac fortifièrent la ville et y construisirent un château qu'avoisinait un étang d'une grande étendue. — En 1551 , le prince de Condé assiégea la ville et ne put s'en emparer. — C'est dans le parc de Cognac , au pied d'un arbre, que la duchesse d'Angouléme, Louise de Savoie, mère de François Ier , pressée par les douleurs de l'enfantement, mit au monde , en 1494 , ce prince devenu si célèbre. Cet arbre fut long- temps fameux sous le nom A'Orme/Ule ; détruit par l'âge , il fut remplacé par un autre arbre de même espèce. Son successeur l'a été depuis par un petit monument. Cognac est situé sur une éminence, au milieu de riants paysages , dans une spacieuse et verdoyante vallée qu'arrosent les claires eaux de la Charente ; cette rivière étant navigable facilite beaucoup le commerce de Cognac qui est considérable; cependant Cognac est mal bâti : ses . maisons sont petites et incommodes , ses rues étroites et tortueuses ; celles de la rive ganebe de la Charente ont une pente très incommode ; enfin la ville n'est décorée d'aucun édifice digue de remarque , excepté l'ancien château ducal, transformé en magasins à eau-de-vie.

Jarnac, sur la rive droite de la Charente, ch.-l. de cant,à 8 1. de Cognac. Pop. 2,282 hab. — Cette ville est célèbre par la victoire que Henri III (alors duc d'Anjou) y remporta , en 1509 , sur l'armée calviniste , commandée' par le prince de Condé, qui y fut assassiné , après la bataille , par un Montesquiou. Un ancien quatrain historique en a conservé le souvenir.

L'an mil cinq cent soixante-neuf Entre Jarnac et Chat eau neuf Fut porté mort sur une ânesse Le grand ennemi de la messe.

On voit à Jarnac, sur la Charente, un pont suspendu d'une constructions la fois solide, élégante et économique, dont le constructeur est M. Quenot, auteur d'unie statistique estimée de la Charente. — Il existait autrefois dans cette ville un château gothique fort remarquable par son architecture, son parc et ses jardins. Ce bel édifice, construit en 1467 , a été renversé pendant la révolution. Il n'eu reste plus aujourd'hui aucune ruine. — Une pyramide quadrangulaire, élevée en 1770, à l'endroit même où était tombé le prince de Condé, avait été détruite en 1789; mais elle a du être rétablie depuis^peu d'années.— La bataille de Jarnac a été livrée dans la plaine entre les villages de Bassac et de Triac. L'armée catholique comptait 20,000 combattants. Les protestants n'étaient que 15,000.

CoarroLivs, sur la rive droite de la Vienne, cb,-L d'arrond., à 19 lieues N.-E. d'Angouléme. Pop» 2,087 hab. — Les seigneurs de Thouars possédèrent jadis la terre de Confolens à titre de comté; elle passa ensuite dans quelques autres maisons. La ville était défendue par un château-fort ancien et très fortifié. En 1091 , Boxou III, comte de la Marche., fut tné en l'assiégeant. Il ne reste reste plus de ce château qu'une tour carrée. La ville est en général mal bâtie, la plupart de ses maisons sont en bois; presque toutes les rues sont étroites et tortueuses; elle n'offre aucun bel édifice; des anciens murs de la ville il ne reste que d'informes débris. Les églises sont sans intérêt. Le pont sur la Charente est fort ancien. Entre autres établissements publics, la ville possède un hôpital et un collège bien distribués et bien administrés.

Chabanais, sur la Yienne, cb.-l. de cant.,à 4 lieues de Confolens. Pop. 1,774 hab. — C'était autrefois une baronnie qui, dès le xrv* siècle, fut érigée en principauté. Abou-Chat ou Cat-Armot, qui vivait à la fin du ix siècle, est le plus ancien des sires de Chabanais qui soit connu. Chabanais appartint* à la branche des Colbert appelée de SainUPonange. Ces seigneurs y firent construire un château qui appartint au célèbre ministre Colbert, et dont les ruines se voient encore aujourd'hui. — On remarque aussi à Chabanais une vieille tour et un pont sur la Yienne non moins antique, comme le prouve sa singulière construction. Les anciens quartiers sont mal bâtis et assez tristes. La ville possède |>eu de bâtiments modernes, et ils n'ont d'ailleurs rien d'intéressant.

^ Rurrxc , sur le Lien , ch.-l. d'arrond., à 12 lieues N. d'Angouléme. Pop, 8004 hab.— Cette ancienne ville était jadis le chef-lien de la terre la plus considérable de l'Agoumois. après celle de La Rochefoucauld. Elle fut successivement qualifiée de baronie, de vicomte et, en 1588, de marquisaU Elle appartint long-temps à la maison d'Angouléme, puis passa en la possession de plusieurs autres maisons, et finalement dan* celle de Broglie qui la possé- |

daiflors de la révolution. — On voit à Ruffee un château-fort très ancien , situé sur une éminence entourée par les deux bras dm Lien. Ce ch'âtean vendu, en 1793, à divers particuliers, a subi nombre de modifications : ses tours et ses fortifications ont été détruites; sa distribution a changé complètement et le parc qui l'entourait a disparu. — La ville, dont la position est avantageuse au commerce, est bien bâtie, bien percée et d'un aspect agréable. Elle n'a d'autre édifice remarquable que le vieux château dit de Broglie, dont nous avons parlé, de vaste dimension et de style fort bizarre.

junnsiov foutxq us zt .

Politique. — Le département nomme 5 députés. — n est divisé en 5 arrondissements électoraux , dont les chefs-lieux sont : Angouléme , Barbexieux , Cognac , Confolens , Ruffee. Le nombre des électeurs est de 2,189.

Administrative. — Le chef-lieu de la préfect. est Angoulésne. Le département se divise en 5 sous-préf. ou arrond. commun. Angonléme. ... 9 cantons, 143 communes, 128,391 habit. Barbexieux. ... 8 fifr 58,042

Cognac 4 70 50,131

Confolens. ... 8 ' 70 87,222

Ruffee. ... 4 83 56\745

Total. . 29 cantons, 324 communes, 362,531 habit.

Service du tr/sor publie. — 1 receveur général et 1 payeur (réaidant à Angouléme) , 4 receveurs particuliers, 5 percept. d'arrond.

Contributions directes. — 1 directeur (à Angouléme), et 1 inspeet.

Domaines et Enregistrement, — 1 directeur (à Angouléme), 2 inspecteurs , 3 vérificateurs.

Hypothèques. — 5 conservateurs dans les chefs-lieux d'arrondissements communaux.

Contributions indirectes.— \ directeur (à Angonléme), 3 directeurs d'arrondissements , 5 receveurs entreposeurs.

Forêts.— Le département fait partie du 27e arrondis*, forestier, dont le chef-lieu est Angouléme. — 1 cons< rvat. à Angonléme.

Ponts-et-ehaussées. — Le département fait partie de la 9e inspection , dont le chef-lieu est Tours. — 11 y a un ingénieur en chef en résidence à Angouléme.

Mines. — Le département fait partie du 18e arrondissement et de la 5* division , dont le chef-lieu est Montpellier.

Haras. — Le département fait partie , pour les courses de chevaux , du 7" arrondissement de concours , dont le chef-lien est Bordeaux. — Il y a à Poulignac un beau haras particulier.

Militaire. — Le département fait partie de la 20" division militaire , dont le quartier général est à Périgueux. — Il y n à Angouléme 1 maréchal' de camp commandant la subdivision, 1 sous-intendant militaire. — Le dépôt de recrutement est à Angouléme. — La compagnie de gendarmerie départementale tait partie de la 10e légion , dont le chef-lieu est à Bordeaux. — Il ' existe à une lieue d jingouléme une poudrerie royale.

Maritime. — Il y a eu long-temps à Angonléme une école préparatoire pour la marine. Cette école a été supprimée en 1830. — 1 ingénieur de la marine réside à Angouléme. — 11 existe à tournUe une fonderie royale de canons de fer ponr la marine. Cette fonderie (avec celles de Saint-Gervais et Nevers) a livré à la marine et « la guerre , en 1831 : — 908 bouches à feu pesant ensemble 1 ,550423 kilo. , et coulé 98 pièces pesant 234,822 kilo , non terminées. «— • 1 directeur des forges de la marine réside à Ruelle.

Judiciaire. — Les. tribunaux sont du ressort de la cour royale de Bordeaux, — 11 y a dans le département 5 tribunaux e\m ire instance , à Angouléme (deux chambres), Barbexieux, Cognac, Confolens , Ruffee; et 2 tribunaux de commerce à Angouléme et Cognac.

Religieuse. — *• Culte catholique. — Le département forme le diocèse d'un évéché érigé dans le iv* siècle , suffragant de l'archevêché de Bordeaux , et dont le siège est à Angouléme. — Il y a à Angouléme 1 séminaire diocésain qui compte 80 élèves. — Le département renferme 2 cures de lr# classe ,27 de 2* ; 256 succursales , 7 vicariats. — Il y existe 10 congrégations de femmes : composées de 87 religieuses et 12 sœurs converses, chargées dee hôpitaux , de l'éducation des filles pauvres, et des secours â porter aux malades ; et diverses autres institutions religieuses.

Culte protestant, — Les réformés du département ont, à Jarnac, une église consistoriale desservie par 2 pasteurs résidant à Jarnac — Il y a en outre une maison de prières â Scgonxac , Chex-Piet et à Cognac. — Le département renferme une société biblique et 2 écoles protestantes.

Universitaire. — Le département est compris dans le ressort de l'Académie de Bordeaux.

Instruction publique. — Il y a dans le département : à Angoulésne un collège, à Confolens un ojiUége. — Le nombre des <"

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primaire» du département est de 465, qui sont fréquentée* par 15,046 élèves, dont 18,318 garçons, 1,832 filles. — Le nombre des communes privées d'écoles est de 165.

Sociétés sataxtes , «rc — Il existe à Angouléme : nne Société d' Agriculture , de» Arts et dm Ormtm, qui publie mensuellement tes mémoires sons le titre d'Ample». -On y trouve aussi on Cmbimet d'Hùtoire Naturelle, de Pkjrriqme et dé Chimie: — Angouléme possède me école gratuite à'Aeeoueikement» ,tX nne antre de Dessin linéaire.

ÏOfB JaATIO Jb%

D'après le dernier recensement officiel, elle est de 862,611 bab., et fournit annuellement à l'armée 948 jeunes soldats. - Le mouvement en 1880 s été de ,

naissance». Masculins. Féminins.

Enfanta légitimes 4,484 - 4,306 | __ . 0„

- naturels 251 - 238 ! Total 9»37S

^£*» 3,778 - 3,735 Total 7,513

Dans ce nombre 1 centenaire.

WATIOW.

. Le nombre des citoyens inscrits est de 73,331. Dont : 23 085 contrôle de réserve.

50,388 contrôle de service ordinaire.

Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit: 80,193 infanterie.

44 cavalerie. *

81 artillerie.

88 sapeurs-pompiers. %

On en compte : armés 8,837 ; équipés 1,788; babilles 2^35» 21,427 sont susceptibles d'être mobilisés. Ainsi, sur 1,000 individus de la population générale, 200 sont Inscrits an registre matricule , et 59 dans ce nombre sont mobilisables; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 88 sont .soumis an service ordinaire, et 82 appartiennent à la réserve. •

Les arsenaux de l'État ont délivré à la garde nationale 3,448 fusils, 85 mousquetons, 2 canons , et un assez grand nombre de pistolets, sabres , etc.

pots r

Le département a payé à l'État (1881) :

Contributions directes ,

Enregistrement, timbre et domaines

Boissons , droits divers , tabacs et poudres. .

Postes

Produit des coupes de bois

Produits divers. .

Ressources extraordinaires ,

Total 7,108,388 f. 99 c.

H a reçu dn trésor 4,231,704 fr. 68 c. , dans lesquels figurent :

La dette publique et les dotations pour. . . . 839,598 f. 19 c.

Les dépenses du ministère de la justice. . . . 122/99 13

de l'instruction publique et des cultes. 818,183 09

de l'intérieur. 976 60

du commerce et des travaux publics. 949,855 48

de la guerre. . 417,030 63

de la marine. 484,232 91

des finances. 120,784 77

Frais de régie et de perception des impots. . 062,879 61

&emboursein.,restitut., non-valears, primes. 815,644 24

TotaL . . . . i . . . 4,231,704 f. 63c".

Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant à peu de variations près le mouvement annuel des impôts et des recettes , le département , dont la nrincipale ressource est le produit de §e» vignobles , déjà frappés de .tant de droits , paie encore annuellement au profit de la centralisation la somme énorme de 2,076,684 fr., on le sixième de son revenu territorial ; il ne faut pas s'étonner d'après cela si l'industrie y est complètement stationaaire.

VàmAMTEMMKT.

Elles s'élèvent (1831) à 841,788 fr. 96 cent. Sa voxx : Dif.fixê* : traitements , abonnem., etc. 73,383 f. 67 c. Dép. tmnmkUs : loyers, réparations , encouragements, secours, etc 268,406 29

Dans cette dernière somme figurent pour r 29,284 f. 60 c. les prisons départementales , 33,680 » les enfants trouvés.

Les secours accordés par l'État pour grêle , incendie , épizootie , etc , sont de. 43,041

Les fonds consacrés an cadastre s'élèvent à. . . 64,472 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . 98,937 Les frais de justice avancés par l'État de. ... . 29,684

tmnrsnus ag&zoou.

£or nne superficie de 888,248 hectares , le départ en compte : 250,000 mis en culture.

26,000 forêts.

112,640 vignes. 'm

Le revenu territorial est évalué à 17,906,000 francs.

Le département renferme environ , ...»-»•

16,000 cbevaux .'/- >\

06,000 bétes à cornes (race bovine).

6,000 mulets et 20,000 Anes. '

285,000 moutons mérinos , métis et indigènes. ^ Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année est* viron 380,w0 kilogrammes.

Le produit annuel du sol est d'environ :

En céréales et parmeniières. ' 1,500,000 hectolitres.

En avoines.'.- 140,000 id.

' En châtaignes „ . • 90,000 id.

En Vins et eaux-de-vie. . . . 900,000 id.

En huile de noix et colza. . 19,000 id.

En lin et chanvre. ' 550,000 kilogrammes.

Quoicpie l'agriculture ne fasse pas de grands progrès , les terres du département sont généralement bien cultivées. — La principale richesse consiste dans le produit des vignobles, qui sont généralement convertis en eaux-de-vie. On connaît la grande repu* tation de celle dé Cognac— Le département manque de pâturages, et l'usage des prairies, artificielles y est trop peu répandu. — On y engraisse néanmoins des bestiaux qui se vendent pour lar consommation de la capitale. — Les volailles grasses de Blanzac et de Barbezieux sont estimées.— On engraisse aussi beaucoup de porcs. — L'éducation des abeilles y est négligée. — On y avait commencé dans le siècle dernier des essais sur celle des rtra à soie; ces essais, avaient réussi, on avait mémo obtenu 400 livres de belle soie ; on' ignore pourquoi ils" n'ont pas eu -de suite.

Truffes. — Les truffes sont une production assez importante peur le département.' Elles se trouvent ordinairement dans lea vignes, dans les terres labourables, dans les chaumes, mais presque toujours auprès des chênes, des genévriers, de l'épine noire, des coudriers et des- charmes; circonstance qui -a accrédité, dans le pays', l'opinion que les racines et l'ombre du chêne produisent les meilleures truffes, et que -les autres arbres en produisent aussi, mais d'une nidins bonne qualité. — Oh ne pent'apprécier la récolte annuelle des truffes , parce qiie c'est rarement le propriétaire du terrain où se trouvé -une truffière qui les recueille; les paysans les lui volent pendant la nuit ; mais on peut évaluer à 300,000 fr. le produit annuel de la vente, sur lesuiarcliés du pays, Ce qui, au prix moyen de 1 fr. 60 cent, la livre, présente un total de 200,000 livres.

Safran. — Le safran était autrefois une branche de culture très avantageuse : on calculait son produit total ; pour le pays, à environ 36,000 livrés. L'Angoumois en produisait jusqu'à 2,000 livres pesant; ce produit a beaucoup diminué depuis, l'hiver de 1776 ayant gelé tous les oignons. Cette culture ,' qui , en 1805, était encore en vigueur dans les communes de Balzac; Champniers, Salles et Bayers , n'est plus suivie que dans la seule commune de Champ* niera. Les terres à safran ont partout ailleurs été consacrées à la culture des céréales et des parmentières.

nrDTJSTAXE COMMSaCIAIJB.

Le .commerce est alimenté principalement par les transactions aur les eaux-de-vie, l'achat et la vente du mërrain, des bouchons de liège, du sel, etc. ...

Le 'départ, renferme. des distilleries, des papeteries, des forges et des fabriques d'acier, des tanneries, des mégisseries, des filatures de chanvre et de, lin, des fabriques de.corchsges , des manufactures de draps, de .chapeaux, de poteries à sucre pour lea colonies, etc.— Après la distillerie des eaux-de-vie et les établissements'métallurgiques, les fabriques de papiers occupent le premier rang parmi les établissements industriels.

Papiers. — Fabrication. — Ouvrier*. — La .fabrication dn papier a acquis dans Je département nne, telle perfection , qu'elle peut soutenir la concurrence avec le produit de toutes les nouvelle», machines et de tous les nouveaux .procédés. Les papiers dits d'Angouléme, depuis long-temps renommés, sont propres à tous les usages , et remarquables par la blancheur et la transparence. Léo ouvriers du pays excellent dans la fabrication du papier à pâte fine, à lettres et autres. — On comptait, en 1791, dans le département environ vingt-sept papeteries qui exploitaient 48 cuves et fabriquaient 80,0U0 rames de papier; aujourd'hui trente à trentecinq papeteries possèdent environ 60 cuves qui produisent environ 100,000 rames, dont les prix varient suivant la nature et le qualité. — On évalue à 8,290 francs le bénéfice net annuel d'nne cuve, et à 65,000 francs le capital nécessaire pour les frais de l'établissement et l'exploitation. — Le produit le plus avantageux d'une papeterie ne dépasse donc pas de beaucoup la quotité de 10 pour cent Voici d'ailleurs quelques détails sur ce genre d'industrie. — • On appelle ewr* un grand vase de bois, en forme de

cône tronqué, et das» lequel, oa délaie les chiffons réduits en pâte, pour en composer une espèce de bouillie plus ou moins claire. Lorsque les machines ne produisent que la quantité de pâte nécessaire pour entretenir constamment Tourner qui travaille à la cure, et que le «noulin ne contient que les bâtiment* nécessaires pour finir le papier qui ea résulte, on dit alors que le moulin est à une seule cure. — Il y a des moulins à deux, à trois et à quatre cures. — La première opération à laquelle on soumet les chiffons est le délissage, o'est-à-dire leur séparation en différents paquets, pour en former des papiers de différente» qualités. On les mouille ensuite pour les faire pourir et fermenter dans un lieu appelé pourissoir, on Us sont entassés par couche»; eufin on les hache arant de les mettre dans les pile* , espèces de grands mortiers garnis d'une platine de fer , où ils sont déchiquetés et broyés par la chute alternative de gros maillets ferrés, ou par le moyen des cylindres. La pâte , d'abord grossière, mais toujours battue, devient peu à peu très fine et d'une blancheur éblouissante. Quand on veut la mettre en œuvre , on lui donne la dernière façon en la remettant dans un mortier garni d'une plaque ou platine de cuivre poli, où elle est de nouveau triturée : elle passe ensuite dans une cuve d'eau pure et tiède, où, par les soins d'un ouvrier, nommé gouverneur, elle est remuée jusqu'à ce que l'on en ait détrempé également toute la masse. — Le moule qui doit former la feuille et lui donner la longueur, la largeur et l'épaisseur exigées, s'appelle /orme : c'est un châssis de bois de chêne, auquel est adaptée une grille de fils de laiton placés parallèlement et maintenue dans cette position par un tissu du même fil. La suite des fils de laiton parallèles se nomme vergeure et le tissu meuucordiom. Lorsque l'ouvrier veut faire une feuille de papier, il plonge la forme dans la cure et la retire chargée d'une certaine portion de matière, que, par un léger mouvement, il étend uniformément aar toute la surface de la grille. La matière surabondante coule par-dessus les bords de la forme on s'échappe par les intervalles qui sont entre les fils de laiton; la partie la plus substantielle se Jge , se coagule sur la grille , et y forme une nappe ou pellicule qui constitue la feuille de papier; un cadre de bois, léger et mince, nommé couvercle, qui s'applique exactement sur le châssis de la forme et borde la rergeure sans la couvrir, sert à retenir ce qu'il faut de pâte pour former le tissu de la feuille selon sa qualité. — Un ouvrier, qu'on nomme le coucheur, reçoit la feuille arec son cadre des mains du plongeur: il renverse le châssis et fait tomber la feuille sur un morceau de f entre, où elle est couverte d'un second feutre, sur lequel on pose une seconde , feuille recouverte d'un troisième feutre, et ainsi successivement jusqu'à ce qu'il y ait 26 feutres employés, qui contiennent 25 feuilles ou une main de

fapier.— La mm, dans cet état, se nomme un quay.— Une port* est assemblage d'un nombre de quays , rariable suivant la nature du papier. Ainsi une porse de papier de petite qualité contient- dix quays, le grand raisin cinq quays, le grand colombier deuss quays, etc. — Le papier est d'abord soumis arec le feutre à l'action d'une presse qui ea exprime l'humidité. Un quatrième ouvrier (leisrear) ote ensuite le papier des feutres pour le mettre en porte* Uaucheet son trarail consiste à rassembler les feuilles de abaque porte , de manière à ce qu'il n'y ait qu'un feutre employé pour séparer une porse d'une autre. Lorsque les porses blanches ont été pressées on sépare les feuilles et on les fait sécher par paquets sur des cordes, dans nn bâtiment nommé étendoir. Ces paquets ( nommés pages ) contiennent quatre à cinq feuilles. Lorsque \*n pages sont sèches, un ouvrier, appelé salleran,\tu colle en trempent les feuilles dans une colle composée de rognures de cuir, et surtout de raclures de parchemin, arec un peu d'alun de Home (on a depuis peu d'années découvert le moyen de coller le papier en cure aree de la colle végétale , fécule de pommes de terre, etc.). Après le collage on remet nne troisième lois les feuilles sous presse pour en extraire la colle surabondante » 'puis on les fart sécber de noureau , et on les arrange pour eu former des mains , dont vingt font une rame. Le salleran a deux ou trois femmes pour l'aider: elles apprêtent le papier, le choisissent, le plient et le nettoient; on les appelle sallerantes.

Les ouvriers du département de la Charente forment une corporation, et la Jflus opiniâtre peut-être qu'il y ait en France. Il peut arriver que les ouvriers des papeteries situées aux environs de Paris soient étrangers au pays et mèaeut une rie ambulante, et cela rient sans doute de ce que les créateurs de ces établissements, la plupart d'une date récente, n'ont pas encore pu attirer dans leurs fabriques les familles établies dans leur voisinage. — > Il en est autrement dans l*Angoumois,le Limousin et l'Auvergne: les ouvriers papetiers de l'Angoumois sont attachés à leurs villages, et ceux du Limousin ne les quittent jamais. Us se font de leur état une sorte de propriété héréditaire ; pour le conserver à leur famille, Ils ne se marient qu'entre eux. Leurs enfants sont admis exclu si- Tement à Apprendre l'état de leur père. Malgré tout ce que lej fabricants du département ont pu faire pour former des élèves étrangers à ces familles, Us n'ont jamais pu y réussir. La dernière

tentative qui rut faite dans ce bot, il y a une vingtaine d'années, et qui présentait aux ouvriers- maîtres un avantage réel , n'a paa eu plus de résultats que les règlements et les arrêtée du gouvernemeut. Les propriétaires de fabriques, ayant ru diminuer le nombre de leurs ouvriers par la conscription, et craignant de ao trouver à la merci de ceux; qui restaient, et qui ae trouraient à peine en nombre strictement suffisant pour le trarail des ateliers, convinrent entre eux de Caire nn fonds de caisse, deséssé à donnes* des secours à domicile aux ouvriers que l'âge ou les infirmités mettraient dans l'impossibilité de pouvoir travailler. Cet arrêté , communiqué à tous les ateliers, n'imposait d'autres conditions aux ouvriers que l'admission , comme apprenti, dans chaque établissement, d'un enfant étranger par cure. Les ouvriers papetiers promirent de les recevoir; les chefs d'ateliers s'engagèrent égale» ment à les protéger et à veiller à leur instruction. Alors la caisse des secours commença à donner des secours à six familles qui sa trouraient daus le cas prévu par les règlements. Mais les ouvriers papetiers, toujours attachés a leurs principes de corporation exclusive dégoûtèrent promptement les apprentis, «oit par de mauvais traitements, soit en refusant de leur enseigner leurs procédés. Ah bout de six mois tous ces jeunes gens furent obligés de quitter lea ateliers. — Cependant les ouvriers papetiers, d'après M. Queaftot. auteur de la Statistique de la Charente , ont d'étranges prétentions. — Si la fabrique ne va pas faute d'ean ou de matière, al faut lca payer quoiqu'ils ne fassent rien; il faut les payer encore si l'on arrête la fabrique pour cause de réparations. ÏU ne veulent point que leurs enfants soient élevés à V atelier des apprêts, vulgairement appelé salle, parce qu'ils craignent qu'on ne les y appelle plus tard, et qu'on ne les oblige a y travailler lorsqu'ils manqueront d'ouvrage à la cure. Il en est de même du collage; aucun d'eux ne le sait parce que cette ignorance lea soustrait au travail, et ils ne permettent pas que leurs enfants apprennent à o»ller le papier afin de leur transmettre la même prérogative qu'ils et sont attribuée. — Outre les dimanches et les fêtes admises par le concordat, ils en chôment vingt-une qui existaient arant aa procauU gation , et vingt supprimées par un synode il y a plus de quatrevingts ans. C'est inutilement qu'on leur a offert, pour ces journées additionnelles, un supplément de salaire égal au prix de leur ira* rail ordinaire; ils l'ont constamment refusé. — Pour être reçu compagnon papetier , le postulant est obligé de régaler pendant deux jours les ourriers de la cuve où il travaille : des amis sont toujours invités à la fête ; ce repas lui coûte 900 à 250 francs ; ou lui délirre une quittance de réception : elle fait son titre. Il y a trois grades parmi eux, le leeeur, le coucheur et i'e-irnVr. Si le repas est donné pour occuper le premier, celui qui veut passer en se* cond est obligé de donner un autre repas aussi coûteux; il ea est de même pour le troisième grade. Mais eelui qui paye uu vin, c'est ainsi qu'on nomme ces sortes de repas, pour tenir un grade d'ouvrier, a le droit de travaillera toutes les places sans en payer un noureau. — La profession d'ouvrier papetier est d'ailleurs un eut sujet à diverses infirmités. - Les papetiers vivent au milieu d'une atmosphère humide et marécageuse; les ateliers où ils travaillent sont pleins d'eau; la cuve où se fait le papier, et près de laquelle ils sont obliges de rester douxe ou quatorxe heures de suite, exhale constamment des vapeurs abondantes. Les maladies qui les affectent généralement sont les varices, ledématie des membres inférieurs, les rhumatismes chroniques, le scorbut, etc. Leurs dent* tombent de bonne heure; ils sont sujets aux fièvres tierces et à toutes les affections catarrhales. — Ils ae vivent paa vieux, surtout s'ils ont suivi cette profession depuis leur jesneasas leur carrière ne s'étend guère au delà de soixante à soixaAte-càasr ans. On a remarque que le rin est pour eux un objet de première nécessité. Dans les années où il manque, leurs maladies sont plus nombreuses.

Fomxs. — Le nombre des foires du département est de 879. Elles se tiennent dans 91 communes , dont 96 chefs-lieux, et «tarant pour la plupart S à 8 jours , remplissent 921 journées. Il y a 82 foires mensalres.— 233 commun, sont privées de foires* Les articles de commerce sont les bestiaux , chevaux, mulets, cuirs, grains, vins, eaux-dê-vie, légumes secs, etc.

Statistique du dépmn. de la Charente, par Delaistre, préfet; m-9. Paris, an x.

Stat. du dip. de la Charente, parJ. P. Quénot ;in-4. Paris, 1818.

S fat. géolog. et minérale de l'arr. de Con/olens; ta-4. Paris, 1838t.

Description statistique agricole de la Charente , par Munier d'Angoutéme. ( Mém. de la Soc. d'Agrientt. de Paris, t, xt.)

Annales de la Soc. d'Agric. de la Charente. ( Paraissant tous les mois à Angouléme.)

An*, du départ, de Ut Charente ; in-12. Angouléme, 1828-1832.

A. HUGO

On seasmit thex DELLOTE , éditeur, pUr« de la Bonne, roe des lïlto-S.

Paria. — Imprimerie «t Fonderie de fcxovoux et Comp., rue des Fnncs-Bourgeois-Saint-lticbel, 8.

Département de la Charente-Inférieure.

(€t-lkMitt J&aintonge rt 2tanie.)

< Le* deux provinces t la Saintonoe et F Au oit qui , en 1700, ont formé le département de la Charente Inférieure, étaient habitées, avant l'invasion romaine , par les San f on es et les Aulni, — Après Ja conquête, sous les Empereurs, ce pays fut compris dans la seconde Aquitaine. — A la chute de l'Empire, il passa successivement sous la domination des Viaigoths et sous celle des Rois francs. — Continuant à faire partie de l'Aquitaine, il partagea les vicissitudes de cette grande province qui fit d'abord partie du royaume de Septimanie et forma ensuite un duché gouverné parles descendants deCharibert, arrière petit-fils de Clovis. Ce duché fut érigé en. royaume par Charlemagne, et la Saintonge en fit partie. . — En &S0, les Normands commencèrent à désoler 1* Saintonge et l'Aunis; leurs déprédations durèrent jusqu'en- 890. ~ La Saintonge eut des comtes particuliers sous les rois de la seconde raee. Landry , comte de Saintonge , vivait sous Charles-le-Chauve et fit la guerre à Emenon, comte d"Aogouléme. Cette province passa ensuite sous la domination de Foulques Néra , père de Geoffroi-Martel, comte d'Anjou. Guillaume VU , duc de Guyenne * s'en empara après la mort de ses frères. Eléonore de Guyenne, que Louis VU répudia la porta par son mariage a Henri 11 , roi d* Angleterre. La Saintonge, après la condamnation de Jean-sans Terre , fut réunie à la couronne par Philippe- Auguste. Les Anglais essayèrent de la reprendre , mais il» furent, en 1242 , battus à TailWbourg, par Louis IX. Les Bois de France en. conservèrent la possession paisible jusqu'au moment où elle fat rendue aux Anglais parle traite de Brétigny. En Y370,^la Guyenne s'étaut révoltée contre Edouard , prîrtce de Galles, et ayant cité ce prince au parlement 'de Paris, on confisqua la province , et Charles Y en fit prendre possession par Duguesclin ; néanmoins la Saintonge et l'Aunis ne furent entièrement affranchies de la domination anglaise que sous le règne de Charles VU.

— Paisibles jusqu'à l'époque où le calvinisme s'étendit en France, ces provinces furent, dans les xvie et xvii' siècles j en proie à toutes les horreurs des guerres civile* et religieuses. — Une longue tranquillité a suivi la prise de La Rochelle ; on a même remarqué que le département est un de ceux où la Révolution a causé le moins d> trouble et de fermentation , bien que quelque* communes limitrophes de la Vendée et des Deux» Sèvres aient pris momentanément part aux guerres civiles de 1793 à 1793.

. AiraïQCUTjftaU

— Le département renferme plusieurs monuments druidiques : ce sont des dolmens, des menhirs et des tombelles. — Parmi les dolmens, on remarque ceux de Gvruc (près de Geay), de la Pienc-Grise tprès de.Cooac), de la Jane (près de La Rochelle); etc. — Nous ne connaissons que deux menhirs dans la Saintonge, celui de Monac (près de Pons) , et la Grande-Bonne (à la Frenade;.

— Les to m bel les sont plus nombreuses ; nous citerons le 7errier-de-la-Fade (ou de la Fée), situé dans l'Ile Courcoury, près de Saintes ; le Terrier-du-Peu (dans la commune de Saint-Saturnin-de-Séchaud) est de forme conique et couvert de bois touffus ; on trouve à son sommet une espèce de cratère en forme de puits , mais sans revêtement de maçonnerie et qui parait descendre jusqu'à sa bris*. On compté environ une quinzaine' de

ces tomhelles dans le département , et on les considère comme des monuments élevés après quelques batailles aux guerriers morts pendant L'action.

Parmi les autres antiquités celtiques du pays» on cite des médailles d'or trouvées dans l'Ile Coureoury ; les souterrains taillés dans le roc , découverts à Joozac, dans le siècle dernier, et qui renfermaient des chambres oii niches sépulcrales contenant des ossements ; enfin il eiiste en Saintonge, souvent en rase campagne et au milieu des bois, des souterrains creusés par la main des hommes, à une époque fort reculée et où le peuple des campagnes croit qu'un veau d'oreêl caché. On voit un de ces souterrains a Saint-Saturnin , près de Saintes; on y descend par une espèce de puits entouré de bois qu'on nomme Fasse Marmandrèche.

Les monuments de l'époque romaine sont également très multipliés ce sont des voies militaires, des campa, des tours a fanaux, Pire- longue et la PilettEhetm; des ponts antiques, d'anciens forts ; etc. — On a trouvé, dans. un grand nombre de localités, des monnaies, des médailles, des ustensiles, des armes, des vases, des débris de poterie, des fragmeots de sculptures, etc. ; mais les antiquités les plus remarquables du département sont les restes des édifices qui décoraient êtediolanum Santonum , aujourd'hui Saintes : amphithéâtre , arc triomphal , aqueduc , bains , etc. — Il parait que le culte d'Isis était en honneur chez les Santones, car on a trouvé dans cette ville plusieurs idoles égyptiennes et le tombeau d'une prétresse isiaque.

Les antiquités qui appartiennent au moyen-âge sont les ruines d'anciens châteaux-forts, de vieilles abbayes, le portail et le clocher de plusieurs églises.— Le monument le plus curieux de cette époque était le Mmummt d". Biaise (non loin de Rocbefon), dont nous parlons plus loin avec détails , et qui a été long-temps considéré comme un édifice élevé par les Juifs.

Les habitants du département de la Charente-lnférlror* sont actifs , laborieux , naturellement portés pour les entreprises maritime» et le* , spéculations commerciale» , ce «ni leur donne un caractère , hardi et entreprenant , auquel Rallie heureuaameut un jugement sain , une grande sagacité et l'habitude de réfléchir avant de commencer à agir; mais aussi, pur une ré*orution.«iay méditée et formée à l'avance , ils acquièrent une plus grande fermeté dan» l'exécution et une léuacité qui les fait réu»sir quand d'autres, rebuté» par le» difficultés , échoueraient. A toute» lea époques le littoral, ou l'Aunis, a fourni d'excellents marin», et 1 Intérieur, ou la Saintonge , de très brave» guerriers. Nous laiton» cette distinction sans qu'il faille croire néanmoins que l'Aunis ne fournirait pas de bons soldats et la Saintonge. d'habiles au> rius. Dans les deux pays se sont d'ailleurs toujours trouvée des hommes propres à réussir dans toutes les carrières, aptes à l'étude des sciences et à la culture des lettre». Le goût des occupations intellectuelles y est généralement répandu dans les v«Ue». Les habitants des campagnes sont bou», francs et uos|ùta)iera , laborieux et patients, intelligents quoique conservant encore un assez grand nombre de préjugés superstitieux , religieux mai», tolérant» et vivant en bonne harmonie avec leurs voisins d'une communion différente. > — Ceux du littoral se font surtout remarquer paria propreté qui règne dans leurs habitations et dans leurs villages , dont l'aspect annonce l'aisance , le bonheur et la gaieté.

•» Lorsqu'on quitte Bordeaux , dit M. de Vandreuil, et qu'on traverse la Gironde, on retrouve chez les habitants de la rive droite les costumes bordelais ; mais on s'étonne d'eu tendre un langage tout nouveau. Ce n'est plus le langage rapide et accentué de l'Aquitaine, c'est un idiome français assez lourd et qui parait d'autant plus désa-

FBANCE PITTORESQUE. — pHARENTE-iNEÉBIEURE,

ii m

gréable nAjav'oar ltf comprend! mieux ème-te gascon. *— On «Smpte sans doute une très grande* variété de patois , depuis le Médoc jusqu'aux Pyrénées , maïs tous ces dialectes sont de la même fa* mille et tranchent tellement avec ceux que Ton parle as nord de la Gironde, que le paysan du Médoc, qui ne sait que son patois, serait moins embarrassé de se faire comprendre dans le Bearn ou dans les Cévennea que dans m SaintoBje, dont U sépare salement un trajet do deux A treie Rouée. De- son coté, le payttft de Saintonge sera moins dépaysé en Normandie ou en Champagne qu'en Médoc ou en Périgord.

« La constitution physique des habitants , leur costal** , 1a cal» tare du pays , les produits de la végétation , les animaux ; les poissons , les substances fossiles , offrent , entre le Bordelais et la Saintonge , des différences qui ne sont pas moins piquantes pour •l'oJsservateur que le changement da langage. -— LA masse dé la .population , en Saintonge , a peat-étre la taille plus élevée et le teint plus blanc que celle du Bordelais ; mais les hommes y sont moins bien faits et moins exempts de défauts physiques que leurs vofains. Le Sainttfngedls à tek épàtltés larges et hautes, souvent

• trop } H a tel bras forts et ftervevx , mais il pèche fréquemment par .lestantes, q«J Mme trop grêles pour le corps, t'atantage de la : taille n'appartient pea d'atflear» dans lea deofc pays aux mêmes , classes de la société ; dans le Bordelais , lea hommes les plue grands , et les mieux faits se trouvent parmi les riches propriétaires des

camnagnes et les bourgeois aisés habitant* des villes. En $aintonge, ces deux classes ne sont généralement pas composées d'hommes

' grandi ; c'est parmi lea paysans et les artisans aisés que se trouvent 1m pltts beaux hommes. Les femmes sont loin d'avoir en Saintonge la tournure leste et tlv* des Berdeuttsea \ elles leur cè-

. desit Aussi sous le rappott de la taille s mais elles rachètent Ce désavantage par la délicatesse des traits et l'cejat dn teint,

« Quant au costume , les différences n'existent et ne peuvent exister que parmi les classes laborieuses des villes et Aes campa-

• gnes , qui 6nt quelque fixité dana leurs habillements et ne sont

• pat soumises aux éhaagemétHa rapides de la mode.— lea paysAlls du Bordelais portent dea eoopcaaft à bords étroit» , ce** de Batu-

. tonge ne le cèdent qu'au habitante dn Barri peur l'ampleer de , leur coiffure. Les femmes de campagne» dana te Bordelais., mettent des mouchoirs de couleur sur leur téta , celles de Saintonge ont des coiffes blanches (X). Elles ne différent pas moins dans U

• manière de porter leurs fardeaux , les premières portant tout sur leur tété , lès autres ne se servant que de leurs bras. »

Les habitants de là Saintonge ont conservé on grand nombre d'usage» et de préjugée qui remontent à an* haute antiquité.— Ha

. portai* encore, uomaaet et femmes, a ompé , espèce de petit . manteau à capùohoo , ai célèbre chef les Romaine sous le nom de hardo-cwcbltus ou eaeuilta tantmucus. Ce vêtement commode, qui avait été adopté par plusieurs autres peuples de la Gaule , se retreure 'encore ehet tes habitants des Landes : les femmes de l'Armagnac .et de Bigotre font att»ai eeueervé. -*- Lea enfants salflent encore, le premier' jour de l'année, en criant daita les rue* et dans les çaaanegeea : Mo gtU do l'a* «*« — Les paysans eeiatuageuMt «voient m fermement à l'existence des fées, qu il* masimeot /»/'«, èewavr, Jilandiènt , parce qu'ils supposent qu'elles portent toujours en fuseau et une quenouille ; ils prétendent qu'un les voit errer la nuit dans le» campagnes , au clair de lune , sous la forme de vieille» femme» et orditMÎreaaent ae nombre de tfidt» Us leur attribuent la faculté de prédire l'avenir, et le pouvoir de jeter des sorts. *~ Les bonnes grtta de village dkent les avoir vues sot vent, asalset e* fvoape* airprês de quelques fontaines soliu ire», filant leur quetHMtifle et vétav* de robes d'une éclatante blancheur. Leurs apparition» ont liée particulièrement »ur les bords de ta f ha rente, pré» des grotte* de la Rc*he*Courbtrt , de Salut Sa vtalen , des Arriveeox , etc. Ces paysan* croient aussi aux loups-garous , aux aorrièrea et au sorciers , qu'il* nomment gnwpotet et gnopet , et -auxquels lia attribuent le pouvoir de se ffletatborptio»et à volonté •en toute Chpèee d'animant. Ils croient que les esprits de Cens qui sont mort» errent autour de leurs tombeaux. — Le* cris du hibou août pou* eux an faueste présage. — th ont des jour* faite t et ■tU/astrt; pendant ces derniers ils s'abstiennent de voyager , de semer, ère. — \H ont cimservé des traces précieuses des Idée» des ■anciens sur l'Inviolabilité des hôtes et sur les lois de l'hospitalité •— Legrilk»u qai habite leur foyer, l'hiroodille voyageuse qui atsacha aoa cid a leur toit, *oat considérés presque comme des membre» de la famille. On apprend *ex enfants a les respecter.

Le département se trouve sur la limite qai saperait a«tretfbi» ta langue d'oe de la tangue d'oil. H appartient A fa région septentrionale, on cette dernière était ta langue usuelle. Ses divers pâmé* renferment donc , avec des termes celtiques et quelque» ex* pressions d'origine anglaise , beaucoup plus de mots français que -de nsots latins on espagnols. — Les populations de la Saintonge et

ïn houine avait deux fail.

Le pus jéne dicit à son père :

« Mon père , baiUee-me tout mon dm de Yeafcre béas*» Et le père leux partagit tont son benn.

Patoit do La RochoUo\

(In>Hiniaaj<9ftt deu*«Ja*»ia d'enfant,

Le deré des deux disait couine Çà a son cher père de ti partager la gôttléf de otn dé sôtin herltagei

deU sles

(i) Us femmes de ftochefort ont dm bonnets d'une hauteur et d'une ampleur resMranablaa,

de PAuni* sont dertjrj|Nitat)ons aut9etbv3nê>, pvfes dèflont mélange avec les conquérants, Yisigotha, Gascons, Sarrasins, etc., qui se sont établis dans d'autres parties de la France. — Quelques Mat manda senls se sont fixés dans le paya an milieu dn rxe siècle. Nous alloua citer quelques fragments des trois principaux patois en usage dans le département.

tJn nomme avait deux fila.

Le plus jeune dit à son père :

m Mon père , donnez-moi ce qai doit me revenir de votre bien. »

Et le père leur fit le partage de son bien.

PatoU de Mm

Iuhoum d'enfants»

Le pus jenne dicit A soja perat « Mon pere » baiUeï-mc le i>enn, qui deds avdirt pre mon toi. » À i lava tasit le partait âê sel tm*. ■ ■ ■

WiFttM ftîÔftttAJfaaigPM.

Parmi les hommes qui par leux naissance département , on peut citer :

En hommts i* gutrr* et mari** : lliéroiaue Guttôbt , ma ftoChelle pendant le siège de cette ville par Richelieu ; compagnons de guerre de Henri ÎY, JifKpf* ft?AtitiG*e , poêle et Mstorieti | les emiramr Butim ftà «A OAtxasriirittiaK , tatatateor de Byog» devant Mmorque* Dvr<tnnd> «>i eommtodait ta floft* 4 l'aitaqna d'Alger > lATOtmHa>TaBVitmsf UàMtmf «AeaaW^ ets>f le capitaine Du*AYn.hO* , tactseiem Uaami. aUolM* , eeyausjnr célèbre ; le général La asaau ; etc.

En hommes d'Etal et kommtt politiqmft : Raymond Ptrmmld qmt> de simple maître d'école , devint , sous Charles V Itl , lé carcans! Gtrudx ; Ptotf DoRtOLl ', cbanCelier de PranCè loué Louis Zf ; te Mmrqmii dm BtfarjiiaatrAH (ôncie de prince Eugène) , dVpftté att Euts»Oéndraox | le médecin Qt»ni*rttf , tMaabre aW PAasealanlée oonstiteeate, aavaat ntodeate qui mtt le femk tosvsatw sleelsJsaMr son nom à dn 4natraaecnt.de morts m ooovetrtiamsMd Biisjaaaa Yaaxxsas, si tristement célèbre ; les députes ffsraiaeaiiairaat AttDaY-DB-PuTRAVxAU ; le pair de France LxMxacxaa.

En tarant! : Desaocliies, habile physicien du xvn* aiecle; b céHbre Riar/ariTa ; M«ft<*aii-l>uPA>rt , auteur de mémoires Intéressants sur rhittoife naturelle; le naturaliste LlrixtLf , qai \ donné à La Rochelle son cabinet d'histoire naturelle; Mmimai agnoalàrur on Ghassomi; le n^cankaien attmaavt te saf»drals> giatc et géologue Fteuauv »a Bcx&avva; lea sutataèiatCA Qaaat/ et I kasoaT| le médecin TasTarra t aatenr dn 7cê/«*> âVr-afaaaSr conjugal; te docteur Saioirera, cliimiste, qui a donné aom émm à un sèl purgatif (le urtriie de potas«e, ; le médecin Bcamajus»oaett&aliÉB^, qui S fait don à La Rochelle d*oue bibliothèque devenue depuis la bibliothèque pubhqae ; lé médecin DOtnéi*» Donnât? IL, oonoa par divers onvrages; rantiemalre CauisnaTtjte as CaAiaa«ae , auteur d'un eaceilent méaaaare s«r les ^Safadai de Smiâtw* . l'agronome na Va.VDRavii>4 va^agesir néematao, écrivain spirituel qni a décrit avec bonheur tue partie de la Frsmee* les JunsconMiltes Imb&rt, la Haizs et Valuat; etc.

Eo aHitUj : le pt-iotre Gauffi-* ; le sculpteur Chariot Dcta-TÏ, membre de flastifut; Fhabife graveur naturaliste Auduut; l*ei eeHétrt acteef traglqne Larî t f ; etc.

En MtmMfmr* t le célèbre biWiograpbe ô% x*t& eattle a%b1 CoMMiae; l'historien Paioui Obvier ft»***», rranaitseal dfHippocrate et deGalitfutVce* a>a SreaTim9 trswnaaisai oTUmmkm et d'Hésiode ; le poète latin, Jèam Laaftao « 11ii»toriesi lassmiaiejsjasMsi l'abbé Tallimaht,' traducteur médiocre de Platarqne; TàlAsy MAifT-OE»-Riaux , qui ne fut long temps connu que par une épifa phe de Pafro , et dw«t eo Vient de pnblier dea aaénsuirea ai curieux et si scaudaleux «ur la cour de Henri IV et do Lapis #111; foratorien Aai 1rs, historien dé La Rocheile j le président DuvaTt, connu «urtour par se» lettres tur l'itetu ; mid fils , U poète Kaama> nn«-l rhfrATT; le ll»tératetff Norjfnfttr; TéVéque de Troyc», Jfaff- Amtm na Nci v prédlretenr distlagoé . écrWsjin rrmarqtraMr % dea fondateur* dn VandPville , le llttêrnsear IblBSJtaAf/rejni i dramatique , GmUmrt Daouimraau, eiraam pat plattesafi i théâtre et par divers ouvrage» sensi^raiigieam; etav

té dépattèment de la Charente- Inférieure est an Jepertejsnent marfttmw, région de Touest , formé de partie dé la Saintonge , de pays d'Annie, presque en entier, et» fies de Ré, dXrtcvra et d'Aix. — Ha posjr limites : an nord, les JUpaUtisnfls Je m ?sjf> dée et aVs 0eas>Sévres; à l'est» rens de la Cbassajtsol de>nt AW» dogne ; aa aridt celai de la Gironde» et à l'oneat» IXauïaa^ «-»H tire son nom de sa posiuoa sur If cours de la Qaue«te»càaianf

ûrmw'jmr imfmtttrntiert Avne**-

FRANCE PITTOKRSQLR

+t-rrts-fs: .

flancs pmoaESQtra. — chahbnte-inwirikure,

te faveMd» eouWst au nord-ouest, -p* te superficie est de afpeata métriques.

' Asp*cn> «iflé^A. «•* L*atpeet du département est très varié i le* oètee sont •• pesées on bordées de dunes , ou fermées par des fiatefecs'ecieairos, dont la cime grisâtre tt 1m forâmes unies n'offrent rfteu de ssiuerquahte. Le niveau parfait des amii est monotone ,' les terres (sautes suât dépourvues de grands arbres ; les parties Reliées sont farsnes de taillis e| ont pe» de fatales étendues. INseasesos le péri est intéressant à parcourir. La Gironde et k uses pids»siewt des speetaeles parfois majestueua, souvent sévères , smeiqncfois terribles | de gracieux paysages ornent les bords de le Charente et des rivières qui s^ Jettent. La Charente . qne Henri TT appoint le jsfa-a emm^w* de aen royaume , eonle depnb Angouterne jwMpto Toenay*€uarento, dans no délicieux Talion, an mine* de ▼esses prairies qui s'étendent antre une donble ligne de entrent anreanJeraent boisés et dominés par des villages pittoresque» en *pjr les rntnes détiens châteaux: 1 «flem. — Le sol est de qualités très diverses. Les marais sont lames de tenon allavioaneUes qui reposent sur on fond argileux ; la eètav présente une sone de dnnes sablonneuses ; le sol des cck team et eeruf des plateaux des parties centrale et orientale du département, est de nature crayeuse. Le pays mon tueur qui se twatenu «irsVeei de /onxae , n'orfte que dés collines couvertes •hm gravier quartseux.—On appelle Ckampagms , des terres dont la comme végétale repose' sur «o tuf crayeux et tendre , qu'on ■femme afrasft*. Ce* sont eelles qui produisent le vin le plus proprp u 4tro éanverti en eeurde-^vie.

M omtaçwxs.— Le département ne renferme point de montagnes proprenievt àiWs. Les pfas "n*çtes collines' sont éfevées £e 5Q0 psetres. au-dessus du niveau de la mer. La direeuon des ebatnev principale» est du eu <x-è«t an nord-ouest.

'" OdYhs: -ï lixa. — Pouts. — Les cotes sont déeotrpées par des Raies noitf^reuses ; leur (|éve1eppement , y compris le littoral dé "i attende; peut être évaidé 1 170!,OOQ mètres. — A peu dé dia-

aee de la côte , dans l'Océan , se erouverit deux Iles asset étendues , 6larvn t% fié, et deux l)es plus petites , l'Ile Modem* et l'u> ê*jfix, Importante eu ce qu'elle sert à I* défense d'une excellente ride, ou notre marine militaire trouve en tout temps un abri.— Le departetnént' possède six ports de mer principaux , parmi les» (fuels figurent ceux de Rochefori et de La Rochelle. f M&m>rs. — Upe p'ardé dn littoral (aux environs eje Marans et nV nWus$ift eM couverte de marais et de marécages, dont la superflue totale est évaluée a enmrori 20,000 hectares. — ÏJ y existe des marais salants oui passent pour fournir les meilleurs sels de HSurope, •

Rivrfcfxs, — Çamatjx. — Parmi les rivières principales oui arrosent le département, une. la Charente ? le traverse; deux lui servent de parités : la Sèvre-niortaisc , an nord , et la Gironde , nu au/1 ; une y a son embouchure, la, Boutonne, affluent de la Ciprente , et deux Y ont tout leur cours : la Seugne , affluent de la Qiarente, et la Seodre, oui se jette dans l'Océan , comme la Charente et là Serre. T^a Gironde, la Charente, la Cendre, la Roo,lonqe et la Serre, sont navigables. On évalue à 86,000 mètres la longueur de la partie de leur cours ouverte à, la navigation dans le département,— Le pays possède plusieurs canaux creusés principalement pour le dessèchement des marais , et deux canaux navigables ,-> celui dé Brouagt , et celui de Ifiort è La Roch*ll*. La longueur totale de ces £eox canaux ,'lorscrnTi|s seront terminés , i'élèver* à 9&Vo7D mètres.

' Rocttxs, — Le département est traversé par 19 routes royales et départementales.

Cwmat. — Le olisnat est doux, tempéré et sain # excepté dans U* parties de la odte voisine des étangs. .

Y*j»ts. -rhe* venls qui souiBen| le plus /péqoemmenl sont ceux dVpest et de noxd-oaest,

Maï^UMU. Les âèrres 4« diTewns natures . rhydropiaie, le ieoiii»t#lei affections rboinatismales et ks sifee|ions cntaûécs MUU ta maladies Les plus communes.

IUaite AirrMAt.. — Le loup et le sanglier sont communs dans les forêts; mais le cerf a totalement disparu depuis la Révolution. On y trouve des renards , des blaireaux, des putois, des écureuils, etc. Le* lièvres et le* lapins sont très multipliés. Le gibier ailé et les oiseaux aquatiques aboodent. Les rivières ne renferment pas de poissons de qualité supérieure ; mais les côtes de l'Océan sont très poissonneuses j et on y pèche des sardines et des huîtres fort estimées.

RèGKK végétai*. — £e chêne est l'arbre qui domine dans les forêts. On trouve quelques bois de pins. Les arbres fruitiers les plus communs sont le pommier, le noyer et le prunier. Le laurier et l'arbousier. Végètent en pleine terre, //érable de Montpellier réussit à merveille dans la Saintooge. On estime les pèches de Lu chat , les légumes «TOtéroo , les fèves de Itf arennes. Parmi les plantes qui y croissent naturellement , depuis un temps Immémorial en

site Pabsjntjie , |a eiiénoppde maritime et la criste marine ou perea-pierre Le pays est situé sur la limite de ta culture du mais.

Kèona mihAual. — Le département renferme des indices de sniaesei de fer. On trouve dn sulphure de fer erisrtattUé dans les fentes de quets»ee«uns des roenevs qnl bordent le côte. On a déV eonverti Aèacennes nue substance minérale qui contient beaucoup de ovivre et une mible partie d'argent. Il existe dans le pays de# sneeterM sfexeettenses pierres de taille , parmi fesquelles U en est «ni renferment des coquillages fossiles. — On exploite , près de 1 aneienae tour de Broue , nne snarne très Une , propre eux verre» aies et aux maauraetures de savon. Le commune de Saint If azaira possède nne mine de plâtre d'une grande pureté. Ou trouve , dan4 nn grand nombre de localités , des fragments de quartz blanc oa eoloré et des spaths cristallises. LVrupdtaement de fila rennes, renfeiine des tourbières.

Bmu$ *d*ér*i«s. - Il existe des sources d'eaux minérale! à kt+ obingeay, à La alouHlasse , près de Soubiae, et à Pons.

t lOUaXU, vs»«MV^,

La RtoBSjLU , port de mer sur l'Océan , cb.«l. de préf. , a |2I 1. 8.-».-0. de Paris (distance légale, — On paie 62 postes Çri), Pop. 14482 hab. — Cette ville, ancienne capitale de l'IuuU, n'était, au sxi' siècle, qu'un ehâteau-rort nommé Pauclair, et dont la seigneurie appartenait aux maisons 4e Mauléoo et de Rochefortj après la ruine de Ckeuut-AiHo* , rjfte ancienne qui existait à cinq ttskes plus au sus! , quelques maisons, se groupèrent autour dm ebâteau de ▼auelaifi La population sHccrut. Vjn petit fort fut construit sur un roehèr pour protéger la nouvelle ville f et du son nom Ro*m s'est formé le nom de la ville moderne. — En 960 , les RocheHets étaient déjà en état d'armer quelques vaisseaux pour donner m chassé aux pirates et essuyer Ja tranquillité de cette partie des cotes. — En 1140, Guillaume IX, duc d'Aquitaine et comte de Poitou t enleva La Rochelle anx eçmtes de Mauléon etl^ fortifia. Cette ville fit partie de la dot d'Ëléonore de Guyenne , et appartint successivement à Louis Vif , rpi de France, et À Henri II, roi d'Angleterre , qui aecordèrent de grands privilèges aux habitants. En 1234, Louis Tin, sur le refus de Henri m, d'Angleterre , de lai rendre fof et hommage pour le duché de Guyenne', assiégea et prit La Rochelle.. — En 1360, cette ville fut rendue anx Anglais et ftt partie de la rançon du roi Jean. En 1571 , les habitants chassèrent la garnison anglaise, ouvrirent leurs portes f Duguesélm et obtinrent de nouveaux privilèges qui firent de lein* ville une espèce de république. — Ces privilèges entretenaient parmi 'eux un esprit d'insubordination qui leur devint fatal. Révoltée contre François Ie* , La Rochelle n'échappa à sa vengeenee qu'en payant une forte contribution. — Des discordes civiles agitaient cêHe ville ; les guerres de- religion les rendirent pins violentes. La Rochelle devint U place principale dn parti calviniste. — Elle soutint deux sièges mémorables. — Le premier, en 1572, contre le duc d'Anjou , qui l'assiégea Inutilement pendant huit mois et se retira après avoir perdu 20,000 hommes. — Le second et Je plus terrible , contre Richelieu. Ce second siège dura treize mois ; U ville ne se rendit qne par famine , lorsque la construction de la fameuse digue lui eut coupé toute communication maritime. 12,000 habitants étaient morts de faim. Les fortifications furent rasées, fc» fossés comblés et le petit nombre des Rochellois qnl avaient survécu au siège forent privés de tous leurs privilèges. — Les fortifications de La Rochelle ont ét$ reconstruites par Yauban ; le corps de In place est entouré de dix-neuf bastions avec leurs courtines , de huit demi - lunes , (f un fossé et d'un chemin copvert. — l^ port a été agrandi et bordé 4© murs ; son entrée est défendue

Sar deux tours ; la digue a été détruite peu à peu par les efforts e l'Océan ; toute sa base est encore visible à mer basse et s'élève de quelques pieds au-dessus des vases , excepté la partie centrale où est le chenal , qui est entièrement déblaye. — La Rochelle est située au fond d'un havre qui forme un excellent mouillage , protégé par les 'Iles voisines. L'a vanl-port , à demi encombre par les vases , s nn chenal étroit qui ne laisse è haute mer même de passage qu'aux navires de 5 a 600 tonneaux. — A sa jonction avec le grand bassin s'élèvent les detfx tours situées à 40 mètres de distance l'une de l'autre ; Tune est ronde et basse , l'autre , de forme irrégulière , a 120 pieds d'élévation et sert de phare. - Le Grand- Bassin, séparé par des écluses du bassin d« Carénage, est très spacieux ; le canal As Niort v débouche.-— L'établissemeut de la marée du port est à 5 heures $6 minutes. - Du côté, de la mer on voit encore quelques débris des anciens murs qni arrêtèrent si longtemps Henri fil et Richelieu ; les remparts contigns ne »out qu'eu terre /partout ailleurs ils sont soutenu» pur des murailles forte» et en bon état ; les fossés, ordinairement à a^rt peuvent être fWikment inondés. — La forme de la ville est ovale, le terrain ou elle est située est très plat. Le style de ses constructions et>t généralement vieux, triste et monotone; les maisous sout basses et lourdes; les mes, mal percées et désagréablement pavées de cailloux roulés, sont la plupart étroites et bordées d'arcades qui assombrissent beaucoup les boutiques. — Les rues priucipales sout Celle dts Merciers , marché perpétuel , et la ru* Bo/ale , belle , large , qui

traverse la ville depuis la porte Dauphins jusqu'au port — En arrivant par cette rne , on roit d'abord , près de la porte , les deux grandes casernes; en avançant on remarque le moulin à vapeur, vaste usine employée à la manutention des grains et des huiles , et U séminaire, grand édifice à peine terminé; la place d'arme* est carrée , régulière , très spacieuse et très propre , bordée de hanta i arbres sur deux côtés et décorée de • la façade de VEgfise eatké~ j droit /construction moderne et de style italien. Les autres édifices j •ont : le Palais de Justice, dont la façade est ornée de six colounes corinthiennes cannelées , et la Bourse, La rue Royale, eu déhon- < chaut snr le port , passe sons la Porte de l'Horloge , hante tour à dôme et décorée de denx tonrell s. La Tour de Saint-Soudeur s'élève à coté à 200 pieds de haut , et domine toute la ville ; cette tour est carrée et de style gothique. — Vers la, mer s'élève^nnc antre tour surmontée d'une jolie flèche, c'est la Prison; V Bétel de U Monnaie en est. voisin; V/fétel de- fille (rue des Merciers) , est un vieil édifice gothique qui ressemble à nue forteresse ; il est entouré de hauts murs que de nombreuses sculptures décorent. On y montre «ne chambre t*à eoncha Henri IV.— La Promenade du Mail, le long de l'avaut-port , d'où Ton aperçoit les fies de Ré , d'Aix et d'Oleron , est très agréable ; le Mail est ombragé, . et dézoré de X Bétel des Bains de mer, établissera^t b<en distribué et très fréquenté. La Rochelle possède une bibliothèque publique riche de 15.000 volume» , un théâtre , un jardin botanique et différentes collections scientifiques intéressantes.

Csatkl-A.ii.loit 'canton de Jarrie), à 5 L S. de La Rochelle. Pop. 150 hab. — Châtel-Aillon était, il y a plusieurs siècles, U principale ville de l' Au nia, et possédait un port très fréquenté Charlemagne fit entourer cette ville de remparts lorsqn'd fortifia les port» de la Gaule occidentale, pour garantir ses états des incursions des Normands. «— La ville n'existe pins — .Un village , qui a pri» le nom de Châtel-Aillon , n'est même pas bâti sur remplacement qu'elle occupait et que la mer a envahi. — Au commencement du xvme siècle , on apercevait encore quelques éébru de murailles et d'édifices , que les tempêtes ont fait disparaître.— La mer, qui abandonne la rade de l'Aiguillon et la partie septentrionale du département, gagne sans cesse au snd de La Rochelle. La côte la plus exposée a ses empiétements est celle d'Angonlinset de. Châtel-Aillon, située vis à -vu le Pertuis-d'Antiorhe. La lame, qui arrive dn large, se trouvant resserrée entre les fies de Ré et d'Oleron , se brise avec pins de violence contre le rivage. La mer, après avoir successivement couvert le port et la ville de Châtel- Ajllon , attaque maintenant la falaise à laquelle ils étaient adossés. Marans, an-dessous dn confluent de la Serre Niortaise et de la Tendée,à 3 1. de l'embouchure dans le golfe de l'Aiguillon, rh.-L 4e cant., à 5 1. N. -E.de La Rochelle. Pop 4,041 hab. — Marans fnt jadis «ne place forte , défendue surtout par les marais qui l*enr»nrent, et qui , en temps pluvieux , la rendaient presque inabordable. Elle possédait nn château-fort, et soutint plusieurs sièges; en 1588, Henri (V s'en empara. Le château , rasé en 1638, appartenait an seigneur de Marennes ; il en occupait une partie , l'autre renfermait un convent de capucins. — Marans est bien bâtie, bien percée et située avantageusement, dans un pays entrecoupé de canaux. Son port reçoit des navires de 100 tonneaux. Ile de Ré , dans l'Océeen , à 2 1. O. de La Rochelle ., entre le Pertuis-d'Anaoche et le Pertois-fireton. Pop. 174)76 hab. — Cette ne a environ 6 lieees de longueur, une demi-lieue à deux lieues de largeur, et donse lieues carrées de superficie. — Elle forme denx cantons de l'arrondissement de La Rochelle, et renferme trois ports de mer, dont l'un, Siint- Martin , prend le titre.de ville; denx bourgs et plusieurs villages — Elle est défendue par quatre forts, qui sont : la citadelle de Saint-Martin, les forts de la Prée, de Mitrey et de Sablonceanx. — En 1628, ces fortifications résistèrent aux efforts de l'escadre anglaise chargée de protéger La Rochelle contre l'armée de Louis XII L Elles ont été angmeotées Ions Louis XIV par Va u ban. Un phare, nommé la Tour des Baleines , s'élève à 1 extrémité nord-ouest de l'île, et indique le gisement de» récifs et l'entrée du pertui«. — Le territoire de l'Ile est peu élevé, légèrement onduleox, sablonneux et peu fertile; il manque d'eau vive, ne produit ni bois, ni pâturages, mais abonde en vignes qui donnent du vin rouge et blanc, dont on fait généralement de l'eau- de- vie. — Il y existe des marais salants considérables , produisant dn sel de première qualité ; l'exploitation de ces marais et la pèche occupent la majeure partie des habitants. Le climat, ainsi que dans l'Ile voisine, est doux et tempéré. — Saint- Marti*-de-Ré t port de mrr, place forte et capitale de l'île, est nn chef-lieu de canton , à 4 l. O.-N.-O. de La Rochelle. (Pop. 2,581 hab ) - Cette petite ville doit son origine à nn monastère de bénédictins , fondé en 735 par Eudes, duc d'Aquitaine, et Tatrade sa femme, où tous dena furent enterrés, et qui fut ensuite f dévasté par les Kormands. — En 1730, on découvrit dans ses ruines le tombeau d'Eudes, renfermant une couronne en enivre, d'un travail fort simple. — Saint-Martin est nue ville située avantageusement pour le commerce ; le port est commode et la rade sûre. — La citadelle , très forte , est , ainsi que la ville , munie de bastions et de demi- lunes. -— Ars est nn petit port de mer, dont

la rade est très bonne, et nn chef-lien de canton siteé à 8 L «V La Rochelle, sur la côte occidentale de l'Ile. (Pop. 3375 baJaic.) On trouve sur son territoire des cailloux remarquables par lenr transparence, leur éclat et leurs belles couleurs. — Lejlnxtm es* nn bourg assec agréable, situé à 2 1. 1|2 de La Rochelle (Pop. 9*875 hab.), qui possède nn port de mer d'nn accès facile » et capable de recevoir des bâtiments de 200 à 300 tonneaux.

JonsaC, ch-l d'arr. , à 27 1. 1j2 S.-E. de La Rochelle. Pop. 2/B1S hab. — Cette petite ville, située sur la rive droite de la Sevgssc, eut fort ancienne; elle était autrefois fortifiée et a aoutesra pluaseora sièges pendant les guerres dn XVe et do xvif siècle. — On y vont encore le cAteau, qui formait sa principale défense, et qui s'ésèra à l'extrémité orientale de la ville , au sommet d'nn rocher taillé à pic et dont le pied est baigné par la rivière. Ce château est eatouré de trois côtés par de profonds .fossés creusés dans le roc U a de loin une apparence imposante, étant élevé d'environ 70 p'saala au-dessus de la Seugne. On prétend qo'il renferme des souterrains qui , plongeant dans le rocher, se prolongent et descendent jusqu'aux portes de la ville. Jonxac , dont la population a aoejmenté avec l'industrie, est une ville qui s'est beaucoup embellie depuis une trentaine d'années. — La châtellenie de Joatae avant été inféodée et donnée par Charlemagne à l'abbaye de Saiat- Germain-des-Prés , à Paris. L'abbé obtint que cette cfaatctienie serait tonne en fief de l'abliaye, et à perpétuité, par son propre neveu et ses héritiers , sous la seule obligation de présenter à l'abbé de Saint-Germain, à chaque mutation de propriétaire, douze couteaux de table sans gaine et nne pean de cerf préparée pour couvrir les livres d'église.

Marexubs, port de mer sur la Sendre, à lj2 1. de TOcémm. ch.4. d'arrond. , à 13 l. S. de La Rochelle , par terre (i 6 1 sensément par mer). Pop. 4,605 hab — Cette ville, qni dans le xtr* siècle avait le titre de comté , appartint à Philippe de Valois » et passa ensuite à la maison de Pons, Oans le xviit'» eUe était devenue nne seigneurie dont les comtes de Soiasons et 1 abheear de Saintes se partageaient la propriété. — Pendant loeg-teaape il exista dans cette ville des couvents de récollets et de jésuites , dont l'occupation principale était la conversion des protestants. Marennes e>t une jolie ville , bien bâtie, et qni aérait derenne mac

flace de commerce beam-oup plus importante . si l'insalubrité de air qu'on y respire ne s'était toujours opposée à l'établissement des entrepôts qu'on pourrait y former, (et état de l'air est dn aux marais gais (anciens marais salants envahis par les eanx dnares) dont la ville est environnée. — On pèche snr les côtes des env*. rons des huîtres très estimées.

Brouagb on Brous, sur le chenal qni sépare l'Ile d'Oleron de continent , ville maritime et place forte de 3> classe , a i L H. de Marennes. Pop. environ 800 hab. Cette ville , régwlièrceaint tracée, a été fondée en 1555, par Jacques de Pons , et se i d'abord Jarqueeille, du nom de son foudateur. Elle fnt i et fortifiée nar Hardouin de Villiera , après la batailla de contour, afin de la • défendre contre les calviuUtea , ami s'en étaient emparés peu de temps auparavant. — Après la prise de La Rochelle , le cardinal de Richelieu la fit fortifier de avareau , et l'érigés en un gouvernement dont il fat le premier titulaire. Les fortifications de la ville consistaient alors en un rempart flanqué de sept bastions avec fossés et courtines. La ville, régnliei

tirées an cordeae

le Oa

ment bâtie, oom|H>*ée de plusieurs rues aboutissant à nne place centrale , renfermait un hôtel gouverneur, un hôpital, nn arsenal et d'immenses magasina. y plaça en outre un siège royal d'amirauté et nn Iraream «es fermes. Elle possédait on havre excellent, qui recevait dea Tait seaux de toutes grandeurs , et qni a été comblé par les vases dan* le xvne siècle. Les environs de Brouage, autrefois couvert» de marais salants , cessèrent à cette é|K>que d'être baigné* par les eaux de la mer, et devinrent des marécages infects qni rendirent complètement insalubre la ville , jusqu'alors florissante. On transporta en 1730 à Marennes les établissements civils et naaritianes qu'elle renfermait, et depuis lors elle a tonjonrs été en décadence. On pense qu'il suffirait de creuser quelques canaux et de faire de nombreuses plantations pour assainir de nouvrau ces marécages. — Quelques auteurs, Valois entre autres, ont cru retrouvera Brouage le Portus Sintonum de Ptolémée. On voit près de Broaage, sur une langue de terre qui s'enfonce dans les maraisrg ts, las restes d'une tour carrée , dite la Tour de Brome , et qu'on sappoae de construction romaine. Cette tour, qui est entourée d unciesaa ouvrages ruinés , était sans doute destinée à la défense de la côte et à la transmission de signaux.

Echilat (canton d'Aignon) , à 3 l. i\2 IÏ.-E. de Marennes. Pop. 950 hab. — Ce village, situé à une liene environ de la Charente, sur la rive gauche et presque à la hauteur de Rochefort, était asstrefois un lieu considérable. — On y voit les mines d'nne ancienne église qui paraît avoir appartenu à un monastère ruiné pendant les guerres religieuses du xvie siècle.— Le portail , compose d'arme grande arcade accom|»gnée de deux plus petites , ressemble à sa arc de triomphe. Le caractère saxon de ce monument fait sa] que c'est un ouvrage des Anglais.

FRANCE PnTORBSQUK — CHAMNTE-INFÉWIUM.

lu D*Outpo« f dans l'Océan , vis-è-ris. les ensbouciiurcs de la CharmU et de la Seodre, éloignée de 2 1. à Poue»t de Marennes, et d'nne lieu* do point le pins proche do continent, pop. 16y244 fcab.— Cette liée environ six lieues de longueur, deux de largeur et «eise de circonférence. Le toi eu est bas et presque plat ; u s'y trouve de nombreux marais salants, qui produisent nn sel blauo recherché pour se légèreté ; le territoire est fertile en blé , seigle , orge, fèves, mai», en très bons légumes, et produit des vins blancs et rongea. — L'île est traversée du sud-est au nord ouest

rr nue route aboutissant à U tour de Chassiron, où se trouve, à pointe septentrionale , un phare indiquant l'entrée du pertuis 4'nntioche . qui sépare Me d'Oleroo de l'Ile de Ré. — I/tle d'O* Itron renferme deux villes, le Chduou et Saint-Pierre, quatre bourgs , Saint-Denis , Dotas , S i*t-G«orget , SaUl-Trajan , et plusieurs villages; elle se divise en deux cantons — Oleron était connu des anciens sons le nom d'ITf »«'«* ou d'OUrm* ; ouelques géographes prétendent qu'elle formait une presqu'île , reunie an continent an point où est aujourd'hui la pause de Manmusson. — Los lois maritimes appelées Jugements d Oleron étaient célèbres dans le xiu* siècle. — Eu 158 i, jouant les guerres de la Ligue, d'Aubigné s'empara de l'Ile et en fnt long -temps gouverneur. — Louis XIV y fit élever des fortifications. — Le Châ'eau-fl*af Oleron est un chef-lieu de canton, à 2 1. 1|2 N.-O. de Marennes. (Pop. 2^27 hab.) Celte petite ville forte • place de guerre dr 3e classe , est située dans la partie de l'Ile ù plus rapprochée du continent et contribue à la défense de la passe de Maumusson. — Saint- Pierre-d' Oleron , situé an milieu de l'Ile, est un cbef-lièu de canton , à 5 I. 1|2 N. de Marennes. 'Pop. 4,630 b.) C'eut le cheflien de l'Ile et une petite ville , agréablement bâtie dans une riante ▼allée.

Roya* , port de mer à l'embouchure de la Gironde , ch.-lieu de cent. , à 6 1. S. de Marennes. Pop. 2,589 habit. — Cette ville ancienne fut long-temps le siège d'un marquisat qui appartenait à la maison de la Trémouille. .C était une petite place forte dont le* habitants embrassèrent le protestantisme. Louis XIII vint les assiéger en 1622 Ce siège fut long et cruel , et exposa ces malheureux aux plus grandes calamités. Leur ville fut en grande partie détruite, et les fortifications furent minées. — Le port de Koyan est perTt , mais très commode ; il est défendu par tin* fort. La ville possède un établissement de baios de mer, propre , bien administré et très fréquenté. — Un bateau à vapeur, affecté an service de cet établissement , fait pendant Tété , deux fois par semaine, le trajet entre R^yan et Bordeaux.

Rochetort, port sur la rive droite de la* Charente , à 2 1. de son embouchure dans l'Océan , ch.-l. d'arrond. , a 8 I. S -E. de La Rochelle. Pop. 144)40 hah. La nécessité d'un port militaire et d'un arsenal maritime sur la partie des côte» de France, où se trouve aujourd'hui Rucref.irt, était depuis long-temps sentie, lorsqu'on 1664, * oui» XIV en ordonna la construction. Ou eut d'abord le projet de les établir a Son bise, puis à Toon^y Charente; des contestations avec les seigneurs de ces deux petites villes firent ensuite choisir le site de Rochefort; la se trouvait alors on Tient château donné par Henri III, à un des officiers de sa maison, et autour duquel, dans les marécages, une cliétive bourgade s'était formée — Les travaux que nécessita la création de la ville projetée furent prodigieux et les, dépenses immenses. — Elle s'éleva enfin et Vauban l'entoura de fortifications. — Tout

Sorte donc dans Rochefort le caractère de la jeunesse; c'est une es villes de France lés pins propres , le» plus jolies ; c'est lu plus moderne , la plus régulièrement bâtie et la mieux percée ; ses rues Sont droites, larges, bien pavées, et presque toutes se coupent à angle droit ; une d'elles, qui sert de marché et conduit à l'ar*e~ aal , est bordée de peupliers ; les maisons , presque toutes |>en élevées et de style fort simple , ont néanmoins une apparence agréable à cause de leur symétrie et de leur propreté. Peu de constructions particulières sont dignes de remarque ; mais les édifices publics sont grands et beaux. Au centre de la ville est la Plaee-d* Armes , carrée, ombragée, très bien entourée; on y remarque une fontaine décorée d un frontispice qui porte deux statues gigantesques d'nn travail médiocre, et représentant la Charente donnant la main à l'Océan. — La Promenade des rem|>art» net agréable , bien que privée de perspectives éloignées et de la vue de la mer, qu'on n'aperçoit point de la ville malgré sa proximité. Le Pare, près de l'arsenal, offre d'épais massifs de grands arbres, des bosquets délicieux ; c'ebt une promenade charmante , ainsi que le Jardin botanique , plus riche qne spacieux. De grands efforts ont été faits pour assainir Rochefort . mais on n'y a réu»si qu'imparfaitement ; malgré le dessèchement de nombreux marécages, la stricte propreté de la ville et l'abondance des eaux dont elle est pourvue , les mois de l'été y sont encore iusalubres. — On m mieux réussi à procurer aux habitants des distractions intellectuelles ; la ville possède une salle de spectacle, nne bibliothèque publique riche de 6,000 volumes (1) , une bibliothèque de l'éc«»lo

, (1) Ottta bibliothèque sst due à l'honorable générosité du conseil municipal. Sa tftiS, gocaefort ne possédait encore qu'une collection d'environ

de médecine naval* de 10.000 voleroes , nn cabinet d'histoire naturelle, uns) collection anatomiqne, nn cabinet de chimie , le Jardin des Plantes dont nous avoua parlé, etc. — Le port et l'arsenal •ont ce qne Rochefort possède de plus remarquable : le Poft à 2.200 mètres de longueur; l'établissement de la marée est à 4 h. 14 m. Les vaisseaux de haut bordv sont toujours à flot, même à mer baase. — Les navires de 600 tonneaux, chargés de leur cargaison, peuvent à mer haute entrer dans le port du Commère*. «— Plusieurs forts défendent l'embouchure de la Charente et protègent les arrivages. — L'arsenal est très beau. On y entra par un portique décoré de sculptures, et en face s'élève un superbe moulin à vent qui fait mouvoir diverses usines. — Le parc . d'artillerie est considérable. Les chantiers de carénage et antres, la eorderie, longue de 1,200 pieds, les divers m»g tins, le dépit d'ormes , sont très dignes de remarque. Le Bngne , proprement dit, se compose de deux corps de, bâtiment alignés et très spacieux; ils peuvent contenir 2<400 condamnés ; mais le nombre des forçats est toujours moindre. — - WHàpitml eiril et mili taire est un vaste bâtiment parfaitement distribué. — Parmi les autres constructions publiques digues d'éloges, on remarque le Qtdteoa~d*E<i*, vaste réservoir eut retenu par une pompe à feu et qui pourvoit abondamment aux besoins journaliers de la ville. «— Hors de Rochefort et sur un terrain élevé ou on arrive par une belle avenue, se trouve f hôpital de la marine, formé de neuf bâ cimenta isolés qui s'alignent autour d'une vaste cour ; ces liâtiments contiennent 1.200 lits distribués dans de belles salles parfaitement aérées. — En 1834 , et pour essayer de diminuer la mortalité parmi les troupe» , on a fait camper, pendant les grandes chaleurs, la garnison de Rochefort , sons des tentes à nne demi-lieue de la ville. Le camp était placé sur la colline de Pijarra.

MoiruMXNT de Moisa. — On voyait naguère , au milieu d'un cimetière, dans les environs de Rorhefort, un roouument remar-

Snable, de forme quadraugnlaire, et décoré à chacune de ses faces e quatre colonne» soutenant un attique et entourant une espèce d'obélisque tronqué. — Ce monument, que quelques antiquaires croient être le tombeau d'un prince ou d'un capitaine anglais, du xcii* kiècle , est conuu sons le nom de Monument de Moue , sans doute parce qu'il porte pour inscription ce passage de l'Ecriture : Pueri Iteermamm , tollentes ramos vlieorum , obéi m ibant Domino , clamantes et disent et : Hosannn in excehit ! « Les enfants des Hébreux, portant des rameaux d'oliviers, iront au - devant du Seigneur, criant et disant : Gloire à Dieu dans le* rienx ! »

Charkstx, sur la rive droite de la Charente, cb.-l. de cànt., à 2 I. E. de Rochefort Pop. 3.206 hab — Cette ville porte aussi le nom de Toonay-Cbarente ; ce fut long-temps une seigneurie appartenant à la maison de Mortemart Les seigneurs de cette maison y firent construire un beau château, et prenaient le titre de princes de Tonney-Charente. — • La w!l- occupe un site agréable. Elle s'élève en amphithéâtre et est couronnée par son château, dont l'apparence est pittoresque.— Avant la construction de Rochefort , Tonnay-Charentr avait plus d'importance ; c'est néaninoia» encore un port commode et très fréquenté. Sun commerce d'entrepôt est actif; la plu|>art de» bateaux qui descendent la rivière s'arrêtent à Charente , et les bâtiments de cent tonneaux remoritent jusque-là. Saektbs , sur la rive gauche de la Charente , ch.-l d'arrond. , à 18 1. S.-E. de La Rochelle. Pop 10,437 hab — Saintes , autrefois capitale de la Saintpnge, est une des plus anciennes villes de France; avant l'invasion romaine, c'était la cité des Sant*>nas , peuple de la Gaule celtique, qui la nommait Med-Lon (plaine de prairies), nom qne les Romains transformèrent en Mediolanum, Charmés de la ntnation delà ville, ces conquérants, appréciateurs de son importance , se plureut à l'embellir. — Alors die n'était pas située an bord de la Charente, mais au bord de la Seugne et près du confluent de cette rivière avec la Charente, rivière qui coulait alors au bout du faubourg de la ville moderne, sur la rive droite on son ancien lit est encore très distinct ; pen à peu la Charente envahit le lit de la Seugne, dont le pont devint celui de la Charente ; l'arc de triomphe romain , placé à la tête de ce pont, fut bientôt, par les empiétements de la rivière, séparé de la rive qui lni était contignë, et cette rive continuante reculer sons l'effort des eaux, nn nouveau pont fut construit, en 1085, et Tare se trouva ainsi au milieu nu à la jonction des deux ponts.— Le cours de la Seugne éprouva de plus grandes variation* encore : il abandonna entièrement son ancien lit ; il passe maintenant à près d'nne lieue au-dessus de la ville. Les vicissitudes de Saintes , sous les Romains, dons sont peu connues : dans le Ve siècle, elle fut

Ï»rise par les Vi»igoths, qui transformèrent l'arc de triomphe en nne orteresse ; ils le couronnèrent de murs crénelés et s'y défendirent

x,ooo volumes, provenant de divers ét<iblii«einents religieux: à cette époque , raotorité municipale arrêta que des fonds «raient annuellement « on* sacré» à l'acquisition de nouveaux ouvrages ( qui postent porter la bibliotbéqoe publique H la maintenir au niveau dos connaissances actuelles. Depuis lors jusqu'en iS34. 3o,ooo fr ont été ainsi soopsssivsuisui votes et employés, et ta bibliothèque «le llochefart contient aojourdbui environ 6,ooo volumes . généraleinrnt bien t boisis , et dont la conservation est confiés a un bibliothécaire éclairé et consciencieux*

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mfmTmMmwi&^<*mmmteffltom

foutent; prise et reprise, et plpsleurs foi* ûih foonstruttion date du temps de Henri IT : il i et gros murs qui enclosent un petit pare. La 1 murailles énormes , die en possède encore qu<

»4*v«u*. — Eu ^upH^ »*»»* de "destination , te noble é^tfieé tobit de» dégrada tipns euecêsfives ; les antres édifices delà ville, «oi prit vers ce temps le nom de Maintes, éprouvèrent de semnjajues matiurtom ; T*« fréquents ravages de» Barbares , les inva- •lobrdef Normands, oui. en 8Q4, réduisirent Saintes en cendre \ fe* guerres dés Angle», tes fferenrs des guerres civile* et rcHgteasés, poufeversèfent la tille et anéantirent on dégradèrent tons ses sntendi^es ponnmenp. — $ous 1** Romains existait on capkole iftaeé sur up mamelon ; on en fit une forteresse gothique oui fnt toutent; prise et reprise, et plpsleurs, foi* dévastée"; sa dernière Li — ^—^>.^ j.- j * - — * «• *| u'çn Tt%xt pins qne

tille rot eejpte de

. , . w.f jiêlcraes débris ;' des

rate* plus considérables ont été démolis* en 1815; ces travaux et tteua: entrepris alors pour divers embellissements ont fait découvrir ite nouvelles antiquités romaines. — Saintes occupe une position |ussl âgféable une saine ; la ville borde le cours de ta rivière et s'élève en amphithéâtre spr la pente d'une Colline. — pavant la ville;, le lit de la Charente est fort farce ; embarrassé de plusieurs flots et traversé bar le pont, construction de plusieurs époques frraime tons les monuments de Saintes. La ville est bien pâlie, Biais tfés mal percée : la plupart de ses rues sont étroites et tortfteosea j njals'/* quoi de ' fleverteaax , quj longe 1» rivière, et pïusieurs promenades environnantes, sont' agréables. —L'ancienne 0atKl4ra{* , construite par Cparlemaane 9 est située dans, I* basse Viljc ; c'était nue vaste et magnifique église. Tl p'eu reste plus que it porche et lé clocher ; le reste rat détruit à diverses époques. — f/ejlise actuelle, reconstruite par deux évéijues de Saintes, est béate et n'offre de remarquable oue te maître autel et un superbe paifUouin soutenu par quatre colonnes de marbre rouge. Le docile? fit une four énorme de 55 mètres de haut , ornée de acnlpturef dans toute sa hauteur, et on pu pe^lt dôme remplace m Pècfee î cette tour s'élève au-dessus d'un superbe portail décoré de iculpture* délicates, de bas-reliefs et de statues. — V/glise Jku"*/- ISutropi, plus ancienne que la cathédrale , s'élève sur une colline Voisine de $ainte* ; c'est nn édifice d'architecture gothique.— L'^w • vkitMtr* est situé hors de la ville, dans le vallon resserré entre tes deux collines sur lesquelles s'étendent le» faubourgs de Salntr Çutrope et de Sajnt-lfacoul ; l'édince occupe toute la' largeur* du vnlloq et. s'appuie an nord et an midi sur la pente de ces deux coteaux. La longueur de sou grand axe est de 80 mètres , celle du petit de $5 mètres, ht podium extérieur était percé de soixante arcades dopt les deux principales, quvertes aux extrémités 4» grapd axe, formaient lès portes ; ramphitpéitrc n'avait qu'un seu) étage de vo^tei iuçfynées vers l'arène , et qu'une seule prescintion ; il servait aussi aux combats 4es gladiateurs, et pouvait se transformer on naumachie au moyen de l'eau amenée par une branche de l'àquéduc df Douhet» — Ou croit oue la construction de cet amplnthéétre est du m* siècle. -^11 n'offre plus qu'un amas de mines } seul le pourtour des basses voûtes se dessine encore en entier. —h**™ d§ tiiomohf du pont d> Saintes fut élevé .l'an de Rome 774, eu bord 4c Jg gangue , au commencement de la voie militaire de Mediolan'um 4 Limouum fPoitieTa) ; U décorait l'entrée de cette voie et fut dédié par les Saptones , à Germanicus, à Tibère , |on fcère, et à Drusua, soq frère adoptif. Le stvle du monument e*t poriatfiien ; il a J$ mètres de longueur , 3 mètres d'épaisseur et 15 mètres 4© buptffur. U repose sur pu piédestal de 7 mètres d'élévation, maintenant engagé dans )cs pues du P0»1 J U est opvert par deux arches « plein ciutre , prnées «TarcUivoltes ; les angles des pied* droit) et ceux de U partie supérieure éuieql décorés de oulonnea cannelées 1 1a friaa de l'ontaolement et l'attique spnt coovertet de» inscriptions de la dédicace du monument , encore bien conservées.. Tou# le» autres détails de l'édifice : ses colonnes, basretififs, sculptures , moulures » «out totalement dégradés ; dans ses grand©» proportions même l'édifice est défif pré ; les hideux créneaux (pu 1* surmontent! et qu'où devrait faire disparaître, ne sont 3u'upe souillure imprimée par les Barbare» ; la base des pieds roita étaut engagée dans les piles du pont , la hauteur de l'arc est diminuée de plusieurs mètres , ce qui le fait paraître écrasé et donna aux deux arches une largeur ridicule , comparée avec leur peu d'élévation. — L'édUrce est construit de pierres de taille du paye* de 3 à 5 pieds de longueur, de 2 • 3 pied' d'épaisseur, posée» par assises égales et parfaitement bien jointes , sans aucun eiment — Le pont d* $4i*tet est on, pierre et de grandes dimensions , »**• U n'offre qu'une masse d'arches et dcpiles dé divers styles, et n'a plus rien de romain — L'qqu/d*ç, qui amenait l'eau à la villa rompue ( la prenait à une source éloignée de trois lieues et franchissait le vallon de Lesar, près du village de Font-Couvert; en cet endroit il était supporté par 17 arcades fort hautes et dont plusieurs existent encore j arrive à la colline de Saintes, l'aqueduc avait un cours souterrain, -«• Outre ces débris de riches monuments, Sainte* offre à rtoveatiajatk» de l'archéologue diverses autres, avinée pins informe* i celles d'établissements tsmrsaan» , de temples et de diverses autres constructions. — Les raines des Baùu» jémtlfm*»^ sitoés sur la rive ganche de la Charente, au nord de la Tille , au pied de la montagne du Séminaire ? sont considérables et

les #ébris de l'ancienne église de 6Safhr*r#mli»> , rile-métiïe dé* traite depuis long-temps. — On remaraue eneore à Saiutes , la* bibHothèqae pnb$ane , riche de 2ft,6QD Tolamtâ ; b saffe de rôec-7 tàcle, construite en 1892; la prison départementale, fhftpital df h marine, le palais de justice, l'avenue' de Bordeaux et ^a; nouvelle fontaine , la terrasse ombrs)^ée , à V es^émllé du yait Reverscaux , plns^urt belles etrastrneflons modernes' le long de** Ouais; etc. , etc. — 3amtea a été pendant vingt ans le cbef-beu df département. — Eq 1810, nn décret impérial, tontre ]equel de) nombreuses réclamations te sont depuis élevées . a transporté 1^ siège de la préfecture è: La Roebefté;

Pons , sur la Seugue, A.-t ^e cent., à 5 1. 1(2- S? de âalntet! Pop. 9,726 h,abit. — Pons est une vjllé ancienne. -- lfyn 1M2! Louis ï X , après la bâtâfile de "" '" " ~~

Luslgpan; comté delà Marche t

veuve du roi d* Angleterre , où ., , ^ iw r

nience. — Eu 1295 « U s'y tint un eonôfre au 'sujet des décimai extraordinaire^ accordés par te clerM à Pl0lrpoe-le-^cj.' *- Pool fnt long-temj)f| en possession par'les seigpqçur* qui pVenaîentlp ^trede tins, et qui étaient vafsaox directs d« 4oi — \+ 'tÎM avait eu un château , une Ulchard I** d'Angleterre avait' fait di> trnire. Elle éta)t fortiHee et; fqt , dani |ea xvt* et xvri* siècteV!nn>ek des places (brtes des calviniste* ? cm! là reûdSreçt 1 Louis xttt «prés la ré4nc$on de SaintJean-d'Angelf, — Pops ejt située sur la crête d'une, collipe dent la Seogu/i>âigoé m pM\ 1g P*fâ*} hante se nomme Sàiht-^hitf, et 4a partie basse" rkiHs dû Saftif- Afartii \* ville se compose principalement d'nne me , on*, "I presque une 4emi-îieue oie' iQnjhi^u/ et ^é.s.nltla.^gtiinle route de saintes A Bordeaux par Bafte. LVnd^n mauotf dès sirei <t| Pons'couronpe le haut dis la cofnue | le cbjltean , ^tlntei

et job, logé U m'airip; à coté s'élève une énorme forvireéee carrée J de diamètres de fauteur, vieux mapoir'féodal Ojgl sen' de prison! -r Le jardin fin châtéau^hst détenu une promenade puUâonè d*oé l'pn domine la vallée de la Seugne. n

SAUrr-Roiuiir-px-BijriT (canton de SttijôuYj'ir f t.ffi ",-<£ de Saintes. Pop. 1,579 hab. — Le territp}rç de 'cette i&mmnné renferme , an village de Toulon , un des monument* antiques Uf plus enrieux du département. Ces| celui qju'ou pommé Plft-lùngae'. espèce de tour carrée surmontée d'une petite pvranhde coniqoéL La tonreft bitie en moejlops , et la pyramide , composée 'de «rpf assises 4e pierre de tajlle .offre une surface couverte de rigoles creusées symétricjucmcnt. La Pirt-tongu? * 74 pieds de hauteur, £ chacun de ses cotés 18 pieds de longueur. On % fait de nombreu»£t conjectures sur ce monument. Lès ups , Lg San Ta gère entre autres, disent qne c'est pne tour élevée par Longinuav lieutenant de César, en mémoire d'une bataifle gagnée par son général, MUI14 pense que c*est un mausolée , et que le npm de Pire-longue , P/r+ longa, a rapport è sa construction pyramidale. Enfin , Bff. de Vau, drenil croit que c'est nue tour, comme la Pile JU Cinq- Mon t sur lea bords de la Loire, destinée à supporter un faajal et au sommet de \±quelle on montait par des degrés extérieurs, qui ne s'v appliquaient qu'an besoin. — D'après M. de YaudrenO f une tour pareille I celle de Pir*-tonfue existerait daps I4 commune d'Ebeon , à $ L N.-E. de Saintes , dans l'arrondissement de Saint-Jean-oVAngel/. — Non loin de Ptrt-l&tçut , on remaraue, an milieu d*un> camsj romain connu sons le nom de C*mp de hsfctr, les ruine« d*nne tout antique, dont les murailles ont encore J2 pieds de hauteur et J pieds lj2 d'épaisseur. Cette tour était entourée d'une enecioré

Sirticulière , tonnée par nn fossé. Le eamp , placé sur nu plâtras; evé , est entouré de fossés d'environ gQ pieds de profondeur.

SAivr-ViMéaxHD , k 2 1. If2 N.-E. de Saintes. Pop. 300 h*b» -r Cette petite commune n'offre de remarqnaple qu'une aperce , en quelque sorte souterraine , puisqu'elle uillit dans une «ndenof carrière de 40 pieds de profondeur et ae quelques toises de lusv* gueur, où Ton ne peut descendre qu'à l'aide d'échelles. Cette source curieuse sort d'une grotte sitnée daps le flanc d'un rocher taillé g pic. Elle fait tourner un moulin situé aussi au. foaid du goùjffrç , çt disparaît ensuite dans le sein de la terre.

Saujoit , sur la Seudre, cq -1 de cant , k 5 1 Q.-S.-O. de Snintea} Pop.' 2,122 habit. — Ce bourg , situé à dpcj lieues et demie de If mer, au point ou la Seudre commence à être navigable a eat a&s^et commerçant; mais a beaucop perdu de son importance passée. On Y trouve quelaues reste* de constructions romaines. C'était autrefois une ville forte, où le cardinal de itiebelien avait lasjl bâtir un cbâtean. D'après les projets de ce ministre tout-pnisaant , cette ville était destinée à une grande prospérité. Le cardinal ae proposait d*v faire aboutir ou canal qui aurait c**mmunàqwé de la Gironde a la Seudre , par le Talion de Méchers', et épargné alasâ aux ebasse-marées et aux petits navires la sortie quelquefois u difficile de l'embouchure de la Gironde. La mort de Rirbetien it ajourner ce projet , qui depuis deux siècles attend son exécotioa.

SAijrr-JiAW-ri'AAGELY, sur la rive droite delà Itoutomae, ço.-l. d'arrond. , k 24 1. 1\2 S.-E. de La Rochelle. Pop. OflSi bab— Snr

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la «te ou, «a aujourd'hui «elle rillc, s'élevait jadis un château magnifique , demeure daa ducs d'Aquitaine , qui rayaient fait coqs* traire. Pepin-le-Bref lé détruisit et le remplaça par un couvent de kéatffiftini ( nomme* Antrètiachm , d'oè par corruption Ans tri ai Angelt) y auquel il donna ta téta de saint Jean dToesse, qu en lui Vrait envoyée aÔrient* et i*on cette de saint Jean-Baptiste, comme le. croient les habitants de la ville. Un bourg se forma autour du monastère et fut peu 4e temps après saccagé par les Sarrasin* Néanmoins H répara ses ruines , et obtint , des 1204» le titre de tille. — . Samt-Jean-cVAngely ayant chassé tes Anglais tt s'étaat donne*, en 1572, au roi de France , reçut de grands privilèges. — Ëo 1472, 1» duc de fierri, frère de Louis XI, y mourut empoisonné. —Ses habitants adoptèrent presque tous le calvinisme.— En 1570» le duc d'Anjou assiégea et prit la ville, après trois mois de siège» tes jgrotestants la reprirent et la gardèrent jusqu'à ce que Louis Xltl . en 1631 , s'en rendit maître malgré une rigoureuse résistance ; il î*. traita avec rigueur, lui ôta ses privilèges , abattit sas murailles et ordonna qu'elle serait désormais nommée Bourg-Louis; mais Tancian nom a prévalu. — Outre la mort du frère'de Louis £l , un autre crime signala Saint- Jean-d'Angely. — En j£88, Henri dé fiouf- ^an, prince de Condé, y fut empoisonné par sa femme , la princesse de LaTrémouille. — La ville est située agréablement , an milieu de terrain* riches en vignobles, à l'endroit ou la Boutonne commença à être navigable pour des bateaux de 30 kqO tonneaux.— Ce fut jadis une place très forte ; il ne lui reste presque plus rien de ses anciennes fol+JnenripB». — *Stté nniWaaaU étttAréYil y a quinze an» f eteanomhne à uatomam eéiahxee, qui firent exploaittn en 1880, reawmreèremt les attisons d'm» iammmurg et éheaaarreM presque ternie h* ville* menant leto,eean*eulima n'ont paa été rétablie, Seiot» Jftan*d'Ang*ly /met beeaummp tanèeUie depuis oa désastre telle ait smN , assam aném. bâtie, et possède ma hespioa, une balle natta

II y a à Saiut-Jean-d'Angely nn dép^t royal où se trouvent 44 étalons. *

£•***, *- téê bénéfice* à%*1*ft«aaaaifVMlM dt ltfitterii «tries

TjuiMnovae f aw In tiv+ droit» de In Charente , m I L i\2è*4X dm saanWean+d'miigara, Pop, 640 m*. «~ €aJ>om*si< fort ancie», a\aaiS9B>otigiaè èmn tmâimin-nWt» II— trait sa» an roeher et dHÉai à aVéîaaaW ta peseagn do U Cannelé » 41' aanrtatt dam» le «1* «Ma le aaaavde T-aUe*mrsTut> On y voit encore les rases» de) vieux pont. Taillebourg eat céeehitj par 1m veetearmame amant Leva* yiàmpfiriaren \2& , thr ha Anglais» > * Aux environ^ et dame la OBeanaamm me) Oeey, sa tromam le éoêmm ata Qwm» , élevé d'envirom «rneedê «e>desene dm tetre;et dont In tatté sauWsaaaÉ a 48 plèoa de ton» asjtf 18 pmmeee d'épuaaaamv» La tvadtasom rapporta qu'après la fartailtof sntnt louis aa reposé «t dormit .son» cet afenromceft de^tt*»** Dm» ftmJUmt Imitée an pied mai shjimen me Cime ont fait décoftttaf «mm mm eus haches «m aaVam dont laa prêtre* gaaumis se servaient dans laa

mises effecrtéèi ôn« le Ûe>»rscavemt ui éaliMtur fto»H8»ï paré à 1830) , une augmentation de 84,181 ffi

AfaaurvW. — La Roebelle possède un notai daa monnaie** de** la marque est H. IWptrS WabUsseenemt mm système déeateal JoH qu'au {•* janvier .1892, let estJèces d'argent qtft y ma* mat fabriquées «'élèvent a la sottme de 60,488r?65 fa» 2*« •

HiUTAtka.— lé dé>aft»mcnt fait j>tnie de la tV division* m* liuire, dont le quartier général eSt I îfatitê». -**1tf ï%1k rW cfaelle: 1 inai^chal^.aaal|a Wlnatilali amll fcmtaadivision , 2 sousintendants miliuirmar à La Rocballe . Roo^tefort. ,-y- La dipot^da recrutement est 4 La Àocbelle. f— Le département renleone 7 places de guerre r Olaron et citadelle » Ûe d'Ain ai fort Liedot; Rochefort; forts de la Charente et dérAignule; J^Ra^asJo;

9fTIS|OM VOUn^tni Mit AttMÛrïS^a^hATITB.

PoLrasQUK. -m Lm département nomma 7 députés

il est divisé «é 7 arrondis*, éléatoraux, dont aee mil 4iema emalt : La* Itbmnalle (2 Mtmnd»), Saint-Jeam-d'Angely, Jonzac, nfmranaaà, Ramnèftfrt at Satotea. — « Le nombre des électenrs e»i de 844%.

AfmmtsTftAtfVÉ --Le cbVr. de la préfeet. est La RWheHe.

té département «a divise en rj soms-préf on- arroUd. romBHrn Là Rvjcbelle. .... 7 cantOba, 66 commîmes, 77,58»hèbTt.

Joatac , i ..... . 7 m 84,562

limrennaa. , fc * . fc cl . H 49,1£C

aVocMott.*.., .4 42 4bV8ô6

Saintes. 8 110 104A»

iftain^maarm'Atfely* J 1* 80473

total; . . . oV cantons, 489 comtntllïéé, 445,24^habil.

, , J^Vr^ rf* trHormukUv — 1 receveur nénéral et f payeur présidant à La Rochelle), 5 recev partie, 7 percept. larron d.

Contributions dirtH— *— 1 diraataur (à La 6\ocbelle , et 1 inspect.

Domaines tt Enregistrement.— 1 directeur (i La Roebelle), 2 insjwètexirï , t véritcateof *

IfypàtkJàmes. • 6crjiisérYatAir« daB« tas- cfcef**ee* d^tTMmd^sètBeflU coœmtrnlhjL

Douanes — 1 olrectédr (4 La Arfcbêllê). 4 OMrtftnàns indirectes. \ dlrectaoT à LaUoelrtllc), f olféCt«drè dVrOndlssérnents , 8 receveur* enlrtfpôseim.

/VW/i — Le départ, fait oartie do la 26" coto&efvat. fbffstlèff. ; s P&nts-ef-ctoutsstei. — Le département fait utfrtieda ta 9' ins- ]pecTîotf , dont le cbef^Heu est Tours. - Il | a 2 i&géohrttrs en chef an fésldtnce à La Rdclielt^, dont Vùû eit chargé de là surveillance de* porta marifimes et du danal de Tfioft à L# Rocbrfl^, et Yaiitre de celle dès marais de Rochefort eT ttavtut de là Bontotffle 'et de la Mvîgatibn de ta Serre. -» M y a éfa outre a Rochefort un ingénieur en chef chargé des travaux militaires de ce jjotT.

Mimêi' — Le département fait partie du 18° arrondissement et m>. .an^.4ifB>a>nr» dont lm ehef-lieei aat Movtpeiner. - M****.— Le département fait partie , pour lea courses de chevaux, dn 7e arrottd. memoscojix*^ 4»ai la4b^4ieifc fU Bordeaux. —

et une direction du génie* ,

. MAamiaa. — - Rochefort est le çfcef-îieu du 4F arrondissemant maritime. — Il y a on préfet e$ un tribunal maritime ; -r nj«m aarepuon d'artillerie delà marine; — une .direction des conMruc?» tions navat^» ~"* nûe direction. des ports; — un ^dpital de la ma> lifte j — . un commissaire, principal ; — 1 ingénieur en cW; -r 1 taénçriar des invalides de la marine* — fl y a dans te départemenf 4 sous-commissaires de la marine (à La Rochelle, a ftojan , * 1 Sa de Ré et à Marenn.es) ; — 2 trésoriers des invalides (à La Rochelle et à Marennes) ;*^ f école crh^rdrographiè (a La Rochelle). — La bagne de Rochefort, affecté aux condamnas à pana de-ni*'en* de travaux forcés, peut contenir 2,200 forçai* U n'ern fanfarasatl que 1,264 an 1830, et en 1881 ce. «ambre s'est radmit^ 1,196% dont le travail a produit 283,786 fr. 15 c. La dépens* jmaamanamtf de ofcamM forçat est de^i c* lm? «>saâf e«p«prU),

JtoDict^ian^— Les trihuuaux sont du ressort de la cour rayait de Poitiers. — Il y a dans le départenaast 6 anmmnamk dm !•• instance t à La Rochelle , Jonxac , Marennes , Rochefort , ornants Jeam-d' Angalv, Saintes (2 eàamanume)» et 4arihmmartr de toaaatarmm^ à Lri RochaHm, hfareunes , Rochefort, Saintes , St Jaas^d'AngetfX

aULiminoasv — Culte catholique. — Jgm daWraaajiaait sorasa It diocèse d'un év^ché érigé dans le xrxxa siècle, suffragant de r$rchevèché de Bordeadx , et dont le siège est à La Rochelle. — U y a dans le département i ^ à 1^ ^aehaila» «# séminaire eeoaésain cjui aompte 80 élèvea; — a Pana, »ne éeoja sècomdaira eoelésiastique,— Le département renfersnm 7 amrta de lTe oie»*** 38 de T* 233 succuraatea et 18 vicariats. — Il asiate dama îe département (à La Rochelle ».à Saintea» à.Rochalort, à Sasnt-Jeand'Angely et à Pons) 1 école chrétienne composée de 6 frères ; — 18 eongrégation,s religieuses de femmes , changées des hôpitaux civils , militaires et de la marine; des maisons, d'^rphelinea, et des massons d'éducation peur riustwcxion, do lm jeunesse $ une de>em» congrégations (les dame» du Refuge.) raooit du geuvernesneut qajt secours annuel de 2,000 fr-; plusieurs autres établissements dans lès campagnes pour l'insffireAon des pauvres et le soin des, ma* lades à domicile.

Culte protestant.—* Les réformés du département ont â églises consistoriales. 7- La lr*" à Saintes , desservie par 4 pasteurs et divisée en 4 sections , à Saintes , Jonzac , Cozes » ïtaynn. —La 2' a La Tremblade, desservies par 2 pasteurs. — La 3e a La ILicnelle^ desservie par 5 pasteurs et divisée en 4 sections 2 à La Rochelle', Marenne»j1lvjeViaT4,9!£de Ré: -»ffy é •^majrMémns le département 26 temples oa> maison» .de prière»*,— Qa.y amampam 3 sociétés ' htbliques , 2 sociétés 4e» traités religieux et, 12 eemste protestantes. ^

Universitaire. — La département eat oosapris dans la rassort de l'Académie de Poitiers,

Instruction publique.— U y a dans U département, - 4*oHéges t à La Rochelle , à Rocbefcrt « à Sainte* i a éVie^een^d'Angaiyi -+ ,. 1 école de eanféreure pour le» instituteur* dm rarronmssaement à Roahefort ; — 5 écoles modelai > a 8aint-Jaaa»d'Angal^à iomsast, à La Rochelle, a Marennes et à Sainte». *~ Lmautasorm daa école» pfinwires du départemeat eatidje â88f qui sostt iréajmonsiaa >pàT l8,0G9 élèves, dont 13,791 garçonsjet 4J78nUas^tes communes privées d'école» mut a'o" nomCie de JTw." * "

Sowàrms «avautbi, btc.— fl existe m La Ro^ell*fAVJre*flm»« royale mti Belles-Lettres, ScieHoes ai Arts; — ttntf Soétme éfAgtU culture, — une école de Notariat, — «rie école o°AtW»tiehawem»>'< - à Rochefort, «ne Seeittf *t*s Seiencêt et Arit , -»* «ne éroi* de Médeminm navale , *- une école de Chhmfgiot -^ tfAeérolo' de Biathématiqaes i ane école muttiefle de Dévêtu ; de ChéiW et Se Musique , — une éettle de Maifftranee pour le* onvirérs éVs frofta>« .*- àamnta9,waê<>nnè*^ph(Xn*f^itT&So*ie+é<rAg*4cuttêr*; — à Sainf-Jean-d'Angely et Jonzac , de» StoMttr d*Agrït*ttêr***> La Rochelle, Rochefort at Sarfltes poastMemt éea OàbkeU a^ffnvMrv naturelle ; >•• iLy a dame eaa demn preaaîèt es villes des /aaaTiaa sfss Plfnue.»%\ à Sajettet maté ma>saram dapàrlmmnmtè.

FtUNCÊ PirrOftESOUE. — CïUfir^Ë-ÎNftRÎEtJRË.

D'uptfe m dernier recensement officiel , alla est de 445,2© h., et Jearait annuellement à l'année 1,054 jeunes soldat». Le mouvement en 1830 a été de.

Enikuu légitimes. 5,925 — «46|Totrf «im

- naturels. „ 302 — 304>TotaI ,*W77

4,612 — 4,615 Total 9327

Dans ce noasbre 1 centenaire.

Le «ombre de» citoyens iatcrits est de 67,807 , Dont : 22472 contrôle de réserve.

04)806 contrôle de service ordinaire. .

Cet dernier» «ont répartis aûui qu'il snit :

02,695 infanterie. —409 cavalerie..— 1,150 artillerie. — 409 tapeurs-pompiers.

On en compte : armé» , 1 3,3^1 ; équipés v 5427 ; habillés ,4,768.

22302 sont »n»ceptibles d'être mobilité».

Ainsi, snr 1000 individus de la population générale, 199 sont inscrits an registre matricule, et 51 dans ce nombre sont mobilisables ; snr 100 individus inscrit» sur le registre matricule , 74 •ont sonnas au service ordia., et 26 appartiennent à la réserve. 1 Les arsenaux de l'Etat ont fourni à la garde nationale 11,781 fusils , 1 015 mousquetons , 20 canons, et un assez grand nombre de pistolets , sabre» , lances , etc.

1KVOY8 ST UŒfm.

Le département a pajé à l'Eut tf 831) :

Contributions directes. 5,402^1 8f. 65 e.

fiar<gistresseat,tiud>re et domaines. .... 1.84^)4139 17

Douane, et sels 4225J926 79

Boissons, droits divers , tabacs et poudres.. . 1,571.160 86

Postes. . . .' 305J21 77

Produit des coope» de bois. 32 22

literie. 40402 30

Bénéices do U fabrication des monnaies .. 4919 &

Produits divers 69422 89

Total 14,165,260 f Hc

Icmi uel» figurent :

910,11 lf. 87 c.

3,Zl&5tf 14

H ■ reçu do trésor 11,242,624 f. 14 e. . la dette publique et les dotations pour. . . . Lot dépenses du ministère de la ju»t»ee. . . .

de l'instruction publique et des cultes.

do eomuierce et des travaux publiée. .

de la guerre.

de la marine

des finances

Les frais de régie et de perception des impôts. Bemboursem. , restitue, non valeurs et primes.

Total. . . .

Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département, à cause des grand» établissements maritimes qu'il renferme, a racu enJ83l , et déduction faite du produit des douane» , 1,303,299 fr. 79 c. de plus qull n'a payé.

9ÈMMM9MB TTJ rfTnMim I âtlTB

Elles s'élèvent en 1831) à 503,905 f. 62 a, ftavof a : Dép. fi**s j traitements , abunnem. , etc. 10641 4 f. 36 e Jkfm. mmrialles . lover», réparations, secours, etc. 397)290 07 Dans cette dernière somme figurent pour 40,1281. » c. les prisons départementales, 634É0 » les enfants trouvés.

Les secours accordes par l'Etat pour grêle, incendie » épiaootie , etc., sont de 11,427 29

Lee ronds consacrés an cadastre s'élèvent à. . . . 77408 10 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . 132,133 65 Lus frais de jnstke avancés par l'Etat de. ... 38,009 68 ~

de 608450 hectares , le départ, en 360480 mis en culture. — 41 .228 forêts. — 105400 vigneau ' 21*500 landes. — 20400 marais.

Le revenu territorial est évalué à 22437400 franc*.

Le départent, renferme environ : 20400 chevaux et mulets. — 80400 bétes à cornes race bovine > — 150400 montons, savoir : X5Û0 mérinos, 6400 métis, 221*000 indigènes.

Les troupeaux de bétes a laine en fournissent chaque année environ 230400 kilogrammes

Le produit annuel du sol est d'environ,

En céréales. 1,100400 hectolitre».

En parmentières % 180400 id.

En avoines. 1,212400 id.

En vins 1,700400 id., dont 600466

sont consommés dans le pays, 600.000 couvertis en eaux-de-vie 9 et le reste exporté pour la consommation de la Bretagne.

L'agriculture est dans un état satisfaisant. — On emploie pour le labourage la charme à avant-train et à versoir, le plus souvent attelée de hcenfs. — Il y a peu de métairies dont l'étendue dépasse 100 arpents. — La production des céréales excède les besoins de la consommation. On cultive le maïs et le sarrasin , le safran , U moutarde, l'absinthe, les légumes secs de toute espère, les navets et les choux , qui sont employés principalement pour la nourriture des bestiaux. — Les plantes textiles, telles que le lin et le chanvre, prospèrent dan» le pays , ainsi que les plantes oléagineuses. — Les prairies naturelles 7 sont nombreuses et de bonne qualité. Les prairies artificielles yproduiseiit oiïe graine de trèfle très estimée. — On y élève des chevsux de bonne race ; on y engraisse «a graud nombre de cochons et de volailles. On s'y adonne n l'éducation des abeilles. Le» vaches laitière» de La lame , les mouton* de prés salé» de Charron sont estimés. La race des bétes à lasse a été améliorée par dés croisements bien entendus. U exbte a Benon un beau troupeau de moutons à longue mine appartenant a madame Ou Cayla.

îWDrjsTmjji oowwtwmmAiJL.

La distillation des eaux-de-vie, rexploèSation des userais salants , celle des parcs d'huîtres vertes et la péuhe de la aaraaom, occupent le premier rang dans r»du»4rie locale —Les ports f«mt de» armements po»r la pèche de la me*** , pour les colonie». Ha ont un grand nombre de navires empto>és nu cubotage.~~ll existe dans le pays des raffineries de sucre, des fabriques de vinaigre, des fabrique» de poteries fines et de creusets, des tanneries, dea bonneteries, des fabriques de grosses étoffe» de. laine, eue. Ont y lait le commerce du bois mernun et du bois pour la marine. — » Il y existe des chantiers estimés pour la construction dea uavàran. «— Le commerce est principalement alimenté par les nrodactinan locales en vins , eaox-de-rie , sels, grain» et céréales. Le tanna, les œufs , les volailles , etc , qui sont 001 viennent en grande partie du départeaieot

RsXQ»rrx*a*a ivnusTaisxLK*. —En 1834,. à l'a. produits de lïndnstrie , il a été accordé nae Mxaatu an 1 à M. Jean André (de Villeneuve près La RocbeUe), pour «' avant-train, et une mchtiosi aoaoaaaLS à M. Jacques Roux Mon tendre), pour fabrication de ékmpmmnm enJemiUmm e\m Im

Dooaxxs. — La dirreanu de La Rochelle a 11 I (taux , dont 8 seulement sont située den» le «

Les bureaux du département ont produit en 1831 : Douanes, navia. et timbre. Sels.

La Tremblade.

Bfareuoes

Château d'Oleroa.

Rochefort

Charente

Total

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