AI
La Rochelle. 1&893 507415
Saint-Martin 28.172 9J36
Marans. 5,476 642498
Produit total dea douanes. . . . .
Fofmxs. — Le nombre des foires du département est de Afl. Elles se tiennent dans 123 communes, dont 37 chef s beua , et remplissent 612 journées.
Le» /et/*» mmhiles, au membre de 12, ooeupeat 12 jaaruéus.— Il y a 106 /mine mémoires^ — 360 communes sont privées de foires.
Le» article» de commerce sont le gro» et le menu Létasl , les chevaux , les grains , les fourrages , les laines , le set , Isa vins » les eaux* de-vie , etc.
4£254tttr.
Amnnoire stmHsVqme dm département dm U Ckarente-In/mrimmre ; in-8. La Rochelle , 1813. - tpkéméhdes ea Almanack dm la < ***mnfm-imf*> riemre ; in- 18. La Rochelle , 1819. — AnJif mites dm Im mille dm Smmmtmw et dm départem. dm U Ckmrente-lmférimmrm, par le baron Ghaudrae da Crassanes ; in-4. Paris ,1820. — Annnaire dm U mite dm Rmrkefmmt g in- 12. Rochefort, 1825 et 1826.— Mémoire, pmmr tmrrirà tliemmùm dm le mille et du port dm Roekm/ort , par Thomas; in-8. 1828, — Rmglmmmml général et Mmiiems sur les marais dm l'mrram /. dm Mmremmem 1 in-8. Rochefort, 1826. — Apmrmm ttatistimme no- Ims aurais dm Brnuage, mtm.$ par R. P. Lesson. (Jommal des Voyages , aoumlira 1825.) — Almmmach dm déparlement dm la Charente* Imférienre ; in-fcV La Rochelle, 1831 et 1832. — Voyage afM Santon eVm» Verne* dm Im France. Voyage dm Rmche/ort à SmJmt-Jemm-d'Angetj ; in-3L Rochefort, 1834.
A- HUGO
| On emmsmrttmmn PtXLOTl. Mjmm pmmm a» U naw, natass Wa t «tnaun». sS>
etFeadsriede
et Coaap^ ne des Fruaei Bourgusis Saint Msahul, t.
Département du Cher.
(€Mtamnt0*m, rtr*)
mirai**.
r Les anciens Èituriges €ubiy qui , à l'époque de l'invasion romaine, habitaient le territoire dont le Berri s'est formé depuis, étaient un des peuples les plus puissants de la Gaule celtique. Avancum (Bourges) leur capitale, soutint contre César un sié^e célèbre; c'était la seule ville de leur pays qu'ils n'eussent pas brûlée, et on la considérait comme la plus belle des cités gauloises. Malgré la bravoure de ses défenseurs , César 4*en rendit maître. Le Berri resta sous la domination romaine jusque vers la fin du Ve siècle, ensuite il tomba successivement au pouvoir des Goths et des Francs.
— A la mort de Clovis, il fut compris dans le royaume d'Orléans jusqu'en 614, époque où ce royaume se confondit dans les états de Clotaire IL Le Berri fut gouverné sous les Francs comme il l'avait été sous les Romains et sous les Goths, par des comtes qui, profitant de la faiblesse des rois de la deuxième race, firent par la suite un fief héréditaire d'une dignité qui n'était que personnelle, et prirent le* titre de comtes de Bourges. — Aux comtes succédèrent des vicomtes, ceux-ci gouvernèrent le pays pendant 183 ans. — Alors en 1 100, le vicomte Herpin voulant aller à la croisade, yendit sa vicomte 60,000 sols d'or au roi Philippe Ier.
— Le Berri resta annexé à la couronne jusqu'en 1360, que le roi Jean l'érigea en duché-pairie en faveur dé Jean de France, son troisième fils. Ce prince étant mort sans postérité, cette province rut de nouveau réunie au domaine royal. Cliarles VI en fit par la suite l'apanage de deux de ses fils; le second devint roi de France; ce fut Charles VII , qui, en 1453, donna lui-même le Berri en apanage à son fils Charles de France. Douze ans après, ce prince l'échangea avec le roi Louis XI, son frère, contre la Normandie. Le duché de Berri servit successivement de douaire à plusieurs princesses , entre autres à Jeanne de France , femme de Louis XII , à Marguerite de Valois, sœur de François Ier, à Marguerite de France, sœur de Henri II, et enfin à Louise de Lorraine, veuve de Henri III.
— Le Berri avait été définitivement réuni à la couronne par Louis XL — Depuis la mort de la reine Louise, en 1601, il ne fut plus donné en apanage & aucun autre prince, bien que quelques nls des rois de France aient encore porte le titre de. ducs de Berri. — Cette province fut dans le vme siècle exposée aux ravages des Normands. Dans les xiv* et xve siècle elle prit une part active aux guerres contre les Anglais. Dans le xvi* siècle , elle fut dévastée par les guerres de religion. — C'est dans le Berri que Calvin commença à prêcher ses doctrines et à réunir des prosélytes. Ce pays jouit sous le règne de Henri IV d'une tranquillité qui
fut troublée dans les premières années du règne de Louis XIII; toutefois alors la guerre civile y dura peu. En 1651, le grand Condé, qui était gouverneur du Berri, essaya vainement de l'entraîner à prendre part aux troubles de la Fronde. — Le Berri fut choisi par Louis XVI pour servir à l'essai d'une administration provinciale. Cette assemblée, établie en 1778, servit de modèle à celles qui furent créées en 1787 dans toute la France sur la demande de l'Assemblée des Notables, et qui furent remplacées en 1790 par les administrations départementales. L'assemblée provinciale du Berri était composée de 48 membres, 12 de la noblesse, 12 du clergé et 24 du tiers-état ; lb tiers-état comptait ainsi un nombre de votants égal à celui des deux autres ordres. — Pendant la révolution , le Berri, qui avait formé deux départements , ceux du Cher et de l'Indre , échappa aux excès et aux réactions révolutionnaires. Deux insurrections royalistes qui éclaté* rent simultanément à Palluan et à Sancerre,y furent promplement réprimées et troublèrent à peine la tranquillité locale. — Après les désastres de Waterloo en 1815, et aj>rès l'occupation de Paris par les alliés, l'armée française passa sur la rive gauche de la Loire , et fut licenciée en grande partie dans le déparlement du Cher. — Autrefois le renvoi d'hommes accoutumés à la vie libre des camps, à l'abus de la force, à l'usage de la violence était suivi de la formation de bandes audacieuses dont les extorsions et les brigandages ruinaient les provinces. — L'histoire a conservé le souvenir de ces fameuses réunions d'avanturiers, d'argouletr, de francs-routiers, débris im-
1>urs des troupes licenciées à certaines époques de a monarchie; leurs dévastations rendaient la paix Îilus intolérable que la guerre. — L'apppoche du icenciement causa donc en 1815 aux habitants du Cher et des départements voisins une grande terreur qui fut promptement dissipée. On sait comment nos braves soldats démentirent les calomnies de ceux qui les appelaient les Brigands Je Vomie de la Loire. Jamais les villes ne furent plue paisibles , les routes plus sûres , les propriétés plus respectées que dans les trois années qui suivirent le retour de ces brigands dans leurs chaumières. Aucun désordre ne troubla leur licenciement, aucun d'eux ne fut traduit devant les tribunaux pour un délit ignominieux; l'armée finit comme elle avait commencé, pure, désintéressée, dévouée à la patrie ; chaque soldat rentré dans ses foyers avait compris que, dépositaire personnel d'une partie de la gloire nationale, il devait offrir aux paysans de son hameau l'image des vertus civiques avec celle des^ vertus guerrières*
AMTtQVTtÊBm
Des monuments druidiques existent sur divers points du département. — On remarque trois tombelles aux environs de Bourges, la bulle Barrai, la butte des Près- Fichaux et la tombelle des Fïgnes-du-Chateau.Frè&'de Graçay se trouvent les Pierres-Folles. Quelques antiquaires ont cru voir un autel gaulois dans une des bornes de la place Gordaine, à Bourges, qu'on nomme la pierre de la crie , sans doute parce qu'elle servait de marchepied aux crieurs publics. — Les monuments- romains ne sont pas nombreux. — 11 n'est pas douteux que la capitale de l'Aquitaine n'ait été autrefois ornée de ces grands édifices (cirques, amphithéâtres, naumachies, etc.) dont les Romains décoraient les cités principales des provinces. — • On trouve* aux environs de Bourges , les ruines d'un aqueduc souterrain qui conduisait l'eau dans la ville. On prétend qu'il existe encore , dans les cavea de l'ancien couvent des Urselines , des traces d'un amphithéâtre où l'on voit encore les loçes«qui renfermaient les animaux féroces.-* On a trouve à Alichamp, à 3 lieues nord de Saint- Arnaud, une borne mitliaire , des tombeaux , des inscriptions , des débris d'armes, de vases et des médailles qui sembleraient prouver qu'il a existé en ce lieu une ville considérable. Drévant, a 3(4 de lieue de Saint-Amand , possède aussi les ruines d'un amphithéâtre antique dont on reconnaît Je plan et la plupart des distributions ; on y a trouvé en outre des tronçons de colonnes , des . fragmenta de statues , des tombeaux , des pierres sculptées , des chambres pavées ou revêtues de marbre , des salles de bains et d'autres constructions qui annoncent une ancienne et florissante cité. *— Près de Drévant et de l'autre côté du Cher, on distingue les vestiges d'un ancien camp romain. — On montre aussi , aux environs de Bourges, entre Nohant et Maubranche, l'emplacement d'un camp , qu'on dit avoir été celui de Vercin- Sétorix. «— Plusieurs localités présentent des traces e voies romaines. — On a trouvé à deux, lieues de Bourges , un fragment de colonne antique , avec une inscription qui annonce qu'elle faisait partie d'un monument élevé pour perpétuer le souvenir de là réparation d'un pont et d'une route , par Germanicus et par Caïus JuHus Venté. — Un sarcophage gaulois, place dans la cour d'une maison, à Bruére , y servait encore d'abreuvoir il y a quelques années.
$ La belle cathédrale de Bourges mérite une-mention particulière. Cette basilique a été bâtie sur remplacement où s'étaient successivement élevées deux églises ; la plus ancienne, établie dans le palais même de Léocaae , proconsul des Gaules , datait de l'an 251 , et n'avait eu qu'un siècle de durée. Une nouvelle église 'avait été édifiée sur ses ruines , vers l'an 380 , par saint Palais, ft* évéque de Bourges. L'édifice actuel est une construction commencée vers 845 , et qui n'a été terminée que plusieurs siècles après. — La cathédrale de Bourges est située sur le terrain le plus haut de la ville , et domine la vaste plaine qui l'environne. — Le plan de l'édifice est un parallélogramme oui, comme les anciennes basiliques, se termine â l'orient par un hémicycle, et qui est décoré à l'occident d'un grand portail surmonté de deux belles tours d'inégale hauteur. €e portail est à trois étages ornés de plusieurs galeries à balustrades gothiques et d'une magnifique rosace; sa largeur est de 160 pieds, il est posé sur un perron de douze marches, au-dessus desquelles. s'ouvrent cinq portiques qui donnent entrée dans l'église. . — r Le portique principal et central est décore d'un bas-relief représentant le jugement dernier , les autres sont ornés de diverses sculptures dont les sujets sont pris dans l'Ancien et le Nouveau-Testament. De nombreuses statues d'apôtres et de saints étaient autrefois placées dans les niches qui existent au portail ; ces statues ont été détruites par les protestants , pendant les guerres du XVIe siècle ; il en reste à peine dans l'église quelques-unes qui aient échappé à la mutilation. — La plus haute des
tours , surmontée d'une grosse horloge a timbre , a 199 pieds de hauteur, jusau'à la plate-forme, et 221 pieds jusqu'au pélican qui domine l'horloge. Cette tour se nomme la Tour-Neuve ou la Tour-de-Beurre , parce qu'elle a été bâtie en partie avec le produit des sommes payées par les fidèles , pour obtenir la permission d'user de beurre et de lait en carême. Elle renfermait autrefois* douze cloches ; il n'y en reste plus qu'une seule de 6 pieds de diamètre , et qui pèse onze milliers. La plus petite des tours, dite la Tour-Sourde ou la Vieille-Tour, n'a que 158 pieds de haut. — L'intérieur de l'église, dont l'aspect est rempli de grandeur et de majesté, présente cinq rangs de nefs formées par les hautes colonnes qui, au nombre de soixante, soutiennent la voûte de l'église. La longueur totale de l'édifice est de 348 pieds, et sa largeur de 123. La nef principale ou du milieu a, de hauteur, sous clef, 114 pieds , et de largeur, d'une colonne à l'autre, 38 pieds ; la hauteur moyenne des colonnes , jusqu'aux chapiteaux , est d'environ 52 pieds 4 pouces. — La voûte Je l'église est composée d'une suite d'arceaux à oçîves. L'église est éclairée par 59 grandes croisées ornées de vitraux ma-
Saifiques qui remontent au xn* siècle. La grande rosace, ont le plus grand diamètre est de 27 pieds, est d'une richesse de couleur admirable. — Outre la sacristie, magnifique chapelle gothique, construite aux frais de Jacques Cœur, l'église possède dix-huit autres chapelles remarquables , décorées pour la plupart de sculptures et de vitraux. Le chœur est orné Je stalles en bois sculpté, d'un beau travail. Le maître autel, de marbre, est a'une grande magnificence.— L'église possède aussi un très beau jeu d'orgues.— Sous le chœur et le chevet •de la cathédrale , se trouvent les catacombes et l'égtsee souterraine, ou l'on voit le tombeau de Jean !•*, duc de Berri, et quelques statues dépendant des anciennes tombes qui décoraient l'église, et qui ont été détruites k la Révolution. Une de ces statues est celle du maréchal de Montigny. — Parmi les ouvrages d'art que cette église souterraine renferme, on remarque un vaste morceau de sculpture, ouvrage du xiv* siècle, et représentant un saint sépulcre* .— On voit aussi , sous une |les arcades des bas cotés*de la cathédrale, auprès de la Vieille-Tour, un chef-d'œuvre d'horlogerie gotbi-
3ue qui porte la date de 1423, et qui marque le cours u soleil et de la lune. Cette, horloge , dont le mouvement réparé à diverses ëpoauee est en assez bon état , sert à régler les heures des offices. — Avant la Révolution, le trésor renfermait , entre autres richesses , un superbe diptique d'ivoire du v* siècle, que Martenne et Montfaucon considéraient comme un monument précieux. — Louis Vil , roi d'Aquitaine, a été sacré dans la cathédrale de Bourges; Louis XI y a été baptisé, ainsi que le grand Condé. — Quatre des archevêques de Boums sont devenus papes, Luce 111, Urbain 111,, Grégoire XI et Clément Vil ; trente autres sont honorés comme saints. — Cette église a été long-temps considérée comme la métropole du midi de la France. Elle était placée au même rang que les églises de Lyon et de Reims.
Le département renferme les ruines d'un grand nombre de châteaux parmi lesquels on remarque celui de Boisiramé , construit dans les bois aux environs de Vorly, et qui a été habité par Agnès Sorel.
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L'inscription gravée anciennement sur une des portes de Bourges :
Ingrtdere quisqtds âtùriïm candorem Jjfabilitatem Et sincéram retigiitem amas, Regrtdi neseées.
donne, dit-on, une assez juste idée des habitants du Berri : Purs dans leurs moeurs , affables dans leurs manières , tolérants et sincères dans leur piété. S'il faut en croire Butet, auteur consciencieux de la
FRANCE PITTORKSQITR
FRANCE PITTORESÇrE.
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Statistique du Cher, le peuple de ce département est généralement bon , d'un esprit facile à diriger, honnête dans ses rapports avec les classes supérieures , doux dans ses relations domestiques. Si Ton ne retrouve pas en lui cette richesse d'imagination, cette vivacité d'esprit, ces saillies brillantes qui semblent appartenir aux habitants êtes pays méridionaux , on lui reconnaît an esprit juste, un sens droit , un jugement sur et ferme. Il a le caractère doux et sociable , beaucoup de loyauté et de probité , de l'aversion pour les querelles, le goût des plaisirs honnêtes et tranquilles. La douceur de son caractère n'exclut pas le courage ; à différentes époques , les Berruyers ont prouvé par leur valeur «ju'Us n'avaient pas dégénéré de ces Gaulois qui opposèrent à César une si longue et si glorieuse résistance ; et dans nos armées , les soldats du Berri se sont également fait remarquer par leur patience et leur fermeté dans les fatigues , par leur bravoure dans les combats et par leur discipline sévère au milieu des difficultés les plus pénibles de la vie militaire, — Les habitant* du Cher, quoique laborieux et persévérants , passent pour apathiques , peu industrieux , ennemis irréfléchis de toute innovation quelle qu'elle puisse être , obstinément attachés enfin aux vieilles routines. Ce reproche est in» juste ; l'industrie locale , excitée par une administration éclairée et par des circonstances favorables , a eu à différentes époques assez d'éclat, pour que les habitants aient pu prouver que ni la bonne volonté , ni l'activité, ni la ténacité , ni l'intelligence ne leur manquent pour atteindre , quand cela est possible, une honorable prospérité. Le défaut d'énergie, la stagnation du commerce, l'engourdissement de L'industrie tiennent à d'autres causes. Le pays, comme un grand nombre des départements français, est accablé par une mauvaise distribution des impôts , par l'absorption , au profit de départements plus favorisés , de tous les capitaux que le travail y crée successivement , et enfin par le manque de communications faciles et commodes.
Les qualités particulières aux habitants du département sont les mêmes dans toutes les classes, chez les riches comme parmi celles que la fortune a moins favorisées. — Sans doute, dans les hautes classes , l'éducation a développé un meilleur ton de société , une affabilité plus grande dans les manières, une politesse plus choisie dans les relations; mais toutes offrent la même régularité dans les mœurs , la même union dans les ménages ; une simplicité dans la manière de vivre en rapport avec les fortunes , un goût d'ordre et d'économie poussé peut-être un peu trop loin , mais qui est en même temps compensé par un esprit de charité et de bienfaisance au-dessus de tout éloge. La majeure partie des établissements de charité destinés à secourir le malheur et l'indigence , toutes les associations pieuses enfantées par un catholicisme éclairé et un large esprit philanthropique , sont facilement entretenues dans le département par les dons des habitants ; les quêtes y sont fréquentes et toujours productives, et dans aucune occasion , on ne fait un appel infructueux à la générosité populaire.
L'auteur de la Topographie du Cher a ainsi caractérisé, suivant les localités, les habitants du département:
«L'habitant du Sancerrois , ' dont le pays est vivifié par la Loire et le commerce des vins; celui de Yierzon, par les forges , la rivière du Cher et la route de Paris a Toulouse , sont gais , vigilants et laborieux ; tandis
Sue- dans l'intérieur du département, le colon, confiné ans les campagnes , le propriétaire et l'ouvrier , retirés dans les villes, privés d'émulation et de l'aiguillon qui excite l'industrie , végètent dans une sorte d'engourdissement, parce qu'aucun intérêt ne les arrache a leur apathie , qui disparaîtrait bientôt si ce ressort .venait à les éveiller. »
Le costume des habitants des campagnes est le même, a peu près, que dans le département de l'Indre, autre démembrement du Berri (t. h, p. M.)
Le département du Cher est un de ceux où la. langue française est la langue usuelle. Les paysans la parient plus ou. moins correctement J mais généralement tant, aucun accent désagréable.
Parmi les hommes distingués que le département a produits, nous citerons : le général Accusa , qui se si-
Snala dans les guerres d'Allemagne et d'Espagne; un es proscrits du 16 fructidor, le député Ôonniîrxs , avocat et jurisconsulte instruit ;[Joan Bobenaa, peintre estimé du xvite siècle; l'illustre Bourdaloce, un de nos plus grands orateurs chrétiens ; le jésuite C*amillard, antiquaire et prédicateur; l'historien Cbaumeau, auteur de plusieurs ouvrages sur le Berri; l'infortuné Jacques Cobur, si fameux par son industrie, ses ri* chesses et son patriotisme , surintendant des finances de.Charles VU ; son fils, Jean Coeur, prédicateur célèbre, qui fut archevêque de Bourges; le poète latin Dbsdilloks , un des hommes dont les Jésuites se faisaient honneur dans le siècle dernier; un de nos poètes contemporaine les plus remarquables par la grâce et la sensibilité , le spirituel Emile Desohamps ; (son frère, Antoni DiscnAMra, auteur d'une belle et poétique traduction de Dante, est, à ce que nous croyons, né à Paris ;) un des plus braves officiers de l'armée française, le lieutenant-général Devaox; le littérateur Di Gusiui, grammairien estimé; un habile peintre sur verre, du xv* siècle, Jean l'Ecuybr, dont les vitraux décorent plusieurs chapelles de la cathédrale de Bourges; le savant jésuite Labbe, auteur de la grande Collection des Conciles; le duc de La Chatrb, oui tut ambassadeur et pair de France; l'illustre maréchal Mao donald, duc de Tarente, que se disputent les départemenu des Ardennea -et du Cher : il est né , suivant la Biographie du Comtsmponuns , à Sancerre, et suivant In Biographie des JrdennaU, à Sedan; le marquis de La Maisonfort, ancien ambassadeur, littérateur rempli d'esprit , d'instruction et de talent; un habile chirurgien du xvue siècle , Jean] Mer y ; le père D'Orléans , jésuite, auteur dé plusieurs ouvrages historiques, et entre autres de V Histoire des Révolutions d'Angleterre ; le savant professeur Raoul Rochette, antiquaire distingué , membre de l'académie des inscriptions et belleslettres; le physicien Sicaod de La fond; l'antiquaire Socciet , mathématicien et astronome ; l'historien Thomas de La Thaumassiere, auteur de plusieurs ouvrages sur le Berri ; etc. , etc.
VOFOOmATOXF*
Le département du Cher est un département mécïiterrané, région du centre , formé du Berri et du Bourbonnais. — 11 a. pour limites : au nord, les départements de Loir-et-Cher et du Loiret ; à l'est , celui de la Nièvre ; au sud , ceux de l'Allier , de la Creuse et de l'Indre, et à l'ouest, celui de Loir-et-Cher. — 11 tire son nom d'une des principales rivières qui le traversent. — Ce département est le plus central de toute la France. — Sa superficie est , d'après M. Bottin t de 701,661 arpents métriques, et de 731,000 d'après la Statistique de AL Butet.
SoL. — A l'exception de la Sologne , située à l'extrémité nord-est du département, et qui ne présente qu'un fond de sable maigre, couvert de bruyères et de genêts, le sol du département est généralement fertile et d'assez bonne qualité ; son aspect extérieur est très varié \ il est boisé dans la plupart des cantons montagneux, décou* vert et aride dans quelques parties de sa surface plane, riche et assez bien cultivé dans les plaines fertiles. . £ Montagnes. — La surface du département est en général une surface plane , excepté dans la partie septentrionale, connue sous le npm de Sancerrois, où le pays est coupé par des montagnes et par des vallons. — La montagne sur laquelle Sancerre est bâtie , et qui est le point culminant d'une chaîne courbée en forme
MO
d'arc , dont les deux extrémités s'appuient à la Loire , •st. suivant M. Luçay, ancien préfet du Cher, élevée de 758 toises au-dessus du lit du fleuve. — Nous pensons qu'il y a erreur dans cette évaluation.
Etangs. — Le département renferme plus de 500 étangs , dont la superficie totale peut être évaluée à 8,380 hect. La majeure partie de ces étants se trouve dans l'arrondissement de Saint-Amand qui , à hii seul, en contient 5,900 hectares.
Rivières. — Canaux. — Ports. — Les rivières navigables qui longent ou parcourent le département , sont la Loire, l'Allier et le Cher.— Le Cher, qui donne son nom au département , a sa source dans celui de la Creuse , aux confins de celui de l'Allier, par lequel il passe pour pénétrer dans le département du Cher, qu'il traverse du sud au nord* ouest. Cette rivière est navigable depuis Vierzon jusqu'à son embouchure dans la Loire , sur une longueur de 158,700 m. L'Auron , affluent du Cher, était autrefois navigable ; du temps de Charles VU, il portait des bateaux de 42 pieds de longueur. On trouve dans les archives de Bourges les titres de la création et de la suppression des commissaires à la navigation de l'Auron. — Le département est traversé par le canal du Centre ou de Berri , et par le canal latéral à la Loire. — Il possède 3 ports fluviaux importants: celui deMornay, sur l'Allier, ceux de Poids-de-fer et de Saint -Thibault, sur la Loire. C'est sur l'Allier, entre le département du Cher et celui de la Nièvre, non loin de Ne vers, aue se trouve le beau pont aqueduc de 18 arches, qui donne passage au canal latéral à la Loire (1).
Routes. — Le département est traversé par 9 routes royales et par 9 routes départementales.
£ MSTÉO&OLOOTX.
Climat. — La température est en général froide et humide. Cependant le froid y est rarement de longue durée , et la gelée n'y persiste pas plus de dix à douze jours de suite.
. Vents. — Les vents dominants sont ceux de l'ouest et du nord-ouest.
Maladies. — Les affections catarrhales et rhumatismales , les fièvres de diverses natures , les maladies cutanées , l'hydropisie , etc. , sont les maladies les plus communes.
Règne animal. — A l'exception de la race ovine, qu'on a cherché à améliorer par le croisement avec les mérinos, la plupart des animaux domestiques du département sont d'espèce médiocre. — Les sangliers et les chevreuils abondent dans les forêts. — Les lièvres et les lapins sont aussi très multipliés. — On trouve dans les bois, l'écureuil, le putois, le blaireau et le hérisson. — Les renards et les loups sont beaucoup trop nombreux. — La fouine et la belette font une guerre continue aux basses-cours et aux colombiers. — La taupe eause de grands ravages dans les jardins et dans les
Eres. — Les amphibies sont le rat d'eau et la loutre. — e gibier allé est très abondant. Parmi les oiseaux on trouve le martin-pécheur ou pivert bleu, remarquable
(I) Ce pont, qui a été éleré par un de nos premiers ingénieurs, M. JulUen, est composé de dix-huit archet en anses de panier, de t# mètres d'ouverture chacune , et il est suivi de trois écluses accolées , destinées à opérer le raccordement du bief de la rive droite de l'Allier , placé sur un coteau , avec le bief de la rire gauche , situé dans une plaine. — Pour donner toute la solidité désirable à sa fondation , qui repose sur un banc de sable fin de qninxe mètres d'épaisseur, et pour le mettre à l'abri des affouillements , on a construit dans le Ut de l' Allier un sol artificiel en béton coulé sous l'eau , s'étendant d'une rive à l'autre, et ayant 0ê mètres de longueur sur 21 mètres §0 centimètres de largeur. — Ce sol artificiel est défendu à l'amont et à l'aval par des files de pieux et de palplanches, et par deux murs de garde de 2 m. d'épaisseur chacun , descendant îln. au-dessous du fond de l'Allier. Il est entré dans ces fondations 23,000 m. cubes de maçonnerie. Néanmoins , ce grand monument a été exécuté en cinq année* , et n'a coûté que trois millions.
par la beauté de son plumage. — Les oiseaux de passage sont les grues , les oies sauvages, les canards sauvages, la caille , etc. — Parmi les reptiles, on remarque la vipère , la couleuvre , l'orvet , la salamandre , etc* — L'éducation des abeilles est assez répandue ; néanmoins leur miel est de mauvaise qualité. — On a fait quelques essais pour l'éducation des vers à soie ; mais ils n'ont pas eu de suites. — Les rivières et les étangs sont très poissonneux ; on pèche la truite dans quelques rivières.
— Les petits cours d'eau des environs de Bourges produisent de fort belles écrevisses. — Les étangs fangeux de la Sologne fournissent des sangsues.
Règne végétai,. — Le chêne , le charme, le frêne et l'orme, sont les essences dominantes dans les forêts.
— L'orme et l'acacia prospèrent dans les montagnes du Sancerrois. Ces montagnes produisent, au midi, des plantes vulnéraires aromatiques et fébrifuges. On y trouve quelques truffes, moins noires et moins parfumées que celles du Languedoc et du Périgord.— - Les plantations de noyers sont multipliées et donnent des produits importants. — Les châtaigniers , autrefois communs aux environs de Bourges, y sont devenus très rares. — » Les arbres fruitiers produisent des fruits de bonne qualité ; mais il s'en fait peu de plantations. Seul , le territoire de quelques communes du canton de Menetou, est couvert d'arbres fruitiers qui procurent une aisance assez grande aux habitants, et qui donnent à la contrée l'aspect d'un vaste verger. — Les jardins ou marais des environs de Bourges, de Mehun, de Vierzon et de Saint-Amand fournissent d'excellents légumes. — Les haricots sont cultivés en grand aux environs de Graçay et de Mehun. — Saint-Bouise (canton de Sancerre) est renommé pour ses belles asperges et surtout pour ses melons qui viennent en plein champ.
Règne minéral. — Les principales richesses métalliques du départ, consistent en mines de fer d'excellente qualité. — 11 existe, suivant d'anciennes traditions, une mine de cuivre dans les environs de Sens-Beaujeu , des mines d'argent près de Celle-Bruyère , de Vierzon , et au Puits-d'Àbert, non loin de Saint-Amand; mais aucunes de ces mines ne sont exploitées. — Des titres prouvent qu'on a autrefois exploité dans le Berri des mines de plomb. — Parmi les substances en exploita tion, on cite la manganèse, la houille, l'ocre, le grès, la pierre de taille calcaire , la pierre meulière, le marbre de diverses qualités , la marne, le gypse , la terre à porcelaine , la terre à foulon , etc. — Les carrières des environs de Bourges fournissent des pierres tendres . et blanches , qui durcissent à l'air, et qu'on emploie comme moellons et comme pierres de taille. Ces carrières sont remarquables par leur étendue souterraine; on y trouve diverses coquilles pétrifiées, principalement des térébralules et quelques ammonites. — Il existe à Charly des carrières de pierres dures , d'un grain serré et fin , susceptible de recevoir un peau poli , et qui peuvent être employées avec avantage dans l'architecture. Toutes les statues qui décorent la cathédrale de Bourges ont été exécutées en pierres de Charly.
Eaux minérales. — 11 existe à Bourges, dans le faubourg Saint-Privé , une source ferrugineuse froide » connue sous le nom de Fontaine -de -Fer, et qui était autrefois très fréquentée.
THAKS, ÎOVECW, 0BAVBA1JZ, atTC
Bourges, au confluent de l'Auron, ch.-L de préf , à 88 L I ri S. de Paris, distance légale. On paie V postes. Pop. 1 9,7Sft bat».
— Bourges est l'ancienne Jraricum, capitale des Bsturiges, qati soutint contre César nn siège célèbre. — Cette Tille, «ne des ptsxa riches de la Gaule, existait 119 ans après la fondation de Home 9 et 615 ans avant l'ère chrétienne , elle était alors la capitale de lai Gaule celtique ; c'est sous le règne d'un de ses rois (Ambigat, contemporain de Tarquin-l'Ancien) , que Bcllovèse et Sigorèse firent, avec un corps nombreux de guerriers, une foule de Celtes de tout Age, de tout rang et de. tout sexe, denx grandes incursions e« Germanie et en Italie. Après la prise de Bourges par César , oette ville , devenue la métropole de l'Aquitaine , resta jusqu'en 475 sous la domination romaine ; elle tomba alors tu pouroir des
Yisigoths , pais soas celle des Francs. — A la mort de Clovis , elle fit partie du royaume d'Orléans , qui échut en partage à Clodomir, et fat réunie à La couronue de France , en 514 , par Clotairc II. Bourges , métropole de l'Aquitaine /.avait été la résidence d'un préfet. Devenus maîtres de Bourges , les Goths remplacèrent le préfet par un duc, auquel Clovis substitua un comte. Ces comtes n'étaient, comme nous Pavons dit , que des officiers du Roi , révocables à sa volonté. Ils profitèrent de la faiblesse des successeurs de Charlemagne pour se faire souverains héréditaires des provinces dont ils n'étaient que gouverneurs temporaires. — Bourges eut alors ses comtes particuliers; nn d'eux, Herpin , voulant, vers Fan 1100, faire partie de la première croisade, vendit à Philippe I**, son comté, moyennant 60,000 sols d'or. -—Bourges demeura réuni à la couronne jusqu'en 1860, que le roi Jean Férigea en duché- pairie , en faveur de Jean' de France, son fils; et à charge de réversion à la couronne, à défant d'enfants mâles.
— Cette ville soutint divers sièges et fut prise et reprise plusieurs fois. — En 585, les Poitevins, les Tourangeaux, les Angevins, s'en emparèrent et la détruisirent en partie. — En 762, Pepin-le- Bref la prit après nn long siège. — En 878, elle fut prise et pillée
Sir les Normands. En 1412 , elle fut inutilement assiégée par le ne de Bourgogne. — Charles YII y trouva uli refuge an commencement de son règne, et les habitants lui donnèrent une preuve de fidélité en chassant de la ville quelques seigneurs français qui y étaient entrés sous la conduite du duc de Boussac , et qui voulaient la livrer aux Anglais. Ce fut à cette occasion que la noblesse fut accordée au maire et aux échevins de Bourges. — En 1562, les protestants, commandés par le duc de Mongommery, s'emparèrent de Bourges par surprise , et la«pillèrent. — La ville fut reprise la même année parles troupes royales , après un siège de quinze jours. — En 15W4, le seigneur de la Châtre reconnut l'autorité de Henri IY, et lui rendit la ville et la grosse tour. — Bourges prise par les protestants en 1615, fut reprise en 1616, par le maréchal de Montigny. — En 1651 , le prince de Condé cherchant à exciter une guerre civile , s'y était retiré et voulait y soutenir un siège. — Les habitants s'opposèrent à sa résolution , et la même année le Roi fit son entrée solennelle dans la ville. — C'est alors que sur la demande des habitants de Bourges, la forteresse dite la Grosse-Tour, fut détruite. — Bourges a été de tout temps la capitale du Béni. Ses sièges ne sont pas les seuls désastres qu'elle ait éprouvés. — Elle fut ravagée par divers incendies.
— En 1358, elle fut à moitié brûlée, l'église cathédrale et le palais archiépiscopal échappèrent au désastre. — En 1487, un nonvel incendie détruisit plus de 8,000 maisons ; 10 abbayes furent la proie des flammes. — Cet incendie porta au commerce de Bourges , alors florissant , un coup dont il n'a jamais pu se relever. Les fabricants de draps dont le nombre était considérable quittèrent la ville et portèrent en d'autres contrées leur industrie. — - Lyon , où l'on transféra deux des foires qui se tenaient à Bourges, fut une des villes qui tira le pins d'avantages de ce désastre. — La population de Bourges a été aussi décimée par la peste. Il périt 5,000 personnes dans celle de 1583. — Parmi les édifices de Bourges , au premier rang on remarque la Cathédrale, dédiée à saint Etienne, magnifique monument qui remonte aux premiers temps de rétablissement dn christianisme dans les Gaules ; c'est nn des plus beaux édifices gothiques qui existent en France ; le palais de l'archevêché , dont le jardin dessiné par Lenôtre , est décoré d'un obélisque, monument élevé au duc de Charost , le Larochefoacault-Liancourt du xviu" siècle ; l'hôtel de la préfecture, qui était avant la Révolution l'hôtel de l'intendance, et près duquel on voit une construction gothique, enrieux débris provenant de l'ancienne église de Saint-Ursin ; c'est un portail sur lequel est nn calendrier antérieur à celui réformé par le pape Grégoire ; l'année y commence en février. — L'Hôtel-de-Ville est l'ancien hôtel de Jacques Cœur, célèbre et infortuné argentier de Charles YII , un des plus illustres citoyens dont la ville de Bourges
Suisse s'honorer. C'est un édifice gothique d'excellent goût et ont les murailles intérieures et extérieures sont décorées de sculptures gothiques du fini le plus précieux. On lit encore sur nne balustrade de pierre découpée à jour et qui communique à la campanille de l'horloge , la fameuse devise de l'ancien propriétaire de l'hôtel *: A coeur vaillant rien d'impossible. Ces mots sont écrits en lettres sculptées , précédées de cœurs et de coquilles de Saint-Jacques, armes parlantes de Jacques Cœur. — Outre la mairie, l'hôtel de Jacques "Cœur renferme les salles de la cour royale , des tribunaux deire instance , de commerce et de la justice de paix. — Les prisons sont construites sur les ruines de l'ancien palais des ducs de Berri ; ce qni reste des murailles du vieux palais , sert à enclore leurs cours. — On remarque encore à Bourges , la caserne qui est l'ancien grand séminaire , la salle de spectacle*, petit édifice, mais d'une forme élégante; l'hôpital général, l'Hôtel-Dieu , le collège, la maison de dépôt, etc. — , La bibliothèque publique est riche d'environ 18,000 volumes. On voit , parmi les manuscrits , un très beau Salluste. — La ville possède nn grand nombre d'agréables promenades , parmi lesquelles on remarque la place Sértncourr, le jardin de 1 archevêché, la
place Saint-Pierre, le cours Beauvoir, la place Villeneuve et toutes les promenades qui, ont été établies sur les anciens remparts. — La maison qu'a habitée le célèbre Cujas , et qui a été achetée par la ville pour y établir nne caserne de gendarmerie , se voit encore dans la rue des Arènes ; on y remarquait il y a quelques années , des bas-reliefs d'une sculpture curieuse, et quelques fragments de peintures à fresque. — Les rues de Bourges sont en général assez larges et bien percées , mais elles paraissent tristes et désertes à cause de la faible population de la ville et du genre de construction des maisons , qui la plupart sont situées entre cour et jardin. — L'enceinte de la ville, qui a environ une lieue de tour , renferme d'ailleurs de vastes espaces où il ne s'élève aucune habitation , et qui ne présentent que des jardins , des promenades on des cultures. — Bourges est arrosée par trois rivières, FAuron , l'Yèvre et lTèvrette, dont aucune n'est navigable. Yue du côté des portes d'Auron , la ville se présente en amphithéâtre, mais il est difficile que d'aucun côté on puisse facilement en saisir l'ensemble.
Arx-D'AivciLLoir (les), sur la rive gauche du Collins, ch.-l. de cant. , à 4 1. Ij2 N.-E. de Bourges. Pop. 1,880 hab. — Cette petite ville ancienne, à laquelle Chaumeau, l'historien du Berri, donne pour fondateur Siliacus, fils d'Ajax, parait devoir son origine à un château appartenant au xu8 siècle à un seigneur de Sully, nommé Gillon. — C'était jadis une ville entourée de fossés et de murailles dont on voit encore quelques vestiges, mais qui ruinée par les guerres civiles des xv* et xvxe siècles , n'a pas pu réparer ses pertes et n'est plus maintenant qu'un simple bourg.
Bacut, ch.-l. de eau t. , à 7 1. O. de Bourges. Pop. 887 hab. — Ce bourg , aujourd'hui pen important , est situé près des ruines d'un ancien château-fort entouré d'un double fossé dont l'un a environ 60 pieds de largeur. — Ce château fu t assiégé et pris plusieurs fois, entre autres en 1412, par Charles VI. — A un demi-quart de lieue au-delà , à l'est du bourg , on retrouve les retranchements d'un ancien camp qui a sans doute été occupé par les troupes qui ont assiégé le château.
Charost , sur la rive gauche de l'Arnon , ch.-l. de cant. , à 6 I. S.-O. de Bourges. Pop. 1,239 hab. — Ce bourg, assez mal bâti , que traverse la route royale de Bourges à Château roux , était autrefois une ville entourée de murailles garnies de tours. — Elle avait d'abord le titre de comté et fut plus tard érigée en duchépairie , en faveur d'un des descendants de Philippe de 'Béthune. — On y remarque l'église paroissiale dédiée à saint Martin, près de laquelle se trouvent les ruines de l'ancien château, vque des fossés larges et profonds et de hautes murailles bastionuées rendaient autrefois très fort. Les fortifications du château et de la ville ont été détruites pendant les guerres de la Ligue.
Gracay, sur le Fouzon , ch.-l. de cant., à 12 1. i\2 O. de Bourges. Pop 2,787 hab. — Près de Gracay et sur la route de Paris à Toulouse , on remarque un amas de sept a huit pierres énormes connues dans le pays sous le nom de Pierres folles , dont l'arrangement annonce l'ouvrage des hommes; on les considère comme les ruines de quelque monument celtique, élevé à la suite d'une victoire on en l'honneur de quelque chef. — Graçay est une petite ville mal bâtie, d'origine fort ancienne, et qui avait au moyen- ' âge le titre de baron nie. Ses seigneurs se qualifièrent de sires, tarons, et prinres ; un d'eux, Regnaud VU , vendit cette seigneurie à Jean de France, duc de Berri, qui en fit don an chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges. — Graçay était alors entourée do murailles flanquées de tours; la plus grosse, la tonr de Berlo, existait encore dans le siècle dernier, c était une masse octogone bâtie sur une élévation et soutenue par quatre forts arcs-boutants. Meuuh, sur la rive droite de l'Yèvre, ch.-l. de canton, à 4 h 1|2 N.-O. de Bourges. Pop. 3,810 hab. — Cette petite ville est très ancienne, elle a en des seigneurs particuliers jusqu'à la fin du xiue siècle. Alors elle passa par mariage à Robert de Courtcnay , petit-fils de Louis:le-Gros , et frère cadet de l'empereur de Constaniinople. — Amicie de Courtenay épousa, en 1262, Robert, comte d'Artois, neven de saint Louis. — Mehun fut confisqué en 1832 sur Robert III d'Artois, et "réuni au domaine tde l'Etat. — Charles YII aimait le séjour de Mehun. Il y avait fondé une chapelle dépendante de l'église dédiée à Notre-Dame et une ma ladrerie. Il a voulu que ses entrailles y fussent enterrées. — On voit encore près de Mehun les ruines dû vieux château qui avait été témoin des amours de ce prince avec Agnès Sorel,et où, pi us tard, craignant d'être empoisonné par son fils Louis XI , il se laissa mourir de faim. — Les débris d'une chapelle, ceux d'un escalitr gothique, une tour et quelques murailles dégradées sont les seuls restes de ce magnifique édifice , dont le feu du ciel a hâté la destruction.
ViKRzozr, sur la rive droite de l'Yèvre et sur le canal do Berri, ch.-l. de cant., à 9 1. N.-O. de Bourges. Pop. 4,706 habitants — Cette ville est fort ancienne. — Le roman des Chevaliers de la Table ronde en fait mention. D'après ce roman elle appartenait nu roi Ban de Benoit. La tradition prétend même qu'elle était construite sur lès ruines d'une ville gauloise détruite lorsque les Bituriges brûlèrent eux-mêmes les cités de leurs pays afin d'arrêter
la marche de César. — An xx* siècle Vierzon dépendait de Thibault comte de Blois, qui la donna en fief à un comte particulier nommé Hombaut-le-Tortu. La ville était alors entourée dt murailles, et possédait un château fort considérable, dont on voyait encore des ruines dans le siècle dernier. — En 1195, Richard d'Angleterre, qui se regardait comme seigneur suaerain de Vierzon, irrité de ce que le comte Guillaume !•*, refusant de le reconnaître en cette qualité, arait rendu hommage au roi de France, détruisit la Tille après l'avoir livrée nu pillage. C'est à cette époque que le château fut détruit — Vierzon fut encore prise et pillée ea 1866 par l'armée du prince Noir, elle resta au pouvoir des Au- - glais jusqu'en, 1370 qu'elle fut reprise par le connétable Duguesclin. — La postérité de HumbauMe-Tortu avait fini en 1380 dans la personne d'une fille unique qui épousa Geoffroy de Brabant, seigneur d'Arschot , dont la fille eut pour époux Gérard , comte de Juliers. Il existe des monnaies de cette dame appelée Marie, qui représentent d'un coté une croix et de l'autre un lion rampant avec ces deux mots : Domina Virxioiûi. — La seigneurie de Vierzon fat confisquée sur Guillaume de Juliers, qui prit parti
Sonr Robert, comte d'Artois dans sa rébellion contre Philippe e Valois. — Vierzon resta quelque temps réunie au domaine de la couronne et fut ensuite donnée par le roi Jean à son fils le duc de Bcrri. — Une princesso de cette maison porta par son mariage, dans le xiv* siècle ^ia seigneurie de Vierzon & un due de Bourbon; pins tard, cette seigneurie fut confisquée par François 1** comme appartenant au fameux connétable.— Vierzon a été depuis tenue par engagement par la maison de Condé. — Située au confinent da Cher et de l'ièvre, entourée de riants cûteanx et de . vastes prairies, cette ville offre un des. sites les plus agréables du département.
Sautt-Amaito , an confinent de la Marmande et dn Cher, ch.-l. d'arrond., à 11 1. S. de Bourges. Pop. 6,016 hab. — Cette ville a été bâtie dans le xvê siècle , sur remplacement où se tenaient les foires d'Orval , gros bourg peu éloigne du château de Mont-Rond. En 1410, ce château et Orval, assiégés par les Anglais, furent prw et brûlés. — Le connétable d'Albret , qui en était seigneur, fit élever sur le champ de foire des baraques où se retirèrent les habitants ; bientôt ces baraques devinrent des maisons , la population augmenta, et en 1464 on ceignit de murailles la ville nouvelle , qui prit alors le nom de Saint- Amand. — Le château de Mont-Rond avait été rétabli , il passait pour une des places les pins fortes du royaume. Maximilien de Béthune-, duc de Sully, y avait fuit ajouter de nouvelles fortifications. Il le vendit en 1666 au prince de Condé , qui augmenta encore ses moyens de défense. — Pendant les guerres civiles du xvu* siècle , ce château fut occupé, en 1650, 1661 et 1662, par les partisans des princes armés contre l'autorité royale.—- Le comte de Palluau l'attaqua en 1661, et ne parvint à s'en rendre maître qu'après un siège qui dnra un an. Le château de Mont-Roud fut démoli en t652 : on peut juger encore par ses ruines , qui dominent Saint-Amand , quelle a été son importance réelle. — Saint-Amand est une très jolie ville régulière, ornée de constructions d'assez bon rfbût, et près de laquelle passe un des embranchements dn canal du Bcrri.
Cbateau-Meillant, ch.-l. de cant. , à 8 1. S.-O. de S t- Amand. Pop. 2,456 bab.— Cette petito ville , dont on attribue la fondation anx Romains, est sitnée sur le flanc d'nn coteau, dans un pays qni offre des aspects variés et agréables.— On y remarque un ancien château, que Ton fait remonter jusqu'à l'époque romaine, oui est accolé à une grosse tour carrée , de 72 pieds de haut et de V de large , dont les murailles ont 15 pieds d'épaisseur. On voyait autrefois sur la lanterne de l'espèce de dôme qui servait de toiture à ce château , une statue de cuivre doré représentant une femme dont la partie inférieure du corps se terminait en queue de serpent; c était Mellusioe, cimier des armes de la maison de Saint- Gelais-Lusiguan , à laquelle la seigneurie de château-Meillant avait appartenu. — Ce château , entouré d'eau , offre un singulier mélange d'arebiteoture de plusieurs siècles et de genres opposés. De grosses tours carrées, avec des meurtrières et 'des mâchicoulis à la sarrasine , s'/ trouvent aocolces à des tours et des tourelles octogones décorées de précieuses sculptures et d'arabesques fantastiques.
Chatkau-Nkuf, sur le Cher, ch.-l. de cant., à 6 1. f |2 N.-O. de Saint-Amand. Pop. 2j019 bab. — Cette petite ville ancienne était autrefois défendue par un château -fort bâti par Guillaume de l'Aubépine, un de ses seigneurs ; elle se divisait en ville basse et en ville hante. La ville basse , située sur le penchant do la colline, s'étend jusqu'à la rivière du Cher. 11 reste a peine quelques traces de son ancien châtean.
Cuatelet (lkJ , sur la rive droite du Portefeuille , chef-lieu de cant. , à 4 I. O. «le Saint-Amand. Pop. 1,868. — Ce bourg , qui renferme nu assez grand nombre de mauons bourgeoises propres et agréables , est dominé par une hauteur sur laquelle on remarque les vestiges d'an ancien château du xu6 siècle , qui a sans doute donné le nom au bourg.
Cullan , sur la rive gaurlie de TArnon , à 5 1. S.-O. de Saint- Amand. Pop. 1,169 liab. — Cullan est une petite ville assez agréa* blement située sur la créto et sur le penchant d'une montagne , an
sommet de laquelle on remarque les ruines du château de Croï , ancienne forteresse féodale du xne siècle, que flanquent encore trois grosses tours à mâchicoulis et à meurtrières.
Dun-le-Rox , sur la rive droite do l'Auron , ch.-l. de cant. , à 5 1. 19. de Saint-Amand. Pop. 6,674 bab.— Cette ville, où quelques auteurs ont voulu retrouver le Nfiodumum qui se soumit à César, lorsqu'il entra sur le territoire des Bituriges , était dans le xti* siècle une des trois principales cités de l'Aquitaine. Elle était alors entourée do murs et protégée par un château-fort. — En 1166, les habitants du Bcrri , commandés par Ebb'es de Charenton «t réunis aux troupes de Philippe-Auguste , détruisirent , dans les environs de Dun-Ie-Roi , une bande de 10,000 brigands qni, sono le nom de Cottereaux ou Routiers , ravageaient la France. — Don eut long-temps des seigneurs particuliers ; elle fut réunie an domaine royal par Philippe Ier. — Philipne-Ie-Bel l'échangea avec Henri de Sully; mais les bourgeois de f)un furent si touchés de cette aliénation , qu'ils prièrent Charles IV de la révoquer, et lui payèrent 4,000 livres pari sis pour que la ville demenrât perpétuellement annexée au domaine royal. On pense que c'est a cette occasion qu'elle a pris le nom de Dun-/«-Aeï. — Charles VU oublia, les promesses de .Charles IV, et donna en 1460 la ville de Dun à un seigneur écossais qui lui avait amené un renfort considérable ; mais à la demande des habitants, il révoqna bientôt cette donation et rétablit la Tille dans le domaine de la couronne. — Sons le règne de ce prince, pun eut ses faubourgs brûlés par les Anglais, la ville même fut prise et pillée en 1621. — Dun-le-Roi n'est plus aujourd'hui qu'une petite ville sans importance.
Ligkieru , sur la rive droite de l'Arnon , cbef-1. de cant. (il I. f ]2 O. de Saint* Amand. Pop. 1,967 bab. — Cette petite rifle , autrefois close de murailles défendues par des tours et par dea fossés , est située dans un vallon riant et «fertile ; c'était le siège d'une baronnie dont les seigneurs prenaient le titre de sirts, primées #1 btrom de IdgmiiM». — Lignières a possédé an moyen-âge un château qui passait pour un des plus forts du Berri, et qni servit de refuge aux familles de Charles VI et de Charles VII , surtout lorsque ce dernier, dont le royaume était an pouvoir des Anglais % se voyait réduit à la simple condition de roi de Bourges. (Test & Lignières que fut élevée fa première épouse de Louis XII, Jeannede-France , fille de Louis XI; cette princesse /retirée à Bourges après son divorce , visita souvent le lieu où s'étaient paisiblement écoulées ses premières années. — Lignières fut le berceau dn calvinisme dans le Berri ; Calvin, lorsqu il faisait son droit à Bourges, venait s'y exercer à prêcher et y était favorablement accueilli par le seigneur et par les habitants. — La ville eut à souffrir dans lea guerres de religion ; elle fut pillée et brûlée en 1561 et 1560. — Près de Lignières , et de l'autre côté de l'Arnon , est le grand étang de VUliers, fort poissonneux, et qui a près de sept Ueuca de tour. — A deux lieues au nord de Lignières , et sur le chemin} vicinal qui conduit à Issoudun , on trouve les restes de l'ancienne abbaye de Cbézal-Benott , magnifique couvent, un des cbefs-Ueux de l'ordro des Bénédictius , et qni jouissait de plus de 40,000 livres de rente. L'origine de cette abbaye remonte à l'an 100S. — L'église est une des plus belles et des plus vastes du département ; mais elle est dans un état complet de dégradation , et a besoin de nombreuses réparations.— La maison conventuelle est nn très bel édifice en bon état ; les bâtiments qui en dépendent, un jardin de plusieurs arpents entouré de murs, une fontaine, an réservoir, de superbes cours, etc., la rendent très propre à recevoir nn collège ou un grand établissement industriel.
Sarcerre, à une demi-lieue sur la rive gauche de la Loire, ch.-l. d'arrond., à tl 1. 1]2 N.-E. de Bourges. Pop. 6,062 hahv. — Cette ville, située sur le sommet d'une montagne, est mal bâtie , mal percée ; la plupart de tes rues , à cause de leur pente rapide, sont impraticables pour les voitures. —Mais si l'intérieur de la ville est peu agréable pour les habitants « ils en sont dé* dommages par lea perspectives magnifiques dont ils jouissent de différents endroits , et surtout de l'esplanade de la porte de César, d'où Ton plane sur un vaste panorama qui domine lea coteeea; couverts de vignes , lea riants vallons du Sancerrois , et d'où fon découvre pendant 14 lieues la belje vallée de la Loire , le fleuve au cours tortueux, les villes riches et commerçantes qui ornent ntB bords. — Suivaut quelques auteurs , Saucerre aurait été bâti par Jules-César ; mais cette opinion n'est pas admise par les boa* critiques. On croit que c'est une ville plus moderne, fondée par Charlemagne, qui la peupla d'une colonie de Saxons.— L'origine du nom de Sanccrre ne serait donc pas Sacrum C*$*ris ; mai*. Saxicut-Pieus. — Cette ville eut , dès le xiii* t iècle , le titre de comté; elle passa de la maison de Champagne dans celle d« Germon t, en 1405, par le mariage de Marguerite, seule béri— tière de Jean , comte de Sancerrc.— En 1466 , une autre Marguerite l'apporta dans la maison de Beuil; enfin, en 1614, elle devint la propriété de Henri de Bourbon , prince de Condé , et cllej est restée la propriété de cette maison jusqn'en 1769.— Cette viliej a été long-temps une des forteresses principales dea calvinistes*» Elle soutint plusieurs sièges; le plus mémorable est celui de 1673,» Les assiégés firent nue résistance telle que l'on dot convertir lei
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siège en blocus et chercher à les affamer; la famine y devint telle, en effet , qu'après avoir épuisé les provisions les plus immondes, les habitants en vinrent à se nourrir de .chair hnmaine.
— En 1521, Sancerre fut pris par le prince de Condé; ses fortifications furent alors détruites et ses murailles rasées. Toutes les paroisses voisines et toutes les Tilles du Berri envoyèrent des ouvriers pour travailler à sa démolition ; Bourses seule en fournit 1,900. — .Sancerre fut encore, en 1796, le théâtre d'une insurrection royaliste , à la tête de laquelle se trouvait Phelippeaux , qui depuis défendit, malheureusement avec tant de succès, Saint- Jcan-d'Acre eontre Bonaparte. Cette iasurreetiou fut promptement réprimée. — Il ne reste des anciennes fortifications de Saneerre que quelques fragments épars et les ruines de son ancien château. On remarque surtout une haute tour qui domine la ville et dont les murailles ont 14 pieds d'épaisseur, — Une belle promenade » qu'on nomme Ut Remparts, a remplacé les fortifications.
— La ville s'est embellie depuis quelques années ; elle renferme trois places principales , nue fontaine et plusieurs puits publics. Clle possède aussi un collège, un hôpital, quelques églises d'origine ancienne, etc. — Près de Sancerre se trou y e le bourg de Samt-Satnr , autrefois siège d'une riche et antique abbaye ; c'est de cette commune que dépend le port de Saint-Thibault, où Ton embarque sur U Loire tous les vins qu'on exporte du Sancerrois.
Atjbiobt. , sur la Hère, ch.-l. de cant. , à 9 1. Zl.-O. de Sanferre. Pop. 9,109 hab. —Cette ville, qui est traversée par la route de Bourges à Paris , existait dans le xi* siècle , et avait àkà lors des seigneurs particuliers , qui en firent don au chapitre de l'église Saint-Martin de Tours. — L'église paroissiale de Ja ville est nussi dédiée à Saint-Martin, — Aubtcny était alors défendu par un château-fort considérable et par ae hautes muraille» avec de profonds fossés. On y comptait 4 portes avec autant de faubourgs.
— Le chapitre de Saint-Martin , afin de s'assurer la protection des rois de France, consentit à partager la seigneurie d'Aubigny avec Louis VII , et céda plus tard l'autre moitié à Pbttippe-Auguste. — Anbiguy fut donné en apanage, par Philippe-le-Bel à Louis de France , chef de la maison de d'Evreux j l'extinction de cette maison fit rentrer cette ville dans le domaine de la couronne»
— Charles Vil , en récompense des services que hii avait rendus Jean S tuait, connétable d'Ecosse, lui donna, en 1426,1a ville et la cbâteHenie d'Aubigny. — Pendant la captivité dn roi Jean , celte ville fut prise et brûlée par les Anglais; on la reconstruisit; mais elle fut ae nouveau détruite, en 1511, par nu incendie qui n'é-
f»argna qu'une seule maison. A l'époqne des guerres de la Ligue, e duc de la Châtre assiégea Anbiguy ; mais les habitants, encouragea par l'axes doc de Lenox,
rages par l'exemple de Catherine de Balsae, veuve d'Ëdme Stnart, doc de Lenox, firent une tella résistance qu'il* le contraignirent à lever le siège. — Malgré ses fréquents désastres et ses recoas*
tractions successives, Anbiguy est une ville petite, laide et mal bâtie. Elle a perdu toute son importance, qui a doré jusqu'à la fin du siècle dernier, grâce à un commerce considérable de draperie, malheureusement aujourd'hui sans aliment et sans activité. HurnicaxMOjrr, ch.-l. de cent., i 6 I, fl|4 O. de êoneerre. Pop. 2,97* hab. — • Henriehemont était autrefois, le chef - lien d'une principauté appartenant à la maison d'Albret , et qui dans le xve siècle se nommait Boisbelle. — Les sires d'Albret avaient J'babitudc de dire qu'Us ne tenaient leur souveraineté de Boisbelle que de Dieu et de leur épée. Ils avaient tous les droite royanx et faisaient battre monnaie en leur nom et à leur effigie. Leurs privilèges avaient été confirmés par Henri IV, Louis XIII et même par Louis XIV. Cette principauté avait passé par mariage de la maison de Sully dans celle d'Albret. Le fameux Maximilien de Bétbune, duc de Sully, la racheta en 1597 , et elle resta dans sa maison jusqu'à sa réunion définitive à la couronne de France en 1789. — Ce fut Maximilien de Bétbune, duc de Sully, qui fit bâtir la ville d'Henricbemont et qui lui donna ee nom en l'honneur de Henri IV. — * Le territoire de la principauté d'Henrïchemont avait environ 12 lienes de circonférence,— Henriehemont est une petite ville jolie, régulière , bien bâtie/ Au milieu est une vaste place entourée de bâtiments pnvformea, et où aboutissent les quatre principales rues de la tille. ^Presque fautes les maisons sont en briques et d'un aspeet aj
bitisiow vounçra »
Por.rri Qnt. — Le département nomme 4 dépurés. * •
Il est divisé en 4 arrondissements électoraux , dont lel ch.-Itenx sont : Bourges ( ville et arrondi), Saint-Amand, Sancerre. — Le nombre des électeurs est de 1,068.
Apmhv istratitr, — Le chef -lieu de la préfecture est Bourges.
Le département se divise en 8 sons-préf. on arrond. commun.
Bourges 10 cantons, 108 communes , 97,187 habit.
Saint-Amand. . . 11 110 91,782
Sancerre 8 76 66,790
Total. ... -29 cantons, 298 communes, 256,059 babil. Sereiee du Trésor publie. — 1 receveur général et 1 payeur (refluant à Bourges), 2 receveurs particuliers, 8 percept, darrond.
CmUUkuiimu direct es,— 1 directeur («Bourges) et 1 inspecteur.
Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Bourges), 1 inspecteur , 8 vérificateurs.
Ifypothèfmt, •- 8 conservateurs dans les chefs-liens d'arrondissements communaux.
Co*jribnti*u indire+tes. — 1 directeur (* Bourges), 1 directeur d'arrondissement, 8 receveurs entreposeurs.
Forêts. — Le départem. fait partie de la 22* conserv. forestière, dont le chef-lien cet à Bourges.*- 1 conservateur à Bourges.
Ponts-4t~ek*msséts. — Le département fait partie sic la 4* inspection, dont le chef-lien est Dijon. — Il y a 4 ingénieurs en chef en résidence à Bourges et à Saint-Amand , dont S sont chargés de la surveillance de la navigation dn Cher et du canal em Barri.
Minet, — Le département fait partie du 11* arrondissement et de la 8* division , dont le chef-lieu est Dijon.
Haras. —, Le département, fait pariie , pour Ja* «ourses 4c chevaux» dn A*àfTond..de concours, dont le chef-lieu est Limoges.
Loterie. *- Les bénéfices de l'administration de- la loterie sur las * mises effectuées, dans le dppaftement présentent (pour 1881 comparé à 1880), une augmentation de 1,72a fr.
Militai*!.*- Bourges est le quartier général de la 14* division militaire, qui se compose des départements dn .Cher, de l'Indre, la Greuac,lalfièvrc et la Haute-Vienne. — Il y a à Bourfest 1 lieutenant général commandant la division, 1 maréchal de camp, commandant le département , et 2 sous-intendants. — Le dépôt de recrutement est à Bourges. *— La compagnie de gendarmerie départementale fait. partie de la 8€ légion, dont le chef-lien est à Moulas*.
Judiciaire. — La cour royale de Bourges comprend dans sonressort les tribunaux du Cher ', de l'Indre et de la llièvre. — Il y a dans le département 8 tribunaux du in instance : à Bourges , Saint -Arnaud' et Sancerre, et 1 tribunal de commerce, à Bourges.
RlLiGiatJssv — Culte eatholiqu*. — Le département possède un arebevéeué , érigé daniie tu* siècle /dont le' siège cet à Bourges , et qoi a pour auffragunar les éeccaés de Ctermoat, Limoges , Lu Pu y, Tulle*, Saiat*-Flour. — Le département forme , arec celui de rindra , l'arrondissement du diocèse de Bourges.— 1\ y a dans la département , — à Bourges , nn séminaire diocésain qui oosnptc 104 élevés , nue école secondaire eooLés>astique.«w»Le département renferme 2 cures de lre classe, 88 de 2*, 168 succursales et 9 vicariats. — Il y existe 22 congrégations religieuses de femmes , consacrées au service- des hôpitaux, à- porter fies secours à domicile, à l'instruction de 460 petites filles pauvres , et aux soins à* donner à 400 pauvre» infirmes et enfants trouvés des deux ut%e* ; — 6 frères des écoles chrétiennes, qur donnent gratuitement l'instruction à 850 garçons.
Culte protestant. — Les réformés du département ont 2 églises réformées qui relèvent de l'église consistons le d'Orléans , la l1* à Saneerre et la 2e à Asnière \ elles sont desservies par 1 pasteur.-— Il y a en outre dans le département un temple. — On y compte 2 sociétés bibliqùes> 8 sociétés des missions évangéjlques, 2 sociétés des traités religieux et 8 écoles protestantes. * %
Universitaire «■» Le département possède une Académie de l'université, dont Je çhef-1. est à Bourges, et qui comprend dans son ressort le Cher, lîndre et la Nièvre.'
Instruction publique.— Il y a dan* le département , —à Bourges : un collège royal de 2* classe, qui comité 241 élèves ;— et 2 collèges : à Saint-Amand, à âaneerne;»— une .école normale primaire à Bourges. — Le nombre deé écoles primaires du département est de 171 , qui sont fréquentées par 5,775 élèves, dont 4,260 garçons et 1,515 filles. — Les connu, privées d'écoles sont au nombre de 210.
Sociétés savautks , etc. •— Û existe — à Bourges nnc Société d'Agriculture , Commerce et Ajit ; — à Saint-Amand et Sancerre des Sociétés d'Agriculture* — à Bourges un cours de géométrie et de "mécanique appliquées aux arts, une école d'accouchement, A
*o*trx.ATiow.
D'après le dernier recensement officiel , elle est de 256,069 h. , et fournit annuellement à l'armée 6*78 jeunes soldats.
Le mouvement eu 1880 a été de»
Mariages. .......... .....»«.%.#• • 2,(05
Naissances. Masculins. Féminins. •
' Enfants légitimes 4.070. .-~ V^ J t^.3 mm— -1 naturels .660 — 605 ) ™ M» Décès 8*688 — 8,346 Total 7,029
•Ami» VATZOVAXA
Le nombre de$ citoyens inscrits est de 47,929 , Dont : 18,088 contrôle de réserve.
29346 contrôle de service ordinaire.
Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 29,416 infuiAerie. — 64 cavalerie. — 61 artillerie, i— 296 tt> peurs-pompiers.
On en compte: armés, 6,008 ; équipés, 1,864; ltahillss, 8,669. 18,876 sent susceptibles d'être mobilises,
Ainsi, sur 1000 individus de la population générale, 190 sont inscrits an registre matricule, et 68 dans ce nombre sont mobilisables ; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule , 00 sont soumis au service ordin., et 40 appartiennent à la réserve.
Les arsenaux de l'Etat ont fourni à la garde nationale 4,989 fusils , 180 mousquetons , 2 canons /et un assez grand nombre de pistolets, sabres*, etc.
Le département a payé à l'Etat (18*1) :
Contributions directes
Enregistrement , timbre et domaines. . . Boissons, droits divers , Ubacs et poudres.
Postes
Produit des coupes de bois.
Loterie '
Ressources extraordinaires
lesquels figurent :
Total. . . .
H a reçu du trésor 3,917,269 f . 49 c. , dans 1a dette publique et les dotations pour. . . . Les dépenses du ministère de la justice. . . .
de l'instruction publique et dès cultes.
de l'intérieur
du commerce et des travaux publics. .
de la guerre
de la marine
des finances
Les frais de régie et de perception des impots. Remboursera., restitut., non valeurs et primes.
Total . . .
Gea deux sommes totales de paiements et de recettes représentant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département paie annuellement , et de plus qu'il ne reçoit, 1,891,768 fr. 65 cent. ; cette somme, consacrée aux dépenses du gouvernement central , équivaut environ au septième du revenu territorial du département.
Birarose DÉMmTnmrejLUs.
Elles s'élèvent (en 1881) à 286,849 f. 85 c. Savoir : Dép. fixes : traitements , abonnem., etc. Dép. variables : loyers, réparations, secours, etc. Dans cette dernière somme figurent pour ' 19,650 f. » c. les prisons départementales, 58,667 19 les enfants trouvés.
Les secours accordés par l'Etat pour grêle, incendie , épizootie , etc. , sont de
Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. . . . Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . Les frais de justice avancés par l'Etat de. ...
m>TJSTUX AUUCO&E.
Sur une superficie de 701,661 hectares, le départ, en compte : 867,220 mis en culture. — 78,000 prés et pâtures. — 8,000 jardins, vergers, etc. — 149,198 forêts. — 11,694 vignes. — 63,000 landes et friches.
Le revenu territorial est évalué à 9,985,000 francs.
Le département renferme environ : 16,000 chevaux. — 85,000 bétes à cornes (race bovine). — 600,000 moutons.
Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 570,000 kilogrammes.
Le produit annuel du sol est d'environ ,
En céréales. / . . . ... 1,238,500 hectolitres.
En avoines. 855,000 id.
En vins; . .......... 254,000 id.
' Malgré l'exemple donné par'des propriétaires instruits, l'agriculture a fait peu -de progrès. Le département fournit néanmoins nn excédant en céréales. — - L'usage des prairies artificielles y est encore peu répandu ; mais on y trouve d'assez belles prairies naturelles. — Le chanvre est un des principaux produits , et il est généralement d'une très belle qualité; on en évalue la récolte annuelle à plus de 750,000 kil. — 11 y a des vignes dans les trois arrondissements ; mais les vignobles du Sancerrois sont les plus estimés. On y cite les vins rouges de Chéne-Marchand , de Cbainptan , de Friambean et les vins blancs de l'Epée et de la Perrière. La race ovine, quoique assez belle, peut encore être perfectionnée, surtout dans la Sologne, Le département du Cher a fourni en 1888 à la consommation de Paris 16,749 moutons d'une valeur ensemble de 868,478 francs. — Les chevaux du Berri ont eu de la réputation du temps de Henri IV ; mais l'espèce est Aujourd'hui complètement dégradée. — On engraisse aussi des bétes à cornes qui servent à la consommation de la capitale. — Les
chèvres sont assez multipliées , dans les environs de Saint- Arnaud et de Sancerrc, pour que la vente de leurs peaux donne lieu m un commerce d'exportation. On fait avec leur lait dea fromage» estimés, parmi lesquels on cite «les erotins de Chaeignol.—Qm Hère un grand nombre de porcs. La charcuterie de Yierzon est as ara recherdiée. — Puisque nous parlons des comestibles produits par le département, nous dirons qu'on estime les carpes du Cher* les fruits de Saint -Martin-d'Auxigny et les mousserons récoltés aux environs de Saint-Amand.
Les établissements métallurgiques occupent le premier rang* dans le département, oui renferme 15 hauts fourneaux pour fonte en gueuse et moulcrie ; 2 fours d'affinage à la houille et M forges et fonderies. — Le produit des usines à 1er y était, en 1826% d'environ 7,500,000 kil. de fonte , dont on exportait 2^50,000 et dont 5,250,000 étaient convertis en fer et produisaient t/HOQfiOm) kil., tant en barres qu'en verges. Le nombre d'ouvriers de tonte en* pèce employés pour le service de cet établissement était de 2,000. —Les fabriques de draps ont eu autrefois une importance qu'elle» ont aujourd'hui presque totalement perdue. Henrichemont et Aubigny-la-Ville sont néanmoins encore le centre d'une fabrication de draps commun et d'un commerce comidérable de laines. Mais les productions de ces fabriques sont loin de jouir de l'estime qu'obtenaient autrefois les draps du Berri ; alors que dams le XVe siècle, lors du mariage des personnes riches, on stipulait dans le contrat que les habits de la future seraient en draps fins de Bourges. Il existait encore naguère dans le département une fabrique de drçps pour l'habillement des troupes qui avait obteno une médaille d'argent. — On *trouyc , dans quelaues localités, des blanchisseries pour les laines, des fabriques de toiles communes, de toiles à voiles, des filatures de coton.— La coutellerie de Bourges est estimée. — Le département possède plusieurs fabriques de porcelaines, des tanneries , des brasseries , etc. — Oai y exploite de la manganèse et de l'ocre excellente.— Le commerce des laines y a beaucoup d'importance, ainsi que celui des vis» et des bois , des fruits à couteaux et des châtaignes. — Il existait autrefois dans le pays plusieurs verreries, qui, depuis quelques années , ont cessé de travailler. — On exploite à Guedmon p près de Dun - le - Roi , d'excellentes pierres lithographiques. — Les carrières de pierres meulières de M cillant fournissent des meules recherchées. — Il y a à Yarcnnes , près de Vierzon- Ville, un très beau moulin à farine, avec bluterie façon anglaise.
Récompenses industrielles. — A l'exposition dea de l'industrie de 1884 , une mxwtioh bohorabls s été t à M. le comte d'Osmond ( de Bigny ), pour /rr#.— A l'exp de 1827, 2 médailles d'argent avaient été décernée» , l'uses MM. Jourangin frères (de Bourges), pour excellent» draps detiimés à l'habillement des troupes, fabriqués à bas prix avec les laines de pays; l'autre à MM. Aubertot père et fils ( de Yiersoe ) , pour divers objets en fonte de fer; ces derniers avaient obtenu sussi sms mention honorable pour divers échantillons àe fer forgés; cens M. Pilliivuy t (de Foècy) avait reçu une médaille m sapes* peso* fabrication de porcelaine.
Foires. — Le nombre des foires du département est de 212- Elles se tiennent dans 51 communes, dont 26 chefs-lieux f et durant pour la plupart 2 à 8 jours , remplissent 241 journées.
Les foires mobiles, au nombre de 56, occupent 64 journées.
247 communes sont privées de foires.
Les articles de commerce sont : les boeufs de trait et le boeufs gras , les bestiaux de toute espèce , les chevaux , les Anes et les mulets , les laines en suint, les toiles, le bois merrain , les sabot», les châtaignes , etc. Quelques-unes de ces foires sont des assemblées pour la location des domestiques. — Les foires de Bourges existaient déjà en 1012 ; on y vendait alors beaucoup de draps et de laines.
Statistique du département du Cher, par le citoyen Lucay, prs&tj in-8. Paris, an x. — Topographie du départ, du Cher (Annales mm Statistique, t. vin , p. 47) ; in-8. Paris. — Annuaire du départ dm . Cher pour l'an xn ; in-12. Bourges, 1808.— Considérations sur «m partie du Berri, le départ, du Cher, par F. M. BerthoUet. ->» F w mm tu critique des considérations sur le départ, du Cher, par Réboy. — Tm~ bleau de la navigation du Cher sous le règne de Napoléon, par M esQeti in-24. Bourges, an X*i. — Description historique et monumental* dm l'église patriarcale , primatiale et métropolitaine de Bourges, par J.-S. Romclot, chanoine; in-8. Bourges, 1824. — Histoire dm km ville de Sancerre ; in-12. Cosne, 1826. — Statistique du départ, dm Cher, par M. P. A. Butet; in-8. Bourges, 1829. '
A. HUGO
On souscrit cftes DeXLOTE, éditeur, place et la Bosrat, r*c se FHHa-S-Tli omi, >«,
Paria. — Imprimerie et Fonderie de Rioirovx et Cctop., rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 8.
Département de la Corrèze.
Le Limousin, qui, en 1790, s'est subdivisé en deux départements, la Corrèze et la Haute-Vienne, est une des provinces que l'avènement de Henri IV au trône a réunies à la couronne de France.
Lorque César vint dans les Gaules, ce territoire était occupé par les Lemovlces , peuples guerriers qui luttèrent long-temps et avec courage contre les conquérants. Sous Honorius, le Limousin se trouva compris dans la première Aquitaine. De la domination des Romains, il passa sous celle des Yisigoths, puis des Francs; et en 778, il fit partie dû royaume d'Aquitaine érigé par Charlemagne en faveur de son lîls Louis-le-J)ébonnaire. Dès le iz* siècle, il eut des gouverneurs qui bientôt devinrent indépendants et prirent le titre de vicomtes de Limoges. Eléonore de Guienne, en épousant Heriri II, transmit le Limousin aux Anglais. Philippe-Auguste le confisqua sur Jeansans-Terre aux successeurs duquel il fut rendu par Saint-Louis. Il revint à la France sous le règne de Charles VII, passa par alliance aux ducs de Bretagne, puis à la maison d'Albret,et fit enfin partie de l'héritage que Jeanne d'Albret légua à 'son fils Henri de Bourbon, depuis Henri IV.
antiquités.
Le département renferme un grand nombre de monuments de l'époque gauloise. Comme en Bretagne, ce sont des peulwens, des dolmens (dont un des plus remarquables est celui de Clairfage), des tombelles et des pierres branlantes; mais on on y trouve de plus ce qu'on n'a pas encore remarqué dans les contrées armoricaines, des forteresses gauloises placées sur les hauts sommets, entourées d'un ou de plusieurs fossés et formées d'énormes quartiers de roches brutes disposées erï murailles perpendiculaires. Le silence des historiens latins semblerait prouver que ces forteresses sont antérieures aux temps où les Romains sont venus dans les Gaules. — La plus curieuse de toutes est celle de JRoc-de-FÏCj placée sur le cône tronqué d'un mamelon isolé d'où l'on peut découvrir tous les plateaux à 'dix lieues à la ronde. Roc-de-Vic est un point central. Sur des puys seoondaires existent auteur de l'horizon des forts plus petits, disposés dé façon à communiquer, T. I. — 34. '
soit par des feux, soit par d'autres signaux, avec la forteresse principale. On en compte ainsi huit ^ qui sont :> Puy-Chaslellux , Puy-de-Fourches , Puy'-Chameif, Puy-Sarjani , Puy-de-las-Flours , Puy-Pauliac , Puy-du-Sault et Puy-Bernère. — La forteresse de Roc-de-Vic figure un ovale d'environ 600 pieds dans son plus grand diamètre; elle est entourée de deux fossés, dans l'un desquels était une source recouverte de décombres et qui reparaît à quelque distance du sommet. Les murailles coupées à pic dans le roc ou faites avec des blocs superposés ont de 20 à 40 pieds de hauteur. Une pente étroite ménagée de chaque côté permet l'accès du plateau culminant : là se trouvent des amas de pierres de différentes grosseurs propres à servir de projectiles, une pierre branlante et un reste de muraille circulaire qui peut avoir servi à abriter un vaste foyer , ou qui peut-être était la base d'une tour aujourd'hui renversée. D'ailleurs nulle inscription, nulle sculpture, nul débris qui puisse servir à faire connaître pour quels guerriers ces lieux de défense et de retraite avaient été préparés. — Les antiquités romaines sont moins nombreuses que les antiquités gauloises : ce sont deux ou trois tours ruinées, des restes de voies militaires, des aqueducs souterrains, quelques bustes mutilés, des tronçons de statues, une aigle colossale en granit, des vases, des urnes, des médailles , etc. — Les ruines auxquelles les savants du. pays attachent le plus d'importance se trouvent à deux lieues environ au nord de Tulle, au hameau de Tintignac, où Baluze a cru reconnaître l'ancienne Bajtiatum de Ptolémée. 11 paraît certain que ce lieu a été une station romaine. Les noms des villages environnants sont latins , Césarin , Bach , Montjove : (Mons-Jovis), Soleil-Avoulp (Sol-Avulsus), etc. Les ruines que Baluze a examinées, et qui de son temps présentaient la forme d'un amphithéâtre de 192 pieds de long sur 144 de large, ont disparu. Il ne reste que quelques murs à fleur de terre et dont il est impossible, à moins de faire des Fouilles, de constater la direction. Ce lieu s'appelle encore le» Arènes, — Les ruines d'édifices du moyen âge sont moins rares. Celles des monastères d'Oba.zine etdeCoiroux méritent d'être visitées. Outre une église gothique, ornée de sculptures variées et qui renferme le tombeau de saint Etienne (mo«'
FRANGE PITTORESQUE. — CORREiE.
9meaemamawaamÊBmmaBmstm
nument d'un goût exquis et d'une exécution parfaite , dans le genre des tombeaux des ducs de Bourgogne à Dijon ou de François II a Nantes, mais beaucoup plus ancien), on voit à Obazine un canal J de plus d'un quart de lieue de long, creusé dans le rocher pour amener l'eau dans de vastes bassins qui servaient de vivinas aux moines. Tous ces travaux sont dignes delre admirés, •*
liras.
CABJLCTEBJES ET
m Les habitants du département sont intelligents,
t actif* , laborieux * naturellement gais , faciles , communicalifs, charitables, généralement nourris dans les sentiments d'une sévère probité, quoique la conscience de leur droit et peut-être aussi un peu le goût des émotions les rendent assez processifs. Us ont de la loyauté et de la franchise; une brusquerie qui cache un bon naturel, et une apparence de bonhomie qui couvre aussi parfois de la finesse» de la malice et de la causticité.
Le peuple des villes, manquant généralement, par la modicité des fortunes, de moyens de chercher l'aisanee dans l'industrie, tache d'y suppléer par une sévère économie : de là la nécessité d'éviter toute* réunion dispendieuse et de se renfermer dans le foyer domestique; si les mœurs
' Y ffagoent , l'esprit de sociabilité y perd.
Malheureusement un usage consacré, par les anciennes lois du pays, et toléré par certaines dispositions de notre nouveau Code, ne fait pas tourner ces habitudes de vie intérieure au profit des affections de famille. Dans la plupart des maisons aisées, l'aîné des enfants mâles, ou l'ainée des filles s'il n'y a pas de garçons f prélève un quart de l'héritage paternel et reçoit ensuite, de ce qui reste, une part égale à celle de chacun des
x copartàgeants. Il a en outre le privilège, lorsqu'il se marie, d'habiter la majson de la famille et d'y vivre, lui, sa femme et ses enfants, aux dépens de la fortune de tous, jusqu'au moment où la mort du père vient lui en livrer la plus forte paru Aussi voit-on up grand nombre de familles limousines aigries par les procès, divisées par les haines. Les frères regardent leur aine comme un spoliateur, comme un ennemi donné par la nature. A l'inimitié des frères succède celle de leurs enfants entre eux. L'esprit de famille se perd ainsi. Si dans les villes ces sentiments sont comprimés par les habitudes et par l'éducation, en revanche dans les campagnes ils éclatent quelquefois avec fureur. Dans la montagne, il y a quelques dix ans que deux familles entières s'exterminèrent par des assassinats successifs. Elles étaient parentes à un degré très rapproché. Il y eut en trois ans, de chaque côté, cinq garçons tués à coups de fusil. Le dernier qui survécut se noya en cherchant à pe sauver, après avoir assassiné son cousin.
La .dureté de la lot a sans doute donné naissance à l'impolitesse du langage. L'habitude de né considérer que l'alné a fait regarder les cadets comme peu de chose et les filles comme riea du tout. Une femme à qui vous demandez si elle a des enfants vous répond très sérieusement: «Non, je n'en ai pas»; et un instant après elle tous dit qu'elle a trots filles : car une fille n'est qu'use fille, un garçon a seul le privilège d'être un enfant,
Lesjjabitants des campagnes ont aussi de l'intelligence et le goûl e^rtraviil Ils sont encore fortement soumis aux idées religieuses : ils ont beaucoup d'attachement pour leurs familles et pour leur lieu natal. On les accuse d'être intéressés et facilement disposés à croire que tout ce qui leur convient leur est permis. Ils spot fins et même rusés dans leurs relations avec les bourgeois, qu'ils- ne se font pas assez dé scrupule de tromper; mais ils ont plus de franchise dans leurs relations entre eux.
On trouve parmi ces paysans grossiers des hommes qui ont dans le coeur place pour de no* blés sentiments, et qui sont capables degéufreui dévouements. Voici un trait remarquable d'amour paternel. Les habitants dû pays ont une invincible antipathie pour le service militaire; ils s'estropient, afin de ne pas être blessés à la (pierre. Ib se donnent des maladies immondes et incurables, de peur d'être exposé» à aller mourir tout l*J drapeaux : enfin il y a toujours cinq ou six ceeU retardataires insoumis dans le ^département, le grand et fort jeune homme , fils unique (Tua paysan peu aisé, prit un numéro partant et Jnt reconnu propre au service; le père et la inertes furent désolés, la mère surtout qui adorait toi fils. Le père vient à Tulle le jour où s'assemblait le conseil de révision. Il se fait expliquer la p**1" lion de son fils; il apprend que rien ne pétille soustraire à la loi du recrutement. Alors , s'adre*sanHiu conseil : « Un fils unique de vente est-u a exempt de droit? demaude-t-il, — Çertaine- « ment, lui répond-on, cela ne l ait pas doqtc. — a En ce cas, vous pouvez rayer mon fils; dans ose o demi-heure il aura un motif d'exemption. » w, sortant aussitôt, il va se noyer dans un conflit de la Corrèze.
Malgré l'antipathie prononcée des Correa*** pour l'état militaire, on a remarqué qu'une fou arrivés au régiment ils deviennent d'escellentt soldats. Us sont patients , sobres , durs à la Fatigue, braves, disciplinés. Les bataillons des volontaires de la Corrèze se sont distingués glone* sèment dans les campagnes d'Italie et d'Egypte-
«.Les habillements des homme» de la Coirêie, <ft* forme simple et d'une étoffe {postière, sont d'**** amples et commodes. Leur coiffure est un JMf* cM*
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Mou de feutre propre a garantir à la fois de k pluie et du eoleH. Cens qui cobserveat4es anciennes habitude* pertes* les cheveux longs et peodaaU. Leur* chaussures sont dei cabots de noyer ou de châtaignier qui emboftteet presque entièrement le pied. — Cette chaussure est commuée aux femmes, dont lès ajustement*, de couleurs •eu éclatantes, n'offrent rien de remarquable. La coiffure seule a de la, grâce. C'est un chapeau de paille jaune communément bordé d'un ruban de velours noir, qu'elles posent sur leurs cheveux relevés en chignon et recouverts d'un bonnet de toile. Mais ce chapeau est «rop petit pour défendre le visage des injures du ti eu de f ardeur du soleil.
- Deux opinions bien opposées divisent les auteurs qui écrivent sur les langues en usage sous le nom de patois dans nos anciennes provinces françaises. Les uns veulent que nos pères aient emprunté les formes et les expressions de leur idiome national à la langue romaine; d'autres se refusent complètement à admettre tout emprunt de cette nature, et réclament pour la langue des nations gauloises , conquérantes de Rome avant que les Romains soient devenus lés dominateurs de la Gaule, une originalité et une existence antérieure a la langue latine. L'espace et la volonté nous manquent pour prendre parti dans cette discussion dont nous nous occupons (t. il, page 243 et t. m, p. 2/) en parlant du patois lorrain et de la langue catalane. Nous dirons seulement que si l'origirie latine de l'idiome provençal peut être facilement admise , il n'en est pas de même pour la langue limousine, qui forme encore le fonds du patois des Débitants de la Corrèze : c'est un point qui peut être l'objet d'une contestation scientifique ; mais il est hors de doute que cette. langue a eu , dans le moyen âge , une grande importance. Le Code donné, en 1238, par Jacques 1er, roi d'Aragon , aux habitants du royaume de Valence ouvil venait de conquérir sur les Maure», était écrit en langue Timousine ou catalane. Il est bon de faire remarquer à ce sujet que , déjà vingt-six ans auparavant, en 1212, plus de quatre cents Limousins, moines, prélats, chevaliers ou barons, étaient allés s'établir dans la Catalogne, ou ils a valent introduit l'usage de leur langue. Gaspard Eutolamy intitule un des chapitres de son histoire de Valence : De ht te*gmaÊN6mûmy*ÊÊHicknèm\ et H le commence en disant tque la troisième et dernière mahresse langue de l'Espagne est la hm**M**s et qu'elle est la plus répandue après la castillane.. • -
Il est certain que leè réfugiés espagnols nés eu Catalogue , et qui , k diverses époques , ont été envoyés dans le département de la Corrèie , ont toujours compris sur-le-champ les paysans limousins et s'en sont fait comprendre aussi facilement.
L'idiome limousin rejette l'e muet si commun dans la langue française t mais les è ouverts y abondent ainsi que les terminaisons en m en i eu • et en * (ou). Il a de la grâce et de la naïveté et se prête^facilemeat k un dialogue caustique et spirituel. Quelques philologues l'accusent de manquer de noblesse. Il rend effectivement aVec beaucoup d'originalité tout les détails burlesques.
ttOVtt TÉIjOàl*A*UÏ$VlMM.
Le département a eu fnewueur de donner a l'église catholique un pape, Etienne Aubart , intronisé sous le nom d'Ifldocstrr i V.
La noblesse du Bto*Limousin a toujours été animée des plus vifs ses Ciment» de nationalité française : elle n'a cessé d'en donner des preuves pendant .les longue» guerres qu'elle a soutenues, contre les Anglais dans te* XIVe et XV* siècle* C'est du département que plusieurs de aoa illustrée familles historiques tirent leur origine ; ce Commun , les Lavi , les Vbntaooqr, les Noaills» ,
les Séaua, les Tu sauna, etc.» appartiennent à la Corrèae. Dans les siècles plus rapprochés; au nombre df hommes célèbres à divers titres» on remaraue le cardinal Du soi s, d'infâme mémoire; Etienne daluze, renommé pour sa science; le jésuite Jarbigb; l'économiste Melon, homme habile, mais un peu complice des déceptions que Law fit éprouver à la France ; Marmoxtel , l'auteur des ïnctts, etc. On peut citer, parmi nos contem-
Ïtorains, le fameux Cabanis, sénateur, philosophe et htérateur;TaBiLHAaD9 un de nos plus importants jurisconsultes, ancien minisire de la justice; l'habile chirurgien Boyer -r le savant Latbeillb, de l'Institut, professeur excellent, observateur éclairé, qui a agrandi la sphère de nos connaissances en histoire naturelle; FexetZ, de l'Académie française, un des critiques les plus émineots de notre temps ; S ire y, le fondateur de l'utile Journal des arrêté de fa Cour de cassfltimn, avocat instruit; Bedoch , jurisconsulte habite , publicisté qui a marqué dans nos assemblées représentatives ; un grand nombre de généraux qui se sont distingués dans les guerres de la révolution et de l'empire : Spcbam, Delhi as, Sabcgcet,
Ma**OT, VULLt, TRESSA*!), VaCBOT, MaTERRE , d'AMBRU-
geat, etc. , l'ordonnateur SàRTblû*, et enfin le maréchal Batma , illustre guerrier Qu'Avignon doit regretter de n'avoir pas vu mourir sur. un champ de bataille.
Le département de la Corrèze est un département mêditerrand, région du Midi. — Il est un des deux formés par fancien Limousine— Il a pour limites: au nord, les départements du rSiy- dé-Dôme, de la Creuse et de 1a Haute- Vienne ; â Test, ceux du Puy-de-Dôme et du Cantal; au sud', ceux du Cantal, du Lot et de la Dordqgne ; à 'l'ouest, ceux de la Dordogne et de la Haute- Vienne. — 11 tire son .nom d'une rivière qui y a tout son cours. ;— Sa superficie est de 594,000 arpents métriques.
Sol. -»• A l'eaeeptio* tte.quelqqes vallées, telles que celles de Brives , de BeeuUeu , d' Ayen » etc. , enrichie* par rbumus que les pluies entraînent des montagnes, le sol est généralement de qualité médiocre. Le granit te montre dans le nord- du département. Au centre , les roches amphiboliques sent les plus communes ; au midi, c'est le schiste qui domine.
Montaonbs. — Lee montagnes du nord du département forment un des points culminants de la chaîne qui se pare le bassin de la Loire de celui de la Dordogne. Le partage des eaux entre les deux, bassins a lieu sur le plateau de Millevaches , situé aux' confina du département de m Corrèae et de celui de la Creuse. On prétend que le mont Oudouae, qui le couronne, rivalise de hauteur avec le Puy-de-Dome. — Une chaîne secondaire descend entre le% vallées de la Corrèae et de la Vezize, du nord au sud du département, et â la crête de laquelle ligure le groupe des Monaidières, triple montagne remarquable par sa forme et par son élévation.
Landes et menas. — Les terres incultes ou stériles occupent un tiers de la superficie (environ 180,000 hectares), et malheureusement des défrichements inconsidérés sur «les pentes trop rapides en augmentent chaque jour la masse, et, en accélérant 4a destruction des bois, contribuent à tarir les réservoirs souterrains qui alimentent ter sources* ~ . . • • - divisas** — Le département ddune naissance & un grand nombre de ruisseaux et a plusieurs rivières» A rexoeption de la Pie/me, qui prend saaource au plateau élevé de Millevaches et va se joindre à la Loire, toutes les rivières et tous les cours d'eau du département aboutissent k Ifeitov/sgxtf. — La Donfognt traverse une partie du département. -* La Carrés* le coupe en deux
(parties presque éguhts. Cette rivière %j commence et y finit son cours. Oit le principnl affluent de la f>*èW, -elle-même affluent de la DorJoçne* La Fesère deseeqd
«le» montagnes qui séparent le département de la Cor* rèze de celui de la Creuse.
Négation intérieure. — La Dordogne est la seule rivière navigable dans le département , et ce n'est en- ' core que sur une très petite partie de son cours, à la descente seulement, depuis Ârgentat, et lors des crues de 3 à 4 pieds. Corrèze et la Vczève sont flottables, mais dans quelques parties seulement. — Plusieurs plans ont été conçus pour la canalisation de ces deux rivières : la possibilité en a été démontrée; une loi a été rendue; des travaux coûteux et importants ont été commencés , mats les capitaux ont manqué, et cette belle entreprise, qui promettait d'utiles résultats et qui devait augmenter le commerce et l'industrie des départements du centre de la France, est aujourd'hui abandonnée.
Routes et ponts. — Le département possède 5 routes royales et 7 départementales , dont le parcours tota'f est d'environ 655,378 mètres. — Ces routes, neuves pour la plupart et confectionnées d'après le système de Mac- Adam , sont belles et bien entretenues. On y trouve quelques beaux ouvrages d'art, et entre autres les ponts' d'Cssel , celui de Treignac, celui de Souillac, près Tulle, celui de Broquerie, etc., et enfin \epont suspendu d'Argentat. — Ce pont mérite une mention particulière. —Il est jeté sur la Dordogne. Sa longueur est de 500 pieds tout d'une portée. Le tablier en charpente , avec voie 'charretière et trottoirs, est soutenu par deux cents petits câbles verticaux en fil de fer, attachés à douze gros câbles également en fil de fer, et qui , appuyés sur deux culées de 73 pieds de haut, en forme de pyramides, s'étendent en chaînette» d'une rive à l'autre de la rivière. Le tablier est à 45 pieds au-dessus du niveau des eaux. — La solidité et l'élégance de sa construction , la hardiesse de sa coupe , la forme de ses culées, penchées en arrière et supportées par des voûtes à arcades , en font un. des ouvrages les plus remarquables de ce genre qui existent en France. 11 a été construit en 1828, par un de nos plus habiles ingénieurs, M. Vicat, aux frais d'un des citoyens les plus distingués du déparlement, M. le comte Alexis de IN oa il le».
irfrioB.oi.oaix.
• Climat. — La température est plus froide que ne semblerait l'indiquer la latitude du département. C'est une conséquence du voisinage des hautes montagnes du Puyde-Dôme et du Cantal. Les hivers y sont longs et rigoureux. La neige s'y maintient souvent pendant un mots à la hauteur de 6 à 7 pouces. Les vallées profondes et encaissées de la Correze et de ses affluents sont en automne exposées à des brouillards épais et persistants. L'été est court, mais très chaud. En général, les changements dans la température sont brusques et fréquents. Vents. — Les vents dominants sont ceux du Nord et de l'Est.
Maladies. — Le climat est sain généralement , néanmoins on a remarqué qu'on éprouvait chaque année dans le bas -pays (arrondissements de Tulle et de Brive) des fièvres bilieuses et putrides. Les affections catarrhales et rhumatismales sont communes dans l'arrondissement d'Ussel. — Les maladies scrofuleuses et les goitres sont héréditaires chez un 'grand nombre de familles des cantops montagneux.
B08T0TJELB V.
' Règne animal. — La race des chevaux limousins a toujours été distinguée par sa beauté, son courage et sa vigueur; mais elle a beaucoup dégénéré pendant la révolution, et les efforts qui ont été faits pendant trente ans au haras de Porapadour pour la rétablir dans sa pureté'n'ont pas encore obtenu un plein succès. — il serait nécessaire que les propriétaires se prétassent à seconder les vues de l'administration. Malheureusement Ja plupart des cavales employées dans les campagnes à la reproduction de l'espèce sont des rosses sans forait*
et sans autres qualités qu'une grande sobriété et une allure solide. Les cultivateurs les emploient d'ailleurs sans ménagement à toutes sortes de travaux. — L'espèce de l'âne est belle et nombreuse. — Les bétes à laine du nord du département sont d'une race indigène grande et forte. — Le département nourrit beaucoup de cochons dont la chair est de bonne qualité , mai» qui sont plus sujets à la ladrerie que ceux de» départements du nord de la .France. — La race des bétes à cornes, à l'exception de celles qu'on engraisse pour envoyer à Paris, est commune et petite. — Les chèvres sont très multipliées* — Parmi les animaux nuisibles, on cite le loup, le renard, la fouine le mulot, etc. — Il existe dans quelques ruisseaux des loutres d'une grande taille.
— Les écureuils et les hérissons ne sont pas rares. — Le gibier de toute espèce, ailé et à plumes, est excellent.
— Les lièvres et les lapins abondent. — On trouve quelques sangliers. — Les perdrix , les grives et les merles sont communs. — Un écrivain du pays, Delmas de la Ribière, prétend que de son temps, en 1780, ou trouvait fréquemment dans les environs d'Ussel des nichées de merles blancs. — Parmi les reptiles on remarque plusieurs espèces de serpents, des salamandres et des lézards de toutes les variétés. — Quelques personnes m'ont affirmé y avoir trouvé des scorpions. — Toutes les rivières sont très poissonneuses. On pèche dans la Dordogne et dans la Vezére d'excellents saumons. L'anguille, la truite et la truite saumonée abondent dans tous les cours d'eaux. On trouve dans les principales rivières de l'alose , de- la perche et de la lamproie; maïs le poisson le plus délicat et le plus estime des gourmands, c'est le façon, qui y est fort abondant dans certains ruisseaux. Ce poisson, de 3 à 4 pouces de longueur, ressemble à une petite truite. 11 est paré des plus brillantes couleurs et des' plus vives étincelles purpurines. Ce ne peut être le saumon de deux à trois ans, auquel M. de Lacépède donne le nom de façon. On prétend dans le pays qu'il forme une espèce à part; qu'il ne grandit jamais, et qu'il est facile a distinguer des petites truites. — Les écre visses sont très nombreuses dans les ruisseaux des environs de Tulle, mais elles sont d'une fort petite espèce.
Règne végétal. — La botanique de la Corrèxe est riche et variée. Les graminées de toute espèce forment le fond des pâturages qui tapissent le» vallées ; les labiées dominent sur les cotes et dans les expositions sèches.
— Il y a peu de forêts, mais néanmoins beaucoup d'arbres , parmi lesquels les plus communs sdnt le chêne, le bouleau, le hêtre, l'aune et le peuplier. — Les noyers et les châtaigniers y sont aussi très multipliés, et donnent des produits abondants. Le châtaignier y atteint fréquemment une grosseur considérable. Le houx, l'aubépine y prennent aussi un très grand développement.
— On trouve dans les landes des genêts et des genévriers.— Les haies sont formées d'églantiers , de troène, de fnsin, d'épine noire, de pruniers sauvages, etc.
Chêne colossal. — Le déparlement possédait naguère une des merveilles de la végétation en France, on chêne antique , près de Treignac : son tronc avait plus de 18 mètres de circonférence; il en naissait quatre branches principales, ayant chacune 3 pieds et demi de diamètre, et dont les nombreux rameaux couvraient une surface de plus de dix ares. Cet arbre gigantesque a été abattu en 1825.
Règne MiNÉRàL. — Les richesses minérales du département ne sont pas exploitées comme elles pourraient l'être. Il renferme des mines de cuivre, de fer* de plomb argentifère,' d'antimoine , de houille, etc. — On prétend même avoir reconnu du coté d'Ayen des indices de minerai d'étain. — La belle houillère de Lapleau est l'objet d'une exploitation aussi intelligente que productive. — Il existe à Donzenac des ardoisières considérables. — On trouve des coquilles fossiles dans les environs de Turcnne. — Du granit, du quartz, de la pierre
amphibolique , delà pierre è bâtir, de It pierre meulière, du grès de différentes qualités, de la pierre à chaux hydraulique, de l'argile, etc., se rencontrent sur divers points, et donnent lieu à quelques exploitations.
oxmio&rrÉa watubsulbs.
Le département de la Corrèze est moins connu qu'il ne mérite de l'être ; il a les aspects les plus variés; il réunit tous les sites , champêtres , agrestes , déserts , sauvages et pittoresques ; les vallées de la Corrèze et de la Vezère , les rives de la Dordogne , offrent des points de vue tout à-fait romantiques. — Ses montagnes encore mal explorées renferment des grottes curieuses, parmi lesquelles nous citerons la grotte de Nonars , vaste caverne ornée de stalactites brillants et de ttfut le luxe des cristallisations naturelles , qui a été découverte en 1831 dans la belle vallée du Puy-d'Àrnac. On y entre par une ouverture située au milieu de vignes. La partie déjà reconnue s'étend à plu» d'une demi-lieue sous terre. — Nous parlons plus loin de la curieuse .muraille basaltique qu'on appelle les Orgues de Bori et du Saut de la Sole : les autres arcades du département sont celles de Gimel et de Treignac.
Cascade de Gimel. — La cascade de Gimel serait une des plus célèbres de France si le volume de ses eaux répondait à la hauteur des rochers d'où elle se précipite. Ce n'est pas une seule chute , mais bien une suite de cascades dont la hauteur totale est de plus de 400 pieds : — on en compte cinq principales , et au moins autant de secondaires. 11 est impossible de les voir d'un seul coup d'oeil ; on ne peut en approcher que successivement à cause des circuits du canal que les eaux se sont creusé entre les montagnes. La chute supérieure, divisée en trois parties par des roches aiguës , a environ 130 pieds ne hauteur, et quand les eaux sont abondantes , une largeur de 15 pieds. Si la rivière a été suffisamment grossie par les pluies , les trots cascades se confondent en une seule qui offre alors ub coup d'cp.tl imposant. Au-dessous de celte première chute on en trouve une seconde où l'eau suit un plan incliné, formé par un rocher d'une soûle pièce et d'environ 80 pieds de haut , et tombe dans un gouffre dont on n'a pas pu jusqu'à présent sonder la profondeur. Les habitants de Gimel prétendent que les trui- * tes remontent cette chute. — Il y a encore deux ou trois cascades au-dessous de celle-là.— Les cascades de.Giinel sont formées par la Montant, rivière qui à trois lieues de là se jette dans la Corrèze. — Le bourg de Gimel , où se trouvent une jolie croix à sculpture gothique, les restes d'un ancien château et une rustique église paroissiale , était dans le xvie siècle la résidence des sires de Gimel, barons fameux dans le Limousin.
Cascade de Treignac. — On trouve en remontant la Vezère , à une lieue à l'est de Treignac , une cascade célèbre dans le pays et digne d'être visitée par l'amateur des beaux accidents de la nature. Les eaux de la Vezère ont long-temps coulé dans un étroit défilé que barre à son issue une haute muraille de rochers. La, ce défilé devient tout à coup large et profond , et forme un vaste entonnoir où les eaux se précipitent avec fracas de près de 100 pieds d'élévation. Les bords de cet entonnoir hérissés de roches abruptes et saillantes, sont tapissés d'arbustes et d'arbrisseaux , comme pour diminuer l'horreur du lieu. La poussière aqueuse que forme la cascade , se répand au loin , et entretient ces rochers et ces broussailles dans un étal constant d'humidité qui offre, pendant l'hiver, un spectacle magnifique- On dirait un fin me n se palais de stalactites et de rubis , couronné par les lames glacées de la rivière. Dans la belle saison, au contraire, on voit, lorsqu'on se hasarde à descendre au fond de l'abîme, des troupeaux de brebis et de chèvres errant çà et là entre les précipices, aller chercher leur pâture jusque sur les bords les plus escarpés , et les bergers qui les gardent,
postés sur lea sommets déserts de ce gouffre sauvage , veillant pour écarter les loups. On les entend pousser de moment en moment de grands cris 'dont les sons aigus dominent le sourd fracas des eaux qui tombent incessamment.
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Tollé , Tille et ch.4. de préf. , au confluent de la Corrèze et de la Sobne, «1J0LS. de Paris. Pop, 8,689 bab. — On prétend que cette Tille , située dans une gorge étroite que Baluze appelait vattissatis amrnua, doit son ancien nom, Tutçla, à an fort construit et placé par le» Romains , comme un poste avancé , afin de protéger coutre*oute surprise leurs logions établies pins haut, à l'est, Ters Nmtps et Tintignac. H parait plus certain que Tulls s'est formé autour d'un monastère qu'en 1318 le pape Jean XXII érigea en èvécbé , dont le siège a été illustré par le célèbre orateur Mascaron. L'évéque était seigneur de la Tille, aTec le titre de vicomte. Cette Tille devint ensuite la capitale du Bas-Limousin. Soa\ présidial, institué en I&53, s'étendait sur cent quarante petites Tilles, bourgs ou communes, et connaissait des appels des senédiaussées d'Uzerches et de Martel ( en Quercy ) , ainsi que du siège ducal de Ventadour. — Tulle, heureusement pour ses habitants , n'a pas légué beaucoup de souvenirs à l'histoire. Elle n'a été exposée à aucun siège meurtrier,, ni ravagée par aucune grande épidémie. La vallée baignée par la Corrèze,. et sur les flancs de laquelle sont groupées les maisons de Tulle, est entou^- . rée de collines pittoresques, couvertes d'arbres et de verdure. La Tille est petite , les maisons en sont vieilles et laides , mais elle possède une jolie promenade au bord de la rivière , de beaux quais, des ponts nombreux, une église semi-gothique, semi-carlovingienne, dont la flèche élancée a de la hardiesse et de l'élégance , un palais de justice bien distribué , de vastes bâtiments consacrés à la manufacture d'armes, un bel hôpital bien tenu, nns caserne de gendarmerie, une prison départementale, un collège, un séminaire, uue salle de spectacle et une bibliothèque riche de 2,000 volumes. On trouve d'ailleurs chez les habitants un grand penchant aux embellissements. Aussi peut-on espérer d'y voir dans quelques années des rues garnies de beaux édifices et des places régulières. — On trouve à Tulle quelques maisons ornées de sculptures originales , d'une architecture gothique ou de la renaissance , qui témoignent de l'opulence des familles qui habitaient autrefois cette ville. Nous indiquerons aux curieux une maison du xive siècle, dite la Maison Sage, située sur la place principale , et dont la façade gothique , parfaitement conservée , est ornée d'arabesques sculptées du meilleur goût et d'une belle exécution. — Le cimetière de Tulle , dans une position remarquable , 'est situé sur un mamelon isolé qui domine la ville, et sur la croupe duquel , un peu plus bas , se trouve une haute tour carrée dont la construction est attribuée aux Romains. Cette tour a long-temps servi de prison.
Argxntat, sur la Dordogne, ch.-l. de cant., à 6 1.3/4 de Tulle. Pop. 8,121 hab. — Cette ville dépendait autrefois de la vicomte de Turcunc. Au xrii* siècle il existait un monastère dont l'abbé, Bernard de Ventadour, architecte de Nontron, obtint le privilège pour la ville de tenir des marchés publics, privilège qui contribua beaucoup à l'accroissement d'Argentat. Durant les troubles delà ligue, les habitants avaient bâti , pour leur défense, quatre forts qu'ils furent ensuite contraints de démolir. — Jusqu'en 1838 , on était obligé de traverser la Dordogne sur un bac , passage souvent dangereux et toujours pénible; en 1838 on y a constrni un magnifique pont suspendu en fil de fer.
Treighac, sur la Vezère, ch.-l. de cant, à 101. 1/4 de Tulle. Pop. 2704 hab. — Cette Tille est située sur la rive gauebe de la rivière , non loin des montagnes des Monaidières. Elle est séparée de Meymac par une suite continue de montagnes. — Sur l'une des plus hautes et des plus Apres, nommée la Croix de Lescaut , s'élève nue chapelle dédiée à la Vierge et destinée à servir d'asile an Voyageur surpris par la tempête : cette chapelle avait , avant la révolution , une cloche que les habitants du hameau voisin allaient sonner tour à tour pendant la saison des neiges. — Treignac est une ville ancienne; elle renferme peu d'édifices remarquables ,
nui* on y voit quelques saaiseae d'architecture gothique. — Elle possède due église gothique curieuse à Tinter, en collège, une halle couverte et «ne promenade agréable quoique petite. — Le MwtHo pont, sur la Vesère, jeté entre deux rochers escarpé», présente une seule arche d'une hardiesse et d'une béante remarquable. — Le château de Treignae, situé sur un roc escarpé , entouré de trois cotés par un circuit de la Ver.ère, n'offre pins que des reines; mais ces ruines sont imposantes et donnent une grande idée de la puissance des seigneurs de cette forteresse qui a appartenu successivement feux maisons de Comborn, Pompadour et «THàntefort
Uztacai.surU Vézère,ch.-1. decant., à 6 1. 3|4 de Tulle. Pop. 3,214 hab. — Cette ville , disent les anciens auteurs , avait été fortifiée par Pépin, dans ses guerres contre Vaifre, duc de Lir moges. On y mont mit la Tour de Léocmirv, où oc maire du palais eut la tête tranchée. On voit aussi hors de la ville» les ruines de l'ancien château de la flanea* , où l'on prétend qu'habitait Saint- Martial lorsqu'il prêchait la foi dans Je Limousin.— Uxerche soutint plusieurs sièges. En 1559 elle tomba au pouvoir des protestant!; mais elle ne resta pas long-temps en leurs mains. Cette ville a la prétention devoir possédé pendant quelques temps l'évéché érigé â Limoges. Elle a eu de l'importance, et possédait autrefois une sénéchaussée qui, avant l'érection de celle de Saint- Yriex , s'étendait sur environ 150 communes. Cette ville est assise sur nn rocher amphiboliqoe; ses maisons, bâties en amphithéâtre, étaient jadis presque toutes décorées d'une ou de plusieurs petites tours, d'où était venu le proverbe, qui a maison à Uzeeche, « tkdtemm en Limousin. Quelques-uns de ces édifices subsistent encore et produisent un effet pittoresque. La Ver.ère, profondément encaissée, entoure ht ville de trois côtes. Usercbe a deux faubourgs qui, depuis quelques années, ont attiré tout le commerce et toute rindostrie- Une damé célèbre a placé dans les environs de cette ville le théâtre d'un de ses romans. On montre dans la vallée de la Vezere le château $ Adèle, celui de Théodore, et Vermifuge de madame de GemlU.
Bftivt, dans un vallon riant, sur la rive gauche de la Corrèze, ch.-L d'arrond., à 7 1 S.-O. de Tulle. Pop 8,031 hab. — En 5*5 Gondebaud, qui se disait fils de Clotnire, y fut élevé sur un bouclier et proclamé roi d'Aqnitaine. Cette ville dépendait autrefois du Périgord ; elle en fut détachée , sous Charles Y , pour être réunie au Limousin, sur la demande du pape Grégoire XI, qui était de la maison de Turenne. — Drive a eu long-temps la prétention d'être la capitale du Bas-Limousin ; se» discussions avec Tulle et Uxerche, pour obtenir le siège de la sénéchaussée de la province, ont duré plusieurs siècles.— Cette petite ville est une des plus agréables du département. — Bile possède un bel hôpital , une église curieuse, un grand nombre de fort jolies maisons particulières , une promenade ombragée , sur le bord de la Corrèze , et des boulevarts qui ont sans doute remplacé ses anciens remparts et qui l'entourent d'une chaîne de verdure. — On se plaint de ce que Teau n'y est pas de bonne qualité, et l'administration «'occupe d'y établir des fontaines. — Non loin de Brive , sur la route de Tulle, ht trouvent les ruines de l'ancien château dr Beau fort, qui, dans le xve siècle, servait dé retraite à une de ces troupes d'aventuriers appelés Brmèuaçont, introduits en France à la suite de noa guerres avec le» Anglais, et qui ravageaient le pays.— Les seigneurs liuunu>ûis prirent les armes ; les aventuriers forent attaqués dans leur repaire et défaits le 21 avril 1477t on en tua denx mille, et depuis le nom de Beau fort fut changé en .celui de Mmliemort, — U existe à Jnallemort une magnifique filature appartenant à M. le baron Leclerc. .
BcAUuau, sur la rive droite de la Dordogne, rfa.-l. de cant., à 8 1. I;4 de Brive. Pop. 2,415 hab. — Cette ville doit son origine à nn monastère de l'ordre de Saint-Benoit, fondé vers Tan 846, par Raoul de Turenne , archevêque de Bourges. — Durant les troubles de la ligue, Beaulieu, assiégé par les troupes du duc de Mayenne, s'empressa de se rendre à d'Haute fort , son lieutenant; celui-ci venait d'emporter de vive force Grignac, où il avait fait pendre, pour l'exemple, tons les habitant*, -— Un p'en audessous 4c Beaulieu se trouve le port d'Eatrcssea, sur la Dordogne,
lien célèbre ptr la victoire qn'nn duc dt Bourgogne y remporta en 980 sur les Normands ; ce Ben fut encore, en 1586,' le théâtre d'un combat entre les catholiques et les protestants. — Ou voit à Beaulieu une église enrichie de sculptures gothiques remarquables.
No ailles, commune et château, à 2 1. S. de Brive. Pop. 704 hab. — C'était autrefois le chef- lien d'un duché -pairie érigé en f 668 en faveur d'André de Nouilles » premier capitaine des gardes de Louis XIV. Cette duché-pairie comprenait, outre quatorze paroisses, le comté' &*Ayen et les ehâtellenlea de l'Arche , de Manssac et de Terrakson. — On toit à Koaille* nn berna château dont le propriétaire, M. le comte de rîoailles, ancien député, ancien ministre d'État, pratique toutes les vertus qui ont fait vénérer le nom de La Rocbefoucault-Liancourt : école* pulslamnes* ateliers d'instruction r fabriques où le pauvre trouve dn travail , hôpitaux où le malade reçoit des soins , églises où le wlliiaiiai va chercher des consolations; il a tout fondé à aes irais et unlae l'usage de ses concitoyens.
Pomfadocirj tillage et château situés dans n coauaone «TArnae , à 6 1. N.-O. de -Brive. Pep. 1,196 hab.- Ce lien était céKbee par un haras de cheveux fimoutint , arabes , andaleut , etc., quri y fut fondé en 1763 par la réunion en nn seul eerps de biens des terres de Pompadour, de Bref, de Saint*Cyr-la*Roche et de la Rivière » appartenant à la ednronae. Ce haras était un des pin» beanx de France. Ce n'est plus aujourd'hui qu!an dépôt d'étaleata. — Eu 1862, il y avait aussi à Pompadour une bergerie renfermant en troupeau de bétes à laine , race part d'Espagne , avec cjnelqaaa buffles et bceofs do Bornante. — Ou prétend que Guy de Lastouri avait mit bâtir le premier château de Pompadour pour se mettre & couvert des incursions des seigneurs de Ségur. Ce château, brûlé en 1200, pendant les guerres qui suivirent la mort de rUrhard- Cceiir-dé-Lion , avait été reconstruit sur un plus vaste plan ; il en subsiste encore de grands restes qui ont été réparés pour l'habitation du directeur et des employés du haras. On y a joiut nn beau manège couvert et de magnifiques ^curies. Rn 1267, Jeanaa ê\e Bretagne , vicomtesse de Limoges , donna à nn seigneur de riauj padiiur, la justice haute ^moyenne et basse des communes d'Àrsanc et de 5aint-Cyr-la-s\oche ; GeofCroi de Pompadour, évéqae eut Pey, fonda, en 1508, nu petit chapitre composé de huit enanauna* ; les seigneurs de Pompadour firent eu 1586 une futtuatm néus utile , celle du collège de Saint-Michel, à Paris , pour nnatiuvtiian des écolier* timomtims. Lés Pompadour furent long-tempe lieutenants du roi et gouverneurs du Limousin. Cette noble et puissante famille méritait en s'ételgnant de laisser une répatatâaa honorable ; malheureusement le nom de Pompadour ne nous est arrivé que souillé par le souvenir de la célèbre maîtresse à qui, an 1745, Louis XV donna, avec le château et ses dépendances , le titre de duchesse de Pompadour. Par une coïncidence singulière, les armes 4e l'ancienne maison de Pompadour étaient éea amassons comme ceux qui servaient d'armes parlantes à madaane eTsttioles , dont le nom de famille était Poisson.
TuRtirn a , commune, à 3 1. S/4 de Brive. Pop. 1,966 bah. —Cette ville est bâtie tout autour d'une montagne qui s'élève graduellement en forme d'un cône tronqué ; à son sommet apparaissant les reines de l'ancien château, dont la grande toar, dite saur de Csear, domine un "vaste horizon et un territoire agréable et luetslr. — Ce château fut le berceau de la famille qui a donné à 1a Francs ua de ses plus illustres guerriers.
Usant. , ville entre deux rivières (la Diége et la Sarsouue), csV-l, darrofld. , à 15 t Ïf.-K. de Tulle. Pop. 3,663 hab. — Cette viBe, autrefois entourée de murailles, était le chef-lieu du siège ducal de Ventadour. — Elle parait avoir-été construite *ur remplaeeuneat d'un ancien camp romain. On trouve fréquemment dans ses environs des médailles , des urnes , des vases , etc. — Les restes sf nae voie militaire y sont faciles à reconnaître ; enfin elle pot&èd* sur une de ses places une aigle antique en granit et de stature colossale. Cette aigle, posée sur un piédestal en granit, sert aujourd'hui d'ornement à une de ses places. — Ussel a soutenu plusieurs sièges et a beaucoup souffert dans les xtit*, xrvc et-xr* ■àêesa», lors des guerres contre les Anglais. Le patois du pays eusuerus le proverbe : me*cémnt corne an «ng/r- — Cette ville tut aauaé
FRANCE 1MTT*MIJR.SUVK
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FRANCE PITTORESQUE. - CORftÈZE:
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dévastée par plusieurs incendies en 1358, en 1404, eu 1472; enfin elle fut e*po*ée au* ravagea 4e la poste qui enleva «ne partie de U fwptla&Mi en 1438, «sa 1564 et en 1*87. La peste de 1488 dora «voie an« et ne s'éteignit qu*eo 1440. — Ussel ne possède aucun édifice remarquable. Son ancien château a été démoli il y a long-temps, et le monticule qu'il occupait a été aplani pour y recevoir une h*He «onvorto. — L'église paroissial* possédait, avant la révolution , do beaux vitraux coloriés et m* orgue antique qui loi avait été doua* par •■ seigneur de Pauliat , dont les armes parlante* ( un paon lié par les pieds ) y étaient représentées. -~ Ussel a été le théâtre, U y a environ un siècle;, d'une mystifi? cation dont le aouvenir est encore désagréable aux habitants. ^~ Oit prétend qu'un jeune espiègle, clerc de procureur à Clermôut, vtqt visasse Ussol avec plosieur* amis, revélua comme lai de costumes empruntés à la garde-robe de quelque théâtre , qu'il y fit une entrée triomphale, se donna et fut reconnu , pur le peuple et lai autorité*, pour un /**»<* **#<>, et qu'a t'y fit ainsi héberger pondant plusieurs mois. — La ville de Brive a été aussi, il y a vingt-cinq ans, la victime d'une mystification plus sérieuse- 1— Un prisonnier espagnol réfugié s'y fit passer pour le cardinal ,*vt*#-. «*f au *> ?Wé<fe» vécut aux dépens de* bonnes âmes de la ville, célébra la messe pononloalemont , ordonna des prêtres, fit de* mariages et extorqua des sommes considérables à plqsieur* habitant» et notamment «u curé, M, de Cosnaç, qui est devenu depuis archevêque de Sens,
Son*, sur la Dor dogue, «h.-l. deeant, à 5 1. dTasel, Pop. 2*384 bah. — Le faubourg de cette ville situé de l'autre côté de la rivière dépendait autrefois de l'Auvergne. — On voit de $ort. la crête d'une cjialot de rocher* baaaltiques qui présentent na« snita de colonne* prismatiques, et que, pour cette raison, on nomme dans le paya les Orgues de ton, — A nue lieue et demie au sud se trouve une cascade curieuse appelée Sent 4e U Soie, et formée par une petite rivière affinent de la Dur dogue. Ma rmon tel, qui était né a &*< , «n parle dan» eee Mémoires , la signale comme une de* plus belles catanaotes du continent. « II ne lni manque, dit-il, pour être renommée, que de plus fréquents spectateurs. « Voici la description qu'en a dvnoée M. VeruoiUi de Puyrazeau, ancien préiet de la Çucrèse ; * Cette eaaeade, que J'ai visitée, est . remarquable pur se volume de aea eaux , par la hauteur de sa chute, et surtout par la forme des récifs qui encombrent le lit inférieur de la rivière. On y voit de nombreux coutuurs, plut ou moine profond*, que la cascade a creusés a la longue dans les rochers. Au pied de 1% faillie actuelle, à 6 mètre* environ au-dessus du gouffre où le* eaux seprédpltent, s'élève un de ces rochers, dout le sommet a été ainsi creusé en forme de tonneau , ce qui l'a fait nommer plaisamment Tribune eux hmrungue* ».
MftToui, cn,-l. de cent., à 4 1. %4 d'UaseL pop. 3,188 hab. — Il y exilait dans 1 origine un monastère de l'ordre de Saint- Benoit, auquel le* seigneurs de Ventadour firent, en 1080, des dous considérables, et dont l'église renfermait les tombeaux de cette puissante famille, — Cette ville, située dans une vallée agréable et riante, possède u> hospice sort bien tenu et une église ancienne, on se trouvent des sculpture* et de vieux tableaux très curieux.
srriftiosr poutiçus
Politique. - Le département nomme 4 députés. -Il est divisé eu 4 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieux sont.: Tulle, Brrre, Uaeaehe, Usse». — Le nombre des électeurs est de 857. AnmncaTUATnrt. — Le chef-lieu de la préfecture est Tulle. Le département se divise en 3 sous-préf. ou arrood. commun
T«»N«- 1* cantons, 118 communes, 120,532 habit
fcfre. 18 101 m,034
u**el« ; JL 2L #.278
Total. . b 28 cantons, 283 communes, 2V4,834 habit
-*î"W*ïtJmJ'?ML{uMk' ~~ f recevettr général et 1 payeur (résfdaot à Tulle), 2 receveurs particuliers,^ percepteurs d'arrond dminoutunts directe*. — 1 directeur (a Tulle) et 1 inspecteur " Damait** et GmregUtrement. — 1 directeur (a Tulle), 1 inspecteur, 2 vérificateurs. " l 4r}»<4ty*f *. r f conservateurs dau* ]* chef**, d'air, eomaa, ComtnUtione mduictes, - \ directeur (à Tulle), 8 receveurs entreposeur».
*VuV. — Le département lait partie dn 31» arrondii semant forestier, dont le chef-lieu est AuriUac.
¥u.nis****Cmmu*sees% — Le départeinent sait pnttie de la tf* in*« peotion, dont le cheMten est Uermont-Fairant ~ 11 y a I ingénieur en chef, en résidence à Tulle.
Mi***. — Le dépensaient fait partie du 2* arruidissamcnt et de la !*• division , dgnt le chef-lieu est Pari*.
éUms, - Le département fait partie ( pour les courses de chevaux) du *• arrond de cooepur*., dont le . cheMien est Limoges ; les cour**» de Tulle (a l'hippodrome de Gimel) ont été svqmriméc* il 7 i quelque* année*. — Il y a à Pompadonr un dépée royal on se trouvent 143 chevaux , étalons , etc.
Latent, — Le département de la Corrèze a le bonheur de ne renfermer aucun bureau de loterie.
A0414T4IU — Le département fait partie de la 20* division mi» Utaire, dont le quartier général est a PértguCM*. t-U y * * Tuile t maréchal de camp commandant la subdivision et t sous-intendant militaire. — Le dépôt de recrutement Oat à Tulle, — La «ompaguie départementale de la Gorrèsc lait partie de U U9 légion de gendarmerie , dont le chef-lieu est * Limoge». — i U existe a Tulle une manufacture royale d'armes à (eu portative*, quia pour directeur un officier supérieur d'artillerie.
Jdwcuaxa*. t- Los tribunaux du département ressortant de U cour royilo de Limoge». — H y a 3 tribunaux de 1* instance (à. Tulle ( i chambre* ) , a Brive et à Us*ol ) , et 2 tribunaux de commerce (a Tulle et à Brive).
Relig i eu**. — Cuite catuotiçtte. — Cejt le seul culte exercé dans le département qui ferme le siège <Pun évéché érigé dans le xtv" siècle, suifragant de l'archevêché de Bourges , eÇ dont le siège eut à Tulle. w41 y u dans le départrment ; — à Tulle, un sennuairo diocfsaiaj qui compte 70 élève*;—* Servières, une école «eoondaisn ecclésiastique ; — à Briv*, une école secondaire eecléaia*tiqne. r- Le département renferme 8 cure* de 1" cla**e, 81 de 2*v 221 Biiccurkales et 46 vicariats. — U y existe 7 frère* de lu doctrine chrétienne, instruisant 600 élèves j |1 eongrégaùons religieuse* composée* do 156 femmes, tant religieuses que pensionnaires, chargée* des hospices et dirigeant des école* gratuites et de* pen* sionn*ts ; danf l'un de ce* pensionnats ou compte 80 élevé*, et daqs l'une de ces écoles gratuites )00 élève*.
Universitaire — Le département est compris. dans le ressort de l'Académie de Limege*.
lmtruçtùm j«W*f «* — U y a dans le département t -r 8 collé* ges : a Brive , à Treignac, à TulU, à Ujsel, è Uxcrcno.*- 1 école normale primaire à Tu lie. — Le nombre des école* primaires du département est de 131 , qui sont fréquentée* par 8J0B8 élèves, dont 2,453 garçons et 615 filles.^L*» communes privées d'école* sont au nombre de 220.
Sociétés s^4htm» ira- \\j*iTvfteuntSemmèdyJg%nmlmiÈe.
POFU&ATIOSr.
D'après le dernier recensement officiel , elle est de 2ty4,834 hab. et fournit annuellement à l'armée 833 jeunes soldats.
Le mouvement en 1830 a été de,
Mariages ; . , 3^f48
Naù'mnxes. MascoUn*.. Féminins,.
Enfants légitimes. 4,683 — 4,322 i -, ^, ft Mmt
naturels.. ,, 231 — 335lTolml 9>m
Ùétès , , . 3,399 — 3,4^8 total 6*867
Dana ce nombre. 8 centenaires.
«AAJ8X V ATIQWATÀX. •
Le nombre des citoyens iuscrits est de 59,051. •—»•■■-
Dont : 27,767 contrôle de réserve.
31,284 contrôle dé service ordinaire.
Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 31,233 infanterie.
51 sapeurs-pompiers.
Dn en compte : armés. 2,172 ; équipés, 565; babilles, 2,458. 20,288 sont susceptibles d'être inobujsés.
Ainsi sur 1,000 individus de la population général* , £00 sont inscrits au registre matricule, et 69 .dans ce nombre sont mobilisables; sur IpO iudividus inscrits sur le registre matriculcf 53 sont soumis au service ordinaire , et 47 appartiennent à la réserve
Les arsenaux de l'État ont délivré à la garde nationale 2,306 fusils , 43 mousquetons, 2 canons et des pistolets, sabres, etc.
IMPOT» *t BM*imn.
Le département a payé à l'État (1881) :
Contributions directes 1,926.514 f. 88 r.
Enregistrement , timbre et domaine* 1,043,765 81
Boissons, droits divers, tabacs et poudres. . 684*027 12
P«»tes 162,572 02
Produit des eoopes de bois 44 ff
Produits divers. 26,362 87* j
*\e*souro#* extraordinaire* 296,527 80 '
Total ""i^,8Mrn>7.
FRANCE PITTORESQUE. — COftftÈZË.
.. Il a reen du trésor 2,043,442 f. 44 c. dans lesquels figurent La dette publique et les dotations, pour. . . Les dépenses du ministère de la justice. . . .
de l'instruction publique et des cultes.
de l'intérieur
du commerce et des travaux publics. :
de la guerre
. de la marine
des finances
Les frais de régie et de perception des impôts, fcmboorsem., restitut., non-valeurs et primes.
Total
Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant à peu de variations près le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département paie annuellement à I'F.tat 1,504,861 francs 66 cent, de plus qu'il ne reçoit. Dans un pays privé de tout commerce extérieur ou maritime, cette extraction énorme de numéraire suffit pour expliquer comment l'industrie manufacturière ne prend aucun développement , et comment l'industrie agricole reste dans un état de langueur et de dépérissement. // n'y a pas de capitaux dans le pays, et il ne peut y an avoir. Ce département est on de ceux dont toute» les économies et tous les bénéfices sont absorbés par le gouvernement central. La misère sera son ]*t tant qu'une plus équitable distribution des impôts n'aura pas été adoptée.
X>£nWflkS BÉFAB.TXMXVTAXJB8.
Elles s'élèvent (en 1831) à 249,458 f. 44 c. , Savoir : Dép. fixes : traitements, abonnent. , etc. Dèp. variables: loyers, réparations, secours , etc. Dans cette dernière somme figurent pour 17J0OO f. les prisons départementales , 60,000 f. les enfants trouvés.
Lee secours accordés par l'Eut pour grêle , incendie, épizootie, etc., sont de 26,600
Les fonds consacrés an cadastre s'élèvent à. . . 89,499 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . 79,794 Les frais de justice avancés par l'État de 21,417
Tjn>T7àVTRIX AOBIOOUL
- 8or une superficie de 595,000 hectares , le départ, en compte : 280,000 mis en culture.
18,841 forêts. # .
18,893 vignes.
99,000 prés et pacages.
180,000 landes et friches.
X« revenu territorial est évalué à 7,715,000 francs. Le département renferme environ 6,500 chevaux.
80,000 bêtes à cornes (race bovine).
60,000 chèvres.
80,000 porcs.
- 200,000 montons.
' Les troupeaux de bêtes à laine en fournissent chaque année environ 450/JOO kilogrammes.
Le prodnit annuel du sol , en céréales , en parmentières et en avoines, suffit à la consommation dn pays; relui en vins' ne devrait pas suffire, mais comme peu de cultivateurs en boivent, il en reste encore une petite quantité pour l'exportation
L'agriculture dn département, malgré rétablissement d'une ferme modèle dans les environs de Tulle, est encore fort arriérée. L'attachement des habitants des campagnes pour leurs vieilles et routinières méthodes en est sans doute une des causes ; mais il serait fort injuste de ne pas en trouver le motif déterminant dans le manque de capitaux , causé par l'énorme surcharge des impôts. Naguère encore , ie& populations des campagnes étaient duns la désolation quaud la récolte des châtaignes et celle du sarrasin manquaient. La culture des pommes de terre , qui se répand de plus en plus, les garantit au ourd'hui de U disette. Une grosse espèce de navets, qu'on appelle raves daus le pays, est un légume très estimé des habitants. — Les pois verts de Treigoac sont justement réputés pour leur goût fin et sucré. — A l'exception des piéches et des cerises , le» frnits»sont généralement d'une qualité médiocre. — Les bois de châtaigniers sont à de certaines époques de l'année remplis d'une grande quantité d'excellents champignons (oronges, ceps, etc.), dont les paysans trouvent toujours un débit assuré dans les villes du département.
' On nourrit dans h Corrèxe des 'bœufs pour la consommation de la capitale et des porcs qui sont vendus aux départements du Midi. L'élève des chevaux y est presque nulle, mais on s'y occupe de celle des mulets , destinés ans marchés de la Catalogne et de l'Aragon. Culture. —En général, l'assolement est biennal Les terres sont engraissées avec le fumier 4c* étables , on avec les terreaux pro-
venant de tous les détritus de végétaux que , par un abas trop communément toléré , on fait ponrir dans les voies publiques. — V araire est seul en usage pour le labour. Dans r ■ — 1 J — "—
il est tel que Vjrgile le décrit chez les Romains. — On ne sert «le boeufs pour la charrue eties transports des exploitations rurale*. — Les cultures dn seigle , du sarrasin et de l'avoine sont les plan répandues. — L'arrondissement de Brive est le seul où l'on cultive de préférence le froment et le mais ; dans b plupart des* ennemis des autres arao&l. » le mais n'eat cultivé que comme fourrage.
Prairies. —Les prairie» naturelles et les pacage* août de humai qualité , mais on voit peu de prairies artificielles. — L'arroaeeaestt des prés est bien entendu ; les eaux , qui jaillissent en abondance des montagnes, donnent de grandes facilités pour les irrigations.
lignes. — Les vignes sont cultivées avec succès dans I*arrondissement de Brive et dans la partie snd de l'arrondisaeiBesrfMe Tulle. Les vins blancs de.Meytsac et les vins rongea dst Psry d'Arnac jouissept d'une réputation méritée.
JUITIlirSTAZS «««— aTsrmrienTw ~ L'industrie est encore moins en progrès que l'agriculturre. L'absence totale de capitaux est un obstacle insurmontable à toutes les entreprises. L'importante canalisation de la Vezère et de In Corrèxe a été arrêtée par ce motif. Les exploitations de mines qu'on avait commencées sont pour la plupart suspendues.
Une vaste filature auprès de Brive , les forges de in Crémerie et l'exploitation de la houillère de Laplean , sont de loua les 4 sements particuliers ceux qui ont le. pins d'importance et t cupent le plus grand nombre d'ouvrieri. — La belle manu d'armes de Tulle est un établissement mixte , en quelque sorte , où le travail, au compte d'un entrepreneur, se fait sous la direction des officiers de l'artillerie. — Elle pent fabrique ment de 80 à 36,000 fusils, et elle occupe, tant à Tulle , i Laguene , que dans les annexes qu'elle a à Meymac et à 1 environ 1,000 ouvriers. Le prix du fusil est fixé à 84 fr. (bénéfice de l'entrepreneur compris \. Cette manufacture , déduction faite du prix des matières premières qu'elle est obligée d'acheter au dehors , verse annuellement dans le pays de 4 à 60*VQia) fr. Si elle était enlevée au département , une partie de la popaisntmsi de la ville et de l'arrondissement de Tulle serait réduite à la misère.
Trois papeteries, quelques brasseries, des .tanneries , des verreries , des briqueteries , des fabriques d'étoffes de laines dn pays . de bougies, de cire blanche, d'huile de noix, dn vinaigit , etc., complètent à peu près la liste des établissements industriel» de la Corrèse: — On fait à Argcntat un grand commerce de bois merrain, — Brive est le centre dn commerce des truffes et des volailles truffées.'— On prétend que l'espèce de dentelle nommée point 4e Tulle a été inventée à Tulle , et des ouvrages ilnliafiujani très vantés, publiés de nos jours , répètent que cette ville est encore le lieu central de cette fabrication ; nons pouvons affirmer qu'il n'y existe , non plus que dans le département , aucun ouvrier en tulle. Il est même de notoriété publique que depuis an temps immémorial on n'y a vu aucun métier de point de Toile.
Avec une industrie aussi peu développée, il n'y a pas msm de s'étouner que le département de la Corrèxe soit un de oses qm n'ont rien envoyé à la dernière exposition générale des produits de l'industrie.
Foiaaa. — Le nombre des foires dn département est de 6U. Elles se tiennent daus 76 communes, dont 27 ehefs-lieux , et remplirent 645 journées, ht* f»wes mobiles, an nombre de 76,rean~ plissent 76 journées. Il y a 18 Jours metneaurs.
217 communes sont privées de foires.
Les articles de commerce sont les bestiaux de toutes espèces, les porcs, les chevaux, les muleta, etc.; les huiles, les visu, les grains , les fils , chanvres, etc. — La foire dite dm lu , Tulle , attire un graud concours de marchands. On y articles de toutes espèces, coutellerie , orfèvrerie , faïencerie , porcelaines, étoffes, objets de laotaisie, etc.
Considérations sur la Topographie de Brime, par ïi rat munis. in-8. Paris, 1803. — Annuaire dm. départ, de la Cou exe pour Hast xix , par Pli. Juge , secrétaire général; in-12. Tulle , 1804 — Beau* de Statistique du a+p. de ta éonèze, par A. Firmigier; 1804 (.4m. de Statut., t. iv).— Statistique de la Corrèz*ynuT Verneflli de Puyrazeau; in-8 1804 ( An*, de Statut. , t. via). —Staustiqm* de m Coirèze, par Peuchetet Chanlaire, in-4. Paris, \9M.~Ht*Umre de la ville aVUssei , par Delmas ( 2e édit. ) ; in-8. Clermont-Ferrajsd v 1810. — Coup d'oeil sur la topographie physique et médusmta etmeUjp de la Conèze ,• in-4. Paris, 1826. — Annuaires Je 4m Carrez* (chas: Drappeau) ; in-18. Tulle, 1823-31
A.-HfTGO.
On smutrU çàn DKLLOTE , édtwttr, place de la Boune, rr flTiTlfTnî Tliw. il.
Paris. — Imprimerie et Fonderie de Bjqhovx et Gûsnp., rue des Francs-Bourgeois-Saint-afichel , 8«
Département de la Corse,
Les Romains ne voulaient pas des Corses pour esclaves; c'était faire un bel éloge de ce peuple, que de le reconnaître impropre à la servitude. Parfois vaincus , jamais soumis , les Corses ont conservé jusqu'à nos jours leur caractère fier et indépendant Leur histoire depuis plusieurs siècles est une longue suite de combats pour la liberté de leur pays.
- Les premiers liabitans de l'ile furent, à ce que Ton croit, des Phocéens d'Asie, qui peu après fondèrent Marseille. Ensuite vinrent les Liguriens et les Hispaniens , puis les Carthaginois , qui en furent chassés par les Romains vers l'an 193 de Rome. Sous les empereurs , la Corse fut un lieu d'exil ; Sénèque le philosophe y fut envoyé par ordre de Claude. Lors de l'invasion des barbares, les Goths s'emparèrent de cette île , et ils la possédèrent jusqu'à ce que Narsès, successeur de Bélisaire , la reconquit De la domination des empereurs grecs elle passa sous celle des Lombards, qui, la trouvant mal défendue, s'y établirent Ils y fondèrent une espèce de gouvernement démocratique, qui finit lorsque les Sarrasins envahirent le pays. Les liabitans, aidés par Charlemagne, réussirent à chasser ces barbares. Des barons romains de la maison Colonne furent élus souverains de Corse. Vint ensuite un moment d'anarchie, puis le gouvernement des Pisans, qui furent chassés de l'Ile par les Génois, leurs rivaux. La tyrannie de ces nouveaux maîtres excita de fréquentes révoltes parmi les Corses; mais, faute de chefs expérimentés , elles furent promptement réprimées. Henri II, roi de France, mécontent des Génois, qui s'étaient déclarés pour Charles-Quint, entreprit une expédition contre la Corse. André Doria, quoique âgé de quatre-vingt-sept ans, se mit à la tète de la jeunesse génoise et d'un renfort envoyé par l'Empereur. Les Corses s'unirent aux Français. Cette guerre, où il se fit de part et d'autre des prodiges de valeur, se termina par un traité, avantageux pour les insulaires, qui fut placé sous la garantie du roi de France. A la mort de Henri II , les vexations des Génois recommencèrent Elles durèrent pendant deux siècles et excitèrent de nombreux mouvemens plus ou moins violens. Enfin, en 1729, les Corses se soulevèrent t. i. — 35.
par l'imprudence d'un collecteur d'impôt qui , à défaut de paiement, avait saisi les effets d'une pauvre femme. Celte insurrection devint respectable; dirigés par des chefs habiles, les Corses s'emparèrent de la capitale de l'île. Gênes, voyant ses efforts inutiles, recourut à l'empereur Charles VI. Les Corses , menacés par les troupes allemandes, se prêtèrent à un nouveau traité dont l'Empereur fut garant, et qui fut signé en 1733. Mais , dès l'année suivante, les Génois ayant violé le traité, les insulaires reprirent les armes; la lutte fut acharnée et sanglante, jusqu'à l'apparition du baron Théodore de Neuhoff, qui fut proclamé roi de Corse en 1736. Cet aventurier ne finit pas l'année sur son trône, et fugitif de lieu en lieu , puis arrêté pour dettes à Londres ( où il mourut en 1746 ), il ne dut sa liberté qu'à la générosité d'un Anglais, Horace Walpole, qui apaisa ses créanciers. Désespérant de réduire seule la Corse, Gènes eut recours à la France, qui y envoya des troupes ed 1738. L'ile fut pacifiée en peu de mois. En 1741, lorsque tout parut calme, les troupes françaises rendirent l'île aux Génois, et se retirèrent. Le moment de leur départ fut le signal de la reprise des troubles. La guerre continua sous différens chefs depuis 17^3 jusqu'en 1755, époque où Pascal Paoli, fils d'Hyacinthe Paoli, l'un des chefs des mécontens en 1735 , fut élu général. Les Corses, sous son commandement, chassèrent promptement les Génois des villes de l'intérieur, et peut-être seraient-ils parvenus à les expulser totalement de l'île, si les Français, en 1764 , n'eussent été rappelés pour garder les places qui appartenaient à la république génoise. Les troupes françaises, au bout de quatre années , allaient se retirer lorsque, en 1768, les Génois, convaincus enfin de l'impossibilité de se maintenir paisiblement en Corse , cédèrent à la France tous leurs droits sur cette île. Les Corses, qui jusqu'alors avaient vécu en bonne intelligence avee les Français, prirent les armes pour défendre l'indépendance de leur pays; mais leurs efforts furent infructueux, et, en 1769, la Corse devint province française. Le gouvernement de la France fut aussi doux et aussi paternel que celui de Gènes avait été vexatoire et tyrannique. L'affection succéda parmi les Corses à l'irritation qu'ils avaient d'abord eue contre la France, et jls demandèrent
.if
eux-mêmes à l'assemblée nationale de déclarer leur ile partie intégrante du territoire français (i). Vers la fin du siècle dernier, la courte occupation des Anglais, protégés par Paoli, qu'aveuglait le désir de l'indépendance absolue de sa patrie, n'a servi qu'à prouyer combien étaient forts les liens qui attachaient la Corse à la France. Cependant il est avéré que le gouvernement britannique y soudoie encore quelques mécontens secrets: àVgent perdu! subsides inutiles! Les Corses aujourd'hui sont Français, au même titre que les Lorrains, les Francs-Comtois et les Alsaciens. Ds ont eu leur part de nos triomphes et de nos revers , ils ont partagé nos joies et nos douleurs f leur Sang a coulé avec le nôtre sur les mêmes ehamps de bataille, ils fout partie du grand peufile. Ne sont-ils pas d'ailleurs les compatriotes de Ifâpoléoii ?
AJH 'JMDgU ËWÉMi
„ Ou trouve peu d'antiquités romaines dans la Corse* cependant File a été traversée dans toute sa longueur par une route militaire, et a possédé deux villes romaines, aujourd'hui détruites, Aleria et Mariana. A Aleria t il n'y a plus qu'une vieille lotifj à Mariana, on voit encore les débris d'un temple. Toute la Corse est enveloppée d'une chaîne éà tours ruinées, placées au bord de la mer. Ces tours ont été élevées pour la plupart afin de garder l'ile contre les attaques des Sarrasins ; mais il en iest quelques-anes qui remontent à l'époque de la domination romaine. On en voit dans la commune de Lu ri , au sommet d'un pic élevé, une qui porte le nom de Tour de Sénèque. C'est là, dit-on, que fut exilé ce philosophe. Les Sarrasins ont aussi laissé dans l'ile des traces de leur passage. 1 y a quelques tombeaux mauresques aux environs d'Ajaccjo. L'église du village de Murato est .une ancienne mosquée.
OÉJULCTkBM » MOTO**.
Les Corses sont généralement fiers, spirituels et braves. Doués d'une grande pénétration, du tarent de l'analyse et d'une ténacité originelle, ils conçoivent rapidement, combinent avec adresse et marchent à leur but avec une constance impertubable. Ardens dans leurs affections , n'oubliant ni l'injure, ni le bienfait, ils servent l'ami-
~rr*
- <i) Loft de la dinrion dm ttirtalrti français par. l'assemblée cpMtitntnte(i79o),rtle de Corse ne forma d'abord qu'an seul département, dont le chef-lieu fut Àjaceio.En 1793 on décret de la éonrentSon nationale la divisa " en fienx départemens , le Golo («fctMien Bai Ha) et le lUmtnê (cbef-lhm Ajaccio); mais en 18 n an décret impérial les rendit de nonrean en nn seul, qni eut pour chef-Ken administratif et religieux Àjaccio, car afin de satisfaire les prétention» des deux principales villes de Corse au titre de f Cipftalo, le chef-lien do la dirision militaire et la cour royale •Wsnt toi*» 4 Bvtia.
tié au péril de leurs jours et ne suspendent leur vengeance que pour mieux en assurer l'effet Nul peuple n'est plus avide de gloire et moins avide de richesses; l'honneur, bien ou mal entendu, est là ce que l'intérêt est ailleurs: la cause du mouvement ou de l'inaction.
Le moindre berger est curieux et interrogateur , parce qu'il est penseur et hardi. Le rang, l'appareil de la puissance, ne lui imposent nullement. Qu'un étranger l'abord e^il lui demande d'où il vient, où il va, quelles sont ses fonctions, quel est son traitement, etc. Dans les «Kairee îèa Girses montrent la même assurance: Us vont droit à l'autorité; et, verbeux et rusés, îb plaident leur èaose avec une facilité et nue finesse remarqua* blés. Si , après les avoir attentivement écoutes «00 leur prouve qu'ils ont tort , ils se soumettent, car ils respectent la loi, dès qu'elle s'offre eUirement à leurs yeux.
Bu amotir, ils sont ardens" comme tous Iettisbitaus du midi.. Mais ce penchant naturel, effet du climat , est contenu par la rigidité de leurs mœurs. Il est rare chez eux qu'une femme trahisse son mari; mais il est plus rare encore qu'un mari ait une femme infidèle, et qu'il la laisse survivre à sou crime. Une jeune personne qui perd son honneur perd en même temps tout espoir de te marier, à moins qu'elle n'épouse l'auteur de ss faiblesse» Malheur à eetawoi s'il. la trouve indigue d'être sa compagne! Les parens de la demoiselle s'arment et le poursuivent jusqu'à ce qu'ils l'aient fait périr ou forcé de s'expatrier.
Les Corses dédaignent les travaux mus noblesse s et rangent dans cette classe presque tons les travaux pénibles : c'est ainsi qu'à l'imitation des Romains , ils méprisaient autrefois la culture des terres, et que, ne pouvant la confier à des esclaves, ils l'abandonnaient presque eiclosivesneot aux femmes.
Les Corses sont en général d'une taille moyenne , et plutôt maigres que gras; Us ont le regard vif, lé corps robuste et dispos. Ils marchent toujours armés. Après les choses nécessaires à h vie, ce qu'ils désirent le plus, -ce sont des armes pour leur défense. Us vendent leurs boeufs, leurs chevaux , ils se privent de tout pour acheter tin fusil, un pistolet, une carthèht \t) et un stylet, ils emportent ces afiries quand ils sortent , et ne les quittent que momentanément pour s'oceuper de leurs travaux agricoles. Cette pratique guerrière pat générale hors des villes maritimes.
Nul peuple n'est pins hospitalier: Tinclinalion naturelle et l'éducation se réunissent pour maintenir en honneur l'exercice de cette touchante ver* tu , et comme d'ailleurs elle se trouve dans toute
(1} Espèce de giberne attachée an corps, comme nue oebiluie.
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FRA^rCE^ PITTORESQUE
ÇRANCB PITTORESQUE. — CORSE.
Ut «lasses , U existe à çel égard une émulation générale.
cmmratift i.ociâT.«n,
Vendetta. — Un Corse qui a une injure à venger est en vendetta $ it prévient son ennemi qu'à compter de tel jour il cherchera l'occasion de le tuer. De ce moment, les deux champions , armés jusqu'à** dents, ne marchent plus qu'avec précaution , ear il» doivent s'attendre à tout. Le oode qui régit deux armées belligérantes étant le seul à leur usage, les etnbuscàde* sont de bonne guerre; le choix des armes reste à chacun, sa force dépend de ses calculs ou de son influence : il est libre de tenir seul la campagne , ou de se Caire suivre par deaamis qui le secondent activement Autrefois le Corse en vendeur laissait croître sa barbe jusqu'à ce qu'il eut immolé son ennemi : cet usage a disparu,
Dbhoscmt*o*s, ~ Depuis que le meurtre est puni de mort par des lots qui s'exécutent* le besoin de nuire légalement a un ennemi a mis en laveur la délation : c'est la vendetta accommodée aux mœurs nouvelles. On ne peut se faire une idée du soin avec lequel un Corsé scrute les actions d'un ennemi qu'il veut perdre. Celte inquisition lui parait toute simple : .le rôje de délateur n'est pas flétrissant à ses yeux. M. de Beaumonl, aqjui nous empruntons ces détails -, rapporte qu'ils jru des insulaires, d'ailleurs re^mmaudabJes , prendre avec empressement un titre, qui chez nous eèt odieux. Lorsqu'il était sous-préfet de Csivi, il a reçu une plainte qui commençait par ces- mots : Gli sottoscriul , denancialori det S,... et dont les signatures étaient précédées de: ceux-ci i Gli iopradetu denunciutorl, Et ces susdits dénonciateurs étaient des hommes marquai?* dans leurs communes I Le rédacteur de la plainte. éjait un ecclésiastique J .• COSTUMES, .
,' L* costume du pqysaneors* est simple et original : un bonnet pointu , ayant ta forme d'Un casque phrygien , en peau ou en laine, dont les côtés peuvent retomber sur les oreilles ; une veste d'étoffe brune, des culottes courtes, que soutient une ceinture où par-devant pend une large giberne, et enfin, des bottines de cuir écru> composent son habillement. Jl.pojrte à sa ceinture un long couteau e^ordinair-emeut e#t armé d'un fuajl jt baïonnette.
< Le costume des femmes eetpUs varié. Les Grecques deCargèse ont un habillement qui rappellecelui des femmes màinbtes. Lès paysannes des autres cantons ; avee leur voilé , ou -mantille dé drap à l'espagnole, portent dans lés jours de fête des corsets, des jupons et des tabliers à couleurs vives et variées , comme ceux des paysan
XjAJTOAGS.
Le dialecte det Corses est un italien on se trouvent, mêlée un assez grand nombre de mots arabes et d'ex?, pressions espagnoles. On s'en sert dans les écoles pri*; maires, à ce qu'affirme M. le baron de Besumont dan» son excellent ouvrage sur la Corse ; il est à désirer es*, pendant, pour fondre les populations continentale &( insulaire , que la langue française y soit enseignée.
venuxn BXOG&AVHIÇVSI.
P40M ( Pascal ) né à Saltretta en 1726. — Napoléon est 1a p}us grand homme 4e tous les j^ays et de tous les.' temps, Paoli est .particulièrement le liéros c|e la Corset U fuf le défenseur et le représentant de son indépendance. La liberté de U Corse fut le |>ut des effprts de' tonte sa vie; ce fut pour elle qu'il combattit contre la' France. L'Eujrope , après l'avoir proclamé le .vengeur de sa patrie»' admira en lui le jgénie du législateur/ — En 17 îb , surpris par Mafrrç , «on rival supérieur en forces , et cerné par les Génois clans le couvent de #pz;ûo.y Paoli allait périr. sans la résolution aéné-' reuse d'un de ses ennemis. Thomas Çervoni était* irrité' contre lui pour une injure personnelle; sa mère apprend ce qui se passe à Roz^jp, et lui crie de prendre les' armes. « Mais l'outrage que . j'ai , reçu, %T- U .s'agit «bien, de tpn injure, dit «eue mère digne 4e Sparte;'
-«La cause de la liberté est en pçril dans' la personne] < de son. défenseur, Marche , ou pe maudis' je sang et «le lait que je t'ai donnés.» Cervoni ne balança plus;] suivi if une.poignée ,4'hom.mes déterminés , il se jeta dans la méjée et dégagea Paoli. Celui-ci, après l'action, demanda son libérateur ; mais * fidèle à son caractère , ] le libérateur avait repris sa hajno et était, reparti. — - Voici encore un trait qui fait honneur à l'héroïsme
, corse. 5— Lorsque Paoli. faisait la guerre aux -GerjoU,' une femme avec un jeune homme yint le trouver à'Corte:* l'homme de garde ne voulut poin^la laisser entrer. La' femme prit dispute, avec Usentinelje, 'et Paçlij ayant
' entendu le bruit, sprtit de son çqpinet pourri deman-!
' der pourquoi eliej'obstiqajt à.ypuloir entrer .par fonce. « ÇéncraJ, lui dit-elle,, j'ai perdu l'aine' de nies enjana «pour 1*> défense de Ja patrie ; et j'ai fait Vingt lièges «.pour venjr vous offrir celui, gui me, jreste ; préue^-le , «IçvojUu? ' ; . ... ...".//•, . . ' ..,
. Mjpw l*JBJvajL Ramqlwo. est pée: a Ajaçcjo en 1750. -** fo mère de Napoléon,' non moins remarquable par sa beauté quepar.sçs qualités toutes viriles, s'élajç, par son dévovemement et' son courage , montrée digne -de son mari. JEU* Je suivait à la guerre et partagent ses fatigues et $e% dangers. Ce fut pendant une 4e .ses* courses militaires qu'elle devint enceinte de celui .qui devait être le, plus grand capitaine' de, tous les, siècles^ ^afcdeme Bonaparte vint à Ajaccio pour ^ fajre w>[ couches. $a position semblait avoir accru son. énergie natiu*l)e. ,Çlle 4*>iaignait de prendre ^uounç' de ces] précaution* nécessaires , en pajjejjyk çjre^sUn'ce^ à la, plupart des femmes. Le jour de l'ItaômptipD elle YpuJuy{ quoique très avancée. dans sa grossesse, ass/s/e^ a U. Ée^o^i^Yai^ê>r%ci^ré>tavep une grande pompe,, 'Mais, à peine entrée à l'église, elle se sentit prise narv les douleurs de l'enfantement, et fut forcée de se retirer en hâte dans sa maison. Elle n'eut pas le temps
d'arriver jusqu'à sa chambre à coucher, et dans le pr#-^
mier salon , sur un vieux tapis à personnages homériques, elle mit au monde un enfant. Cet enfant , qui surpassa tous les héros de l'Iliade et de l'Odyssée, c'était Napoléon !
Napoléon. La France, qui ayait donné dans le XVIIIe siècle (i) un roi à la Corse, devait dans leXIXe en recevoir un empereur. Napoléon Bonaparte est né à Ajaccio le 15 août 1769. Ce grand homme,' qui appartient aujourd'hui au monde entier , avait beaucoup d'attachement pour sa terre natale. «La Corse, dit M. de Las Cases, ayait mille charmes pour lui , il en détaillait les grands traits et la coupe hardie de sa structure physique. Il disait que les insulaires ont toujours quelque chose d'original par leur isolement qui les préserve des irruptions et du mélange perpétuel qu'éprouve le continent ; que les habitans des montagnes ont une énergie de caractère et une trempe d'âme qui leur est toute particulière. 11 s'arrêtait sur les charmes de la Corse. Tout y était meilleur, disait-il; il n'était pas jusqu'à l'odeur du sol même qni ne lui eût suffi pour le deviner les yeux fermés : il ne l'avait retrouvée nulle part. Il s'y voyait dans ses premières années, à ses premières amours; il s'y trouvait, dans sa jeunesse, au milieu des précipices, franchissant les sommets élevés, les vallées profondes, les gorges étroites , recevant les honneurs et les plaisirs de l'hospitalité , parcourant la ligue des parens dont les querelles et les vengeances s'étendaient jusqu'au septième degré. Une fille, disait-il, voyait entrer dans la valeur de sa dot le nombre de ses cousins. 11 se rappelait avec orgueil que, n'ayant que vingt ans, il avait fait partie d'une grande excursion de Paoli à Porta di Nuovo. Le cortège du général était nombreux : plus de cinq cents des siens l'accompagnaient à cheval. Napoléon marchait à ses côtés. Paoli lui expliquait , chemin faisant, les positions, les lieux de résistance ou de triomphe de la guerre de la liberté. Il lui détaillait cette lutte glorieuse, et, sur les observations, le caractère et l'opinion qu'il avait prise de son jeune compagnon , il lui dit : O Napoléon ! tu n'as rien de moderne , tu es un homme de P (Marque. — Aucune famille n'a offert autant d'hommes remarquables que celle de Napoléon Bonaparte. Sans parler des femmes qui se distinguent toutes par leur beauté et par leur bonté, sans citer cette Élisa que sa force virile et son grand caractère pourraient faire classer parmi les hommes, on trouve, au nombre des frères de l'Empereur, — Joseph Napoléon, honnête homme sur le trône, brave dans le combat, clément, libéral , ami de la liberté et de la vérité, alors même qu'il était au pouvoir, roi législateur auquel les difficultés du temps ont empêché de rendre la justice qu'il mérite. —Lucien, ambitieux peu vulgaire, qui a refusé un trône, éloquent, capable , ami des lettres et de la poésie qu'il aurait dû se borner à encourager. C'est le protecteur de Bé ranger. — Louis, souverain adoré des peuples auxquels il fut imposé, non moins honorable dans les actes de son administration que par son abdication. — Enfin , Jéfcôm, célèbre à l'armée par son audacieuse bravoure, et qui a eu le plus grand mérite qu'un homme puisse avoir, celui d'inspirer une passion véritable à une femme vertueuse.
(x) Le baron Théodore de Neuhoff , proclamé en 1736 roi de5 Corses, est aé à Metz en x6oo.
— La Corse a produit un grand nombre de content porains distingués , parmi lesquels on remarque les gé néraux Arrighi, Càsàbuncà, Cittinbo, Cbswoni, OaNatto , SsBiSTUNi , etc.