TUA», BOURGS, CHATEAUX, ETC
Ajaccio. Sur la côte occidentale de l'île , et sur le golfe du même nom, chefclieu de préfecL, d'arrondiss. et de cant.; à 265 1. de Paris et 65 de Toulon». Pop. 8,930 h. — On prétend que cette ville fat fondée par les Lesbieus, qui lui donnèrent le nom d'djauof d'après une petite ville de l'Ile de Lcsbos , qui existe encore, près de Mitylène. Les. Romains l'appelaient Urcinium , à cause de la bonne qualité des vases de terre que l'on y fabriquait pour conserver le vin. Elle était située autrefois au fond du golfe, comme le prouvent les tombeaux et les ruines d'anciens édifices que l'on a découverts à une lieue de la nouvelle ville. C'est en i345 qn« les habitant abandonnèrent l'ancienne ville pour échapper aux influences des: marais voisins, qui depuis ont été desséchés. La ville manque de bonne «au. La citadelle a été bâtie par le ma-» réchal de Thermes., en i554» C'est la patrie. de Ja famille Bona* parte. — Maison <U Napoléon* La maison où est né Napoléon y existe encore; elle appartient à un membre de la famille maternelle de l'Empereur, M. Ramoliuo.- Cette petite maison, de chétive apparence, à quatre croisées de façade et à deux étages, est visitée avec empressement par les Quricux.Toua les soldats qui arrivent à Ajaccio vont .y. faire nue sorte de pèlerinage- militaire. On y voit un petit canon., de trois. pied» de ioug, pesant plus de trente livres, et quia servi de jouet au jeune Napoléon.— Ajaceio possède une belle salle de spectacle, une superbe promenade sur le bord de la mer, un port vaste et sur et une bibliothèque publique qui renferme 15,000 volumes.
Cargesk. Petite ville dans le golfe de Sagone , régulièrement construite, et chef-lieu de la colonie grecque en Corse. — Vers 1 107, des divisions de famille ayant mis en péril les jours d'Etienne Comoène , seooud fils de l'empereur d'Orient Alexis Ier, il quitta Constantinople, se réfugia d'abord à l'Ile de Mételin (Lesbos), puis à Vitdo, petit port du Péloponèse, 911 il vécut long-temps caché sous le nom de Slcphauopoli. Cinq siècles plus tard, ses descendons , au nombre de quatre cent trente , dnrent a leur tour, chassés par les Turcs maîtres de Constantinople et d'une partie de la Grèce, abandonner Vitilo. Les Comuène, suivis de trois cents Maïnotes (Spartiates d'origine) , s'embarquèrent en 1675, sur nn vaisseau français, et entrèrent le 1er janvier 1676 à Gènes, où le sénat les accueillit avec empressement. Le même mois fut signée une convention relative à l'établissement en Corse de la colonie fugitive, et, le 14 mars suivant, les Grecs prirent possession des lieox appelés Paomia, RePida et Smiogna. La colonie se dirisa d'abord en cinq hameaux, et les terres incultes qui lui avaient été concédées ne tardèrent point à changer d'aspect ; mais les communes voisinas, se croyant des droits sur ces terres, renversaient chaque jour ce que les colons édifiaient; le sang des Crées coula sous les balles des Corses. An lieu d'un asile pour les secourir, les malheureux fugitifs eurent des foyers à défendre : et leur établissement , malgré la protection de la république génoise et les efforts plus récens du comte de Marbœuf, fut momentanément détrait par les Corses combattant pour leur indépendance et confondant dans une haine aveugle les tyrans qui opprimaient leur pays, et les travailleurs innocens qui venaient augmenter la population trop rare 4e leur He, et y importer le goût de l'agriculture. Sous le gouTcrnoment français, les Grecs, qui avaient trouvé
nn refuge à Ajsccjo, sont rentrés en pos*eaaw>n dos terre» çm\ lent. appartenaient La colonie a été transportée i Cargsta, mai»» après cent* quarante-six ans d'existence, elle ne forme 'encore qu'une petite ville de 697 habitans , et son territoire , le' mieuxcultivé de l'Ile, est toujours revendiqué par des Corses qui possèdent et ne défrichent pas les champs limitropjics. — Avant la dévolution, les Grecs de Cargèse professaient la religion catholique selon le rit grec. Ils suivaient aux fêtes solennelles la Kthurgie de saint Basile , et les jours ordinaires celte de saint Jean-Chrysostome. Leurs messes les moins longues duraient «ne heure. H» avaient en un couvent de Tondre de saint Basile, quel* grave*»** ment génois avait détruit à cause des eireiu» «l'on accusait les moiues d'inspirer aux peuples. Pendant long-temps Us n'ont en que de simples prêtres, qui allaient étudier en théologie à Rome dans le collège de Sain t- Allia nuse, et qui y étaient ordonnés parun évéque chargé par le pape de la surveillance spirituelle des Grecs' répandus .dans la Homagnc, la Sicile et- le -royaume de Keples. Depuis 182* , et faute de prêtres grec*, ils ont adopté le rit latw.
Qastu. Sur la ooje . orientait de la Corse, vers le Jf., i 3eo 1. 5.-E. de Paris; .ch.-l. d'arrondis*., di*i*é en deux cant. Le premier appelé Terra~Nova, pop. 5,o8* h.j % comm. 5 le second Terra-fecchiâ., 4,449 u*> l com™« — Cette ville, regardée antrefois comme la capitale de la Corse, est bâtie en amphithéâtre sur une anse qui, par le moyen d'un m6le, forme un port commode pour les petits vaisseaux. Dans la partie hante de la ville, appelée 1*rr4~Pfuovm ,' est bide la citadelle, qui n'est bonne que pour défendre le jlort, parce que du coté de la terre elle es* domàeée pet les montagnes an pied des quelles la ville est adossée. Q* remarque à l'entrée du port, parmi les rochers qui soutiennent la citadelle* un roc que les marins appellent il JLcçng, et qui par sa configuration ressemble un peu à un lion couché. On croit que Bastia est l'ancienne ville de Manijnùm ou Màntinorum oppidum.
Câlvî. Sm un promottfeirer élevé* à l'ekteémtte d'u de rterre qui s'avance dans le jgolfe; 4°, m*»0 nom, a 17 L 31. 4*4* jaccio , cu.-l. d'arrondis*. Pop. i,382h*; 1 comm.— C'était une des principales villes de la Corse, par son antiquité et par la force de son château, flanqué de cinq bastions, devant lequel échouèrent les efforts du maréchal de Thcrinc*, jusque-là victorieux. An pied de là ville est un faubourg peu considérable.
Isola Rossa ou lue Roussa. A 3 1, M.J3, de Calvi, chA. de eau t. Pop. 1,046 h.; pop. du cant, 4^>3ph., 6 comm. — ■ Cette vâUe, qui prend son nom d'une île dont elle n'est séparée que par oa étroit caual, a été fondée par le général Paoli. C'est aujourd'hui un poste militaire, au grand regret de la population, qui est industrieuse et commerçante. Ses moyens de défense ne se composent d'ailleurs que d'une muraille eu terre* de quinze pieds de haut, d'une tour qui renferme des magasins, et i'aee pinte Tuait en maçonnerie pour établir une batterie.
Cortx. An centre de l'tlc , au pied du moût Rotonoo 9 ^ une éminence isolée et d'un accès difficile^ au confinent du Tarignano et de la Rcstigona, à i51." N.-E. d'À jaccio , ch.-l. d'arrond. Pop. 3,a8t2 h.; f comm. — Le château de Cor te, situé sur on roc hérissé de pointes et entouré de précipices, ne fut obligé que par le manque d'eau à se rendre au maréchal de Thermes. — Les Corses attachent beaucoup d'importance h Cbrte, qui rat le siège ém gom> vernemesU 4e s?eoli» - .
Sahtehe. Sur la Ta varia, non loin du golfe de Valinco.à 1.1 i. S.-E. d'Ajaccio, ch.-l. d'arrondlss. Pop. 2,7x5 h.; pop. du esua{. 4,55c h.; 8 comm. '
Bovivagio. Dans une presqu'île , à l'extrémité méndioaale 4e In Corse, à 18 L $.-£. d'Ajaccio, eh.4. de eant. Pop. 2,944 h^ 1 eosama. — Cette ville , que l'on croit occuper le place de 1 a palla de Ptolémée, a été bâtie par le oom*e Itoaifrce, i Pisan , qui lui donna son nom. Son port, long et étroit ,'r à un fossé taillé dans le roc. La ville toute entière est j dans l'enceinte d'une forteresse vaste, mais incapable d*une losague résistance. Cependant, en 1420, Alphonse Y, roi dTArragom;
FRANCK PITTORKSQrE.
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, l'assiégea inutilement; mais les Français s'en emparèrent en i553. .£'«** 4ajm le voisinage de cette ville , et dans le détroit du même nom, qne se fait la pèche do corail.
*» rPonfo~YlteâHro. An fond d'one baie teste et profonde, kTcx- :tfèû&tê méridionale de Me, à î5 1. S.-E. d" Ajaccio, cb.-l. de cant. I^Ptip. 1^38 b.; pop. du cant. â,5o8 lu; 4 cômm. — Cette ville est .Vaneienfee OEUsim de Ptolémée. Son port est le meilleur de l'île,
- «I m fade, qui petit contenir les plus gros vaisseaux , et «ne escadre "«tttîèrt, abrité* pat dès rochers qni Brisent là mer, est nne des 'plus sures de la Méditerranée. On y pèche la nacre dans laquelle ? se trouvent des perles grises et ronges. La ville est entourée de sftrtifiuatsons peu importantes. L'air y catasalsain, et la population
pen considérable* Dans. le voisinage est ton* saline* la sente «i1 existe en Corse.
, BTHCUOW VQUTIQ1XX JET j§J>MXB7X0TBAgnpFS.
"PôtiTiQUK. — Le département nomme a députés. Il est divisé "en 4 arrondissemens électoraux, dont les chefs-lieux sont Ajaccio ' et Bas lia. Le nombre des électeurs est de 3oo.
administrative. — Le chef-lien de la préfecture est Ajacciot Le département se divise en 5 sous-préfectures ou arrondissemens communaux.
Ajaccio.,... . . . ia cantons, 7a communes, 45,a35 habit.
, Bastia, .' ao o5 57,649
: Calvi. . . . >, . . 6' 34 ao,44r
. Corté i5 xoa 47,838
J Sartèife. .\ . . .^jr 43 ; ; ; ; »Ma
Total. . 61 cantons, 346 .commune sf jg5,4Q? habit " .^rAM dtr Trésor publie. — Il y a en Corse 1 receveur général „** 1 payeur (résidant à Ajaccio) , 4recev. partie.; 5 percepteurs.
Contributions directes» *— 1 directeur (à Ajaccio ) et x inspeot.
Domaine* et Enregistrement* — t directeur (à Ajaccio); a inspecteurs ; 3 vérificateurs.
Hypothèques. — » 5 conservations dans les chefs-lieux d'arfod- «disseœens communaux.
Douanes. — x directeur (à Ajaccio).
.Contributions indirectes. — . t directeur (à Ajaccio).
Forêts. — La Corse forme la 40e conservation forestière. lie ^conservateur réside à Ajaccio.
* . Loterie.— La Gorsea le bonheur d'être privée de tout établissejjnlnt de là loterie royale,
•- Pênii*êt-Ch*ussiesé — t ingénieur en chef (à Ajaccio). Le dé- -pttrtement fait partie de la 6* inspection, dont le chef-lieu est à "Avignon.
'-' Mines. -*- La Cors* forme le ï5ê arrondissement. — £• division, dont le chef-lieu est Saint-Étienne. t ingénienr des mines 'réside * Ajaccio; ' "
- ffttrûs. — fco'ur les coursés de chevaux, le département fait c|Hrtie* dit &• atttHrdWemeut' de concours , dont le chef-lieu est
Tarbes. — Il y a à Ajaccio un dépôt provisoire d'étalons.
Religieuse. — I^e département forme le -diocèse d'un évéché, érigé dans le xviii* siècle, suffragant de 1 archevêché d'Aix, et dont le siège est A ÀjàccW-*^ Il renferme 4 curés deV« classe, 6a d» ?*, «88 enounraalca, ro3 vicariats. — II existe dans le dé- .îjartesnent (à. Ajaccio et à Calvi) 3 congrégations religieuses de femmes composées de a3 toinra, cluirgées de l'hospice civil, de Tédu- I cation des filles et dû dépôt central des en fan • trouvés. ~ (A Ajaccio, Bastia, Corte, Calvi, Fiuroorbo et Bonifacio) 6 écoles chré- . tiennes, rcnrerriianxaô frères «consacrés à l'instruction des enfans. La religion catholique est la seule t^ui ait des temples en Corse. Cette unité de croyance, si avantageuse lorsqu'elle est fortuite, y .existe depuis l'établissement définitif du christianisme, o'est-àdir» depuis Ferpu] sien. des Maure* en 788. Aussi ce pays, qu'ont affligé des haines sans nombre, n'a-t-il eu rien à redoutée de la pins Implacable. On «uralf tout à craindre si quelque secte pro- . lestante tentait-.de s'^taUtr chem un peuple s» amoureux des pratiques extérieures et si prompt à la vengeance. - ÏTJDtCf air*. — Une oonr royale aiégeaut à Bastia comprend dans son ressort les tribunaux de la Corse II y a dans le département 5 tribunaux de première instance à Ajaccio, Bastia, Calvi, Corte, Sartène; 3 tribunaux de commerce, à Ajaccio, Bastia et à l'Ueftdlissé. — Une ordonnance royale du 29 juin 18 <4 ■▼«»* décide ♦qu'd n'y aurait point de jury en Corse, mais sur de nombreuses réclamations, une autre ordonnance du x3 novembre ï83o y a 'établi le jury. Les efforts et les écrits de M. Patorni, avocat distingué à la cour royale de Paris, né en Corse, n'ont pas été étrangers «Vîette nouvelle décision du gouvernement. WwHHimniMi J.'tln rir forim ntnriiTTTrt-1"1'» »«"'"* **«
l'académie d'Aix; mais un inspecteur de l'université, établi à Ajaccio, y remplit les fonctions rectorales, et correspond directement avec le ministre de l'instruction publique. — Il y a dans l'Ile 3 collèges (à Ajaccio, à Bastia, à Calvi); 4 écoles modèles d'instruction primaire (à Ajaccio, à Bastia , à Corte, à Morosaglia). — Le nombre des écoles primaires du département est de a86, qui sont fréquentées par io,36x élèves, dont 9,814 gârfcons et 547 .fille*. — Le nombre des communes privées d'école est de M.
Militaire. — Là Corse forme la 17e division militaire. Le lieutenant-général commandant la division réside à Bastia et le maréchal-de-camp commandant le département, a Ajaccio. — On y compte 10 forts on! places de guerre, la citadelle d!Ajaeeio,left>rt Monzillo, Calvi , Sa i a t- Florent, Bastia, Corte, frunelli, Bouir facio , Vjxxavona , oap Cône. — • Il y a à Bastia une direction de génie. — Le chef-lieu de la 17e légion de gendarmerie est Bastia,. Cette légion est divisée en a compagnies départementales, dont l'une est à Bastia, et l'autre à Ajaccio.. ~- Outre ces deux compa* gnies, il y a encore dans le département. un bataillon de voltigeurs corses , qui fait le service concurremment avec la gendarmerie* — Le dépôt de recrutement est à. Ajaccio.
MaRitimb. — La Corse est comprise dans la 4* direction fores* tière de la marine. — M y a à Bastia, un commissaire général et un trésorier des invalides de la marine. «-t-Une école d'hydrographie est établie à Ajaccio.
*o*pUkttçm.
D'après le dernier recensement officiel , elle est 4e 1 96,407 n. et fournit annuellement à l'armée 5*9 jeunes soldats pour une levée de 80,000 hommes.
Le mouvement eu i83o a été de
Mariages ... »f» * ....... *
Naissances* Masculins. Féminins.
Enfans légitimes. 3r3i3 — 3,5o5 { ToCfel. — naturels.. i<>5 — 140 1, Décès. ,..,... a,a68, — 2,166. Total. CktttU» KATXOKAUE-
La Corse n*a point encore d^e garde dationale organisée. Le ministre, dans son dernier rapport au rdî (a5 novembre i83a), ne fait point pressentir à quelle époque Cette organisation aura Ben.
La Restauration avait Atê à la Cofse le Jury, la Rétultttion dé i*83o Ta privée de la garde nationale.'
IBDPOTO ST BJECeW^IL
Le département a payé à, l'État (en i8»i>î. . Contributions directes. .'.•....«.'.»,• v. * * P 10,1 7» fr. Enregistrement, timbre et domaines.. „ » • » * • a37,ooo
Douanes et sels. . ,„......**». **f«^f
Postes *...*.**'..».... 4»»w>5
Produit des coupes de boia. J3^
Produits divers. ..».».. à . . * * • • 2*»jjj
Ressources extraordinaires! # * . * * » »7»3o»
Total.' '. .... . . l,r44,Q4^ fr.
H a reçu du trésor K^t^o fr., dans lesquels «garent :
La. dette publique et les dotations pon»t
Les dépenses du ministère de la justice. .- # *
de l'instruction publique et des cultes. . de l'intérieur. >'........ •/• • * •
du commerce et des travaux ptiboca. # % ..
de la guerre. ■;.•«*.•••
de la marine **.,♦•.**..•.-*
dés financée. ........ v . ^ * » • » *
Lé* frais de régie et de perception des tapota. -* •
Remboursera., restitutions, non valeurs et primes*
988,711 fr*
5a*977 ife**5o
Total. .... . : .'t&it,ti?h.
' Ces deux somme* fatales dô fAïemêns et de>ec«tfes tepréeentant à peu de Variations près le mouvement anrinel «es <"J^n ' * des recettes ; le département reçoit donc une sottrttfc ff* 3,?96,8 wf. excédant celle qu'il paie. Un boni pareil chaque année *nrienTr«lt nromptement tout antre dép*Ttemeut : mais, Cdmmc Ott le verra plus loin aux articles Industrie agricole et Fndusiné éâmméreimlè, la Corse laisse sortir par an en uuméf àiré : *♦ toouf lé èalait* dea cjuvriersitaUensqu'elleeWloic, 945,^^
des manufactures françaises qu'elle consommé, 4,956,©«>o f>< toila donc cet excédant employé et au-delà. II rtt ffailleurt * «^rqner que toutes les denrées étant à trfcrbea marehé, les enrpleTea âup6ricurs et autres font de grandes éconoraies.sur les trâitemens qn ib reçoivent et dont ils ne dépensent qu'une ftible partie dans le pays, jrëPSXroB DÉPAUTiaiOîBïTAXBÉU
Elles s'élèvent (en i83i) à 4*1,393 f. 83 c. Savoir : Dép. fixes : trâitemens, abonnement, etc. BM97 1. Ha t<
Dép. variables : loyers , réparations , encourage*
r i, secours, etc. i79»°9^ lQ
Dans cette dernière somme figurent pour
3o,ooo f. les prisons départementales, 57,000 f. les enfans trouvés.
Les secours accordés par l'État pour grêle, incendie, épizootie, etc., sont de 27,240 f. » c.
Les fonds consacrés an cadastre s'élèvent à. . . . »
Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . . . 210,871 47 Lea^ frais de justice avancés par l'État de 224,598 8a
IVBIT8TBZE AGUCOHE;
Sur une superficie de 980,510 hectares, le département en compte 33,93o en forêts et 11,908 en vignes. Environ 600,000 hectares sont infertiles on incultes. Le revenu territorial est évalué à a,635,ooo francs.
La Corse, couverte de montagnes escarpées , profondément déchirée par d'étroites vallées, se prête difficilement à la culture. Les plaines malsaines de l'Est, sont, il est rrai, d'une fertilité prodigieuse; mais les cultivateurs qui habitent ces plages , dans la saison des labours et des semailles , ne peuvent sans danger y faire un long séjour. Les moissonneurs, dans le court période de la récolte, sont souvent attaqués de fièvres pernicieuses ou chroniques rebelles. On n'y peut donc pas faire d'établissemens permanens , ce qui nuira toujours à leur prospérité. La population habite sur les montagnes, des bourgs ou des hameaux dont la situation excellente, quant à la qualité de l'air et des eaux, se refuse généralement an développement nécessaire à l'agriculture. Le défaut de cours , de granges, d'é tables, de tout ce qui constitne ailleurs l'accessoire indispensable de la maison rustique rend l'existence à la campagne aussi gênante pour les cultivateurs qu'incomplète et maussade pour les propriétaires. Le laboureur forcé d'aller travailler au loin , emploie un temps considérable à chercher ses bœufs qui ont vagué pendant la nuit dans les makis. Les terres étant extrêmement morcelées , il consomme encore une grande partie de sa journée à transporter sa charrue d'un petit champ à un autre , et à franchir les ravins et les escarpemens qui séparent les héritages. Cette charrue et le mode d'attelage sont d'ailleurs encore très^grossiers. La nécessité d'abandonner à euxmêmes, faute de fourrage oh do bâtimens d'exploitation , les animaux de labour et les bêtes de somme, entraîne aussi des inconvéniens qui deviennent la source de querelles journalières, de procès et d'animosités trop souvent sanglantes.
Tous les travaux qui comportent une certaine fatigue, tels que les défrichemens , les desséchemens, l'exploitation des forêts royales, etc., sont rarement exécutés par les habitans; c'est le pauvre et robuste italien des campagnes de Lucqucs et Piombino qui vient chaque année, à l'entrée de l'hiver, s'occuper des travaux que le Corse dédaigne ou ne se croit pas en état d'entreprendre. Plusieurs de ces étrangers sont aussi employés à la simple culture des champs et de la vigne. Ces gens , dont la douceur et la patience égalent la sobriété, retournent au printemps dans leurs foyers , emportant, les économies faites sur leur salaire, dont le prix moyen , par journée , est de 36 sous. Il en vient environ 6,000 chaque année, chacun d'eux (en supposant qu'il n'ait travaillé que 90 jours) quitte la Corse avec 157 fr. 5o cent., car ils savent vivre avec sobriété aux dépens de ceux qui les emploient. C'est une exportation annuelle de 945,000 fr. en numéraire.
La Corse produit plus d'huile qu'elle n'en consomme. D'après M. de Beanmont, la Balagne seule en exporte , année commune, pour 1,000,000 fr., ce qui fait à peu près les deux tiers de sa récolte. Cette exploitation deviendra plus avantageuse lorsque les habitans auront reconnu les inconvéniens de leur système : beaucoup s'obstinent à ne pas greffer les oliviers sauvages, et tous attendent que l'olive tombe d'elle-même, parce que, disent-ils, l'instant où elle quitte l'arbre naturellement est celui où elle contient le plus
La récolte en céréales n'est pas suffisante pour la consommation; mais on y supplée parla châtaigne dont l'abondance malheureuse, en fournissant aux habitans un aliment sain et recueilli sans travail, entretient le goût de l'oisiveté.
La vigne vient dans presque tous les cantons, principalement dans les environs de Bastia, Corte, Ajaccio. Elle y est bien cultivée, mais on ne retrouve pas le même art dans la fabrication dn ▼in : cependant il en est de très fin , grâces à l'excellente qualité du fruit. Les vins rouges de Sari sont excellent L'Ile reçoit des vins dn continent, et le cap Corse en exporte : on exporte aussi des légumes, des fruits secs, (des oranges- et des citrons en très petite quantité.
On tirerait de grands avantages de la culture du Ubac, Des essais faits avec soin ont démontré que le tabac con»e est supérieur en qualité aux tabacs français , et pourrait suppléer dans les fabriques de la France continentale aux tabacs d'Amérique et d'Orient. La culture du mûrier a réussi au cap Corse. Il est fâcheux que l'insouciance des habitans néglige les ressources qu'offrirait la ré-
colte de la soie. Le chanvre n'a pas trouvé en Corse de terrai* qui lui con-vienne , mais- depuis quelques années on récolte beaucoup de lin sur les plages humides d'Aleria.
Le peuple de la Corse manquant d'industrie commerciale, et négligeant l'industrie agricole, sera toujours pauvre; mais, ilfkat le reconnaître , cette pauvreté est purement relative. Les aimplf besoins de la vie y sont aisément satisfaits. La faim et le froid y sont des souffrances inconnues aux pins indigène. Les < " " " y abondent, les troupeaux y donnent dn lait et des eVol cellens , les porcs y sont extrêmement multipliés» le gibier breux. Partout, d'ailleurs, le villageois est propriétaire de qi morceau de terre où il lui suffit d'un travail de quelques ion pour trouver la subsistance de sa famille. Si le Corse n'était pas amoureux du far niante, on pourrait croire que cette pauvreté qui nous fait pitié est de la modération, de la pH^mphir
L'industrie commerciale est presque nulle en Corse. L'île tire de la France tout ce dont elle a besoin ; les importations s'élèveat année moyenne à 2,956,000 fr. Quelques fabriques de drapgrossier pour les habitans du pays , plusieurs tanneries où se prépares* les cuirs que l'on exporte, une verrerie, une fabrique fie papes de terre, une autre de poteries, où il entre de l'amiante, et «roi réunissent une grande solidité à une grande légèreté soos les — V manufactures du département.
Douanes. — La direction de Bastia a trois bureaux: D'après les derniers documens officiels, ils ont produit en A*3i: Douanes, navigat. timbre, etc. Sels. TotaL
Ile-Rousse ^,420 12,882 3i3o3
AJacci°' ; 38,i98 33,5o3 7I,^
Produit total des douanes dans le département. aaS^aSs"" Pêche du thon. — La pêche du thon ne donne pas en Corse des produits assez avantageux et assez certains pour qu'on y consacre des capitaux importans. L'exploitation des madrague» *U-T le golfe de.Calvi et dans celui de Girolata, n'a produit dans ma espace de cinq années que i,a5r thons, pesant ensemble 38^3 kàle* représentant une valeur de 21,270 f., dont le cinquième est 4,25*4 f Les pécheurs se sont trouvés en perte, 22 madragues et 88 lu'niawi ayant été employés chaque année pendant trois mois.
Pèche du corail. — On trouve sur quelques parages des cotes de Corse du corail d'un rouge plus vif que celui d'Afrique et «mi pour cette raison est préféré dans le commerce, liais rexplottstna de cette pêche est encore plus aventureuse que celle du thoa à cause du peu d'abondance du corail et des difficultés qae Tern trouve à l'extraire. Il faudrait des capitaux considérables et saivre cette pèche pendant plusieurs années pour espérer de grands bénéfices. En conséquence, les corailleurs préfèrent aller p*-*—r aar la côte de Barbarie, où ils vivent à très bon marché et ou9M?aâêA§ gain leur est toujours assuré. '
Foires. — Il n'y a dans toute l'année que 5 foires qui ocea 6 journées. La plus importante est celle de Corte. Elles son* commerce* au commerce des bestiaux, des chevaux, des dran* des blcsjBbautres denrées du pays. 1— » —
Storia délia Corsica, par Filippini ; in-8. Paria. Mémoires sur la Corse, par Jaussiuj in-ia. Lausanne, tria. But. des révolutions de Corse,j»v Gennanès; in-ia. Paris?**,, ffist.de Corse, par Pommereul; in-8. Paris, 1*70, ^
Description data Corse, par le colonel ftédêric (fils «ai roi Théodore) ; in-8 (en anglais). Londres, 1795.
Mœurs et coutumes des Corses, par Feydel , in^. Paris, aa «„ Siausuque du Golo, par Pietry ; in-8. Pari. , an x. '
/Wtt> di Licomede ( Arrighi ) , in-8*. Paris 1804.
n*?Vr pt7lt eone> 1>tr **** dc Pietpi* *■"*■ *«*•> ■•*■«.
Pa£, x8%W " mœ"r' * "' **""' *** A«~ti-i- »-* Mémoire sur la Corse, par Réallier Dumas; in*. Paris, igta. Observations au Mémoire de M. Dumas, par MarsUi. aatât
Ajaccio, 1820. * ' «— —
Mèm. hist. de VEmigr. de la colonie grecque en Cône, in-*. Ajaecio, 1820. * f "J™^
Etat actuel de la Corse, par Poropei; in-8, Paris 1821.
Lettres sur la Corse, par Simonet ; in-8. Paris, 1821.
Fojr. put. en Corse , par J. de la Vaubignon, in-foL Paris i*».
Observ. sur la Corse, par le baron de Beanmont, in-8. Paris, rgaav
Mémoires du général Hugo, tome 1 ; in-8. Paris, 182X
Histoire de la Colonie grecque établie en Corse, par Stéphanepoh,in-i2. Paris, 1826. » i~ » §-™a>«
Notice sur la Corse, etc. , par Thierry, in-18. Paris, ift3*.
Paria. - Imprimerie et Fonderie dc Riowoux et Comp., rue des Francs-Bourgeois*amt-Mic^^
lue»
Département de la Côte-d'Or.
(Ci-tamnt &onx$o$nt.)
^ Le* Bourguignons, qui donnèrent un nom à Pancieone province de France dont le territoire du département de la Côte-d'Or faisait autrefois partie , étaient une des nombreuses tribus du peuple yaodale. Ils passèrent le Rhin vers la fin du 111e siècle , a6n de s'établir dans les Gaules. Dans le v* siècle l'empereur Valentinien les admit à l'alliance romaine, et leur donna la Savoie, où ils s'établirent. Genève fut alors la capitale de leur royaume. — D'auxiliaires, ou même de tributaires de l'Empire, ils ne tardèrent. pas à se rendre indépendants. L'empereur Ânthémius fit un traité avec eux pour les opposer aux Visiçoths, et leur céda 1* Tille de Lyon , où ils transférèrent le siège de leur gouvernement, qui s'organisa en un grand et puissant royaume. — Leur vaste monarchie ne dura néanmoins pas long-temps; elle fut détruite environ cent vingt ans après sa fondation, par les Francs et les Ostrogoths réunis: cet événement eut lieu en l'an 534.— Un nouveau royaume de Bourgogne s'organisa; il fut régi par les rois francs et dura jusqu'à la révolution qui plaça la seconde dynastie sur le trône de France. Sur la fin de la seconde race , les ducs de Bourgogne, officiers auxquels les rois confiaient le gouvernement de cette province, s'emparèrent du pouvoir en leur propre nom, et se firent souverains indépendants. — Le premier de ces ducs héréditaires fut Richard, mort en 921 , et le dernier Philippe 1er, mort en 1361. Pendant leur règne, le ducné de Bourgogne fut un état riche et florissant; mais il atteignit encore un plus haut degré de prospérité et d éclat sous ses nouveaux souverains , descendants de Jean II , roi de France , qui disposa de la Bourgogne en faveur de Philippe , son troisième fiIs.--Ces puissants vassaux traitèrent quelquefois d'égal à égal avec leurs suzerains; on connaît les démêlés de Louis XI avec Charles-le-Téméraire. La mort de ce prince guerrier, tué en 1447, à la bataille de Nancy, fit rentrer le duché de Bourgogne dans le domaine de la couronne. — Sous Louis XIV, un fils de la maison de Franee reçut encore le titre de duc de Bourgogne : c'était cet élève de Fénelon , objet de tant d'espérances, enlevé si inopinément à l'amour populaire. Son petit-fils, né en 1751, fut le dernier prince qui porta ce titre. La Bourgogne formait, en 1789 , un des gouvernements de la France , et était un pays d'état. En 1791/ elle forma les départements de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire et de l'Yonne.
AMTXQVJTÊB*
Ajlesia. — C'est auprès d'Alise-Sainte-Reine que se trouve,, dit-on, 1 ancienne Alesia, dont César T. i. — 36.
fit le siège. Cette vi Ile n'offre plus de ruines apparentes , mais sa situation et son emplacement rappellent encore de grands souvenirs.— Elle était si* tuée dans le pays des JEduens, aujourd'hui l'Auxois (arrondissement de Serour), sur une montagne élevée (le mont Auxois), au pied de laquelle coulent deux rivières. Elle devait occuper un espace considérable , à en juger par sa garnison, qui, d'après César, était de 80,000 hommes d'élite.— Lors de la chute de l'empire d'Occident, Alesia était chef-lieu d'un pays étendu nommé Pagus Alesiensis, dont il est fait mention dans les capitulaires de la seconde race.— En diverses circonstances , on a trouvé sur le mont Auxois des débris antiques, des bustes et des médailles.
Colonne de Cussy.— -De tous les anciens monuments du pays, le plus intéressant est peut-être la colonne de Cussy. Son soubassement est composé de trois assises d'un seul bloc ; la base forme une espèce de carré dont les angles sont coupés, et qui a une rentrée semi-circulaire sur chacune de* faces principales. La corniche est d'un seul morceau. Au-dessus de la base est posé un autel octogone, présentant sur chacune de ses faces la figure d'une divinité, et au-dessus duquel s'élève le fût de la colonne; ce fût est orné, à sa partie inférieure, de rhombes, dans lesquels il y a une rosace; sa partie supérieure est décorée d'une sculpture en forme d'écaillés. Le haut de la colonne manque : les parties en sont éparses en divers endroits.— Le chapiteau, d'ordre corinthien, se voit à la Grange d'Auvenay, situé à une lieue de Cussy, où il sert de mardelle à un puits. — Les statues représentent Hercule, un captif, Minerve armée, Junon, Jupiter, Ganimède, un Bacchus et une nymphe, qui probablement est la Saône personnifiée. On suppose que ce monument a été élevé en souvenir d'une victoire remportée vers le règne de Dioctétien et de Maximien; on croit qu'il fut en même temps consacré au général romain, victorieux et mort au sein de sa victoire.
Quelques inscriptions, quelques bas-reliefs, des vases, des médailles, etc., sont, outre ceux que nous venons de citer, les seuls monuments romains qu'on trouve dans le département.
Le caractère bourguignon est franc, ouvert et loyal. Les hommes de ce pays sont généralement affables et polis , généreux et hospitaliers; ils ont de l'audace, de la fermeté, de la bravoure, et ce qui donne encore plus de prix à toutes ces qualités , une persévérance obstinée et une constance qui ne s'abat pas facilement. Ces vertus du caractère populaire expliquent l'importance qu'ont
obtenue les anciennes souverainetés bourguignonnes. Les habitants de la Côte-d'Or montrent de l'aptitude pour toutes choses : à l'armée ils sont courageux soldats et officiers intelligents; dans le commerce, ils portent une économie éclairée, beaucoup d'ordre et une grande intelligence j ils aiment les entreprises industrielles et ils savent en tirer habilement parti. Comme agriculteurs et vignerons, on les voit toujours disposés à adopter, autant que leur fortune le leur permet, les méthodes perfectionnées de culture. Us se montrent, d'ailleurs, sobres et laborieux»
. En général , les Bourguignons ont une imaginatinn vive, un instinct pénétrant, beaucoup de sagacité et de jugement. JU sont doués d'un esprit remarquable d'observation et d'analyse ; ils aiment les arts et les sciences; ils les ont toujours cultivés et les cultivent encore avec un grand succès. Il n'est peut-êtr<e pas de département (celui de la Seine excepté) qui ail produit, dans tous les genres , autant d'homme* distingués que les déparlements formé* par l'ancienne Bourgogne.
VAAIÉTis «ÉMLftJB&S M HISTORIQUES.
Les historiens et les mémoires qua nous avons consultés sur la Bourgogne renferment sur les anciennes mœurs et les anciens usages de cetle province un grand nombre de détails qiii nous ont paru assez ourieux pour que nous ayons cm devoir les recueillir. La comparaison des temps passés avec le temps présent est à notre idée un des sujets d'examen et d'étude les plus féconds en résultats intéressants et en véritable instruction. Nous en présenterons toujours avec empressement les éléments a nos lecteurs.
|£ Ancienne répittàtion du vin de ItacanoflXE, — La réputation des vins "de Bourgogne date de loin. — Pendant le fameux schisme qui divisa l'église de 1378 à 1420, le duo de Bourgogne, Philippe~le- Hardi , fut député, en 1305, au pape (on anti-pape) Benoit XIII , qui résidait à Avignon. Philippe fit su pontife de riches présents, donna des repas somptueux aux cardinaux (il offrit entre autres cadeaux précieux aux cardinaux Àlhnne et Viviers vingt queues ae vin de Beauné), et gratifia là femme du maréchal du pape d'un superbe hanap d'or. Néanmoîns'H fle put rien changer aux dispositions du pape, qui s'ofcstina à rester à Avignon.— Pétrarque, qui, on le sait, «va tt l'esprit plutôt porté au sentiment qu'à la causticité , attribue au vin de Bourgogne, dont le duc avait régalé la tieur du saint- père, l'obstination des cardinaux à ne pas retourner, * Rome. • C'est que, dit-il , en halte, il n'y a point de vin de Beau ne, et nos prélats né croient pas pouvoir mener une vie heureuse sans cette liqueur ; ils regardent ce vin comme un cinquième élément. » — A cette époque les couvents et les églises étaient possesseurs des meilleurs crus , et lorsque les religieux de SainuBcmigne (de Dijon) faisaient annoncer par* les rusa qu%ils avaient du vin à vendre, aucun marchand ne pouvait en vendre en même temps qu'eux. Le trompette chargé d'annoncer la mise en vente de leur vin devait faire ses publications en costume clérical et revêtu d'un surplis.
Modes et usages domestiques wx xnr6 ST xvc siècles. — La coiffure des femmes était naturelle. Elles n'avaient presque point de frisure , ee portaient que du linge uni , sans dentelles.*- Les veuves paraissaient en public vêtues à peu près comme le sent aujourd'hui les religieuses. Eu général, l'habillement dea femmes était simple et modeste ; leur robe dessinait la taille , mais elle couvrait entièrement le sein et les épaules. — Le costume des hommes de la Bourgogne offrait le même genre de simplicité, tandis qu'en France le luxe et la mode avaient déjà fait de grands progrés. — Les che-
mises étaient encore de serge; l'usage des chemises et toile ne s'introduisit que beaucoup plus tard : conrae on sait , on accusa d'un luxe extraordinaire la trop fameuse Isabelle de Bavière, parce qu'elle avait deax chemises de toile.
Malgré la grande quantité d'abeilles qu'on élevait déjà en Bourgogne , la bougie était inconnue, et h chandelle un luxe. On veillait peu , on s'éclairait avec des torches de bois résineux ou de matières grasses mêlées avec des étoupes. La cire n'était employée ont pour le luminaire des églises. Elle était fort rare, pane qu'on consommait le miel en rayons et parce qu'on la mangeait avec le miel.
L'huile était aussi fbrt rare: celle d'olive l'était âam tel point, qu'un concile d'Aix-la-Chapelle permit an moines d'user en carême d'huile de lard pour appréur leurs aliments.
Les épiceries, qu'on tirait des Indes par le Pout-Euxk, étaient fort chères. Le poivre était si estimé, que Je prieur de Notre-Dame de Semer, eu affranchissant m hommes, se réserva, sonne prix annuel de l'affranchis» semant, une livre de poivre. En 1290, le chapitrent Saint- Vincent de Chàlons exigeait de chaque marchand de poivre en détail un quarteron de cette denrée. L'as* ci en proverbe était : cela est cher comme du poivre, Ea effet , la livre de poivre valait deux marcs d'argent , plus de 100 francs, avant les voyages des Portugais audelà dn cap de Bonne-Espérance.
Les maisons du peuple étaient très simples) : on s'y voyait point de planchais peint de pavé \ le terre gtatst battue comme nos aires de granges , formait le soi — Dans les maisons des riches et dans les châteaux , c était à peu près la même chose , mais on couvrait la terre ée joncs et de feuillages qu'on renouvelait quand on devait recevoir quelque personnage d'importance. Cest à ces joncs grossiers qu'ont succédé les nattes , pois 1rs planches , puis les tapis ou les mosaïques modernes. — L'usage des vitres était rare et réservé pour les ricins. Lorsqu'il fut porté en Angleterre par les Français, an fin du xiic siècle, on le regarda comme on grand une, — Les habitations du peuple n'avaient pas de chasn nées. Une famille entière s'assemblait au milieu d'us* chambre obscure , autour d'un large foyer rond, doat la fumée se dissipait par un trou fait à la partie supérieure du toit, ou même par les interstices que laisasieat les fentes de la toiture.
Au xiv9 et même au XVe siècle, il n'y «mit ni ni chaises dans les églises; elles n'étaient pas vées , mais on les jonchait de paille le samedi le dimanche. Et dans la balle saison , un y mettait des fleurs des champs, de l'herbe verte, des joncs, des feuillages tendres et frais , etc. — Dans ce temps-là , presque toutes les maisons étaient bâties en bois et couverte» de chaume , la surveillance par crainte du feu était m objet des plus importants de la police générale. On se couchait de bonne heure, comme on le voit par ce pre verbe déjà vieux du temps da Louis Xlt : Lev*r à cinq , dinar à neuf»
OOQper à oina, • couche? à ntaf 9 Fait vivre dans nouante et neuf,
. Étdvbs it sains. -~ L'usage d*a étuves ou hais» de vapeur, qui commence à reprendre faveur aujourd'hui, était général au XVIe siècle. — En 1409 , la police de Dijon ordonna que les hommes iraient le mardi et le jeudi aux étuves publiques , et les femmes le lundi et le mercredi : *Et si quelqu'un se veuille bouter mve hs femmes à force, il paiera 00 tous d'amende. » Ces étahiassa ment*, si utiles peur la santé, furent supprimas an 1609. 11 parait qu'il s'y était introduit des abus qnâ en provoquèrent la suppression.
Toison d'or. — L'ordre célèbre delà Toison d'or, dont l'empereur d'Autricae et le roi AEspagne prétendent chacun de leur côté être le grand-maitre, et qui jouit en Europe d'une considération telle que, pour la contrebalancer, FempeTeurNapeléon^aueTudetm
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FRANCE P1TT0RB8QUK. - COTE-DOR.
l'ordre dm Trois toisons, est une fondatioa des «noient daos de Bourgogne. PhiHppe4e~Bon l'institua en 1420, à l'occasion de son mariage avec Isabelle» fille de Jean Ier, roi de Portugal. Le diplôme de création , signé à Bruges, porte que cet ordre est institué à la gloire de Dieu, en révérence, de la glorieuse Mère de Jésus-C/irist, en V honneur de Monseigneur de Saint-André, à l'exaltation de la Foi, de Ut Sainte Église , et à l'excitation des vertus et boftnes
La mère-folle DE Djjojt. *** C'était une société de ioie et de plaisir, comme il y en avait à cette époque dans la plupart des villes de province. Approuvée en 1454 % par Philippe-le-Bon , elle, fut supprimée en 1630 par * Louas Xtll , lorsque Richelieu voulu» fonder le despo* tisme royal sur l'oppression da toutes les classes de la nation. — Les membres de cette société , tous gens de qualité, se réunissaient ihabiliés en vignerons., ou dé? guises sous des costumes buarr.es» et parcouraient les ruas, chantant sur des chariots, .à l'exemple de l'antique Thespis , des couplets e{ des satires, censure des mœurs du temps. ~~ Leur apparence de joie cachait ainsi une véritable sagesse.— Cest de ces chariots que vient le proverbe usité à Dijon: charretée d'injures* — La Mère-folle tenait êe* assemblées dans la salle du jeu de paume de la Poissonnerie* Le capitaine commandant avait sa cour nomme un souverain f sa garde suisse, ses officiers de justice , son chancelier.et son grand écuyer. — Alors, et à cette époque qu'on. nous représente souvent comme un temps d'esclavage, les associations populaires étaient permises , pourvu qu'elles se dévoilassent une fois par année dans l'éclat de quelque fête. De là tant de singularités locales ; Bruges avait saTcfe du Forestier ;.Valeneieonee, celle du Prince de l'JbJrilU; Cqmbrai, celle du Moi des Bibauds; Bouchain, celle du P rêvât des Étourdis ; Arras, celle de ÏAbbé de Liesse ; Douai , \*féte aux Anes ; Chàlons-sur-Saone , le GaiUardon ; Auxonne , la Société, des Ménestriers; Avalon, le Pape* gai; Lan grès, la Danse aux Sabots; Dole, le Roi de la Pie. Nous parlerons à la description de .Lille» de la fête de l'Épinette ; c'était la plus solennelle de toutes, le Roi s'appelait le sire de la joie» FitRB rtittR u accus* — C'est un ancien usage qui s'est conservé en Bourgogne , et que nous avons vu pratiquer , sous d'autres noms , dans différentes provinces de la France , il y a environ trente ans. La suche est une grosse bûche qu'on met au feu la veille de - Noël , et qu'on appelle en Bourgogne y pour, cette raison , tai suche de Noël. Le soir, le père ae famille , surtout dans la bourgeoisie, chante solennellement des noëls avec sa femme et ses enfants , aux plus petits desquels il ordonne d'aller en quelque coin de la chambre , prier Dieu que la souche pisse des bonbons. Les cnfaats reviennent et trouvent à chaque bout de la bûche de petits paquets de sucrerie qu'on y a placée à dessein. En Bretagne , on appelle cette plaisanterie * qur est fort du goût de tous les enfants ,Jhire suer la bâche.
IiAU-cmumb.
. La Bourgogne est peut-être , avec le Bcrry , le pays de France où la prononciation de ta langue nationale est le plus dégagée de ces accents qui , dans plusieurs départements, en font en quelque soute un idiome particulier. Dans les villes on parla très paressent le français. Ce n'est pas qu'il n'y ait un patois bourguignon , âpre, incisif, original, spirituel, qui s'allie merveilleusement avec tous les tons naïfs, malins et satiriques, patois qui doit être un dérivé du langage primitif usité dans cette partie des Gaules, On sait que les Noëls bourguignons de la Monnoye et d'autres auteurs ont eu une grande vogue dans leur temps; nous reparlerons du patois de la Bourgogne en nous occupant des autres départements formés par cette importante province.
BxoamATHiçirxs.
La maison des ducs de Bourgogne a produit des, princes eélèbres par I* guerre et par la politique. On
remarque parmi eux : Phimppe-li~Bo* , Philippe- le*
HARtH, JbAN-SANS-PEUR et ChARLES-LE-TbMÉRAIRE. L*
nombre des hommes distingués nés dans le département est considérable.
Dans les temps antérieurs à notre époque, on compte d'abord : Saint-Bernard , prédicateur des croisades ; Hugues Aubriot, ce prévôt de Paris qui fit bâtir la Bas* tijle; Théodore de Bèie, célèbre orateur protestant; l'illustre Bossu ht; le' savant Bousier; l'historien Des* brosses ; Borroif et son ami non moins grand naturaliste Daubbntgnj Jean CoeaiN le sculpteur ; Gnsaïuosf et Lon* gepierre , auteur! tragiques ; le voyageur ' Gba>orr ; Martennb, savant et érudit; le père Mene&trjbr; Bernard de la Monnoye, qui obtint le premier prix décerné par l'Académie française ; la famille Papillon , qui pompte des poçies, dès savants et des jurisconsultes; l'auteur de WMétromanie% Piron; le musicien Hameau ; le célèbre critique Sadmaise; l'architecte Sodfflot, qui a édifié le Panthéon ; J'betyéius te Larguer , l'antiquaire Fréret,* si «avant en chronologie , etc. • Les noms des comtemporains distingués ne sont pas moins nombreux» Aux maréchaux Makmo&t e| Bsva~ ,nonville, on peut joindre les généraux Carnot» qui or* oantsa les victoires républicaines , Paie y, défenseur de Lyon; JimoT» duc d'Abrantès , et le bravo oapilaiue Cn AM bu re, etc.
Les assemblées politiques noua présentent le conventionné^ Baz ire ; le -savant Monge, comte de' Prluse, un des fondateurs de l'École polytechnique ; Mâaet, duc de Bassaiio; ChauveLin, l'un des plus spirituels adversaire» .des abus du budget ; Cabet, en qui a été pftert de nos Jours lé premier exemple d'un député politiquement condamne par un autre' tribunal que la Chambre.
Les sciences et t les lettres offrent ÇuVfON-ÀJouVEAi} , célèbre chimiste; Denon, directeur et organisateur de notre grand musée: Gautherot, peintre ; molierat, le premier qui ait fabriqué en grand le vinaigre pyrrholigneux ; Pïtitot, publicateur de la grande colfectionjdrs Mémoires sur h histoire de France; GiRAtîLf, auteur de quelques bons écrits sur la Bourgogne ; Peicnot , bibliographe distingué; le comte de VaubaN, petit-fils de l'illustre ingénieur, et dont les Mémoires sur la Vendée sont une espèce de pamphlet Historique fort curieux sur le comte d'Artois » etc.
TorooHAjnaxs.
Le département de la Côte-d'Or est un département méditerrané , région de l'est. — Il est en entier formé d'une partie de' la Bourgogne. — ». H a pour limites ; au nord, Us départements del'Aub* et de la Haute-Marne ; à l'est , eeux de la Haute-Saôpe et du Jura; au sud , celui de Saone-et-Loira ; au sud-ouest çt à l'ouest, ceux de la Nièvre et de l'Yonne. — Il tire son nom d'une chaîne de montagnes qui s'élève au sud-ouest de Dijon et qui se prolonge au-delà de Beaune. c Ces montagnes, disent les anciens géographes, méritent ajuste titre le nom de Cote-d*0r, quelles ont reçu pour l'excellence* de leurs vins et les richesses qu'elles produisent, puisque en effet elles sont pour le pays- 6Tun rapport plus considérable et surtout beaucoup plus précieux que ne serait celui de la miné la plus riche et -la plus abondante. » — La superficie du département est de 876,960 arpents métriques..
Sol. — Le sol , entrecoupé de montagnes, de collines et de plaines, es't très varié. Il est en générât pierreux, et la terre, dont le grain est (in quoique peu serré, est formée presque partout de débris calcaires qui font la base des montagnes : la nature alcaline et absorbante du terrain est d'ailleurs propre à recevoir et à donner à ses productions une Qualité supérieure à celle des autres départements. — On trouve dans la partie sud des terres grasses et très fertiles.
MottTAAtiES. — Le département renferme dea ooteaux
et des montagnes qui sont regardés par quelques géo-
i loguea comme le prolongement d'une branche des Alpes
pvess
FRANGE PITTORESQUE. — COTE-D'OR
qui, parlant du département de la Drame , traverserait les départements de l'Ardèche, de la Loire, du Rhône, de Saooe-et-Loire , de la Cote-d'Or, et se terminerait dans la Haute-Marne. — Le pays est élevé : Dijon est à 208 mètres au-dessus du niveau de la mer. — Au sudouest, et à environ une demi-lieue de cette ville, commence cette chaîne célèbre, à laquelle on a donné le nom de Cote-d'Or, et qui se prolonge jusqu'à la rivière de Dheune , où finit le Beaunois. La naît et s'allonge , dans la direction du sud, la chaîne des montagnes Châlonnaises, dont quelques parties produisent d'assez bons vins , quoique inférieurs à ceux de la Cote-d'Or.
Forêts. — Le département renferme des forêts qui couvrent environ le quart de sa superficie ( 224,671 hect.). C'est, après celui des Vosges, le département le plus boisé. — Les bois de la Cote-d'Or sont aménagés en taillis qui s'exploitent de 18 à 30 ans. 11 n'y existe plus de massifs de haute-futaie. Parmi les grands arbres, les espèces dominantes sont le chêne et le hêtre. Le charme et le tremble forment une portion considérable des taillis. Le tilleul , l'érable et le platane sont plus rares. L'alisier et le sorbier sont communs dans les bois des montagnes. — On pense qu'il serait facile de faire croître des arbres résineux sur les coteaux qui s'étendent entre Dijon et Beau ne ; ces coteaux , qui appartiennent aux communes, ne produisent qu'une herbe courte et maigre que paissent quelques moutons.
Rivières. — Parmi les rivières qui arrosent le département, deux le bordent, deux le traversent, six y prennent leurs sources et un grand nombre y ont tout leur cours. On remarque XAuoe, la Dheune, la Saône et la Vingeanne. — La Seine est la principale des rivières
2ui y naissent : sa source se trouve entre Saint-Seiné et hanceaux-, cette rivière, comme la plupart des grands fleuves de l'Europe, n'est à sa naissance qu'un humble ruisseau que l'on peut aisément sauter à pieds joints.
Navigation intérieure. — Le département ne renferme qu'une seule rivière navigable, la Saône, et deux<canaux, le canal de Bourgogne, qui joint la Saône et la Seine par l'Yonne , et le canal (en construction) qui doit joindre le Rhône au Rhin. — La longueur totale de la navigation est d'environ 146,000 mètres.
Routes. — Le département est traversé par 8 routes royales et 22 routes départementales , présentant un dévéveloppement d'environ 645,639 mètres.