ACTE PREMIER
RICHARD
Ainsi, c'est moi surtout...
FRANÇOIS
Toinctte, c'csl moi qui...
TOINETTE
Mais oui, mais oui, tous deux, vous Tidolâtrez comme Un bon Dieu.
Les deux frères se sourient silencieusement.
Il grandit.
RICHARD
C'est vrai.
TOINETTE
C'est un jeune homme.
FRANÇOIS
Pas encore!
o(J IRANGKSCA
TOINETTE
Bientôt. Il a plus de seize ans...
FRANÇOIS
Eh bien ?
RICHARD
Eh bien ?
TOINETTE, très douce.
Eh bien, souvenez-vous du temps Où seize ans vous mettaient au cœur comme une fièvre. Seize ans, Tage des yeux, seize ans, Tage des lèvres; Vous, vous étiez poète à vos heures, et vous, Ne couriez point toujours vers des je ne sais oi^i. Ou bien, si vers le soir, il vous prenait d'écrire. C'étaient des vers, ma foi, trouvés dans un sourire. Pour dire, avec des mots qui revenaient souvent. Que de quelqu'un de blond votre âme allait rêvant. Ou bien, si vous couriez par forêts et prairies, C'était pour rapporter une gerbe fleurie, Que vous posiez sur un rebord, où il fallait Que quelqu'une la vît en ouvrant ses volets...
FRANÇOIS, rêveur.
Ahl le temps adorable, où Toinelte était blonde...
Acri: p;ii:Miiai 37
niciiAno, rêveur.
SoubrolLe aux yeux rieurs, dans la frimousse ronde.
FRANÇOIS
Elle aimait qu'on Taimûl en mois doux et lointains,
RICHARD
Elle aimait les bouquets parfumés de matin...
TOINETTE
Allons! ne parlons plus de cela; la franchise Ne peut pas convenir à nos trois têtes grises. C'est au tour, maintenant, de monsieur Aliot...
FRANÇOIS
Déjà?
TOiNETTE, souriant.
Comprenez-vous la chose qu'il lui faut ?
RICHARD
Oui, mais le temps jadis...
38 FRANGKSCA
FRANÇOIS
... OÙ de fines soubrettes Vous épelaient leurs cœurs aux ivresses discrètes...
RICHARD
C'est loin !
FRANÇOIS
Le jeune amour est sans grâce accueilli.,
RICHARD
Le passé vole...
FRANÇOIS
Et meurt...
TOINETTE, soupirant.
Et Toinette a vieilli.