ACTE PREMIKIl
Couvrant de rires gais le bruit d'anciens sanglots, Au collier de la vie attachons des grelots.
Un silence^ elle ril.
Vous vous taisez ?
FRANÇOIS, comme sortant d'un rêve.
Madame, on trouve, à vous entendre, Une si tendre joie, une douceur si tendre. Qu'on vous écouterait sans jamais être las.
RICHARD
C'est presque le bonheur que vous nous donnez là.
Maintenant qu^à vous deux je me suis présentée, Parlez de vous 1
FRANÇOIS
Après vous avoir écoutée, Nous n'avons pas...
Il faut !
Bon ! toi, parle, Richard...
^i FRANGESGA
RICHARD
Non, toi, François...
Alors..
FRANÇOIS
Voyons, à toi...
RICHARD
Non, à toi, car.
FRANÇOIS RICHARD
ENSEMRLE
Eh bien! madame...
Ils rient.
FRANÇOIS, après un temps.
Je présente Notre famille, aussi bien présente qu'absente ; Donc, j^ouvre le chemin, étant : Toncle François ; Je vieillis, je suis vieux et je n'ai plus d'émoi
Alors...
Acrrio PiiiîiMiEH 55
(Ju*à vivre obscurf'^mcnt parmi (Je vieilles fables.
Je traduis des heaulés, à vrai dire ineffables,
Car le rythme moderne esl inapte à ehanter
Ce que le vieux poète a voulu raconter.
N'importe ! Dans le calme et la sauvagerie.
Où je vis, je connais la pure griserie
De l'Ame de jadis et du verbe berceur ;
La poésie, ardente et délicate sœur,
Est ma seule compagne et ma vision chère ;
Je vis dans un doux monde où tout est légendaire.
Et je n'ai pas mémoire à mon âge avancé,
D'avoir connu, sinon par des mois cadencés,
La douleur ! Quelquefois, j'ai vu souffrir des êtres.
Je les ai plaints, heureux de ne pas mieux connaître
Le mal et la laideur qui rôdent ici-bas...
Je suis seul, mais tout seul, je ne me déplais pas...
Seul ! Pas tout à fait seul ! Voici d'abord mon frère :
Richard, Toncle Richard, grand chasseur qu'on vénère
Pour sa beauté. Car il est beau, n'est-ce pas vrai ?
RICHARD
Voyons, François...
Modeste et vigoureux !
RICHARD
Peuh!
50 FRANGESCA
FRANÇOIS
Il ne rêve que chasse et cheval..
RICHARD
Très !
Le physique I
FRANÇOIS
La force pour lui, c'est comme de la musique. D'ailleurs, je suis Taîné, moi ; Lui, c'est le petit. Il se conserve mieux. Il a bon appétit.
RICHARD
François^ tu vas...
FRANÇOIS
Il est poète à sa manière :
Tandis que je m'efforce, à l'heure coutumière, De faire épanouir en phrases la beauté ; Tandis que mon esprit, anxieux, ballotté Entre les deux bonheurs que m'apportent deux rimes, Cherche à saisir au vol des miettes sublimes ; Il cherche à sa façon le rythme : du dessin. De la force, du corps. Le rythme noble et saint, La beauté, la beauté ! celle que, dans la Grèce,