ACTE DEUXIÈME
A Taudacc des cœurs sincnrcs : votre vœu
Serait de rapprocher, en un baiser farouche.
Vos lèvres de carmin des roses de ma bouche ;
Mais votre amour trop vil*, trop neuf, trop spontané,
Au soleil de midi sera vile fan6 !
Roses blanches, souvent par les nuits estivales.
Lasse d'un excessif amour aux mains brutales.
J'ai souhaite d'avoir un moment sur ma chair,
Votre fraîche blancheur et votre arôme cher ;
Pâles d'un rcve lourd en qui tout s'abandonne.
Je chérissais déjà la tendresse, que donne
L'impossible désir de vos vagues pâleurs,
Mais aujourd'hui je sens en mon être un bonheur
Sans âpre violence, une ardeur sans luxure,
Et la légèreté qui, de sa beauté sûre
M^'émeut, n'aimerait pas vos languides clartés.
Roses blanches, ni vos impétuosités,
Roses rouges, mais, bonne aux printanières choses,
C'est vous que je mettrai sur mon sein, roses roses.
RICHARD, à pari.
Cétait fatal !
FRANÇOIS, à pari.
C'était certain I
ALiOT, à pari.
C'est mon bouquet !
Au reste, ce bouquet n'est qu'un fouillis coquet, Ordonné vivement, d'une main inexperte ; Calices vous griffant à chaque tige verte, Votre maître a cueilli vos pétales rosés, Où tant de papillons rieurs se sont posés, Sans souci de vous joindre en gerbes élégantes ; Indifférent aux dents dont vos tiges se gantent, En vous violentant il ne songeait qu'à moi. Et n'avait nulle peur de se piquer les doigts.
ALIOT, à pari. Elle devait me voir, par son rideau cachée...
Pourtant de tout cela vous me voyez fâchée... Qu'avions-nous dit hier ?
RICHARD
Mais...
FRANÇOIS
Mais...
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Que mon séjour Ne vous entendrait pas dire des mots d'amour...
RICHARD
Cependant...
FRANÇOIS
Nous...
Jamais !
RICHARD
Mais...
Pas une minute !
Nous n'avons point parlé d'amour.
Parler? Vous n'eûtes^ Dès hier et cette nuit^ qu'amour entre les dents,
Et VOUS ne cessez pas de me faire, en dedans, Des aveux. Que c'est mal ! Que c'est désagréable !
FRANÇOIS
Pas pour nous.
Mais pour moi ! J'accepte, à votre table Et dans votre maison, d'être, pour quelque temps. Une hôtesse qui vient et qui passe en chantant. Qu'on oubliera...
TOUS LES TROIS, protestant.
Oh!
Bon 1 Je suis jeune et point laide.
Faut-il donc pour cela que chacun de vous cède Au brusque élancement de son désir nouveau ? C'était promis ! Déjà vous oubliez tous vos Serments. C'est très vilain ! C'est lâche 1 c'est canaille I A présent, c'est tout simple: il faut que je m'en aille.
TOUS LES TROIS, protestant.
Oh madame !
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FnANCESCA
Mais si. Un toiil petit séjour, Où je me passerais de tendresse et d'amour, Est donc chose impossible à trouver ?
TOUS LES TROIS, protestant.
Oh madame I
C'est ma faute I Hier soir, je supposais, bonne ame, Que je serais pour vous un ami. D'un garçon J'avais l'habit, le cœur. Je le dis sans façon, J'aime Tamour, et j'aime être aimée, et j'adore Aimer ; mais j'aime mieux un peu de paix encore, Quand j'ai le cœur trop lourd et le corps fatigué... Mais ce costume aussi, pourquoi l'ai-je quitté ? Vous aviez oublié que j'étais femme...