‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 101 sur 725 · I. MlCHELET · texte numérisé non relu

I. MlCHELET

on va commencer à y discerner sous le fatras des diplomaties qui, s'entremêlant autour de Naples et de Milan, s'accordent par des mariages d'enfants qui ne seront jamais consommés, le problème de l'équilibre entre les grandes puissances, anciennes ou récentes.

Ce problème va dominer désormais la politique de l'Europe, avec l'Italie et l'Allemagne pour champs de bataille.

D'abord, la Ligue de Cambrai réunit contre Venise, alliée toujours douteuse et République trop puissante et trop riche, déclarée «l'ennemie publique de l'Europe », le pape, l'empereur, le roi de France, le roi d'Aragon, le duc de Ferrare, lemarquisde Mantoue et les Suisses ( 1508).

Ensuite, la Sainte-Ligue, provoquée par le pape, réunit contre Louis XII les \'énitiens, l'empereur, les Espagnols, les Suisses et le roi d'Angleterre, Henri VIII.

Agnadel, Brescia et Ravenne. — Les guerres, qui sortirent de ces Ligues, accrurent grandement, même aux jours de défaite, la gloire des armes françaises. On a appelé l'Italie «le tombeau de nos armées ». De fait, elle exhaussa leur piédestal.

Louis XII, à la brillante bataille d' Agnadel contre les Vénitiens, s'exposa au feu comme « le plus petit soudoyer ». Répondant aux représentations des siens, il dit que « quiconque avait peur se mît derrière lui ».

Bayard, déjà fameux pour avoir défendu seul le pont de Garigliano contre 200 cavaliers espagnols, fit admirer, même par les ennemis, une vaillance et une générosité qui lui valurent le surnom de Chevalier sans peur et sans reproche.

Jacques de Chabannes, seigneur de la Palice, et le maréchal de La Trémoille furent d'habiles manœuvriers.

Il n'y a rien de plus beau à dire de Gaston de Foix, vainqueur à Bologne, à Brescia, «prompt comme la foudre»

dans ses mouvements, mort à vingttrois ans en pleine poursuite des Espagnols à la bataille de Ravenne, que ce qu'en a écrit l'Italien Guichardin, adversaire de la cause française : « Mémoire sera de lui tant que le monde durera ; fort jeune, mais déjà couvert d'une gloire immortelle, il fut grand capitaine avant d'avoir été soldat »

* Perte de l'Italie, — Mais ni la bravoure des armées ni le talent des chefs ne pouvaient l'emporter contre la coalition des autres États chrétiens et contre le soulèvement de l'Italie, d'autant plus irritée qu'elle avait conçu plus d'espérances de l'apparition des Français

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