‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 100 sur 725 · Brantôme · texte numérisé non relu

Brantôme

ne venge pas les injures du duc d'Orléans ».

Il s'empressa ensuite de faire rompre par le pape son mariage avec la duchesse Jeanne , fille de Louis XI, afin d'épouser, comme il avait été convenu au traité de Rennes, la reine •\nne, veuve de Charles \'III, et à^ conserver ainsi la Bretagne.

La sage administration du cardinal d'Amboise valut au roi le surnom de « Père du peuple ».

Milan et Naples.

— Par malheur, loin de ramener Louis XII à la politique de l'intérêt français, qui était l'agrandissement dans la zone française, le cardinal le poussa à rentrer dans les affaires d'Italie. Il prit le titre de duc de Milan et affecta de n'appeler Ludovic le More que « Monsieur Ludovic ».

Les guerres d'Italie, au nombre de cinq, remplissent tout son règne.

Il commença par s'allier avec Venise contre Milan et, grâce à la trahison des Suisses, s'empara du More, qui fut amené en France et y mourut en prison. Au moins eût-il pu se satisfaire du Milanais. II voulut encore Naples et il y entra

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L'ARMÉE FRANÇAISE DEVANT LA BASTILLE DE GÊNES Dessin d'apparat qui montre la richesse d'équipement territorial d'un chevalier français pendant les guerres d'Italie. (Bibl. Nat.J

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GUERRES D'ITALIE. — /^qç A 1514

aussi aisément qu'avait fait Charles VIII. Il était convenu avec Ferdinand le Catholique de déposer le roi Frédéric III et de se partager ses États.

Machiavel vit tout

de suite les conséquences

de ces fautes : « La

LE PAPE JULES 11 grandcur de l'Eglise et

D-lptèsKiphaëi. de l'Espagne en Italie

Pa4ais Piti à Fio- a été l'ouvrage de la

retni.] France et la cause de sa

ruine dans cette contrée. »

Louis XII et Ferdinand, associés pour prendre le Napolitain, ne tardèrent pas à se diviser pour savoir qui en resterait maître. Pendant qu'ils négociaient, des conflits éclatèrent entre les officiers de leurs années, l'espagnole qui avait pour chef Gonzalve de Cordoue, la nôtre où se voyaient les plus braves gentilshommes de France, La Palice, Louis d'Ars. le chevalier Bavard.

Jules II. — Le cardinal d'Amboise s'étant porté, après la mort de Borgia, candidat à la papauté, l'armée s'était campée près de Rome. Le conclave ne se laissa pas intimider ; il élut le cardinal de Sienne (Pie III qui n'occupa le siège de Pierre que vingt-cinq jours), puis le cardinal de la Rovère qui prit le nom de Ju>es II.

Il avait, comme cardinal de Saint- Pierre-aux-Liens, guidé Charles VIII en Italie. «Variable comme le vent de Gènes ' *, il allait bientôt lancer contre les Français le cri de guerre fameux : <• Hors l'Italie (fuori) les barbares!» et appeler dans la Péninsule ces autres étrangers, autrement barbares, les Espagnols, les Allemands, les Suisses. Plus guerrier encore que politique, il voulut que Michel-Ange le représentât l'épée au côté.

Pour sa politique, elle fut tout entière dans cette phrase d'une de ses lettres : * Je voudrais un seul maître à l'Italie, le pontife romain. » Par ailleurs, un caractère de fer, une intelligence de feu et le plus magnifique protecteur des arts. La guerre contre les Espagnols débuta par un succès, l'affaire du Garigliano, puis tourna au désastre après la bataille de Cérignoles. Tout le Napolitain fut à nouveau perdu.

Ligue de Cambrai et Sainte-Ligue. — Maintenant, les guerres d'Italie vont changer de caractère ou, pour mieux dire,

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