DLEL DE JARNAC ET DE LA CH.ATAIGNERAIE
Le duel eut lieu sur l'esplanade du Château de Saint-Germain en présence gocié par p, ... «1 de Henri n et de sa cour ; Jamac tua son adversaire d'un coup imprévu, ^t x rnllippe il. jyj tranchant le jarret d'un revers de son épée. L'expression « Coup de -^iOntmorcn- Son tils, Jamac » désigne un coup décisif et surtout inattendu. CV, prison-
Philippe II (BM. Nat., Est.) nier, et parle
était alors âgé de vingt-neuf ans, d'une cardinal de Lorraine — termina la guerre,
maigreur d'ascète, velu comme un bouc, La France gardait les trois évêchés
les jambes grêles, l'œil et la lèvre cruels, lorrains, s'engageait à rendre Calais dans
l'aspect d'un commis appliqué, d'ailleurs le délai de huit ans, sous peine de 500
brûlé de passions. Il héritait de toute la mille écus d'amende, rendait tout de
succession de Charles-Quint, moins l'Em- suite la Corse, cédait la Savoie, la Bresse,
pire, qui était échuà son oncle Ferdinand, le Bugey, Thionville, Montmédy, Hesdin,
mais qui restait l'allié de l'Espagne. renonçait à l'Italie. Philippe II, veuf de
La sagesse, pour Henri II, eût con- Marie Tudor, sa deuxième femme, et résisté à tenir, au besoin à prolonger la fusé par sa belle-sœur, Elisabeth d' Angletrêve de Vauxcelles, propre à consolider terre, épousait Elisabeth de France, fille les récentes conquêtes. C'était l'avis du aînée de Henri II, âgée de treize ans, qui connétable. Les Guise, poursuivant le avait été d'abord promise à son fils trône de Xaples, firent reprendre la Carlos.
guerre au bout d'un an, la portèrent en La plupart des chefs militaires, tous
Italie. les historiens contemporains, Montluc,
Saint-Quentin. — La fortune sourit Brantôme, se sont élevés contre le traité :
d'abord à Philippe. Il obtint le con- il eût fallu continuer la guerre contre
cours de l'Angleterre, traita avec le l'Espagne. De son propre aveu, elle était
pape, gagna de loin (par le duc de épuisée : ;< Il m'est de toute impossibilité
Savoie Emmanuel- Philibert) la bataille de continuer, avait écrit Philippe II à
de Saint-Quentin sur le connétable, Granville... Qu'à aucun prix on ne rompe!»
qui fut fait prisonnier ; la ville, héroi- Ainsi « trois ou quatre gouttes d'encre
queincnt défendue par Coligny, suc- noircirent nos gloires ».
cornba (i557)- Toutefois le gros de la nation était
Le grand-amiral avait déconseillé la
manœuvre excentrique de Montmorency i. Brantôme.
MORT DE HENRI il.
las ; dégoûté des conquêtes italieuues, le but de la longue guerre lui semblait atteint par l'échec de l'entreprise d'Autriche pour la monarchie de l'Europe et par les reprises que la France avait faites à l'Est, au Sud-Est et au Nord-Est vers ses frontières naturelles.
Le Balafré, selon un récit du temps, aurait dit au roi : « Vous donnez en un jour ce que ne vous ôteraient pas trente ans de revers. » Cependant l'un des négociateurs, c'était son frère, le cardinal, qui ne se cachait pas de sa principale raison pour traiter : l'alliance des deux couronnes d'Espagne et de France pour combattre les progrès de l'hérésie, changer la guerre extérieure en guerre intérieure.
La lutte contre la maison d'Autriche ne reprendra qu'avec Henri IV et les
grands cardinaux Richelieu et Mazarin, à l'issue des guerres de religion où la France va se déchirer près d'un demisiècle, comme aux pires jours des guerres bourguignonnes.
Mort de Henri IL — Le règne qui avait commencé au duel «judiciaire» de la terrasse de Saint-Germain (Jarnac contre la Châtaigneraie), finit dans un tournoi à l'hôtel royal des Tournelles, devant la Bastille.
Aux fêtes pour le mariage d'Elisabeth (par procuration, avec le duc d'Albe), Henri II, portant les couleurs de Diane de Poitiers, son amie sexagénaire, voulut jouter avec Montgomery, capitaine des Gardes, et fut blessé mortellement d'un éclat de lance qui lui entra dans le cerveau. Le fameux chirurgien Vésale accourut en vain de Bruxelles, envoyé par Philippe II (1559)
-Y/Fe ET XV" SIÈCLES. — LES LETTRES