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LES GRANDES INVASIONS BARBARES

a barrière du Rhin. — La paix romaine,

l'un des états les plus heureux que le monde ait connus, subsista jusqu'au ve siècle après Jésus-Christ, où l'Empire, usé par sa durée et son étendue, commença à s'effondrer sous les coups des grandes invasions barbares.

La géographie politique de la Gaule datait de César ; il avait écrit dans ses Commentaires : « La Gaule s'étend aussi jusqu'au Rhin». De l'autre côté du fleuve commençait la Germanie, sans frontières vers l'Est, où les plaines se prolongent par les plaines dans les pays, alors sans nom, qui sont devenus la Pologne et la Russie .

Les empereurs depuis Auguste renoncèrent à coloniser la Germanie comme ils avaient fait pour la Gaule et l'Espagne. Le désastre de l'armée de Varus, qui périt presque tout entière dans la forêt de Teutoburg, fut vengé seulement par des représailles. Les Romains se contentèrent d'établir des postes militaires sur la rive droite du Rhin et sur le haut Danube.

Les bornes du monde classique demeurèrent au Rhin, dont le cours était gardé par huit légions.

Les migrations du v*" siècle. — Ainsi la Germanie était restée presque entièrement barbare, mais sa barbarie même lui rendait la vie insupportable dans un pays pauNTe et sous un climat très rude.

Des peuples tout entiers se mirent en marche au v<' siècle pour chercher, de l'autre côté du Rhin et des Alpes, des terres plus fertiles, un climat plus doux.

Ce vaste mouvement était lui-même poussé par un autre mouvement de migration qui venait du fond de l'Europe orientale et des steppes de l'Asie.

Alors même que l'Empire romain aurait conservé les vertus de la République, on peut douter qu'il eût résisté au choc d'un pareil flot de peuples en armes se pressant sur ses frontières. Les digues les plus fortes croulent devant les masses d'eau que précipite un fleuve grossi par les orages.

Ce n'est pas autrement que l'Empire romain fut renversé par les peuples ger-

maniques. Wisigoths et Ostrogoths Saxons et Alamans, \'and£iles eL Longobards, Burgondes et Francs débordèrent ensemble ou successivement sur la Gaule, l'Espagne, l'Italie et jusque dans l'Afrique du Nord.

Ils traînaient après eux, dans de longues théories de chariots, Icors femmes et leurs enfants.

Les Wisigoths s'établirent dans la vallée de la Garonne (Aquitaine) ; les Burgondes à l'ouest du Jura, dans les vaUées du Rhône et de la Saône (Bourgogne) ; les Francs (Ripuaires et Saliens) en Belgique et dans la vallée de la Somme.

Les Gallo-Romains restèrent assez longtemps les maîtres des vallées de la Loire et de la Seine.

Lutèce, au pays des Parisii, d'où, plus tard, son nom de Paris, sortait déjà de l'île où elle était née, celle où s'élève aujourd'hui Notre-Dame ; elle s'étendait aux rives encore marécageuses de la Seine, où l'empereur Julien avait bâti son palais.

Les Huns. — Les migrations germaniques avaient à peine commencé à se fixer que l'énorme vague de fond des Huns arriva, entraînant dans sa ruée d'autres barbares du Danube et de l'Elbe.

Les Huns, de souche tatare ou mongole, ravageaient, incendiaient tout. Leur roi Attila s'appelait lui-même « le fléau de Dieu». 11 se flattait que, sur le sol où son cheval avait passé, l'herbe ne repoussait plus.

Une légende veut qu'il ait été arrêté aux portes de Paris par les prières d'une bergère inspirée, Geneviève ; Orléans fut défendu par son évêque, saint Aignan, jusqu'à l'arrivée d'une armée de secours conduite par le roi goth, Théodoric.

Les Germaniques s'unirent contre les Huns aux Gallo-Romains. Attila, battu dans les plaines catalauniques (près de Châlons-sur-Marne), repassa le Rhin pour se jeter l'année d'après sur l'Italie.

Cette première bataille de la Marne(45 1) fut gagnée par le chef des Gallo-Romains, Aétius, dernier défenseur heureux de l'Empire d'Occident.

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