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XVI- SIÈCLE. — LE SECOND A GE DE LA RENAISSANCE

Ai.RIPPA D'AUBl- GNÉ (1551-1630).

f/iiàl. Nat., Est.)

réunis dans le dessein Montaigne -. — Au contraire, Michel

de donner à la France de Montaigne s'est retiré de bonne heure une littérature égale à de la vie publique pour consacrer « à sa celle des anciens, s"ap- liberté et à sa tranquillité », les « douces pelèrent eux-mcmes « la retraites de la demeure paternelle ». Il y Pléiade », du nom des écrit les Essais.

filles d'Atlas métamor- Aussi imbu que Rabelais de « la sub-

phosées en constellation, tantifique moelle » des anciens, il n'en a Ronsard fut le grand pas fait de la joie. Sa morale de la vie poète de la Pléiade, et et sa politique sont d'un sceptique; mais il fut un grand poète, son scepticisme est bon et honnête conseiller. Son « Que sais-je? » conclut à la tolérance, comme à l'une des conditions d'une vie aimable et paisible.

Il n'y a pas de raison plus parfaitement équilibrée. « L'âme, qui prenant le le frein aux dents, emporte et ravit son étonne lui-

créateur de rythmes,

restaurateiu" de l'alexandrin (la Franciadc), technicien accompli et, quand il oublie d'être érudit, artiste délicat et subtil.

L'élégiaque Joachim du Bellay fut l'initiateur de la poésie « intime » ; Baïf , homme si loin qu'après il

le premier, tenta de lier la musique et la même de son fait », ne lui paraît pas

poésie. « exempte du mélange de la folie. -> Il a

Le souffle de Sapho passa dans les le culte du bon sens. « Le sage doit, au

sonnets de Louise Labé, cordière dedans, retirer son âme de la paresse et

lyonnaise.

Le second âge de la Renaissance. —

Les jurisconsultes, nos « Papinien », Dumoulin, Cujas, Pithou, découvrent, sous l'absurde droit féodal, les fondations romaines de la science du droit. Calvin

la tenir en liberté et puissance de juger les choses. » « A quoi faire ces pointes élevées de la philosophie sur lesquelles aucun être humain ne peut s'asseoir, et ces règles qui excèdent notre usage et notre force?» «Ces humeurs transcen-

se targue d'avoir retrouvé le christianisme dantes m'effraient comme les lieux hau-

primitif dans son /ws/?/t(/20«, chef-d'œuvre tains et inaccessibles. » Il se flatte d'avoir

de la nouvelle prose française '. Bodin, humé dans le sein de sa nourrice « un lait

d'origine juive, cherche à concilier la tempéré et sain ■>.

morale et la politique et soupçonne la II convient, étant sincère, que «la

loi générale du progrès. douleur est le pii"e accident de notre être»

Comme le second âge de la Renais- et laisse à d'autres l'avantage de la célésance est contemporain des guerres de brer ; mais il professe que «la vraie et soureligion, la littérature et la philosophie se veraine liberté •>, c'est de ne pas craindre mêlent à la furieuse politique des partis, la mort. « Philosopher, c'est apprendre Du côté des catholiques, c'est Ronsard, à mourir. » D'où sa curiosité de lui-même, avec ses Discours bmlant de patriotisme ; <i Tout homme porte en soi la forme de du côté des protestants, du Bartas et l'humaine condition. » S'il est universel, Agrippa d'Aubigné, tous deux officiers c'est comme l'initiateur de la noble et au service du roi de Navarre (Henri IV). dangereuse étude du «moi ». Le parler Les Traçi^iqucs de d'Aubigné ne furent succulent et nerveux, mâle et militaire, publiés qu'au siècle suivant; écrits en bref et brusque, éloigné d'affectation, dépleine bataille, ils sentent la poudre, cousu, c'est son style, qui est inimitable, évoquent les prophètes d'Israël et Avant tout, c'est un artiste ; le annoncent Hugo. désordre même des Essais est voulu ;

L'éloquence parlementaire, avec c'est l'artifice de l'inventeur d'un genre

L'Hôpital, du Vair, Etienne Pasquier, nouveau, «fantastique, seul au monde

n'est pas moins imprégnée de sentiments de son espèce ». « J'aime l'allure poétique,

antifpies que cette poésie de combat, à sauts et gambades. » Il se joue dans la

Le Contre Un ou Discours de la servitude clarté, s'amuse de tout, n'ennuie jamais.

volontaire du jeune La Boétie, est le Montesquieu l'appelle « un des quatre

premier cri républicain qui se soit élevé grands poètes », et Shakespeare lui doit

sous la monarchie. beaucoup.

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