XVI" SIÈCLE. — FRANÇOIS I^" ET LES LETTRES
'm teurs, Ronsard de la la vie et du monde qui ^ statuaire ; Barthélémy s'éveilla en France à la 'l Prieur, Germain Pilon, suite des « voyages d'ita- Jean Cousin, ne sont plus lie » et qui est propreépris que de la beauté ment la Renaissance, a profane et plastique. exercé surtout son action Ils n'en restent pas dans les lettres et la moins, dans leur nou- philosophie. Ce fut une velle religion, les des- action autrement prorendants légitimes des fonde, et très soudaine. imagiers;. Sans doute, deux Peinture. — Les in- écrivains de race qui
l.r.O.N Akl' I>I \ I.MJI i"nt.5ic;/.->. vjciiio viv^uiv., ^a<..u.1 BERNARD PALISSY
(145=1518:. Peinture. — Les in- écrivains de race qui (i5iu-:590).
fBtbiio hèqjie du Roi fluences italiennes paru- sont au confluent du
rent dans la peinture dès xv^ et du xvi« siècle, n'appartiennent
le xv'^ siècle, chez Jean Fouquet, surtout déjà plus tout entiers au moyen âge:
chez JeanPerréal,peintredeCharlesVIII ; Villon, poète truculent des gueux, mais
elles régnèrent t par ordre » sur l'école souvent poète exquis, d'une sensibilité
de FoTitainebleau lorsque François I"' presque moderne (Où son/ /« neiges d'aiv-
appela à sa cour Rosso, Cellini, Le Primatice.
Déjà, au retour de Marignan, il avait amené Léonard en France. Le grand Florentin abrita pendant trois ans sa vieillesse lourde de gloire et de déceptions sous le ciel indulgent de notre Touraine. In terra molle e lieta e dilettosa, comme dira le Tasse. Une légende symbolique le fait mourir, au château d'Amtaoise, entre les bras du roi.
Quelques maîtres résistèrent à la mode nouvelle. Il n'y a point de peintres plus français que les Clouet, bien que d'origine hollandaise.
Ils peignent comme La Bruyère écrira. Dans leurs ,"^»''^ .p'^"^ '« .chefd^œuvre
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portraits, surtout dans leurs acquiso par iTançois I". Elle 09t
crayons, tout l'accessoire aujourd'hui au Couvre où elle est
Hisnaraît • rhommf^ rovit pn "''-■venue, après avoir été. en 1911.
disparaît , i nomme rtvit en lobjet d'un vol audacieux, quelques traits. La peinture a, comme la sculpture, délaissée les sujets sacrés pour les sujets mythologiques, ou, si elle les traite, c'est sans sainteté. Le mélange d'Italie et de France se voit encore dans les arts
l'Dk IRAIT Uli MO.VNA I.ISA r.Ioi-QNDA
Léonard de Vinci travailla <.|uatre ans au portrait de /a yccondt (1502 à 1506/. Réputée. aussitôt en
tanl), et Philippe de Comitrs, Machiavel flamand, politique informé, avec le goût des grandes synthèses historiques. Mais ce sont des exceptions ; autour d'eux, c'est la pleine décadence, nue forêt de bois mort.
On peut fixer exactement le début du grand mouvement qui sort de la littérature des anciens retrouvée et divulguée. C'est aux premières années du XVI'' siècle quand Erasme, le Voltaire hollandais, publie ses Adages, florilège de la pensée antique, et que les ICstienne commencent à éditer les classiques, les « Bibles i> de la Grèce, Homère, Platon, Aristote.
Inclinée au moyen âge vers les mers du Nord, la France retourne à la Méditerranée, berceau des civi-
l'KA.NÇOls CLOUET
(i5a2-iS7»).
CBM. Nul.)
lisations.
Ce fut un éblouissement. L'esprit traînait dans la scolastique. Des ailes lui poussèrent en une nuit, il s'envola dans la lumière.
La cour de François 1<". — La Royauté somptuaires (tapisseries, eut une très grande part dans cette vérimobilier, émaux). Seul le tal)le révolution; le succès en fut tel magicien de la céra- qu'il y faut voir l'une des causes qui inique, Bernard Palissy, ont limité en Irance les progrès 'le la ne s'inspire que de la Réforme.
La cour à l'italienne, cour d'érudits, de poètes et d'artistes dont s'entourent l'Yanç(jis I*'' et sa sœur, la reine de Navarre, c'est le quartier général des Humanités. La « Marguerite des Marguerites », en qui se reflète la Renaissance coinine dans un miroir de Venise, com-
nature.
La musique s'est enrichie des instruments d'rMitre-monts et devient profane.
Renaissance littéraire
— I.'ldèc ricjuvrllc (Ir
î>t RABELAIS. —
pose elle-même des vers et des contes, n'existe pas une œuvre Le roi fonde le Collège de France, qui contienne plus d'uniassociation de savants laïques qu'il eût verselle sympathie ( i voulu faire diriger par Erasme et qui plus d'humanité, s'opposa tout de suite à l'Université, alors On a vu exartcmcnt
corporation fermée et ecclésiastique. A en Rabelais l'ennemi cause de l'héLreu, du grec et du latin qui personnel de la sottise ; y sont professés, on l'appelle le collège toute contrainte lui est des Trois Laniittcs. La philologie (avec odieuse ; il a le faua- Budé, Tumèbe, Estienne, Ramus), l'histoire, le droit, les sciences naturelles, tout ce que la Sorbonne se refusait à admettre, se constituent sous sa protection.
François I'"' fonde encore la Bibliothèque du Roi. Il fait acheter part.nt di-s manuscrits an
ciens, avec des statues et des tableaux. Il recherche et mérite It titre de * Restau rateur des Lettres ».
Le moyen âge a été le règne de la foi : il lui doit ses chefs-d'œuvre. C'est l'intelligence qui va devenir la reine des temps modernes.
Rabelais^ — Cette action de l'antiquité s'exerce à la fois sur
PLAT EMAILLE, l'AK liHRXAku rvils^ Les plats ©ii <i bassins rustir|ucs, ornés de bestioles », sont au nombre des chefs-d'œuvre les t>liis fameux du magnifique artiste. La pâte s y revêt des chaudes couleurs de l'émail.
(Louzre. Cl. Hachettf.y
tisme et la violence en horreur; son abbaye de Thélème a pour précepte : « Fais ce que ^^'"'"'^^'^'j '" ^'' voudras. » Ses idées sur l'éducation (par les choses, non plus par les mots), sur la justice, la liberté, l'hygiène, sur la morale, qui est le fond même de la vie, sur la nature, qui est le plus grand des livres, sur la raison humaine qui est sa foi, la science qui est sa religion :
cette oeuvre de sapience et de force, c'est une flotte qui cingle, toutes voiles déployées, vers l'avenir et des étoiles nouvelles.
Amyot. — La fusion de l'esprit français et du seu-
les esprits et sur la langue ; elle les timent de l'antiquité s'aperçoit le mieux
affranchit et elle les enrichit, mais sans chez les traducteurs, dont Amyot est
les altérer dans leurs qualités essentielles, le plus fameux. Sa version de Plutarque
C'est le même vocabulaire avec plus de ajoute à l'original par la naïveté et la
mots, le même cerveau avec plus de fluidité charmante du langage. C'est
fenêtres sur le dehors. surtout par Amyot que Shakespeare a
Rabelais plonge ses racines gonflées connu le monde ancien.
de suc antique au plus profond du vieux Marot'-. — Clément Marot, disciple de
sol. Ce grand comique est un lyrique, ef, \'illon, l'associe dans sou admiration aux
plus encore : un créateur de mythes. Il est sans égal pour la forme du langage, l'ampleur et la richesse des tours, la sensation directe de la nature et de la vie.
maîtres nouveaux, Anacréon.et Catulle ; mais parce qu'une églogue est belle, il ne juge pas qu'une ballade doive être sans agrément. Il reste «le poète de son
Sans doute ses deux énormes poèmes temps et de sa nation ' », clair, malicieux,
en prose, le Gargantua et le Pantagruel, spirituel.
charrient trop de grossièretés. « Parce que Nos plus beaux génies du xvi« siècle,
le rire est le propre de l'homme », il n'est dans les lettres comme dans les arts, ne
pas indispensable que la gaité, même copient pas les anciens ; mais ils commu-
débridée, se complaise aux vilenies des nient avec eux dans une affinité retrouvée.
tavernes. Mais quel prodigieux évocateur ! Comme ses personnages, rois, moines, soldats, philosophes, bergers, marins, vivent d'une vie intense ! Surtout, il
La Renaissance française est consciente d'elle-même.
La Pléiade. — Sept jemies poètes,