‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 123 sur 725 · Brantô.me · texte numérisé non relu

Brantô.me

Un visage pâle et grave avec une épaisse et longue barbe blanche lui donnait l'aspect d'un sage de l'antiquité. Il avait pour devise les vers du poète latin : « Si le monde brisé s'écroule, les ruines porteront le cœur inébranlable. »

Aux Etats généraux d'Orléans et de Pontoise, le Tiers Etat réclama la fin des persécutions, l'abolition des justices vénales, la réforme du clergé, la suppression des douanes intérieures, un régime d'économie et de probité financière, la réunion périodique (tous les cinq ans) des Etats. C'était déjà l'esprit de 1789.

L'ordonnance d'Orléans, qui donna force de loi à quelques-uns de ces vœux,' naufragea dans les désordres qui suivirent.

Le chancelier, dans son discours d'inauguration, s'était élevé fort au-dessus des partis. Affligé que «la communauté de foi fût plus forte que les liens du sang et la communauté des races ■> et que <' deu.K Français et Anglais d'une même religion eussent plus d'affection que deux citoyens d'une même ville qui seraient de diverses religions », il dit aux catholiques : « Le couteau vaut peu contre l'esprit », et aux protestants que leurs passions compromettaient <. le bon ordre. »

Il donna la formule de la tolérance :

« Otons ces mots diaboliques, noms de partis et de factions, luthériens, huguenots, papistes ; ne changeons (gardons seulement) le nom de chrétiens. »

Colloque de Poissy. — Il semble bien que la très grande majorité du xvi'^ siècle ait tenu toute atteinte à l'unité religieuse, qu'elle fût catholique ou protestante, comme une atteinte à l'unité politique et « une débauche ». Sur ce point comme sur tant d'autres, les catholiques français ne raisonnaient pas autrement que les calvinistes genevois.

L'Hôpital en eut, sans doute, le sentiment quand il se persuada que la réconciliation des croyances serait plus réalisable que celle des croyants et, en conséquence, qu'un libre concile pourrait supprimer les divergences religieuses.

Le colloque de Poissy (septembreoctobre 1561) où les ministres des églises réformées vinrent disputer avec les prélats et docteurs catholiques, loin d'amener la conciliation, ne servit au contraire qu'à entraîner davantage les passions.

Premier édit de Saint-Germain. — Le chancelier n'en persista pas moins dans sa politique de conciliation, L'édit de Saint- Germain accorda « à ceux de la nouvelle religion » la liberté du culte hors des

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