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LE COUP DE LA LIGUE

le doge de Venise Mocenigo et le duc de Savoie) avaient déjà conseillé au nouveau roi, quand il passa chez eux à son retour de Pologne, d'octroyer la paix à tous ses sujets et de rétablir l'ordre.

Selon le récit de Sully, Henri III inclinait à suivre ces avis qu'appuyaient son escorte de Pologne et, même, le vieux IMontluc. Mais Catherine le retourna, ayant de nouveau passé aux catholiques « ardents » (les Guises et le Milanais Birague, l'un des hommes de la Saint- Barthélémy, qu'elle avait fait chancelier).

La cinquième guerre de religion fut presque partout favorable aux protestants et aux politiques unis. Le jeune prince de Condé, proclamé << protecteur de l'association du clergé et des catholiques paisibles avec les Eglises réformées du royaume », recruta en Allemagne une armée de 6 ooo reîtres. Le duc d'Alençon s'étant enfui de la cour, crainte d'être assassiné, apporta aux confédérés l'adhésion considérable du frère unique d'un roi sans enfants et qui n'en pouvait avoir. Le roi de Navarre s'échappa à son tour. L'a' mée de Condé et de l'électeur palatin Jean Casimir entra en Lorraine, se grossit vite à 30 000 hommes, traversa la Bourgogne, ravageant tout, et franchit la Loire.

* La paix de Monsieur. — Catherine se vit perdue et, dès lors, poussa à la paix aussi vivement qu'elle avait fait la guerre. Quatre ans après la Saint-Barthélémy, les protestants reçurent les conditions les plus favorables qui leur eussent encore été accordées : sauf à Paris, l'exercice du culte par toutes les villes et tous les' lieux du royaume ; huit places de sûreté ; les chambres mi-partie dans chaque Parlement, pour juger les causes des religionnaires et des « catholiques unis » ; l'annulation de toutes les sentences rendues, depuis Henri II, contre les protestants : le regret « des désordres et excès faits le 24 aoîit et jours suivants » et la réhabilitation de Coligny et des autres victimes (6 mai 1576).

A cause de l'action décisive du duc d'Alençon, ce traité fut appelé « la paix de Monsieur ».

Toutefois Henri III se réservait déjà de ne pas tenir sa parole. Il le fit sa\'oir au pape : « Qu'il voulait seulement se sauver des huguenots ». « Faiblesse et déloyauté tour à tour, c'est l'histoire de son règne ; jamais on ne vit l'autorité royale tomber aussi bas en France » '.

Les Guisei tentèrent alors et mau-

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