GUERRE DE TRENTE ANS
politique extérieure de Richelieu. — On ^ a vu Richelieu reprendre, dès le début de son ministère, la guerre nationale contre la maison d'Autriche et les désordres de l'intérieur l'obliger à s'en retirer.
C'est de cette éclipse passagère (1626- 1629) que Michelet a dit avec sa brûlante éloquence : « Les défections de la France sont les agonies de l'Europe. »
1 1 En effet, les deux maisons d'Autriche, celle de Vienne et celle de Madrid, profitèrent de ces divisions pour pousser leurs avantages en Italie et en Allemagne. La guerre de Trente ans tournait à la grande défaite pour nos anciens alliés du Rhin et du Nord ; les Espagnols étaient rentrés à nouveau dans la Valtelme et menaçaient de déposséder du Mantouan un Français, le duc de N'evers, très légitime héritier du dernier souverain.
■ Le Pas de Suse. — Dès que la Rochelle eut succombé, Richelieu montra les armes du roi en Italie ; la brillante affaire du Pas de Suse obligea le duc de Savoie à accorder le passage à Louis XIII et les Espagnols à lever le siège de Casai (mars 1629). Deux ans après, l'Espagne recomiut le duc de Xevers et évacua la V^alteline (traité de Cherasco). Pignerol fut cédé à la France.
Le cardinal différa plus longtemps son entrée en Allemagne, tant pour le besoin qu'il eut de se consolider à l'intérieur contre le parti espagnol des Deux Reines que pour l'exécution méthodique de son dessein ; ne rompre avec l'empereur, <• conjointement avec les protestants et les luthériens », qu'à l'heure où il paraîtra sur le Rhin en arbitre et pour y réinstaller la France. D'ici là, « il tâchera à faire par argent, quoi qu'il en puisse coûter, continuer la guerre » >.
La guerre de Trente ans. — En effet, Richelieu va sortir très délibérément du programme de Henri IV. Il ne tient plus la communauté des langues pour le critérium des conquêtes légitimes et