I. Saint Simon
matière de crime d'Etat, il faut fermer les portes à la pitié. >
Il n'aurait, saiis doute, cherché niles protestants ni les princes ; provoqué par eux, il avait repris contre eux, qui prétendaient diesser des Etats dans l'Etat, l'ancienne bataille des rois, qui ne se terminera qu'à la Révolution, pour l'unité française.
Comme il avait démoli les fortifications des villes de sûreté des réformés, il décréta que seraient rasées dans tout le royaume celles des châteaux qui, sans utilité pour la défense du royaume, ne servaient que les perturbateurs de la paix publique. Ainsi furent découronnés de nobles monuments comme tombèrent de nobles têtes.
Il abolit pareillement la dignité de connétable et celle de grand-amiral dont les titulaires, qui ne devaient de comptes qu'au roi, étaient de trop grands seigneurs. A l'Assemblée des notables de Paris, il fit approuver la plupart de ses actes auti-féodaux et régler les tailles de façon à soulager <• les pauvres qui en portent la plus grande charge ».
Le duel, autre vestige du moyen âge, qui sévissait parmi la noblesse de cour, fut interdit sous peine de bannissement, de destitution et, même, de mort.
Dans la claire logique d'un Richelieu, la Ro3'auté, qu'il identifie avec la France, ne sera jamais assez forte et assez puissante. En conséquence, il lui forge une armée permanente d'environ 100 000 hommes qu'il eût voulu tous Français ; une marine qui rivalisera avec celles de la Hollande et de l'Angleterre, alors que Henri 1\' « n'avait pas un seul vaisseau » ; une administration (celle des intendants) qui gouvernera les provinces au nom de l'autorité royale ; des finances abondantes pour faire face à des années de grandes guerres ; une industrie et des compagnies de colonisation assez riches pour que la France se suffise par elle-même ; une noblesse qui n'aura plus le choix qu'entre la docilité et la Bastille.
Aucun souci de la liberté politique n'entre dans la construction de cette formidable machine. Ce dur génie n'est épris que d'ordre.
L'Académie française. — Ayant mi»
l'ordre dans tous les ser\ices publics et dans l'Eglise, il pensa à le mettre dans la littérature elle-même. Son esprit voulait dominer partout. Ses deux fameuses foudations de l'Imprimerie Royale et de l'Académie française procèdent de cette ambition.
Pour que « la langue française, plus
LA GUERRE DE TRENTE ANS. — i6i8 A 1648
parfaite déjà que pas une des autres langues vivantes, puisse succéder un joiir à la latine comme à la grecque la latine, il lui faut un code. Il a fait rédiger par MicheJ de Marillac un code de justice et de commerce (le code Michau). La charge principale des quarante membres de l'Académie française sera d'épurer le parler français, d'en fixer les principes, d établir un usage certain des mots. La