MATHIEU .VOLE (15S4-1656J
il leva le voile qui doit toujours couvrir tout ce que l'on peut dire, tout ce que l'on peut croire du droit des peuples et de celui des rois, qui ne s'accordent jamais si bien ensemble que dans le silence. »
Ces troubles de Paris auraient pu avancer l'heure de la liberté — le mot de République fut prononcé — siles chefs du mouvement avaient été des représentants élus, non pas des magistrats ayant acheté leurs charges et qui ne poursuivaient pas autre chose que des ambitions et des cupidités personneOes.
Quand le peuple s'apercevra qu'il a été dupe et qu'il a été exploité pour les intérêts particuliers des parlementaires, des grands et des princes, il se retournera, étant simpliste, vers la royauté et criera de toutes ses bouches : « Vive le roi tout seul ! » Si bien que le résultat le plus certain de la Fronde, ce sera que, dégoûtée de la liberté par une parodie de la liberté, la France entrera dans la monarchie absolue de Louis XIV comme au port.
La Cour à Saint-Germain. — La reine commença par signer, les lannes aux yeux, la sorte de charte qu'elle appelait « l'assassinat de l'autorité royale », mais déjà bien décidée à ne pas s'y tenir. Elle ne se fut pas plutôt assuré le concours du prince de Condé qu'elle partit p ur Saint-Germain avec le roi et le cardinal. Elle enjoignit de là au Pailement de se transporter à Montargis et d'y attendre ses ordres.
Le Parlement refusa et ordonna par arrêt à Mazarin de quitter le royaume. Il avait entraîné dans sa querelle la sœur de Condé (Mme de Longueville), son frère Conti et Turenne lui-môme, qui offrit son armée contre « le Mazarin ->.
Coudé mit le blocus devant Paris, comme autrefois Heiiri IV.
Le coadjuteur et ceux des princes qui avaient rejoint la Fronde firent aussitôt, selon le vieil usage, appel à l'Espagnol. Cela ouvrit les yeux à la plup^-n des membres du Parlement.
Paix de Rueil. — Le premier président, Mathieu Mole, n'avait suivi qu'à regret sa compagnie. Il avait donné déjà maintes prouves d'intrépidité. Menacé de mort par des émeuliers. il s'était contenté de dire à un furieux qui le tirait par sa longue barbe blanche : « Mon ami, quand je serai mort, il ne me faudra que
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r.A FRO.XDE DES PRINCES. — lô'io.
six pieds de terre », et s'en alla « sans rence d'un conflit d'intérêt général. « Les
se hâter dun pas » ni « changer de scènes de 1649 se renouvellent, mais le
visage. » Il n'était pas de ceux qui, selon décor est usé. Il n'est plus question du
le mot de Retz. * subissent l'extravagance bien public, même comme masque; les
de ces sortes de temps où tous les sots ambitions, les haines sont à nu » *.
devieiiuent fous et où il n'est pas permis aux plus sensés de parler et d'agir en sages ».
Pendant que les parlementaires continuaient à s'agiter dans le vide et les princes dans l'intrigue, Moléengagea résolument des négociations avec la reine. La guerre civile fut évitée. A la suite de raccommodement de Rueil (mars 1640), le Parlement obtint quelques concessions et la cour rentra à Paris.
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