‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 165 sur 725 · CARDINAL DE RETZ · texte numérisé non relu

CARDINAL DE RETZ

(D'après Philippe

de Champaigne.)

colères. Elles pensent reprendre le pouvoir à la faveur des désordres.

C'est la Fronde, ainsi nommée et bien nommée du jeu favori des garnements de Paris dans les fossés de la viUe.

La vieille Fronde. — Cette tragi-comédie (1648-1653) est en deux actes.

Le Parlement de Paris tint le principal rôle dans la vieille Fyonde.

Il avait fait opposition aux édits financiers pendant les dernières années de la guerre avec l'Empire, comme si l'argent n'était pas le nerf de la guerre, et mérité par ses c licanes une dure parole du jeune roi, à la nouvelle de la victoire de Lens : «.Messieurs du Parlement vont être bien fâchés. » Le5 Mes5ieui"s protestèrent plus vivement contre un édit qui opérait une retenue sur les gages des conseillers, en échîmge de l'hérédité de leurs offices.

Les autres cours du royaume, non moins ambitieuses et impatientes de n'être rien dans l'Etat, se joignirent au Parlement de Paris. Comme c'est l'usage, cette basse raison se cacha sous des raisons de bien public.

Mazarin fit arrêter quelques conseillers ; l'un d'eux, le vieux Broussel, était populaire. Les Parisiens dressèrent des barricades pour qu'il fût remis en liberté. Le « bonhomme » leur fut rendu et ils le portèrent en triomphe.

Le Parlement ayant pris une déclaration en 27 arlick-s qui tendait à limiter l'arbitraire en matière d'impôt et de justice et à entourer de quelques garanties la liberté individuelle, le peuple eut l'illusion d'une pensée honnête et sérieuse. Il ne fit aucune attention au traité de Westphalie qui fut signé le même jour que parut la déclaration (24 octobre 1648). Le cardinal de Retz. — L'un des prhicipaux agitateurs de la Inonde, Paul de Gondi, alors coadjuteur de l'archevêque de Paris, plus tard cardinal de Retz, qui, se sentant la valeur d'un homme d'Etat, avait conspiré naguère contre Richelieu et, maintenant, travaillait à supplanter Mazarin, a écrit dans ses Mémoires :

« Le ParleracQt gronda sur l'édit du Tarif, et, aussitôt qu'il eut seulerrent murmuré, tout le monde s'éveilla. L'on chercha, en s'éveillant, comme à tâtons, les lois : on ne les trouva plus, l'on s'eûara, l'on cria; ou se les d< manda... Le peuple entra dans le sanctuaire;

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