LE GOUVER\EME]\T DE MAZARIN
JV4az.\rin régna encore huit ans (1653- dans leur camp et força leurs lignes.
'■^ 1661) pendant lesquels cet homme La levée du siège d'Arras eut un reten-
double, trafiquant de tout, amassa une tissement extraordinaire ; la prise de
fortune énorme (50 millions qui en feraient Landrecies, à l'été de 1655, porta la fron-
aujourd'hui 200), et, poursuivant l'œuvre tière au point où elle est aujourd'hui.
de Richelieu, laissa la France la plus Mazarin, qui s'était trouvé à quelques
grande puissance du monde. lieues d'Arras avec le roi et avait assisté
Turenne contre Condé. — L'Espagne à quelques conseils de guerre, s'attribua
avait repris, pendant la Fronde, Dun- l'honneur des événements >. « Cela lui
kerqueet Gravelines, les présides de Tos- donna, dit Voltaire, un ridicule que toute
cane et la Catalogne; Condé à son service, l'autorité du ministère ne put effacer.»
elle eut l'espoir de gagner la guerre. La Ligue du Rhin. — Par contre, le
En effet « Monsieur le Prince » re- dessein heureux d'isoler l'Espagne n'ap-
commençait Mon-iear de Bourbon ; il partient qu'à lui ; Hugues de Lyonne
avait porté au roi catholique l'épée de et Servien n'ont été que des instruments
Rocroi et de Lens. Le Parlement, cette excellents.
fois, le condamna à mort, « le roi séant » (27 mars 1656).
Mazarin lui opposa Turenne. La redoutable partie d'échecs dura six campagnes.
Condé avait pensé l'emporter du
Il y parvint' en deux ans d'une habile et souvent hardie diplomatie.
Ce fut d'abord le traité d'alliance offensive et défensive qu'il conclut avec la République anglaise, passant outre aux résistances que provoquait le nom
premier coup. Son plan a servi plus de Cromwell ; puis les alliances renou-
d'une fois de modèle : entrer brusque- veléeà avec les Etats d'Italie (Savoie,
ment par les vallées de l'Oise et de l'Aisne, Mantoue, Modène) et les puissances du
réunir toutes les forces à Saint-Quentin, Nord ; enfin la « Ca-
pousser sur Paris. pitulation » de l'em-
Turenne, avec sa sûreté coutumière pereur allemand, s'obli-
de regard, se jeta sur Rethel, ferma la géant à ne jamais
vallée de l'Aisne. Condé ayant aussitôt assister les ennemis de
tourné vers la Picardie, entre Oise et la France et de la
Somme, Turenne, au lieu de l'y suivre. Suède, et la Ligue du
se porta sur ses derrières, coupant la route Rhin .
Conclue princes et
de Cambrai, et l'obligea à remonter au Nord (1653).
Siège d'Arras. — L'année d'après, qui fut celle du sacre de Louis XIV, j Lettre au
Condé et l'archiduc Léopold mirent le ment du siège devant Arras ; Turenne les assiégea bre 1654.
entre les électeurs
Parleseptem-
LOL io XIV
(D'après Rigaud,
Louvie.)