MORT DE MAZARIN. — 1O
de Philippe W. L'infante Marie-Thcrèse pouvait devenir l'héritière, le roi n'ayant alors qu'un seul fils, mais « malsain ». L'unité dp. la maison d'Autriche se fût refaite.
La naissance étrangère de Mazarin avait été le gros grief des deux Frondes, sur quoi elles avaient sollicité le secours de l'Espagne, et il n'avait pas dépendu de Condé que fût démembrée l'unité française au moment où elle allait s'achever par la politique du cardiival. La conduite de Mazarin dans la circonstance du mariage montra de nouveau combien il avait « le cœur français ». Sa nièce, Marie Mancini, était aimée du roi qui voulait l'épouser et avait résisté à toutes les instances de sa mère ; ^lazarin le décida à sacrifier les penchants de son cœur à l'intérêt de l'Etat.
Le traité des Pyrénées. — Les négociations pour la paix et pour le mariage s'engagèrent entre Mazarin et le ministre espagnol, don Luis de Haro, dans une petite île de la Bidassoa (l'île des Faisans). Elles durèrent trois mois. Le traité des Pvrénées fut signé le 7 novembre 1659 :
L'Espagne céda le Roussillon et la Cerdagne, « en sorte que les monts Pyrénées qui avaient anciermement divisé les Gaules de l'Espagne, feraient ainsi dorénavant la division des deu.x royaumes » ; l'Artois, moins Aire et Saint-Omer ; et, des Filandres au Luxembourg, une ligne de forteresses : Gravelines, Landrecies, Avesnes, Philippeville, Thionville et
Montmédy. Le roi catholique ratifia l'annexion de l'Alsace, comme membre de la maison d'Autriche, et l'occupation de la Lorraine. Il amnislia les Catalans et les Napolitains qui avaient suivi le parti français ; Louis XIV pardonna par contre le prince de Condé, qui déclara qu'il « voudrait pouvoir racheter de la meilleure partie de son sang tout ce qu'il avait commis d'hostilités dedans et hors de la France ». Enfin, le contrat de mariage de l'infante stipulait « que moyennant le payement effectif de sa dot (500000 écus d'or), elle se tiendrait pour contente, sans que par cy-apfès elle pût alléguer aucun sien autre droit ».
Le « moyennant » avait été biventé par Hugues de Lyonne. La validité de la renonciation fut ainsi subordonnée au payement des 500 000 écus, dont il ne fut jamais rien versé.
Mort de Mazarin. — Comme la médiation de Mazarin ne fut pas étrangère aux traités d'Oliva et de Copenhague (1660) qui rétablirent la paix entre la Suède, le Danemark, le Brandebourg et la Pologne, il eut la gloire d'avoir donné « la paix à la chrétienté ».
Il • mourut le printemps suivant (9 mars 1661), avec une sérénité, dit un témoin, « plus philosophique que chrétienne », âgé de cinquante ans et ayant, comme Richelieu, gouverné dix-huit ans.
Il laissait au roi ses biens et Colbert ; le roi prit Colbert et refusa la fortune.